LE DERNIER CHAPITRE ! Enfin fini, putain ! En vrai je suis heureuse, genre beaucoup, assez fière de moi aussi, mais... Quand j'ai fermé mes pages word hier, ça m'a fait assez bizarre de me dire que je n'écrirais plus de chapitres de cette fiction...

C'est un projet qui m'occupe depuis presque deux ans maintenant qui a faillit ne jamais voir le jour puisque j'avais pris une pause de quelques mois alors que la partie un n'était pas finie, et c'est grâce à un ami qui a lu tous mes chapitres alors qu'il ne connait pas Hetalia et qui m'a encouragé que j'ai continué.

Merci à vous aussi, j'arrive toujours pas à comprendre comment vous avez fait pour lire une fiction aussi longue. Merci pour tous vos encouragements, vos reviews, certains m'ont vraiment remonté le moral à des moments où je n'allais pas très bien, donc... Merci, vraiment ! Je ne sais même plus quoi dire donc... Soyez heureux ! Bye~

Réponses aux reviews :

USBurgerLover50 : Hey ! Alors... Merci énormément pour tous les reviews que tu as laissé ! C'est vrai, toutes les bonnes choses ont une faim, et cette histoire méritait que je la termine. Donc voilà le dernier chapitre !


Ils avaient fait un rapide détour par l'appartement d'Allistor pour déposer les affaires d'Arthur, et désormais, ils étaient devant la porte vitrée d'un bar-restaurant répondant au nom du Jeanne d'Arc. Un vague sourire étira les lèvres du blond. Ca ne l'étonnait pas que Francis ait choisi ce nom pour son établissement. Il se rappelait encore assez bien des nombreuses fois où le Français lui avait donné des leçons d'histoire lorsqu'il venait d'arriver au foyer, et de la passion qu'il avait pour la pucelle d'Orléan.

-Je ne suis pas sûr de vouloir entrer… murmura-t-il.

La peur lui tordait les entrailles, malgré tout. Il avait peur de la réaction de Francis, peur de le revoir après tout ce temps, et encore beaucoup trop peur de tous les changements qui étaient survenus en peu de temps. Peur d'Allistor aussi, qui était beaucoup trop silencieux et calme depuis qu'il était venu le chercher au bordel. Ce n'était pas normal, ce n'était pas le frère qu'il connaissait.

-Tu risques rien, se contenta de répondre le rouquin. Et t'as besoin de boire un truc. Et de manger.

-T'as de la bouffe à ton apparte.

-Je suis même pas sûr que tout soit comestible dans mes placards…

Le rouquin écrasa sa cigarette dans un pot prévu à cet effet, et alla ouvrir la porte. Arthur faillit partir. Il faillit faire demi-tour en courant pendant que son frère regardait ailleurs. L'idée de retourner au bordel, à l'abris, dans un lieu qu'il connaissait et où il se savait utile, lui traversa l'esprit. Mais il ne le fit pas, et suivit gentiment son aîné, comme le toutou qu'il était encore et qu'il serait vraisemblablement toujours.

Le bar-restaurant était incroyablement bien entretenu, bien agencé, et la décoration soft et épurée mettait tout de suite à l'aise. Ca n'avait rien d'un restaurant de luxe, mais pour Arthur, c'était l'équivalent d'un quatre étoiles. Il n'avait pas l'habitude de venir dans ce genre d'endroit. Lui, il avait l'habitude des fauteuils en similicuir, des néons multicolores, de la musique un peu trop forte et des barres de pole-dance. Rien à voir. Malgré l'heure, il y avait un peu de monde dans l'établissement, même si le gros de la clientèle était sur la terrasse pour profiter du beau temps.

-Allistor !

La voix de Francis n'avait presque pas changé. Bien sûr, il avait grandi, il était plus vieux, mais il y avait toujours ce petit quelque chose de terriblement familier dans sa voix, quelque chose qui mettait en confiance, et qui faisait se sentir à l'aise. Arthur détacha son regard d'un tableau -probablement de l'art abstrait, mais il n'y connaissait rien, alors…- et planta ses yeux verts émeraude sur le Français. Non, il n'avait définitivement pas changé. Il avait un peu grandi en taille, il avait pris un peu de muscle, il était un peu plus carré au niveau des épaules, mais c'était les mêmes yeux bleus, les mêmes cheveux blonds ramenés en une courte queue de cheval maintenue par un ruban bleue, le même air qui se voulait réprobateur mais qui ne faisait peur à personne, la même façon de poser sa main sur sa hanche pour essayer de se donner de la prestance, la même barbe de trois jours, et le même visage qui faisait tomber toutes les filles. Le même.

