Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï et le professeur Carter
Béta : BettyMars
Zarakinel, Caro06 et Nounou merci pour votre fidélité et vos reviews, elles me font toujours très plaisir :).
Le dernier chapitre était mouvementé, avec beaucoup d'actions de partout et une victoire teintée d'amertume aux vues des victimes qu'il y a eues. Le chapitre d'aujourd'hui est plus calme mais vu l'enthousiasme de ma béta, je pense pouvoir dire qu'il est bon voire un peu plus lol (non d'habitude elle me dit « Sympa » ou « pas mal », là elle a commenté plusieurs passages.). On retrouve un Milo qui fait de l'humour, une Poppy qui entre dans son jeu, on va aussi voir du coté de chez Harry, des Mangemorts et … et je vous laisse découvrir lol
Bonne journée, bonne lecture et à mercredi prochain.
Chapitre 51 : Étrangeté.
Albus était arrivé dans le salon d'Arabella peu de temps après la fin de l'attaque. Il avait finalement demandé à Kingsley de l'accompagner. Yaxley allait sûrement être furieux et effectivement, attaquer Harry Potter était certainement une idée qu'il pourrait avoir. Aussi le directeur avait décidé de renforcer la défense du 4 Privet Drive. La femme avait été ravie de l'accueillir chez elle. Après l'avoir salué avec entrain, elle partit préparer une collation, laissant les trois hommes ensembles.
- L'attaque de Pré-au-Lard est donc finie? Demanda Sturgis.
- Effectivement, elle n'a pas été très longue mais assez violente, soupira Albus.
- Beaucoup de pertes?
- Nous avons quelques blessés dans nos rangs, et des villageois torturés ou tués. Nous avons pu éviter le pire, mais nous aurions pu faire mieux.
- Je n'en suis pas sûr, Albus. Severus nous avait brossé un tableau très réaliste de l'attaque. Je doute qu'on aurait pu être mieux préparés, intervint Kingsley.
- La mort de femmes et d'enfants est toujours déplorable. En attendant, rien de neuf ici mon cher Sturgis?
- Absolument rien. Les seuls mouvements sont ceux des enfants déguisés qui viennent chercher des bonbons.
Comme pour le confirmer, la sonnette résonna. Avec un sourire malicieux, Albus se dirigea vers la porte. Un squelette, un pirate, une souris d'un mètre cinquante et une indienne lui demandèrent de choisir entre une farce ou une friandise. Puis ils l'observèrent la bouche ouverte. Ce n'était pas tous les jours qu'ils voyaient le Père Noël déguisé en sorcière. Avec un petit rire, Albus plongea sa main dans le saladier de bonbons et leur en donna une poignée à chacun. Les enfants partirent en courant rejoindre leurs parents qui attendaient un peu plus loin sur le trottoir. Quand il referma la porte, le directeur ne put s'empêcher de prendre un autre bonbon qu'il glissa dans sa bouche avec l'air d'un petit garçon qui ne voulait pas se faire prendre. Les deux autres hommes sourirent à le regarder faire, alors qu'Arabella, qui venait de revenir, le réprimanda de manger ce qui n'était pas pour lui. Les détails de la soirée furent échangés devant des sandwichs alors que d'un œil, ils surveillaient la maison de l'autre côté de la rue.
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En face, la maison semblait vide. Pourtant elle ne l'était pas. Dans une petite chambre, un petit garçon était dans son lit et regardait les ombres que la lumière des réverbères dessinait au plafond. Il ne se sentait pas très à l'aise. Il avait toujours dormi dans son placard et voilà qu'aujourd'hui, son oncle et sa tante avaient décidé qu'il prendrait la deuxième chambre de Dudley. Alors il était là, dans une pièce pas très large mais comme il n'avait aucune affaire à y entreposer, elle semblait disproportionnellement grande. Il se tourna sur le côté et fixa son regard d'émeraudes sur la fenêtre. C'était ce qui lui faisait le plus peur. Parce que dans son placard, il n'y avait qu'une porte. Il savait par où arriveraient les mauvaises choses. Maintenant il avait la fenêtre et la porte à surveiller. Pour un peu, il serait reparti se cacher sous l'escalier. Mais s'il faisait ça, il était sûr qu'il se ferait fâcher. Il remonta ses genoux contre son torse alors qu'il se roulait en boule dans ce lit pas si grand mais plus que son matelas habituel. Il s'entoura dans le drap et se mit à regretter de ne plus sentir les araignées glisser sur lui pour passer leur chemin. Au moins il sentait à travers ça une présence amicale et réconfortante. Il sourit en pensant à ce que les autres élèves diraient s'ils savaient que lui aimait bien ces petites bêtes alors qu'eux en avaient une frousse bleue. Finalement, au bout d'un certain temps à sentir son cœur s'emballer à tous les bruits et ombres auxquels il n'était pas habitués, le petit Harry s'endormit, profondément enfoui sous son drap et sa maigre couverture.
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Dans un appartement Londonien, un Russe tentait de se concentrer sur l'émission télévisée qui était diffusée. Mais en vain, il devait bien le reconnaître. Il n'avait eu aucune nouvelle. Ni de Severus, ni de Lucius. Et il s'inquiétait. Il se doutait bien que Poppy n'aurait sûrement pas le temps de le contacter s'il y avait eu des blessés. Il était maintenant plus de minuit. La télévision exposait des images criardes dans l'obscurité du salon mais Milo ne s'en rendait plus compte. Il finit par éteindre le poste d'un geste machinal. Il alla jusqu'à sa chambre. Il ouvrit la porte sans bruit et y entra à pas de loup. Il arrangea la couverture sur les deux enfants, dégagea leurs cheveux de leur visage. La journée avait été d'un calme affolant. Les deux garçon avaient passé la matinée devant la télé, à moitié endormis par leur réveil forcé aux premières heures. Ils avaient tout de même fait honneur au repas du midi avant de réclamer eux-mêmes d'aller à la sieste. Milo s'était empressé de les coucher avec une séance de chatouilles qui avait fini en câlin. Il aurait été stupide de ne pas s'imaginer que les petits ne comprenaient rien aux bizarreries du jour. Ils savaient parfaitement que quelque chose de grave se passait. Et le fait de ne rien savoir les rendait nerveux. Aussi, la présence joyeuse et réconfortante du Russe les rassurait. Et celui-ci n'avait pu se défaire de leur étreinte qu'une bonne demi-heure après qu'ils se soient endormis. Ils s'étaient accrochés à lui comme un noyé se raccroche à un bout de bois. À leur réveil, ils avaient joué tous les trois. Calmement installés autour de la petite table avec un jeu des sept familles. Puis après le diner, Milo leur avait mis la cassette vidéo d'un dessin animé Moldu devant lequel ils étaient restés fascinés, oubliant tout le reste.
