Titre : Moi et Moi Seul !
Auteur : Moi-même ! (Lubilule-Malefoy)
Disclaimer : L'univers et les personnages ont été créés et appartiennent à la Grande Déesse J.K. Rowling !
Résumé : Harry Potter, le Survivant, lors d'une sortie à Pré-Au-Lard rencontre un jeune homme fort intéressant... Et fort séduisant. Mais quel est cet inconnu du nom de Tom ? D'où vient-il ? Pourquoi ne le traite-t-il pas comme tous les autres ? Et pourquoi est-il aussi beau, par Merlin ? Découvrez les mésaventures du célèbre Harry Potter !
Pairings : LV x HP [Et autres peut-être au fil du temps...]
Rated : M Progressif
Note de l'auteure : Je vous souhaite une bonne lecture à toutes et à tous(?) ! Une petite review ne fait pas de mal, surtout que ça permet à l'auteur de lui donner un bon coup de pied au c** pour qu'elle écrive plus vite ! J'espère que vous aimerez ! Sur ce...
SPOIL : SPOIL sur l'histoire de Voldy, et sur le TOME 5
Tout d'abord ! Merci à toutes celles et ceux(?) qui m'ont laissé une review sur le chapitre précédent ! Merci à : Bichtouille, Guest, ptitcoeurfragile, Liliume, Bellasidious, Princesslytherin, ScyllaJad, Kimie30, Streema, Reapersis, Pi, Safira06, Yume resonnance, Sayuri Ashihei, Pear et lordarchi !
Bonjour / Bonsoir à tout le monde !
Tout d'abord merci beaucoup pour toutes vos reviews ! (16 !) Ca faisait... 10 chapitres que je n'en avais pas eu autant (soit un an et demi :0 )! Alors merci beaucoup ! Ca me touche vraiment :D !
Et pour les personnes m'ayant avoué qu'elles avaient abandonné la lecture... Ne vous en faites pas, ça arrive, même à moi :) Le principal c'est que vous soyez de retour et que cette fiction vous plaise toujours après tout ce temps !
Sinon : J'avais prévu de poster/écrire ce chapitre il y a quelques jours mais.. vous verrez qu'il est un peu.. spécial. Et ça a été très dur pour moi de l'écrire. On arrive à un stade de l'histoire où tout prend un tournant différent et.. j'ai eu le trac. Alors à la place, j'ai déjà rédigé le chapitre 14 de Magnétique, et je le posterai demain ou ce week-end. MAIS, après quelques jours loin du PC, j'ai réussi à me remettre dans le bain et à arrêter de stresser, donc voilà ce chapitre tout frais ! (Nan je déconne, je suis toujours autant en panique = je crois que vous allez me détester. . .)
Dans tous les cas, je me prépare aux insultes (lel), et je vous revois pour parler de tout ça dans l'annonce du prochain chapitre !
Merci encore pour vos petits messages de soutien sur ma situation perso ! Pour l'instant rien de nouveau ! Je vous tiendrai au jus :)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Lubilule-Malefoy
43 – Le Rituel
Sian et Esaias avaient quitté la pièce quelques minutes plus tard, après avoir échangé quelques mots avec le Seigneur des Ténèbres. Mais Harry n'avait rien entendu. Ou plutôt, il n'avait rien écouté. Son esprit avait décroché au moment où le regard de Voldemort lui avait annoncé que sa fin était proche. Beaucoup plus proche que ce qu'il avait d'abord pensé. Car si la Sorcière et son assistant étaient prêt, ce n'était plus qu'une question d'heures ou de jours avant qu'ils ne se mettent au travail, et une fois qu'ils auraient réussi, il se ferait éliminer sur le champ. Voldemort avait attendu bien trop longtemps déjà pour laisser traîner davantage les choses. D'ailleurs, celui-ci, maintenant qu'ils se retrouvaient de nouveau seuls, s'avança vers le lit et s'assit aux pieds de Harry, là où le Mangemort blond se tenait quelques minutes auparavant.
- Que voulait-elle dire par « à deux doigts du coma » ? Demanda-t-il alors à Harry.
- Où Bellatrix est-elle donc partie chercher Serys ? Lui demanda Harry presque en même temps.
Honnêtement, il l'avait fait exprès. Dès qu'il avait vu qu'il s'apprêtait à parler, il avait lui aussi décider de poser une question. Il ne voulait pas parler de ce qui s'était passé. Pas avec lui. Il ne voulait pas lui montrer à quel point son avenir proche le préoccupait. Pas lui montrer sa faiblesse. Pas plus encore. Il y eut un silence, pendant lequel Voldemort sembla tout de même attendre une réponse, mais parût se résigner en répondant à l'interrogation du plus jeune avec un sourire en coin.
- Tes amis l'avaient emmené à Square Grimmaurd, dit-il simplement en le fixant.
