Vu que ce chapitre est très long (14 pages word pour le seul POV de Kate) mais surtout parce que j'avais envie de publier une suite ce soir, je vais le livrer en deux parties. L'autre éventuellement plus tard dans la nuit ou demain dans la journée.
Kate,
Nous arrivâmes donc à l'appartement, il était tout juste 17h30, commençant par enlever nos tenues de moto. Alexis n'était pas encore rentrée du lycée et visiblement Martha n'était pas dans les parages. Rick alla dans la cuisine pour constater que le mot laissé avait été lu et que sa mère avait répondu qu'elle serait au loft vers 20h ce soir.
Tu veux quelque chose à boire peut être ?
Oui je veux bien un café s'il te plaît.
Je m'en occupe tout de suite, installe toi sur le canapé.
Je m'exécutais, il était toujours d'une totale galanterie envers moi, refusant que je m'occupe des tâches quotidiennes quand nous étions chez lui et parfois quand nous étions chez moi. Mais je laissais passer avec lui car il avait toujours été ainsi, son comportement n'avait pas changé parce que nous étions en couple. Il me rejoignit quelques minutes plus tard, j'avais enlevé ma veste de cuir et mes bottes pour être plus décontractée.
Alors où va-t-on ce soir ? demandais-je.
C'est une surprise me répondit-il.
J'espère que ce n'est pas trop jet set.
Non je te le promets c'est tout ce qu'il y a de plus simple.
Ok, donc ce soir c'est juste Rick, Alexis, Martha et Kate qui vont au restaurant. Pas le grand Rick Castle et sa muse ?
Tout à fait. Je suis persuadé que ça te plaira.
Je te fais confiance, même si ça me fait un peu drôle. Je pourrais t'emprunter ta baignoire d'ailleurs ?
Bien évidemment, tu peux te prendre un long bain, je te servirai une coupe de champagne, allumerai des bougies, te ferai un massage si tu le désires.
Tu me sors le grand jeu là ? dis-je en souriant.
Non je souhaite te donner tout ce que tu mérites….
Il me touchait énormément avec lui seul je me laissais faire ainsi, n'aimant pas vraiment d'habitude laisser quelqu'un prendre soin de moi. Mais à ses côtés j'avais découvert que c'était tout à fait agréable. Pour le remercier je l'embrassais légèrement, goûtant le café sur ses lèvres.
Tu vas préparer tes affaires pour le voyage ?
Oui, mais je ne vais pas en prendre trop car j'ai des vêtements là bas. Tu as pensé à prendre un maillot de bains ?
Oui j'ai pensé à ça, au pire je pouvais nager nue aussi.
Il faut que tu te sentes entièrement libre de tes actions.
Je souriais à sa remarque, cet échange me rappelant lorsqu'il m'avait invité l'an dernier à venir passer ce week end avec lui dans sa maison des Hamptons. La sonnerie de mon téléphone mit fin à ma songerie. Je le prenais dans ma veste, c'était un nouveau message écrit de Lanie « Bonnes vacances ma belle. Ne nous faites pas trop de bébés pendant ces dix jours. Profite de ton temps avec ton writer-man. J'espère te retrouver en pleine forme et avec plein de choses à me raconter dans deux semaines. Lanie. » Je rigolais en lisant le message de ma meilleure amie, c'était tout à fait elle.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Un texto de Lanie. Tiens regarde.
Je lui tendais mon téléphone portable pour qu'il puisse voir le texte et il sourit également aux propos de notre amie.
Kate ?
Oui.
Hier soir quand on s'est disputés/expliqués tu as dit que tu avais matérialisé l'idée d'avoir des enfants avec moi, c'était sincère ?
Oui tout à fait. Et toi tu aimerais en avoir à nouveau, je veux dire après Alexis ?
Avec toi oui, mais cette fois j'aimerai que ce soit voulu et décidé. J'aime plus que tout Alexis, mais elle n'était pas programmée et surtout j'ai envie de partager la naissance et toute l'éducation avec la mère. C'est une aventure tellement magnifique, elle mérite d'être vécue à deux.
Ce n'était pas encore le moment, mais je savais pour le voir se comporter avec Alexis, que j'aimerai partager cette expérience avec lui. C'était un excellent père et je savais qu'il serait très présent si jamais nous avions un enfant ensemble, qu'il serait à mes côtés dans tous les moments, les bons comme les mauvais.