Le Russe revint dans son salon. Avec un soupir, il ouvrit son canapé pour en faire un lit. Il installa les draps et couvertures avant de s'allonger tout habillé. Installé ainsi, sur le dos, les mains sous la tête, il regardait le plafond éclairé par les phares des voitures Moldues. Finalement, il se releva, alluma la lumière et connecta sa cheminée à celle de l'infirmerie de Poudlard. Il devait savoir. Il passa sa tête dans le foyer et remarqua que le bureau était vide mais que de la lumière filtrait sous la porte. Il revint sur son salon, attrapa le mouton en plastique, cadeau d'Ivanna, qui était posé sur une étagère. Il lança un sort le sort de détection de cauchemar sur Ioann et un sort d'alarme sur Draco. Si son filleul était réveillé brusquement, il savait que Draco le serait aussi. Et en mettant le sort sur le blond, il n'allait pas à l'encontre de la magie instinctive du plus jeune qui contrait les alarmes. Il fit en sorte que le mouton réagisse en cas d'alerte, le mit dans sa poche et cette fois, il passa complètement à Poudlard. D'un pas assuré il se dirigea vers la partie allumée de l'infirmerie. Doucement il ouvrit la porte afin de vérifier qu'il ne tombait pas mal. Quatre lits étaient occupés et Poppy allait et venait entre chacun d'un. Il s'avança finalement dans la pièce et se fit remarquer d'un raclement de gorge. La femme sursauta, ne s'attendant pas à avoir un invité surprise.
- Mon Dieu, Milo. Que se passe-t-il? Un problème avec les enfants?
- Non, non, ne vous affolez pas. Ils vont bien. Ils dorment.
- Vous me rassurez. Au moins quelque chose qui va bien.
- Que s'est-il passé? Severus devait me prévenir des évènements une fois l'attaque contrée. Mais je n'ai toujours pas de nouvelles et je commence sérieusement à m'inquiéter.
- Severus ne vous dira rien avant quelques heures tout au mieux. Il est dans ce lit. Il a pris un violent Doloris qui l'a pas mal secoué. Il est sous potion de sommeil.
- Mais, il va bien n'est-ce pas?
- Oui oui, il a juste besoin de repos pour que ses muscles puissent retrouver leur souplesse. Il sera sur pieds demain, mais je refuse qu'il sorte de ce lit avant dimanche matin.
Milo avait les yeux fixés sur son ami, allongé, pâle et crispé sur ce lit d'hôpital. Voilà donc pourquoi il n'avait pas eu de nouvelles. Il se demanda si Lucius avait aussi été blessé. Bien que Draco ne doive pas encore revenir avec son père, il espérait grandement que le blond viendrait prendre des nouvelles de son rejeton. Puis le Russe fixa son attention sur les autres occupants de la pièce. Trois hommes. Dont un avait un air tout ce qu'il y a de plus maladif.
- Avez-vous besoin d'aide? Demanda-t-il.
- Non, tout va bien, je faisais juste des contrôles. Mondingus, ici, pourra sortir demain matin. Remus et Arthur, là devront attendre au moins demain soir. Bien que j'aimerais garder le premier jusqu'à dimanche soir.
- Il n'a pas l'air en forme, vous n'aurez aucun mal à le clouer au lit.
- Ne vous faites pas d'idée. Il ne voudra pas rester plus que de nécessaire. Il a des soucis de santé, et il y est habitué. Il ne voudra pas que je le garde pour quelques blessures de plus.
- Si vous voulez, je l'assomme. Il ne pourra que vous écouter s'il est inconscient.
- Ne vous fiez pas à son air fragile. Il est bien plus fort que vous, jeune vantard. Par contre, quand vous aurez fini de me sortir des âneries plus grandes que vous, j'apprécierais qu'on me prépare une infusion de tilleul.
- Je vous fais ça tout de suite. Et si vous voulez que je vous aide plus...
- Non, ça ira. J'ai déjà renvoyé Molly dormir auprès de ses enfants, ce n'était pas pour vous réquisitionner à sa place.
- Molly?
- La femme d'Arthur. Et la mère de l'élève qui a retrouvé Ioann lors de sa première escapade seul dans les couloirs.
- Oh. Une brave femme dans une brave famille en somme.
- C'est ça. Et vous, soyez brave en m'apportant ma tasse rapidement!
- Oui chef!
Avec un mouvement militaire, il disparut dans le bureau pour mener à bien sa mission. Poppy secoua la tête en souriant. Elle remercia Merlin d'avoir mis cet homme sur sa route. Il avait un don pour alléger bien des tourments. Et pourtant elle n'était pas dupe. Il y avait un petit quelque chose qui faisait qu'elle voyait en lui de vieilles blessures mal guéries. Oh bien sûr, jamais elle ne lui en parlerait. Et elle se dit que si Severus et lui étaient si proches l'un de l'autre, c'est que bien des choses, autres qu'une femme et son fils, devaient les lier. Mais le résultat était là. La bonne humeur et le manque de sérieux de Milo était une bouffée d'air frais. Elle rangea sa baguette, satisfaite de voir que les plaies de Remus étaient en bonnes voie de cicatrisation.
