Reviews anonymes :
Dravy : C'est sur que maintenant, les gens vont se méfier d'Harry. Merci d'être toujours fidèle au poste.
Lucia : Merci pour le lemon. Heureuse qu'il te plaise. Et sinon pour le mystère de leur lien, tu es sur la bonne voie. Continue dans ce sens.
Kisis : Bon je ne vais pas répondre à toutes tes reviews, mais sache que ça m'a beaucoup touché de voir tes réactions au fur et à mesure. Cela a dû te prendre du temps à chaque chapitre et je t'en remercie.
Je suis ravie que ma fic continue à te plaire et que l'évolution des personnages soit à ton goût. J'espère que cette suite te plaira tout autant.
Mauvais pressentiment
Il pleut. Fortement. Violemment. C'est un vrai déluge qui s'écrase sur la terre et la martèle de son flot incessant. Appuyé contre une vitre, mon regard se perd dans cette pluie diluvienne. Je n'aime pas ce temps. J'ai toujours eu un mauvais pressentiment quand la nature nous rappelle qu'elle est plus forte que nous. Peut-être parce que je ne la maîtrise pas, qu'elle me rappelle que je ne me maîtrise pas.
Une paire de bras vient enlacer ma taille et un menton se pose sur mon épaule. Le souffle chaud et régulier de Draco vient caresser ma nuque en un agréable frisson.
- Tu étais là, chuchote-t-il.
Je reste silencieux, n'ayant rien à lui répondre. De toute façon, il me connait trop bien. Dans ces moments là, je n'ai besoin de rien d'autre que sa présence. Sentir son corps se presser au mien, sa chaleur se diffuser au travers de sa peau, sa respiration effleurer mon épiderme. Juste ça. Juste lui. Depuis tout petit, c'est ainsi. Quand j'y repense, mon frère, mon jumeau, Draco était toute ma vie. Et je crois que c'était aussi le cas pour lui. Nous avons grandi ensemble, vécu ensemble. Depuis ce jour de rencontre, ce jour où j'ai rejoint ma nouvelle famille et suis devenu un Malfoy, Draco n'a été qu'un prolongement de moi-même.
Les souvenirs de nos jours passés défilent devant mes yeux et je ne peux m'empêcher de sourire. J'avais presque oublié certains moments. Mais je crois que je ne le pourrais pas en réalité. J'y suis bien trop attaché.
- Tu te souviens de la fois où tu avais caché ma peluche dans le jardin ?
Je l'entends soupirer et sens un faible sourire se répandre sur ma nuque. Je devine les images qui apparaissent devant lui, passé lointain, mais qui nous rassure dans un sens.
- Tu ne voulais pas me dire où tu l'avais cachée et je me suis retrouvé à la chercher sous une pluie battante. J'étais trempé et j'avais froid.
- Mais tu ne voulais pas rentrer sans elle, poursuit-il.
- Et toi tu restais abrité sous le perron, à me regarder.
- J'étais jaloux des secrets que tu lui racontais et que tu ne voulais pas me dire.
- Comme celui que je t'aimais déjà, j'affirme tout en posant une main sur son bras.
- Entre autre.
- Et finalement c'est Mère qui m'a fait rentrer quand elle m'a vu sous la pluie.
- Père m'a sévèrement grondé.
- Et moi j'ai fini avec une belle bronchite.
- Je m'en suis toujours voulu.
- Je sais, je finis en me retournant et en posant mes lèvres sur les siennes. Et je t'avais pardonné avant même que tu ne la caches.
Mes bras glissent le long de son corps et se nouent autour de sa taille alors qu'il s'appuie contre mon torse, me poussant contre le mur. Enlacés ainsi, le bruit de l'eau fracassant les vitres, je ferme les yeux et me laisse bercer par sa présence. Il y a son doigt qui trace des arabesques sur ma joue. Il descend vers mes lèvres, les effleure et finit par se lover au creux de ma clavicule. Mais il n'est pas seul. Je sens aussi la brûlure de ma magie qui le suit. Suivant son sillon à la perfection, je soupire d'aise face à ce contact. Et lorsqu'elle retrouve sa peau et se mêle à elle, c'est la félicité qui m'emporte.
