Chap 51- Lionnes et louves

Soulagé sans vraiment savoir pourquoi, Shadow fila de toute la vitesse de ses pattes vers la tour de Gryffondor. Quelque chose d'important venait d'avoir lieu, il s'en rendait bien compte, mais la portée lui en échappait. Mais si l'Homme en Noir était content, alors…

Tandis qu'il galopait, il pouvait sentir derrière lui la présence discrète mais insistante de Miss Teigne, et il sourit en lui-même. La respiration qui lui faisait si peur jadis était à présent réconfortante, tout comme le cliquetis des armures qu'il frôlait au passage.

Comme elle en avait pris l'habitude, la grosse Dame dans le portrait glissa gracieusement pour lui laisser le passage, et c'est en félin conquérant que le chat fit son entrée dans la salle commune de Gryffondor.

A sa grande satisfaction, il aperçut Ron et Hermione installés près du feu, surveillant d'un œil distrait les plus jeunes tout en griffonnant sur leurs parchemins. L'arrivée du chat leur fit lever la tête et un sourire apparut sur leurs visages.

« Déjà de retour ? » demanda Ron.

Shadow contempla l'idée de sauter sur la table pour laisser des empreintes de patte de chat sur leurs devoir, mais il renonça à l'idée. Il avait trop envie de parler.

« Ne me demandez pas pourquoi, mais figurez-vous que je suis le nouvel idole de Kreattur ! » annonça-t-il.

« Oh Harry, c'est formidable ! » s'extasia Hermione. « Que s'est-il passé ? »

« C'est une longue histoire, mais qui finit plutôt bien. Je crois que j'ai un second Dobby à mon service, à présent ! »

« Et c'est une bonne nouvelle ? » demanda Ron. « Je veux dire, aux dernières nouvelles, tu n'étais pas le plus grand admirateur de Kreattur… »

« C'est vrai, » admit Harry. « Je ne sais pas. On en a un peu parlé avec Severus, et… je suppose que tu avais raison, Hermione. C'est difficile de croire qu'il ait changé aussi vite d'avis, cela dit, un instant il me détestait, et la seconde d'après il se jetait sur moi pour me remercier ! »

« Kreattur est âgé, » fit remarquer Hermione, « il n'a peut-être plus tout à fait tout sa tête. »

Harry ne put s'empêcher de rire.

« Pour en arriver à dire que je suis un sorcier formidable, certainement ! »

« Je suis plutôt curieux d'entendre cette histoire, » fit Ron, « j'ai comme l'impression que ça doit valoir le coup ! »

« Oui et non… mais je vous raconterai ça plus tard. Pour l'instant, j'ai autre chose à vous demander, » répondit Harry en s'asseyant avec eux. « Qu'est ce qu'il s'est passé avec Malfoy en cours de potions ? »

Ron et Hermione changèrent un regard entendu, rendant Harry encore plus curieux.

« Quoi ? Qu'est ce qu'il a fait ? »

« Eh bien, il semblerait que Draco soit vraiment dans une position délicate et que cela lui porte sur les nerfs, » commença Hermione. « Je ne sais pas si tu es au courant, mais il a reçu des menaces des autres Serpentard. »

« Pourtant, je croyais que la plupart des enfants de mangemorts étaient partis à Durmstang ? »

« Ca n'empêche, » fit Ron. « Ce n'est pas comme si Malfoy était particulièrement populaire. »

« J'aurais pourtant cru le contraire ? »

« Eh bien, je suppose que son influence, ses moyens et sa famille ont joué en sa faveur jusqu'ici, » expliqua Hermione. « Mais il en a profité pour mener sa maison à la baguette, et la plupart de ses camarades n'ont guère apprécié. »

« Et maintenant, il se retrouve sans famille, ni fortune, ni allié, » murmura Harry.

« Précisément. Résultat : il ne peut plus rester avec les autres et doit dormir dans un endroit tenu secret. Et il semblerait que les autres s'appliquent à lui compliquer la vie à longueur de temps, en particulier pendant les cours. Il y a eu quelques épisodes dangereux… »

« Et puis, il y a une rumeur, » continua Ron. « Tu-Sais-Qui aurait offert une prime à celui qui pourrait lui apporter Malfoy… ou un bout de sa personne. »

« Pardon ? » s'étrangla Harry.

« Oui, un doigt, un bras, ce genre de choses… »

Harry sentit que ses yeux tentaient de sortir de leurs orbites.

« C'est une plaisanterie ? »

« Une rumeur, » fit prudemment Hermione. « Mais c'est suffisant pour que certains se laissent tenter. Et le cours de potions, eh bien… c'est potentiellement le plus dangereux. »

« Demandez à Neville, » murmura Harry. « Je veux bien te croire. »

« Du coup, Snape a fait travailler Malfoy à son bureau, pendant qu'il faisait une démonstration de potion dans son propre chaudron à côté. »

« En fait, » précisa Hermione, « le professeur travaillait sur plusieurs potions en même temps. Je suppose qu'il a dû prendre un peu de retard ces derniers temps. »

« Probablement, » fit Harry sans bien comprendre où ses amis voulaient en venir.

« Le cours se passait plutôt bien, en fait, Slughorn passait dans les rangs pour vérifier nos potions pendant que Snape montrait comment faire. »

« C'était vraiment une bonne idée, » ajouta Hermione. « Très intéressant. Mais… »

Elle jeta un petit coup d'œil rapide à Harry.

« Eh bien, il était évident que le professeur avait un peu de mal à s'occuper de toutes ses potions à la fois. »

« Snape, du mal avec des potions ? » demanda Harry en riant.

« Oui. Cela ne se voyait pas vraiment si on n'y faisait pas attention, mais il a dû relancer ses sorts plusieurs fois sur certains chaudrons et… »

« Il était plutôt énervé, » conclut Ron. « C'était évident qu'il était frustré. Et plus il s'énervait, plus Malfoy s'énervait aussi dans son coin. Pour finir, cet imbécile de furet est allé lancer lui-même le sort sur un chaudron, pendant que Snape s'acharnait sur un autre. »

Harry avait pali, mais il leur fit signe de continuer.

« Et là, Snape est carrément devenu furieux. Je ne l'avais jamais vu s'en prendre à Malfoy, mais ce coup-là compensé pour tous les autres ! Il lui a crié de s'occuper de ses affaires et de rester à sa place, et quelques autres morceaux choisis du Grimoire Des Insultes de Snape. »

« En fait, il n'a pas été si méchant que ça, » rectifia Hermione, « c'était plus son expression. Quoiqu'il en soit, Draco ne l'a pas bien pris. Je suppose que c'était la première fois que le professeur s'adressait à lui de cette façon, et… eh bien, au lieu d'obéir, il s'est mis à crier aussi, que le professeur Snape était un ingrat, qu'il avait besoin de lui, et qu'étant donné qu'il n'avait plus beaucoup de pouvoirs… »

« Il a dit 'à peine plus de pouvoirs qu'un cracmol', » précisa Ron, ce qui lui valut un regard noir d'Hermione.

« … Draco lui a dit qu'il ferait mieux de s'habituer à recevoir de l'aide de sorciers plus puissants. Inutile de dire que ça n'est pas très bien passé. »

« Et pour finir, ça a été plutôt drôle, » conclut Ron. « Parce que le fait d'être en colère a dû redonner des forces à Snape, ou quelque chose comme ça : il n'a rien dit, mais il a fait un mouvement de baguette et la porte s'est ouverte, et Draco s'est retrouvé dehors cul par-dessus tête avant d'avoir eu le temps de dire ouf ! »

« C'était assez impressionnant, » fit Hermione avec un fin sourire. « Comme c'était la fin de l'heure de toute façon, tout le monde est sorti peu après, et Draco avait disparu. Je doute qu'il ait apprécié. Mais Snape était vraiment fou de rage… je suppose que peu de monde savait pour ses pouvoirs. »

« Cela dit, après ce qu'il a fait à Draco, je doute que grand monde prenne son soit disant handicap au sérieux, » ajouta Ron.