Elle gagna son bureau après avoir éteint la lumière et s'installa devant la tasse que Milo lui tendait. Après avoir savouré le liquide chaud, elle remarqua avec surprise un petit mouton sur son bureau. Avec un léger air penaud, le Russe lui expliqua le rôle du jouet et lui avoua ne pas avoir fait attention à ce qu'il prenait pour jeter le sort. Au bout d'un certain temps, il finit par lui poser la question qui lui brulait les lèvres, à savoir comment c'était passé l'attaque. Poppy n'ayant su que ce que Maugrey, Arthur et Mondingus lui avaient dit, ne put que lui rapporter des brides d'éléments. Mais cela suffit à lui ternir l'esprit de part les victimes malgré l'échec des Mangemorts.
- Au moins Yaxley aura vu qu'il n'était pas un chef de guerre. Avec ça, s'il ne laisse pas la place à Lucius, c'est qu'il est suicidaire, soupira Milo.
- Alors il vaut mieux qu'il le soit. Sinon nous n'aurons plus aucune chance de nous en sortir face à lui et sans espion. Je sais qu'ils se trouvent dans des camps adverses, mais je ne l'aurais pas cru capable de mettre Severus dans cet état. Pas après avoir appris à comprendre leur amitié.
- Alors vous n'êtes pas au courant?
- Au courant de quoi? Demanda-t-elle suspicieuse avant d'ajouter devant l'air hésitant de son compagnon d'infusion. Ah non, jeune homme, vous en avez trop dit! Vous savez que je sais tenir un secret, alors dites-moi tout!
- Très bien très bien, je capitule. En fait, Severus m'a dit que Lucius était hésitant sur ses allégeances. Il n'est absolument pas partant pour faire parti de l'Ordre du Phoenix de Dumbledore, mais il n'apprécie pas pour autant un hypothétique retour de Vous-Savais-Qui. Il était contre l'attaque car il craignait les retombées pour sa famille. Severus essaie de le travailler en douceur pour l'amener dans son sens. Mais il sait aussi que si Albus s'en mêle, Lucius va se braquer. Ce soir, ils devaient se battre l'un contre l'autre afin d'affirmer aux deux camps leurs positions respectives. C'est cruel, mais je pense que la souffrance de Severus était manigancée de façon à ce que les Mangemorts et Yaxley en premier se retournent vers Lucius. S'il devient leur chef, alors c'est un bon point pour nous. Car Lucius fera tout pour étouffer le fiasco de ce soir et se débrouillera pour contrer lui-même les envies de tueries de son groupe. Severus m'a dit que dans les rangs, notre blond était considéré comme un homme du Maître depuis son enfance. Personne ne le soupçonnera lui, de faire un double jeu.
- Je comprends mieux maintenant. Je m'étais demandée pourquoi Lucius avait été aussi violent avec Severus alors que son fils était à sa garde.
- Bien sûr ceci ne doit pas sortir de ce bureau. Tant que Lucius n'est pas prêt, il ne faut pas qu'Albus tente de le recruter. Je sais que c'est un grand homme, mais je trouve qu'il a fait pas mal d'erreur de jugement au final.
- C'est un sorcier puissant, mais tout comme vous, je trouve ses faits un peu trop lourds de conséquences. Il n'est pas plus diplomate qu'il s'agisse d'un adulte ou d'un enfant.
- En parlant d'enfants, je vais vous laisser. Il est bien tard et quand mes deux monstres s'éveilleront tout à l'heure, il faut que je sois en forme.
- Ne me faites pas croire que vous ne les aimez pas, vos deux petits monstres.
- Comment ne pas les aimer? L'un, je l'ai vu naitre et l'autre est tellement attachant avec ses grands airs cachant son cœur d'or. Bien, je vais retrouver mon canapé. Passez une bonne nuit et remettez nous sur pieds notre machine à sarcasmes. Il est pénible mais lui aussi il est attachant. Et j'y tiens quand même un peu.
- Je n'en ai jamais douté, rigola l'infirmière.
Milo se retrouva dans ses draps peu de temps plus tard, plus détendu que toute la journée passée. Finalement tout ne s'était pas si mal passé que cela.
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Au même moment, dans une petite chambre presque vide, un petit garçon transpirait et gémissait en s'entortillant dans son linge. Il se réveilla brutalement en mordant son oreiller pour ne pas faire trop de bruit. Puis quelques sanglots furent étouffés alors que l'enfant revoyait défiler une nouvelle fois son cauchemar. Il y avait une lumière verte, et une dame avec un bébé. Il était sûr que le bébé c'était lui. Mais il ne savait pas qui elle était. Par contre, il avait bien compris qu'elle était morte. Il ne savait pas comment une lumière pouvait tuer mais il était sûr d'avoir rêvé ça. Cela faisait un moment qu'il n'avait plus cauchemardé. Et il ne se rappelait plus s'il avait un jour vu celui-ci. Mais maintenant qu'il se réveillait totalement, il savait que dans quelques heures, il se ferait disputer. Oh, il n'avait pas fait de bruit. Non, ça il avait l'habitude de rester silencieux. Par contre, il venait de faire pipi dans son lit. Il aurait voulu changer les draps mais les propres étaient dans le placard de la chambre de son oncle et sa tante. Et de toute façon, il se ferait disputer quand ils découvriraient les draps sales. Aussi il se leva en reniflant, enfilant un pull trop large. Il ouvrit le lit, enleva les draps et les porta dans la salle de bain, dans la panière à linge. Il y posa également son pyjama sale, ne gardant que son pull. Puis il descendit et retourna dans son placard où le matelas était toujours installé. Il n'avait pas très chaud, ainsi déshabillé, mais il ne voulait pas faire plus de bruit en cherchant d'autres habits à enfiler. Il se roula en boule contre la paroi et se rendormit assez facilement, dans l'espace restreint mais rassurant du cagibi.