Tu es le mieux placé de nous deux pour en parler. Mais j'y ai pensé l'autre soir quand Alexis est venue. Tu vois c'est marrant elle n'est pas ma fille, mais quand elle m'a appelé pour m'informer de ce qui c'était passé avec Ashley, j'ai ressenti quelque chose d'étrange. J'ai du mal à mettre des mots dessus, mais je n'ai pas supporté l'idée qu'on ait pu lui faire du mal.
Et tu penses qu'on devrait en parler sérieusement nous deux ?
Je n'en revenais pas d'avoir une telle discussion avec lui alors que cela faisait une semaine que nous étions en couple. Mais nous nous connaissions tellement bien à côté, que finalement ce n'était pas si étrange. Je n'hésitais donc pas à lui faire part de ma pensée sur le sujet.
C'est une envie, elle est là, c'est certain. Mais le jour où je déciderai de fonder une famille, je mettrai ma carrière de côté cherchant peut être un poste moins exposé. Pour le moment je ne veux pas, je dois d'abord résoudre le meurtre de ma mère avant de me lancer dans la maternité. Et pour l'instant je ne suis pas prête à abandonner le travail de terrain c'est dangereux mais j'aime ce boulot. Et puis, ça ne fait pas longtemps qu'on est ensemble, donc on a encore un peu de temps.
Tu as raison, mais ça n'empêche pas qu'on s'entraîne. Comme ça le jour où on voudra en faire, on sera au point.
Je pense que là-dessus on est plutôt bons….
Oui mais il ne faut pas se reposer sur ses acquis, on peut être surpris.
Tu veux qu'on s'entraîne maintenant ?
Vous lisez dans mes pensées lieutenant…
Comme dans un livre wirter…man.
Mmm je préfère…
Et il m'attira sur ses jambes, m'invitant à m'asseoir sur lui. Nos bouches se rejoignaient dans un ballet des plus savoureux. Ses mains avaient d'emblée atterries dans mes cheveux, me les caressant doucement. De mon côté elles étaient à la fois derrière sa nuque, dans ses cheveux courts. J'arrêtais temporairement le baiser pour plonger dans son cou et tester sa peau. Il gémit au contact de mes lèvres, me faisant déjà perdre de pied dans un tourbillon de désir. Je ne le marquais pas cette fois-ci mais aspirais légèrement sa peau, déposant des baisers humides à l'intérieur de son cou. Il appuyait sur ma tête me guidant et avait complètement penché la sienne pour me donner un meilleur accès. En même temps j'effleurais son bassin du mien, le sentant déjà réagir à notre petite séance. Nous étions tous les deux totalement déconnectés de la réalité qui nous entourait.
Eh bien on dirait que ça va mieux vous deux, fit une voix derrière nous.
C'était Alexis, je ne l'avais absolument pas entendu rentrer dans l'appartement. Je me détachais de Rick toute rougissante. Alors que j'allais me lever, vu notre position oh combien explicite, il me retint par le bras. Je fronçais les sourcils, interrogative face à son attitude et il fit un mouvement descendant vers sa ceinture pour me clarifier la situation. Il ne tenait pas à ce que sa fille le voit dans cet état là.
Hey Alexis, fis-je.
Salut ma puce, dit Rick.
Salut Kate, salut papa. Alors bonne journée ?
Oui on est en vacances, fit Rick tout content.
Je suis en vacances insistais-je.
Eh mais moi aussi je bosse, râla-t-il.
Ton boulot à toi c'est d'écrire, or aujourd'hui je ne t'ai pas vraiment vu en train de travailler.
Mon boulot à moi comme tu dis c'est d'écrire, mais je trouve mes idées en te regardant toi travailler, donc je passe mon temps à bosser, répondit-il.
Bon je suis contente de voir que vous êtes redevenus normaux tout de même. Je vais vous laisser je vais aller travailler.
Elle se dirigeait vers les escaliers quand Rick l'appela :
Ma puce, ce soir on va dîner en ville tous les quatre. J'ai réservé pour 20h30, alors prépare toi.
Ok on va où ?
J'étais ravie qu'elle pose cette question, j'allais peut être enfin avoir une indication.
Notre habituel.
Chouette. Tu vas adorer Kate. Bon j'y vais, fit-elle toute enjouée.
C'est bon je peux me lever ?
Oui maintenant tu peux.
Je souriais descendant de ses genoux, son « petit problème » n'avait pas complètement disparu, mais sa fille étant hors du champ de vision, il pouvait revenir à la normale. Je regardais ma montre, il était déjà 18h30 il était temps que j'aille prendre mon bain, d'autant que je prévoyais de prendre mon temps.
Bon je vais aller prendre mon bain, dis-je informant Rick.