« La situation est suffisamment compliquée comme ça sans que cet imbécile en rajoute, » grogna Harry. « Malfoy est un crétin prétentieux, et un crétin prétentieux avec lequel il va falloir que je fasse, apparemment. »

« Et pourquoi ça ? » demanda Ron, curieux.

« Severus m'a dit de faire des efforts. Que c'était dur pour le précieux Draco de tourner le dos à sa famille et à… Lui. Mais ce n'est pas que Severus, je veux dire… ce type peut être totalement insupportable, par moment, il a tout de même trouvé le moyen de demander à Snape de l'adopter lui aussi ! Mais d'un autre côté… je ne sais pas. Je suppose qu'on ne peut pas le laisser tomber. Severus a raison, si on le pousse à retourner chez Voldemort, on n'aura rien gagné. »

« Ca me semble un peu vaseux, comme raisonnement, » fit Ron. « Ce type est juste un sale fils à papa gâté. Qu'il se débrouille. »

« C'est plus compliqué que ça, Ron, Harry a raison, » soupira Hermione. « Mais j'avoue que je ne suis pas pressée de devoir me pencher sur la question. »

« Vous n'avez quand même pas l'intention de faire ami-ami avec Malfoy, rassurez moi ? »

« Ron, nous sommes en guerre, et Malfoy… Draco est dans notre camp. »

« Apparemment. Pour l'instant, » précisa Ron.

« Oui, eh bien, il va falloir faire en sorte qu'il y reste, » soupira Harry. « Severus a raison, on ne peut négliger personne. »

« Je le trouve assez culotté, avec ses beaux principes ! » s'indigna Ron. « Je n'ai pas le souvenir qu'il ait été particulièrement sympathique avec Sirius ou Rémus ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais, non ? »

« Je ne crois pas que Sirius ait fait grand-chose pour arranger les choses, » fit remarquer Hermione. « Quant à Rémus… » elle hésita.

« En fait, je crois qu'ils ont fait un genre de pacte de non agression, » annonça Harry. « Je les ai moins entendu s'insulter mutuellement ces derniers temps. »

« Les garçons, » soupira Hermione. « Mais il faut bien que quelqu'un fasse le premier pas. Je… » Elle prit une grande inspiration. « Je vais aller voir si Draco a besoin d'aide pour ses devoirs. »

Ses deux amis la regardèrent comme si une nouvelle tête venait soudain de lui pousser à côté de la première.

« Hermione, tu te sens bien ? » demanda Harry, inquiet.

« Parfaitement. Je vais juste prendre mes cours et lui demander s'il a besoin de quelque chose. Ca ne devrait pas être si compliqué. Un pacte de non agression, comme tu dis. »

« Hermione, tu ne sais même pas où se trouve Draco, » fit remarquer patiemment Harry.

« C'est juste. Mais avec ta carte, ce sera un jeu d'enfant ! »

« Je ne l'ai pas sur moi, et je n'ai pas vraiment l'intention de retourner dans les donjons tout de suite mais… je suppose que tu pourrais demander à McGonagall. Elle sera sûrement ravie. »

« Excellente idée ! J'en profiterai pour lui demander une précision sur son cours d'aujourd'hui, je suis sûre qu'il y a une autre façon de… » avisant les regards flous de ses compagnons, elle s'interrompit. « Peu importe. Ron, tu m'accompagnes. »

« Pardon ? » demanda celui-ci en sursautant. « Pas question ! Devoirs ! Quidditch ! Pas question. »

« Ron ! »

« C'est ton idée, c'est ton problème ! » s'empressa de se dégager le jeune homme. « Nous, on a une réunion de prévue sur le terrain de quidditch pour, hum, parler des prochaines stratégies avec l'équipe. Pas vrai, Harry ? »

« Aaaaa… absolument. Tout à fait. Tu fais bien de me le rappeler. Le quidditch. Oui. »

Hermione leva les yeux au ciel et se leva, l'air raide et pincé.

« Très bien, comme d'habitude, je vais faire tout le travail toute seule. Mais je vous préviens, quand Dumbledore décidera de faire jouer Draco dans une autre équipe de quidditch pour favoriser l'entente entre les maisons, ne comptez pas sur moi pour vous soutenir. Je suis curieuse de voir à quoi Malfoy ressemblera en rouge sur un balai. »

Et, levant haut le menton, elle sortit de la salle, laissant les deux garçons horrifiés.

« Elle plaisantait, pas vrai ? » demanda Ron.

« Je… pense, » répondit Harry. « Je veux dire, Dumbledore ne ferait jamais une chose pareille, si ? »

Un silence pesant s'installa.

« On ferait peut-être mieux de faire cette réunion pendant qu'on le peut encore, tu ne crois pas ? » suggéra Ron.

« Hum. Je vais chercher l'équipe… et deux trois autres au passage. Des remplaçants. On ne sait jamais. »

« Exact, » approuva Ron. « Prends Ginny. Même Neville, s'il le faut ! »

« N'exagérons pas, » murmura Harry en prenant la direction des dortoirs.

Derrière le portrait, Hermione sourit d'un air satisfait avant de se mettre en route.

Non loin de là, ignorant tout des manœuvres des Gryffondors, Severus se dirigeait vers la cabane d'Hagrid, tentant de rester aussi discret que possible. Lupin était probablement lui-même en planque quelque part, et il ne gagnerait rien à attirer l'attention d'Hagrid. Quoique les autres puissent penser du géant, celui-ci avait l'oreille particulièrement fine et peu de choses lui échappaient sur son territoire.

Un détour par les bosquets était donc indiqué… et Snape se félicita rapidement de ses précautions quand il entendit les bruits d'une dispute en contrebas. La voix de Lupin, reconnut-il, le loup-garou avait donc changé de point d'observation… mais ce fût la deuxième voix qui lui fit dresser l'oreille. Pas Loki, et encore moins Hagrid : cette voix-la était féminine et familière… la politesse aurait certainement exigé qu'il fasse demi-tour, mais la curiosité et ses réflexes d'espions prirent le dessus et il se rapprocha à pas de loups, attentif à rester à couvert.

« Comment est-ce que tu voulais que je le prenne ? » demandait la jeune femme d'un ton amer. « Tu n'as même pas pris la peine de me le dire en face ! »

« Nymphadora, ce n'est pas précisément comme si… »

« Et il a fallu que je vienne ici en douce en prétextant d'aller à la bibliothèque comme une élève de première année ! Tu ne m'as même pas invitée à venir te voir ! »

« Je suis vraiment désolé, » soupira Rémus, « tout a été terriblement vite… je voulais t'en parler, mais je ne savais pas par où commencer et… »

« Tu le savais depuis cet été ! » continua à tempêter Tonks. « Et tu ne m'as rien dit ! Pas un mot ! »

Vaguement amusé, Severus s'installa plus confortablement contre un arbre pour profiter du spectacle. Ainsi donc, Lupin sortait avec la jeune auror et n'avait pas cru bon de la prévenir de sa nouvelle paternité… intéressant !

