Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie XI Lautuv-lar [Les obstinés]


Chapitre 5 Maik'es Tlinggansuik
[Possessivité Klingonne]

oOo

Précédemment:
- Kawaï'kwai-Whl'q'n t'nash-veh ! [Mon kawaï Vulcain sauvage].
Ces propos étaient tout ce qu'il y a de plus illogique, mais le jeu de mot était signifiant : Ève, tout comme Jim, avaient apprécié son comportement... Ève se lova tout contre eux et illes s'enlacèrent.

ooo

McCoy allait quitter son bureau, sa journée était finie, et pour une fois, celle-ci c'était déroulée tranquillement (un miracle). Il eut un soupir de dépit quand on frappa à sa porte. Il ouvrit et se retrouva face à face avec la charmante Amanda et son glaçon d'époux Vulcain... (les miracles n'existaient finalement pas)

- Bonsoir, Docteur, voudriez-vous nous accorder un peu de votre temps? demanda-t-elle

McCoy hésita un peu, mais les laissa entrer. Autant il n'aurait eu aucun mal à envoyer paître môssieur psycho-rigide, autant il était difficile de résister au gentil sourire de cette femme. Quoique, Sarek avait peut-être des soucis de suite opératoire. Comment le savoir alors qu'il était si parfaitement, et si désagréablement, impassible?

- Je vous en prie, prenez place. Répondit-il gentiment à Amanda. Quel est l'objet de votre visite ?

- Mon mari vous a entendu dire que notre fils avait été infecté par une créature inconnue et qu'il avait mis sa santé en péril pour sauver des vies. Dit Amanda avec douceur. Vous est-il possible de nous en dire plus?

McCoy soupira. Oui, bien sûr. Sarek avait révélé à son épouse les demi-informations qu'il avait entrevues lorsqu'il avait enguirlandé ses amis ce matin-là. Illes étaient les parents de Spock, leur curiosité était légitime. Il ne leur refusa pas la vérité. Il répondit à leurs questions avec honnêteté, refusa de donner suite à celles qui empiétait sur le secret médical. Amanda n'insista pas.
Il raconta dans les grandes lignes les créatures étranges de Dénéva, la régénération du dilithium, la contamination radioactive volontaire de Ève... l'abnégation presque suicidaire de ces trois têtes de mule dès que des vies étaient en danger.

Sarek parla peu. Il laissa son épouse poser les questions, mais écouta avec intensité. La profonde et sincère amitié de cet Humain pour Spock, son épouse et leur... compagnon commun était manifeste. Leurs attitudes concordaient en tout point avec ce que révélaient les documentaires qu'il avait vus en compagnie de son épouse. Leurs absolues solidarités et leurs abnégations forcèrent son respect.

La porte du bureau s'ouvrit soudain et Azhular entra en conquérant.
- Vous faites encore des heures supplémentaire, doc ? Gronda-t-il avec une surprenante agressivité

McCoy le trouva plus dangereusement beau que jamais.
Amanda le regarda avec des yeux ronds de surprise, et Sarek haussa un demi-sourcil mais aucun d'elleux de ne se permit de faire de commentaire.

- Azhular, combien de fois vous ai-je dit de frapper avant d'entrer ! Protesta McCoy en se raidissant

- Les infirmières m'ont affirmé que vous n'étiez pas de rendez-vous. Rétorqua Azhular sur un ton de défi.

- Comme vous le voyez, je suis actuellement en train de parler avec les parents de Spock. Répliqua sèchement le médecin

- Et bien la discussion est terminée! Décréta Azhular avec autorité. Il est tard et il est hors de question que vous sautiez encore un repas!

Azhular avança dans la pièce. En quelques enjambée, il fut devant McCoy. L'intensité de son regard clouait le médecin sur sa chaise et une vague d'angoisse s'empara de lui. Mais il n'avait pas peur du Klingon. C'était de lui-même qu'il avait peur.

- N'est-ce pas, madame ? Insista Azhular d'une voix adoucie pour ne pas effrayer la mère de Spock

Ève avait révélé sa découverte à Amanda, ainsi que leur projet d'aider ces deux hommes à comprendre qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Tout comme sa belle-fille, elle savait lire à travers certains comportements. Si celui du Klingon pouvait sembler en apparence agressif et inquiétant, celui du Docteur exprimait nettement un mélange de d'amour et de malaise. Comme se faisait-il que Azhular ne le voyait pas?

- Oui, DevwI' Kyuoshi (chef Kyuoshi). Sourit Amanda. Nous allons vous laisser. Le docteur est à présent tout à vous
Elle remarqua le léger rougissement des pommettes du Klingon. Sa bru avait vu juste, cet homme était amoureux du Docteur.

- Nous vous remercions, Docteur McCoy pour tout ce que vous nous avez révélé. Dit Sarek en se levant.
Il n'avait absolument rien remarqué de ce qui se jouait sous son nez, et ne souhaitait en aucun cas assister à une dispute entre ces deux Humanoïdes aux comportements colériques. Il repensa au projet fomenté par son fils et ses compagnons, et ne comprit pas en quoi ces deux hommes qui se comportaient de façon aussi agressive l'un vis à vis de l'autre pouvaient éprouver des sentiments réciproques. Cela allait au delà de toute logique.

Azhular attendit que le couple soit sorti pour se pencher sur McCoy. Cette fois-ci, le docteur était coincé avec lui, sans aucune échappatoire possible.
Enfin.
Depuis qu'il avait fait une première approche dans ce même bureau, McCoy n'avait cessé de l'éviter. Comment dans ces conditions pouvoir lui faire sa cour?

- Cette fois-ci, vous n'allez pas pouvoir me fuir! Gronda Azhular avec autorité

- Je ne vous fuis pas! Mentit McCoy en reculant instinctivement au fond de son fauteuil.
Les yeux de ce Klingon étaient hypnotiques, son corps puissant dégageait chaleur irradiante. Azhular ne le touchait pas, et pourtant McCoy avait l'impression d'être encerclé par lui.
Le médecin réfléchit à toute allure. Pour une fois, l'infirmerie était quasi vide. Son quart était fini depuis plus de deux heures. Il n'avait aucune recherche en cours au laboratoire, pas de dossier en retard à remplir, pas de rendez-vous amical ou professionnel avec qui que ce soit. Il n'avait aucune raison valable et pertinente d'esquiver les avances Azhular.

