Discaimer: Cf chapitre 1

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Bisous à Mistycal, ma super beta !

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Réponse sur mon forum aux commentaires de : - Lion - chui ane oh nime et autres pseudo de ma chère lectrice Yzeute...)

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Pièges 2 / 5

Acte 4 : Avertissements

Draco

A peine est-il arrivé dans la Grande Salle avec Pa, que Croquemitaine se précipite vers moi. Il me fait la fête comme à son habitude, se gardant cependant de me lécher le visage, comme il a tendance à le faire avec certains de mes camarades.

Je déteste ça et je le lui ai signifié dès que nous avons fait connaissance. Depuis, il ne cherche plus à me barbouiller de sa salive. Intelligente bête…

« Qu'est-ce que c'est que ce parchemin glissé sous son collier ? » demande soudainement Théo, assis à mon côté gauche…

Je hausse les épaules, signifiant ainsi que je n'en ai aucune idée et je tire un peu sur le petit rouleau de parchemin, le faisant légèrement tourner pour voir le nom qui est inscrit dessus, de l'écriture de Pa…

« Oh… Croquemitaine joue le rôle d'un Hibou. C'est un message pour moi… » murmure-je, en tirant carrément le parchemin de dessous le collier, avant de le dérouler.

Mets le C.C.S.A.B.P.M. en alerte. Brandburgy se prépare à quitter Poudlard et il se pourrait qu'il le fasse après avoir réalisé un mauvais coup.

Je me retiens aussitôt de jeter un coup d'œil vers Brandburgy, mais j'échange un regard avec Théo et Blaise.

« Dès que les Hiboux arrivent, Théo… » souffle-je, sous son hochement de tête.

Puis il se lève et s'en va à la table des Gryffondors, pour rejoindre Ginny…

Je suis très surveillé, depuis que j'ai lancé l'idée du Groupement de Défense. Par Latton et des Ânes Bâtés bien sûr. Mais il y a d'autres nombreux yeux qui me regardent. Beaucoup d'élèves qui m'interpellent pour m'assurer de leur soutien. C'est la même chose pour Blaise et Nev également. Il vaut donc mieux que ce soit Théo qui lance l'alerte, depuis une place où il ne sera pas trop en ligne de mire. Et le moment où les hiboux viendront délivrer leur courrier sera idéal, car alors tous les yeux ou presque se braquent vers eux…

Je jette un coup d'œil à ma montre… Vingt minutes environ à attendre avant que le courrier arrive. Je me demande si des lettres de menaces vont encore déferler aujourd'hui, comme hier et avant-hier. Et je me dis que c'est con, que nous n'ayons pas pu faire davantage de Cartes hier, on aurait peut-être pu savoir qui a fait parvenir ces courriers…

Mais il ne suffit pas de se procurer des Cartes Moldues. Il faut les reproduire en plus grand sur Parchemin, sans oublier d'ajouter les Quartiers Sorciers. Un travail de Titan… Et il faut ensuite déployer une sacrée dose d'énergie Magique, pour jeter les différents Sortilèges. Et être bien synchro surtout, aussi bien pour le timing, que dans le développement de puissance, sinon la sauce ne prend pas…

Bref, c'est une opération très délicate et ça ne sert à rien d'épiloguer là-dessus pendant cent sept plombes. Ça ne changera rien à la donne. Nous n'avons pas pour le moment, le moyen de déterminer qui poste les courriers de notre corbeau.

Mais King a dit qu'il mettrait des gars sur le coup, si on reçoit encore des menaces aujourd'hui…

« Draco et Blaise, Nev vous fait dire que selon les dernières nouvelles, il y a 307 candidatures en plus de celle des Membres du C.C.S.A.B.P.M., pour le Groupement de Défense. Nous en sommes donc à plus de 450 volontaires pour le moment. On a bien fait de demander au professeur Dumbledore de nous autoriser à utiliser la Grande Salle pour les assemblées générales et le grand grenier pour les entraînements… » nous glisse Philippa, avant d'aller s'asseoir un peu plus loin, auprès de Ben…

307 candidatures. Avec les Membres du Comité, cela nous fait plus de 450 volontaires en tout. Ça fait du peuple…

Et ça ne va pas être de la tarte à gérer…

« On s'en sortira… » murmure Blaise, plus pour lui-même que pour moi, me semble-t-il…

Ouais… On s'en sortira, c'est sûr.

Le tout c'est de savoir si on le fera la tête haute ou les quatre fers en l'air…

Bruissement d'ailes. Ça y est, voilà les Hiboux…

Je guette Théo du coin de l'œil. Il profite que tout le monde a le nez en l'air, pour se glisser discrètement sous la table. Moins de dix secondes plus tard, il refait surface et mon Bracelet de Communication chauffe un peu sur mon bras.

L'alerte est donnée… Mon regard court le long des tables. Les copains et copines font montre de discrétion, pour prendre connaissance de leur message, dans le brouhaha d'exclamations qui s'élève de toutes les tables…

Les gros titres de la Gazette sont découverts et font réagir. Je m'y attendais bien à ça.

Soudainement, Oliver se lève et monte sur le banc, avant de s'appliquer un Sonorus…

Qu'est-ce qu'il va nous faire, l'animal ?

« Mes chers amis, mais aussi celles et ceux qui n'en sont pas, votre attention s'il vous plait ! Je suis désolé d'interrompre votre intéressante lecture, mais j'ai une grande nouvelle à vous annoncer ! J'ai enfin reçu la lettre de menaces que j'attendais avec une impatience fébrile et je tiens à vivement remercier l'aimable enfoiré qui me l'a faite parvenir ! Et à lui répondre ceci ! J'ai pris note, ducon et je t'attends de pied ferme ! On se fait un petit duel quand tu veux ! A la condition que tu sois suffisamment courageux pour assumer et me prendre de front bien sûr ! » s'exclame-t-il, avant de redescendre du banc…

Une explosion de rires et d'applaudissements le salue aussitôt, tandis que je me dis qu'il est sacrément gonflé, de provoquer notre Espion ainsi. Si l'autre le prend au mot, il pourrait se faire dégommer sans l'avoir vu venir, à un coin de couloir…

« Bravo, Moon ! Moi aussi j'ai reçu une lettre ! Et je lui fais la même réponse ! » s'exclame plus loin un Gryffondor de cinquième année, dont je ne connais pas le nom…

Je me souviens cependant qu'il s'est battu avec courage contre les vengeurs. Et qu'à défaut d'être très précis dans ses tirs, il jouit d'une belle puissance d'attaque…

« Ben va y avoir du monde pour foutre une putain de branlée à ce connard ! Parce que je vous suis ! Et voilà ce que j'en fais de tes menaces abrutis de Mangemerde de mes deux ! Tu peux torcher ton petit trou du cul avec ça ! » s'exclame aussitôt après Ritchie Coote, en lançant en l'air un morceau de parchemin, sur lequel il jette un petit Sort

Et une pluie de confettis, retombe sur la table.

