21) "Ça pourrait te plaire."
Kidnapping.
J'ai paniqué. Sérieusement paniqué. Je ne sais pas du tout ce qu'il m'a pris, et encore maintenant face à Monty attaché devant moi, je n'étais pas sûr de comprendre comment on en était arrivé là. Tout a commencé parce que Miller m'a dit qu'il adorait Monty. Qu'il l'adorait genre… Amoureusement. Vous voyez le genre ? Mais j'aurais pu me dire que Miller avait juste pété les plombs depuis que Bryan et lui avaient rompu. Et puis en fait je mens. Tout a commencé quand j'avais dix ans et que je me suis rendu compte que j'étais sacrément amoureux de mon meilleur ami. Ensuite ça a empiré avec la puberté et ces conneries. J'ai bien essayé de sortir avec Maya pour oublier, mais je n'avais pas oublié et ça n'avait pas marché entre Maya et moi.
Et puis quand j'ai réalisé que ça faisait dix ans que j'étais amoureux de mon meilleur ami, et qu'un autre mec essayait de me le chouraver, j'ai carrément paniqué et… Voilà le résultat.
Je l'ai d'abord invité chez moi, je l'ai fait boire suffisamment et quand il a été saoul, je l'ai fait s'asseoir sur une chaise et je l'ai attaché. Il n'a même pas songé à m'en empêcher, il rigolait comme une barrique et me demandait :
– Tu fais quoi là Jasper ?
– Ben je te kidnappe.
Et ça le faisait marrer.
Maintenant, il rit un peu moins. Il a la gueule de bois et je l'ai aidé à boire un verre d'eau et à prendre une aspirine, sans pour autant le détacher.
– Tu fais quoi là Jasper ? Demanda-t-il l'air de mauvaise humeur.
– Je t'ai kidnappé.
– Aha, très drôle, tu peux me détacher maintenant ?
J'hésitais.
– Est-ce que tu vas me détester si je le fais ?
– Non.
– Et si je ne le fais pas ?
– Non plus, mais fais-le.
– Je ne préfère pas, dis-je. Sinon ça n'aurait eu aucun sens de t'attacher dans un premier lieu.
Monty fit la moue. Bordel que ça le rendait mignon.
– Pourquoi tu m'as attaché ?
– Pour te kidnapper, répondis-je une troisième fois.
– Et ce petit jeu va durer longtemps ?
– Je ne sais pas. Ça prend combien de temps un Stockholm ?
– Mais qu'est-ce que tu racontes ? Un Stock…
Il ne termina pas sa phrase et réalisa. Je réalisai avec lui que je venais de me vendre tout seul. Monty ferma la bouche. Ferma les yeux. Puis les rouvrit :
– Jasper, c'est ridicule, relâche moi.
– Non.
– Pourquoi ?
– Ça pourrait finir par te plaire, d'être attaché, non ?
– Non.
– Okay.
– Tu me détaches ?
Je poussai un soupir.
– J'hésite.
– Pour quelle raison ?
– Tu comptes sortir avec Miller une fois détaché ?
C'est vrai quoi, je refusais de l'avoir kidnappé pour que finalement ça n'apporte rien. Dans ce cas-là, autant resté dans le rôle du bourreau encore un peu. Monty secoua la tête et sembla regretter son geste à cause de ses maux de crâne, il grimaça.
– Non. Je ne compte pas sortir avec lui. Détache-moi. Tu ne le regretteras pas.
– Ça veut dire quoi ça ?
– Tu le sauras si tu me détaches.
Je fronçai les sourcils et décidai de lui faire confiance. C'était mon meilleur ami après tout, si je ne pouvais pas croire en lui, je ne pouvais croire en personne. Monty une fois détaché frappa mon crâne avec son poing :
– Andouille !
– Mais aïe… t'as dit que je ne le regretterais pas.
Monty m'attrapa alors par le col et sourit :
– Pas besoin de Stockholm pour m'avoir.
Et il fit un truc incroyable qui ressemblait en tout point à un baiser. Sûrement parce que s'en était un. Wouah.
Monty m'embrassait.
– Ça fait dix ans que je t'aime, dis-je quand il se recula.
– Pareil, répondit-il.
– Alors t'attendais quoi ?
– Je sais pas. Peut-être que tu me fasses boire et m'attaches.
– Peut-être.
Il m'embrassa à nouveau.
Puis encore.
Il n'y avait pas besoin de cordes pour nous attacher l'un à l'autre.
Fin.
L'autatrice : un. Gros. Délire. En fait, j'aimerais vraiment écrire une nouvelle où une fille panique et kidnappe le mec qu'elle aime. Mais ce serait bien plus glauque que cette fic. Mais je voulais tellement l'écrire, que je l'ai transposé en Jonty.
