Note de l'auteur : Voilà, l'Arc Altaïr est terminé ! On embarque pour l'Arc Cassure. Ce chapitre pourrait aller dans l'un ou l'autre de ces deux arcs, conclusion du premier ou introduction du deuxième... On va dire qu'il fait transition, quoi. Plus que vingt chapitres avant l'épilogue ! :)


Réponses aux reviews

kazenoseiren : Comme je le dis dans ma NDA ci-dessus, l'Arc suivant (l'avant-dernier de mon histoire) s'intitule Cassure... Ma fiction se terminera au chapitre 72 (ce sera l'épilogue). Il restera encore un Arc après l'Arc Cassure, et ce sera l'Arc Final (ainsi nommé parce que je sèche sur le nom que je pourrais lui donner). Voilà ! :)

Moirice : Sadique-sama n'officie pas sur fanfiction. net (j'ai vérifié), mais c'est tout de même bien le pseudo de quelqu'un. Oui, ça bougeais pas assez depuis quelques temps, alors je me suis défoulée. Et puis Erza aussi avait besoin d'un petit massacre pour se remettre sur pied. Et effectivement, mieux vaut être ami avec notre rousse que l'inverse. Pour sa propre santé bien sûr... :)

Lehanna : Tes reviews passent, mais elles arrivent avec un certain de temps de retard et sous profil déconnecté... Ah, c'était toi qui manquait dans mes reviews du chapitre 50 ! J'avais l'impression d'oublier quelque chose en postant le 51, c'était la réponse à ta review - que je n'ai pas reçu effectivement :/ Heu, oui, Svilaïr aurait pu penser ça XD J'étais morte de rire en lisant ta review.

Holidays : Réponse à ta réponse à ma réponse : Je ne pensais pas que tu disais que c'était raté, ne t'inquiète pas :) Juste que j'aurais pu faire mieux. M'enfin, vu comme ça, on peut toujours faire mieux... Bref. Oui, c'est une scène d'action ! Et Erza vient de tirer une balle dans le pied de tous les sexistes machos d'Altaïr. Ils ont du déglutir en se disant qu'ils l'avaient échappé belle, à côtoyer un démon sans même le savoir. :) Happy Ending... C'est relatif, Erza s'est fait violer et Salomon est mort (Safir aussi, mais lui c'est tant mieux).

Mirajane1 : Ton commentaire me fait penser à Happy, dans l'Arc Eisen Wald du manga, quand Lucy part en mission avec Erza pour la première fois : La magie d'Erza est super belle ! Ça finit toujours en bain de sang chez l'ennemi ! Ôte-moi d'un doute, tu aimes les assonances en s, non ? Sang, assassinat, sadique, s'émerveille, sanguinaire, fascine... A se demander si tes canines sont véritables, tiens ! Tu sais, Jellal n'est déjà pas très réactif en temps normal, mais alors après une nuit en prison à cuver de la drogue anesthésiante, ça doit pas être la joie... :)

52. Silence

X791, Edolas, Cité Royale

Jellal avait l'habitude du silence.

Le silence de son père face à ses essais pour se faire apprécier. Le silence de sa mère - éternel celui-là -, après qu'elle soit décédée. Le silence de ses jeunes années, Prince invisible dans l'ombre de son père. Le silence d'Earthland, où il déambulait sans bruit, endormant tout sur son passage, avec son masque qui assourdissait tout. Le silence reposant de ses nuits en tant que Roi, où il pouvait fermer les yeux et simplement ne penser à rien.

En fait, il appréciait le silence. Certes, il appréciait aussi le bruit - mot qui lui évoquait instantanément un hall de guilde rempli de mages bagarreurs et bruyants -, mais il préférait tout de même le calme.

Mais ces derniers temps, il expérimentait un silence qu'il détestait profondément. Un silence lourd, gêné, pesant. Un silence opaque, comme un mur invisible entre Erza et lui.

Il ne savait pas quand ce silence avait commencé à s'installer. Il s'était intensifié tout le long de leur voyage à Altaïr, et était désormais tellement épais que le rapprochement lui semblait impossible.

Selon lui, pensa-t-il avec amertume, c'était à Erza de faire le premier pas. C'était elle qui avait commencé à l'éviter, préférant passer son temps avec le Prince Svilaïr pour des raisons qui lui échappaient toujours. C'était elle qui refusait de lui parler depuis qu'ils étaient rentrés à Edolas. Elle déléguait les réunions du Conseil à Simon, lui faisait porter ses rapports par un quelconque sous-officier, se débarquait plus dans son bureau n'importe quand, bref, Erza le fuyait.

Le pire, ça avait été cette conversation qu'il avait surpris entre la rousse et son Lieutenant brun, un soir où il se promenait dans les couloirs du château. Il était passé près d'une salle d'entraînement et avait entendu deux voix qu'il connaissait très bien.