« Je n'étais pas au courant moi-même avant de me retrouver face à lui, » répondit Rémus d'un ton las. « J'étais en mission d'espionnage parmi eux. Je n'avais pas la moindre idée de qui pouvait être Loki, ni même qu'il existait. »

« Mais tu as fini par l'apprendre. Et tu n'as pas jugé bon de venir m'en parler. Quel genre de couple est-ce que cela fait de nous ? »

Lupin eut un long soupir et posa ses mains sur les épaules de la jeune femme.

« Je te l'avais dit. Je savais que ce n'était pas une bonne idée, nous n'aurions jamais du… »

« Tu ne vas pas recommencer avec ça ! » s'emporta Tonks. « Ca n'a rien à voir, et tu le sais très bien ! »

« Mon fils a presque le même âge que toi ! » s'écria Rémus. « Et il est dangereux, incontrôlable, et probablement au service de Voldemort ! Le reste était déjà suffisant… je refuse de mettre cela aussi sur tes épaules. »

« Oh, c'est qu'on est noble et héroïque, » cingla Tonks. « Et mon avis, dans tout ça ? Simplement me parler, c'était si compliqué ? »

« Oui, ça l'était ! Cela fait trop de choses à la fois, il ne s'agit plus que de moi, de la guerre Loki… il a besoin de moi, et… je dois faire quelque chose. Je dois lui faire comprendre où se trouve le bien et le mal. »

Mais l'auror secoua la tête, visiblement déçue.

« Ca n'a aucun sens, et ça ne répond pas à ma question. Je croyais qu'il y avait plus que cela entre nous. Je croyais que tu… » elle fit une grimace, refusant de finir sa phrase.

Doucement, le loup garou, la sera contre lui.

« C'est vrai. Je te le jure. Mais je suis bien trop dangereux pour toi, même sans mon fils. Et avec lui… c'est un risque que je ne peux simplement pas prendre. »

« Et je n'ai aucun choix, moi ? »

Rémus hésita.

« Je pensais que le choix était évident. »

« Et c'était tellement plus simple de ne pas m'en parler. »

« Je voulais le faire, » assura Lupin. « Je n'ai simplement pas trouvé le temps… et le courage. »

« C'est trop facile, » gronda Tonks, « Tu n'as pas le droit d'abandonner sans essayer ! »

« Je dois accorder toute mon attention à Loki, » soupira Rémus.

« Je croyais qu'Hagrid s'occupait de lui ? »

« Il n'en reste pas moins mon fils. Quoique Dumbledore dise, je ne le laisserai pas. »

« Tu l'aimes, n'est ce pas ? » murmura Tonks.

« C'est mon fils, » répéta Rémus d'un air buté. « Et celui de Loba. Je ne peux pas le laisser. »

« Loba… c'est sa mère ? Vous étiez… amis ? »

« Nous étions proches, oui. Mais la naissance de Loki n'était en aucun cas programmée. »

« Tu ne m'en avais jamais parlé, » fit remarquer Tonks.

« Je ne pensais pas qu'il y avait quoique ce soit à dire sur le sujet. Notre relation a été courte, elle a tout simplement disparu dans la nature. Tout ça à cause d'une expérience qui a mal tourné. Je ne pensais jamais plus entendre parler d'elle. »

Derrière son arbre, Snape serra les dents. C'était la faute de Lupin, et sa faute uniquement ! Qu'il n'essaie pas de prétendre le contraire !

« Tu aurais du me dire, » répété Tonks d'un ton amer. « Tu aurais du m'en parler. De Loba, de Loki… tu aurais du venir me voir. Si tu avais eu un peu de considération pour moi… »

« J'en ai ! » se défendit Rémus. « Cela ne change rien à mes sentiments ! »

« Mais moi, tu me laisses tomber. »

« Non, je… Merlin, je ne sais pas, » soupira Lupin. « Rien n'a été facile, ces derniers temps. Harry était en danger, et souvent à cause de Loki, et Dumbledore… »

« En somme, tu as toutes les excuses du monde, » cracha Tonks. « Tu n'as même pas eu la décence de me l'annoncer en face, et maintenant tu te trouves des excuses. Mais si tu veux me quitter, Rémus, il va falloir le faire de vive voix, et en me regardant dans les yeux ! »

Le loup garou leva doucement ses yeux ambrés.

« Je ne veux pas t'imposer cela. »

« Non ! Pas d'excuse bidon ! Je t'interdis de prendre ce genre de décision pour moi ! Si tu me quittes, fais le par commodité ou parce que tu n'as plus de sentiment pour moi, mais pas pour autre chose ! » s'écria Tonks.

« Ce n'est pas le cas, » murmura Lupin, défait. « Mais… »

« Décide-toi. »

« Pourrais-tu… me laisser un peu de temps ? Le temps que Loki s'adapte, que les choses… s'arrangent, d'une façon ou d'une autre. »

« Du temps, » fit la jeune femme d'un air glacial. « Je vois. »

« Je veux t'expliquer tout ça, je le veux vraiment, » continua Rémus. « Mais le moment est mal choisi. Peut-être pourrions nous nous voir ce week-end ? Pré Au Lard est juste à côté… »

« Pas le bon moment, hum ? » fit Tonks d'un air glacial. « Peut-être que moi aussi j'ai besoin de réfléchir. »

« Je comprends, » soupira Rémus.

La jeune femme lui jeta un regard exaspéré.

« Non, je n'ai pas l'impression que tu comprennes grand-chose. Je te ferai savoir si je suis disponible samedi. D'ici là, tache de trouver quelque chose d'intelligent à dire. »

Snape eut peine à retenir un ricanement, avant de s'apercevoir que l'auror avait tourné les talons et se dirigeait maintenant droit dans sa direction. Il s'empressa de lancer un sort d'invisibilité, et jura tout bas quand celui-ci échoua. La jeune femme faillit le percuter et s'arrêta net, l'air surpris.

« Oh, Severus. Je ne t'avais pas vu. »

Snape marmonna une vague salutation, prenant soin de ne pas croiser son regard.

« Mais je suis contente de pouvoir te parler seule à seul ! » continua -t-elle d'un ton enjoué. « Comment s'est finie votre enquête ? »

« Bien. Nous avons retrouvé le tableau, chez votre mère en réalité. »

La jeune auror en resta bouchée bée.

« Chez maman ? Mais… »

« Votre mère et Regulus étaient cousins. Le tableau se trouve à présent à Poudlard, en sécurité. Notre cas est résolu. »

« Je n'arrive pas à le croire ! Toutes mes félicitations ! Dumbledore doit être content… tu es vraiment le héros du moment ! »

Mal à l'aise, Severus haussa les épaules.

« Ce n'est qu'une petite avancée. Le plus important reste à faire. »

« Mais grâce à toi, ça sera bien plus facile, » continua Tonks. « Harry te doit beaucoup. Je suis vraiment contente qu'il ait enfin trouvé une famille. »

« Eh bien, je suppose que cela marche dans les deux sens, » fit Snape en jetant un regard en coin à Rémus qui se tenait immobile un peu plus bas. L'expression de son visage ne laissait rien présager de bon.

« Tout ce que tu as fait cet été et depuis, la façon dont tu as sauvé Harry… j'espère que tu auras une médaille pour cela. C'était vraiment héroïque. Nous te devons tous beaucoup.»

« Miss Tonks, je n'ai fait que ce que j'avais à faire, il n'y a rien de particulièrement héroïque dans cela. Vous en faites de même tous les jours. »

« Faire face à Voldemort et lui échapper ? » fit la jeune femme en riant. « Je ne crois pas, non ! Et heureusement pour moi. Je regrette vraiment ce qu'il s'est passé cet été, quand tu as été retenu par ce psychopathe… nous aurions du partir à ta rescousse plus tôt. »

Severus mit un moment à se rappeler de l'incident en question, et n'en fut que plus perplexe après coup. Où voulait-elle diable en venir avec ce discours décousu ?