« Monsieur Coote ! Soyez poli, je vous prie ! » s'exclame à son tour McGo, depuis la table des professeurs, vers laquelle je jette un rapide coup d'œil…

Les profs n'en perdent pas une miette et leurs regards scrutent la Grande Salle, guettant toutes les réactions…

« Excusez-moi, professeur McGonagall et permettez-moi de reformuler en des termes plus respectueux de vos oreilles. Je voulais dire : Eh, bien nous seront nombreux à souhaiter corriger sévèrement ce corbeau, car je m'inscris dans la file d'attente. Et voilà ce que j'en fais de vos menaces, Monsieur le triste sire, partisan de Voldemort ! Vous pouvez vous en servir comme papier toilette ! » déclare Ritchie Coote, en effectuant un profond salut vers McGo, sous les rires de la salle…

« Je préfère nettement cette formulation, Monsieur Coote ! » s'exclame McGo, qui, je le jurerai, réprime un sourire, avant d'ajouter pour l'ensemble des tablées : « L'auteur de ces messages anonymes aura compris, maintenant. Alors je vous en prie, ne lui apportez plus de crédit. Il ou elle n'en vaut pas la peine. Finissez donc votre petit déjeuner dans le calme. »

Et elle replonge son nez dans son journal…

Je laisse le mien de côté. Je brûle d'envie de le lire, bien sûr, surtout l'article retraçant la soi-disant histoire de la Gentilhommière de Northwich dont j'ai eu quelques échos par Harry et Ron hier soir, mais je préfère rester aux aguets.

Quelqu'un va-t-il regarder Moon ou Coote avec un peu trop d'insistance ? Ou de la haine ? Brandburgy va-t-il comploter avec l'un de ses voisins ?

Mais encore une fois, je ne note rien de suspect. Pas même du côté de Brutus, qui affiche son air habituel, lorsqu'il sort de la Grande Salle pour se rendre en classe avec sa petite cour, ployant un peu sous la charge de son sac.

« Pourquoi s'est-il autant chargé ? Qu'est-ce qu'il trame ? Il ne compte tout de même pas tuer quelqu'un en lui balançant son sac sur la tête, si ? » murmure-je, en direction de Blaise et Théo qui nous a rejoints, alors que nous sortons à notre tour de la Grande Salle...

« Relax, Draco. C'est la journée la plus chargée, pour les cinquième de Gryffondors et Serpentards. Ginny aussi est chargée. Ils ont deux heures avec Hagrid, puis une heure-trente de Potion et une heure d'Histoire de la Magie, avant la pause déjeuner de trois quart d'heure, pour ensuite se rendre deux heures en Métamorphose et finir avec une heure de Sortilèges. Alors entre les cinq gros bouquins, la balance, la boite d'ingrédients et tout le reste du matos, ça pèse. Or, Brutus n'est plus aussi costaud qu'avant et le Sortilège d'Allégement, ça ne doit pas être dans ses cordes encore… » chuchote Théo en retour…

« Ah… Ouais, bien sûr. Il est en manque de testostérone, c'est vrai. Ses muscles fondent comme neige au soleil… » murmure-je encore, en caressant la tête de Croquemitaine

Le chien de Pa jappe et fait deux pas vers les Grandes Portes, dès que nous sommes dans le Hall…

« Pas maintenant, Croquemitaine. Nous irons faire un tour dehors, à neuf heures trente. Comme ça, nous pourrons te laisser à Megan, qui finit son cours de Botanique à 10H30, avant d'aller nous-même en cours d'Arithmancie. Mais pour le moment, on rentre dans nos quartiers. » indique Blaise, avant de bifurquer vers les Cachots…

Croquemitaine répond d'un petit aboiement, puis il presse le pas, pour nous précéder dans le couloir, direction le QG…

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Acte 5 : La Bonne Histoire De Griborg

Bill

La pendule sonne 07H45, lorsque j'entre dans la cuisine.

« Salut, Bill. Tu viens prendre ton petit déj ? » m'accueille Dudley, assis en bout de table, devant une belle assiette de saucisses et haricots à la tomate…

« Salut Dudley. Merci, mais je l'ai déjà pris. Et ce n'est pas la peine de te souhaiter bon appétit, à ce que je vois. Fini le régime, hein ? » souris-je en retour, en lui ébouriffant les cheveux lorsque je passe à côté de lui…

Il a bien changé le gamin. Je n'aurais jamais pensé ça, lorsque je lui ai parlé pour la première fois il y a quelques semaines. Quel sale gosse c'était à l'époque !

« Ouais. Fini le régime. Mais je ne me laisse pas aller ! Je fais tous les jours mes exercices et je veille à ce que Papa fasse les siens aussi… » répond Dudley, avant de croquer avec un plaisir évident dans sa saucisse…

« Ce n'est donc plus Sev qui vient vous les faire faire ? » demande-je, en dressant un grand plateau à thé

J'ai l'intention de rendre la politesse à Griborg et à le recevoir avec les petits plats dans les grands.

« Non. Il m'a confié la barque ! » déclare Dudley, qui déglutit sa bouchée de viande, avant d'ajouter : « Tante Marge n'a pas voulu continuer de ce fait, mais c'est son problème, pas le mien… »

« Oh… ça ne va donc pas mieux, vous deux… » demande-je encore, en posant une grande assiette carrée pleine de petits fours variés sur mon plateau.

Je dispose aussi deux autres assiettes. L'une avec des muffins nature et l'autre avec des biscuits maison à la cannelle. Puis des petits pots de confitures et des coupelles de chocolat fondu tout chaud…

« Bof. On a encore eu une discussion, mais ça reste tiède entre nous. Enfin, je veux dire qu'il y a des hauts et des bas… Y a des moments ça va très bien et d'autres pas vraiment…» explique Dudley, en haussant les épaules…

Ça n'a pas l'air de le contrarier plus que ça. Et j'avoue que de mon côté, je n'en ai pas grand-chose à faire. Marge me semble un cas désespéré de toute façon. C'est une vieille peau revancharde, qui ne représente aucun intérêt à mes yeux…

« Ta mère t'a dit qu'il ne faudra pas sortir de la cuisine, quand on sonnera à la porte dans quelques minutes ? » questionne-je donc, maintenant…

« Ouais. Et après j'irai m'enfermer dans le bureau, pour faire mes devoirs, jusqu'à qu'on vienne me dire que je peux en sortir. Mais pourquoi tous ces mystères ? » répond Dudley, sourcils haussés sur sa question

« Un Gobelin va venir et Harry préfère qu'il ne vous voit pas… » explique-je, en jetant machinalement un coup d'œil aux différents journaux posés sur la table…

La Gazette, plusieurs magazines Sorciers, mais aussi des quotidiens et hebdomadaires Moldus. Une bonne idée qu'a eue Harry. Cela permet aux Dursley de prendre connaissance de notre monde et aux Membres de l'Ordre de prendre mieux connaissance du leur…

« Pourquoi ça ? » demande Dudley, sourcils froncés cette fois…

« Harry considère sans doute que vous êtes suffisamment mêlés à nos histoires et entre nous, même si ce Gobelin-là est un ami, il vaut mieux que tu te tiennes à l'écart. Il est tellement roublard, que tu finirais à poil sans tes bottes et sans l'avoir vu venir. C'est un banquier et c'est mon patron, alors je sais de quoi je parle… » réponds-je, avec un sourire en coin…

« Ah… Mais c'est quoi, un Gobelin ? De quoi ça à l'air ? » demande encore Dudley, qui semble avide de curiosité…

« Une créature avec des petites dents pointues, des oreilles pointues et des longs ongles pointus, acérés comme des rasoirs. En fait, tout est pointu chez eux. Surtout leur intelligence. Et leur férocité. Aussi bien en affaire, qu'en caractère d'ailleurs. Et ils se vexent très facilement. Or, il n'y a pas plus revanchard qu'un Gobelin… Tiens, regarde… Voilà une photo de Griborg justement, là … » réponds-je, en ouvrant le Sorcier Financier Mensuel Magazine…

Je désigne la photographie de mon patron, auquel un article est consacré et qui annonce la chute vertigineuse du cours du Poil de Queue du Tigre Royal. Une sale affaire pour les Gobelins et Griborg signifie bien son mécontentement sur cette photo…