- Tu y comprends quelque chose ? me demande-t-il dans un murmure à peine audible, alors que son ongle joue avec ma magie.
J'entrouvre un œil et vois une minuscule tache noire qui court après le doigt de Draco.
- Pas vraiment, je réponds en effleurant une mèche de ses cheveux. Est-ce qu'au final tout cela n'avait pas disparu ? Peut-être que… nos magies n'ont jamais cessé d'être liées. C'est juste qu'aujourd'hui…
Je rejette la tête en arrière et écoute l'eau qui ruissèle.
- Aujourd'hui nous avons un autre lien. Nous ne sommes plus frères jumeaux, mais…
- Toujours ensemble, finit-il à ma place.
- Et c'est comme…
Mes paupières se ferment et ma langue vient humecter mes lèvres devenues sèches.
- Si j'avais encore besoin de toi. En entier, je termine dans un souffle.
Ma prise autour de son corps se fait plus forte et ses mains s'agrippent à ma chemise. Ses lèvres embrassent doucement la base de mon cou et sa langue vient lécher une infime partie de peau. Ce simple contact m'électrise au plus haut point, faisant ronronner ma magie qui commence à s'impatienter. Draco l'a attisée et maintenant le feu qui vient de s'allumer en moi à besoin de brûler entièrement, de se repaître du corps qui se presse contre lui pour être apaisé. Petit à petit, je perds le contrôle et me laisse guider par cette envie de lui.
Lui. En entier. Son corps, son cœur, son âme. Je veux tout de lui. Être à lui, avec lui, en lui.
Mes mains glissent sur sa peau nue.
Ma bouche se perd dans les méandres de ses hanches.
Mes doigts impriment une caresse aérienne et intime entre ses fesses.
Et je me perds. Avec volupté. Avec euphorie.
Je suis devenu sourd aux autres et seuls ses gémissements me parviennent au creux de mes tympans.
Je suis devenu aveugle aux autres et seuls ses iris entourés de noirs, brillants dans cette pénombre impétueuse, me guident dans les ténèbres.
Je suis devenu muet aux autres et seuls les soupirs qui franchissent mes lèvres lui sont destinés.
Il n'y a plus que lui. Rien n'existe hormis lui. Et c'est sur cette pensée qui m'enserre le cœur que j'atteins la jouissance, quelques minutes avant lui, m'effondrant contre son torse humide.
Je crois que je viens de tout comprendre…
oOo
Un brouhaha énorme monte les escaliers et Draco serre ma main plus fort dans son dos. Ils sont de retour. L'ensemble des élèves de Poudlard rentre de vacances. Et je sais qu'il redoute cette confrontation. L'épisode de la veille du départ est encore frais. Les mots au-dessus de sa tête. Les insultes homophobes. Sa colère. Ma fureur. Sa peur. Mon explosion.
Et je sais très bien que le regard des autres va encore être difficile à supporter. Mais ces deux semaines de répit nous ont permis de clarifier bien des choses. Nous sommes ensemble et c'est le plus important. D'ici quelques mois nous quitterons l'école et nous pourrons commencer une autre vie. La notre. Alors nous allons prendre sur nous, calmer notre colère et les emmerder.
- Harry ! Draco !
Je tourne la tête vers la personne qui nous interpelle et vois Pansy qui agite une main en notre direction, un immense sourire plaqué sur son visage. En quelques pas elle est devant nous et nous embrasse affectueusement sur les deux joues.
- Comment vous allez les garçons ? En pleine forme ? Vous avez révisez j'espère !
Draco hausse un sourcil et retrousse son nez. Les études et lui c'est sérieux, alors je peux affirmer que les révisions nous ont bien occupés.
- Coucou ! s'exclame une autre voix féminine que je reconnais aussitôt.
Daphné vient d'arriver, suivie de Blaise qui a bien du mal à avancer dans la foule. Elle nous regarde tour à tour, puis sourit de ce rictus qui me fait parfois froid dans le dos.
- Je vois que tu as très bien étudié Draco, affirme-t-elle, fière de sa réplique.
A mes côtés, Draco secoue la tête et lève les yeux au ciel.