« Ce n'aurait guère été stratégique. Mais peut-être devriez vous regagner Poudlard, le directeur souhaitait vous parler, » lança-t-il avec l'espoir de couper court à la scène.

« Je suppose, je me suis un peu évadée, » fit Tonks en souriant. « Quoiqu'il en soit, merci pour tout. Et cette journée a été vraiment intéressante. A bientôt, j'espère ? »

Et avec un sourire enjôleur, la jeune femme caressa rapidement la manche de ses robes avant de partir en direction du château, laissant Snape totalement ahuri. Mais, en se tournant vers Lupin, il comprit rapidement ce qu'il venait de se passer. Les bras croisés, le loup garou regardait sa petite amie s'éloigner d'un air orageux, hésitant visiblement à lui courir après ou à lui jeter un sort.

Severus hésita un instant avant de s'avancer.

« Je ne prétends pas avoir une idée précise de ce qui se passe dans la tête de Miss Tonks, mais je suis à peu près certain qu'elle n'a pas la moindre intention de créer un fan-club à ma gloire, » fit il d'un ton hésitant.

A son grand soulagement, Lupin tourna vers lui un regard fatigué mais dépourvu d'animosité.

« Tu as tout entendu, je suppose. »

« Une bonne partie.»

Rémus passa une main dans ses cheveux, laissant échapper un soupir.

« Je sais ce que tu penses. Je suis un lâche. »

Sentant le terrain glisser à nouveau, Snape leva les mains en signe d'apaisement, jurant intérieurement contre sa magie défaillante. Pourquoi fallait il que ce sort d'invisibilité échoue, juste maintenant ?

« Je ne pense rien du tout. Vos histoires ne regardent que vous. »

« De toute évidence, tu es son nouveau héros, » fit amèrement Rémus en ignorant la remarque.

« Ne sois pas stupide, » grogna Severus. « Je n'y connais pas grand-chose en relations sentimentales, mais il est clair que ce petit numéro était destiné à t'ennuyer plus qu'à me flatter. »

« Je ne sais pas. J'ai vraiment tout fait de travers… Dora cherche quelqu'un de courageux, elle n'est pas une auror pour rien… »

« Pour l'amour du ciel ! » s'exclama Snape exaspéré, « cours lui après et explique toi, elle ne doit pas être bien loin ! »

« Non, pas aujourd'hui, mieux vaut lui laisser le temps de réfléchir à tout ça. J'ai toujours pensé que cette relation était une mauvaise idée, elle est tellement plus jeune que moi… et je suis… » Rémus chercha le regard de Severus, mais n'y trouva qu'une intense perplexité mêlée de gène. Non, le maître des potions n'était probablement pas la meilleure personne à qui se confier pour ce genre de question… il réprima un sourire. « Excuse-moi. Tu dois me trouver particulièrement stupide. »

Snape émit un grognement qui en disait plus long qu'un discours.

« C'est probablement juste, » répondit-il, « mais si miss Tonks n'y voit pas d'inconvénient, je ne vois pas pourquoi tu devrais faire autre chose que remercier le ciel et prier pour que cela dure. »

« Parce que ce n'est pas juste pour elle, » soupira Rémus. « Quoiqu'il en soit… tu souhaitais me parler ? »

Severus haussa imperceptiblement les épaules.

« Je venais voir s'il y avait du nouveau du côté de ta progéniture. »

« Je viens de le manquer, » grogna Rémus. « Hagrid l'a emmené dans la Forêt Interdite. S'il lui arrive quoique ce soit… »

« Un loup et un géant ? » demanda Snape, sceptique. « J'en doute. » Il hésita un instant. Le moment était sans doute mal choisi pour discuter avec le loup-garou de ses exploits de la journée. Peu importait, mieux valait de toute façon garder cela pour lui. Il se préparait à faire demi-tour quand le regard hésitant de Lupin l'arrêta.

« Si tu n'as rien de prévu, j'avais l'intention d'aller noyer cette journée dans une biéraubeurre à Pré-Au-Lard, » lança le loup-garou, s'attendant visiblement à se faire éconduire de manière ferme et probablement avec une effusion de sang à la clé.

Severus songea un moment à ne pas le décevoir et à lui offrir une sélection d'insultes et de sarcasmes adaptés, mais la pensée qu'Harry en serait contrarié le retint. D'autre part, il avait un pacte à respecter et un whisky n'aurait pas été de refus après la journée qu'il venait de vivre.

« Pourquoi pas, » fit-il d'un ton trainant qui laissait voir tout son enthousiasme.

Quand Rémus sourit et se mit en route vers le village, il lui emboita le pas.

A quelques centaines de mètres là, de l'autre côté du château, la séance d'entraînement des Gryffondors prenait fin, laissant les joueurs particulièrement rompus. Même les remplaçants, moins sollicités d'habitude aux entrainements, grognèrent en touchant à nouveau terre et en sentant la gravité les rattraper.

« Merlin, tu cherches à nous tuer, » grogna Ron tâtant ses vertèbres.

« Olivier serait fier de toi, » lança un des batteurs d'un air rancunier.

« Peut-être, mais nous avons passé en revue la plupart de nos tactiques et de nos mouvements, » soupira Harry. « Ca nous donne une longueur d'avance au cas où nos options d'entrainement serait réduite à l'avenir. »

« De quoi est-ce que tu parles ? » grogna un autre joueur. « On recommence lundi, non ? »

L'ensemble de l'équipe poussa un soupir de douleur en anticipation, mais tous arboraient un large sourire.

« En principe oui, j'ai réservé le terrain, » confirma Harry. « Mais si nous avons des visiteurs… faites comme si vous aviez oublié nos stratégies, d'accord ? »

« Un visiteur comme le professeur Snape ? » demanda Alicia, une des poursuiveuses, d'une voix acide.

Harry se crispa aussitôt.

« Je pensais plutôt à Malfoy. Si le professeur venait nous voir, ce ne serait que pour me surveiller. »

« Tu es d'une naïveté ! » s'exclama la jeune fille. « Il n'est pas question que le directeur de Serpentard assiste à nos entraînements ! »

« Mon père viendra me voir jouer aussi souvent qu'il le souhaitera, » répondit Harry d'une voix glaciale.

Personne n'osa répondre, mais le jeune homme ne pu manquer de voir les regards sombres que ses coéquipiers échangeaient. Ce fût Ginny qui rompit le silence.

« Bien-sûr qu'il viendra te voir jouer, ce serait trop bête de ne pas profiter de sa protection. Avec tout ce qu'il s'est passé cette année, j'avoue que je serai plus rassurée de le savoir là pour empêcher une nouvelle catastrophe ! » fit-elle d'un ton enjoué.

Harry la remercia d'un sourire.

« Bon, » lança Katie en s'étirant « je crois qu'il nous reste une seule chose à faire : plonger la tête la première dans un bon bain chaud pour éviter les courbatures demain. »

Les autres l'approuvèrent et l'équipe se dispersa. Harry, cependant, ne semblait guère pressé de remonter dans la tour, et Ginny semblait très occupée pour sa part à plier ses protections avec soin. Ron semblait décidé à attendre son ami, mais Hermione le tira d'une main ferme.

« Allez, dépêche-toi, trainard. Nous devons surveiller l'étude des première année. »

« Ca n'est pas si urgent, » commença à protester le jeune homme mais un regard noir de son amie le fit changer d'avis. « Ah. Bon. D'accord, l'étude. »

Jetant un regard hésitant dans la direction de sa sœur et de son ami, il se décida enfin à se mettre en route.