Monte, fais le couler et je t'apporte ta coupe de champagne.
Mmm, merci.
Je l'embrassais avant de récupérer mon sac et de monter dans sa chambre. J'allais enfin pouvoir tester la baignoire que je regardais depuis la première fois que j'étais entrée dans sa salle de bain. « Baignoire », le mot approprié aurait certainement été « piscine » tellement elle était gigantesque. J'entrais dans sa chambre, puis dans la salle de bains réglant la température de l'eau pour commencer. J'allais ensuite pendre ma robe mais la cachais, je ne voulais pas qu'il voit dans quelle tenue j'allais me mettre. Le niveau d'eau était suffisamment haut pour que je puisse me glisser dedans. Je fermais les yeux pour savourer ce moment délicieux. J'étais en vacances et elles commençaient par un bain dans l'énorme baignoire de mon petit ami, on frôlait déjà la perfection et ce n'était que le début. J'avais le pressentiment que ces vacances allaient être exceptionnelles et mon cœur battait déjà à toute allure à cette seule pensée.
Il arriva dans la salle de bains quelques minutes plus tard, muni d'un plateau avec une coupe de champagne et des feuilles. Il me tendit le verre, je le remerciais tout en le portant à mes lèvres, laissant les bulles pétiller dans ma bouche.
Tu ne prends pas de bain avec moi.
Non, c'est ton moment savoures le. Il faut que je prépare mes affaires, j'aimerai écrire un peu si possible et aussi me préparer pour ce soir.
J'ai tout de même le droit à un baiser ?
Mais naturellement, attends je pose le plateau.
Pendant qu'il faisait je buvais discrètement une gorgée de champagne avant de poser la coupe sur le rebord de la baignoire. Quand nous bouches se retrouvèrent je partageais avec lui le liquide que j'avais gardé. Sa réaction fut immédiate et il gémit dans ma bouche, m'embrassant plus profondément. C'était intense. Il arrêta alors que l'air commençait à nous manquer.
Waouh…dit-il. Bon je vais y aller.
Mais qu'est-ce que je vais faire moi toute seule.
Justement je t'ai apporté de la lecture, tiens voici les premiers chapitres de Heat Rises. Tu me diras ce que tu en penses ?
D'habitude je n'ai le privilège de te lire que quand tu as fini, enfin quand tu penses à me donner le manuscrit avant les journalistes !
Très drôle me fit-il un peu froissé par mon allusion.
Bon allez file.
Ah maintenant que tu as de la lecture je dois dégager.
Que veux-tu, tu n'arriveras jamais à rivaliser avec les écrits de Richard Castle.
Je me ferai un plaisir de ton montrer ce soir que je suis largement en mesure de rivaliser face à quelques feuilles de papier, aussi bien écrites soit-elle.
La taille de ton égo est impressionnante.
S'il n'y avait que cette taille là qui t'impressionnait… me lança-t-il avant de sortir de la salle de bains.
J'avais été battue à mon propre jeu et c'est maintenant moi qui étais en fusion dans le bain. Je ne savais si c'était la température de l'eau ou la mienne, mais j'avais soudainement très chaud. Je rebuvais un peu de champagne, histoire d'hydrater ma gorge devenue subitement sèche. M'installant confortablement je commençais la lecture. Et comme chaque fois que je lisais, en particulier ses livres à lui je partais littéralement en voyage. Je retrouvais Nikki et Rook dans leurs nouvelles aventures. Leur relation avait nettement évolué depuis Heat Wave. C'était déjà le cas dans Naked Heat, mais on le ressentait dès le début du troisième opus. Il savait faire évoluer ses personnages et leur histoire commune, comme selon moi personne d'autre. Et toutes ses descriptions étaient vraiment justes, les mots bien choisis, les ambiances parfaitement travaillées du coup c'est comme si en attaquant la lecture on était auprès de tous les protagonistes. Je dévorais finalement les premiers chapitres, appréciant le talent de mon écrivain. Le personnage de Nikki avait beaucoup changé, elle était beaucoup moins slut que celle du premier opus et prenait peu à peu un visage humain, comme changée par l'arrivée de Rook dans sa vie. Nous avions ceci en commun, je m'étais métamorphosée au contact de Rick c'était presque comme s'il avait fait naître une autre personne en moi.