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Lucius n'était pas encore couché. Il n'aurait de toute façon pas réussi à s'endormir. Il avait dû jouer serré avec ses camarades. Après la débandade de Pré-au-Lard et le fiasco de Godric's Hollow, Yaxley, pris de folie, avait voulu les entrainer sur les traces du jeune Potter. Lucius avait été obligé de lui lancer un sort pour l'immobiliser. Il entra dans sa douche et l'eau à température parfaite commençait déjà à détendre ses muscles. Il s'était pris un sort de Severus dont il sentait encore les effets. Il ne le connaissait pas mais ses muscles avaient manqué de crier grâce. Son esprit vagabonda alors tout au long de sa soirée pour arriver principalement sur la fin.
- Je te conseille de me libérer rapidement, Malfoy.
- Donne-moi donc une bonne raison.
- Parce qu'en attendant le retour du maître, je suis le chef de cette organisation.
- Tu es un chef bien léger, je trouve. Un de ceux qui oublient qu'ils ont informé l'ennemi. Un de ceux qui se jettent à l'aveuglette dans une attaque qui ne fera que tous nous tuer. Penses-tu réellement que Dumbledore n'a pas assuré la sécurité de Potter alors qu'il était sur nos deux attaques? Sers-toi donc un peu de la matière grise que tu as dans ton crâne avant qu'elle ne devienne entièrement gélatineuse!
- Comment oses-tu me ...
- Imbécile! Pour moi tu n'as pas fait tes preuves. Cette action aurait pu sonner le retour de notre supériorité face au monde et n'a juste prouvé que sans le Lord nous ne sommes rien. Débrouille-toi comme tu veux, mais ne me compte plus parmi vous. Je suis ambitieux, pas suicidaire!
- Malfoy! Tu n'as pas le d ...
- Il a raison, intervint Greyback. Nous étions en nombre bien supérieur qu'une attaque normale et pourtant nous avons échoué. Un vrai chef de guerre sait où placer ses pions et surtout il n'oublie pas qu'il a transmis ses plans à un traitre. Je fais cavalier seul. Je regrouperais mes propres troupes parmi les Loup-garous. Mais je ne suivrais pas un avorton comme toi!
- Ouais. Si on veut être respecté, il nous faut un vrai meneur. Pas un qui nous envoie à notre perte ou à notre mort! S'écria Alecto Carrow.
- Le Maître avait confiance en Lucius pour mener les attaques. Et il n'a jamais failli. Moi je suis pour que Lucius reprenne l'affaire en main ! Continua Travers.
Les autres s'étaient tous ainsi exprimés dans ce sens là. Même Greyback qui le fit avec une certaine retenue. Finalement Yaxley abdiqua, conscient des erreurs trop nombreuses qu'il avait accumulées sur cette action. Il fut libéré du sort et grommela qu'il acceptait que Lucius prenne sa place à leur tête.
- Bien, alors pour l'instant, au lieu de courir se jeter dans les filets de Dumbledore en attaquant Potter sans préparation, nous rentrons chez nous, nous nous faisons discrets quelques jours. Puis nous attaquerons progressivement. Pas de gros coups inutiles. On se contentera dans un premier temps d'attaques parsemées, petites mais sanglantes. Le but est de faire régner un climat de peur. Après nous aurons matière à agir.
- C'est un comportement lâche, ne put s'empêcher de contrer Yaxley.
- Non, c'est un comportement sécuritaire après le fiasco de ce soir. Mais tu es libre d'agir comme bon te semble. Évite juste de nous inclure dans tes imbécilités!
Ils s'étaient affrontés du regard avant que finalement Yaxley ne reconnaisse ses tords. Ils s'étaient séparés, transplanant tous chez eux. Lucius rouvrit les yeux qu'il n'avait pas idée d'avoir fermés. Il avait réussi à prendre la tête de ce groupe avec l'accord de tous. Il allait pouvoir gérer cela de la meilleure façon pour lui et sa famille. Il coupa l'eau et attrapa son shampoing. Dans quelques heures, il faudrait qu'il envoie un message à Narcissa pour lui dire que tout allait bien. Puis il irait voir Draco. Ne plus le voir aussi souvent qu'il le voulait, était plus difficile à supporter qu'il ne l'aurait cru.
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Samedi 1er Novembre 1986.
Les premières lueurs de l'aube commençaient à éclairer la vaste salle de l'infirmerie. Mais ce ne fut pas ce qui réveilla Remus ce matin là. La douleur lancinante qui remontait depuis sa jambe, tenait une bonne place dans son éveil. Mais le froissement de draps et les gémissements qui résonnaient dans ses oreilles à l'ouïe trop fine, étaient le déclencheur principal. Il ouvrit difficilement les yeux avant de se souvenir qu'il n'était pas chez lui mais à l'infirmerie de Poudlard après une attaque de Mangemorts. Il tourna la tête d'un côté pour voir qu'Arthur dormait comme un bienheureux. Un mouvement un peu plus loin attira son attention. Il se redressa sur le lit en grimaçant pour voir que Severus était aux prises d'un cauchemar visiblement important. Alors qu'il réfléchissait à ce qu'il allait faire pour lui venir en aide sans se prendre un Avada, il remarqua que Mondingus avait aussi été réveillé et qu'il n'avait pas son dilemme. Celui-ci se levait déjà de son lit pour s'approcher de celui du Maître des Potions.
- Oh Snape, réveille-toi. Pas la peine de rester dans ton rêve vu l'état dans lequel il te met.
