Chapitre 32 : L'union de l'espoir et du désespoir (Kosei, jour +9)
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Voltanis, le juge du sanctuaire céleste, nous quitta, nous qui étions attablés à la brasserie de Maximum Six, pour retourner dans son sanctuaire. Sans me préoccuper de ce qui allait arriver aux participants de ce procès burlesque, je pris ma dame par le bras afin de la raccompagner chez elle et ainsi continuer à nous préparer à nous défendre contre Zetsubô. Nous quittâmes donc le monde des esprits, et en moins de temps qu'il ne fallut pour s'en rendre compte, il fit nuit dehors.
- Il serait peut-être sage que nous rentrions au monde du désespoir ma dame. Déclarai-je calmement.
- Nous ne pouvons pas rentrer. Me répondit celle qui avait repris ses esprits lors du retour du sanctuaire. Notre monde a été assailli par Zetsubô, et la fondation du futur en simultané. J'ai tenté mon possible, mais j'ai été prise par un coup fourré de cette maudite Ren…Ce monde n'est plus le nôtre désormais.
Je n'eus rien à répondre. Cette situation était la conséquence de mon absence récente aux côtés de ma dame, mais depuis que j'étais revenu du passé avec Hakaze, j'étais persuadé qu'il fallait que je me détache quelque peu de Yume-Nikki afin que je me fasse un nom par moi-même. Après tout, je ne l'avais toujours pas dit à ma leader, mais mon but était de vaincre moi-même Zetsubô afin que ma dame puisse devenir l'héroine qui allait me détruire avec le désespoir. J'étais le seul à pouvoir accomplir une telle tâche, puisque ma dame était impuissante face au désespoir même après toutes ces années.
- Je vais passer la nuit à la belle étoile pour ce soir. Sourit ma dame. Il serait plus sage pour toi de rentrer, Kôsei.
- Et si…Vous passiez la nuit chez moi ? Lâchai-je sans réfléchir de peur d'être freiné par l'embarras. Mes parents ne sont pas toujours présents, et j'ai déjà ramené mon grand-frère à la maison donc ils ne verront aucun mal à ce que j'amène quelqu'un d'autre.
Ma dame s'arrêta quelques instants. Je ne voulais pas croiser son regard, puisque malgré notre lien j'étais rien de plus qu'un homme qui était en train d'inviter une femme à dormir ailleurs que chez elle, et c'était vraiment embarrassant, mais c'était nécessaire. Tandis que je cherchais à ne pas voir son expression, elle reprit naturellement d'un ton chaleureux, brisant mes pensées.
- C'est très aimable ~ J'accepte volontiers.
Je ne dis rien de plus. Je savais que j'allais me mettre dans l'embarras dans une telle situation. Je me contentai de dire à la femme de me suivre, ce qu'elle fit sans hésitation. Nous arrivâmes au bout de quelques minutes dans ma rue, puis devant chez moi. Cependant, à ma grande surprise, les deux voitures de mes parents étaient présentes.
J'indiquai donc à ma dame d'être silencieuse, voulant respecter le sommeil de ceux qui se battaient pour ramener l'argent chez nous. Nous montâmes tous les deux à l'étage jusqu'à ma chambre et nous nous y posâmes en silence. L'ambiance était déroutante. De mon côté, j'étais sous une pression insoutenable, du sien, elle était toute aussi légère qu'elle ne l'était d'habitude.
- Voudriez-vous quelque chose à boire ou à manger ? Avançai-je pour interrompre le silence. Je peux descendre et vous préparer quelque chose.
- Rien ne me fait envie, je te remercie ~ Sourit ma dame. J'ai assez bu dans le monde des esprits, je suis un peu chamboulée à l'intérieur ~
- Bien…Dans ce cas, je vais vous mettre un drap propre et vous pourrez prendre le lit.
Je changeai les draps, sous le regard amusé de la femme qui semblait trouver satisfaction en me regardant. Une fois que le drap frais et propre remplaça l'ancien, je me tournai de nouveau vers ma leader.