Après cette lecture plus qu'agréable je me savonnais le corps et lavais mes cheveux une nouvelle fois. Je m'étais complètement relaxée dans ce bain et c'était comme si la fatigue et la tension accumulées cette dernière semaine était partie quand je m'étais rincée. Je me sentais habitée d'une toute nouvelle énergie. Presque avec regret je sortais de la baignoire, vidant l'eau. Ceci dit elle était froide désormais, donc cela signifiait que j'avais passé un bon temps à tremper. Je me séchais dans la salle de bains et commençais par sécher mes cheveux. Dans mon sac je mettais les sous-vêtements qui iraient avec ma robe de ce soir, même si le haut ne serait pas nécessaire. Pour le moment je ne mettais pas de robe, je prenais une chemise dans le dressing de Rick pour m'en vêtir en attendant le dernier moment pour m'habiller pour ce soir. Dans mon sac je récupérais une jupe courte noire et la passais. Sur le lit, je constatais qu'il avait sorti quelques affaires qui étaient impeccablement pliées. Il n'avait pas osé les mettre dans le sac attendant certainement que je lui donne l'autorisation.
Je me rendais ensuite dans son bureau pour voir où en était mon écrivain. Je passais la porte et l'observais. Il était extrêmement concentré, je me demandais même si je l'avais déjà vu ainsi et n'avait absolument pas remarqué ma présence. Il était bien assis dans son fauteuil, les jambes allongées sur son bureau, son ordinateur portable posé sur ses cuisses et tapait frénétiquement, sans lever la tête une seule seconde. Je regardais attentivement ses doigts glisser sur le clavier. On distinguait à peine le bruit des touches tellement il allait vite. La scène était impressionnante, je n'osais pas interrompre ce moment de création profonde. C'était également particulièrement beau à voir pour moi. Son visage était littéralement habité, ses yeux ne quittaient pas l'écran, même pas pour regarder le clavier. Si je devais décrire ce que je voyais, je crois que c'était un comportement passionnel et au final quand on connaissait ses écrits, cela n'avait rien d'étonnant. Au bout de quelques minutes il leva la tête et s'adressa à moi :
Kate tu es là ?
Oui.
Ca fait combien de temps ?
Oh quelques minutes, mais tu étais tellement concentré que je n'ai pas voulu te déranger. Et puis pour une fois que c'est moi qui te regarde travailler ! Ton écriture est bonne ?
Oui j'avais deux-trois idées à poser, et vu que j'ai moins de temps libre ces derniers temps j'en ai profité pour les coucher sur papier. Alors ton bain ?
Divin, je l'ai partagé avec James et Nikki…J'ai adoré ce que tu m'as donné à lire.
Vraiment ?
Oui vraiment, répétais-je en souriant.
J'allais vers lui entrant finalement dans le bureau. Cela me faisait presque drôle de me retrouver dans cette pièce compte tenu des évènements qui s'y étaient déroulés la veille. Il posa son ordinateur sur le bureau et ouvrit ses bras pour que je vienne le rejoindre. J'acceptais l'invitation allant m'asseoir sur lui.
Elle est sympa cette chemise fit-il en prenant dans ses mains les deux côtés de la boutonnière.
Je me suis permis de t'en emprunter une.
Tu as bien fait, tu es définitivement sexy dedans.
Merci monsieur l'écrivain.
Mais de rien ma muse.
Alors j'ai vu que tu avais sorti tes affaires. Tu aurais pu les ranger dans le sac tu sais.
Je préférais te demander avant, je ne voulais pas m'imposer.
Ca t'arrive de ne pas vouloir envahir mon espace personnel ?
Seulement quand il s'agit de ton sac.
Je me disais bien.
Nous rigolions tous les deux et nous nous embrassâmes très légèrement.
Je vais à mon tour me laver et me préparer. Par contre pour ce soir je vais peut être me raser, ça ne te dérange pas.
Non pas du tout, mais gardes en un peu. Tu sais comme au début de notre partenariat, tu gardais toujours un peu de barbe et c'est très très séduisant.
Alors si mademoiselle Beckett est séduite…
Sur ce il me déposait un léger baiser sur les lèvres avant de me dire.
Je vais y aller.
Comprenant je me levais de la chaise lui permettant de se lever à son tour.
Rick, tu crois que je peux aller embêter Alexis ?
Bien sûr, je l'ai entendu prendre sa douche tout à l'heure elle doit être en train de se préparer. Et je suis persuadé qu'elle sera ravie que tu viennes.
Ok.
Il sortait de son bureau, je le suivais mais alors qu'il se dirigeait vers sa chambre, je prenais moi la direction de celle de l'adolescente frappant avant d'entrer.
Alexis, c'est Kate je peux entrer ?
Oui, oui Kate entre.
