Chapitre 53
- Draco ! Draco, réveille-toi !
Draco grogna.
- Quoi ? Pourquoi il faut toujours que tu insiste pour que je me réveille ?
Hermione se contenta de rire.
- au cas où tu ne t'en souviendrais pas, il y a eu cette fois où tu as demandé à Fol œil de me réveiller en sursaut ! Alors disons que tu paye pour ça ! En plus c'est presque midi et tout le monde t'attends alors bon sang, lève-toi et habille-toi !
Draco grimaça et se retourna d'un air têtu, refusant d'ouvrir les yeux.
- Pas envie de parler à des gens aujourd'hui, marmonna-t-il dans son oreiller.
La née-moldu soupira d'exaspération.
- Ne sois pas ridicule Draco, dit-elle sévèrement. C'est illégal d'être associal le jour de Noël. Alors même si tu reste au lit pour le reste de tes jours, il faudra quand même que tu te lèves aujourd'hui ! en plus, ajouta-t-elle avec un sourire malicieux, tu dois me donner mon cadeau !
Draco se retourna pour la fusiller du regard
- Qu'est ce qui te fait croire que j'ai acheté des cadeaux ? demanda-t-il d'un ton soupçonneux.
- Oh, je t'ai vu donner une liste à Tonks quand elle est sortie, et qu'est ce que ça pourrait être sinon des cadeaux ?
Le blond fit la moue et se releva avec difficulté pour passer en position assise, attendant qu'Hermione s'en aille pour se lever complètement. Quand elle ne bougea pas, il lui lança un regard entendu.
- Est-ce que tu vas rester assise ici et me regarder me déshabiller, Granger, ou ai-je droit de me changer en privé ?
Hermione rougit comme une pivoine, marmonna quelque chose d'incohérent, et s'enfuit de la chambre comme si une nuée de doxies était après elle.
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- Va-t-il bien ? demanda Severus dès qu'il l'a vit descendre les escaliers, l'ayant très clairement attendue.
Hermione regarda autour d'elle, surprise.
- Hmm ? Oh… Oui, il va bien. Il vient juste de se réveiller alors il est un peu grognon, mais c'est habituel, n'est ce pas ?
- Exact, exact, acquiesça le maitre de potion.
Même s'il faisait son possible pour ne pas dénigrer son filleul, il ne pouvait qu'être d'accord avec l'élève qu'il avait tant détesté auparavant. C'était étrange comme certains évènements vous faisaient porter un regard différent sur les gens, non ?
Severus se pencha vers elle, ses yeux noirs jetant des regards de conspirateur autour de lui.
- Je ne sais pas si je fais bien de vous le dire, Granger, mais Narcissa Malefoy va venir nous voir plus tard.
Hermione releva la tête, alarmée.
- Etes-vous sûr que c'est une bonne idée, professeur ? souffla-t-elle, pouvant difficilement croire qu'il avait accepté une chose aussi stupide. Je veux dire, ce n'est pas comme si Draco avait oublié ce qu'il s'est passé. Loin de là, même, et…
Rogue la coupa avant qu'elle ne puisse finir.
- Croyez-vous que je l'ignore, Granger ? demanda-t-il d'un ton calme. Pensez-vous réellement que je prendrais le risque de bouleverser mon filleul ainsi sans une bonne raison et sans y avoir beaucoup pensé.
Hermione garda le silence quelques instants, le temps d'analyser les faits. Décidant qu'il avait probablement raison elle baissa la tête et marmonna une excuse.
- D'accord mais pourquoi ? Pourquoi est ce qu'elle vient ici ? Est ce que ce n'est pas dangereux ?
- si vous entendez par là : est ce que ça ne va pas aider Lucius à trouver Draco, c'est déjà fait.
Hermione le regarda, choquée, prouvant qu'elle n'avait aucune idée de ceci, et Severus continua.
- C'est pour cela que Lupin m'a demandé de revenir. Parce que Lucius était venu la nuit précédente. Draco ne l'a cependant dit à personne et Lupin ne l'a compris que par une heureuse déduction.
- Mais…s'il sait où est Draco…pourquoi ne l'a-t-il pas emmené ?
Severus ne put qu'hausser les épaules, impuissant.
- Nous ne pouvons que faire des suppositions, j'en ai peur. Mais je suis sur que ce n'est rien de bon.
- Vous parlez de moi…
Cette phrase, à la fois interrogative et accusatrice, attira l'attention d'Hermione et Severus qui se tournèrent pour voir Draco, enfin habillé et qui les regardait avec curiosité.
Rogue, ignorant ce que venait de dire le garçon, l'attrapa par le bras et l'entraina au salon, Hermione les suivant de près.