- Qu'est-ce que tu as encore dit, demande Blaise en arrivant en plein milieu des échanges de regards.
- La vérité, lui souffle-t-elle à l'oreille juste avant de déposer un rapide baiser sur sa joue, nous faisant tous sourire. Puis chacun se met à raconter ses vacances, ce qu'il a révisé, ses projets pour la fin de l'année, ses démarches pour aller dans telle ou telle école après les A.S.P.I.C. Et moi je souris. Bêtement. Simplement. Même avec ce mauvais pressentiment qui ne me lâche pas depuis hier.
Oui, je souris. Draco n'a toujours pas lâché ma main.
oOo
Je le savais. Je le sentais. A croire que la pluie qui ruissèle sur la terre depuis quelques jours était là pour m'avertir. Les lèvres closes et pincées, les mains dans les poches, la tête basse, je retourne dans mon dortoir. J'appréhende la suite. J'entends déjà les mots de colère de Draco. Mais je ne peux pas revenir en arrière. La guerre est là, frappe de plus en plus les moldus et les sorciers. Le Ministère se tait et cache de nombreuses informations à notre société. Dumbledore vient de me le dire. Et même si je n'ai pas confiance en lui, je le crois. Il y a de plus en plus de morts inexpliquées, des informations secrètes qui ne le sont plus vraiment. Il y a une guerre énorme qui se prépare à éclater et j'ai ma part de responsabilité là-dedans. Tout ça à cause d'une prophétie. Je la déteste. J'ai tout fait pour l'ignorer depuis que je la connais. Et jusqu'à présent, ça se passait relativement bien. Mais ce soir… les mots du directeur ont sonné trop juste. Je ne peux pas continuer ainsi. Je dois aller vers l'avant, affronter le Seigneur des Ténèbres et le détruire. Je dois donner la mort, moi qui fais tout pour la fuir.
Alors que je passe la porte de notre salle commune, j'entends à peine les voix des élèves. Je crois qu'il y a des premières années qui jouent aux cartes. Peut-être un groupe de filles qui discute de maquillage et de garçons dans un coin. Je ne sais pas.
- Harry ?
Je relève la tête et croise le regard inquiet de Draco.
- Je dois te parler, je marmonne, essayant de ne pas l'inquiéter outre mesure.
Mais je crois que c'est peine perdue. Je lis déjà des doutes au fond de ses iris et devine les questions qui se bousculent à ses lèvres.
Il attrape ma main et nous nous dirigeons vers notre dortoir. En passant devant Blaise, il lui demande de garder la porte et de ne laisser entrer personne. Alors que je m'assois sur mon lit, je lève la main et lance plusieurs sorts d'intimités. Draco est resté debout, face à moi et son index droit tapote nerveusement le dessus de son autre main.
- Je viens de voir Dumbledore.
En une fraction de seconde, Draco est assis à mes côtés.
- Je vais devoir m'absenter demain soir. Il veut que j'aille quelque part avec lui. Je ne sais pas tout, mais… ce n'est pas pour aller acheter des chocogrenouilles, je finis dans un rire nerveux.
- Harry, me sermonne Draco, n'aimant pas ma plaisanterie visiblement.
- C'est une mission.
- Tu ne peux pas…
- Non ! je le coupe en plongeant mon regard dans le sien. Je ne peux pas me défiler. Je ne peux pas fermer les yeux. Je ne peux pas faire comme si la guerre n'était pas là. Je sais que beaucoup font comme si de rien n'était. Mais la vérité… la vérité c'est que Père et Mère ont failli mourir. Que j'ai failli mourir. Et je ne veux surtout pas que cela t'arrive.
- Je sais me défendre, me répond Draco calmement en passant une main sur mon visage.
- Pas contre le Seigneur des Ténèbres. Mais moi… moi je peux. J'ai survécu au sortilège de mort et ai presque réussi à le détruire.
- Tu vas… là…
Une incroyable terreur nait brusquement dans ses prunelles et je comprends ce qu'il essaye de me dire. Alors je secoue la tête et lui souris doucement.
- Non. Je ne vais pas aller l'affronter demain.
Enfin… j'espère.