« La dure vie de préfet, » commenta joyeusement Ginny. « J'espère sincèrement que Ron sera le dernier de la lignée ! »

Harry sourit, avant de prendre une grande inspiration et de se composer un visage plus sérieux.

« Je suis désolé, pour la place d'attrapeur, » dit-il finalement. « Ce n'est qu'un poste de remplaçant, et tu es une excellente joueuse… »

« Ne sois pas stupide, » répondit Ginny en balayant l'argument de la main. « Tu es le plus jeune attrapeur depuis plus d'un siècle, rappelle toi ! Bien sûr que tu dois être le joueur officiel, ça ne fait aucun doute pour personne. Remplaçante me convient très bien, te connaissant, tu vas réussir à manquer la moitié des matchs en te retrouvant à l'hôpital ! »

Le jeune homme sourit à nouveau, mais Ginny se plaqua une main contre la bouche à peine eut-elle prononcé ces mots.

« Harry, je suis désolée, c'était une chose horrible à dire ! »

« Pas du tout, c'était très réaliste, » fit le garçon en riant. « Et merci pour ce que tu as dit tout à l'heure. Pour mon père. Je sais que tout le monde a du mal à se faire à l'idée… »

« C'est un peu normal, » fit doucement la jeune fille. « Et je ne serais pas forcément ravie qu'il assiste à nos entrainement, mais je comprendrais. J'aimerais bien que mes parents soient là aussi, mais… si ton père pouvait se contenter des matchs, je crois que ça arrangerait tout le monde ! »

« Je suppose, » admit Harry. Le silence retomba, et le jeune homme chercha désespérément quelque chose à dire… n'importe quoi… ça n'aurait pas du être si dur, bon sang ! Mais Ginny ne semblait pas avoir le même problème.

« J'ai vu un chat noir se balader dans les couloirs tout l'heure, » fit elle, « c'était toi ? »

« C'est possible, mais je ne suis pas le seul chat noir du coin. C'est fou le nombre de chats qui rodent dans ce château ! »

« Celui-ci avait l'air pressé… et il avait un collier. »

« C'est un peu vague, » fit Harry en riant. Puis, sur une impulsion, il se changea en Shadow.

« Oh ! Non, ce n'était pas toi, j'avais oublié ton éclair ! »

Ginny semblait amusée… l'occasion était trop belle : Shadow bondit pour attraper une des protections de quidditch et se mit à décrire des cercles autour de la jeune fille qui entreprit de le poursuivre en riant. Il se laissa enfin rattraper et Ginny se pencha pour lui caresser la tête. Décidément, les yeux de chaton avaient un effet radical… mais à peine l'eut elle touché qu'elle retira sa main, éternuant.

« Oh non, je suis aussi allergique aux chats animagus… la poisse ! »

Harry se retransforma aussitôt et s'approcha d'elle, inquiet.

« Tout va bien ? »

« Je dois aller voir Mme Pomfrey, » soupira t elle en montrant sa main déjà rouge. « Je suis allergique au poil de chat… je ne pensais simplement pas que… »

Tous d'eux s'observèrent un instant en silence.

« Je suis désolé, » offrit Harry.

« Non, c'est moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris, ce n'était pas très poli de ma part. »

« Non, je… ce n'était pas… enfin, je… » Harry prit une grande inspiration. Comment était-il sensé dire ça ?

Ginny eut un petit sourire.

« Je dois vraiment y aller, » fit elle. « A tout à l'heure peut-être ? »

« Soigne-toi bien, » acquiesça Harry vaincu. Vaincu par du poil de chat. Il la regarda s'éloigner, consterné. Ginny allergique au poil de chat… c'était probablement ce qu'on appelait l'ironie du sort.

Ca n'aurait pas du avoir autant d'importance, vraiment. Pas plus que le fait que Dean rejoigne Ginny et ne prenne délicatement sa main en la caressant comme pour faire partir la douleur.

Néanmoins… il était plus simple de se retransformer en Shadow et de partir à nouveau vers les donjons de son côté. Shadow était moins compliqué et ressentait les choses différemment. Et à cet instant précis, c'était une bonne chose.

Pas assez, cependant, pour ne pas jeter un regard en arrière et voir Dean passer un bras sur les épaules de Ginny. Et bien sûr, c'était une chose qui ne se faisait pas, mais à quoi bon avoir une forme animagus de chat si c'était pour ne pas en profiter ? Et la meilleure façon d'en profiter était encore de se faire discret et de se mêler aux gens sans qu'ils le sachent.

Chassant le souvenir de l'Homme en Noir lui rappelant qu'espionner était une activité hautement risquée, le chat se lança à la poursuite du couple, la truffe au ras des fougères. C'était inutile cependant, aucun des deux adolescents ne semblait particulièrement faire attention à ce qui les entourait.

« Qu'est-ce qu'il te voulait ? » demanda Dean d'un ton qui se voulait léger.

« Me dire qu'il était désolé que je ne sois que remplaçante. »

« Il peut l'être, tu es au moins aussi douée que lui. Mais Dumbledore n'allait pas passer à côté d'une si belle occasion, je suppose, même si ça n'enchante pas Angelina. »

« Elle pensait vraiment être Capitaine cette année, je suis désolée pour elle, » acquiesça Ginny. « Mais Harry avait besoin de quelque chose de positif sur quoi ce concentrer cette année. »

« On est presque tous dans ce cas, » grogna Dean. « Potter a toujours été le chouchou de Dumbledore, et ce n'est pas près de changer. Il n'y a qu'à voir cette fête qu'il a organisé pour l'adoption… »

« C'est normal, » protesta Ginny, « ce n'était tout de même pas rien ! »

« Mike Earnshaw, de Poufsouffle, tu sais, le grand blond ? Il a été adopté par une nouvelle famille lui aussi, l'an dernier. Sa grand-mère l'élevait et elle est morte. Aucune famille. Est-ce que Dumbledore a seulement dit un mot sur le sujet ? Non. »

« Mais… c'est différent, » fit la jeune fille. « Harry a été adopté par un professeur. Et après tout ce qu'il s'est passé cet été, il méritait bien un peu d'attention. »

« De l'attention ? Parce que tu trouves qu'il en manque ? » fit Dean en riant. « Et une adoption par un Serpentard, par Snape en particulier… tu ne crois pas qu'il aurait pu nous en parler avant ? Rien du tout. C'est à peine si on l'a vu depuis le début de l'année. »

« Moi, je suis contente pour lui, » affirma Ginny. Shadow ne put s'empêcher de soupirer de soulagement, mais un soulagement de courte de durée. « Même si je pense qu'il a fait une erreur, » poursuivit la jeune fille.

« Je croyais que tu trouvais l'idée formidable, » grogna Dean.

« Oh, je pense que le professeur Snape fera un bon père pour Harry, autant que possible. Ou un bon camarade. En tout cas, ils iront sans doute bien ensemble, quelle que soit la relation qu'ils aient développée. »

« Alors quoi ? »

« Ce dont Harry a besoin, c'est d'une mère, » affirma Ginny. « Une femme qui joue à la maman avec lui, qui le console, le cajole, le protège. Snape le protège de façon magique, mais je ne l'imagine pas du tout être du genre à cajoler. »

Dean partit d'un éclat de rire.

« Quoiqu'il en soit, le professeur va jouer au grand frère avec Harry, qui est sans doute trop grand pour s'inventer un père avec quelqu'un d'aussi rigide. Mais il n'aura pas de mère… ce n'est pas comme si Snape allait se marier un jour. »

Dean rit à nouveau et serra Ginny contre lui.