Il tendit la main pour le secouer quand il fut projeté plus loin par une décharge de magie. Remus se leva en vacillant pour aider Ding à se relever quand il remarqua Poppy, figée devant son bureau. Finalement il se rassit sur son lit, ses jambes ne le tenant pas. L'infirmière s'approcha rapidement et vérifia que l'éjecté n'avait pas subi trop de dégâts. Elle ne diagnostiqua qu'une bosse et un léger mal de tête. Par contre elle s'approcha doucement mais soucieusement de Severus. Elle avança délicatement sa main de lui avant de s'arrêter. Déjà une sorte de barrière magnétique s'électrisait à son approche, prête à la repousser au loin. Et Severus s'agitait toujours autant, les traits crispés par une douleur très visible.
- Poppy, que se passe-t-il? Demanda Arthur qui avait été réveillé par le choc de Mondingus.
- Je ne sais pas. Mais on dirait une sorte de protection inconsciente.
- Comme celle des enfants lorsque leur magie instinctive ressent un danger?
- Oui Arthur. Sauf que la magie noire crépite dans celle-ci.
- Ce n'est pas étonnant, il a été plongé là-dedans depuis très longtemps. Je suis presque sûr qu'il en connaissait déjà une bonne base quand nous sommes arrivés à Poudlard, énonça Remus.
- C'était sûrement le cas. En tout cas cette réaction involontaire m'éclaire sur certaines choses ... mais ne m'aide pas à savoir comment l'aider.
- Peut-être que ces choses éclairées pourraient aider.
- Non, elles ne le concernent pas directement, dit-elle par automatisme. Severus? Severus vous m'entendez? Vous êtes dans mon infirmerie, vous êtes en sécurité. Nous sommes en amis ici. Et ...
Elle s'arrêta net en se redressant. Il lui fallait l'aide de quelqu'un qui le connaissait bien. Elle se précipita dans son bureau, claqua la porte et ne vit pas les regards interloqués de ses autres patients. Elle loupa également l'arrivée de Molly qui se précipita sur Severus pour l'aider mais qui heureusement fut stoppée par Ding. Pendant ce temps là, l'infirmière avait connecté sa cheminée et avait passé la tête dans le foyer, appelant son destinataire. Celui-ci arriva rapidement en refermant consciencieusement la porte de la cuisine.
- Poppy? Je ne pensais pas vous voir de si tôt!
- Milo, où sont les enfants?
- Dans la cuisine, ils finissent leur déjeuner. Pourquoi?
- Un problème avec Severus. J'ai besoin de vous tout de suite.
- Mais je ne peux pas les laisser tous les deux à la maison sans surveillance alors qu'ils sont réveillés!
- Amenez-les. Ils resteront dans mon bureau.
- Très bien. Laissez-moi dix minutes pour les préparer et j'arrive.
- Merci.
La communication fut coupée brutalement et Milo regarda l'âtre un long moment plus tard. Finalement il se reprit et réfléchit rapidement. Il ne pouvait pas emmener Draco avec lui. Sa présence là-bas alors que son père faisait parti des Mangemorts, était impensable. Il ne pouvait pas non plus le renvoyer dans son Manoir. S'il arrivait maintenant à lire son nom, il ne déchiffrait pas encore le mot « Manoir » qui lui aurait permis de passer le Fidélitas. Le Russe se fustigea mentalement. S'il avait pris le soin de présenter Henrique à Severus et Ioann, il aurait pu l'appeler pour qu'il vienne garder les enfants en son absence. Mais voilà, il ne l'avait pas fait et son filleul avait besoin de connaître la personne avant de reste seul avec elle. Il n'y avait plus qu'une seule solution. Il activa sa cheminée. La protection qu'il heurta lui demanda son nom et le sujet de son message. Après avoir décliné son identité et demandé à voir Narcissa en urgence, sa tête bascula dans le salon des Tonks devant trois adultes visiblement inquiets.
- Milovan? Merlin, que se passe-t-il? C'est l'attaque? Draco ?
- Calmez-vous Narcissa. L'attaque s'est visiblement passée comme prévu. Le souci est que Severus a été blessé et qu'il y a un problème. Poppy ne m'en a pas dit plus mais m'a demandé d'urgence. Je peux facilement y aller avec Ioann mais pas avec Draco. Puis-je vous l'envoyer?
- Bien sûr! Et puis je serais ravie de passer un peu de temps avec lui. Il me manque terriblement.
- Vous lui manquez aussi beaucoup. Il a mangé mais je vous laisse le soin de finir de le préparer.
Quelques instants plus tard, après avoir expliqué le minimum aux enfants afin de ne pas les affoler, Milo indiqua à Draco qu'il passerait la journée avec sa maman. Celui-ci fut content mais prit le soin de dire à Ioann qu'il lui reviendrait très bientôt. Onze minutes après le coup de cheminette de Poppy, Milo et son filleul arrivaient à Poudlard. Il n'avait pas eu le temps d'habiller Ioann. Il lui avait juste fait enfiler un pull épais et des chaussettes chaudes. Il l'installa sur le fauteuil qui était devenu le sien, avec des jouets en lui demandant de rester sage le temps qu'il allait voir Poppy. L'enfant accepta mais dans ses yeux, on pouvait lire qu'il n'était pas rassuré. Sans compter qu'il avait déjà réclamé son père par deux fois depuis son réveil et qu'il commençait visiblement à se dire qu'il y avait un problème. Milo l'embrassa sur le front et sortit du bureau. Il regarda directement le lit de son ami qui s'agitait toujours autant. Il s'approcha précipitamment.
- Non, attendez Milo! Il va vous ...
Poppy ne finit pas sa phrase que le Russe atterrissait deux lits plus loin. Il se releva en grimaçant et en se frottant le bas du dos. Henrique ne le croirait jamais lorsqu'il lui dirait pourquoi il avait mal là. Poppy avait intérêt à lui donner une bonne potion.
- Si vous m'aviez laissé le temps de vous expliquer! Râla celle-ci, les mains sur les hanches et le pied frappant convulsivement le sol.
- Allez-y, je vous en prie... Je suis prêt à vous entendre maintenant.