« C'est vrai qu'il a pas l'air commode… » déclare Dudley, au moment même où l'on sonne à la porte…

Pile poil à l'heure, Griborg. Exactement comme je m'y attendais. Les Gobelins mettent un point d'honneur à être ponctuels, lorsqu'ils sont invités…

« Non. Et il ne l'est pas, même si par ailleurs, il peut se montrer tout à fait charmant… » réponds-je sur un sourire, tout en transférant le plateau de thé là-haut…

Signal convenu avec Harry et Ron, au cas où ils seraient tellement concentrés sur les écrans ou un autre échange avec Gustavo, qu'ils n'auraient pas entendu sonner à la porte. Ça leur laisse ainsi le temps de ranger tout ce que Griborg n'a pas besoin de voir, comme les Bippers, par exemple…

Je me hâte ensuite vers le hall, prenant bien soin de fermer la porte de la cuisine derrière moi, avant d'aller ouvrir celle de l'entrée…

« Bonjour, Bill. Très charmante, cette demeure. » déclare Griborg, en pénétrant dans le Hall, tout sourire

Ses petits yeux fouineurs fouillent tous les alentours, relevant chaque détail du décor et ses oreilles sont tout aussi en alerte, à la recherche du moindre son qu'elles pourraient saisir…

« Elle commence à avoir un certain cachet, effectivement. Mais les travaux ne sont pas encore terminés… » souris-je en retour, en l'invitant d'un geste à me précéder dans l'escalier…

« La famille Black en était autrefois propriétaire, n'est-ce pas ? » demande Griborg, en montant la première marche.

Pour la forme. Car il connait la réponse, bien évidemment…

« Oui et si la vieille Walburga avait encore eu son portrait dans le hall, vous auriez eu le déplaisir de l'entendre débiter des horreurs à votre entrée. » réponds-je, imaginant les hauts cris et insultes auxquelles nous aurions eu droit…

Un Gobelin chez elle, c'est sûr que cela ne lui aurait pas plu du tout et nous aurions entendu tout son sautoir d'injures…

« Oh ! Voilà qui ne me surprend pas. Madame Black n'était guère aimable, je m'en souviens fort bien et son mépris pour nous autres Gobelins, était si visible, qu'elle n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche pour que nous nous sentions profondément insultés. Apprendre son décès, nous a fort réjouis, je peux bien vous l'avouer, maintenant. » déclare Griborg, qui grimpe l'escalier avec une certaine allégresse…

« Vous n'aviez pas l'exclusivité de ses insultes, je puis vous l'assurer. Nous en avons entendu pour notre compte et nous nous sommes réjouis nous aussi, quand son portrait a enfin quitté le mur du hall. » réponds-je, en mettant le pied sur le palier du premier étage…

J'invite maintenant Griborg à entrer dans la Base et aussitôt, ses yeux s'illuminent comme un sapin de Noël aux bougies allumées. Il a tout de suite vu les écrans bien sûr. Et saisi que la conversation que nous entendons vient de là.

En bon Gobelin cependant, il ne manque pas de faire preuve de civilité envers Harry et Ron, puis de prendre place dans le fauteuil que nous lui indiquons, avant de manifester sa curiosité…

« C'est donc ainsi, que vous espionnez Voldemort et que vous savez tout de ce qu'il fait ou prévoit. » murmure-t-il ensuite, son regard fasciné fixé sur l'écran consacré au bureau où le Ténébreux est en grande conversation avec Rookwood…

Ce dernier lui fait le rapport quotidien des tortures infligées à Colton…

« Nous sommes loin de tout savoir, hélas. Nous ne pouvons l'espionner ainsi, que lorsqu'il se trouve au Manoir. Et il ne révèle pas tout de ses intentions, ni de ses actions ou plans… » répond Harry, qui se garde cependant de préciser que nous pouvons aussi, lorsqu'il n'est pas au Manoir, entendre ce que Voldemort dit, grâce au Micro caché dans le Collier qui ne quitte jamais son cou…

« C'est fascinant. Et très ingénieux. Vraiment très ingénieux… » murmure encore Griborg, ses yeux allant d'un écran à l'autre…

Puis il nous pose quelques questions, dont quelques-unes auxquelles nous ne pouvons répondre, dans la mesure où aucun de nous ne compose l'équipe technique qui a mis le système au point, avant de s'intéresser au magnétoscope et aux cassettes. Ceci dit, ça nous arrange bien de ne rien connaitre à la technique. Il n'est pas utile qu'il en sache davantage là-dessus. Parce qu'en affaires, il n'y a pas d'ami qui tienne avec les Gobelins et il serait fichu d'aller déposer un Brevet, en espérant pouvoir plus tard, toucher des royalties grâce au développement de cette TechnoMagie révolutionnaire…

« Nous ne pouvons toujours pas répondre aux questions techniques, mais nous pouvons vous montrer à quoi ça sert… » répond Harry, en se levant…

Il se rend auprès de l'étagère sur laquelle sont rangées les cassettes et en choisit une, qu'il glisse dans le magnétoscope…

« Accrochez-vous, Griborg. Vous allez voir quelques-unes des images vertigineuses de notre sauvetage de Narcissa Black… » sourit-il, avant d'enclencher le bouton…

Il a sélectionné la cassette du combat aérien, dont Lee a fait un montage et il y a effectivement de quoi s'accrocher. Ces images sont impressionnantes. Harry, Ron et Nev ont vraiment eu la chance de leur côté ce soir-là. Ils auraient pu se viander des dizaines de fois et se prendre autant ou presque d'Avada. Griborg sursaute à de nombreuses reprises et ses mains agrippent ses accoudoirs. Il est tellement fasciné, qu'il en oublie de contrôler même ses expressions faciales et il n'est pas difficile de deviner qu'il est estomaqué par ce qu'il voit…

Harry laisse défiler la bande, tout en gardant un œil sur l'écran où Voldemort est de nouveau seul et j'espère que le journal ne va pas tarder à arriver, car j'ignore à quoi nous pourrons occuper Griborg, si l'attente dure au-delà de 09H00. Or, j'estime qu'il a suffisamment eu de réponses à ses questions maintenant.

« C'est donc ainsi, que se déroulent vos batailles aériennes… » commente Griborg, lorsque le film est fini …

Et je me demande soudainement, s'il est toujours aussi désireux de se battre à nos côtés…

Après tout, il y a très longtemps, que les Gobelins ne se sont pas frottés à d'autres créatures que les Trolls. Et même avec eux, il y a longtemps qu'ils n'ont pas fait la guerre. Deux ou trois siècles…

« Les FeuxFous en moins. Mais oui, c'est rapide et terriblement dangereux. Et au sol, ce n'est pas mieux… » répond Harry, en retirant la cassette, pour la ranger dans sa boite protectrice en carton.

« Sans compter que ça va se corser, avec les Détraqueurs et les Inferi. » renchérit Ron, en nous versant une nouvelle tasse de thé…

« Il va donc falloir que je révise sérieusement mes classiques, avant samedi soir… » déclare Griborg, en prenant une tasse de thé, avec le sourire…

Désireux ou pas, il ne va pas se défiler… Bien. Cela m'aurait ennuyé qu'il le fasse.

« Ouais… C'est dans votre intérêt… » acquiesce Ron, en reprenant place dans son fauteuil…

Nous sirotons dès lors notre thé en silence, regard fixé sur Voldemort, qui lit, tranquillement installé sur le sofa…

Coup d'œil à l'horloge. Il est 08H57. Avec quoi allons-nous meubler la conversation maintenant ?