- Vous pouvez y aller. Déclarai-je. Vous verrez, il est confortable.
- Et toi Kôsei ? S'étonna-t-elle. Tu ne dors pas ici ?
- Il n'y a qu'une seule couche. Répondis-je naturellement. Je vais dormir sur le sol, ne vous en faites pas, j'ai une couverture c'est suffisant.
- Et pourquoi ne pas dormir avec moi ? Répondit-elle naturellement, ne voyant pas le problème éthique de cette situation. Diffuserais-je une odeur repoussante ?
- P…Pas du tout. C'est juste que…C'est de l'ordre de l'intime…Quand mon grand frère venait dormir ici nous pouvions dormir à deux dans ce lit…Mais avec vous…C'est différent…Je ne peux m'y résoudre.
- Je n'y vois aucun inconvénient ~ Reprit-elle le sourire aux lèvres. Ce n'est pas comme si je ne te connaissais pas de toute façon, je sais que tu es propre.
- Ce…Ce n'est pas de ça que je parle ! C'est juste que…Je ne peux pas. Vous n'avez pas à comprendre pourquoi, je ne peux pas.
- Kôsei…Murmura ma dame en me regardant, interloquée. Tu es rouge pivoine. Tu as de la fièvre ?
Je me repris suite à cette remarque. Être aussi transparent ne me ressemblait pas, surtout devant dame Laïla. Des choses s'étaient passées avec ma dame par le passé, mais elle les avait sûrement oubliées lorsque j'eus disparu. Je me devais de garder cette passion secrète afin de ne pas –
- Cette manière d'agir ne te ressemble pas mon serviteur ~ Ta réflexion est troublée par quelque chose ~
- Nous sommes tous troublés lorsqu'il s'agit de relations humaines ma dame. Il n'y a rien à comprendre là-dedans.
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Ma dame soupira, avant de reprendre avec un léger sourire.
- En effet. Il y a des tas de choses que je dois encore apprendre et les relations humaines sont un exemple. J'ai expérimenté des tas de sentiments, et même si j'ai pu apprendre des tas de choses là-dessus, il y en a encore un que je n'ai jamais compris.
- Qu'est-ce donc ma dame?
- L'amour. Si je peux comprendre l'amour filial, je ne comprends pas comment deux inconnus peuvent tout abandonner pour s'attacher les uns aux autres. Comment ma belle-mère a pu s'affilier avec ma famille en sachant que cela lui coûterait la vie. Et cela vaut pour toi aussi, Kôsei. Comment peux-tu faire autant de sacrifices simplement pour prolonger la mémoire d'un être qui n'est pas de ton sang ?
- C'est vrai que j'ai fait des tas de choses pour prolonger la mémoire de mon frère, mais ce n'est pas la seule et unique raison pour laquelle je me suis battu. Précisai-je, conscient que j'allais braver mes propres interdits. Dame Laïla, si je vous suis envers et contre tout, si je crois en votre désespoir, si je me bats contre la fondation du futur…Ce n'est pas pour Arata. Dame Laïla…Au fur et à mesure que les mois ont passé, je suis tombé amoureux de vous.
- Je vois…Reprit-elle sans émotion apparente. Je comprends donc pourquoi tu n'as pas voulu partager cette couche d'une nuit. C'est…Intéressant à vrai dire. Comment me vois-tu donc, Kôsei ? Toi qui es amoureux, qu'est-ce qui a changé depuis que tu l'es ?
- Ce que je ressens….Hésitai-je…Pour faire simple, je veux être présent. Je veux garder intacte l'image de vous qui m'a séduit. Je veux protéger votre souffle de vie afin que vous puissiez être heureuse. Si j'éprouve à votre égard un désir sentimental et charnel, je pense que ce qui caractérise le mieux l'amour est l'envie de faire le bonheur de l'autre. Lorsque l'on pense d'avantage à l'autre qu'à soi-même, c'est à ce moment que la barrière de l'amour est franchie selon moi.