« Merlin, non, il n'y a aucun risque, aucune femme sensée ne voudrait d'un type aussi moche et aigri ! Harry devrait plutôt se trouver une petite amie, comme tous le monde. Cette adoption est vraiment bizarre. Il est quand même un peu vieux pour tout ce cirque… »

« Oh, mais il va se trouver une petite amie, » affirma Ginny d'un ton sûr. « Et ce sera à elle de jouer à la maman. C'est évident. »

« Pauvre fille, » murmura Dean visiblement amusé. « On ne peut pas tout avoir, je suppose, un garçon célèbre et équilibré… moi, je ne suis pas célèbre, mais je n'ai pas besoin d'une deuxième mère, au moins ! »

« Non, c'est certain, » murmura Ginny avec un air de regret, avant de lui caresser la joue. « File prendre ta douche. Je te retrouve au dîner. »

« Entendu. » Et avec un sourire idiot, le garçon courut rejoindre le reste de l'équipe, tandis que sa petite amie partait de son côté.

Shadow, derrière eux, était littéralement sidéré. C'était donc comme ça que le voyait Ginny ? Et Dean ? Dean avait toujours eu ce penchant pour le dénigrer et se tourner contre lui, mais… et si le reste de Gryffondor pensait comme lui ? Et Angelina lui en voulait ? Dumbledore lui avait donné le poste juste pour lui faire plaisir ?

Et Ginny… quelque chose lui disait que la fille de Molly Weasley ne voyait pas d'un si mauvais œil le fait de materner son petit ami. Disait-elle vrai, était-ce ce qu'il recherchait ? Il n'en avait pourtant pas l'impression…

Et ce qu'elle avait dit sur Snape, c'était totalement injuste ! Ils ne connaissaient pas le professeur… évidemment. Le chat s'allongea dans l'herbe, perdu et passablement déprimé. Ginny avait raison sur un point, il avait sérieusement négligé la communication chez les Gryffondors. Il leur avait fait confiance pour être juste heureux pour lui, et en apparence, c'est ce qu'il s'était passé… en apparence seulement.

Il soupira. Il retournerait dans la Tour, plus souvent, et il parlerait avec eux. Mais pas maintenant. Maintenant, il avait besoin d'être avec son Homme en Noir, en sécurité, chez lui… sans plus réfléchir, il partit au galop dans la direction que son instinct lui indiquait pour retrouver le professeur : vers la cabane d'Hagrid.

Pas de Miss Teigne pour le poursuivre ici, pas d'armure cliquetante non plus, juste le vent dans sa fourrure et l'odeur de l'herbe de fraiche et… un bouclier vert qui l'entoura soudain alors qu'il amorçait un virage particulièrement serré.

Le Protego marchait-il donc même quand il risquait lui-même de se blesser ? Mais c'est en voyant une forme souple l'éviter de justesse qu'il comprit non, il y avait bien quelque chose ou quelqu'un qui avait manqué de le percuter… et apparemment, volontairement.

A peine eut-il le temps de réaliser qu'il se trouvait à présent loin du château et seul que ses poils se dressèrent sur son dos en réalisant qui était l'intrus. Un loup gris si clair qu'il en paraissait blanc, et si grand et imposant qu'il en paraissait démesuré… et qui semblait trouver la situation particulièrement comique.

S'arrêtant face à lui, l'animal se changea en un jeune homme au physique perturbant. Ses cheveux étaient beaucoup plus clairs que ceux de Remus, constata Shadow, seuls ses yeux rappelaient vraiment ceux du professeur. Son visage était presque dépourvu d'expressions, qui semblaient toutes concentrées, de manière intense, dans son regard.

« Ainsi donc, ton bouclier marche aussi pour les offenses mineures. J'aurais du m'en douter. »

Rasséréné par ce constat, le chat se changea à nouveau en adolescent. Sous cette forme, il put constater qu'il faisait presque une tête de moins que le jeune homme qui lui faisait face, et qui était pourtant à peine plus âgé que lui. La vie était décidément injuste.

« Si tu t'en doutais, pourquoi avoir essayé ? Et qu'est ce que tu fais ici, tout seul ? Je croyais que tu devais rester enfermé quelque part dans un placard du directeur, » lâcha Harry, la main sur sa baguette.

Le fin sourire du garçon bougea à peine.

« J'ai pris un congé. J'avais des gens à voir. »

« Tu as profité de la naïveté d'Hagrid, hein ? Tu vas encore lui attirer des ennuis, tu n'es vraiment qu'un sale fourbe ! »

« Hagrid n'est pas naïf, il est juste excessivement loyal. Il savait qu'il n'avait rien à craindre. »

« La preuve que si ! »

« Tu es vraiment un petit garçon très énervé, n'est ce pas ? » fit Loki avec un petit rire de gorge.

« Je n'apprécie pas de me faire attaquer aux quatre coins du château, » répondit sèchement Harry en le tenant en joue. L'animagus n'en sembla pas perturbé.

« Pauvre petit chaton… mais tu n'as rien à craindre, avec ton précieux sort de protection. Je me demande, cependant, à quelle distance est-ce que ton maître doit-être pour qu'il reste efficace, » musarda le jeune homme.

« C'est mon père, et le sort est efficace où qu'il soit, » bluffa Harry. « Dommage, n'est ce pas ? »

Cette fois, Loki sourit de toutes ses dents, faisant frissonner Harry. Il n'y avait aucun doute que le garçon avait passé trop de temps sous sa forme de loup…

« Contrariant, je dirais. Mais cela ne nous empêchera pas d'être bons amis, n'est ce pas, Harry Potter ? »

« Amis ? Tu rêves, » cracha celui-ci. « Tu te moques de tout le monde, de Rémus, d'Hagrid ! Tu es un Mangemort comme les autres je ne sais pas ce que tu trafiques dans le château, mais je finirais bien par le découvrir. Et même Hagrid ne pourra plus rien pour toi. »

« Mmm, mais mon cher père en serait contrarié. Et de fait, toi aussi, n'est-ce pas ? »

Harry serra les dents.

« Rémus sera encore plus contrarié si je te laisse tuer quelqu'un. »

« Les humains sont étrangement à cheval sur ce genre de choses, » murmura Loki. « Eh bien, admettons que je ne tue personne. Mon géniteur sera satisfait et nous serons… de bons camarades, petit chat. »

Harry tenta de jauger son adversaire, mais ne put rien lire d'autre sur son visage qu'un certain amusement.

« Tu sers Voldemort, » rappela t il. « Il a tué mes parents. Personne à son service ne peut être… mon camarade. »

« Mais tu oublies ton propre chef de meute. Non, je devrais dire père d'adoption le chef de meute serait plutôt Albus Dumbledore, n'est ce pas ? Hum. Je me demande si ton protecteur est lui aussi protégé par un bouclier magique. Je n'en ai pas l'impression. »

« Ne t'avise même pas d'y songer ! » rugit Harry, brandissant à nouveau une baguette menaçante.

Mais le geste ne fit que faire rire doucement Loki.

« Y songer, c'est un peu tard. Mais cela ne veut pas dire que je tenterai ma chance, n'est ce pas ? Tant que nous sommes de bons camarades, je ne vois pas de raison de le faire. »

« Rappelle toi plutôt de la dernière fois où tu as tenté de l'attaquer, et où tu as fini dans une autre dimension, » ricana Harry en se rappelant de leur excursion à Diagon Alley un mois plus tôt. Cette fois, le sourire du loup s'estompa légèrement.