« Ce n'est pas le vrai Collier de Salazar Serpentard, qu'il porte… » déclare soudainement Griborg, en pointant son index vers l'écran…

« Plait-il ? » réagis-je, tandis que Harry et Ron haussent tous deux un sourcil surpris…

« Voldemort. Le Collier qu'il porte est un faux… » répond Griborg, tandis que j'échange discrètement un regard avec mon frangin et Harry…

Comment Griborg peut-il être aussi affirmatif ?

« Mazette, vous avez l'œil sacrément exercé, pour pouvoir faire ainsi une expertise par écran interposé ! » s'exclame Ron, avec un immense sourire, avant d'enfourner un petit four, l'air parfaitement décontracté…

Jolie manœuvre. Mais Griborg est trop fin, pour s'y laisser prendre et il ricane, en agitant son index en direction de Ron, l'air de dire que mon petit frère est un coquin…

« Ok, je l'avoue, je suis éminemment curieux de savoir comment vous pouvez être certain qu'il s'agit d'un faux… » sourit Ron, après avoir dégluti son petit gâteau…

« Parce que le vrai Collier est dans un coffre de Gringotts, attendant que son héritier légitime en prenne possession. Ce qui ne risque pas d'arriver, puisque Messire Salazar n'a laissé aucun héritier… » explique Griborg, avant de plonger à son tour le bras vers les petits fours…

Il y a deux choses, dont les Gobelins sont très friands : la viande rouge bien saignante et le sucre. Aussi Griborg fait-il honorablement concurrence à Ron depuis tout à l'heure et pioche-t-il aussi souvent que lui, dans les petits fours, muffins et biscuits …

« Voldemort affirme pourtant en être un. Et de ce que l'histoire nous enseigne à propos des Fondateurs de Poudlard, Serpentard aurait eu au moins trois fils… » répond Harry, avec habileté…

Car nous savons bien que c'est faux, depuis que nous avons fait la connaissance du Fantôme de Salazar…

« Voldemort n'est l'héritier que d'un demi-Serpentard bâtard, tous les Gobelins le savent, depuis toujours. Un demi-Serpentard, qui a assassiné son demi-frère, usurpé son identité pour s'approprier sa fortune et sa gloire et lui a laissé en échange, la détestable réputation qu'on lui prête … » affirme alors Griborg, avec un évident mépris dans la voix…

« Vraiment ? » demande-je alors, sans masquer ma surprise…

Il n'y a aucune raison de le faire, même si ma surprise n'est pas liée à ce qu'il vient de dire, mais au fait qu'il sache tout cela…

« Oui, vraiment. Les Gobelins se transmettent l'histoire de génération en génération. J'avoue qu'il s'agit pour nous de nous gausser des Sorciers, notamment de ceux qui se réclament de la lignée ou appartenir au courant de pensée, de celui qu'ils pensent être Messire Salazar Serpentard… » répond Griborg, le regard malicieux…

« Et donc de Voldemort et ses Mangemorts en particulier… » sourit Harry, qui effectue un clin d'œil complice vers Griborg, avant de demander : « Pouvez-vous nous raconter cette histoire, que nous rions un peu aussi ? »

Ron et moi acquiesçons. Nous connaissons assurément toute cette histoire bien mieux que Griborg, puisque nous la tenons de Messire Salazar lui-même. Mais nous sommes également curieux de connaître la version Gobeline. Et cela paraitrait sans aucun doute bizarre à Griborg, si nous ne nous y intéressions pas, n'est-ce pas ?

« Avec grand plaisir… » répond Griborg, l'air ravi de l'intérêt que nous lui portons.

Il s'installe confortablement, se calant bien au fond de son fauteuil et croisant les jambes, avant d'entamer son histoire…

« Cette histoire débute, alors que Poudlard n'avait pas encore ouvert ses portes, bien que cela n'allait pas tarder. A cette époque, le monde connaissait de grands troubles, des guerres épiques, des épidémies et des famines, qui poussaient nombre de malheureux à épouser la vocation de voleurs, aussi bien du côté Moldu, que du côté Sorcier. Un Gobelin connu sous le nom de Drognuk le Fourbe, tenait une boutique d'objets précieux et de bijoux à Edimbourg. Il était également receleur à ses heures et les plus grands voleurs Sorciers de ces temps troublés, usaient volontiers de ses services. C'est ainsi, qu'il a eu maintes fois l'occasion de rencontrer, le plus célèbre des truands du monde Sorcier de l'époque. Personne ne connaissait ni sa véritable identité, ni sa véritable apparence. Alors pour le désigner, on le baptisa: Sicarius Tristis, autrement dit, l'assassin ténébreux. Drognuk déclarait volontiers dans notre communauté, que ce Sicarius Tristis méritait amplement sa réputation d'exceptionnelle cruauté et qu'il avait l'heur d'avoir la vie sauve après chacune de leurs entrevues, parce qu'il était un formidable receleur et qu'il avait eu l'intelligence de n'exiger qu'un très maigre pourcentage, lors des malhonnêtes affaires qu'ils concluaient tous les deux. Ce qui est sans doute faux, car aucun Gobelin qui se respecte ne conclurait une affaire, si elle ne lui apportait pas un substantiel bénéfice. Ce que je veux bien croire cependant, c'est que Sicarius Tristis, se présentait toujours à lui sous la même apparence : celle d'un vieillard décrépi, édenté, couturé de cicatrices et vouté par les ans. » explique Griborg, avant de boire une goutte de thé

Il grimace un peu, car celui-ci est froid. Aussitôt, Ron s'empresse de lui remplir une nouvelle tasse, que Griborg accepte avec un signe de tête de remerciement…

« Un jour, alors que cela faisait une bonne quinzaine d'années qu'ils se connaissaient, Sicarius Tristis vint à la boutique de Drognuk, se rendant aussitôt son arrivée, dans le petit cabinet privé dans lequel ils traitaient habituellement leurs affaires. Drognuk nota immédiatement que Sicarius semblait fébrile, presque excité, ce qui ne lui était pas coutumier. Il laissa donc sa clientèle aux bons soins de ses employés, pour aller s'enquérir de sa santé et tâcher de savoir ce qui le rendait ainsi. Sicarius le pria de le laisser se reposer et de ne venir le déranger sous aucun prétexte, sous peine d'être aussitôt trucidé. Il l'appellerait dit-il, lorsqu'il aurait besoin de ses services. Naturellement, Drognuk s'empressa d'obéir. Cependant, mu par la curiosité, il ne retourna pas dans sa boutique, mais se rendit dans le placard à balai situé tout à côté, dans lequel il avait ménagé un très discret petit observatoire, qui lui permettait d'espionner ses clients lorsqu'ils se pensaient seuls. » rapporte Griborg, avant de s'hydrater une nouvelle fois la bouche…

Il a le chic, pour raconter son histoire et nous sommes suspendus à ses lèvres, même si nous guettons toujours les écrans du coin de l'œil…

« C'est grâce à une fente dans les lambris, qu'il avait ensorcelée, afin qu'elle ne soit pas visible, que Drognuk espionnait sa clientèle. Il vit d'abord Sicarius s'assurer que personne ne pourrait entrer dans le cabinet privé, en jetant des Sortilèges de fermeture sur la porte et les fenêtres, dont il tira également soigneusement les doubles rideaux. Puis, éclatant d'un rire froid mais nettement satisfait, il ôta sa cape, avant de s'approcher du miroir placé juste au dessus de la fente grâce à laquelle Drognuk l'espionnait et de s'exclamer : « Enfin ! Enfin tu l'as retrouvé et bientôt tu tiendras ta revanche ! », Puis il éclata de nouveau de rire et laissa tomber tous les sortilèges dont il usait pour se grimer. C'est alors que Drognuk eut la surprise immense de reconnaître Messire Salazar Serpentard, qu'il connaissait, pour lui avoir vendu quelques pièces de joaillerie, parmi lesquelles le fameux Collier dont Voldemort porte aujourd'hui une copie. Du moins, c'est ce que Drognuk crut au premier abord. Car à seconde vue, un détail attira son attention et lui fit douter de l'identité réelle de Sicarius… » révèle Griborg, qui prend visiblement plaisir à faire durer le petit suspense de son histoire…

Cette fois, il prend le temps de piocher un énième petit fours et à le savourer avec lenteur, tandis que Ron, Harry et moi échangeons des coups d'œil rieurs. Voilà que Griborg cabotine. On aura tout vu !

