CHAPITRE 20

" Des évènements en cascade : Sainte-Mary et Scotland Yard "

DEUXIEME PARTIE


Clinique Sainte-Mary.

Lorsque la double porte vitrée de la clinique Sainte-Mary se ferma derrière elle, Sally Donovan sentit la pression qu'elle ressentait depuis un moment desserrer enfin son étreinte. Elle se retrouva dans sa voiture et laissant tomber son front sur le volant, elle poussa un soupir. Un énorme soupir.

Bien sûr, de s'être retrouvée dans la chambre au moment où Miranda avait été examinée par la gynécologue de la clinique avait été particulièrement pénible. La jeune femme avait été traumatisés par ce qu'elle avait subit et cette nouvelle épreuve avait été vraiment difficile. Mais elle fit face avec courage malgré la honte qu'elle dut ressentir.

La honte d'avoir été examinée au plus intime par une inconnue après ce qu'elle avait subit. La honte aussi d'avoir dut se dénuder. Car pour que des poursuites soient engagées contre son agresseur - bien que l'on sut déjà de qui il s'agissait - rien ne devait être laissé au hasard.

Sally avait donc appeler Scotland Yard. Madison Lewis, cette même collègue du service médico-légal qui, la veille, était venue au Saint-Bartholomew Hospital lorsque la petite Aurore avait été examinée, vint avec son équipement. Elle recueillie non seulement les prélèvements effectués par la gynécologue mais également photographia les blessures marquant le corps de Miranda.

Lorsqu'elle vit les ecchymoses, les lacérations qui couvraient le corps de sa grande soeur, ce fut trop pour Anthea. Elle sortit de la chambre en disant qu'elle devait aller chercher Gabriel, un peu trop rapidement pour qu'on la croit vraiment. Car, lorsque la porte ce fut refermée derrière elle, on entendit des sanglots, des cris puis la course rapide de ses pas qui s'éloignaient dans le couloir. Anthea, la courageuse Anthea, fuyait.

Mais Esther n'avait pas quitter la chambre. Car cela lui était impossible, comme si ses pieds avaient été collés au sol. Horrifiée, ses yeux ne pouvaient pas quitter sa fille, le corps de sa fille, ce pauvre corps meurtri. Si horrifiée que, finalement, tout devint noir autour d'elle et la pauvre femme serrait tombée si Sally ne s'était pas précipitée vers elle, ne l'avait pas soutenue et ne l'avait pas aidée à s'asseoir.

Elle la regarda. Elle regarda cette jeune femme, cette Sally Donovan de qui, autrefois, la famille Holmes avait une si mauvaise opinion. Mais Anthea lui avait dit ce qui s'était passé la veille - Anthea ? Elle était encore à se demander pourquoi sa fille Janet Ann avait choisie un nom pareil -, l'aide que la jeune femme avait apporter a cet inspecteur Lestrade pour sauver Sherlock et cette petite fille. Désormais, tout avait changé. Cette jeune femme était bonne, gentille, savait faire preuve de compassion. Et, lui avait dit sa fille, cela faisait longtemps qu'elle semblait éprouver pour Mycroft un intérêt des plus tendres. Ce qui changeait tout. Pourtant, un peu plus tôt, ne lui avait-elle pas dit :

- Nous avons beaucoup à vous reprocher, miss Donovan. Votre conduite, à vous et à votre ami, a été injuste, cruelle et injuste. Qui croyez-vous être, jeune femme ? Vous croyez-vous si supérieure à notre Sherlock pour le mépriser. Vous le croyez hautain, arrogeant. Mais Sherlock n'est rien de cela. Il n'a jamais mépriser personne. Son seul défaut, si s'en est un, est d'avoir un esprit qui fonctionne plus vite que le commun des mortels. Voilà son seul défaut. Vous l'avez accusé, miss Donovan, alors qu'il vous disait où était la vérité. Il savait et pour cela, un monstre a voulu prendre sa vie. Nous l'avons crut mort et nous l'avons pleuré. Notre pauvre Mycroft en a tellement souffert. Mais Sherlock est vivant et sachez le, miss Donovan, nous saurons le protéger de vous et de vos semblables.

Sally avait baissée la tête durant ce discours, honteuse. Elle en avait presque pleurée. Puis, Madison et la gynécologue étaient entrées dans la chambre. Alors, Esther avait vu et avait fini par s'effondrer dans les bras de cette fille contre qui elle éprouvait tant de colère. Mais elle avait fini par comprendre combien elle se trompait. Elle était bonne et gentille, savait faire preuve de compassion. Et, semble-t-il, elle éprouvait pour Mycroft un intérêt des plus tendres. Ce qui changeait tout.

Mais l'examen était terminé. Miranda était de nouveau allongée dans le lit, ses longs cheveux noirs s'étalant sur l'oreiller blanc. Elle avait fermée les yeux et de nouveau, les larmes coulaient sur son visage.

La gynécologue s'approcha. Elle baissa la tête un instant, se mordillant les lèvres, cherchant ses mots puis, elle s'éclaircit la gorge.

