Hitomi, cillant, fixait cet individu, un prince à la carrure pas aussi favorable que celle de Van et à la chevelure écarlate. Elle se demanda un instant s'il s'agissait de sa teinte naturelle ou s'il avait coloré ses cheveux... Impossible, il n'y avait pas de... Le regard insistant de l'étranger coupa court à ses pensées. Elle sourit, poliment, alors qu'il disait:
- Bonsoir, ma chère lady. Me feriez vous l'honneur de m'accorder cette danse ?
- Oh... Euh... Navrée, ce soir je suis incapable de danser, je suis trop épuisée...
- Cette annonce m'attriste. J'espère que vous ne vous forcez pas et tenez parfaitement sur...
- Je tiens parfaitement debout, merci.
- Je n'en jurerai pas. Je jurerai que vous jambes tremblent. Je vais vous escorter à un divan...
- Ce ne sera pas nécessaire, merci. Je m'en allais justement rejoindre sa Majesté Van...
- Sa Majesté est occupée. Venez, venez, cela vous fera le plus grand bien !
Malgré elle, elle fut tirée vers un balcon où il se décida à la lâcher pour qu'elle s'installe sur un divan. Il sourit, charmeur alors qu'elle sourcillait. Elle se demandait si tous les princes pouvaient se montrer si collants. Cela l'irritait. Elle ne pensait pas croiser de tels individus. Pas à Fanélia...
Ses pensées furent interrompues par un geste. Du dos de la main, le prince effleura sa joue marquée par la gifle du matin même...
Hitomi s'écarta, sourcils froncés, sifflant :
- Ne me touchez pas.
- Vous êtes blessée.
- Cela ne vous concerne pas.
- Mais si, vous verrez, vous ne sentirez plus rien...
Il posa sa main de glace contre son cou, la faisant monter jusque la joue blessée, faisant tressaillir la jeune femme qui d'un coups de la main,écarta celle du prince.
- Assez, prince de pacotille !
- Vous insultez ma douceur !
- Je me répugne face à vôtre impolitesse !
Elle quitta le balcon à grands pas. Mylerna et Dryden fixait la scène, sourcils froncés, prêts à intervenir...
Une poigne emprisonna le bras de la jeune femme. Elle se tourna vers ce trouble fêtes, dégageant vivement son bras et sifflant sans pour autant faire naître de scandales :
- Cessez ce jeu stupide, pauvre fou !
- Je suis Louis de Lama. Prince d'une province assez éloignée des puissances mais paisible et riche en minerai.
- Je n'ai que faire de vôtre titre, fit-elle.
Il lui saisit le poignet, la rapprochant de lui d'un geste brusque, disant :
- Ne trouvez-vous pas cela ironique que tous les princes convoitent vôtre main et que toutes les princesses courent après vôtre amant ?
- Je trouve inconscient que vous osiez me toucher, Prince de Lama, s'irrita-t-elle.
Dryden, malgré les supplications silencieuses de son épouse se dirigeait vers les deux protagonistes, irrité de voir ce prince de pacotille malmener sa vieille amie.
Sur le point d'intervenir, il vit alors ce que Mylerna attendait depuis une vingtaine de minutes : l'entrée en scène de leu ami impulsif...
Van, d'un geste, avait écarté le prince, l'éloignant de SA fiancée. Ses stratèges derrière lui secouaient la tête, irrités de voir un tel inconscient au bal.
- Prince de Lama, vous semblez ivre, je vous suggère de regagner vôtre chambre avant de commettre un acte irresponsable, siffla Van, un bras ceinturant les hanches de son aimée, son regard luisant d'une colère contrôlée.
- Majesté. La lady ici présente semblait sur le point de défaillir, je me devais de la soutenir, sourit le prince.
- Foutu menteur, souffla Hitomi, entendue par les stratèges, Van et le prince... Les autres invités ne semblaient pas interessés par la conversation, fixant seulement de loin les protagonistes.
- Excusez ma douceur, milady.
- En voilà assez, regagnez votre chambre avant que je ne vous y fasse accompagner, lança Van froidement.
- Je me retirerai donc, cher roi, espérant vous revoir au plus vite, douce lady, sourit le prince de Lama en se dirigeant vers une des grandes portes.
Van marmonna de colère. Ses stratèges, face à lui, soupiraient. Hitomi, mal à l'aise, fixait ses pieds.
- Majesté, nous veillerons à ce que ce genre d'incident ne survienne plus tout au long du séjour des princes étrangers, annonça l'un des stratèges.
- Les Généraux de Fanélia nous ont donné l'autorisation de poster nos hommes un peu partout dans l'aile royale ainsi que plusieurs agents dans le palais pour assurer une protection maximale.
- Certains de mes hommes ont ,cependant, ce matin du faire face à un dilemme, notifia un stratège, ses cheveux grisonnant, sa mine sévère.
- Que genre de dilemme, demanda Van qui n'avait pas lâché sa fiancée, soucieux de la laisser.
- Hmm... Il y a eut une altercation entre nôtre future reine et une des princesse faisant partie de celles vous faisant la cour. Ils ne savaient pas comment intervenir.
- Pourquoi cela ?
- Eh bien, lady Hitomi a beau s'être maquillée avec soin, nous pouvons remarquer cette marque sur son visage, fit le stratège en désignant la jeune femme.
Celle-ci soupira intérieurement, se demandant pourquoi une telle futilité était dite. Elle sentit les doigts de son amant soulever son menton car elle n'avait pas lâché des yeux ses pieds. Elle croisa son regard tendre et inquiet. Elle y décela une lueur de colère, de culpabilité. Il effleura sa blessure pourtant banale et lui demanda avec douceur :
- L'une des princesses t'a frappée ?
- C'est sans importance, une histoire de filles.
- Ta joue est pourtant bien gonflée...
- C'est qu'elle a mis beaucoup de sentiments dans sa gifle, sourit-elle.
- Pourquoi ne pas m'avoir informé ?
- Parce que cela n'en vaut pas la peine. Il s'agit d'une stupide prise de becs. Je ne l'ai pas frappée en plus, donc ça va.
- Tu aurais dû la frapper, conclut-il avec un léger sourire en caressant du pouce sa joue gonflée.
- Pour te faire des ennemis ? Quelle belle idée...
- Je ne supporte pas l'idée qu'une de ces sottes t'ait touchée, souffla-t-il sans se départir de son sourire.
...
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J'ai ce besoin d'écrire pour rééquilibrer ma vie si amère !