« Je vous en prie, Griborg, ne nous faite pas languir. J'ai grand hâte de savoir de quel détail il s'agissait ! » s'exclame Ron, en feignant d'être sur des charbons ardents…

« Oh… Excusez-moi ! Ces petits fours sont tellement délicieux que j'en oubliais de raconter la suite de mon histoire ! » s'exclame Griborg, en essuyant les coins de sa bouche un peu souillé de sucre glace, avec une serviette en papier, avant de reprendre : « Drognuk remarqua un grain de beauté, là, au coin de l'œil gauche, qu'il n'avait jamais vu chez Messire Salazar. Puis, examinant attentivement le visage qui lui faisait face, il nota qu'il manquait en revanche une fine cicatrice sur la pommette droite… Différence infime, me direz-vous, mais suffisante pour éveiller le doute chez Drognuk, qui décida de tirer cette affaire au clair et donc d'espionner plus longuement Sicarius, malgré le danger que cela représentait. Il n'eut pas longtemps à attendre, avant que celui-ci cesse de rire et de se pencher une nouvelle fois vers son reflet, pour déclarer : Oui, Artemus, tu tiens là ta revanche. Toi, le demi-frère bâtard du grand Salazar Serpentard, tu prendras bientôt la place de l'héritier légitime du nom. Mais il te faudra être prudent, oui, très prudent. Patient aussi et manœuvrer avec habileté… Et il prit place sur une chaise, devant le miroir, ne quittant pas des yeux son reflet, tandis qu'il réfléchissait le plus souvent à voix haute… Ainsi, Drognuk entendit-il tout, des différentes phases de son plan. D'abord, faire connaissance avec son demi-frère, sous sa véritable apparence, mais en prenant bien garde de n'être vu de personne. Ou pour le moins, par le nombre le plus restreint. S'en faire un ami proche et le voir souvent, pour pouvoir au mieux copier ses manières, son phrasé et ses intonations. Puis au moment venu, l'attirer dans un piège, le tuer et usurper son identité. Et quand son plan fût au point, il appela Drognuk et ils réalisèrent leur affaire. Ce fut la dernière fois, que Drognuk vit Sicarius et il se demanda durant quelques temps, s'il devait ou non avertir Messire Salazar. Mais il décida en fin de compte, que cette histoire ne le concernait pas et que Messire Salazar Serpentard ayant la réputation d'être un Sorcier intelligent, il n'avait pas besoin de lui pour flairer le piège qu'on lui tendait. »

Une fois de plus, Griborg fait une pause dans son récit, pour s'hydrater la bouche d'une gorgée de thé, qu'il prend soin de réchauffer au préalable, d'un petit claquement de doigts…

« Si Drognuk n'a plus jamais revu Sicarius, comment peut-il être certain qu'il est parvenu à usurper l'identité de Salazar Serpentard ? » demande Harry, avec un petit sourire en coin, l'air d'avoir un doute…

« Il en a été certain, car quelques mois plus tard, environ un an et demi, une rumeur couru dans toute l'écosse. On disait que Maître Godric Gryffondor avait eu un grave différent avec Messire Salazar, qu'il avait accusé son ami d'être un imposteur ayant usurpé l'identité du véritable Salazar Serpentard et que celui-ci avait quitté le château de Poudlard avec pertes et fracas. Personne ne crut à cette histoire d'usurpation d'identité, mais Drognuk, lui, savait qu'il s'agissait de la vérité…. » explique Griborg, sur le soupir satisfait du conteur qui vient de finir une bonne histoire…

« Il n'en détenait cependant pas la preuve. Après tout, Gryffondor et Serpentard avaient la réputation de se chamailler souvent et de se jeter des horreurs au visage. Salazar Serpentard aurait très bien pu découvrir la supercherie, éliminer ce Sicarius en toute discrétion et en parler avec Gryffondor, qui aura exploité ce fait lors de leur dispute ! » intervient alors Ron, avec aplomb…

« Oui, bien sûr, vous avez raison Ron et sans doute rejoindrais-je votre avis, s'il n'était un fait que je ne vous ai pas encore révélé… » rétorque Griborg, avec un petit rire

Il ne cache pas qu'il est content d'avoir su ménager un effet de surprise…

« Vraiment ? Lequel ? » demande Ron, en haussant un sourcil…

« Je vous le dirai ! Mais seulement quand nous aurons vu la réaction de Voldemort. Car je ne veux pas la rater et voilà le journal ! » déclare Griborg, en pointant l'écran où Carrow Père avance dans le couloir, un journal à la main…

Il est exactement 09h26 à l'horloge

« Comptez sur moi, pour vous le rappeler ! » s'exclame Ron, avant de reporter son attention sur Voldemort…

Ouais… Moi aussi, je compte bien avoir la fin de l'histoire. Et si Ron oublie de la réclamer, je le ferai…

OoOoOoO

Acte 6 : Ce Que Tramait Brutus

Blaise

L'horloge du QG sonne la demie de neuf heures. Aussitôt, Croquemitaine se lève d'un bond, et jappe brièvement, avant de tirer sur le bas de ma robe, pour m'inciter à le suivre…

« Ouais, je sais, c'est l'heure à laquelle je t'ai promis de t'emmener en promenade. On va aller jusqu'au Lac Noir, hein ? Qu'est-ce que tu en dis ? Tu veux aller t'amuser avec le Calmar Géant ? » déclare-je, en refermant mon livre, avant de me lever de ma chaise…

Croquemitaine répond d'un nouveau jappement et quand je baisse la tête vers lui, il frétille de la queue avec ce qui me semble un sourire sur sa gueule…

« Quel intelligent animal ! Il comprend tout ce qu'on lui dit ! Je me souviens que naguère, Rowena a eu un chien tout aussi intelligent ! Elle fût cependant fort mécontente, lorsqu'elle s'aperçut que Godric, le coquin, l'avait dressé en cachette, pour qu'il soulève le jupon des damoiselles qu'il lui indiquait ! Et point juste pour découvrir leurs chevilles, non, non ! Mais jusqu'à voir leurs jolis fessiers charnus, que nul culotte ou panti ne couvrait à l'époque ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » s'exclame Messire Salazar, en se bidonnant de bon cœur…

« Eh bien sûr, vous profitiez tout autant du spectacle que Godric, n'est-ce pas ? » souris-je, en posant ma cape sur mes épaules…

« Quand un derrière est joli, pourquoi se priver du plaisir de l'admirer ? Or, les donzelles qui ont vus leurs charmes ainsi dévoilés, n'avaient point à rougir de leurs atouts et n'y ont point perdu leur honneur ! Elles ont même parfois a contrario, gagné des regards qui ne se seraient guère attardés sur leur minois ! Et j'avoue moi-même en avoir troussé une, pour avoir été seulement séduit par son croupion ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » répond Messire Salazar, sous le regard rieur de Vincent et Millicent, qui sont de surveillance de la Carte…