- Et bien, dit-elle, je ne peux que confirmer les faits. Il y a eu relations sexuelles non consenties et non protégées imposées par au moins deux agresseurs.

- Vous voulez dire que ma fille a été... violée ? dit Esther d'une voix tremblante. Et par deux hommes ?

- Oui, madame. Il y a quelques heures seulement pour le second et le premier, il y a sans doute une quinzaine d'heures. Je vais demander que l'on effectue un test pour vérifier s'il y a un risque de MST. Mais ce n'est pas cela le plus grave.

- Ah, parce que...

- J'ai remarquer un certain nombre de micro brûlures sur les parois vaginales. Cela ne fait aucun doute. J'ai souvent eu à soigner des femmes ayant eu à faire a la justice chinoise. Des opposantes politique, des adeptes de la secte Falun gong *... Votre fille à de toute évidence été torturée avec une matraque électrique.

- Seigneur !

Madison avait attirée Sally près d'elle.

- C'est le même homme, j'en suis certaine, dit-elle. L'ADN nous le confirmera. Mais pour moi, ça ne fait aucun doute. Cette jeune femme à eue à faire au bourreau de la petite Aurore. Mais... comment va-t-elle, cette mignonne ?

- Aurore ? Oh, bien mieux qu'hier.

- Ah, tant mieux. Bon... Je vais retourner au labo. Je dois également faire mon rapport au DI Gregson. Il sera en charge puisque, vraisemblablement, il s'agit de la même personne. Il a récupérer la totalité de l'enquête. Même concernant qui tu sais. Tout Scotland Yard parle depuis ce matin, depuis que ce graffiti est apparu, et c'est en bien. Ils commencent à comprendre la terrible erreur qui a été commise il y a un an. Qu'on aurait dut l'écouter, qu'on aurait dut le croire. Que ce qui s'est passé n'est juste. Et j'ai un peu honte de l'avouer, j'ai été comme les autres. A l'époque, j'ai vraiment crut qu'il été coupable. Il n'y a que ton ami Anderson qui est toujours persuadé de sa culpabilité. Ne m'en veux pas, mais ce type est un vrai crétin.

- Ce n'est plus mon ami et tu as raison, c'est un idiot. En fait, qui tu sais avait raison. Il fait vraiment baisser le QI de la rue. Bien... Si Gregson est en charge de l'affaire, je vais devoir lui parler. J'ai certaines révélations qui pourraient l'intéresser.

- Alors, tu pars avec moi ?

- Non, je... j'ai quelque chose à faire avant.

Sally était maintenant dans sa voiture, devant la clinique Sainte-Mary, le front appuyé sur le volant. Elle releva la tête et passa ses deux mains sur son visage.

Après le départ de Madison et de la gynécologue, elle avait elle-même quitter la chambre, laisser Esther qui, de nouveau, était revenue s'asseoir près du lit de Miranda.

Elle était assise dans la voiture. Encore horrifiée de ce à quoi elle venait d'assister. Mais aussi honteuse. Dieu, ce graffiti. Ce qu'elle avait fait la nuit précédente pour l'obtenir, ce à quoi elle s'était soumise **. D'avoir accepter la perversité de Jay Dikkins et ce qu'elle avait découvert sur elle-même. Cette attirance qu'elle ignorait pour les relations sexuelles brutales, voir violentes. Oh, oui, cela avait été violent. Jay ne lui avait rien épargné. Et le comble c'est qu'elle avait pris un pied d'enfer. Et qu'elle était toute prête à recommencer. Au moins une fois. Malgré Mycroft, malgré ce qu'elle commençait à ressentir pour lui.

Mais pour le moment, elle désirait autre chose. Se débarrasser de ce sentiment d'horreur qui l'étouffait. Comme si les deux monstres qui avaient martyrisée la pauvre Miranda l'avait souillée elle aussi. Et elle devait se débarrasser de cette souillure.

Rentrer chez elle prendre une longue douche bien chaude et changer de vêtements, c'était tout ce qu'elle désirait.


Scotland Yard.

Pendant ce temps, à Scotland Yard, le détective-inspecteur Tobias Gregson venait une fois de plus essayer de faire parler les deux suspects qu'il avait arrêtés à l'institution psychiatrique Saint-Christophe.

En vain.

James Harrisson, le directeur et psychiatre de l'institution, prétendait ne rien savoir. Mais les textos contenus dans son téléphone portable disaient tout le contraire. Il avait séquestré un jeune homme innocent dans son établissement, un jeune homme qu'il avait fait souffrir. Un jeune homme qu'il était chargé de faire disparaître... définitivement. Ce n'était pas un médecin, c'était un tortionnaire.

Quant à la nommée Shannon Riordan, elle s'était enfermée dans un mutisme obstiné. Elle savait que c'était déjà trop tard pour elle puisque quelqu'un avait déjà obtenu sa confession. Mais surtout, elle semblait avoir peur, et ce n'était pas de la Justice.