Francis semblait à deux doigts d'engueuler sévèrement Allistor, mais son regard se posa sur Arthur avant qu'il n'articule un mot. La simple présence de l'Anglais sembla le dissuader de remonter les bretelles de l'Ecossais, et il se contenta de rester immobile, surpris, l'inquiétude se répandant rapidement sur son visage. C'était tellement facile de le comprendre…

-Arthur… bredouilla-t-il.

Le rouquin en profita pour s'éclipser derrière le bar pour mettre en route ce qui semblait être une grosse machine à café, laissant Arthur seul avec le Français. Ce dernier ne semblait pas savoir comment démarrer la conversation, et le petit blond comprenait. C'était trop étrange comme situation, et des phrases banales telles que « comment tu vas » ou « tu as pas mal changé » étaient totalement hors de propos. Il n'allait pas bien et oui il avait changé.

-Il faut que tu manges, finit par marmonner Francis. Tu es terriblement maigre.

-Pas si maigre que ça, grimaça Arthur en relevant fièrement le menton.

C'était une grotesque comédie que son corps avait décidé de jouer et qu'il ne contrôlait pas. Il parvenait juste à faire comme si de rien n'était, comme si à l'intérieur il n'était pas en plein conflit, comme s'il ne venait pas de suivre son frère qu'il était persuadé de détester la veille et qu'il ne pensait même pas revoir deux jours plus tôt. Mais ces visages familiers faisaient revenir de vieilles habitudes, et il ne voulait pas lutter. Simplement rester silencieux ou passif ne ferait qu'inquiéter le Français, et il n'avait pas besoin de ça maintenant.

Francis se précipita en cuisine, et Arthur soupira. Ils avaient tous la fâcheuse manie de ne pas l'écouter, c'était agaçant. Il rejoignit le bar derrière lequel Allistor s'activait toujours, et il grimpa presque timidement sur un tabouret confortable.

-Pourquoi tu m'as amené ici ? demanda-t-il.

-Parce qu'il fallait que tu manges quelque chose de consistant. Et Francis voulait te voir, de toute façon.

Le blond hocha mollement la tête, et observa avec scepticisme la tasse que son frère posait devant lui.

-Ca te fera du bien, statua le rouquin.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Goutte.

Grimaçant, le blond força ses doigts encore douloureux à s'enrouler autour de la hanse, et il prit une première gorgée. Tout ça était tellement normal que ça lui en faisait peur. Ce n'était pas sa vie, ce n'était pas son monde, et il ne se sentait pas à sa place, mais en même temps il était curieux. Et ce n'était pas comme s'il s'était jamais vraiment sentit à sa place quelque part. Les seules fois où ça avait presque été le cas, il était allongé sur un lit, les jambes écartées.

-Café, murmura-t-il. Avec du lait ?

-Et du miel, confirma le rouquin avec un sourire en coin.

-C'est bon.

C'était vrai, c'était même très bon. Très différent de la brûlure de l'alcool. Mais même maintenant, la fatigue le rattrapait doucement, et il aurait préféré terminer sa « nuit » de repos à l'appartement d'Allistor. Il ne parvint pas à retenir un bâillement juste après avoir avalé une nouvelle gorgée de café, et il se frotta mollement un œil.

-Tu dormiras dans la voiture, marmonna Allistor.

-La voiture ?

Arthur fronça les sourcils. Ils n'étaient pas venus en voiture, et n'en avaient pas besoin puisque l'appartement de son aîné était tout près. Qu'est-ce que c'était que toute cette merde, encore ?

-Je t'emmène quelque part, expliqua le rouquin en essuyant savamment un verre. On en a pour un petit moment, alors tu auras tout le temps de te reposer.

-On va où ?