McCoy était coincé. Son ventre se remplit de papillons et sa gorge s'assécha...

Azhular se pencha davantage sur lui, l'attrapa soudain par la nuque et leva son visage vers le sien. Il avait épuisé toutes ses ressources en patience. Il avait longuement ressassé dans son esprit le souvenir de ses avances Klingonnes, le désir de l'Humain nettement inscrit sur son corps... le temps des mots était fini, perdu pour perdu, cette fois-ci, il allait le faire céder!

McCoy posa les mains sur ses larges épaules pour tenter de reculer l'inévitable. Son cœur battait douloureusement sa poitrine. Ce jeune Klingon était si dangereusement beau. Son regard impératif avait la puissance d'un aimant. Azhular effaça lentement la distance qui séparait leur lèvres jusqu'à ce qu'elles se touchent.
Un choc électrique secoua le corps de McCoy, mais il détourna la tête et repoussa doucement Azhular: bon sang, qu'il était difficile de résister au magnétisme de ce gamin.

- Soyez à moi! Ordonna-t-il

- Non Azhular. Cela ne pourra pas marcher entre nous! Tu es un jeune guerrier sans pitié, je suis un vieux médecin qui veut à tout prix sauver des vies... nous sommes trop différents!
McCoy ne se rendit même pas compte qu'il l'avait tutoyé

Azhular perçut nettement les nuances présentes dans ce refus. Ce refus n'était pas un "vrai" non mais une sorte de fuite. Les pupilles du Doc étaient dilatées, son regard comportait un étrange mélange de désir et de peur. Azhular savait que McCoy ne le craignait pas, alors de quoi avait-il donc peur? Azhular ne renonça pas, il devait gagner le consentement de cet homme.

- Je suis un Doq'a' SuvwI'pu' 'Iv QaD, Doc. Un guerrier qui protège, je l'ai déjà prouvé. Argumenta-t-il

En effet, il avait protégé les passager·es de l'Enterprise, mais au prix d'une véritable boucherie: aucun des pirates qui était passé entre ses mains de tueur n'avait survécu.
Quand il avait appris que les combats avaient été filmés par les caméra de vidéo-surveillance, McCoy n'avait pu retenir sa curiosité. Il avait surtout espéré que de voir de ses yeux la cruauté guerrière du jeune Klingon lui permettrait de mettre un terme à ses sentiments. Il haïssait plus que tout les tueries et les batailles sanguinaires... cela avait été peine perdue...
Sans surprise, le Klingon avait été sans pitié: il avait fait couler le sang des hommes bleus avec une jubilation visible...
McCoy avait cru devenir fou: même couvert de sang, un sourire de tueur satisfait sur les lèvres, Azhular était plus magnifique que jamais! Puis la brute sanguinaire avait réconforté et rassuré Ève avec une surprenante gentillesse, et le cœur du médecin avait fondu, il était même plus désespérément épris que jamais.
Azhular avait la troublante prestance d'un prédateur sauvage, Azhular était un instrument de mort... Azhular fascinait profondément McCoy, mais...

- Tu es si jeune, Azhular. Insista McCoy en essayant de ne pas penser à cette main si chaude qui enserrait encore sa nuque. Et moi je suis trop vieux pour ces conneries-là

C'était donc cela qui lui faisait tant peur? Cette insignifiante différence d'âge?! Et là encore, le 'non' était incomplet, alors Azhular insista:
- Trop vieux? Ça ne veut rien dire et tu le sais! L'âge n'est pas qu'une question de calendrier! J'ai vécu plus que toi: j'en suis à ma troisième vie!

- Comme les chats. Ne put se retenir de Railler McCoy. Plus que six...
Puis il comprit: Vie de Klingon libre, Vie-cauchemar d'esclave, Vie actuelle... en effet, vu sous cet angle, même s'il avait presque le même âge que La Petite, ce gamin n'était pas si jeune que cela

-... As-tu d'autres arguments moins douteux que cette connerie-là? Ajouta Azhular d'un air de défis sans relever la remarque étrange du Doc sur les chat. (Il poserait plus tard la question à sa loq be nI')

- Il ne faut pas! Rétorqua McCoy à court de justification

- Cet argument n'est pas valide non plus. Au nom de quoi, de quelle règle ou loi? Je suis un Klingon, serait-ce cela qui te rebute ?

- Non! Protesta McCoy avec une véhémence qui surprit Azhular

La main de Azhular se posa soudain sur l'entre-jambe du docteur qui sursauta. La preuve du désir physique de McCoy était là, sous sa paume.

- En effet. Constata-t-il avec satisfaction. Je ne te dégoûte pas.

McCoy frissonna... bon sang, cette main si chaude... combien de fois avait-il rêvé de cette main si chaude sur lui?

Azhular l'empoigna par la taille. Comme la première fois dans ce même bureau, il le souleva sans effort pour le coucher sur la table. Un Klingon était beaucoup plus fort qu'un Humain, McCoy ne chercha même pas à lui résister. Il savait d'avance ce que le Klingon allait tenter de faire et il sentait sa volonté fondre comme une neige au soleil.

- Cette fois, je ne m'arrêterai que si tu me dis non trois fois! Menaça Azhular

Cela lui laissait le temps de réveiller suffisamment ce corps pour faire ployer cet esprit indomptable. Une fois que le Doc aurait goûté aux plaisirs de la chair avec lui, Azhular en était certain, McCoy ne pourrait plus jamais y renoncer et lui appartiendrait.
Il prit sa bouche et en força lentement l'entrée dans un baiser possessif auquel McCoy eut du mal à résister. Azhular embrassait si bien et avec une telle passion. Ses mains puissantes se faufilèrent sous le tee-shirt du médecin. Elles étaient brûlantes et pourtant elles déclenchaient des frissons sur leur passages. Oh, ces mains larges et douces étaient encore plus agréables que dans ses rêves les plus doux!