Tobias n'attendait qu'une chose : l'arrivée de la jeune fille. Cette Mary Morstan qui semblait en savoir beaucoup sur cette affaire. Elle avait de nouveau appeler un peu plus tôt et il l'attendait d'un moment à l'autre. Et peut-être aurait-il enfin des nouvelles de Sherlock. Pauvre malheureux garçon !

Et il y avait cet enregistrement. Revenu dans son bureau, il observa le dictaphone posé sur sa table de travail que lui avait donné Isabella Fiorentini et contenant la confession de la nommée Riordan.

Cette Isabella Fiorentini l'intriguait vraiment. Il se demandait comment Gregory Lestrade pouvait connaître un agent d'INTERPOL. Qui était-elle ? Aussi, et quoique cela ne le regardait pas, il appela le siège d'INTERPOL dès qu'il fut revenu à Scotland Yard. Il n'avait en fait pas appris grand-chose. Si ce n'était que la commissaire divisionnaire Isabella Fiorentini était de nationalité suisse. Qu'elle était la fille d'un banquier, Karl Gustav Meyer. Qu'elle avait été mariée à Alessandro Fiorentini, qu'elle était veuve et avait une fille. Et rien de plus. Si ce n'était que c'était un excellent policier, connue pour son obstination et avait un don pour la déduction particulièrement développé.

Et c'était ce dernier fait qui était le plus curieux. Il se demandait si ce don ne se transmettait pas de mère en fils. Il n'avait pas été non plus sans remarquer leur ressemblance physique commune lorsqu'il l'avait rencontrée à Saint-Christophe en compagnie de Gregory Lestrade et du docteur Watson. Sans était presque troublant. Cette Isabella Fiorentini était-elle la mère de Sherlock ? Pourtant, il avait toujours entendu dire que le jeune homme était le fils de la styliste Elisabeth Vernet.

Mais en y réfléchissant bien. Il se souvenait de cette photographie qui se trouvait dans le bureau de l'inspecteur Lestrade. Celle de deux adolescents. Une photographie qui avait dut être prise au début des années quatre-vingt, à en croire le style vestimentaire. L'un des deux gosses n'était autre que Greg qui semblait n'avoir guère plus de quinze ans et la gamine... Car il y avait une autre photographie dans ce bureau. Celle de Sherlock adolescent et sa ressemblance avec la gamine de l'autre photographie était bien trop frappante. Maintenant il en était persuadé : Isabella Fiorentini était la mère de Sherlock.

Et Greg ? Il s'était toujours demandé pourquoi l'inspecteur Lestrade conservait dans son bureau une photographie de son détective consultant prise bien avant qu'il ne le devienne. Il s'était toujours dit que, sans doute, le jeune homme était devenu l'objet d'un phantasme pour le policier, qu'il exposait ainsi la photographie de cet adolescent parce qu'il ressemblait à celle qui, vraisemblablement, avait été sa petite amie. On avait parler de bien autre chose, de moins innocent. Le bruit de sa possible homosexualité avait toujours courue. On avait même parler de pédérastie. Mais Tobias le savait, c'est Emma, l'ex-épouse de Greg, qui avait commencée à faire courir ce bruit. Maudite soit cette femme et sa langue de vipère. Mais une rumeur ne s'éteint pas aussi facilement. Et depuis hier, depuis que l'on avait entendu parler de cette petite - comment s'appelait-elle déjà ? Ah, oui, Aurore - ne parlait-on pas maintenant de pédophilie. Absurde ! Gregory Lestrade n'était rien de tout cela. C'est juste un type bien qui aime les enfants parce qu'ils sont fragiles, qu'ils ont besoin de protection et que lui n'a jamais eu la chance d'être père. Et si, après tout, il y avait une histoire bien plus simple derrière tout cela. Et si, après tout, c'était tout simplement cela. Et si, après tout, Gregory Lestrade n'était autre que...

Mais il devrait attendre pour aller plus loin dans ses raisonnements. On frappa à la porte de son bureau et le sergent Harmony Taylor, sa jeune subordonnée apparut.

- Inspecteur, miss Morstan est arrivée, dit-elle. Elle est en compagnie d'un monsieur. Désirez-vous les recevoir tous les deux ?

- Mais certainement, lui répondit Tobias. Faites-les entrer.

Harmony s'écarta pour laisser entrer les deux visiteurs. D'abord un homme d'environ trente-cinq ans. Très grand et plutôt athlétique. Un bel homme a la peau très sombre. Puis une jeune fille qui ne devait pas avoir beaucoup plus de vingt ans. Une jeune fille absolument ravissante, au corps mince et élancé, aux longs cheveux d'un roux flamboyant, aux grands yeux d'un vert très clair et à la peau diaphane sans la moindre tâche de rousseur.

- Miss Morstan ? dit-il en allant vers la jeune fille la main tendue.

- Oui, inspecteur. Je suis Mary Morstan. Voici mon ami Hadiya Maathaï. Vous désiriez me parler ? Vous désirez sans doute savoir ce qui c'est exactement passé à Saint-Christophe ?

- En effet, quoique j'en sais déjà suffisamment. Mais veuillez vous asseoir, nous serons plus à l'aise pour parler.