- Exactement ce que je ressens pour mes deux petits frères…Soupira ma dame. J'ai eu une seule expérience amoureuse par le passé, et je ne me rappelle même plus de celui avec lequel j'avais partagé cette passion. Je ne comprends pas vraiment tous ces sentiments. Je ne connais pas vraiment le désir charnel non plus.
- Disons que…C'est une envie d'être contre l'autre, de le sentir proche, et….de le posséder pour soi parfois…
Je détournai le regard, honteux de ce que je venais d'avouer. Un ou deux mètres nous séparaient ma dame et moi, mais j'avais l'impression de creuser une distance bien plus profonde était en train de s'étendre. Mais alors que je pensais qu'elle allait me prendre pour quelqu'un d'étrange, sa réaction fut toute autre. Elle afficha son sourire agrémenté d'une pointe de malice, comme si sa curiosité avait été éveillée par ce que je venais de dire. Lorsqu'elle reprit la parole, elle lâcha une bombe.
- Envie de posséder l'autre pour soi ? ~ Donc si je te dis que ce soir, tu me possèdes rien que pour toi, que ferais-tu ?
J'eus quelques secondes d'arrêt en entendant cette phrase. Moi qui tentais de ne pas être transparent, je me reculai rapidement de quelques centimètres de plus en utilisant mes mains. Je sentais que mon visage était plus honnête que mes mots puisque je brûlais. Je devais être rouge pivoine. Ma dame, qui rit discrètement face à ma réaction, reprit la parole.
- Ce genre de choses n'est-ce pas ? ~ Je comprends mieux.
Elle afficha cette fois un sourire plus franc qui mettait en avant toute l'espièglerie de la femme qui se tenait devant moi.
- Mon serviteur, toi qui reste à mes côtés pour me soutenir et m'épauler, j'ai un souhait. Fais-moi connaître ce qu'implique le désir charnel. Possède-moi pour cette nuit.
- Que dites-vous !? M'exclamai-je, interdit. Êtes-vous encore sous les effets de l'alcool ?
- Je ne peux malheureusement pas répondre à tes sentiments. Me répondit ma dame. Je ne suis pas certaine moi-même de ce que je ressens exactement à ton égard, je ne peux y mettre des mots. Cependant, je veux comprendre cette chose qui m'échappe, et peut être que jamais je ne trouverai quelqu'un qui peut aimer une sorcière comme moi aussi fort que tu m'aimes. Alors, Kôsei, vas-tu être celui qui me fera résoudre cette énigme ?
Je ne sus que répondre face à cette demande très singulière exprimée par ma dame. Certes, j'avais déjà désiré ma dame, mais avais-je vraiment envisagé la possibilité à laquelle je faisais face ? Avais-je vraiment envisagé que la situation devienne ce qu'elle était actuellement… ? Non…J'étais incapable de faire face à ce genre de choses. Il m'était impossible de poser une main souillée par le désir sur le corps de ma dame. Il m'était impossible de salir cet esprit complexe et insaisissable avec une pensée aussi rustre que celle d'un homme voulant assouvir ses désirs avec une femme. Cependant…
Cependant…
Cependant je devais donner une réponse à ma dame qui exprimait cette requête. Et cette réponse était naturellement la seule existante.
- J'accèderai à votre requête, ma dame. Repris-je sérieusement. Mais je ne peux y accéder qu'en tant que serviteur. J'y accèderai en tant qu'homme le jour où cela sera la femme, et non ma dame qui m'exprimera un tel souhait.
- Très bien. Sourit ma dame. Je suis ravie d'avoir un serviteur aussi dévoué que tu ne l'es. ~
Ainsi, je me relevai face à ma dame, cette fois non pas en tant qu'homme, mais uniquement habité par mon désir d'obéir à cette requête de ma dame. Je me défis de ma veste et mon tee-shirt et la rejoignis rapidement. Elle avait l'air de tenir à ces réponses puisque me voir à demi nu à ses côtés ne semblait pas la faire sourciller. Alors je l'embrassai tout en essayant de déceler les émotions dans le regard de ma dame, et lorsque je le fis, je vis dans ses yeux un court instant de surprise qui s'effaça rapidement, comme si ce baiser avait fait quelque chose de bref à l'intérieur.