- nob jIH, Donne-toi à moi!
L'excitation montait inexorablement en Azhular, à tel point que les premiers mots qui franchissaient ses lèvres étaient en Klingon. Il fit attention à traduire chacun d'eux, afin qu'il n'y ait aucune erreur de compréhension possible.

Le souffle chaud du Klingon brûlait la peau de McCoy
- NON! Protesta-t-il. Il ne faut pas!

Azhular marqua un temps d'arrêt, puis reprit sa tentative de séduction. Il souleva le tee-shirt et s'attaqua aux tétons. Il sentit les mamelons durcir sous la pointe de sa langue avec gourmandise, caressa son buste de ses lèvres et de ses doigts à la recherche des autres points sensibles.

- quv SoHDaq, Sois mien. Grommela-t-il. Moj parmaqqay... Deviens mon compagnon!

- Non! Répéta McCoy avant de lâcher un soupir de plaisir étonné provoqué par cette bouche si délectable qui dévorait son téton.
Personne ne lui avait jamais fait ça, il n'aurait jamais pu imaginer que ce demi-centimètre de chair puisse être aussi sensible.
-... je... je suis trop vieux pour toi.

Azhular s'arrêta à nouveau une seconde. Les pupilles du Doc étaient encore plus dilatées. Il prit une grande respiration et poursuivit sa douce torture. Sa main trouva son chemin dans le pantalon du médecin, se posa sur le pénis qui enflait désir.

- vaj 'oH DaneH'a' Hoch Huch law' law' laH Dalegh!, tu vois bien que tu en a autant envie que moi, essaie au moins une fois avec moi! Juste quelques jours, neH wa' ram juste une nuit.

- Non. Arrête maintenant!

Azhular de figea. Le pénis de Bones continuait à durcir dans sa paume, il était déjà si lourd et si chaud. Et pourtant, il retira sa main et se redressa. Il ne prononça pas un mot de protestation, acceptant définitivement le refus du médecin. Il était un homme d'honneur, il savait reconnaître sa défaite. Il était un guerrier, pas un lam ghot'e' wem (sale violeur).

- Pas ici. Ajouta McCoy avec un étrange sourire résigné. On pourrait nous surprendre. Allons dans mes quartiers.

Azhular se figea, incrédule:
- vIghajchoH tagha' Qochbe' SoH? euh...Tu acceptes enfin d'être à moi ? S'enquit-il d'une voix rauque, sans plus trop oser y croire.

McCoy n'avait à présent plus aucun doute quant à la motivation de Azhular et à son respect à son égard. Il l'avait effectivement fuit depuis ses premières avances... prétendument pour laisser au jeune guerrier le temps de réfléchir. Même s'il était attiré et fasciné par Azhular, même si son cœur s'accélérait dans sa poitrine quand il le voyait, il n'avait jamais été intéressé par une aventure d'un soir... et il avait surtout eu si peur d'avoir à nouveau le cœur anéanti...

Mais Azhular n'avait cessé de le poursuivre, sans se lasser. McCoy avait finalement décidé de prendre le risque, d'accepter cet étrange cadeau de la vie, la chance d'aimer à nouveau, et d'être aimé... quitte à être nouveau brisé. Il acceptait de prendre le risque. Peu importe le temps que durerait cette étrange relation, il s'autorisait à la vivre, à essayer de la faire fonctionner. Et si cela ne devait durer qu'une nuit, au moins, il allait vivre ce moment en pleine conscience afin de n'avoir aucun regrets, afin d'en faire l'un des plus beaux souvenirs de sa vie.

- Tu ne sais pas où tu mets les pieds, gamin. Menaça-t-il

Azhular eut un sourire licencieux
- Je suis un guerrier Klingon, je n'ai peur de rien!

Il était tard, il y avait peu de monde dans les couloirs. Heureusement pour eux car McCoy aurait été mortifié qu'on le surprenne avec cette bosse à son pantalon, même si la situation s'était un peu calmée.

Ils étaient à peine entrés dans la cabine de McCoy que celui-ci se retrouva soulevé comme une princesse et déposé sur le lit. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Azhular lui avait arraché sa sacoche médicale, et avait déchiré tous ses vêtements. McCoy comprit que les préliminaires allaient rapidement être expédiés: il allait dans les minutes qui suivaient passer à la casserole et se faire bouffer tout cru par un Klingon affamé ...

- Attends! haleta McCoy en essayant en vain de le repousser
Bon sang, cet impétueux gamin avait trop de mains!

Azhular redressa la tête
- Tu as changé d'avis? Demanda-t-il avec une certaine douleur, mais prêt à encaisser ce refus.

À nouveau, McCoy vit à quel point, malgré ce désir quasi-douloureux, cet homme le respectait. Il posa un baiser maladroit sur ces lèvres pleines et s'expliqua :
- Non, mais je veux prendre une douche avant que nous ne commencions à échanger quelques millions bactéries*

Rassuré, Azhular eut un soupir frémissant puis acquiesça avec un sourire carnassier:
- Très bonne idée, comme cela, je vais pouvoir te manger partout. J'en prendrai une moi aussi. Mais à une condition.

- Une condition? S'étonna McCoy

- ponglIj'e' HInob, Donne-moi ton prénom.

McCoy entendit parfaitement la possessivité suinter dans le verbe donner, c'était comme si Azhular voulait que son prénom lui appartienne. Un douce chaleur s'empara de son cœur. Azhular ne voulait pas qu'une seule nuit.
- Leonard.