Tandis qu'elle s'asseyait, les yeux de Mary ne pouvaient pas quitter ce qui se trouvait sur le bureau de l'inspecteur Gregson. Le dictaphone ne lui disait rien mais elle reconnue tout de suite les deux enveloppes, l'une contenant la lettre qu'elle avait adressée à l'inspecteur Lestrade et l'autre ce dont n'avait voulue en aucun cas. Et puis il y avait la boîte contenant le " cadeau " du docteur Harrisson. Et la regardant, elle devint livide.

C'était une chose d'avouer son " problème " dans une lettre mais s'en était une autre que de voir l'objet du problème dans le bureau d'un policier. Un policier qui avait assez d'intuition pour lire ses pensées.

- Il me semble important que nous parlions d'abord de ceci, dit en effet l'inspecteur Gregson en posant la main sur la boîte. Vous êtes toxicomane, miss Morstan. Vous l'avez avouer dans cette lettre.

- Oui, inspecteur, murmura la jeune fille en baissant la tête. Mais, je... Ce n'est pas souvent. C'est... c'est lorsque ça ne va pas, lorsque je me sens vraiment mal.

- Ah, je comprend. Et si vous me racontiez cela. Quand avez-vous commencée ?

- A la mort de mes parents. Je suis née et j'ai vécue au Kenya jusqu'à il y a encore six mois. Mes parents étaient tous les deux médecins. Médecins de brousse. Ils allaient de village en village à bord de leur petit avion. Ils étaient également militants dans la lutte contre l'excision des petites filles. J'avais seize ans et venais d'entrer à l'école d'infirmières de Nairobi lorsque leur avion s'est écrasé en pleine brousse. On a dit que c'était un accident, mais je ne l'ai jamais crut. Et mes parents sont morts. Malgré l'aide de mon ami Hadiya qui a toujours été pour moi un grand frère, cela a été une période très dure. Jusqu'à ce que je sois invitée à une soirée chez une amie. C'est là que... Cela faisait longtemps qu'elle me faisait des avances, des propositions. Elle devait sentir à quelle point c'était difficile pour moi à ce moment, que j'avais besoin d'oublier mon chagrin pour un moment. Elle m'a dit qu'après je me sentirais mieux. Elle avait raison, vous savez. C'était de l'héroïne et c'est elle qui m'a fait ma première injection. Et depuis... Enfin, c'est ainsi que le docteur Harrisson a réussi à me piéger.

- En effet, je comprend. Mais... dîtes-moi, mademoiselle. Lorsque vous parlez des avances que vous faisait votre ami, ce n'et seulement de drogue que vous voulez dire. C'est aussi de...

- Oh, inspecteur ! s'exclama Mary en rougissant.

Elle regarda Hadiya un bref instant qui lui rendit son regard en souriant avec indulgence.

- Vous n'avez pas à avoir honte, miss Morstan, dit Tobias Gregson. Selon les statistiques, 65 % des adolescents et 45 % des adultes reconnaissent à avoir eu au moins une fois une relation homosexuelle. Chacun est libre de ses choix et en ce qui me concerne, enfin... Ce n'est pas le sujet de notre présente conversation.

Puis, poussant l'une des deux enveloppes vers la jeune fille :

- Vous avez oubliée ceci à l'institution psychiatrique.

- Non merci, inspecteur. Je ne l'ai pas oublié, je n'en voulais tout simplement pas.

- C'est tout de même votre salaire, jeune fille, et la somme n'en est pas négligeable.

- Non, inspecteur. Je n'en veux pas. Après ce qui c'est passé, je n'en veux pas. Je n'en est pas besoin. Et puis es parents m'ont laisser suffisamment d'argent pour je puisse m'en passer.

- Comme vous voudrez. Je n'insisterais donc pas. Le chèque sera restitué à l'institution psychiatrique Saint-Christophe. Bien... En ce qui concerne ce qui nous intéresse, votre lettre résume toute l'affaire et m'a appris pratiquement tout ce que je désirais savoir. Mais...

...une grande agitation se fit entendre à l'extérieur du bureau. L'inspecteur Gregson fronça les sourcils, se demandant se qui pouvait bien provoquer un tel tumulte. Il allait se lever de son siège pour aller voir lorsque l'on frappa à la porte qui s'ouvrit aussitôt. Une jeune femme apparut. Elle avait l'air plus effarée que paniquée mais surtout, elle était essoufflée d'avoir courue.

Mary et Hadiya s'étaient retournés et regardaient la nouvelle venue. Une belle jeune femme d'environ trente ans, de taille moyenne et au corps mince, la peau dorée couleur de miel, de longs cheveux noirs et frisés couvrant ses épaules et de très beaux yeux noirs. Une métisse.

Mais la jeune femme s'était arrêtée. Les jambes tremblantes, elle se retint d'une main à la porte. Hadiya lui céda son siège où elle laissa tomber avec soulagement.

- Et bien, sergent Donovan, s'exclama Tobias Gregson. Que vous arrive-t-il donc, ma petite ?

- Oh, inspecteur, lui dit Sally d'une voix stupéfaite. Vous ne pouvez pas imaginer ce qui vient de se passer. Il va sûrement y avoir un scandale, un énorme scandale.