Leur arrivée se fit saluée par un cœur de « joyeux noel ! », avec quelques regards noirs de certains des Weasley pour Draco, mais dans l'ensemble dans une atmosphère amicale.
Malgré les prédictions de Tonk, il n'y avait pas énormément de monde : cinq des Weasley (Arthur, Molly, Fred, George et Ron) avaient investit le canapé qui avait été clairement agrandit pour les accueillir, Fol Œil était installé dans un fauteuil dans un coin de la pièce, Dumbledore dans sa réplique que Draco aurait pu jurer qu'elle n'existait pas la veille et enfin, Sirius, Lupin et Tonks étaient assis en tailleur par terre.
Draco, incertain de qu'il était supposé faire, suivi simplement Hermione et s'assit près d'elle, essayant d'ignorer les regards posés sur lui.
- Bien, à présent que tout le monde est là, si nous passions aux choses sérieuses ? demanda joyeusement Dumbledore, brisant la glace au marteau piqueur.
Il y eut un long silence que les jumeaux brisèrent en poussant un cri de joie avant de plonger dans les cadeaux empilés en un équilibre précaire sous le sapin de noël artistiquement décoré. Ils entreprirent ensuite de jeter leurs cadeaux à leurs propriétaires respectifs.
- Vive Mrs Weasley ! s'écria un chœur de voix quand chacun découvrit un pull over.
Sauf Draco qui observait le sien avec un mélange de mépris et de confusion.
- Allez Draco, mets-le, le pressa Hermione en passant le sien.
- Ouais Malefoy, met le, lui firent écho les jumeaux, une lueur démoniaque dans les yeux.
Draco leur jeta un regard noir mais, déterminé à ne pas se faire remarquer, enfila le pull. Immédiatement l'assemblée éclata en applaudissement et éclats de rire et Draco ne put retenir un sourire timide tandis que tous admirait l'horrible pull orange.
- Harry m'a dit que l'orange était ta couleur favorite, lui dit Molly. Mais je peux changer la couleur si tu le souhaites.
Cette déclaration provoqua un chœur de protestion en particulier de la part de Ron qui signifia que cela faisait des années qu'il devait se contenter de marron et ce sans aucune raison.
- Tu n'as jamais dit que tu n'aimais pas le marron, se contenta de répondre Mrs Weasley
La fête battait son plein, entre les crackers et les chapeaux colorés, les papiers d'emballages jonchant le sol et un monticule de cadeaux s'empilant à coté de chaque personne, le préféré de Draco étant un tigre en peluche que lui avait offert Hermione et qu'il avait baptisé Kisa, quand la sonnerie de la porte d'entrée retentit, déclenchant les cris de Mrs Black.
- Pourquoi n'irais-tu pas ouvrir Draco ?
Draco regarda son parrain sans comprendre.
- Pourquoi ? demanda-t-il. Qui pourrait vouloir me rendre visite ?
- Tu ne le sauras jamais à moins d'aller ouvir la porte, non ? répondit Rogue d'un ton innocent.
Lentement, Draco se leva, les yeux toujours fixés sur Rogue d'un air suspicieux mais il obéit et alla voir de qui il s'agissait.
Quand il atteignit la porte, cependant, ses nerfs commencèrent à le lâcher. Il savait que c'était stupide, mais, et si c'était son père ?
- Ne sois pas idiot, Draco, se dit-il à lui même avant d'ouvrir la porte.
Ce n'était pas son père. Mais c'était presque aussi mauvais.
- M…Mère ?
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Chapitre 54
- Qu'est ce que tu fais là ? demanda violement Draco, ne montrant pas la peur qu'il ressentait.
Cette femme, qui se tenait là, comme si de rien n'était, l'avait trahi et abandonné seulement quelques jours plus tôt. Qu'était-il censé faire à présent ? L'inviter à entrer et lui offrir une tasse de thé ? Ou se détourner d'elle comme elle s'était détournée de lui ?
Narcissa sourit gentiment, ce qui tendit Draco encore plus.
- Je suis juste venue te souhaiter un joyeux noël et te donner ton cadeau. Est-ce illégal pour une mère de venir voir son fils ? Je veux juste te parler, Draco.
- Et bien moi je ne veux pas te parler ! Il est plus que probable que tu rapporteras tout à Père, alors laisse moi tranquille !
Draco tenta de claquer la porte mais Narcissa fut plus rapide et parvint à glisser son pied dans l'encadrement.
