Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.


Les vacances idéales de Peter Burke

Chapitre 52)En route pour New York

Neal se réveilla et rouvrit lentement les yeux. Presque à regret. Il aurait aimé dormir un peu plus mais son corps avait visiblement décidé qu'il était temps pour lui de sortir du sommeil.

Réprimant un soupir de frustration il se tourna sur le côté et referma les yeux.

Peter n'était pas encore venu frapper à sa porte, ce qui signifiait qu'il était encore bien trop tôt pour songer à quitter le lit. Autant en profiter encore un peu. Juste un peu.

Comme pour le contrarier les coups attendus se firent entendre, forts et nets, impossibles à nier.

Cette fois plus de doute à avoir, il était temps.

Neal laissa échapper le soupir qu'il avait réussi à contenir quelques secondes auparavant et roula sur le dos, rouvrant les yeux pour fixer le plafond.

C'était le grand jour, celui où ils quittaient l'île pour regagner New-York.

Cela lui faisait tout drôle de penser qu'il n'avait pas vraiment envie de rentrer et de retrouver la routine du travail. Lui qui ne voulait pas venir à la base.

Si on lui avait dit, un mois plus tôt, qu'il en viendrait à regretter de partir du Vermont et qu'il espérait y retourner un jour prochain, il aurait sans doute éclaté de rire et se serait moqué gentiment de la personne qui lui affirmait une chose aussi invraisemblable.

Lui ? Aimer être allé dans le Vermont ? Impossible !

Bon, il aurait sans doute pris des précautions si la personne en question avait été Peter, mais il l'aurait fait tout de même.

A présent il ne pourrait plus se le permettre.

Il réprima un sourire en songeant qu'il était presque dommage que personne ne soit venu lui tenir pareil discours un mois plus tôt, il aurait pu rire un peu.

Il fut tiré de ses pensées par la voix de Peter qui s'impatientait.

- Neal ! Nous n'avons pas toute la journée ! Dépêche toi un peu !

- J'arrive ! Lança joyeusement Neal en se levant enfin.

Il se dirigea sans se presser vers la salle de bains, il avait bien conscience qu'ils avaient de la route à faire, Peter et Elizabeth avaient prévu un itinéraire de retour les jours d'avant, et l'avaient tenu soigneusement à l'écart de la conversation. Cela l'avait un peu vexé, même s'il était un simple passager à leurs yeux il aurait aimé au moins savoir par où ils allaient passer pour rentrer. Il aurait bien fait des tentatives pour en savoir un peu plus, mais Peter avait fait en sorte qu'il ne puisse pas les observer en douce.

Une fois propre et habillé il ramassa son sac qu'il avait bouclé la veille, ne laissant sortis que les vêtements qu'il entendait porter pour le retour et se dirigea vers le rez de chaussée où attendaient le couple et Tyler.

Neal les salua et observa Tyler.

Le jeune homme avait traversé quelques moments difficiles ces derniers jours, après leur rencontre avec la bande au pub irlandais la situation était devenue tendue. Il avait fallu bien trois jours et une embuscade dans les rues de Burlington d'où ils s'étaient sortis de justesse Tyler et lui, pour que le jeune homme accepte de se confier à eux.

Il leur avait raconté le drame s'étant produit et ce qu'il en avait découlé pour lui.

Lorsqu'il s'était tu un silence un peu pesant s'était installé puis Elizabeth avait pris la parole, raisonnable et efficace comme souvent.

- Ce n'est pas une situation que tu peux endurer plus longtemps Tyler. Si personne ne peut rien faire pour empêcher ces gens de te tourmenter, je ne vois qu'une seule solution, je sais que ce n'est sans doute pas facile à envisager pour toi, tu es né dans cette région, et tu l'aimes sans doute, mais le mieux serait tout de même de partir et de refaire ta vie autre part.

- A New-York par exemple. Avait plaisanté Neal. C'est le meilleur endroit pour refaire sa vie, j'en parle par expérience.

Un regard de Peter l'avait dissuadé d'en dire plus, et il n'avait pas insisté, il n'avait de toute façon rien de plus à ajouter.

Il avait vu Tyler se tourner vers Peter, comme pour voir ce que lui en pensait.

