Bonjour,

Revoilà les chapitres qui sonnent presque la fin. Et oui. Je vous laisse les lire et vous souhaite un bon mercredi.

En détention depuis deux semaines déjà, Russell Kerban est emmené en salle d'interrogatoire du FBI pour la cinquième fois, le 7 janvier, celui-ci refusant chaque fois de trahir comme cela fut le cas avec Lorelei lors de son arrestation, John Le Rouge ce qui est le comble de l'ironie après avoir voulu le doubler. Toutefois, ayant conclu un marché qu'il n'a pas tenu, Elisa Mutie a pu être sauvé le 29 décembre au domicile du tueur où celle-ci était retenue prisonnière dans le sous-sol de sa maison, cachée dans une petite pièce insalubre que celui-ci avait conçu. La jeune femme fut retrouvée un peu déshydratée, faible mais n'ayant subi aucun sévice sexuel et ramenée vivante pour le plus grand bonheur des parents. Il ne reste plus qu'à obliger Russell Kerban à parler ce qui n'est pas une mince affaire. Pendant l'interrogatoire, sous les yeux attentifs de Patrick Jane, l'agent Ganaëlle et Lisbon, qui y assistent derrière une grande vitre, le prisonnier chantonne chaque fois qu'un agent fédéral le questionne, comportement qui excède. Le mentaliste demande de s'entretenir avec lui, Mancini frustré, au bord de l'énervement dû au mutisme du psychopathe concernant John Le Rouge, répond, comment pourrait-il débloquer la situation alors qu'eux même n'y sont pas parvenus.

-Un peu de psychologie, de douceur, un soupçon de ruse, d'attention, trouver des trésors de diplomatie mais l'ingrédient majeur est la mise en confiance.

-Plutôt la manipulation dans votre cas !

Jane ne s'en vexe pas, prenant cela presque comme un compliment avec le sourire.

-Et je suis le meilleur en ce domaine.

Mancini se montre méprisant.

-Bon ! Alors montrez-nous, à nous pauvres agents du FBI, de quoi Monsieur Patrick Jane, simple consultant, est capable d'accomplir comme exploit miraculeux ! et lui ouvre la porte.

-J'ai l'impression de jouer les médiateurs.

Dans la pièce claire, lumière aveuglante, Russell Kerban continue de chanter puis s'arrête lorsqu'il voit le mentaliste face à lui qui demande la permission de s'asseoir.

-Faites à votre aise, monsieur Jane !

-C'est dit si aimablement ! Comment vous vous sentez aujourd'hui ?

Les agents qui regardent de l'autre côté, s'interrogent sur sa tactique contrairement à Lisbon, habituée depuis des années à le voir procéder ainsi sans oublier l'agent Ganaëlle qui a observé sa méthode récemment.

-Ne vous inquiétez pas ! Sur ce terrain, il est imbattable.

Russell Kerban ayant répondu pendant ce bref bavardage.

-Comment vous sentiriez-vous si vous étiez enfermé entre quatre murs ?

Patrick parle en toute connaissance de cause.

-On peut basculer vers la folie, perdre pied avec le monde extérieur dû à l'enfermement. J'imagine que ça peut provoquer des crises d'angoisse qui pourraient opprimer n'importe qui emprisonné dans une cage, privé de liberté, de rencontre, de promenade, d'opportunités multiples.

Le tueur semble réceptif à la voix hypnotique ainsi qu'à sa diction posée. La tête de celui-ci penche légèrement en arrière, fixe le plafond puis récite trois vers de la forêt des horloges, la seconde partie intitulée, Broussaille, extrait du même poète dont il s'était servi déjà lors de ses meurtres.

-Je m'enfonçais vers l'heure mortelle, heure de l'agonie. puis regarde ensuite Jane, récitant quelques autres vers de l'heure sphinge de Federico Garcia Lorca. La façon dont le poème est récité glace le consultant. Dans ton jardin s'ouvrent les étoiles maudites. Nous naissons sous tes cornes pour mourir. Heure froide ! Je vous dirais la suite si vous venez me voir à la prison, monsieur Jane.

Son ricanement qui dénote sa démence, raisonne comme un écho dans la salle d'interrogatoire. Les agents spectateurs, confirment alors que Russell Kerban a bien le cerveau à l'envers. Mancini jubile par rapport à l'échec.

-Pas mieux !

La profileuse laisse exprimer sa saturation vis-à-vis de lui qui est dû à sa frustration de ne rien soutirer du tueur en série.

-Ferme-la !

Lorsque Jane sort de la salle, le malaise de cet entretien réside encore en lui. Lisbon demande ce que peut bien signifier ces vers poétiques.

-Qu'on ne peut échapper à l'heure fatidique qui sonne le glas par la bête humaine.

Avant que Mancini ne parte, il partage une toute autre opinion.

-Ou que celui-ci est complètement maboul. Regardez-le ! Cela ne tourne pas rond dans sa tête.

-Analyse assez simpliste, non ?

Vexé par cette réflexion, l'agent les laisse. Seuls, Teresa est intriguée, répétant les derniers mots.

-Qui sonne le glas ? Quel sens cela peut-il avoir dans son esprit, dites-moi ? Et à qui s'adresse-t-il ?

-Tout ce que je ressens est que ça m'est adressé personnellement.

-Pourquoi ?

-Je vous le dirais quand j'en saurais davantage.