Azhular libéra Leonard de ses bras.
Il contempla le dos cet Humain qui allait enfin lui appartenir, sa peau si blanche. Il était tout en muscles longs et secs. Ce corps semblait étonnement solide malgré sa minceur, comme les longues branches noueuses et protectrices d'un Deb QI'tu' Sor (arbre-oasis du désert*)... Oui, cela correspondait bien à ce qu'il avait perçu de Leonard, bien camouflé sous ses sarcasmes.
Ce précieux Humain allait devenir son arbre, au pied duquel Azhular allait déposer les armes. Un QI'tu' Sor dont il protégerait jalousement chacune des branches, chacune des feuilles, chaque brindille. Les arbres étaient si rares sur la brûlante Qo'noS, rares et précieux, tout comme cet Humain.
Azhular prit le temps de regarder autour de lui. Toutes les cabines étaient aménagées de la même façon (exceptée celles du trio qui avait été modifiée pour elleux trois) Celle-ci était extrêmement propre et parfaitement rangée, comme un endroit où on ne vit pas. Rien à voir avec la légère pagaille qui régnait en permanence dans la sienne.

Leonard sortit de la salle de bain, revêtu d'un pantalon de pyjama et Azhular y alla à son tour.

McCoy ouvrit les draps de son lit. Son cœur battait trop fort. Combien de fois avait-il rêvé de ce moment?
Il était sûr à présent que le Klingon n'agissait pas sur un coup de tête. Il pressentait cependant qu'il n'y aurait aucune tendresse, cela n'était pas le genre de Azhular. Mais cela ne l'effrayait pas si cela lui donnait de droit de poser ses lèvres sur celle de ce trop beau gamin, de le toucher, de le serrer contre lui, de le regarder dormir, de le contempler aussi souvent et aussi longtemps qu'il le voulait... de l'aimer, même sans le dire.
Il sortit deux verres d'un placard et se versa un peu de cette succulente niôle Kokivo-yan au petit goût de cerise griotte. Il alla s'asseoir sur le lit. Il y eut un léger bruit de pas et Leonard se figea d'admiration: Azhular se tenait devant lui, nu, magnifique.

Leonard n'avait jamais été attiré par les hommes auparavant, ni sensible à la beauté des corps masculins. Il avait été frappé par la couleur de ces yeux, si inhabituelle pour un Klingon et qui tranchait tant avec sa peau si somptueusement noire. Il avait été fasciné par l'expression de ce regard, douloureuse et farouche, brillante d'un orgueil indomptable malgré l'humiliation de l'esclavage. Puis il avait été attiré par sa vive intelligence toujours en éveil, son humour sarcastique, sa dangereuse agressivité contenue, son attitude protectrice associés à cette sorte d'animalité primitive. Ce n'est qu'après que Leonard l'avait trouvé beau. Comment ne pas s'émerveiller à la vue de ce visage aux traits harmonieux, par cette musculature à la fois si puissante et si parfaite?

Azhular s'agenouilla devant lui, se pencha sur lui. Il prit son visage dans ses main et lui vola sa gorgée d'alcool à même sa bouche.
La seconde qui suivit, Leonard était à nouveau nu et totalement asservi par les mains, les lèvres conquérante de Azhular.
Puis il se retrouva à genoux à gémir et se cambrer sous les délectables assauts d'une langue brûlante entre ses fesses.
Azhular remonta le long de son dos, y laissant une traînée de baisers humides.
Leonard sentit son gland presser tout contre son intimité. Le moment était arrivé. Il retrouva une partie de son esprit conscient et se prépara mentalement à le recevoir en lui. Il ne l'avait jamais fait avant, il savait que la première fois était douloureuse, aussi il s'efforça de ne pas se crisper. Azhular était un Klingon, il n'allait certainement pas être doux. Mais il acceptait de payer le prix des sentiments qu'il éprouvait si désespérément pour lui.

Mais Azhular se figea soudain avec un long frémissement qui fit frissonner Leonard, comme si le Klingon prenait conscience de quelque-chose de grave.

- Du lubrifiant? Demanda-t-il. As-tu du lubrifiant?

Plus qu'étonné, Leonard retrouva tous ses esprits alors que Azhular s'éloignait de lui, lui donnant une sensation désagréable de froid

- Je ne veux pas te blesser! Expliqua-t-il avec une véhémence qui surprit Leonard. Les Humains sont si fragiles!
Azhular savait combien cela pouvait être douloureux sans lubrification, ni préparation suffisante, combien on pouvait saigner et en souffrir longtemps. Il ne voulait pas de cela pour son Leonard, jamais, à aucun prix.

Leonard se retourna et allait protester qu'il n'était pas si fragile, que son intimité était déjà plus qu'humide et lubrifiée, au point que cela dégoulinait le long de ses cuisses, qu'il s'en fichait d'avoir un peu mal au début, et que de toutes façon il était médecin et que... Puis il vit les trop nombreuses cicatrices sur son buste. Son cœur se gonfla. Quelles tortures Vlokir le sadique avaient-il bien pu infliger à cet homme? Il comprit. Tout guerrier sans pitié qu'il était, cet homme ne voulait réellement pas lui faire mal. Il se rallongea sur le dos et cacha la profonde émotion qui lui serra la gorge.

- Là, dans ma table de nuit, tiroir du haut.

La main d'Azhular plongea dans le tiroir et s'empara de la fiole avec avidité. Cette petite bouteille avait accompagné tant de plaisirs solitaires. Leonard n'aurait jamais pensé que le simple fait de la voir dans les mains d'Azhular puisse être aussi excitant. Il eut un long frisson qui fit naître sur les lèvres de Azhular un sourire conquérant.

Le Klingon souleva les jambes de Leonard, les posa sur ses épaules. Presque plié en deux, il se sentit étrangement exposé, vaguement stupide, totalement vulnérable. L'intensité absolue des prunelles améthystes fixées sur lui dissipa son début d'embarras et le figea sur le lit. Azhular reprit possession de sa bouche. Un doigts humide alla se perdre dans son intimité. L'autre main, humide elle aussi, ne quittait pas son membre, le gratifiait de caresses incandescentes, qui détournaient son attention de l'inconfort provoqué par ce qui se passait plus bas. Il y eut un autre doigt qui passa presque inaperçu. Puis un autre qui trouva sa prostate et le fit sursauter d'un plaisir surpris. Azhular émit un grognement satisfait... HIja' (oui)
Azhular le prépara longuement, s'acharna sans répit sur sa prostate, se délecta des gémissements de plaisir de Leonard et des expressions adorables de son visage.

