Chapitre 51 : « Un Noël agité »
Ian était resté au Château pour les vacances. Peu de personnes avaient fait comme lui mais il pouvait quand même passer ses journées avec quelques élèves de Serdaigle, un peu moins âgés que lui.
« - Alors, avec ta copine ? demanda un garçon du nom de Joey Stewart.
- Bah rien, marmonna le New Yorkais.
- Mais en fait il s'est passé quoi entre vous ? Pourquoi tu ne lui parles plus ? Elle t'a trompé ? demanda un autre garçon, qui se prénommait Erwan Darrow.
- Pas vraiment… On peut changer de sujet s'il vous plait ?
- Si tu veux. Heureusement qu'on n'a pas beaucoup de devoirs, mais je m'ennuie à mourir… dit un autre garçon, Peter Belby.
- Tu dis que tu aurais préféré avoir des devoirs ? demanda malicieusement Ian.
- Bien sûr que non. Mais on s'ennuie. Ça vous dit une partie d'échecs version sorciers ? »
Les garçons s'organisèrent donc un tournoi et jouèrent pendant quelques temps. Ian décida alors de s'isoler à la bibliothèque, pour lire. Mais il n'y arrivait pas. Son esprit et ses pensées étaient trop occupés. Et lui était préoccupé. Il ressentait un manque, un vide. Il savait à quoi, ou plutôt à qui cela était dû mais ne voulait pas l'admettre. Par fierté. Bon sang, elle a déteint sur lui ! La fierté, c'est un truc de Gryffondor, ça. Mais il aimait ça. Il aimait la voir rire, il aimait plonger son regard dans le sien. Il aimait l'entendre parler, et lui parler en retour. Il aimait la voir étudier, il aimait la voir s'amuser. Il aimait lui tenir la main, il aimait l'embrasser. Il l'aimait. De tout son cœur. Comme jamais il n'avait aimé. C'était la seule, l'unique. La brune avec qui il avait couché lorsqu'il était à New York ne comptait pas. D'ailleurs, il ne se souvenait même plus de son prénom... Mary ou Holly ou Laury un nom comme ça... C'était une erreur.
Une erreur… Samantha en avait fait une, c'était pour ça qu'ils étaient en froid. Enfin, c'était lui qui ne lui parlait plus depuis. Il s'était senti trahi et était profondément déçu. Jamais il n'aurait cru ça d'elle, il croyait qu'elle était plus forte… Mais peut-être y avait-il allé un peu fort. Elle n'allait pas bien à ce moment. Elle avait encore été enlevée, et devait se sentir affreusement coupable de mettre en danger les gens qu'elle aimait ''à cause'' de son don. Et lui, en décidant de ne plus lui parler, avait certainement aggravé le problème. Il l'avait bien vue ces dernières semaines, elle ne parlait plus, elle ne mangeait plus… Il sentait comme un nœud dans son ventre, alors que quand Samantha riait, des papillons y frivolaient. Si elle ne souriait pas, il ne souriait pas non plus. Tom le lui avait fait remarquer plus d'une fois. Mais il s'en était rendu compte tout seul. Il fallait qu'il lui pardonne parce qu'il l'aimait. Plus que tout.
Ian quitta la bibliothèque, presque en courant. Il arriva devant le portrait du peintre, en manquant de trébucher sur une marche. Le peintre ouvrit sceptiquement le passage lorsque le New Yorkais prononça le mot de passe. Il se rendit dans sa chambre pour trouver de quoi écrire à sa petite-amie. Mais il eut beau ouvrir et fouiller dans tous ses tiroirs, il ne trouva rien. Il regarda partout autour de son lit, en-dessous, dessus… Il défit la couverture d'un coup sec, ce qui fit voler ses oreillers. Même le gauche. Et sur les draps blancs, une petite boite de velours bleu attira l'attention du jeune homme. Il s'en saisit et découvris une feuille d'or servant d'étiquette sur laquelle était écrit :
« J'espère que tu trouveras la force de m'accorder ton pardon. Tu me manques. »
Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il reconnut aussitôt l'écriture ronde et régulière de Samantha. C'était son cadeau de Noël… Il ouvrit délicatement le coffret et y découvrit une chaîne en argent. Une plume scintillait en tant que pendentif. Et pas n'importe quelle plume : une plume d'aigle…
La relation entre Johnattan et ma mère avançait tout doucement. Ils se cherchaient, c'était certain. Mais ils n'étaient pas encore vraiment ensemble. Il leur fallait du temps, c'était normal. Mais de temps en temps, ma grand-mère et moi nous arrangions pour leur donner un coup de pouce. Aujourd'hui, on mettait au point un nouveau plan.