- Ne sois pas impoli mon chéri, reprocha-t-elle en entrant dans le hall et en regardant autour d'elle avec intérêt. Merlin, rien n'a changé d'un pouce…
Draco fronça les sourcils
- Tu n'es pas si vieille, mère. Et je ne suis pas ton chéri.
Mais Cissy se contenta de regarder autour d'elle les tableaux qui l'accueillaient pour la plupart avec le sourire
- Bien sûr mon chéri, répondit elle distraitement, s'approchant dangereusement de la pièce où avaient lieu les festivités.
Draco se précipita vers elle et la saisit fermement par le bras, déterminé à l'entrainer dans la direction opposée.
- Qui sait que tu es là ? demanda-t-il à mi-voix
Elle le regarda avec amusement
- Personne mon chéri. A part Severus, bien sûr.
Draco serra les dents de colère, pourquoi n'avait-il pas été informé de cela ? Pourquoi Rogue avait-il invité sa mère ici ?
- Pourquoi es-tu là ? demanda de nouveau Draco. Je croyais que tu ne voulais plus jamais me revoir.
- Oh je ne le veux pas, mon cœur, répliqua sérieusement Narcissa. Tu a toujours été un enfant à problèmes et c'est simplement devenu trop pour moi…
Draco la regarda, bouche bée, ayant peine à croire ce qu'il entendait.
- Si j'étais un enfant à problème c'était à cause de toi ! aboya-t-il, sentant la chaleur de la colère envahir son visage.
Narcissa eut l'air offensée.
- Ne sois pas ridicule, Draco. Je n'ai jamais levée la main sur toi.
- Oui, mais tu ne l'a pas arrêté non plus, n'est ce pas ? Tu m'as juste dis : « va voir ailleurs poussin et cesse de faire tant d'histoires » à chaque fois que je suis venue te voir pour un peu de réconfort. Tu t'es toujours fichu de ce qu'il faisait du moment que ça ne te touchait pas. Tu t'es toujours fichu de moi, mère, alors arrête de faire semblant et laisse moi tranquille !
Narcissa lui lança un regard noir avant de reporter son attention sur ses ongles.
- Je refuse de te parler quand tu es dans cet état, siffla-t-elle.
Draco lui retourna son regard noir.
- Parfait. Va-t-en alors. Retourne auprès de père et dit lui à quel point j'ai été horrible avec toi. C'est bien ce que tu fais d'habitude, non ? Quand tu voulais m'éloigner ? Tu allais le voir et tu lui disais que j'étais insupportable avec toi, ce qui était un tissu de mensonges, et moi j'étais puni pour quelque chose que je n'avais pas fait. Je te déteste !
- Le sentiment est réciproque, je t'assure, répliqua froidement la blonde, refusant toujours de le regarder.
C'en était trop pour Draco. Entendre sa propre mère lui dire franchement qu'elle le détestait vraiment le blessait plus que tout. « Tu devrais être habitué, se dit-il intérieurement, ça ne devrait pas faire aussi mal. »
Mais ça le faisait.
Refoulant ses larmes, il passa devant elle et fit irruption dans le salon. Tous le regardèrent quand il entra mais il les ignora, se tournant vers Rogue.
- Pourquoi l'as-tu invité ici ? demanda-t-il, furieux. Après tout ça, comment as-tu pu faire ça ?
Severus se leva et fit sortir son filleul de la pièce.
- Crois- tu vraiment que j'aurais fais cela sans une bonne raison ? demanda-t-il doucement.
Draco le regarda furieusement un instant, puis baissa la tête en haussant les épaules.
- Je ne veux pas lui parler, marmonna-t-il. Je ne veux plus jamais la revoir.
- Je sais, dit Severus, en posant une main sur l'épaule du garçon. Mais écoute la, juste une demi-heure, après tu n'auras plus jamais à penser à elle.
Draco fronça les sourcils et le regarda, curieux.
- Qu'est ce que tu veux dire ? Elle va retourner auprès de père, ensuite il viendra ici et mettra à exécution sa menace de m'emmener. Comment est ce que ça peut être une bonne raison ? Ou bien tu veux te débarrasser de moi toi aussi ?
- Qu'est ce qu'il se passe ?
Izzy venait d'apparaître brutalement à coté de Draco, glissant sa main dans la sienne.
- Oncle Severus a invité Mère ici, lui dit Draco sombrement.
L'ange gardien porta une main à sa bouche, choquée et incrédule.
- Mais pourquoi aurais-tu fait cela ? demanda-t-elle, visiblement blessée. Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?
Severus soupira.
- Parce que je voulais que ce sois une surprise. S'il te plait Draco, parle-lui. Nous viendrons avec toi si tu le souhaites.
Draco hésita puis hocha la tête lentement.