-Surprise.

Avant qu'Arthur ne puisse insister, Francis revint avec une assiette fumante de ce qui semblait être de la viande avec des tomates et des pommes de terre.

-Mange.

-Il est quinze heures, je ne mange pas autant à cette heure-là.

Le regard menaçant -vraiment menaçant cette fois- de Francis le dissuada de continuer à se plaindre, et il attrapa sa fourchette en grommelant des insultes dignes de son frère. Profitant du fait qu'il mangeait, le Français se tourna vers Allistor, et sa voix grave vibrait de menaces.

-Allistor Kirkland, maintenant que tu as daigné ramener tes fesses ici pour plus de dix minutes, je pense qu'il est temps qu'on ait une petite discussion.

Le rouquin grimaça, et son regard se fit un peu plus fuyant. Un vague sourire étira légèrement les lèvres d'Arthur. Il se persuada que cette fois c'était un sourire sincère.

.

La route avait été longue, très longue, et entrecoupée de nombreux arrêts, soit parce qu'Arthur voulait vomir -il n'avait pas supporter de manger autant sans y être habitué-, soit parce qu'il avait faim, du coup, soit pour qu'Allistor boive un café ou se dégourdisse les jambes. En tout, ils en avaient eu pour dix bonnes heures. Ils étaient partis la veille vers vingt-deux heures, après avoir passé l'après-midi au travail d'Allistor et la soirée à préparer leur départ vers une destination qu'Arthur ignorait toujours pour finalement arriver vers huit heures du matin. Ils avaient passé la frontière vers trois heures du matin, mais le blond dormait à moitié à ce moment-là, et il n'était plus trop sûr.

Le soleil se levait paresseusement lorsqu'Allistor gara la voiture sur un parking abimé mais visiblement encore utilisé. Le petit village où ils se trouvaient était totalement inconnu à Arthur, mais paradoxalement, ils savaient où ils étaient. Le cloché d'une église se découpait un peu plus loin, et ils avaient croisé quelques petits commerces comme on en trouve dans les petits villages perdus au milieu de nulle part. Quelques personnes étaient déjà dehors, mais personne ne leur prêta attention. Arthur ne demanda pas ce qu'ils foutaient là. Il savait qu'il n'y avait pas de réelle raison. C'était probablement la seule chose qui était passé par la tête de son frère.

L'air était très frais quand il sortit finalement de la voiture, et il ne retint pas un juron.

-Y'a une veste sur la banquette arrière, lui indiqua Allistor en fermant sa portière.

Il portait son éternelle veste en cuir et ses rangers, son jeans troué, et avait trouvé des vêtements potables à Arthur. Ce dernier avait tout de même gardé son t'shirt à manches longues noir de la veille, mais troqué son pantalon en cuir contre un jeans beaucoup plus confortable. Ses bottes longues -qui lui arrivaient presque aux genoux- préservaient au moins ses pieds du froid, ce qui n'était pas négligeable. Il ramassa la veste qui trainait en effet sur la banquette arrière et l'enfila, malgré le fait qu'elle soit beaucoup trop grande pour lui.

Allistor s'alluma une cigarette et tira une première taffe, avant de regarder autour de lui et de verrouiller sa voiture.

-Suis-moi.

Arthur obéit sagement, un peu curieux, un peu impatient aussi même s'il ne savait pas trop à quoi s'attendre. Il ne savait plus rien de toute façon ces derniers temps, il était beaucoup trop perdu. Tout ce qu'il avait construit en quatre ans venait de s'effondrer, et il se retrouvait sans rien, sans repère, absolument perdu, plus ou moins protégé par un frère qui l'avait abandonné alors qu'il avait besoin de lui.

Ils marchèrent une petite dizaine de minutes avant de quitter les routes goudronnées pour des sentiers beaucoup plus étroits en terre battue. Juste de quoi passer une voiture, pas deux, mais la végétation avait repris ses droits et il devait désormais être difficile d'y circuler. Arthur comprenait mieux pourquoi son frère avait garé la voiture au village. Bientôt, des arbres commencèrent à se dresser autour d'eux, le chemin commençait à monter en pente raide, mais aucun des deux frères ne ralentit l'allure. L'herbe et les feuilles des arbres étaient d'un vert magnifique, encore plus vert que la végétation dans le jardin du foyer. Les plantes étaient d'ailleurs grandes, très grandes même, certaines arrivant facilement à la taille d'Arthur qui faisait bien attention à marcher dans les pas de son frère. Ils ne dirent rien, ils n'avaient pas besoin de parler.