- Il est visiblement pris dans un cauchemar mais je n'arrive pas à le réveiller. Dès qu'on s'approche de lui, une barrière s'enclenche et éjecte l'intrus. Je me disais que vous pourriez peut-être lui parler de choses agréables pour le faire revenir. De choses que seuls vous et lui connaissez.
Milo la regarda avec attention. Oui, ça il pouvait le faire. Il se rapprocha doucement, ne voulant pas non plus dévoiler leurs secrets aux quatre autres personnes que comptait la pièce. Mais à quelques pas de son ami, la magie de celui-ci crépita. Alors il s'arrêta et commença à lui parler ... en russe.
- Severus Snape, t'es vraiment qu'un emmerdeur ! Tu le sais ça? Tu oublies me tenir au courant pour les résultats de l'attaque. Tu te précipites pour jouer les belle au bois dormant et ensuite tu me déranges en plein déjeuner parce que tu ne laisses personne t'approcher. Tu mériterais vraiment que je te donne une bonne fessée pour ça! J'avais parfaitement bien commencé ma journée avec deux angelots qui sont venus me rejoindre dans mon canapé car ils s'étaient réveillés au milieu de la nuit! Quand je pense qu'Iva disait que t'étais un type bien! Alors que tu m'as privé de tendresse !
Toutes les personnes présentes le regardaient avec étonnement. Non, Poppy le regardait en roulant des yeux. Bien sûr elle ne le comprenait pas mais le ton lui disait qu'il était en train d'engueuler Severus pour lui faire une sorte d'électrochoc. Molly s'était assise sur le lit aux côtés de son mari. Elle regardait les deux hommes avec effarement. Qui donc était cet étranger qui semblait passer ses nerfs sur le blessé? Il avait besoin d'aide et de se réveiller. Pas de se faire crier dessus. Elle lui aurait d'ailleurs sauté dessus pour le remettre à sa place si Arthur de ne l'avait pas agrippée pour la maintenir en place. Remus fronçait les sourcils. Il ne connaissait pas cet homme. Il ne l'avait vu ni d'Ève ni d'Adam. Mais son odeur lui disait quelque chose. Il l'avait sentie la veille en s'approchant de Severus. C'était donc quelqu'un de très proche pour que son odeur se soit imprégnée à lui. Deux autres odeurs étaient aussi sur les deux hommes mais il ne les reconnaissait pas non plus. Elles étaient plus jeunes. Peut-être les enfants de ce blond. Mondingus se disait qu'il aurait mieux fait de rentrer chez lui juste après l'attaque. Il n'aurait peut-être pas été aussi bien soigné qu'ici mais il n'aurait pas faire de vol plané au milieu de sa chambre. D'ailleurs quand il entendit le Russe s'exprimer, il décida de ne pas attendre que Snape s'éveille et s'énerve. Il n'avait rien compris des mots mais donna son congé à Poppy, lui assurant qu'il allait bien et partit presque en courant de l'infirmerie.
- Alors tu vas me faire le plaisir de te réveiller, saleté de fainéant! Espèce de brute! Dire que je te croyais mon ami! Tu as fait exprès de me blesser dans mon orgueil pour te débarrasser de moi! Mais sache que je suis résistant et qu'il en faut plus pour me faire disparaître! Ivanna a déjà tenté avant toi mais n'y est pas arrivée, alors ne crois pas que ...
- Ferme-la, crétin de Russe.
La voix n'était qu'un faible murmure mais jamais Poppy et Milo n'avait autant apprécié de l'entendre.
- Connard d'anglais. Tu sais que tu m'as fait peur ?
La voix de Milo s'était considérablement adoucie, contredisant les mots. Mais aucune réponse n'arriva, Severus s'était laissé glisser dans une inconscience plus calme. Poppy s'approcha de lui rapidement afin de vérifier sa fièvre. Les autres n'avait rien compris des mots échangés, mais ils étaient heureux de voir que l'orage était passé.
- Bien. On ne peut pas dire qu'il tienne la forme mais au moins il n'est plus bloqué dans son cauchemar. Pour l'instant il est dans un léger coma. J'aurais préféré qu'il soit juste endormi mais ça aurait pu être pire, annonça-t-elle en se relevant, alors que déjà quelques étincelles magiques réapparaissaient. Bien, il semblerait que ce soit un système d'autodéfense. Personne ne l'approchera tant qu'il est dans cet état. Au moins n'est-il plus pris dans son cauchemar. Bravo Monsieur Gabrilov, je ne m'attendais pas à des résultats aussi rapides.
- C'est qu'il aime les mots doux.
- Vous l'avez traité de « stupide anglais » ?
- Non, de « connard d'anglais ». Mais au final ça revient au même.
- Tous des gosses ... , soupira Poppy amusée en roulant des yeux. Je suppose qu'il vous a renvoyé vous faire voir.
- Non, il m'a juste dit de me la fermer, répondit Milo avec un ton rêveur avant d'ajouter devant l'air sévère de l'infirmière. Et aussi que j'étais un crétin. Mais ça ne compte pas, c'est mon troisième prénom ça!
Le rire de Remus leur rappela que la scène s'était déroulée en public. Poppy présenta rapidement les membres de l'Ordre du Phœnix avant que Milo ne se présente lui même.
- Milovan Dmitri Crétin Gabrilov, ami et frère de cœur de l'abruti allongé là-bas. Mais ne lui répétez pas surtout.
- Non ne dirons rien sur l'insulte, ne vous inquiétez pas, assura Molly.
- Oh non, ça vous pouvez, Il a l'habitude. Mais ne lui dites pas que je vous ai dit qu'il est mon frère de cœur Il vous torturerait avant de me tuer.
- Vous me plaisez bien, monsieur Gabrilov. Votre humour est agréable, même s'il se fait sur le dos de Severus, sourit Remus.
- Si vous saviez tout ce qu'il m'envoie dans la figure ...
- Quand ils commencent, ils mériteraient d'être envoyer au coin tous les deux, râla Poppy en faisant glisser des potions dans la bouche de Severus tout en se prenant des décharges de plus en plus vives.