J'ouvrais la porte, découvrant la jeune fille vêtue d'une robe violette très simple avec de fines bretelles. Elle était vraiment mignonne.
Tu es vraiment superbe Alexis.
Merci, toi aussi même si je pense que tu ne sortiras pas dans cette tenue.
Non effectivement dis-je en rigolant, mais je ne voulais pas que ton père voit tout de suite ma tenue donc j'attends le dernier moment.
Tu lui réserves quoi ?
Oh j'ai juste ressorti une robe qu'à ma connaissance il aime bien…
C'est-à-dire Kate ?
Tu te souviens de la sortie de Heat Wave ?
Oui.
Et bien j'ai pris la même robe que ce soir là.
Ah oui…bon je crois qu'il va falloir qu'on trouve une laisse à papa car il va avoir du mal à bien se tenir avec toi dans cette tenue.
Je rigolais à sa remarque, me souvenant parfaitement de son regard quand il était venu me rejoindre. Quand j'y repense, il avait failli mettre un terme à la série des Nikki Heat pour écrire les aventures de cet espion britannique. Et moi qui comme d'habitude avais eu trop peur de lui dire que j'avais envie qu'il reste. Au contraire, je m'étais montrée une nouvelle fois odieuse avec lui.
Tout en parlant avec Alexis mon regard s'était baladé dans la pièce et j'avais aperçu une palette de maquillage sur son bureau.
Tu veux que je te maquille ? lui proposais-je.
Oh ça serait super Kate, ça ne te dérange pas ?
Non bien sûr que non, au contraire.
Super alors on se met sur le lit.
Ouais.
Je me saisissais de la palette et la rejoignais m'asseyant à côté d'elle. Elle avait vraiment des yeux magnifiques, encore plus clairs que ceux de son paternel. C'était incroyable, ils étaient pétillants reflétant toute sa vivacité et son intelligence. Je choisissais des tons qui rappelaient sa robe, utilisant un crayon violet. Cela faisait ressortir encore plus ses yeux. Ensuite je lui appliquais un peu de mascara, elle n'avait pas besoin de plus.
Tu te mets du rouge à lèvres ?
De temps en temps, mais là je n'en ai pas qui pourraient aller.
Attends moi là je vais chercher ma trousse de maquillage.
Je courais pour me rendre dans la chambre de Rick et récupérer mes affaires. J'avais le rouge à lèvres qui irait parfaitement à Alexis. Je revenais dans sa chambre et lui en mettais.
Et voilà, fis-je.
Elle se regardait dans la glace et me dit :
Merci Kate, c'est parfait.
De rien ça m'a fait plaisir.
Tu sais j'aime bien car je n'ai jamais eu ce genre de relation. Ma mère ne s'est jamais trop occupée de moi, sauf sur un coup de folie. Et avec Gina le courant ne passait pas vraiment. Je peux te poser une question ?
Oui Alexis.
Tu as eu des moments comme ça avec ta maman ?
Oui avant qu'elle ne meure bien sûr. On faisait beaucoup de choses toutes les deux, elle m'emmenait à la patinoire c'est elle qui m'a appris à me maquiller.
En lui parlant, j'avais les images qui repassaient en moi comme si c'était hier. Je n'avais rien oublié de tous ces instants, même si c'était il y a douze ans.
Ca doit te sembler absurde alors. Moi j'ai une mère, elle est toujours en vie et je fais comme si elle n'existait pas. Pire la dernière fois qu'elle est venue à New-York, j'ai supplié papa pour qu'elle s'en aille.
Je me souvenais complètement de la visite de Meredith à New-York lorsqu'elle était passée au commissariat.
Non tu sais, ce n'est pas parce que deux personnes sont de la même famille qu'elles doivent obligatoirement s'entendre et être fusionnelles.
Ca c'est bien vrai car toi tu n'es pas ma mère biologique, mais je me sens plus proche de toi que d'elle.
J'étais touchée, la petite Castle avait décidément plus d'un point commun avec son paternel. Je ressentais la même chose pour Alexis.
C'est pareil pour moi Alexis tu sais. Je ne suis pas ta maman et je ne cherche pas à prendre cette place. Mais si tu as besoin de moi je serai là, et ce même si avec ton père on devait arrêter un jour.
Je sais Kate, merci. Mais je n'ai pas du tout envie que papa et toi ça s'arrête. Il est tellement heureux depuis qu'il t'a rencontré et littéralement sur un nuage depuis que vous êtes ensemble. Tu sais avant quand j'envisageais de partir pour la fac, je me faisais du soucis pour papa. Mais depuis qu'il est avec toi ça ne m'inquiète plus du tout.