Sans m'en préoccuper, je me dévêtis complètement, remplissant la mission qui m'avait été incombée en tant que serviteur. Je dévêtis également ma dame qui se laissa faire et coopéra même dans cette démarche, et enfin sa curiosité s'unit avec mon sens du devoir pour ne former qu'un quelque chose inconnu que je ne pouvais vraiment décrire. Une affinité, une complicité, un sentiment d'incompréhension encore plus prenant, je ne pouvais mettre un mot sur ce que nous créions, mais c'était à la seule discrétion de ma dame qui m'avait fait cette requête.
Combien de temps passa, je ne pouvais le dire. Je m'étais totalement laissé happer par la requête de ma dame. Ainsi, quand nous eûmes fini, je ne pouvais dire combien de temps nous y avions passé.
- Avec vous trouvé les réponses à vos questions ma dame ? Demandai-je, toujours aussi rigide.
- Reisuke et Hiroki se battent pour quelque chose de vraiment futile…Soupira ma dame en guise de réponse. Tout ça pour ça, on peut facilement se passer d'un partenaire.
- Je suis donc désolé d'avoir échoué à vous faire comprendre cette chose. J'imagine que je n'étais pas la personne qu'il vous fallait.
- Je plaisante ~ Sourit-elle. J'ai compris certaines choses ce soir. Je te remercie de m'avoir ouvert ton intimité pour me les montrer. Je suis chanceuse d'avoir un serviteur comme toi, Hitotsu. ~
- C'est moi qui ai de la chance de vous servir, ma dame. Pour l'éternité…Je serai à vos côtés…
Et je m'endormis après avoir dit ces mots. Je ne pus même pas discerner la réaction de ma dame en entendant ces mots, et pour être honnête, je ne tenais pas vraiment à la connaître. J'avais malgré tout brisé tous les interdits entre moi et ma dame, mais je ne considérais pas cette « avancée » comme un progrès personnel. J'avais simplement fait ce que ma maîtresse m'avait demandé de faire, et même si cela impliquait des conséquences sur le domaine de la pudeur, je n'avais pas le droit de refuser une requête de ma dame, je lui avais juré de la servir quel qu'était l'ordre après tout.
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Je me levai avant elle au matin. La voyant inconsciente, étendue à mes côtés sur ma couche, je laissai parler l'affection de l'homme qui était en moi, déposant une bise sur la joue de ma dame. Je me promis qu'un jour, nous allions faire cette expérience en tant qu'homme et en tant que femme, plutôt que de voir nos rapports qu'en tant que serviteur et maître, et malgré que cela n'allait sûrement jamais se réaliser, cela suffisait à me donner un peu d'espoir.
Ma dame se leva quelques minutes plus tard. Elle me sourit comme elle le fit d'habitude, et moi je lui répondis de la même façon, comme à mon habitude. Ma dame était la seule – avec Hakaze quand on y réfléchissait vraiment – avec qui je pouvais m'ouvrir sans crainte.
J'ouvris discrètement la porte de la chambre afin de voir qui était là, et comme je le craignais mes parents et ma sœur étaient présents au rez-de-chaussée. Bien que je pouvais inviter que je voulais, je ne voulais pas que mes parents m'embarrassent avec des dires gênants qui m'auraient mis mal à l'aise. Mais je me fis notifier par ma sœur assez rapidement, et moi et ma dame finirent à table, invités par mon père à prendre le petit déjeuner.
- Si seulement ta mère n'était pas partie aussi tôt, rit-il, elle aurait pu voir que son fils a ramené une femme à dormir hahaha ! Alors mon garçon on s'offre des nuits de plaisir avec une jolie femme ?