« Sacré coquin ! Et on dit que les mœurs de notre époque sont légères ! Elles l'étaient bien plus à la vôtre ! » souris-je, avant de lui souhaiter la bonne journée et de me diriger vers le tableau masquant les Passages Internes…

« Je viens avec vous… » décrète soudainement Greg, dans mon dos

« Ok, on passe prendre Draco et Théo aussi. Ils sont au labo… » réponds-je, en me tournant vers lui…

Il saisit sa cape, son bonnet et ses gants, avant de se presser vers Croquemitaine et moi-même…

Nous n'avons finalement pas à aller au Labo, pour récupérer Draco et Théo, car ils arrivent bientôt à notre rencontre…

« Ah ! Justement, nous venions vous chercher ! » s'exclame Draco, sourire aux lèvres, en s'arrêtant pour nous attendre…

Nous devisons avec entrain, en remontant les Passages au plus près du Hall. Bien sûr, nous parlons essentiellement de la Réunion de ce soir, mais aussi des articles de la Gazette du jour. Cette fois, la réputation de Dolorès Ombrage est bien assise et nombreux sont les élèves satisfaits qu'il en soit ainsi. Mais c'est surtout l'histoire de sa soi-disant Gentilhommière, qui nous a intéressés et nous sommes bien tous d'avis qu'il s'agit là d'un article alléchant pour Voldemort…

« Outch ! Qu'il fait froid ! Ce vent est une vraie calamité ! Et regardez-moi ce ciel ! Il va encore neiger ! » s'exclame Théo, lorsque nous sortons sur le perron…

« Ouais, mais ça n'a pas l'air de gêner Croquemitaine. Regardez-le ! Il se régale à sauter dans les congères ! » sourit Draco, en désignant le labrador du doigt…

Effectivement, le chien de Tonton Sev s'amuse bien. Il cabriole et se roule dans la neige avec plaisir, se dépensant avec énergie, tout au long du chemin qui descend vers le Lac.

Nous ne pourrons pas le laisser s'amuser plus de 15 minutes dans le Lac, si nous ne voulons pas arriver en retard en cours, me dis-je, lorsque je jette un coup d'œil sur ma montre…

Il est déjà 09H55. Cela fera donc 10H10. Après, le temps de remonter jusqu'aux serres, il sera 10H30 et il faudra pousser un sprint jusqu'à la classe de Vector, qui débute à 10H45. C'est jouable. A condition de respecter le timing…

« Ah zut ! La surface du Lac est de nouveau gelée. Allez les gars, faut renouveler les Sortilèges de Réchauffement… » soupire-je cependant, en sortant ma Baguette, lorsque nous arrivons à destination…

Bon… Cela fera 5 ou 6 minutes en moins de jeu pour Croquemitaine. Mais ça lui suffira peut-être, étant donné la température qu'aura la flotte…

Comme Draco et Théo, je laisse tomber mon sac dans la neige, avant de m'approcher de la rive avec Greg, pour tester la glace. La couche est assez épaisse, sur trois ou quatre mètres de largeur, avant de s'amincir progressivement sur deux ou trois mètres encore. Ce n'est pas bien grave, mais nous ne pouvons pas laisser ça comme ça, ou demain matin, toute la surface du Lac sera prise. Or, si tout le Lac se couvre d'une épaisse couche de glace, les Sirènes, les Tritons et le Calmar Géant seront mal barrés…

« On va dégager ce coin, mais pour le reste de la rive, il faudra que les profs et tous les élèves de sixième et septième viennent donner la main… » propose Théo, en s'éloignant de quelques pas…

Il a raison, bien sûr. Le Lac est trop grand, pour que nous parvenions à empêcher le gel d'avoir trop prise sur lui, à nous quatre seulement.

« On brise d'abord, on réchauffe ensuite ! » s'exclame Draco, en s'éloignant lui aussi de quelques pas, en compagnie de Greg…

Du côté opposé à Théo…

« Ok ! Allez Croquemitaine, reviens à côté de moi où tu vas faire un plongeon sous les blocs de glace et tu pourrais bien te noyer ! » m'exclame-je à mon tour, en pointant ma Baguette vers le Lac

Croquemitaine obéit prestement et vient s'assoir sagement à mes pieds…

Sortilège. La glace se brise. Les morceaux sont cependant trop gros à mon goût et je le renouvelle. Là, c'est mieux. Ça fait une belle quantité de glaçons. Je jette maintenant un Sortilège de Réchauffement, prenant soin de bien l'étendre, le plus loin possible.

« On peut renouveler trois ou quatre fois au moins ! Comme ça, cette partie restera libre pendant quelques heures ! Ça permettra d'attendre ce midi, voire même ce soir, avant que ça gèle à nouveau dans ce coin ! Et Croquemitaine pourra sauter à la flotte sans attraper la mort ! » s'écrie Théo, avant de renouveler son Sortilège…

« Ouais ! » répondons-nous d'une même voix, Draco, Greg et moi…

Je renouvelle donc mon Sortilège de Réchauffement, à pleine puissance. Une fois. Deux fois. Trois fois… Soudainement, Croquemitaine jappe et il se lève, pointant le nez vers le Lac, avant de s'avancer de deux ou trois pas, jusqu'à pénétrer dans l'eau du bout des pattes, puis d'aboyer de nouveau… Et tout aussi soudainement, le Lac se met à bouillonner devant nous, et dans un cri qui me déchire les oreilles, le Calmar Géant émerge brusquement en soulevant des gerbes d'eau glacées, qui viennent me cingler le visage…

« Putain ! Mais qu'est-ce qui lui prend à cet animal ! Drôle de façon de nous remercier de prendre soin de son environnement ! » m'exclame-je, en reculant vivement de quelques pas, de concert avec Croquemitaine, qui vient se réfugier derrière moi…

Juste à temps. Car un énorme et long tentacule se pose brusquement sur le rivage, juste à la place qu'on occupait tous les deux. De quoi nous assommer et nous écrabouiller joliment…

Le Calmar Géant plonge et émerge encore et encore, tous ses tentacules fouettant l'eau à grandes gerbes d'éclaboussures, à l'exception de celui qui est à demi posé sur la rive. Celui-là reste immobile. Croquemitaine avance et longe ce tentacule en trottinant, le renifle prudemment, puis, alors qu'il arrive en bordure de l'eau, il jappe avec urgence dans ma direction…

Quelque chose ne va pas, je le comprends. Et je cours vers lui…

« Oh, putain ! Greg ! Draco ! Allez chercher Hagrid ! Le Calmar est salement blessé ! » m'écrie-je, en retenant Croquemitaine, pour qu'il n'approche pas trop son museau de la blessure…

J'entends aussitôt mes deux potes partir en courant vers la cabane de notre Gardien des Clefs et le pas précipité de Théo fait rouler les pierres sous ses chaussures dans mon dos…

« Oh ! Merde ! Qu'est-ce qui lui a fait ça ! » s'exclame Théo, en stoppant net à mon côté, quelques secondes plus tard…

« J'en sais rien, mais c'est moche… » réponds-je, en examinant toujours la blessure sur le tentacule…

A six mètres de la pointe, il manque carrément un gros morceau de chair et les bordures de la plaie sont salement déchirées, comme si le Calmar avait reçu des dizaines de coups de rasoirs. A une petite dizaine de centimètres près, soit un tiers de son épaisseur, le tentacule aurait été complètement arraché. Et je comprends les cris et gémissements du Calmar, qui me triturent les tympans. La pauvre bête doit terriblement souffrir…