- Oh oui Poppy, j'aime quand vous êtes méchante.
- Pervers !
- Et voilà! Quand je dis que je suis persécuté !
Un éclat de rire lui répondit. Remus appréciait grandement cet homme. Il ne semblait rien prendre au sérieux. Il ressemblait un peu à Sirius. Il secoua la tête pour ne plus penser à ça. Puis une question lui vint à l'esprit.
- D'où connaissez-vous Severus? Je m'excuse d'être indiscret mais, j'ai passé sept ans de ma scolarité avec lui et personne ne l'a approché comme vous le faites.
- Parce que personne n'a vu en lui l'homme bon qu'il cache derrière son masque.
La réplique si sérieuse, jeta un froid dans l'infirmerie. Milo regarda son ami, son frère. Non, personne à part Ivanna et lui, ainsi que Lucius et Poppy dans une certaine mesure, n'avait vu le trésor que renfermait ce cœur meurtri.
- Je l'ai connu il y a six ans, quand il est venu en mission dans mon pays. Ne croyez pas qu'on soit devenu ami en un clin d'œil. Non, il a dû faire ses preuves et moi les miennes. Par contre maintenant, je n'accepterai pas d'entendre des conneries proférées sur lui. Pour moi il est mon petit frère, et je peux être vraiment méchant quand on s'attaque à ma famille.
Oui, Remus était tout à fait conscient qu'il disait vrai. Son air jovial avait disparu. Sûrement était-il au courant des divergences qui animaient les membres de l'Ordre et Severus. Et dans un sens il en était content. Bien sûr, leur adolescence avait été le témoin de leurs bêtises mutuelles et de leurs guerres incessantes. Mais ils avaient grandi et muri. Chacun avait perdu quelque chose dans la guerre. Chacun était dirigé par ses propres vengeances. Et la détermination de Severus la veille lors de leur réunion était une preuve indéniable.
- Je m'excuse de vous avoir fait croire le contraire. Ce n'était pas le but. J'avais juste un peu de mal à voir Severus comme vous le voyez. Mais je comprends ce que vous voulez dire. Plus que vous ne le croyez.
- Je ne crois rien. Ne vous excusez pas, je pense que nous avons tous passé une mauvaise nuit. Vous pour des raisons plus nobles que les miennes, vu que je n'étais pas sur le terrain.
- Mais votre rôle était important Milo. Terriblement important pour Severus. Ne le discréditez pas. Sans compter que ...
- Oncle Milo? L'est où papa?
o0o
La journée commençait également dans le Surrey. Petunia se leva avec quelques minutes d'avance sur son mari. Elle passa en premier dans la salle de bain et découvrit les draps sales dans la panière à linge. Elle se demanda pourquoi le garçon avait changé ses draps alors qu'ils étaient propres la veille. Elle fulmina en pensant qu'il devait croire que comme il avait une chambre, il aurait le droit de changer sa literie tous les jours. Elle se prépara rapidement en se disant qu'elle allait lui apprendre qu'il n'était pas question qu'il prenne ses aises. Elle s'agenouilla pour les ressortir de là quand elle tomba sur le pyjama souillé. Vernon se leva et arriva vers elle pour l'embrasser machinalement. Il regarda, étonné, sa femme gratter dans la panière à linge. Il la regarda étrangement lorsqu'elle poussa un petit cri en lâchant un linge de couleur délavé.
- Un problème Pétunia?
- Le gamin n'a rien trouvé de mieux que d'uriner dans ses draps propres et presque neufs! Regarde, il a même laissé son pyjama là!
- Il a quoi? Quel petit ingrat! On lui offre une vraie chambre et voilà comment il nous remercie! Cela ne va pas se passer comme ça!
Il attrapa une bassine et y déposa le vêtement avant de revenir dans le couloir. Il parcourut la petite distance qui le séparait de la chambre qu'il ouvrit à la volée. Mais elle était vide. Il fronça les sourcils avant de descendre et de se précipiter sur le placard. Il fit sursauter le gamin endormi sous l'escalier avant de l'attraper par le bras. Il le traina dans le couloir et la cuisine avant d'ouvrir la porte de derrière. Là il jeta presque l'enfant au sol et balança la bassine à ses côtés.
- Tu apprendras qu'ici on nettoie ses taches. Tu ne rentreras pas à la maison avant que ce pyjama soit lavé et séché! Ensuite tu auras tes corvées à accomplir. Et comme tu n'auras pas le temps de les finir, tu passeras ta journée demain à les faire!
Puis la porte claqua laissant Harry assis dans l'herbe, les fesses nues sous son pull trop grand, la bassine et son pyjama abandonnés sur le sol. Il finit par se relever et alla prestement remplir la bassine d'eau avant d'y plonger son vêtement et de le frotter. Il dut recommencer un bon nombre de fois. N'ayant pas de savon et juste de l'eau froide, le nettoyage ne se faisait pas facilement. Mais quand les traces de son cauchemar eurent disparues, il essora au mieux le linge avant de l'étendre sur une chaise qu'il installa dans un maigre rayon de soleil. Puis il s'assit lui aussi dans la faible chaleur solaire, cachant ses jambes frêles dans son long pull. Malgré cela, il se mit rapidement à frissonner. La température ne dépassait pas les cinq degrés en cette matinée de premier novembre. Finalement, une quinzaine de minutes plus tard, sa tante l'appela. Elle l'autorisa à étendre son vêtement dans la salle de bain afin qu'il puisse le remettre le soir même et lui ordonna ensuite de rester assis devant la porte du jardin en attendant. Le carrelage n'était pas aussi confortable que l'herbe, mais au moins dans la maison il faisait chaud. Vernon passa devant lui en le foudroyant du regard et renifla en arrivant devant Petunia. Celle-ci lui répondit d'une voix froide qu'ils devaient se faire discrets avec l'enfant. L'homme en noir n'était peut-être pas très loin. Harry ne comprit pas. Mais il était content de ne pas à rester presque nu dehors et c'était tout ce qui lui importait pour l'instant. Plus tard il s'inquièterait de ne pas avoir le temps de faire ses devoirs. Mais c'était plus tard.