- ...bon-on sang... çaaa suffit!... Azhul... aahr... Protesta soudain Leonard. Aaarrête de jou-ouer!... espèce... de troooll... Aaazhu... viii-ens maintenant... !

Azhular n'attendait que cela, que Leonard lui demande ça.
- HIja' (oui) Leonard... paw jIH... je viens...

Il s'immisça enfin en lui, dans un râle commun de satisfaction.
Leonard se sentit d'abord étiré puis transpercé lorsque le gland franchi la barrière du muscle assoupli. C'était... étrange, pourtant il n'y eut aucune douleur. Puis, alors que Azhular s'enfonçait en lui, lentement et sans aucune violence, il se sentit peu à peu ouvert avec un étonnant mélange de douceur, de force et de respect. Azhular acheva de s'immerger entièrement en lui et Leonard se sentit... empli, complet...

Azhular gémit de contentement. Enfin, cet Humain était à lui! Il resserra son étreinte autour de sa conquête et cessa tout mouvement pour lui laisser le temps de s'habituer à sa présence. Ils avaient le temps, ils avaient toute la nuit devant eux et il comptait bien la savourer à fond

-...aah... Leonard...HIjaa'... Domo'... HIja', tu es siiii bon! Haleta Azhular en commençant à bouger.

Leur plaisir fut immédiat pour eux deux.
Il fut si incroyablement intense que, dans un cri, Leonard fut terrassé par un violent orgasme en moins de trois poussées. Une jouissance si puissante qu'il crut pendant un instant qu'il allait en perdre connaissance. Il convulsa dans les bras de Azhular, qui lui-même gémit de plaisir sous l'assaut des contractions spasmodiques de l'intimité de son amant autour de son membre.
Leonard reprit ses esprits, incrédule: à son âge, craquer comme un adolescent en moins de cinq minutes!
Le Klingon n'avait pas bougé, visiblement surpris..

-... Azhular, je... Haleta Leonard. Je suis désol...

Azhular ne se retira pas, et le fit taire d'un baiser.
- Mon Leonard... Ronronna-t-il

À la grande surprise de Leonard, il y avait de la satisfaction dans la voix de Azhular.
Le Klingon était enchanté: le fait que cet Humain, son Humain, jouisse aussi rapidement lui prouvait à quel point il était désiré par lui. Prouvait qu'il lui appartenait désormais.

Azhular n'avait aucune inquiétude pour le reste de leur nuit ensemble : dès sa petite enfance, il avait été identifié comme loD ghatlh [mâle alpha]. Il savait ce que cela signifiait. Aucun partenaire, mâle ou femelle, qui éprouvait ne serait-ce qu'une once de désir vis à vis de lui, même de façon inconsciente, ne pouvait résister physiquement à ses phéromones excitatrices. Il fallait avoir un esprit fort et indomptable, comme celui de cet Humain-là, pour être capable de ne pas céder au désir sexuel qu'elles exacerbaient. Et McCoy avait résisté longtemps. Sa conquête n'en était que plus délectable.
Sur Kokivo-ya, il n'avait pas eu besoin d'y avoir recours. Mais cette nuit, il comptait bien offrir à Leonard des heures et des heures de plaisirs partagés. Il savait d'instinct comment libérer ses Hoch nIv joq (ondes du désir). Invisibles, elles répandirent autour de Leonard leur odeur suave.

- N'imagine pas que nous allons nous arrêter là. Susurra-t-il à son oreille d'une voix emplie de luxure. buy' SoH, 'ej SoH vIneH jatlhqa' je jatlhqa'

- Que?... Soupira Leonard alors qu'il sentait le membre du Klingon frémir en lui

Azhular planta ses yeux dans ceux de Leonard
- Il est bon d'être en toi, et je te veux encore et encore!

Les joues déjà rouge de Leonard devinrent écarlates

Azhular se pencha à nouveau et souffla à son oreille:
- Hoch ram! toute la nuit.

Une vague de plaisir souleva le corps de Leonard au souffle chaud de cette voix, à ces paroles incandescentes. Ce plaisir le parcourut jusqu'à faire frémir ses reins, et redresser rapidement son pénis... impossible... et pourtant...

- Tu vois... Hoch ram, jIHvaD (à moi)!

Leonard n'eut pas le loisir de répondre ou de protester. Il ne put retenir un long soupir de jouissance: Azhular avait recommencé à bouger en lui et il fut à nouveau emporté par un plaisir sans nom...

Azhular ne lui laissa aucun répit. Cette fois-ci, il prit garde à ne pas exciter trop vite son Humain pour faire durer leur étreinte, jouissant de le faire gémir et soupirer, jusqu'à ce qu'ils frémissent violemment dans un long orgasme commun.
Azhular se retira doucement, reposa lentement ses jambes sur le lit. Il contempla son Humain, son QI'tu'Sor (arbre-oasis) à lui, avec satisfaction. Il couvrit son visage et son cou de baisers.

Leonard retrouvait lentement sa respiration. Malgré les douces caresses et baisers d'Azhular qui parcouraient son corps, il était à deux doigts de sombrer dans le sommeil post-orgasmique. Mais le Klingon posa sa langue sur son sexe, remonta de la base jusqu'au gland et le prit entre ses lèvres. Le pénis de Leonard obéit immédiatement en se redressant dans cette bouche affamée ... en réveillant aussitôt son propriétaire.

- Je ne suis pas sûr de pouvoir recommencer. Avoua Leonard, vaguement inquiet. Ou alors, il faudra vraiment y aller en douceur.
Il avait les reins douloureux. Même si Azhular avait été précautionneux avec lui, son intimité était hyper-sensible. Mais il était prêt à lui donner ce qu'il désirait de lui, et surtout il en avait encore terriblement envie. (de toute façon, prévoyant les hardeurs de la jeunesse, il avait amené avec lui son medi-reconstitueur dermique, au cas où).