- Ce…Ce n'est…
- Ce n'est pas ce que vous croyez. Reprit ma dame avec assurance. Nous n'avons pas eu un rapport ensemble parce que nous étions attirés l'un par l'autre, mais uniquement parce que je suis la maîtresse et lui le serviteur.
La réplique de ma dame laissa un froid dans la pièce. Mon père était abasourdi par ce qu'elle venait de dire, et moi…Je n'arrivais pas à enchaîner, ne réalisant même pas que ma dame avait pu lâcher une telle bombe, et ce, naturellement. Mon père reprit avec un peu plus d'animosité cette fois.
- Serviteur et maîtresse hein…Dis moi Kôsei, est-ce vrai ce qu'elle raconte ?
- Evidemment que non ! Repris-je en criant. Enfin…Pas dans le sens que tu crois…Je ne pratique pas ce genre de choses… Pourquoi lâchez-vous des paroles si déplacées hors contexte, dame Laïla ?
- Est-ce gênant de posséder un serviteur ? Reprit-elle en ne réalisant pas ce qu'elle disait. Combien de personnes ont des domestiques ? Ca n'en fait pas des personnes étranges pour autant.
- Dame Laïla….Murmura mon père. Dame Laïla….Mais ! Êtes-vous Laila Serizawa, l'héritière de Kashiwagi Toshiro !?
Ma dame, qui ne comprenait rien jusqu'ici, reprit sa mine habituelle marquée par un sourire mesquin. Elle répondit en joignant ses deux mains sur la table et posant sa tête sur ces dites mains.
- Je vois que l'on me connaît ici ~ En effet, je suis bien cette Laïla Serizawa ~ En quoi puis-je vous aider ?
- Inspecteur Masamune Nishijima. Reprit sèchement mon père qui ne réalisait pas qu'il n'était pas du tout crédible en tant qu'inspecteur en caleçon et en débardeur. J'aimerais vous poser quelques questions concernant la mort de Toshiro Kashiwagi.
- Je vous écoute. Répondit ma dame. Qu'avez-vous à me demander ?
- Je n'irai pas par quatre chemins : êtes-vous la personne ayant tué Toshiro Kashiwagi ?
La question de mon père me surprit. Un enquêteur confirmé comme lui qui posait une telle question à une éventuelle suspecte…C'était étrange. N'importe quel coupable aurait dit non, tout comme un innocent allait dire non également. A quoi pensais mon père en demandant une telle question ?
- Qu'est-ce qui a tué Toshiro ? Son assassin ?
- Que voulez-vous dire madame ?
- Ce qui fabrique un assassin c'est une émotion négative. La tristesse, la rancœur, l'envie, la jalousie, des tas de choses qui changent les nuances de notre esprit. Est-ce l'assassin qui est coupable du crime, ou le désespoir dans lequel il a été plongé pour en arriver à tuer ? Le corps physique ayant tué la personne n'est peut-être qu'un outil du désespoir pour prospérer quand on y pense, même s'il existe des authentiques monstres sur cette planète, comme ceux s'attaquant à des êtres vulnérables.
- Je vois…Soupira mon père. Vous collez bien à votre réputation. Impossible de lire les pensées de Laila Serizawa n'est-ce pas ?
- C'est exact. Sourit ma dame. Seul Kôsei ici présent peut lire ce qu'il se passe dans mon esprit. C'est un droit que je lui ai accordé puisqu'il a toute ma confiance. ~ Pour ce qui est de votre question, je ne suis pas la personne que vous recherchez. Il me semble que Kôsei ici présent a déjà refusé la succession de l'entreprise de gaz, ce qui implique que la prochaine personne à bénéficier de cette société est monsieur Ryotaro Suzuke, fils de Ryotaro Nanako, la première secrétaire de l'entreprise.
Mon père sourit. Il baissa sa garde et reprit la parole un peu plus léger cette fois.