Peter avait pris le temps de réfléchir avant de parler.

- La décision vous appartient, mais je partage l'avis de mon épouse, vous ne pouvez pas tolérer une existence pareille. Si vous avez d'autres opportunités dans des endroits où ces gens ne pourront pas vous atteindre, alors saisissez les.

Tyler avait hoché la tête et s'était permis un sourire bref.

- C'est ce que je vais faire. Avait il assuré.

Depuis ils n'avaient plus abordé le sujet, mais Neal avait eu le sentiment que le jeune homme était soulagé d'un grand poids.

Il espérait qu'il prendrait la bonne décision et qu'il viendrait vivre à New-York. Même s'ils n'avaient guère de points d'intérêts communs, ils s'entendaient bien et avoir échappé ensemble à la bande décidée à casser du criminel, c'était du moins ce qu'il les avait entendu hurler avant d'imiter Tyler et de prendre ses jambes à son cou. D'ordinaire il avait plus tendance à tenter de négocier, mais il savait déterminer à quel moment négocier était une perte de temps et à opter pour la solution de facilité.

Enfin, quand il disait que prendre ses jambes à son cou était la solution de facilité, cela n'était pas tout à fait exact, dans le cas présent, il aurait et de loin préféré pouvoir négocier. Fuir sous entendait de courir, le plus vite possible, de préférence plus vite que les personnes qui vous poursuivent. Courir sous entendait respirer fortement, plus fortement que d'ordinaire, donc solliciter les poumons, les gonfler et les dégonfler à un rythme soutenu. Gonfler et dégonfler ses poumons à un rythme soutenu sous entendait faire bouger un peu plus les côtes, qui étaient déjà secouées par la course. Faire bouger un peu plus les côtes entraînait fatalement des douleurs, surtout si les côtes en question étaient déjà meurtries.

Neal avait couru, pour ne pas se faire tabasser et pour éviter de retarder Tyler, pour éviter que lui aussi se fasse tabasser, d'autant plus que Tyler était après tout la cible principale de la colère du groupe.

Tout en courant Neal avait eu l'occasion de vérifier la théorie comme quoi l'adrénaline empêchait de ressentir la douleur, et il pouvait affirmer sans mentir qu'elle était fausse. Bon, pour être précis, elle comportait un fond de vérité, il n'avait pas autant senti la souffrance pendant sa course, qu'après, mais il l'avait tout de même senti. Il pouvait par contre confirmer celle qui disait qu'on ressentait plus fortement la douleur après que l'adrénaline soit retombée. Elle était tout à fait véridique quand à elle. Il aurait préféré que ce soit l'inverse, malheureusement il n'avait pas son mot à dire, il ne pouvait que subir.

Une fois en sécurité sur le bateau de Tyler, après l'avoir aidé de son mieux à lui faire quitter le port Neal avait très nettement ressenti le soulagement d'échapper à un tabassage en règle, puis il avait senti la douleur prendre possession de son corps et il n'avait plus été capable de rien, sinon de se recroqueviller dans un coin en essayant de respirer le moins possible, dans le vain espoir que cela arrangerait les choses.

Tyler qui ne pouvait quitter les commandes du bateau n'avait pu que l'encourager de la voix tout en poussant le moteur autant qu'il le pouvait.

Leur retour sur l'île avait été pour le moins piteux, eux qui étaient partis en douce afin d'aller faire un achat pour le couple revenaient sans l'objet qu'ils voulaient se procurer et Peter les attendait sur le ponton, les mains sur les hanches et les sourcils froncés.

Tyler avait aligné le bateau avec une habileté née d'une longue pratique et avait sauté sur le ponton, l'amarre à la main.

- Neal ne va pas bien. Avait il lancé à Peter tout en s'affairant à nouer le cordage.

Les mots que Peter s'apprêtait à prononcer lui restèrent dans la gorge lorsqu'il découvrit le visage pâli par la souffrance de son consultant. Neal avait essayé de sourire et de plaisanter pour détourner l'orage qui menaçait toujours de s'abattre sur eux, mais Peter l'avait fait taire en quelques mots.

- Tais-toi, nous en parlerons plus tard. Pour l'heure je te ramène dans ta chambre.