- Un... scandale ? Mais de quoi parlez-vous donc, Sally Donovan ?

- C'est le supérintendant. Il... Oh, mon Dieu ! Je ne peux encore le croire.

- Expliquez-vous, jeune femme. De quel scandale voulez-vous parler ?

- Et bien...


En arrivant à Scotland yard et une fois l'accueil passé, Sally se dirigea vers les bureaux de la brigades criminelle. Elle voulait parler à l'inspecteur Gregson sans attendre. Elle se trouvait devant les portes de l'ascenseur et avait déjà appuyé sur le bouton d'appel lorsqu'une voix l'interpella :

- Détective-sergent Sally Donovan ? Je désirerais vous parler.

La jeune femme se retourna alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient. Elle se retrouva en face d'un homme qu'elle connaissait sans lui avoir jamais vraiment parler, et c'était tant mieux. Car avoir à faire à cet homme, ce n'était jamais vraiment agréable.

- Monsieur le haut-commissaire *** ? s'exclama-t-elle.

- Pouvez-vous me dire exactement ce qui se passe depuis hier ? Et l'on me dit vous êtes responsable de cette oeuvre-d'art que l'on voit un peu partout dans la ville ?

Le graffiti.

- Et bien, sergent Donovan, j'attends vos explications. Faites-moi votre rapport.

Sally baissa la tête en se mordillant les lèvres. Elle sentit soudain des bouffées de chaleur monter dans sa nuque, chose qui ne lui était pas arrivée depuis très longtemps. Elle releva finalement la tête et essayant de ne pas bafouiller, elle résuma ce qui s'était passé depuis la veille. Le haut-commissaire l'écoutait en fronçant les sourcils.

- Ainsi, si je comprend bien, dit-il, ce jeune homme est vraiment vivant. Mais votre devoir, sergent Donovan, n'était-il pas de le livrer à la justice ? Et vous allez jusqu'à lui venir en aide en faisant diffuser ce graffiti qui souille actuellement les murs de Londres.

- Mais, monsieur le haut-commissaire, c'est parce que... J'ai découvert qu'il était en fait...

- Je ne veux pas vous entendre, sergent Donovan. C'est devant votre supérintendant que vous allez vous expliquer. Et je pense que vous devez vous attendre à un blâme sévère. Cela vous fera réfléchir à vos priorités.

Il l'a pris par le poignet et la poussa dans l'ascenseur. Jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'étage où se trouvait le bureau du supérintendant, Sally baissa la tête sous le regard sévère du haut-commissaire, le ventre tortillé d'appréhension. Puis, les portes s'ouvrirent et l'homme la poussa dehors, lui tenant toujours le poignet.

- Veuillez annoncer notre visite à monsieur le supérintendant, dit-il à la secrétaire.

- Oui, monsieur.

Puis, prenant son téléphone :

- Monsieur le supérintendant ? Monsieur le haut-commissaire et le détective-sergent Sally Donovan désirent vous voir. Monsieur ? Monsieur ?

Elle leva les yeux vers l'homme et la jeune femme, stupéfaite.

- Il... Monsieur le supérintendant n'a rien dit. Il n'a rien dit et il a raccrocher. Mais qu'est-ce que...

Elle n'acheva pas sa phrase. Un bruit de détonation se fit soudain entendre derrière la porte fermée du bureau du supérintendant. Sa secrétaire hurla mais le haut-commissaire et le sergent Donovan s'étaient précipités vers la porte. Elle était fermée à clé, mais il ne fut pas difficile au haut-commissaire de l'ouvrir d'un coup d'épaule.

Et c'est là qu'ils virent.

Le supérintendant était allongé au sol. Il tenait encore son révolver dans sa main droite et dans sa tempe droite, il y avait un trou duquel s'écoulait un filet de sang. Il était mort.

- Veuillez appeler le légiste, dit le haut-commissaire à la secrétaire qui les avaient suivis.

Puis, pour lui-même :

- Il s'est suicidé. Cela ne fait aucun doute.

Mais Sally s'était approchée du bureau en contournant le corps. Quelque chose avait attiré son attention. Une enveloppe était posée sur la table et lorsqu'elle lut le nom destinataire, elle poussa un petit cri de surprise.

- Monsieur le haut-commissaire, s'exclama-t-elle. Venez vite voir, monsieur.

- Qu'avez-vous trouver ? demanda celui-ci.

- Mais ceci, monsieur.

Elle lui montra l'enveloppe posée sur le bureau.

- Il faudrait des gants, dit-il. Rien ne dit que ce soit le supérintendant qui l'ait écrite.

- J'en ai toujours avec moi, dit Sally en ouvrant son sac à main pendu à son épaule et en sortant deux paires de gants en jetables.

Elle lui en tendit une paire et après les avoir mis, le haut-commissaire s'empara de l'enveloppe sur laquelle était écrit :

POUR LE DETECTIVE INSPECTEUR GREGORY LESTRADE

- C'est bien votre supérieur, sergent Donovan ? demanda-t-il. Vous travaillez directement sous les ordres de cet inspecteur, n'est-ce pas ?