o0o
Tous se retournèrent vers le petit garçon qui venait d'apparaitre à la porte du bureau. Le temps passait et Ioann était toujours seul. Il se demandait quand son oncle allait revenir le chercher. Et surtout il commençait à avoir peur pour son papa. Des larmes dans les yeux il avait décidé d'aller voir Poppy qui devait être à côté. Mais il s'était arrêté sur le pas de la porte en voyant que son oncle était là, mais qu'il était terriblement sérieux. Par contre il faillit repartir en courant en voyant tant de regards fixés sur lui. Molly fut la première à réagir. Elle se leva prête à se précipiter sur l'enfant pour vérifier qu'il allait bien et le réconforter. En temps que maman elle avait des réflexes assez conditionnés. Mais elle fut interceptée par Poppy qui lui intima de ne rien faire, craignant une crise de panique. Arthur se demanda sérieusement ce qu'un enfant faisait dans l'infirmerie. Vu qu'il ne parlait pas Anglais, il aurait pu supposer qu'il était l'enfant de ce Milovan, mais le fait qu'il l'avait appelé « Oncle », prouvait que ce n'était pas le cas. Remus lui avait reconnu l'une des odeurs, forte et récurrente qu'il avait décelée sur Severus la veille et sur Milo quelques instants auparavant. L'enfant n'était pas très grand, pas bien gros. Il pouvait même dire qu'il était assez maigre. Et malgré son pyjama bleu à étoiles vertes et ses chaussons en tête de souris, il ne pouvait pas passer à côté de la ressemblance frappante avec son ancien camarade de classe.
- Petit Ange. Je t'avais dit de rester dans le bureau.
- Oui mais m'ennuie. Puis veux papa. L'est où?
Les yeux larmoyants de l'enfant serrèrent le cœur de tous les adultes présents. Milo s'approcha de lui et l'attrapa dans ses bras pour le rassurer. Mais en faisant cela, il fit entrer, inconsciemment, Severus dans le champ de vision du garçon. Celui-ci se mit à trembler et se débattit pour revenir sur le sol. Le Russe ne put que le déposer pour ne pas qu'il se fasse mal. Ioann se précipita alors vers le lit qu'il escalada difficilement. Il fallait bien dire qu'ils étaient plus hauts que ceux de sa maison. Puis là il s'assit et regarda son père en pleurant. Puis, en sanglotant, il se serra contre lui en l'appelant.
Poppy et Milo se précipitèrent pour l'éloigner avant qu'il ne soit éjecté par le champ de force de Severus, mais rien ne se produit. Molly avait dû se rasseoir rapidement et regarda la scène bouche bée. Elle aussi avait eu peur que l'enfant ne soit blessé comme Mondingus et Milo l'avaient été. Arthur n'en menait pas large non plus. C'était quelque chose de voir un enfant triste, mais en voir un appelant Snape Papa en était une autre. Remus semblait presque frappé. Mais il comprenait pourquoi cette odeur là était plus persistante que les autres. Parce qu'elle avait aussi une partie de Severus en elle. Poppy s'approcha un peu plus et la magie de l'inconscient crépita autour du lit.
- Bien, au moins pouvons-nous être rassurés. Même dans le coma, il arrive à protéger Ioann.
- Que croyez-vous, Jolie Poppy, même à moitié mort il le fera.
- J'espère bien ne jamais à le voir dans ces conditions extrêmes. Malgré son caractère de chien, je me suis attachée à cette tête de mule.
- Ah, vous aussi vous trouvez ces petites bêtes adorables?
- Pouvez-vous nous expliquer la situation? Demanda Molly toujours sous le choc.
- Je vous présente Ioann Luka Soloviev Snape, répondit Milo, le fils de Severus et de celle que je considérais comme ma sœur.
Ce fut la seule révélation que Milo s'autorisa. Il s'approcha doucement, craignant d'activer la protection de Severus. Il lui parla pour l'amadouer mais cette fois, à cause de la présence de Ioann, ses mots furent retranscrits en anglais. Aussi ne fit-il aucune illusion à Iva. Finalement il put s'approcher sans encombre du lit. Il enleva le pull et les chaussettes de Ioann et l'aida à se glisser sous les couvertures. Il s'arrangea pour faire basculer Severus sur le côté et ainsi l'enfant se retrouva protégé des bras de son père, entouré par la magie électrique qui s'était remise en action à l'éloignement du Russe.
Poppy les délaissa, consciente que de toute façon, elle ne pourrait rien pour eux dans l'immédiat. Elle s'occupa donc de vérifier l'état de santé de Remus, lui ordonna de ne pas quitter ce lit avant le lendemain, sauf nécessité urgente de sa vessie. Il ricana légèrement en lui disant que si elle lui faisait prendre moins de potion, il n'aurait pas besoin d'aller si souvent aux toilettes. Mais il se tut rapidement en se prenant un regard noir. Puis elle ausculta Arthur avant de lui dire qu'il pouvait sortir. Sa femme et lui prirent congé après avoir jeté un regard complice et attendri sur le jeune père qui inconsciemment avait resserré sa prise sur le garçon.
Milo s'en alla aussi, poussé par Poppy. Elle lui promit de bien s'occuper de sa famille et de le contacter en cas de problème. Elle râla pour la forme, comme quoi il n'avait aucune confiance en elle quand il hésita à partir. Finalement, il regagna son appartement juste à temps pour recevoir un appel de cheminette. Son correspondant avait, semble-t-il, tenté de le contacter plusieurs fois sans succès et commençait à sentir sa patience disparaitre. Ce fut avec un soupir résigné qu'il s'assit sur son canapé alors que sa cheminée crachait son interlocuteur énervé.