« C'était un beau baroud d'honneur, oui, » admit-il. « Ce sorcier a du être redoutable, du temps où il avait toute sa magie. Dommage que ce ne soit plus le cas. »

Une fois de plus, Harry se sentit bouillir. Loki avait raison, et ils le savaient tous les deux.

« A ta place, je ne prendrais pas le risque, » fit il tout de même. « Tu serais surpris. »

« Mais j'aime être surpris ! »

A nouveau, ce sourire effrayant.

« Allons, petit chat, bien que je le déplore, je n'ai pas plus de temps à t'accorder pour l'instant. Il ne faudrait pas mettre mon ami dans l'embarras. »

Et sans plus de manière, ni de crainte devant la baguette levée d'Harry, Loki se changea à nouveau en loup et fila, la queue haute, vers la cabane d'Hagrid.

L'animal pouvait bien dire ce qu'il voulait, Harry ne lui faisait aucune confiance, et il n'était pas question de le perdre de vue. Se changeant à son tour en chat, il se mit en devoir de filer le loup blanc. Fidèle à ses paroles, celui-ci semblait bien se diriger vers la cabane d'Hagrid. Shadow le vit cependant ralentir, tête dressée, comme s'il avait remarqué quelque chose devant lui. Cédant à la curiosité, le chat s'approcha à son tour sans se faire remarquer.

Hagrid était bien là, constata t il, mais il n'était pas seul. Dumbledore l'accompagnait, ou plutôt, lui criait dessus. Crier était peut-être un terme un peu fort, mais Harry avait rarement vu le directeur faire preuve d'une telle colère.

« Je vous faisais confiance Hagrid ! Et c'est la deuxième fois en quelques jours à peine que vous me décevez ! N'avez-vous donc aucune idée de l'importance de tout ceci ? Je vous ai confié le garçon, une mission de la plus haute importance, et maintenant il a de nouveau disparu ! »

« Il a dit qu'il reviendrait, profeseur, il l'a promis, » geignit Hagrid. « Je sais qu'il va tenir parole, il avait juste besoin de parler à sa meute, parce que c'est lui le chef, vous comprenez, et sans lui sa famille est perdue ! »

« Rubeus, jamais encore je ne vous avais vu faire preuve d'aussi peu de sens commun, » fit Dumbledore d'une voix qui glaça Shadow. La déception suintait de son ton comme de ses yeux perçants. « Loki est reparti avec les siens pour combattre contre nous, et nous avons perdu une formidable opportunité de l'empêcher de nuire. A présent… »

Loki n'attendit pas la suite pour bondir aux côtés d'Hagrid et s'asseoir à ses pieds, fixant le directeur d'un air plein de défi. Dumbledore, constata Harry, cachait bien sa surprise, mais son air méditatif tandis qu'il caressait sa barbe en disait long. Hagrid, de son côté, rayonnait en caressant la tête du loup.

« Eh bien le voila, eh ? Je vous avais bien dit. Il m'a promis. Il a tenu parole, il est revenu ! C'est ce que je vous disais, professeur. Il n'est pas mauvais, il a juste besoin de comprendre ! »

« Voilà qui change certainement la donne, » fit le directeur d'un ton solennel.

C'est à cet instant que Shadow réalisa qu'il n'avait pas été le seul à observer la scène de loin. A quelques distance de lui, sur sa droite, deux sorciers avaient également assisté à la rencontre. Rémus Lupin semblait à la fois résigné et soulagé tandis qu'il se dirigeait, un sourire aux lèvres, vers son fils, mais Severus, qui visiblement l'accompagnait, fixait à présent Shadow d'un air franchement mécontent.

Le chat s'aplatit sur le sol, sentant venir les problèmes. Il n'aurait probablement pas du se promener seul comme cela, non. Ni suivre Loki. Hum. Prenant son air le plus innocent, il courut rejoindre le professeur.

« Puis-je savoir ce que tu fais seul à cette distance du château ? » demanda immédiatement celui-ci.

Le chat cligna des yeux et se frotta aux jambes de l'Homme en Noir en ronronnant. Un chat n'avait pas besoin de parole, après tout… mais à en croire l'expression inchangée de Snape qui le fixait toujours d'un regard noir, sourcil interrogateur levé et bras croisés, l'heure n'était pas aux démonstration de charme.

Shadow se changea à nouveau en un adolescent passablement embarrassé.

« Hum, je venais te chercher. »

« Me chercher, vraiment ? »

« Oui, il me semblait que tu étais par là, je ne sais pas au juste pourquoi. Et puis Loki m'est tombé dessus… oh, le bouclier a très bien marché, au passage ! »

Il vit Severus pâlir légèrement.

« Et on a parlé un peu. Loki et moi. »

« Vous avez parlé ? Cette chose se rappelle donc comment être humain ? »

« Il parle, en tout cas. Pour avoir l'air humain, c'est autre chose. »

« Il t'a menacé, je présume ? » demanda Severus.

« Oui et non. Il a l'air de comprendre que le bouclier me protège, il a juste cherché à me bousculer, je ne suis même pas sûr que ce soit volontaire. Et il a prétendu vouloir devenir ami avec moi, avant de plus ou moins menacer de t'égorger. Ca doit être un truc de loup. »

« Sympathique animal, » murmura Snape. « J'ai toujours détesté les canidés. »

« N'empêche qu'il est revenu pour Hagrid, » fit remarquer Harry.

« N'empêche qu'Hagrid l'a laissé roder en liberté au milieu d'une école pleine d'enfants, » mimiqua Snape en lui jetant un regard torve.

Ce qui n'était pas faux, réalisa Harry. Loki lui avait-il aussi donné sa promesse de ne blesser personne ?

« Nous ferions mieux de laisser ces amateurs de cabots entre eux, » grogna Severus. Harry acquiesça et tous deux avaient fait quelques pas en direction du château quand une voix les arrêta.

« Severus ! » hélait Rémus. « Par ici ! »

Le professeur soupira. Le loup garou surjouait vraiment un peu son rôle, si on lui demandait son avis… posant une main sur l'épaule d'Harry, il le guida à ses côtés pour rejoindre le petit groupe.

« Je vois que nous avons retrouvé le chien égaré, » fit il avec un regard condescendant pour le loup.

« Il semblerait que Loki soit revenu de nous même, plutôt que de rejoindre… eh bien, quelqu'un d'autre, » acquiesça le directeur.

Lupin, lui, semblait fou de joie. Ce qui était vraiment exagéré, de l'avis de Snape. Lui aussi était retourné volontairement dans l'antre du Seigneur des Ténèbres, et ce n'était certainement pas par dévouement. Le retour du loup signifiait probablement juste qu'ils avaient un espion dans leurs rangs. Charmant.

« Et où comptez vous faire dormir ce sac à puces, à présent ? » demanda t il d'une voix lente.

« Je ne vois pas de raison de changer quoique ce soit dans l'immédiat, » fit Dumbledore à son grand soulagement.

« Je suis fier de toi, Loki, » annonça Rémus d'un ton empreint de fierté paternelle qui fit lever les yeux au ciel de Severus. Le cabot sembla en penser de même et lui jeta un regard amusé et méprisant. L'instant d'après, il se changeait à nouveau en humain, surprenant l'assemblée.

« Merci de m'avoir fait confiance, Rub, » dit il à Hagrid. « Je tenais à te dire que je suis désolé pour ce que mes compagnons ont fait à ton camarade, Crokdur. »

L'œil d'Hagrid se fit humide au souvenir de son molosse, et il hocha la tête, incapable de parler.