Le petit blond ne connaissait pas ce chemin, mais il savait que son frère si, pour l'avoir arpenté de nombreuses fois par le passé. Et enfin ils y arrivèrent. La végétation s'écartait pour dessiner une clairière au milieu de laquelle se dressait une maison en ruine. Les vitres étaient brisées, la porte défoncée, et un large trou perçait la toiture. Du lierre avait grimpé sur toute la façade et s'était probablement infiltré à l'intérieur, et les fissures dans les murs semblaient être d'immondes cicatrices. Le parvis était couvert de débris et de feuilles mortes, ce qui avait été un chemin de gravier était désormais un tapis d'herbe verte, et la lumière naissante du soleil donnait au paysage un aspect trop merveilleux pour Arthur. Cet endroit ne pouvait pas être merveilleux. Ca n'avait rien de beau.

Il prit une profonde inspiration pour calmer la vague d'émotions inattendue qui venait de le frapper. De la peur, encore et toujours, malgré le fait que cet endroit soit en ruine, qu'il soit un adulte, que son père soit mort. De la colère, un peu, et surtout des souvenirs auxquels il n'avait plus repensé depuis longtemps.

-Tu te souviens de l'inspecteur Vargas ? demanda Allistor.

-Vite fait…

Seigneur ça voix tremblait tellement… Il ne parvint pas à se retenir et fit quelques pas en direction de la bâtisse écroulée. Il fallait qu'il s'approche, qu'il voit, qu'il se rappelle. Il n'était qu'un gamin quand tout ça était arrivé, il ne se rappelait pas de tout, et ses souvenirs étaient parfois tellement déformés et flous qu'il n'était plus sûr que ce soit la vérité. Il manquait plein de pièces au puzzle, des pièces qu'il n'avait pas essayé de retrouver parce qu'à quoi bon ? Ce n'était pas comme si cela pouvait être de bons souvenirs.

-Je suis revenu ici il y a… Deux ans je crois. C'est lui qui m'a emmené ici.

-Hm.

L'un des battants de la porte était à terre, rongé par le lierre, et l'autre tenait tout juste sur un gond. De l'autre côté, l'obscurité envahissait tout, mais il devinait un carrelage couvert de poussière et de crasse, de débris, de morceaux de verre, de feuilles mortes…

-Rentre pas, y'a rien qui tient là-dedans. Un bout du deuxième étage s'est effondré sur le premier, et une partie est tombée au rez-de-chaussée. Le reste va finir dans le même état dans pas longtemps.

-Je pensais pas que c'était dans cet état-là, avoua le blond.

-C'était pas autant en ruine il y a huit ans, mais… Ouais, moins non plus je me rappelait pas que c'était autant la merde.

Le regard d'Arthur se dirigea vers une fenêtre non loin dont la vitre était brisée, et il s'approcha. Il savait que derrière se trouvait la cuisine, et il s'arrêta avant d'être suffisamment près pour regarder. Il n'était pas sûr de vouloir, finalement. C'était dans cette cuisine qu'il avait été enfermé, c'était dans cette cuisine qu'il s'était fait violer par son père pour la deuxième fois. Il n'était vraiment pas sûr de vouloir revoir cet endroit. Il avait trop peur de rouvrir quelque chose en lui, et il n'en avait absolument pas envie.

-C'est pas exactement pour ça que je t'ai emmené ici.

Il tourna la tête vers Allistor, tremblant légèrement et probablement un peu pâle. La rosée avait trempé ses chaussures et ses cuisses, et le froid s'insinuait doucement en lui, sans compter la peur et l'appréhension. Le rouquin lui fit signe de le suivre et le guida vers l'arrière de la maison. Arthur était presque sûr de ne jamais y avoir mis les pieds, et il ne fut pas surpris de constater qu'ici aussi, les fenêtres étaient brisées et du lierre étranglais l'édifice. L'herbe n'était pas aussi haute que sur le chemin, et il était aisé d'y marcher. Plus loin, une forêt s'étendait. Le bureau donnait sur cet endroit… Leur chambre aussi.