« - Pourquoi pas une branche de gui ensorcelée ? proposai-je.
- Il faudrait pour ça qu'on soit tous en couple, et je me vois mal embrasser mon frère ! » dit-elle en pouffant de rire.
J'adorais ma grand-mère. Elle avait une joie et une rage de vivre incroyable. Elle s'était battue contre la vie, battue pour son fils, pour son mari, pour sa Famille. Elle s'était battue pour l'Amour. Aujourd'hui, il ne lui restait plus que nous. Mais elle continuait de se battre, malgré toutes les épreuves qu'elle avait pu endurer. Ma grand-mère était courageuse. Je l'admirais tellement !
« - Grand-mère…
- Mmmh ? »
Je pris une profonde inspiration. C'était maintenant ou jamais.
« - Est-ce que… Est-ce que tu m'en veux ? Je veux dire, à propos du Don, de la Formule… »
Elle ne répondit pas tout de suite mais me regarda intensément. Elle baissa ensuite la tête, cherchant ses mots.
« - Ce que tu as fait est grave. Très grave. Oui c'est une erreur, et oui l'erreur est humaine. Mais cette erreur là peut nous être fatale. A toi en premier lieu, mais aussi à toutes les personnes qui t'entourent. Mais même si tu es jeune et que tu as encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre, je pense que tu as compris ça. Tu n'es pas seule, Samantha. Nous sommes là et si tu as besoin de parler, nous serons toujours là. Alors c'est ce que je vais te répondre : quoiqu'il arrive, quoique tu fasses, je serai toujours là pour toi, Samantha. Je n'hésiterai pas une minute à sacrifier ma vie si ça peut sauver la tienne. Si tu as juste envie de rire, je rirai avec toi. Si tu as envie de pleurer, je te serrerai dans mes bras. Si tu as envie de parler, je t'écouterai. Et si tu fais des erreurs, je t'aiderai à les réparer. Je ne te cache pas que j'ai été déçue. Profondément déçue. Nous te faisions confiance, nous avons placé tellement d'espoirs en toi. Mais tu es quelqu'un de bien, Samantha. J'y crois dur comme fer. Et tu as fait une erreur. Ce qui compte maintenant, c'est ce que tu vas décider de faire ou non pour la réparer. Car nous n'avons plus le choix : il va falloir nous battre. Et s'il faut me battre Samantha, je me battrai avec toi. Car tu restes malgré tout ma petite-fille et ce, quoiqu'il arrive. C'est le sang, la Famille. Et il n'y a rien de plus important à mes yeux. Donc oui, je t'en ai voulu au début car je me suis sentie trahie. Mais ce n'est plus le cas maintenant car j'ai compris ce que tu pouvais ressentir. Sache juste que si tu as besoin, je suis là. Et je serai toujours là. Toujours. »
Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps, ce que venait de dire ma grand-mère était sublime. Elle avait une bonté d'âme hors normes et était plus compréhensive que quiconque. Elle me prit dans ses bras, et on resta un long moment comme ça, jusqu'à ce qu'elle revienne à nos dragons :
« - Bon alors ? A part le gui ensorcelé, tu as une autre idée ? »
On ne put continuer nos magouilles car ma mère vint nous chercher pour qu'on se mette à table, pour le réveillon de Noël. La table était joliment décorée : une nappe rouge à paillettes recouvrait la table ronde de la salle à manger. On mangerait dans des assiettes blanches en porcelaine, avec le service en argent dont ma mère avait hérité de sa famille, et on boirait dans des verres en cristal. Je sortis ma baguette et fis apparaître un petit sapin lumineux au centre de la table.
« - Oh Samantha ! Il est magnifique ! » dit ma mère avec émerveillement.
Elle adorait me voir faire de la magie. Et ce depuis que j'avais appris que j'étais une sorcière. Je trouvais ça fabuleux qu'elle s'intéresse autant à ce domaine, ça me touchait beaucoup. Ma grand-mère me fit un signe pour qu'on s'assoie de sorte que Johnattan et ma mère se retrouvent côte à côte. Et le repas de Noël commença. Et alors qu'on se délectait de nos huîtres, une légère secousse fit trembler le lustre qui pendait au dessus de nos têtes. Puis une autre, plus grosse, qui secoua la table. Et encore une autre. Puis une autre. De plus en plus fortes. D'un même mouvement, les aurors se levèrent, armés de leur baguette. Ma grand-mère fit de même, et je l'imitai. Ma mère me retint par la manche, inquiète.