- Ne t'inquiète pas, je ne ferai jamais rien qui puisse te blesser. Répondit Azhular, la voix rauque de désir.

- Mais alors, comment...?

Azhular se redressa et enjamba Leonard. D'un mouvement fluide, il saisit le membre dressé, le guida entre ses fesses et l'accueillit en lui. Il s'était préparé lui-même: son intimité était parfaitement lubrifiée et prête à le recevoir. Elle se resserra aussitôt autour du membre de Leonard avec possessivité. Azhular émit un gémissement rauque.

Leonard eut le souffle coupé: Azhular était d'une virilité agressive et absolue, incandescente. Il était un mâle conquérant et protecteur, un mâle dominant. Jamais Leonard n'aurait pu imaginer une seconde qu'il puisse agir ainsi! À ce qu'il se fasse prendre par lui. Non. À ce qu'il le prenne en lui.
Le Klingon se mit aussitôt à évoluer au dessus de lui. Emporté par le plaisir, Leonard cessa de se poser des questions et s'abandonna à lui... que Azhular prenne ou donne selon son bon plaisir, qu'il fasse de lui ce que bon lui semblerait...

-... HIja' Leonard! oui! Comprit Azhular avec jubilation. vIghaj, Leonard! Tu es à moi!

Leonard contempla, émerveillé, le trop beau jeune homme qui le surplombait, la réalité était plus belle que les rêves.
Il détailla ses muscles puissants, les nomma un à un, trapèzes de part et d'autre de son cou, puissants deltoïdes de ses épaules, biceps épais... larges pectoraux recouverts d'une fine toison moutonneuse et douce sous laquelle pointaient les tétons, grand dentelé recouvrant ses cotes et qui portait si bien son nom, abdominaux vallonnés qui se contractaient à chaque fois que Azhular entamait les montées de ses va et vient...

Azhular ne s'était pas attendu à ressentir un tel plaisir. Il était aussi merveilleux de s'enfouir en Leonard que le posséder en lui.
Le membre ferme de Leonard l'emplissait à la perfection. Il ne s'était décidément pas trompé.
Cet Humain était le compagnon idéal à tout point de vue!
Un homme intelligent, fort, courageux, franc, fidèle. Plus il le regardait, et plus il le trouvait beau: son visage expressif, ses yeux au gris aussi affûtés que la lame d'un d'k tahg, son corps noueux et solide comme un QI'tu' Sor... Un profond bonheur l'envahit. Comme le Ka'ar vIghro''a' (tigre Ka'ar*), il allait creuser son antre entre les racines de ce QI'tu' Sor. Il allait passer sa vie à protéger et chérir cet Humain, son Humain, son Leonard...

Leonard tendit les mains vers celui qu'il avait si longtemps considéré comme un fruit défendu. Il avait besoin de le toucher. Ses doigts effleurèrent la peau tendre d'un mamelon. Azhular frémit et ploya vers lui pour mieux recevoir sa caresse.
Leonard eut envie de les embrasser. Il s'appuya sur ses bras pour se redresser. Azhular l'aida à changer de position afin qu'il soit assis en tailleur. Leonard se pencha et il put goûter à ces tendres tétons, les faire réagir et se durcir sous sa langue, tandis que Azhular à présent immobile gémissait d'approbation. Mais le Klingon ne put rester longtemps sans bouger, il enlaça son Humain avec possessivité et recommença à se mouvoir. Leonard se sentit entièrement encerclé dans un carcan de muscles puissants. Il se serra contre Azhular et s'abandonna totalement...

-...joH QI'tu'Sor.(mon arbre-oasis)

Azhular fut insatiable

ooo

Le corps définitivement vidé de toutes ses forces, Leonard ne parvenait pourtant pas à dormir. Azhular sortit de la salle de bain, nu, plus beau, plus jeune que jamais, aussi magnifique, dangereux, fascinant qu'une panthère noire.

- Pourquoi?

- Pourquoi quoi? Demanda Azhular dont la voix ronronnait presque de satisfaction

- Pourquoi moi? Avec ta belle gueule tu pourrais séduire n'importe qui!

- Je ne veux pas n'importe qui. Bougonna le Klingon en s'asseyant sur le lit. Je veux un guerrier, comme moi.

- Je suis médecin, Azhular, pas guerrier. Protesta Leonard

- N'importe quoi: tu es un guerrier qui combat le plus grand de nos ennemis: la mort elle-même. Mais en même temps tu es d'une bonté maladive, tu as besoin d'un protecteur. C'est à se demander comment tu as pu survivre jusqu'à aujourd'hui!

Leonard n'avait jamais envisagé son sacerdoce sous cet angle là. Azhular s'allongea à coté de lui sur l'étroite couchette. Il l'enlaça avec possessivité.

- Tu es incapable de faire du mal à qui que ce soit. Reprit le Klingon comme s'il lui faisait un reproche. Tu es incapable de tuer, pas même pour protéger ta vie!

- Alors que toi, tu aimes tuer. Constata Leonard sans réprobation.
Azhular était un guerrier Klingon, autant reprocher à l'eau de mouiller.

- Je tuerai sans état d'âme quiconque s'en prendra aux miens!

La passion qui faisait vibrer la voix d'Azhular les mit tous les deux mal à l'aise. Le verbe aimer n'était pas présent, et pourtant, il était parfaitement audible dans chacun des mots. Son amour pour sa loq be nI' et ses deux époux si stupidement pacifiques, pour la grande famille qu'était devenu l'équipage... pour Leonard, son Leonard-à-lui.
Le cœur de l'Humain gonfla dans sa poitrine. Il posa son visage sur son épaule, enfoui ses doigts dans la douce toison noire de son torse, tira légèrement sur les poils soyeux. Il gronda:

- Jerk de Troll (crétin de Troll), tuer n'est jamais une solution!