-Là.

Il suivit la direction qu'indiquait le doigt d'Allistor, et tomba sur une croix en pierre. Son cœur se tordit brusquement et il s'arrêta net. Il n'avait jamais ressenti une douleur pareille. Il savait que ce n'était pas la tombe de leur père.

-Les flics ont fini par retrouver son corps… murmura Allistor derrière lui. C'est pour ça que je suis revenu il y a deux ans. Je voulais pas l'enterrer ici, mais… Ca avait toujours plus de sens qu'en Angleterre ou au village.

Arthur ne répondit pas. Il ne pouvait pas répondre. Il n'avait jamais pensé qu'un jour il se retrouverait dans cette situation. Ce n'était pas possible. Il s'était déjà demandé ce qu'il était advenu du corps de sa mère, mais jamais, au grand jamais, il n'aurait cru qu'on la retrouverait vraiment, qu'on lui ferait une sépulture décente. Il fit un pas supplémentaire, puis un autre, et tomba à genoux. Ca n'aurait pas dû lui faire ça. Il n'avait jamais connu sa mère, et il n'avait vu d'elle qu'une photo que son père avait gardée. Il ne savait d'elle que ce qu'Allistor lui en avait dit. Et pourtant, la douleur dans sa poitrine était bien là, l'émotion aussi. Il ne comprit pas pourquoi les larmes se mettaient à couler sur ses joues.

-J'ai pensé que tu voudrais la voir… souffla le rouquin en posant maladroitement une main sur la tête de son frère. Elle aurait… Aimé te voir aussi, je pense.

Ce fut trop. Un premier sanglot déchira sa gorge, et il relâcha toute la pression. Il pleura comme un enfant, rien de comparable à toutes ses crises de larmes précédentes. Il pleura longtemps, à genoux, devant la tombe de sa mère, et la main d'Allistor dans ses cheveux ne faisait qu'augmenter ses sanglots. Ils étaient tellement pourris, ils en avaient tellement bavé, ils avaient traversé tellement de chose qu'il peinait à croire qu'il soit tous les deux là, mais c'était bien le cas. Tous les deux, devant la tombe de leur mère, à peu près entier, mais complètement bouffés à l'intérieur. Mais vivant.

-S'il te plait Arthur… Laisse-moi m'occuper de toi, au moins pour les semaines à venir, murmura finalement Allistor. Si tu veux te barrer après, je me démerderai pour te trouver un endroit où rester et un job, mais juste… Juste quelques semaines, je voudrais que tu…

Il ne parvint pas à terminer sa phrase, mais tant pis. Arthur avait compris. Ses larmes se tarirent, et il resta simplement à regarder la croix de pierre. Elle méritait cette tombe. Elle méritait d'avoir un endroit où reposer. Mais elle aurait mérité tellement mieux, une vie tellement meilleure…

-Okay… souffla-t-il.

Allistor le prit doucement par les aisselles et le remit debout, veillant à le tenir pour qu'il ne s'écroule pas à nouveau.

-On va trouver un endroit où manger, et on reviendra après si tu veux.

Le petit blond hocha bêtement la tête et s'accrocha à son frère. Encore une fois, comme toujours, il plaça toute sa confiance en lui. Comme quand ils étaient enfant, comme quand il était incapable de comprendre le monde autour de lui, dans cette même maison qui était désormais en ruine. Il tourna une dernière fois la tête vers la croix et écarquilla légèrement les yeux alors qu'une tête clairement féline émergeait des bois. La bestiole s'ébroua légèrement, et ses grands yeux verts se posèrent sur Arthur. Il sortit complètement des bois, et vint frotter sa tête contre la stèle, son pelage gris ondoyant merveilleusement au soleil. Il s'assit à côté de la croix, et ne quitta pas Arthur du regard alors qu'il laissa son frère le trainer vers le sentier. A nouveau, les larmes lui montèrent aux yeux.

Ca, il s'en souvenait.