Neal avait fait un mouvement pour se redresser et l'avait interrompu, bouger était trop douloureux pour l'heure.

- Je crois que je vais rester encore un peu ici. Avait il articulé avec effort.

Peter avait soupiré et l'avait rejoint pour l'aider à se lever sans écouter ses protestations.

- Peter ! Avait crié Neal. Laisse moi

Sa souffrance était visible, même s'il ne l'avouait pas ouvertement en paroles.

- Cela fera encore plus mal si tu restes ainsi. Viens. Avait répliqué Peter en l'obligeant à le suivre.

Neal avait réprimé à grand peine une furieuse envie de se répandre en jurons bien sentis. Ce n'était pas son habitude et il savait que Peter avait raison, s'il laissait son corps se refroidir il souffrirait bien plus lorsqu'il voudrait se lever.

Malgré sa bonne volonté des plus limitées Peter réussit à le ramener dans sa chambre et l'aida à s'étendre.

Il le laissa le temps de lui préparer un verre d'eau et un comprimé anti douleurs.

Neal l'avait pris avec empressement. Il avait hâte qu'il fasse effet. Vraiment très hâte.

Il chassa ces souvenirs douloureux et évita de repenser à la colère de Peter qui s'était déchaînée sur eux quelques heures plus tard, lorsque son inquiétude avait fini par décroître.

Le jour qui avaient suivi avaient été pénibles pour Neal, la douleur ne cédait que lorsque les comprimés qu'il prenait faisaient effet.

- Nous sommes sur le départ ? Questionna t'il pour faire disparaître définitivement tout souvenir de ces jours douloureux.

- Juste le temps de prendre le petit déjeuner et nous partons. Répondit Elizabeth dans un sourire. Peter et Tyler ont déjà chargé le plus gros des affaires, il ne manque que ton sac et les dernières provisions.

Les deux hommes mentionnés revenaient justement vers eux.

Le petit déjeuner se passa dans un silence un peu pesant. Même s'il était convenu que Tyler et eux resteraient en contact ils avaient tous conscience que le moment de la séparation approchait de plus en plus et tous ces jours qu'ils avaient passés côtes à côtes les avaient rapprochés.

Neal n'irait pas jusqu'à dire qu'ils étaient devenus amis intimes avec Tyler, mais il leur était devenu familier et le quitter serait tout de même un moment pour le moins triste.

Sans se concerter ils firent durer le petit déjeuner plus longtemps que d'ordinaire. Elizabeth s'était surpassée pour ce dernier repas pris en commun sur l'île.

Neal et Elizabeth firent la vaisselle et rangèrent ce qui devait l'être encore pendant que Peter et Tyler faisaient le tour de l'île afin de s'assurer que tout était en ordre partout.

Lorsque tout fut terminé et que Peter ferma les portes à clef Neal détourna le regard pour ne pas voir et réprima l'envie de se boucher les oreilles pour ne pas non plus entendre le léger bruit de la clef tournant dans la serrure.

Le cliquetis discret sonnait la fin des vacances.

L'espace d'un instant Neal caressa l'espoir que peut être, au dernier moment, Peter allait lui annoncer qu'ils restaient encore un peu, mais l'agent ne fit rien de tel.

Neal n'en fut pas vraiment surpris, pas totalement déçu, c'était le comportement qu'il attendait de Peter après tout, l'agent était une personne qui plaçait son devoir avant tout et cela le ramenait vers New-York à présent.

La traversée se fit en silence, Tyler les aida à décharger leurs bagages et à les ranger dans la voiture.

Une fois le dernier sac placé dans le véhicule ils se firent face tous les quatre.

Tyler leur adressa un sourire bref et mal assuré.

- Je ne vais pas trop m'attarder ici pour éviter les ennuis. Je vous souhaite un bon retour. Nous nous reverrons à New-York.

Les trois autres approuvèrent et le regardèrent repartir vers Grand Isle avant de prendre place dans la voiture où attendait déjà Satchmo.

- En route pour New-York ! Lança joyeusement Neal.

Une joie factice, ce qui n'échappa au couple. Peter et Elizabeth ne relevèrent pas pourtant.

A suivre