- Bien. Avez-vous la moindre idée de qui est l'assassin de Toshiro Kashiwagi ?
- Je sais qui est l'assassin ~ Répondit ma dame. Cependant, je ne le dirai pas. Nous avons tous un travail dans ce monde, et il est du vôtre de trouver par vous-même ce qu'il en résulte. De toute façon, vous ne pourriez pas vous appuyer sur mon seul témoignage pour porter des accusations ~
- C'est vrai. Je voulais simplement avoir une piste car là mis à part penser que leur fils serait le coupable, nous n'avons aucune piste. Et comme le fils est mort avant le père, c'est plutôt difficile à résoudre…
Ma dame se contenta de sourire face à mon héros. Ils reprirent ensuite une conversation faite de banalités jusqu'à ce que nous terminions le petit-déjeuner. Mon père fut un hôte très agréable puisqu'il proposa à ma dame de se changer et même de laver ses vêtements, lui prêtant un peignoir le temps qu'ils sèchent à la machine. En fin de matinée nous pûmes enfin partir, non pas sans que l'inspecteur Nishijima ne laisse sa carte à son ex suspecte. Nous déambulâmes donc dans les rues, ma dame et moi, sans savoir où aller dans l'immédiat. Mais alors que j'allais demander à ma dame ce que nous devions faire, j'aperçus au loin quelque chose de spectaculaire, dans le mauvais sens du terme. En effet, du centre ville s'échappait une épaisse fumée noire comme l'ébène, comme si un terrible incendie faisait rage.
- Zetsubô a commencé à attaquer. Déclara froidement ma dame. Nous allons chez Soichiro.
- Soichiro ? M'étonnai-je. Pourquoi chez lui ?
- Il n'y a que Soichiro qui puisse diriger tout le monde sans opposer la moindre contestation. Sourit-elle. C'est le leader de Glory for Hope, et le véritable leader de Yume-Nikki.
Nous nous rendîmes donc jusqu'à chez Soichiro qui n'habitait pas si loin de chez moi, et comme Laila l'avait dit, presque personne n'allait remettre ses ordres en cause. En effet, pas mal de personnes qui avaient été alertées par l'attaque du centre-ville s'étaient rassemblées ici. Hiroki, Reisuke, Jessica et son double, Erika, Hakaze, Ugo et Chiaki s'étaient spontanément rendus ici pour écouter les conseils du patriarche. Yotsu était également présente, mais Jordan manquait à l'appel.
- Jordan n'est pas là ? Demandai-je, étonné. Yume et Hope sont tous présents sauf lui.
- Il n'a pas voulu revoir Soichiro. Me répondit Yotsu sans gêne. Sa vengeance lui tient trop à cœur.
- De toute façon tant que je serai dans les parages, il ne pourra jamais exercer sa vengeance. Grogna Hiroki tel un berger allemand.
- Du calme médor. ~ Rit Hakaze. Tu veux un susucre ? Ou je te mets une muselière ?
- Laisse sa bouche à découvert, rétorqua Jessica, il sait très bien s'en servir ça serait dommage ~
- Parlons sérieux les gamins. Reprit Soichiro. Vous avez tous vu ce qu'il se passe dans le centre-ville, Zetsubô est passé à l'attaque et a même donné un plan d'attaque aux élus locaux.
- Aux élus locaux ? Se demanda ma dame. Il a donc rallié toutes les personnes que nous avions ralliés à notre cause Rei et moi ?
- Presque toutes. Reprit Sirie avec inquiétude. Un seul d'eux n'a pas marché, et c'est lui qui nous a envoyé l'information. Zetsubô a fermé les frontières des alentours. Le fait de convertir les élus au désespoir a forcé la fondation du futur à jouer de leurs relations avec le gouvernement. Le gouvernement a pris pour décision de mettre notre région en quarantaine le temps que la fondation du futur détruise Zetsubô.