« Je n'ai jamais entendu dire qu'il pouvait y avoir des requins d'eau douce dans le Lac Noir. Est-ce qu'un gros brochet aurait pu le blesser à ce point ? » murmure Théo, davantage pour lui-même que pour moi, me semble-t-il…

« Je l'ignore… Je ne suis pas calé en faune aquatique… » réponds-je néanmoins, en jetant un coup d'œil sur ma montre…

Il est déjà 10H06. Je crois que finalement, nous allons louper le cours d'Arithmancie, me dis-je, tout en levant les yeux pour voir si les autres reviennent avec Hagrid…

Ils arrivent effectivement. Courant à demi, avec toute la classe de Soins aux Créatures Magiques ou presque…

Brandburgy et ses Ânes Bâtés manquent à l'appel me semble-t-il. A moins qu'ils ne trainaillent et soient encore masqués par les énormes rochers du coin …

Mais je n'en ai rien à foutre de ces cons après tout. Le Calmar Géant m'importe bien davantage. C'est une figure incontournable de Poudlard et tous les premières années espèrent au moins l'apercevoir, lorsqu'ils traversent le Lac au soir de leur arrivée au château…

Tiens, je me rappelle même que Dennis était vachement heureux d'avoir été repêché par lui, quand il a fait sa première rentrée et qu'il est tombé de sa barque, à cause de la tempête qui sévissait ce jour-là…

« Oh, c'est pas beau, ça. J'sais pas avec quoi il batifole en ç'moment, mais ça fait la deuxième fois en quèques semaines, qu'il a ç'genre de blessure. Et c'est plus grave encore ç'coup-ci… » déclare Hagrid, dès qu'il a jeté un œil sur le tentacule du Calmar…

« Vous allez quand même pouvoir le soigner, n'est-ce pas Hagrid ? » demande Ginny, l'air inquiet…

« Ouais. J'vais lui faire un emplâtre d'ma composition. Ça f'ra pas r'pousser toutes les chairs, mais il d'vrait quand même pouvoir garder son tentacule… » répond Hagrid, en sortant tout un tas de fatras de ses poches, avant de se tourner vers le Lac, en direction de la tête du Calmar, pour ajouter : « Mais faudra voir à plus t'approcher de ç'qui t'blesse comme ça, sacripant ! »

Puis il s'active, mélangeant des herbes, une sorte de farine épaisse et des Potions visqueuses et puantes dans un saladier.

« Allez, vous allez m'aider. Faut t'nir son tentacule, pendant quelqu'un étale ç'te mixture dessus, avant qu'on l'bande… » déclare Hagrid, avant de se tourner une nouvelle fois vers la tête du Calmar pour ajouter : « Et toi, tiens-toi tranquille, grosse bête. J'sais qu'ça pique un peu, mais c'est pour ton bien ! »

Hagrid, Draco, Théo, Greg, Ginny, Sophie, Colin, quatre ou cinq autres élèves et moi-même nous retrouvons les pieds dans l'eau glacée, pour tenir fermement le tentacule en amont de la blessure, tandis que le reste en fait autant en aval. Et c'est Kate Prewitt, qui se charge d'étaler l'emplâtre. Elle a à peine commencé, que le Calmar se débat comme un beau diable, en criant et gémissant de plus bel. Il balance ses autres tentacules dans tous les sens, provoquant des grosses vagues qui nous déstabilisent, soulevant des cataractes d'eau glacées qui nous tombent sur la tête et tortillant celui qui est blessé pour le soustraire à notre prise, avec tant de forces, que je finis par me retrouver le cul dans l'eau, avec trois ou quatre autres copains et copines…

Et naturellement, Croquemitaine se met de la partie, aboyant avec force en sautant autour de nous. Soudainement cependant, alors que Kate commence à jeter le Sortilège pour bander la plaie, il se met en position d'attaque et gronde avec férocité. Dans un automatisme, je jette un coup d'œil dans la même direction que lui…

« C'est rien, Croquemitaine. Ce ne sont que des Ânes Bâtés qui viennent se réjouir de nous voir faire une trempette forcée dans l'eau glacée du Lac… » tente-je de l'apaiser, tout en luttant pour conserver mon équilibre, bien agrippé au tentacule du Calmar, car le bandage n'est pas tout à fait terminé encore…

Mais Croquemitaine ne se calme pas. Et soudainement il bondit en avant, pour retomber presque aussitôt, en glapissant de douleur…

Putain ! Il vient de se prendre un Maléfice ! réalise-je, alors qu'un autre Sort me frôle l'oreille…

Je lâche aussitôt le tentacule, pour saisir ma Baguette. Mais comme une bonne douzaine d'élèves a été touchée par des Maléfices, que celles et ceux du Comité encore debout ont fait comme moi, que les autres ont lâché le tentacule de surprise et que le Calmar se débat toujours avec force, je suis lourdement bousculé et je plonge nez dans la flotte, en même temps que Colin, Greg et Sophie…

« Avada Kedavra ! » entends-je, lorsque j'émerge de la flotte…

Salopard de Brandburgy ! C'est sa voix un peu haut perchée qui vient de gueuler l'Avada !

« Ginny ! » hurle aussitôt Théo.

Il saute sur elle, la basculant dans l'eau, tandis que dans un réflexe, Draco détourne le Maléfice de Mort, un peu faiblard il est vrai, avec un Stupefix à pleine puissance. L'Avada part aussi sec frapper un rocher qui vole en éclat dans tous les sens. Partout autour de nous, il pleut maintenant autant de pierres que d'eau glacée, dans les rugissements coléreux du Calmar, qui finit par attraper l'un des Ânes Bâtés qui s'est caché derrière un rocher en bordure du lac, pour le plonger à la baille…

Une douleur vive et pénétrante sur ma tempe. Dans un réflexe, je porte ma main où ça m'a fait mal et quand je la ramène devant mes yeux, je vois que je saigne un peu. Mais la douleur est passée. J'ai dû recevoir un caillou. Ce n'est pas grave… C'est parce qu'ils pleuvent encore autour de nous.

Il pleut aussi des Maléfices et des Sortilèges de Défense, dans tous les coins.

Tout en essayant de sortir de la flotte, qui ondule toujours furieusement, je parviens à neutraliser Fedora Jones, mais je vole une nouvelle fois cul et tête dans l'eau, à cause du Calmar Géant. Putain ! Je vais finir par me noyer bêtement si cela continue !

« Stupefix ! » s'écrie Ginny, quand je me relève, jetant illico un Expulsio en direction du groupe d'Ânes Bâtés dont la tête dépasse des rochers derrière lesquels ils se sont mis à l'abri…

Mon Expulsio rase les têtes qui se sont vivement baissées, tandis que je jette un rapide coup d'œil autour de moi, pour évaluer la situation…

Bordel ! Ça craint ! Les salopards ont bien calculé leur coup ! Ils nous ont bien piégés ! Ils ont abattu la moitié de notre groupe alors que nous étions occupés avec le Calmar ! Et là, nous sommes complètement à découvert quand ils bénéficient de la protection des rochers ! Ça tombe comme des mouches par ici !