- Oui, monsieur. Mais il est en congés depuis hier et pour une durée de deux semaines. Il s'occupe de la petite fille dont je vous ai parler.

- Soit... Vous devriez lire cette lettre, sergent Donovan. Elle pourrait vous intéresser.

Il avait ouvert l'enveloppe et en avait, en effet, sortit une lettre. Lorsque Sally en eut à son tour parcourut le contenu, elle poussa un cri de surprise.

- Oh, mon Dieu ! s'exclama-t-elle. Nous avons une preuve, nous avons enfin une preuve.


- Alors, le supérintendant se serrait suicidé ? dit l'inspecteur Gregson, presque sans voix. Il s'est suicidé ? C'est ce que vous me dîtes, Sally ?

- Oui, inspecteur, lui répondit Sally. Cela ne fait aucun doute.

- Et cette lettre ?

- La voici. Mais ce n'est qu'une copie. J'ai dit au haut-commissaire que vous étiez chargé de l'affaire et il m'a remis cette copie. L'originale serra remis à l'Inspection des services pour leur enquête.

- Ah, très bien... Quant à vous, Sally, je craint que vous ayez des ennuis. Vous avez pris des libertés depuis hier, ma petite, et le haut-commissaire ne va pas vous oublier aussi facilement. Attendez-vous à avoir de ses nouvelles avant ce soir.

Puis il se plongea dans la lecture de la lettre qu'avait laissé le supérintendant de Scotland Yard.

" Inspecteur, il y a un an j'ai commis une faute terrible. Et je l'ai commise sciemment. J'ai laissé accuser un jeune homme que je savait parfaitement innocent. Je savais que ce jeune Sherlock Holmes n'était pour rien dans cette affaire d'enlèvement d'enfants. Et si la petite fille l'a reconnu s'est que je savais que la drogue que son kidnappeur lui avait administrer n'avait pas cessée de faire effet et qu'il m'a été facile de manipuler son esprit pour qu'elle l'accuse. Je l'ai fait sur ordre. Le véritable kidnappeur des deux enfants est bien ce Moriarty. Sachez, inspecteur, que ce Richard Brroks n'a jamais existé. C'est une invention de ce Moriarty. Cela n'a été mes seules fautes. Cela fait plus de dix ans que je trahi ce que je suis. J'obéi aux ordres d'un homme extrêmement dangereux et je lui permets de commettre ses méfaits. Non seulement il me paie pour cela mais il me permet de satisfaire mon vice. Mais sachez qu'aucun des jeunes garçons que cet homme m'a fourni depuis toutes ces années n'a jamais souffert. Je me suis servi de ma fonction de policier, j'ai trahi mon épouse et mes enfants. Il me faut donc être puni pour cela et je le ferai par moi-même. Mais avant que j'achève cette lettre, je dois révéler une dernière chose : j'ai connu ce Moriarty sous le nom de Mr X mais je sais que certaines personnes l'appelle le " Maître ". J'ai toujours ignorer son véritable nom. Emmett Thomas, supérintendant de Scotland Yard. "

- Mais moi je sais qui est Moriarty, dit Sally. Je sais son véritable nom depuis hier.

- Vraiment ? s'étonna Tobias Gregson. Serais-ce ce jeune homme qui...

- Oh, non, inspecteur. Ce n'est pas lui. J'ignore quel est son véritable rôle dans cette affaire, mais il n'est pas Moriarty. Moriarty c'est... lord Sieger Sherringford Holmes.

- HOLMES ? Mais est-ce que...

- Oui, inspecteur. L'homme qui a élevé Sherlock et qui l'a tellement maltraité lorsqu'il était enfant. L'homme qui a imaginé toute cette affaire pour s'emparer de lui et qui lui a fait subir toutes ces horreurs, à lui et à la petite Aurore. C'est un monstre, inspecteur. Un véritable monstre.

- Seigneur ! Toute cette histoire est épouvantable, proprement épouvantable. Mais nous savons maintenant que notre jeune détective est innocent et nous allons maintenant pouvoir le prouver. Non seulement avec la lettre du supérintendant mais également avec ce qu'à révéler miss Morstan.

- Et nous pouvons aussi ajouter le téléphone portable de Sherlock. Je pense qu'il a réussi à enregistrer sa conversation avec ce Jim Moriarty, ce jour-là, sur le toit de St Bart.

- Et où est-il, ce téléphone ?

- Mais, inspecteur, tout simplement au service des scellés.

- Très bien. Alors, nous allons...

Pendant ce temps, le portable d'Hadiya avait sonné. Le médecin kenyan s'était un peu éloigné et avait parler quelques minutes à peine. Lorsqu'il revint, il murmura quelques mors à Mary. La jeune fille hocha la tête en murmurant : " Bien sûr. J'irai avec toi. "

- Très bien, dit finalement l'inspecteur Gregson. Et si nous en revenions à vous, miss Morstan ? Comme je vous le disais avant l'arrivée du sergent Donovan, votre lettre résume toute l'affaire mais vous y parlez de certaines choses, de certains objets que vous avez pris à cette femme.