« Simon.
- Oui, Erza ?
- Au sujet de ce qui s'est passé à Altaïr... Ne dis rien à personne, d'accord ?
- ... Tu devrais peut-être en parler au moins au Roi, non ?
- Simon. Promet-le moi.
- ... D'accord. C'est promis. »

Après ça, il avait abandonné toute idée d'aller discuter avec la rousse. Elle lui cachait des choses ? Soit, mais alors ça ne serait certainement pas à lui d'aller se traîner à ses pieds pour obtenir des explications.

Quant à ce qui s'était passé à Altaïr, pour reprendre ses mots, il en avait une assez bonne idée - et ça le mettait toujours en colère d'y penser. Il l'avait bien vu, quand elle était venue le chercher dans se cellule, après le coup d'État de Safir. Oh, c'était caché par ses cheveux, par ses vêtements et par le sang qui l'avait éclaboussée, mais il les avait vues tout de même, ces marques rouges qui constellaient son cou.

Des marques de suçons. Ah, il s'était demandé pourquoi elle passait autant de temps avec Svilaïr. Il avait la réponse à ses questions, maintenant ! Ah, elle avait soif de culture, hein ? Quel idiot il avait été. Il aurait du s'en douter - et ça ne l'étonnait pas plus que ça, au final. Erza avait toujours été du genre débridée et provocante - il n'y avait qu'à regarder ses tenues.

D'ailleurs, c'était peut-être même pour ça qu'il la voyait moins, songeait-il avec colère. Parce qu'elle avait découvert un nouveau sport à Altaïr et qu'elle continuait à pratiquer à Edolas. Avec qui, d'ailleurs ? Avec Simon, bien qu'ils aient proclamés être frère et sœur de nombreuses fois ? Ou avec d'autres ? Luxus ? Certains de ses soldats ? Ou bien même avec des nobles, qui sait ?

Une petite voix au fond de son esprit lui cria que la colère, la jalousie, l'amertume et l'orgueil lui voilaient la face et lui obscurcissaient les pensées. Mais il refusa de l'écouter et la balaya loin, loin au fond de son coeur.

Et le silence s'épaissit encore.


Erza détestait le silence.

Parce que ça lui évoquait le froid, la mort, la solitude. Parce qu'elle n'avait jamais été douée avec les mots de toute façon, et que ne rien dire valait tout aussi bien que de dire des futilités. Parce qu'elle trouvait ça impersonnel, parce qu'elle avait besoin d'entendre du bruit autour d'elle, des voix - rires ou cris, peu importe -, le fracas des armes qui s'entrechoquent, le son des pas sur le sol, ou même le grattement d'une plume sur une feuille.

Plus récemment, elle abhorrait le silence encore plus qu'auparavant, parce qu'alors ses pensées tournoyaient sous son crâne en un douloureux maelstrom. Safir et ses mains dégoûtantes sur son corps. Jellal qui l'évitait. Son dégoût profond pour le magistrat d'Altaïr et ses paroles fielleuses. Jellal qui ne lui parlait plus. Le sentiment d'impuissance qu'elle avait ressenti, entravée et obligée de subir.

Elle ne supportait plus de rester immobile. Elle avait demandé à Simon de la remplacer pendant les Conseils et il avait gentiment accepté. Elle s'entraînait, patrouillait, hurlait des ordres à longueur de journée, épuisant son corps le plus possible pour être certaine de tomber dans un profond sommeil sitôt la tête posée sur l'oreiller. Certes, ça n'empêchait pas les cauchemars, et elle avait besoin de passer un certain temps sous la douche le matin, frottant sa peau là où Safir l'avait touchée jusqu'à la rendre rouge vif. Mais les sensations, la saleté intérieure et le dégoût semblaient s'être incrustés sur son corps.

Et par-dessus tout, Jellal lui en voulait. Elle ne savait même pas pourquoi, elle le sentait juste dans ce silence à couper au couteau qui s'était formé entre eux. Il y avait eu le malaise et l'incompréhension - un peu, au début. Mais rapidement, ils avaient été remplacés par la colère, l'amertume et - et c'était ce qui la blessait le plus - le mépris. Ce même mépris que quand il l'avait accusée d'être un monstre au coeur de glace.

Elle avait mal, mais elle se taisait. Parce qu'aller voir Jellal pour s'expliquer - et peut-être même s'excuser ? C'était Jellal, alors elle aurait pu -, ça aurait signifié devoir tout lui raconter - Safir, ses mots, ses gestes, le viol -, et elle en était incapable. Un jour, peut-être, elle pourrait. Mais pas maintenant. Pas quand elle se réveillait le matin en mordant l'oreiller, pas quand la moindre allusion grivoise lui donnait la nausée.

Alors Erza se taisait. Elle évitait Jellal, s'entraînait, et le saluait à peine quand ils se croisaient.

Et le silence s'épaississait.