Leonard sentit le souffle d'un sourire contre son cou. Azhular ne répondit pas à sa provocation, on ne l'avait jamais traité de crétin avec autant d'affection. Ils s'endormirent enlacés. Finalement, les Klingons savaient aussi être câlin... Juste avant que le sommeil ne l'emporte, Leonard eut le temps d'entendre Azhular murmurer avec un mélange de possessivité et de tendresse QI'tu Sor, joH QI'tu Sor

ooo

D'ordinaire, les réveils de Leonard étaient tous semblables, et tristes. Désespérément solitaires. Il s'était remis de son divorce, mais même l'amitié de Jim, Spock et Ève n'avait pu combler son sentiment de vide.
Chaque matin, le réveil se déclenchait, le faisait sursauter au moment où se rendormissait pour la millième fois de la nuit, et il se levait en ronchonnant.

Souffrant d'insomnie chronique, Leonard restait tard le soir à l'infirmerie ou au labo. Les fois où il n'avait aucune raison d'y rester, il lui arrivait de boire, parfois un peu trop, et il se réveillait avec une gueule de bois. Il avait mis au point un remède miracle qui agissait en cinq minutes top chrono, nul ne s'était jamais rendu compte de rien

Mais ce matin, Leonard émergea doucement du sommeil, dans un long soupir de profond bien-être: il ne se rappelait pas avoir aussi bien dormi depuis des siècles.

Le réveil ne sonna pas.
Il était lourd et engourdi par les songes, mais ce n'était pas désagréable. Il se sentait enveloppé dans une agréable chaleur. Il y avait une inexplicable lourdeur chaude sur son ventre, et un corps brûlant pressé tout contre le sien... un corps? Des brides de souvenirs lui revenaient, un rêve si magnifique qui... la lourdeur se déplaça et une large main qui n'était pas la sienne s'empara de son pénis en pleine érection matinale.
Leonard se réveilla tout à fait. Il n'avait pas rêvé.

Il tourna la tête et ses yeux croisèrent les prunelles améthystes, scintillantes... ils avaient dormi la lumière allumée, mais là n'était pas le problème. Car ce Klingon le regardait avec des yeux affamés. Leonard eut un long frisson, alors que le plaisir s'emparait déjà de lui.

- ... euh... Fut tout ce qu'il trouva à dire alors que les doigts humides parcourait déjà son membre dans un agréable glissement

- qaneH... Murmura Azhular d'une voix rauque

- ... ce qui signifie...? Parvint à articuler Leonard en tentant vainement de repousser cette main possessive

- Je te veux!

Azhular était un homme jeune et vigoureux: Leonard comprit qu'il n'avait pas finit d'entendre ce mot, qaneH. Il avait accueilli dans son lit l'être dont il avait si désespérément rêvé, et il eut la subite pensée qu'il allait le regretter... son intimité n'était pas encore remise... et la main du gamin glissait d'une façon vraiment trop agréable sur son membre.

-... attend, nous... hum, arrête!... n'avons pas le temps!

- Ton réveil sonnera dans quarante-cinq minutes. Ronronna Azhular. J'ai vérifié. Nous avons le temps.

-... satané Gamin! Protesta Leonard en se débattant.
Il aurait aimé un peu de tendresse, il savait que c'était mission impossible de la part d'un Klingon. Par contre, il ne s'était pas attendu à ce qu'il veuille remettre le couvert aussi vite.

Il y eut une sorte de lutte, au cours de laquelle Azhular contint sa force et contra les attaques de Leonard, mollement, un sourire carnassier sur les lèvres. Azhular aimait se battre, même sans réelle violence, juste pour jouer.
Leonard chercha à le repousser en ronchonnant, se tortilla dans tous les sens. En vain. À chaque fois, il se retrouva plaqué dessus ou dessous, mais toujours tout contre le corps brûlant du Klingon, dans l'étau de ses bras. L'amusement du Klingon était perceptible, et vraiment agaçant. L'énervement gagna peu à peu Leonard alors qu'il avait l'impression tourner en rond. Ce gamin avait décidément trop de mains, trop de jambes! Ses bras étaient un labyrinthe infranchissable!
Et pourtant, à aucun moment, Leonard ne songea à dire simplement "non", ce qui aurait immédiatement mis fin à cette lutte.

- Rhaa!... Bon sang, Azhular... espèce de sale gamin... lâche-moi!
Leonard sursauta, alors qu'un frottement appuyé de cuisse contre son pénis envoya des décharges de plaisir dans ses reins.

- Non Leonard... qaneH

Azhular aurait pu sans aucune difficulté dominer cet affrontement, mais il y prenait trop de plaisir. Il aimait réveiller la combativité qu'il sentait enfler en son pacifique Humain. Même si Leonard parvenait à y résister avec une impressionnante force mentale, Azhular savait que ses Hoch nIv joq (ondes du désir) allaient finir par en avoir raison.

- Bon sang de satané Gamin! Répétait Leonard qui, sans s'en rendre compte, finissait par se laisser prendre au jeu.
Ils roulèrent sur le lit, encore.
Leonard fut au-dessus d'Azhular, encore.
Mais cette fois-ci, il se retrouva aux prise avec une agressivité qu'il n'avait jamais ressentie auparavant et qui lui vrilla les entrailles. Il s'immobilisa.
Il était au-dessus de Azhular, le si magnifique Azhular... ses yeux étincelants de pierre précieuse aux pupilles dilatées, son indomptable crinière noire étalée en couronne sur l'oreiller, ses lèvres pulpeuses, humides, qui ne demandaient qu'à être embrassées, son buste musculeux aux courbe puissantes et harmonieuses... Leonard sentait son pénis gorgé de désir tout contre le sien qui était dans le même état, presque douloureux... D'une ondulation, Azhular le fit glisser entre ses cuisses musclées et le sexe de Leonard se retrouva si proche de son intimité si désirable.
Bon sang ce qu'il était beau! Un frisson lui crispa les reins.

- Qap SoH, Leonard, tu as gagné. Viens, neH. Ordonna le Klingon d'une voix qui acheva de mettre le feu aux poudres.