- En quarantaine ? S'interrogea Reisuke. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
- Pour faire court gamin, reprit Soichiro, nous ne pouvons pas sortir, et un embargo est posé sur notre région. Nous ne travaillons plus avec le reste du pays donc nous n'avons plus de provisions jusqu'à ce que le conflit cesse. En bref, nous sommes laissés à l'abandon.
- Donc nous avons pour seule option de détruire Zetsubô, puisqu'il est impossible de demander de l'aide à la fondation du futur. S'avança Erika. En prenant en compte les agissements de Zetsubô, on peut facilement anticiper qu'il voudra montrer au monde comment le désespoir se propage. Je pense même qu'il a prévu de retransmettre les évènements en direct au moins à l'échelle du pays.
- Précisément. Confirma Juuni. J'ai un contact à l'autre bout du pays qui m'a fait part de la diffusion d'une émission bizarre où notre région était filmée. Ca doit être ça, bien joué Erika.
- Donc il n'y a qu'une solution. Reprit Hiroki. Il faut tuer Zetsubô. C'est un combat à la vie à la mort.
- Hoho merci captain obvious. Rit Ugo. Je pensais lui offrir des fleurs.
- Bien. Reprit Soichiro. Lançons-nous tous dans l'opération « Détruire la clé du désespoir. » Si la clé meurt, alors son empire s'effondre et tout le monde est libre. Moi, vous, ce monde, tout sera terminé si nous ne parvenons pas à éliminer cette clé. Cependant, ne vous mettez pas en danger inutilement. Zetsubô est très puissant et le sous-estimer serait fatal.
- Je serai celui qui tuera Zetsubô. M'avançai-je. Le tuer est ma raison de vivre, il ne pourra s'y soustraire.
- En attendant, reprit le patriarche, nous aurons besoin de renfort…Et je sais où en trouver. Rit-il. Yotsu, ou plutôt devrais-je dire….Suzuha. Amène nous au laboratoire de Rintarou.
Nous nous tournâmes tous vers Yotsu qui était devenue d'un seul coup le centre d'attention. Elle enleva enfin son masque, à la grande surprise de tous, et nous pûmes enfin voir son visage.
Elle était une jeune femme qui avait la vingtaine. Elle possédait des cheveux châtains courts coupés à la garçonne, ainsi qu'un regard couleur vert assez rude. Les traits de son visage étaient assez fins, mais une forte assurance était inscrite en elle. Elle semblait avoir l'habitude d'être au front, cela se voyait rien qu'à sa dégaine qui, comme s'adaptant au fait qu'elle n'était plus masquée, était assez impressionnante. Suzuha semblait être une guerrière née.
- Je vais vous mener au labo. Déclara-t-elle impassible. Suivez-moi.
Nous nous mîmes tous en route pour suivre Suzuha. Je ne savais pas ce que ce Rintarou allait pouvoir faire pour nous, mais d'après Soichiro, il possédait des qualités nécessaires dans ce combat. Sans vraiment comprendre de quoi il en retournait, je fis confiance à l'homme – enfin à ma dame qui faisait elle-même confiance à l'homme – et je le suivis en même temps que le groupe qui sortait de la forêt.
Nous essayions d'être discrets. Malgré que le tapage en ville n'avait pas encore atteint notre coin, on sentait l'inquiétude des civils. Ils ne pensaient pas à la catastrophe que nous allions vivre, après tout, sans cet élu local qui nous a prévenu même nous nous n'y serions pas prêts à l'heure actuelle, nous le savions tous que ça allait arriver, mais nous continuions tous nos vies comme si de rien n'était. Hakaze entama la conversation.
- Nous formons donc désormais une seule et unique alliance ?
- Oui, répondis-je, une alliance afin de protéger ce monde. Nous sommes les gardiens qui ont pour mission d'anéantir cette clé.
- N'oubliez pas la fondation du futur. Nous conseilla Reisuke. Ils sont déterminés à entraver notre route, en particulier aux ex Yume et à nous les Yamadas. Il faut agir avec prudence.
