La naissance de Byleistr a eu l'effet attendu d'apaiser les rumeurs et aussi de les relancer – vraiment, il fallait s'y attendre, la nature du social ne changera jamais peu importe le temps qui s'écoule ou la race au sein de laquelle ça se passe.

Les rumeurs remettant en doute la compétence de Laufey en tant qu'héritier du trône de l'Hiver se sont calmées : évidemment, l'apparition d'un fils prouve qu'il est capable de penser à long-terme, qu'il se préoccupe de l'avenir, qu'il se soucie assez du peuple qu'il est supposé gouverner pour leur accorder une issue de secours en cas de tragédie. Sur ce point-là, il joue sur du velours.

D'un autre côté, on commence à murmurer contre sa capacité à faire front à toutes ces obligations qui lui tombent sur le râble : il y a les grondements mécontents en provenance de la forêt de fer, il y a l'insolence à peine voilée de Thrymheim, il y a un successeur à former correctement… et lui, Laufey, n'est encore qu'un morveux pas tout à fait adulte. Qui voudrait lui faire confiance, sincèrement ?

Déjà, un ou deux des généraux de sa mère ont fait des réflexions. Donné certains ordres. Oh, ça passe pour l'instant, ça peut encore être interprété comme un faux pas ou une étourderie, mais combien de temps avant que ça ne tourne à l'insolence ouverte, à la défiance ? Et à ce moment-là, on en viendra au holmgang, le duel d'honneur.

Très franchement, Laufey a presque hâte. Au moins les règles sont simples dans l'arène.