Tel un désespéré, Draco encadre mon visage de ses mains tremblantes et pose ses lèvres sur les miennes. Il a peur. J'ai peur. Et c'est parfaitement normal.
oOo
J'ai encore du mal à respirer. Je ne sais même pas comment nous avons pu nous sortir de cet enfer. Je revois encore Dumbledore délirant, me racontant une histoire sans sens, demandant pardon à des gens que je ne connais pas. Et moi qui continuais à lui faire boire ce liquide étrange, les mains tremblantes, la peur au ventre. Tout ça dans cette salle obscure, sur cette petite île entourée d'eau. D'eau et d'inféri. Ces êtres qui nous attaquaient, que je n'arrivais pas à repousser. Incapable une fois de plus de me défendre. Il a fallu que ce soit Dumbledore qui réagisse à temps en produisant un grand cercle de feu, les faisant tous reculer. J'aurais pu le faire. Je sais que mes capacités me le permettent. Mais dans ces moments là, je perds totalement le contrôle. Et je n'arrive plus à rien.
Une main sur ma poitrine, je reprends difficilement mon souffle. Nous sommes en sécurité, à Poudlard, dans la tour d'astronomie. C'est le principal. A mes côtés, le directeur est dans un sale état. J'ai presque l'impression qu'il est mourant. Mais je n'ai pas le temps de me poser d'avantage de questions que des pas rapides me font tourner la tête. En quelques secondes, je vois Sévérus débouler. Les cheveux en bataille, l'air grave, il nous dévisage tour à tour, puis glisse un bras autour de la taille du directeur et le soutient doucement.
- Je crois que l'infirmerie ne sera pas de trop cette fois-ci.
- Oui Sévérus, souffle Dumbledore.
Puis mon parrain me jette un nouveau coup d'œil qui ne me plait pas. J'ai comme l'impression qu'il me cache quelque chose. Mais ce n'est pas le moment de poser des questions. Alors je le suis en silence, lumos au bout de la baguette. Lorsque nous arrivons à l'infirmerie, Madame Pomfresh s'occupe aussitôt du directeur tout en marmonnant des paroles incompréhensibles. Je crois qu'elle est en colère.
Un peu hagard, je détaille les lieux qui me rappellent bon nombre de souvenirs. Cela faisait longtemps que je n'étais pas venu ici. Tout comme Draco. Mais alors pourquoi est-il ici ? En un éclair je suis à côté de lui, une angoisse non feinte sur le visage.
- Draco ! Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es malade ?
Il me sourit doucement et passe une main sur mon visage.
- Non. C'est plutôt moi qui devrais te demander si tu n'as rien quand je vois ton état.
Je secoue la tête et soupire de soulagement.
- Mais alors, qu'est-ce que tu fais ici ?
- Eh bien, Sévérus est venu me réveiller il y a peu et m'a demandé où tu étais. Alors je lui ai dit la vérité. Puis il m'a dit de m'habiller et de le suivre. En chemin, il m'a demandé d'attendre ici et puis… voila.
- C'est tout ?
- Oui.
Je finis par m'asseoir à ses côtés, une main dans la mienne. Je suis content de sentir sa chaleur contre la mienne. C'est tout ce dont j'ai besoin en cet instant. Juste lui. Et alors que je pourrais presque m'endormir sur place, Sévérus avance vers nous, toujours avec cet air inquiétant sur le visage. Stoïque, il nous fixe, se pince les lèvres et se passe une main dans les cheveux. Je n'aime vraiment pas son comportement. J'ai peur. Et je crois que je serre un peu plus fort la main de Draco. Ou bien c'est lui qui serre la mienne. Je ne sais plus.
- Votre mère vient d'être tuée par le Mage noir. Elle est morte.
Je ne vois plus. Je n'entends plus. Je ne sens plus. Je ne suis plus.
A suivre...
Depuis le temps que j'attends ce moment ! Enfin j'arrive à la mort de Narcissa. Pas que j'en sois ravie, hein ! Mais c'est important pour la suite.
Et puis allez ! On arrive presque à la fin, alors faut m'encourager avec pleins de reviews pour arriver à terminer cette fic en beauté. Parce que mine de rien, moi aussi je n'aime pas trop le mot "fin".