- En effet, inspecteur, dit Mary. Et les voici.

La jeune fille ouvrit son sac à dos qu'elle avait poser à ses pieds et en sortit le téléphone de Shannon Riordan ainsi que la seringue qu'elle lui avait prise et qu'elle destinait à Sherlock. Elle les posa sur le bureau.

- Voici également mon téléphone, ajouta Mary. Elles contiennent les photographies dont j'ai parler dans ma lettre. Et vous verrez, monsieur, le sergent Donovan a raison. Ce qu'on a fait à Sherlock horrible, vraiment horrible. Personne ne devrait autant souffrir.

Lorsqu'elle vit la seringue que Mary venait de poser sur le bureau, Sally s'exclame : " Oh, que je suis étourdie. " Elle ouvrit son sac à main et en sortit la seringue qu'elle avait ramenée de Baker Street ainsi que la lettre de Miranda.

- Et qu'est-ce que cela ? lui demanda Tobias Gragson.

- De nouvelles preuve à charge contre cette Shannon Riordan. Elle l'a donnée hier à Miranda qui devait en injecter le contenu à Mycroft Holmes, le frère aîné de Sherlock. Mais elle ne l'a pas fait. Et je suis certaine que son contenu est le même que celui de la seringue de miss Morstan. Le docteur Watson a parler un produit extrêmement dangereux et je suis d'accord avec lui. Je pense que c'est un poison.

- Et bien, le service médico-légal les analysera et nous serons bientôt ce qu'il en est.

Il avait à peine prononcer ces mots, qu'on frappa à la porte de son bureau. Elle s'ouvrit à son appel et Madison Lewis apparut.

- Excusez-moi de vous déranger, inspecteur, dit la technicienne. J'ai certains documents à vous remettre.

Puis, apercevant le sergent Donovan :

- Ah, tu es là, Sally. J'ai les résultats d'ADN et je le savais. L'agresseur de Miranda est également celui de la petite Aurore. Cela ne fait aucun doute. Et l'autre...

- Une agression ? demanda l'inspecteur Gregson. Et qui est exactement cette Miranda ?

- Miranda Moran, répondit Sally. La cousine des frères Holmes.

- Mais vous parliez de deux agresseurs, demanda à nouveau Tobias. Nous savons déjà qui est le premier. Mais qui est l'autre ?

- Je n'en reviens pas encore de ce que j'ai découvert, lui répondit Madison. L'ADN du deuxième agresseur correspond à... Inspecteur, les deux hommes ont le même ADN. Ils ont un lien de parenté. Ils sont probablement père et fils.

Tout en écoutant, Sally était devenue livide. Une idée commençait à lui venir et si c'était ce qu'elle pensait...

- Et l'ADN du deuxième agresseur ? demanda-t-elle. Est-ce qu'il a le même ADN que Miranda ?

- Non, lui dit Madison. Ils n'ont aucun lien de parenté. Mais à qui penses-tu donc ? Sais-tu qui il est ?

- Oh, oui ! Et Mme Hudson avait raison. " Ce n'est qu'un voyou et il n'a jamais rien fait de bien dans sa vie? " c'est ce qu'elle a penser qu'il aurait été jusque là. Qu'il aurait été jusqu'à la... violer. Alors il n'a pas le même ADN que Miranda ? Mais... cela veut dire qu'il n'a pas non plus le même ADN que Mycroft et Sherlock. Que... que... Oh, mon Dieu !

- Mais de qui parlez vous donc ? s'exclama Tobias Gregson.

- Sebastian Moran, inspecteur. Mais ce n'est pas le plus important. S'il n'est ni le frère de Miranda ni le cousin des frères Holmes, s'il est bien le fils de Sieger Holmes, cela veut que... Lord Sieger n'est pas un Holmes. Et que si Molly a raison, si lord Sieger est bien un descendant du professeur Moriarty, tout cela est bien une vengeance.

Et comme le détective-inspecteur Tobias Gregson n'avait pas été présent la veille au 221b Baker Street lorsque cette révélation avait été faite, il ne compris absolument rien à ce que venait de lui raconter Sally.

- Tout cela sera éclairé en temps voulu, dit-il. Bien... Madame Lewis, veuillez donc prendre ces deux seringues et veillez à les faire analyser le plus rapidement possible. Je vous remercie. Bon... Revenons-en à vous, miss Morstan. Dans votre lettre, vous indiquez avoir consulter les textos qui sont contenus dans le téléphone de miss Riordan.

- Oui, inspecteur. Il y en a un en particulier qui est fort intéressant. Et cela confirme ce vient de nous dire le sergent Donovan.

Et, en effet, lorsqu'il eut consulter le journal des message du portable de Shannon Riordan, il n'y avait plus à douter.

Du Maître pour Shannon Riordan.

12 : 50.