Encore une fois elle m'émouvait énormément. La tendresse qu'elle éprouvait pour son père était en totale symétrie avec celle de Rick pour elle. Ces deux là étaient vraiment adorables. Pas étonnant que j'ai envie de fonder une famille en voyant ça. Des petits coups frappés à la porte mirent un terme à notre conversation. Alexis et moi reconnûmes la façon de frapper de Rick, trois petits coups tapés à la porte.
Oui papa entre.
Alors comment vont mes deux femmes préférées ? dit-il.
Il avait revêtu un costume noir et portait en dessous une chemise noire très élégant. Il ne portait pas de cravate, mais comme à son habitude avait le haut de la chemise ouverte. Il avait suivi mes conseils se rasant, mais laissant un tout petit peu de barbe, ses cheveux étaient coiffés avec son habituelle mèche rebelle qui pendait devant.
Chérie tu es superbe, dit-il en s'adressant à Alexis.
Merci papa. C'est Kate qui m'a maquillé.
Il me sourit en me regardant tendrement, semblant ravi de la relation que sa fille et moi avions.
Rick il est quelle heure ? demandais-je.
19h45, mère arrive d'ici quinze minutes. Tu veux finir de te préparer ?
Oui je vais m'habiller.
Ok, Alexis et moi on va aller en bas en t'attendant.
Très bien je vous rejoins.
Je sortais de la chambre non sans avoir fait un clin d'œil à Alexis. J'allais revêtir ma robe de soirée et avais encore tête le commentaire de la jeune fille. Je les entendais dans le couloir et dans les escaliers. J'attendais qu'ils soient en bas pour sortir ma robe de sa cachette. J'enlevais alors la chemise, la jupe ainsi que le soutien gorge que j'avais mis provisoirement et enfilais ma robe bleue. Je sortais également la bague, le collier, les bracelets et les boucles d'oreilles les même que j'avais mises à la soirée de lancement. Dans le sac je récupérais mes escarpins à talons assortis avec la robe. Je faisais quelques pas m'assurant de ma démarche. Satisfaite de celle-ci je prenais ma trousse de maquillage pour aller dans la salle de bain j'appliquais un crayon bleu et du mascara sur mes yeux et un peu de gloss sur mes lèvres. Je regardais le résultat dans la glace et plutôt contente je me déclarais prête. Mon cœur battait à toute vitesse. En bas j'entendais trois voix, Martha était donc arrivée au loft. Avant de sortir de la chambre je soufflais un grand coup, évacuant la légère tension que j'avais.
Puis je sortais et descendais les escaliers. Trois paires d'yeux écarquillés accompagnèrent ma descente. Rick se leva du canapé et vint vers moi une main derrière son dos. Il me tendit l'autre, aidant ma descente des deux ultimes marches. Jamais un homme ne m'avait regardé ainsi, si lui évidemment avant, mais ce soir je notais l'intensité de ses yeux. Il me détaillait littéralement, mais ce n'était pas un regard pervers, c'était comme une caresse. Il m'embrassa sur la joue me murmurant à l'oreille :
Tu es belle à tomber Kate.
Ca te plait ?
Si tu savais comme j'ai eu envie de t'embrasser ce soir là.
Et tu crois que tu étais le seul…
Il sourit et me tendit une rose qu'il cachait dans son dos. Elle était merveilleuse et son parfum délicieux, il avait pris soin d'enlever toutes les épines pour ne pas que je me blesse.
Merci dis-je.
Et je déposais un léger baiser sur ses lèvres, puis nous rejoignîmes Martha et Alexis côté salon.
Kate, vous êtes magnifique.
Merci Martha.
Alors Mesdames vous êtes prêtes ? nous demanda Rick.
Oui, répondîmes.
Alors allons-y.
La mère et la fille ouvraient la marche, tandis que j'étais avec Rick derrière. Il m'offrait son bras que j'acceptais volontiers. Nous prîmes l'ascenseur jusqu'au hall, un taxi nous attendait en bas. Rick alla voir le chauffeur et indiqua une adresse. J'ignorais toujours où nous allions. Le trajet ne fût pas long, le restaurant était dans TriBeCa même, sur Greenwich Street. Le taxi nous laissa devant et je découvrais le restaurant « Il Mattone ». D'extérieur le restaurant ne semblait pas du tout faire partie des endroits in du moment. C'était parfait, c'était ce que j'avais demandé à Rick. Nous entrâmes, le lieu tout en étant simple était décoré avec goût. On avait l'impression d'avoir pris l'avion et d'être en Italie. A la réception Rick nous annonça.