Leonard avait perdu tout esprit critique alors que les hanches d'Azhular se haussaient vers lui en une invitation. Il n'eut aucune difficulté à s'insinuer en lui. Comme la veille, Azhular s'était préparé à le recevoir avant même de lui faire ses avances. Leonard se sentit plus que bienvenu, intensément désiré. Il fut avalé, aspiré avec possessivité au plus profond de son intimité.
Cette fois-ci, Azhluar le laissa mener la danse. Leonard ne fut pas violent, ce n'était pas dans sa nature, il n'en fut pas moins plus impétueux qu'il ne l'avait jamais été avec personne. Leurs soupirs et leurs gémissements mêlèrent dans une sorte d'harmonie physique. Il n'y avait plus de pensées, plus de passé, plus de souvenirs douloureux, plus de regrets, plus d'Humain ou de Klingon, juste deux hommes éperdument unis dans une sensation d'éternité absolue. Ce fut incroyablement intense pour eux deux et ils atteignirent rapidement un orgasme puissant.

La tête de Leonard retomba sur la large poitrine d'Azhular, qui resserra ses bras et ses jambes autour de lui.

- SoH vIghajchoH (tu es à moi) Gronda Azhular en ne le laissant pas se retirer de lui ...joH QI'tu'Sor.(mon arbre-oasis)

- Tu... vas... me... tuer! Haleta Leonard en essayant de reprendre son souffle

- Oui, mais à petit feu, comme disent les Humains. Rétorqua Azhular d'une voix satisfaite

- Satané jerk de gamin! (satané crétin de gamin ) Rétorqua Leonard ce qui provoqua le rire d'Azhular, un rire chaud qui emplit le cœur de Leonard de bonheur.
Dieu ce qu'il pouvait aimer ce gamin insupportable!

ooo

à suivre
- Bonjour, le trio infernal! Dit Bones
Azhular se contenta de hocher la tête. Ève remarqua aussitôt qu'il y avait quelque chose dans l'expression de son tIn loDnI', une fierté...


Je n'avais pas prévu à la base d'écrire la première nuit entre le "satané gamin" et notre irascible docteur...
au départ, cela ne faisait l'objet que d'un tout petit paragraphe.
Et puis, chapitres après chapitres, je me suis attachée de plus en plus à Azhular. Il a pris de plus en plus d'importance et l'aspect contre-intuitif de son couple avec Bones (un guerrier qui aime verser le sang sans aucune pitié et un médecin empathique jusqu'à en être quasi-suicidaire) est intéressant à explorer. À première vue, ils ne sont pas faits l'un pour l'autre... ils ont pourtant des points communs
Mais je ne pouvais pas l'écrire comme je décris les Amours de notre trouple où les aspect affectifs, symboliques et mentaux sont essentiels. Bones et Azhular ne sont pas encore capables de s'avouer leurs sentiments. C'est la raison pour laquelle j'ai été plus... organique.

Cerise sur le gâteau pour moi, l'idée de ce couple vous a séduit.
C'est pour vous que j'ai écrit ce chapitre uniquement consacré à Leonard-QI'tu' Sor et Azhular-satané-Gamin...
J'espère que vous avez apprécié ces lemon.

ooo

Bisous et... bactéries ^^
sciencepost·fr/2018/02/cours-dun-baiser-combien-de-bacteries-echangees/
«...Selon une étude parue dans la revue Microbiome, lorsque deux personnes s'embrassent pendant une durée de dix secondes, avec la langue, c'est un peu plus de 80 millions de bactéries qui sont échangées...
...avec le temps, les salives deviennent de plus en plus identiques, permettant à chaque couple de mieux digérer le même type de nourriture et résister davantage à des infections similaires.
"S'embrasser avec la langue (et un échange de salive) est un comportement de séduction spécifique aux humains et commun à 90 % des cultures connues ", explique Remco Kort, co-auteur de l'étude...»
S'embrasser est donc bon pour la santé...

ooo

Deb QI'tu' Sor (arbre-oasis du désert*) et Ka'ar vIghro''a' (tigre Ka'ar),
le Ka'ar vIghro''a' qui creuse son antre entre les racines d'un Deb QI'tu' Sor, & rareté des arbres sur Qo'noS sont pures inventions de ma part...
d'ailleurs, d'après bing-translator, le mot oasis n'existe pas, j'ai pris le mot "paradis" (QI'tu') pour le remplacer.
Pour le nom de ce félin, vIghro"a' signifie tigre et Ka'ar est un nom de famille/de clan Klingon.

À partir du moment où Azhular a vu en Leonard un arbre-oasis, je n'ai plus été capable de le voir autrement. Et je ne vois absolument pas Azhular dire "mon amour" "mon chéri" ou autre mots doux de ce genre... QI'tu' Sor correspond bien à sa pudeur de guerrier...

ooo

Message personnel:
D'habitude, j'ai le plaisir de recevoir des review dans les quelques jours qui suivent la parution...
Fait du hasard, pas pour les chapitres «Révélation» et «Possessivité».
La machine à douter s'est aussitôt remise en route: «Ont-ils déplu? Sont-ils mal écrit? Trop long? Moins intéressant? Les lectrices et lecteurs se lassent-ils de cette histoire trop longue avec trop de considération émotionnelles et pas assez d'action?...»

J'ai même cru un moment qu'il y avait un bug-de-review. J'ai publié un chapitre pour poser la question (que j'ai effacé depuis, avec la sensation d'être une gamine qui a fait un caprice, à mon âge, soupiiir ^^)
J'ai eu le plaisir de recevoir des messages et des review de soutien
Merci beaucoup à Holybleu et Eurus2 !

Je doute énormément depuis le premier mot de cette fiction... et les absences de réaction réactivent mes doutes...
j'entends d'ici Monsieur Spock, «c'est illogique, les lectrices/lecteurs n'ont pas tenu 50 chapitres pour abandonner en cour de route»,
mais je ne considère pas "mes" lectrices/lecteurs comme acquis·es et chaque nouveau chapitre est pour moi comme une remise en question... d'autant plus que cette fiction est loin d'être finie...

Tout ça pour vous dire que un "j'ai aimé" me rassure et fait/fera toujours mon bonheur ^^

...