" Félicitations. Ne touchez pas a la petite garce. Seb viendra la prendre en charge dans peu de temps. J'ai l'intention de l'introduire dans le réseau. Le produit semble de qualité, elle nous rapportera un bon prix. Quant au docteur Harrisson, je pense qu'il serait bon qu'il connaisse le destin du docteur Sowerby. "

- Cela vous confirme bien que cette femme est bien celle qui a tuée le docteur Sowerby et qu'elle devait disposer du docteur Harrisson de la même façon, dit Mary. Et comme vous vous en doutez, la petite garçe, c'est moi. Quant au nommé Seb, je pense que ce n'est autre que ce Sebastian Moran. Et ce réseau...

- Ce n'est autre qu'un réseau de prostitution, continua Tobias Gregson. Et bien, miss Morstan, vous l'avez échappé belle.

Cela fit frémir Sally Donovan. Si le souvenir de sa nuit de débauche était toujours aussi clair à son esprit, ce que Jay Dikkins lui avait raconter était encore plus clair. Le Réseau. Ce réseau dont il lui avait parlé était donc le même ? Et c'était cela qu'il lui destinait ? Ainsi donc, Jay Dikkins travaillait lui aussi pour le Maître ? Elle eut soudain honte. Honte d'elle, honte de ce qu'elle avait fait, honte de s'être conduite comme une idiote. Devait-elle en parler à l'inspecteur Gregson ? Non, elle ne dirait rien. Elle irait ce soir à Whitechapel, elle irait chez Jay et s'expliquerait avec lui. Et après...

- Et bien, miss Morstan, je vous remercie pour votre aide, dit finalement Tobias Gregson.

Tout était donc dit.

Mary et Hadiya quittèrent le bureau de l'inspecteur Gregson en même temps que Sally. Ils parlaient tout en marchant lorsque, ayant atteint l'accueil, une voix interpella Sally :

- Sergent Donovan, attendez une minute. Monsieur le haut-commissaire à laisser ceci pour vous.

On lui remis une enveloppe, mais Sally savait déjà de ce dont il s'agissait. Et lorsqu'elle l'eut ouverte, elle en eut la confirmation.

- Ce n'est pas juste, murmura-t-elle. A quoi cela sers-t-il de faire le bien ?

- Vous avez des problèmes ? lui demanda Hadiya.

- Oh, oui. Le haut-commissaire n'a pas attendu pour prononcer sa sentence. Ecoutez ceci.

" Ce jour, le détective-sergent Sally Donovan, actuellement en service à la brigade criminelle sous les ordres du détective-inspecteur Gregory Lestrade, a reconnue avoir commis plusieurs fautes professionnelles ces deux derniers jours. Il a donc été décidé à son encontre : 1° une mise à pied de deux mois sans solde, 2° une baisse de salaire de 10 % pour une durée de six mois, 3° aucune promotion ne lui sera possible durant une durée de vingt-quatre mois. La mise à pied prend effet immédiatement. Une convocation en conseil de discipline lui sera envoyé d'ici soixante-douze heure. "

- C'est extrêmement sévère, dit Hadiya. Et votre supérieur a décidé une telle chose ? C'est proprement scandaleux

- Mais pourquoi ? s'exclama Mary, choquée.

- Ce n'est rien d'autre qu'une punition pour être venue en aide à Sherlock, répondit Sally les dents serrées.

- Ce n'est pas juste, murmura Hadiya. Qu'allez-vous faire, maintenant ?

- Maintenant ? Et bien, tout simplement retourner à Baker Street.

- Et bien, nous allons vous accompagner. John Watson m'a appeler pour me demander mon aide. Il a là-bas un patient qui semble souffrir de certains symptômes, une fièvre qui refuse de baisser. Il me demande si je pourrais lui venir en aide.

- Mais c'est Mycroft ! s'exclama Sally, soudain paniquée. Allons y tout de suite. Oh, mon Dieu ! Mais il allait pourtant mieux lorsque je suis partie.

- Et bien, allons-y immédiatement, dit calmement Hadiya. Je dois d'abord passer à mon cabinet médical chercher certaines choses.

- Ah ? Alors, vous êtes médecin ?

- En effet, miss Donovan. Je suis le docteur Hadiya Maathaï.

oOoOoOo

Voici donc ce qui c'était passé.

- Alors, le supérintendant de Scotland Yard se serait suicidé ? s'exclama Rebecca, plutôt stupéfaite. Et il travaillait donc pour Moriarty ? Enfin, pour Sierger Holmes, en ce qui nous concerne.

- C'est ce je pense, lui dit Greg. Mais il semble qu'il soit tout de même resté un homme d'honneur puisqu'il a pris une décision honorable.


* Falun gong est une école philosophique fondée par Li Hongzhi dans les années 1950 pratiquant le bouddhisme et le taoïsme, prônant les exercices du corps et le végétarisme. Considérée comme une secte par le gouvernement chinois à partir de 1999, ces adeptes sont depuis persécutés. Ils sont arrêtés, emprisonnés, subissent mauvais traitements et tortures.

** Pour rappel, lire le chapitre 28, " Intermède nocturne ".

*** Au Royaume-uni, dans la hiérarchie policière, le haut-commissaire est ce qu'est en France le préfet de police.