Bonsoir, j'ai une réservation pour quatre au nom de Rodgers.
Je notais l'emploi de ce nom, il l'avait fait pour ne pas trop attirer l'attention. J'appréciais une nouvelle fois sa délicatesse.
Oui. S'il vous plaît suivez-moi.
Nous suivîmes le réceptionniste à travers la salle de restaurant, il y avait du monde néanmoins ce n'était pas bourré et l'ambiance était plutôt familiale. Il nous guida jusqu'à un coin un peu écarté de la salle de restaurant, protégé par un paravent. Décidément il avait pensé à tout. Nous prîmes place à table et un serveur arriva nous apportant les menus.
Bonsoir, désirez-vous un apéritif ?
Rick se tourna vers sa maman d'abord, ce qui était tout à fait normal. Je trouvais cela par ailleurs très charmant.
Une coupe de champagne pour moi.
Une deuxième alors, fis-je.
Mettez en alors trois. Et toi Alexis ?
Un jus de pamplemousse.
Très bien je vous apporte tout ça.
Et il repartit nous laissant en tranquillité considérer les menus. Rick qui était assis en face de moi me demanda :
Alors ça te plaît ?
Oui c'est parfait.
On vient ici quand on veut dîner en famille sans faire la page six le lendemain.
Il est vrai qu'il gardait parfaitement à l'écart sa famille de la presse, ne souhaitant pas qu'Alexis ou sa mère soient importunées. Nous étions tous les quatre penchés dans l'étude attentive du menu. Tout semblait très bon et j'étais persuadée que s'ils étaient des habitués, le restaurant devait être très bon. Quelques minutes plus tard le serveur revenait nous apportant nos apéritifs avec des gressins et du jambon de Parme. Il prit également la commande.
Vous avez fait votre choix.
Devant l'acquiescement général il sortit son calepin. Martha ouvra le bal des commandes :
Je prendrai une salade de poulpe en entrée et un risotto « nero di sepia » ensuite.
Parfait, fit le serveur.
Elle me regarda, m'enjoignant à faire part de ma sélection :
Pour ma part ça sera un « fritto misto » – je le prononçais avec l'accent – et des lasagnes, s'il vous plaît.
Très bon choix madame, jeune fille ?
Une roulade de courgettes à la ricotta et des « penne alla carbonara ».
Très bien, et vous monsieur ?
Un « fritto misto » avec des raviolis ricotta-épinards.
Excellent. Vous souhaitez du vin avec ceci ?
Oui un Valpolicella et vous nous mettrez également une grande bouteille de San Pelegrino.
Bien sûr Monsieur.
La seule évocation des plats me donnait faim. Je me sentais incroyablement bien ce soir, ce dîner me paraissait totalement naturel.
Alors les enfants vous partez demain ?
Oui répondis-je.
Et vous voyagez en moto c'est ça ?
Je ressentais dans le timbre de Martha une inquiétude typiquement maternelle. Je pouvais comprendre, je me rappelais la tête de mes parents la première fois que j'étais montée sur une moto.
Ne t'inquiète pas mamie, Kate conduit très bien.
Je n'en doute pas, mais c'est juste que ton père n'en a jamais fait.
En fait Martha, on a fait un essai cet après midi et ça s'est très bien passé. Et puis, il a tout l'équipement nécessaire. Ainsi, même si on devait chuter – ce qui n'arrivera pas – il n'y a pas de danger. Et je serai vigilante, lorsque j'ai un passager je redouble d'attention.
Merci Kate.
Et on t'appellera dès qu'on sera arrivés, la rassura Richard.
Alors papa, c'était comment ?
Super, c'est fou les sensations qu'on a.
Oui j'ai vu ça l'autre jour, Kate m'a dit que c'était l'adrénaline c'est puissant.
Parce que tu as fait de la moto toi aussi ? dit Martha à sa petite fille.
Oui, Alexis et moi on a fait une petite ballade l'autre jour, dis-je sans évoquer le contexte dans lequel elle était advenue.
Il ne manque plus que toi grand-mère fit Alexis en rigolant.
Ne m'en voulez pas Kate, mais ça ne sera pas pour moi. J'ai une peur bleue de ces engins là. Sur ce à votre santé mes petits fit-elle en levant sa coupe.