Côté Comité, Colin est hors course, salement blessé à la poitrine, Albert Griffith essaye de stopper son hémorragie, mais la Bulle de Protection qu'il a dressée autour d'eux, s'effondre sans arrêt. Martha Hope et Kate Prewitt sont dans les choux, également blessées. Kyle, Geoffrey, Karl, Victoria, Cygnus et Stuart aussi. Quant aux autres élèves, plusieurs sont à terre et la défense des autres est totalement désordonnée, inefficace…

Mon bracelet chauffe. Draco a dû donner l'alerte. J'espère seulement que ce sont des élèves se trouvant dans les classes ayant vue sur le Lac, qui vont rabouler. Sinon, comment pourrons-nous expliquer qu'ils l'ont fait ? Oh et puis on s'en fout de ça ! Sera bien temps d'y penser quand nous serons sortis d'affaire !

Je jette Sortilège de Défense sur Sortilège de Défense, détournant au mieux les Maléfices qui viennent vers moi, en gagnant la rive, péniblement bien sûr, à cause des grosses vagues provoquées par le Calmar et me débarrassant tant bien que mal de ma cape alourdie de flotte, qui me ralentit considérablement.

A mes côtés, Sophie en fait autant, jusqu'à ce qu'elle tombe à son tour, fauchée par l'un des trois Maléfices qui fusaient vers elle et qu'elle n'a pas pu détourner. Elle est projetée en arrière et retombe encore dans la flotte. Du coup je repars la chercher, jetant machinalement une Bulle de Protection autour de moi. J'attrape Sophie et je la tire vivement sur le rivage, le plus loin possible des vagues, dans la cacophonie des Sorts qui explosent et des cris, l'amenant avec les autres blessés, que les combattants encore indemnes protègent de leur mieux.

Ça va mal. Ça va vraiment mal pour nous. Quatre copains et copines s'effondrent encore. Les Maléfices de Brûlures, Fractures, Coupures sont les plus usités contre nous. Des Doloris aussi, parfois. Et même celles et ceux qui ne sont plus en état de se battre sont encore visés par ces petits salauds d'Ânes Bâtés…

« Te r'lève pas ! Te r'lève pas ! Tu t'es reçu un Vide Entrailles, putain ! Reste allongé ! » s'écrie brusquement Tyler Vimer, à son copain Swan Griffin, juste avant de se prendre lui aussi un Maléfice qui le fait aussitôt hurler de douleur…

On ne s'en sortira pas, si nous restons bloqués sur le rivage du Lac, me dis-je, en me jetant de côté, pour éviter un Sort, alors que j'en détourne déjà un autre…

« A l'assaut de ces salopards ! » m'écrie-je presque aussitôt, mu par une rage sans nom

Le Fauve en moi est près de sortir. Il me donne une formidable détente et je bondis en avant, sautant au-dessus de Shon McGowen, un neutre de Serpentard, étendu sur le dos, les bras en croix, le visage en sang et les yeux fixes

Je crois bien qu'il est mort.

Et je cours en gueulant des Sortilèges d'Attaque vers les rochers, mes pas alourdis par mon froc imbibé d'eau glacée. Et les copines et copains encore debout en font autant, tout comme Hagrid, louvoyant entre les Maléfices qui fusent de plus belle. Draco, Théo, Ginny et moi sommes les cibles principales. Avec Hagrid, qui se prend au moins cinq ou six Maléfices d'un coup dans la figure, avant de s'effondrer.

Combien d'autres en a-t-il pris avant le malheureux ?

Cela attise d'autant ma rage et je saute encore par-dessus un rocher, hurlant comme un beau diable, pour choper Desmond Rickers et Dave Harper par le col et cogner leur sale tronche l'une contre l'autre. Ils s'effondrent aussi sec, nez pissant le sang, tandis que je vise déjà Janice Vaneck de ma Baguette.

« Avada Kedavra ! » entends-je pour la seconde fois, à quelques pas à ma droite.

Je change aussitôt la direction de mon Sortilège, pour viser l'assassin. Mais mon tir est dévié par un Maléfice de Fracture qui me brise le poignet droit avec tant de force, que j'ai l'impression qu'on vient de me l'arracher. Je me plie en deux et je me traine aussitôt à l'abri d'un rocher, sans toutefois quitter des yeux l'Avada de Brandburgy. Il se perd heureusement dans la nature, détourné par un Stupefix de Théo, qui s'est encore jeté sur Ginny pour la protéger…

La bagarre est finie pour moi, j'ai une sale fracture ouverte qui pisse le sang et Brandburgy s'élève sur un Balai, sac sur le dos et jetant des Maléfices à tout va, tandis que ses Ânes Bâtés encore en lice, couvrent sa fuite et que je me prends un second Maléfice de plein fouet…

Lequel, je l'ignore, parce qu'il m'a frappé au côté, tandis que j'avais l'œil tourné en direction opposé. Mais il ne fait pas effet tout de suite, c'est sûr. C'est sûrement une grosse saloperie. Alors je me mets à ramper, pour aller me foutre dans un trou où je serai plus à l'abri…

« Tuez-les ! Tuez-les tous, ces sales pourritures de Gobefange ! » hurle Brandburgy, avant de tourner le dos et de filer

« Les renforts arrivent ! » s'exclame presque aussitôt Douglas O'Gilvie, tout en courant à toute vitesse, dans la direction prise par Brandburgy

Il ajuste un tir vers lui, bien qu'il n'ait aucune chance de l'atteindre et il est aussitôt cueilli par deux Maléfices. Aussi sec, Greg riposte vers les Ânes Bâtés qui viennent d'abattre Douglas.

« Attention Draco ! A gauche ! » m'écrie-je, en voyant quatre Maléfices fuser vers mon pote

Draco effectue un retourné, tout en se jetant au sol et il renvoie l'un des Maléfices dans la figure de Constantin Takis, tandis qu'à ses côtés, Iris Sheppard est Stupefixée par Ginny, qui a l'épaule gauche en sang et vole en arrière l'instant d'après, victime à son tour d'un Maléfice. Elle entraîne Théo dans sa chute brutale…

« Sus à l'ennemi ! » s'écrie à toutes forces Marian, qui arrive à pleine vitesse, avec toute la classe de Septième de Madame Chourave, Gabe à ses côtés …

Dès lors, il ne faut pas plus de deux ou trois minutes, pour mettre fin à l'attaque…

Je me relève péniblement quand tout est enfin calme. Je suis trempé et gelé jusqu'aux entrailles et il ne faut pas que je reste ici. Je commence à me sentir un peu vertigineux et confus. J'ai intérêt à aller là où les copains vont me voir rapidement et m'aider.

Je sors de derrière les rochers. Mes jambes vacillent, tandis que je regarde autour de moi.

La Bataille n'a pas duré plus de sept ou huit minutes, je pense, mais elle a fait sacrément des ravages…

Il y a beaucoup de pleurs et de gémissements de souffrance.

Beaucoup de monde à terre surtout, auprès desquels une bonne partie de nos renforts s'activent déjà…

« C'était donc ça qu'il tramait le p'tit merdeux… C'était donc ça… » murmure-je, avant de tomber à genou sur les pierres, à côté de Croquemitaine qui pleure sa propre douleur.

Une large plaie saigne sur son flanc et il a de toute évidence une patte cassée.

Soudainement il ferme les yeux et une larme glisse sur son museau.

Je cale mon poignet cassé contre mon ventre avec mon écharpe et je pose ma main gauche sur sa tête…

« On va te soigner, Croquemitaine… On va te soigner, mon bon… » murmure-je, avant de m'allonger contre lui.

Epuisé et douloureux…

La cloche de la récréation sonne dans le lointain. Il est donc 10H30…

J'ai mal à la tête, comme si on la serrait dans un étau, je me sens pris de fièvre et le premier flocon de neige de la journée, se pose mollement sur ma joue…

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