« - T'en fais pas Maman, je sais me défendre ».
Baguette à la main, je suivis ma grand-mère et les deux hommes. Johnattan nous fit signe de nous coller contre le mur et il ouvrit lentement la porte, pour laisser le temps à William de se préparer. Il sortit en lançant de nombreux sortilèges, suivi de Johnattan, suivi de ma grand-mère, suivie de moi-même. Face à nous se trouvaient Mayers, Yaxley, Nott et Klaus. La vue de cette dernière me remplit de rage et c'est avec plus de hargne que je me mis à combattre.
« - Pff ! Greyback n'est même pas assez courageux pour venir se battre lui-même ! Vous ne l'aurez pas ! » cria ma grand-mère à l'attention des mangemorts.
Je me pris un « rictusempra » de la part de Klaus qui m'envoya valser jusque sous le perron de la porte d'entrée. Ma grand-mère se précipita vers moi en criant mon prénom ce qui interpella ma mère qui arriva à son tour.
« - Mon Dieu… murmura ma mère, choquée. Samantha ! Samantha, tu vas bien ?
- Oui… Oui Maman, ça va. Rentre te mettre à l'abri.
- Certainement pas ! Laissez ma fille tranquille ! hurla ma mère en sortant de la maison.
- MAMAN !
- DANIELLA ! »
L'Amour d'une mère était peut-être fort, mais pas assez face aux mangemorts. Et se prendre un sortilège par un sorcier quand on est moldu, ce n'est jamais bon. Cette idée traversa d'ailleurs l'esprit des sorciers concernés et ils se mirent tous à l'attaquer. Mais Johnattan fut plus rapide et il se plaça devant ma mère pour la protéger. Ma grand-mère et moi rejoignions alors William pour continuer à se battre.
« - Expelliarmus ! »
Cathy Klaus était visiblement moins bonne au combat lorsqu'il s'agissait de défendre plusieurs fronts. Aussi sa baguette s'envola pour atterrir dans ma main, et elle se retrouva propulsée dans la neige. Les sorts fusaient de tous côtés, détruisant carreaux et pots de fleurs quand ils n'atteignaient pas leur cible. William lança un Confringo qui fit valser les mangemorts.
« - C'est maintenant ou jamais ! » cria Johnattan.
Il se saisit de la main de ma mère, qui était complètement dépassée par les évènements et courut. William en fit de même avec moi et ma grand-mère les suivit. Mais contrairement à ce que je pensais, ce n'était pas vers notre maison qu'on se dirigeait. Mais droit sur les mangemorts.
« - Mais qu'est-ce que vous faites ?! hurlai-je.
- On va transplaner ! m'expliqua mon grand-oncle.
- Mais où ? Et Hermione, non ! Je ne peux pas la laisser ! »
Je voulus retourner en arrière, mais la grosse main de mon grand-oncle m'en empêcha en me tirant en avant. Heureusement, je pus apercevoir la fourrure blanche de Hermione qui se cachait derrière une poubelle. Ma grand-mère l'aperçut en même temps que moi, et se dirigea vers elle en courant pour l'attraper. Une fois qu'elle l'eut, Johnattan lança un « assurdiato » sur les mangemorts encore étendus au sol et indiqua l'adresse de transplanage :
« - Le Toit Rouge aux falaises »
On réapparut au sommet d'une falaise enneigée, au milieu du vent froid de l'hiver. Ma mère s'évanouit mais Johnattan la rattrapa aisément. Il se retourna alors et nous fit découvrir sa maison : Une grande maison aux murs blancs, située au sommet d'une falaise qui surplombait la mer. Le blanc du toit recouvert de neige contrastait avec le ciel sombre parsemé d'étoiles. C'était magnifique à voir. Cependant, je commençais sérieusement à avoir froid et ce n'étaient pas ma robe noire à fines bretelles et mes escarpins qui me réchauffaient. Aussi Johnattan nous fit entrer, nous indiqua plusieurs chambres situées à l'étage et nous proposa de nous reposer. Un repos bien mérité, après ce Noël agité...
La suite tout de suite ! ;)