Nous trinquâmes tous les quatre alors que nos entrées arrivaient déjà. Les premières bouchées me confirmèrent mon avis sur le restaurant. La cuisine était d'une finesse incroyable, loin de celle que l'on sert dans les restaurants italiens de Little Italy. Martha nous parla de l'avancée de ses projets pour l'école de théâtre, les travaux n'étaient pas encore finis mais elle passait régulièrement sur le chantier pour veiller au grain. Alexis parla ensuite du lycée et de son projet d'aller passer trois semaines cet été en camp de vacances. En papa poule je vis Rick grimacer légèrement, mais il ne dit rien. L'entrée se finissait, le serveur vint nous débarrasser s'assurant que nous avions tout ce qu'il fallait.
Je vais aller me rafraîchir dit Martha. Tu viens avec moi Alexis ?
Oui j'arrive tout de suite.
Martha et Alexis s'éloignaient, nous laissant seuls à table. Rick prit ma main qui était posée sur la table et la caressa, puis se levant de sa chaise m'embrassa. Ce qui était au départ un léger baiser prit une tournure plus appuyée. L'intimité que nous procurait le paravent nous permettait de nous embrasser ainsi sans être vus par le reste de la salle. Nous mîmes un terme au baiser pour retrouver l'air nécessaire et il se rassit. Martha et Alexis firent leur retour à cet instant à nos côtés. Une fois assise Alexis dit à son père :
Papa, à moins que tu essaies un nouveau genre tu as du gloss sur les lèvres.
Je me pinçais les lèvres, rougissant légèrement. Je rigolais tout comme les trois autres convives de la table. Rick s'empara de sa serviette pour essuyer l'empreinte que j'avais laissée.
Et voilà vos plats, fit le serveur en nous apportant la suite.
Les assiettes étaient copieusement garnies, pour ma part les lasagnes étaient servies dans un plat au four, le mot « lasagne al forno » prenait ici tout son sens. La portion était plus que copieuse et généreuse, mais sachant évaluer mon appétit cela ne posait pas de problème fondamental. Je m'attaquais donc au plat, qui tout comme l'entrée était une perfection. Les aliments étaient parfaitement cuits et assaisonnés, le tout fondant littéralement dans la bouche. Je fermais mes yeux à chaque bouchée pour savourer. Le silence religieux de la tablée semblait signifier que les autres plats étaient tout aussi délicieux. De temps à autre je m'accordais un peu de vin, parfait lui aussi. Nous vînmes tous à bout de nos plats et il ne restait plus rien dans les assiettes.
C'était vraiment délicieux fis-je.
Content que ça t'ai plu, on aime beaucoup la cuisine ici me répondit Rick.
Quelques minutes plus tard le serveur revenait nous débarrasser, Rick quant à lui nous resservit sa mère et moi en vin et donna de l'eau à Alexis avant de reprendre du vin lui-même.
Vous souhaiterez des desserts peut être ? dit-il en nous donnant une carte.
Non merci pour moi fit Martha.
Rick me regarda tout sourire, sachant d'avance que la gourmande que j'étais allait en prendre un.
Je prendrai un tiramisu avec un café si possible.
Moi une panacotta à la mangue dit Alexis.
Et un deuxième tiramisù avec un café également demanda Rick.
Je vous apporte ça tout de suite.
Et il repartait, le service était également de qualité. En attendant les desserts nous continuions tranquillement de discuter. Quand ils arrivèrent je me régalais avec le tiramisù qui était divin. Le café donna une touche finale à ce repas délicieux. Quand le serveur réapparut Rick demanda la note et commanda un taxi pour venir nous rechercher. Elle fut apportée quelques minutes plus tard. Je prenais ma carte de crédit dans mon sac et Rick me prit la main en me disant :
Kate, tu plaisantes j'espère ?
Euh non.
Range-moi ta carte tout de suite, vous êtes mes invitées ce soir.
Je n'insistais pas, sachant que ce n'était pas réellement nécessaire. Je savais que Rick avait beaucoup d'argent, mais ce n'était pas forcément à lui de toujours payer. Je refusais ce genre de relation. Je trouverai bien l'occasion durant notre séjour dans les Hamptons de l'inviter ou bien de préparer un repas surprise chez lui.
Alors merci.
Mon plaisir, dit-il en me souriant.
Il tendit sa carte au serveur qui alla chercher la machine. Une fois la transaction faite et avant que nous quittions la table, je le vis laisser un généreux pourboire pour le serveur. Nous quittâmes ensuite le restaurant, Rick n'avait fait aucun geste marquant notre couple lors de la traversée de la salle. Si jamais il était reconnu, il ne voulait pas que notre duo fasse l'objet de commentaires. Le taxi nous attendait dehors, et une dizaine de minutes plus tard nous arrivions en bas de son immeuble.