- La fondation du futur est ma première priorité ! Déclara Erika, déterminée. Il faut absolument que je ramène Ren à la raison afin que nous puissions enfin unir nos forces contre le véritable ennemi. Je refuse de perdre inutilement des hommes et de gâcher des vies dans un conflit qui n'a aucune raison d'être.
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Tout le monde approuva par un sourire. Nous étions plus ou moins sur la même longueur d'ondes, nous qui étions en conflits il y a quelques mois de cela. Malgré tout, nous avions trouvé un espoir commun : celui de se battre pour l'ordre actuel de ce monde, et de régler nos différents après cette bataille, et ce à l'amiable. J'espérais de tout cœur que nous allions vaincre. Mais alors que nous suivions Soichiro et le groupe, quelqu'un sortit de nulle part, accompagné de troupes. Ils étaient en tout une dizaine d'hommes en capes accompagnant la personne semblant être le chef du mouvement. Le chef en question ne révéla pas son visage, mais je sentais quelque chose de familier en lui, comme si lui et moi venions de la même source.
Sans dire le moindre mot, il se déplaça rapidement, suivi par tous ses subordonnés, afin de nous attaquer à l'aide de griffes acérées qu'il portait en guise de mains. Plus qu'un homme, il semblait être une créature, ou une sorte d'humain que l'on avait transformé en monstre. Sans vraiment comprendre, nous réussîmes à esquiver la première attaque du groupe, puis, lorsqu'ils revinrent, je m'interposai pour les bloquer et les affronter.
- Continuez. Déclarai-je, glacial. Il est évident que ces hommes sont envoyés par Zetsubô pour nous entraver. Il faut sacrifier le moins d'hommes possibles sur le chemin. Les amis, on se retrouve chez Okabe. Je connais son fils, je saurai vous rejoindre.
- Es-tu sûr gamin ? Me demanda Soichiro.
Pour toute réponse, j'appelai mon grand frère, et il sortit de moi sous sa forme humaine. Tous les deux armés d'une épée faite d'énergie de Saffira, nous nous lançâmes à l'assaut des monstres dissimulés sous des capes. Deux contre dix, nous étions en désavantage numérique, mais moi et Onii-chan suffirions pensais-je. Je vis donc mes amis partir. Ma dame me lança un « sois prudent » qui me laissa déterminé à vaincre, tandis que je continuais à danser avec mon épée.
Je transperçai la tête d'un de ces monstres qui lâcha un hurlement strident qui n'avait rien d'humain en guise de réaction. Onii-chan fit de même de son côté et nous arrivâmes rapidement à prendre l'avantage. Tandis que le chef ne bougeait pas encore, nous observant sûrement, moi et mon frère nous rejoignîmes et nous collèrent dos à dos, ne laissant aucun angle mort tandis que nous affrontions les monstres.
- 1,2,3. On y va !
Le signal lancé, nous fonçâmes tous les deux sur un monstre chacun, monstre que l'on mit en pièces. Arata en profita pour reprendre sa forme de monstre de duel et poussa un cri si fort qu'il détruit trois autres sbires rien que par le son de ce cri, tandis que moi, je continuais à les trancher un par un. Cependant, une attaque comme celle de Saffira était assez risquée, puisqu'un des monstres tenta de l'attaquer par derrière. Je fus cependant assez réactif, me jetant à corps perdu sur le monstre et le tranchant avant même qu'il ne puisse frôler mon partenaire. Il ne restait désormais plus que le chef du groupe, chef qui commença à bouger lorsqu'il vit que ses troupes avaient failli à leur tâche…Mais il n'avait pas remarqué que derrière lui se trouvait déjà mon deuxième allié : Tarotray, qui, sans aucun scrupule, utilisa sa lame d'énergie pour décapiter ce chef de par derrière lui. Celui qui était censé être le plus fort du groupe s'écroula dans un torrent de sang, devant nos mines satisfaites.
Nous repartîmes tous les trois en silence, cherchant à rattraper le groupe, et conscients que la guerre était finalement lancée…