« Je sais qu'il te manque, et même si ça on ne remplace pas une personne avec une autre… » Loki émit un bref sifflement, et quelque chose bougea dans les fourrés. Sous leurs regards intrigués, un louveteau vint vers eux en galopant, truffe basse, visiblement effrayé mais rassemblant tout son courage pour venir s'échouer entre les jambes de Loki.

« Je te présente ta nouvelle amie. Elle te tiendra compagnie à partir de maintenant , » annonça t il. « Elle est encore jeune, mais elle grandira et sera belle et forte. » Il passa une main tendre dans la fourrure claire de la bête. Hagrid, plus ému que jamais, s'était agenouillé pour caresser à son tour la bête, qui le flairait d'un air timide.

Loki se tourna alors vers Rémus, avec un sourire en coin.

« Et pendant que nous y sommes, » fit il à son père, « je te présente ta petite fille. »

Sous le choc, tous fixèrent tour à tour Loki et la jeune louve. Elle était indéniablement claire, comme l'était Loki sous sa forme de loup…

« Tu te doutais bien qu'un chef de meute devait tenir son rôle, non ? » fit il à Rémus d'un ton méprisant. « Il y a toute une portée de ceux-là. Pas qu'une, en réalité, mais je suppose que cela importe peu. Pour ce qui t'intéresse, sache qu'aucun d'eux n'a la capacité de se changer en sorcier. J'ai vérifié. Leur mère, après tout, est une louve pur-sang. »

La satisfaction et la fierté se lisait dans le regard de l'animagus à ces paroles. Le quittant enfin des yeux, le regard de Rémus se porta sur la jeune louve qui jouait avec une chaussure d'Hagrid. Sa main tremblait quand il la tendit vers l'animal, avant de la laisser tomber le long de son corps. Puis, sans un mot, il pivota sur ses talons et s'éloigna vers le château d'un pas rapide, sans se retourner.

Lupin n'avait rien d'un ami, à peine un collègue et un allié, mais Snape fut néanmoins prit d'une subite envie de jeter un sort bien senti au pseudo loup qui regardait s'enfuir son père avec un sourire inquiétant.

A en croire le regard que Dumbledore posait sur le jeune homme, il n'était pas loin de penser la même chose, constata t il.

« Vous allez m'accompagner, à présent, » ordonna t il d'un ton sec. « Je pense que la sortie éducative a suffisamment duré. »

Loki lui adressa son sourire plein de crocs et se changea à nouveau en loup. Avec un coup de langue plein de tendresse pour la jeune louve, il se mit en devoir de suivre le directeur, laissant derrière lui un Hagrid trop ému pour réagir.

Ce fût Harry qui le rejoint auprès du louveteau qui regardait son père s'éloigner en geignant.

« Ca ne change rien, Hagrid, » fit il. « Elle sera bien avec toi. »

Le demi-géant hocha la tête, et une grosse larme roula sur sa joue tandis qu'il caressait l'animal.

« Tellement de gâchis, » fit il enfin. « Tellement de gâchis. Et je ne sais même pas comment elle s'appelle. »

« Je ne crois pas qu'elle ait de nom, » fit doucement Severus. « En tout cas pas en langage humain. »

« Alors, je vais l'appeler Fanny, » fit Hagrid en reniflant. « Si son père est d'accord. »

« Fanny, c'est un très beau nom, » acquiesça Harry.

« Je me suis toujours dis que si j'avais une petite fille, ça serait comme ça que je l'appellerais, » fit timidement le géant en prenant délicatement la louve dans ses bras.

Severus et Harry échangèrent un regard. L'émotion était palpable, et une mélancolie pesante les enveloppaient.

« Nous allons vous laisser, Hagrid, » fit finalement Snape en posant une main sur l'épaule d'Harry. « Je pense que Fanny a envie de connaître sa nouvelle maison. »

Le géant hocha la tête avec un faible sourire.

« A bientôt, professeur, Harry. Merci d'être passés. »

Les deux sorciers partirent d'un pas lourd vers le château, les paroles de Loki résonnant encore dans leurs têtes.

« Dis, » fit enfin Harry, « on est vendredi. Tu avais dit qu'on pourrait passer le week-end au manoir, de temps en temps. »

« Je n'avais pas prévu que nous y retournerions si tôt, mais je dois admettre que quelques jours hors du château ne me sembleraient pas superflus, » répondit Severus. « Et Horace sera là pour s'occuper des Serpentards. »

« C'est d'accord, alors ? »

« Oui. J'ai besoin d'un peu d'air moi aussi. Prends donc tes affaires, nous partirons après le repas. »

« Ou avant ? » fit Harry avec espoir.

Snape rit doucement.

« La semaine a été longue, n'est-ce pas ? »

Harry hocha la tête. Il ne tenait pas vraiment à dîner avec les autres Gryffondors.

« Je vais avertir Albus. Je suppose qu'il s'en remettra. »

Le jeune homme sourit. Son nouveau père pouvait être vraiment souple, parfois… mais probablement était il pressé aussi de rentrer à la maison. La maison… sans vraiment qu'il s'en rende compte, Harry avait pris son autre forme et sauté sur l'épaule du professeur.

Oui, ils allaient passer un calme week end, entre eux, chez eux. Officiellement comme père et fils, pour la première fois. La mélancolie que les paroles de Loki avaient infiltré en lui s'évapora, et Shadow se mit à ronronner malgré lui, frottant sa tête contre celle du professeur. Celui-ci ne dit rien, mais pencha imperceptiblement la tête contre la sienne.

Quelque part sur leur droite, l'oreille fine de Shadow perçut un petit clic, et le chat se sentit sourire. McGOnagall venait encore de frapper…


Bonjour à tous! Eheh, oui, je sais, vous avez cru que j'étais morte, hein? ahem...bon, pour les délais de publications, c'est pas gagné. Une bonne nouvelle quand meme; le prochain chapitre est déja très avancé, et je suis très résolue pour avancer sur Shadow de manière générale ! Je garde de plus en plus en vue la fin de cette histoire, pour la bonne raison que j'ai de plus en plus envie de me concentrer sur la suite... ce qui ne veut pas dire que je vais bacler Shadow, vous vous en doutez, ne serait ce que parce que Shadow n'est pas du genre à se laisser faire (croyez moi, je n'écris pas cette histoire, elle me tyranise pour s'écrire toute seule!). Mais gardons en tête qu'il y a une fin tout de même, et que je vais tenter d'accélérer un peu le temps ( nous n'avons en effet passé que 2 mois depuis le début...)

UN grand merci à Azenor qui a corrigé la première partie de ce chapitre, je prends toutes responsabilité pour les fautes restantes! Je m'apprête à partir quelques jours à Londres et les menaces de morts m'ont convaincue de publier en vrac ce chapitre (oui, bon peut etre pas de mort, mais de privation de chocogrenouilles...)

Enfin, un mot pour dire... ceux qui lisent et reviewent Shadow depuis longtemps ont peut etre l'habitude de me voir répondre juste après une publication ou juste avant une autre, ceci pour la bonne raison que je suis incapable de ne pas spoiler quand on me pose des questions... du coup je réponds quand j'ai juste commencé un chapitre ou juste fini, comme ça , hop, dans la malle. Bref, tout ça pour dire qu'avant de poster ce chapitre, j'ai lu une bonne vingtaine de reviews, sinon plus, et... que dire ? J'ai u peu les larmes aux yeux en fait. Non seulement le dernier chapitre ne vous a pas rebuté, mais j'ai obtenu ( peut etre en vous faisant pitié à force de chouiner) des reviews totalement adorables et super longues, qui me font penser que de nombreux écrivains bien installés m'envieraient. Bref, un grand merci à vous, et Shadow chapitre 52 arrive très vite, c'est (une fois de plus) promis!