- Très bien.
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Narcissa se leva avec élégance quand Severus, Draco et Izzy (qu'elle ne pouvait, bien entendu, pas voir) entrèrent.
- As-tu enfin décidé de te conduire en personne civilisé, demanda-t-elle doucereusement en regardant Draco.
Rogue intervint rapidement avant que Draco ne puisse répondre.
- Draco a tous les droits d'être en colère contre toi, lui rappela-t-il.
Narcissa haussa légèrement les épaules et se rassit.
- Tu as raison, bien entendu. Mais, mon cher Severus, tu devrais te rappeler que c'est moi, à l'instant précis, qui détiens tous les pouvoirs. Je peux très facilement me contenter de tourner les talons et de dire tout ce que je sais à Lucius.
Elle eut un sourire très Malefoyien.
- Tu sais que je pourrais.
Rogue lui jeta un regard méprisant.
- Exact. Mes excuses.
Elle les accepta d'un hochement de tête.
- Accordées. Maintenant nous pourrions peut-être passer aux affaires sérieuses.
Draco et Rogue s'assirent dans des fauteuils faisant face à Narcissa, Izzy se plaçant derrière Draco. Quand ils furent installés, Mme Malefoy se plaça de façon à ne s'adresser qu'à Draco.
- Je sais, commença-t-elle, que je n'ai pas été la meilleure mère au monde.
Draco renifla, lui jetant un regard éloquent.
- Mais tu dois comprendre, Draco, que c'était dur pour moi. Je n'ai jamais voulu d'enfant, ils t'épuisent et ruinent ta silhouette, mais Lucius était inflexible là-dessus et, comme toujours, il a eu ce qu'il voulait à la condition que je n'ai rien à faire avec toi. Et cela convenait à tout le monde. Lucius était parfaitement heureux de ma proposition car ça voulait dire que je n'interviendrais jamais.
- Donc, la coupa Draco, ayant du mal à croire ce qu'il venait d'entendre. Toi, ma mère, tu m'as laissé, ton seul et unique enfant, entre les mains de mon père, juste parce que tu voulais te faire les ongles ? C'est bien ça ?
- Oui, c'est exactement ça, lui répondit-elle. Mais ce n'était pas que mes ongles. J'ai réalisée, dans les années qui ont suivies que Lucius était un peu…dur avec toi, et si j'étais intervenu, il m'aurait eu dans le collimateur et, comme tu le sais, Draco, ce n'est jamais une bonne chose. Après avoir considéré tous ces faits, j'ai décidé de ne pas m'en mêler. De cette manière, tout le monde était heureux.
Elle fit une pause et ajouta
- A part toi, bien sûr.
- C'est pour ça que tu es là ? Pour m'énumérer les raisons pour lesquelles tu m'as négligé toute ma vie, ou bien y a-t-il un but à cette histoire ?
- Oh, il y a un but, chéri, lui assura Narcissa. Je voulais te donner ton cadeau de noël.
Draco secoua la tête.
- Si c'est encore un de ceux dont tu ignores même ce qu'il contient…
- Ne t'en fais pas, je sais.
Narcissa fouilla dans sa poche et en sortit une enveloppe qu'elle tendit à son fils.
- Joyeux noël, Draco.
Draco déchira le haut de l'enveloppe d'un geste adroit et en sortit une liasse de papiers qu'il commença à lire attentivement. Sa main commença à trembler au fur et à mesure que son cerveau assimilait ce qu'il était en train de lire. Finalement, il reposa les papiers sur ses jambes et regarda Narcissa.
- Qu'est ce que c'est que ça, Mère, murmura-t-il
- Les documents, Draco, accordant ta garde exclusive à Severus.
Draco déglutit et les relus encore, ayant du mal à y croire.
- Ça veut dire que tu n'auras jamais à rentrer à la maison, continua Narcissa. Il est ton gardien légal, maintenant.
Draco, submergé par des émotions contradictoires, ne pouvait pas parler. D'un coté, il était heureux d'être libéré de « la maison », heureux d'avoir pu enfin y échapper…d'un autre coté, c'était le moyen officiel de sa mère de lui dire : « Tu es sorti de ma vie pour de bon »
- Draco ?
Le garçon leva les yeux pour voir Severus qui le regardait, l'air inquiet.
- Tout va bien ? Avons-nous fait ce qu'il fallait ?
Draco hocha la tête et lui tendit les papiers.
- Merci, murmura-t-il
Izzy s'agenouilla devant son fauteuil et prit ses mains dans les siennes.
- Tout ira bien à présent, poussin, murmura-t-elle. Il ne peut plus te faire de mal.