Harry eut instantanément des sueurs froides et son rythme cardiaque s'accéléra. Comment Voldemort pouvait-il être au courant de l'existence de Square Grimmaurd ? Puis ce fut évident. Bellatrix. Elle connaissait cette maison. Elle avait été la cousine de Sirius. Elle aussi, était une Black. Elle avait dû trouver un moyen quelconque pour pouvoir y accéder. Ce n'était pas impossible, malgré les mesures prises par Dumbledore. Harry savait bien, pour l'avoir entendu de la bouche de Sirius et des Weasley, que les vieilles familles de sang-pur trempaient dans pas mal de combines, et cachaient un certain nombre de choses au monde Sorcier commun. Mais le fait de savoir qu'à présent, le Seigneur des Ténèbres connaissait son emplacement, était loin d'être une chose rassurante. Loin de là. Les couleurs avaient désertées le visage du Gryffondor, et le Mage Noir se leva pour pouvoir se rasseoir plus près de lui. Harry fût reconnaissant envers la Sorcière, qui avait eu la présence d'esprit de faire apparaître un pyjama bleu pâle, duquel il était habillé.
- Tu sais sans doute ce que ça annonce ? Lui demanda-t-il d'une voix douce.
Il avait gardé son apparence cadavérique, mais lui parlait de la même manière que lorsqu'il avait son physique d'antan et qu'ils se retrouvaient en privé.
- Ne leur fait pas de mal, dit-il la voix tremblante.
Voldemort ne cessa pas de lui sourire lorsqu'il leva une main au niveau de son visage, et la posa délicatement sur sa joue.
- Tu sais bien que je ne peux pas te faire cette promesse, lui dit-il en penchant la tête sur le côté.
Harry s'efforça d'étouffer un sanglot, sans grand succès. Une larme dévala sa joue, et le Lord Noir l'effaça du pouce avant d'avancer son visage vers lui. Ses lèvres se posèrent sur les siennes et Harry ne protesta pas, fermant les yeux avec force et enveloppant les épaules du plus âgé de ses bras, le serrant contre lui et lui rendant son baiser aussi brutalement que maladroitement. Les mains blafardes se refermèrent fermement sur ses hanches alors qu'il se laissait emporter par ses émotions. À quoi bon essayer de les contrôler ? Il allait bientôt en finir de toute façon.
oOoOoOo
Quelques jours après l'attaque, ils s'étaient tous réunis dans le bureau de Dumbledore afin de pouvoir discuter de l'incident. Enfin « tous », pas exactement. Seuls Tonks, Ava Gratwick et Kingsley Shacklebot avaient pu se libérer de leurs obligations pour venir aborder le sujet. Malgré l'urgence de la réunion, le Ministère se retrouvait soudainement enseveli par une montagne d'incidents de petite envergure dans le monde moldu qu'il fallait régler au plus vite. Les trois Aurors se tenaient debout devant le bureau du directeur de Poudlard, l'air totalement abattu. Ils avaient tous un peu honte de leur défaite, et surtout, étaient pas mal en colère contre eux même. Dumbledore rentra dans son bureau – étant partit prévenir Severus de la situation, et que personne ne devait venir le déranger durant le reste de l'après-midi – et alla s'installer dans son siège, faisant face aux Aurors.
- Bonjour à vous, dit-il l'air grave.
- Monsieur, salua Shacklebot à voix haute.
Les deux femmes se contentèrent d'un hochement de tête respectueux à l'encontre du directeur, qui le leur rendit.
- Arthur Weasley m'a envoyé un message concernant l'attaque d'hier soir, mais il ne m'a pas fait part de beaucoup de détails, par manque de temps je suppose, dit Dumbledore.
- Monsieur, nous avons été pris par surprise, intervint Ava.
- Effectivement, c'est ce que j'ai cru comprendre, répondit Albus l'air sérieux ne quittant pas son visage.
- Nous avons dû faire une erreur en mettant en place le système de sécurité Monsieur, dit Shacklebot. Bellatrix Lestrange n'a eu aucun mal à s'introduire dans le bâtiment malgré la mise en place d'un Gardien du Secret.
- Mais pourquoi donc ? S'écria Ava en se tournant vers son collègue. Personne n'avait jamais trouvé le moyen de pénétrer dans Square Grimmaurd.
- Je pense que j'ai une idée, dit Tonks, qui était restée silencieuse jusque là.
- Nous t'écoutons Tonks, dit calmement le directeur.
Tonks, les cheveux ternes, s'avança de quelques pas, son visage paraissant encore plus creux à la lueur des bougies disposées sur le bureau de Dumbledore.
- Les autres Mangemorts ne nous ont jamais trouvés parce qu'ils ne se sont jamais rendus à Square Grimmaurd avant la mise en place du dispositif. Ma... tante... Bellatrix a grandi en partie là-bas, quand elle était jeune avec Narcissa et ma mère.
Le fait de dire à voix haute qu'elle et Bellatrix Lestrange avaient un lien de parenté lui avait beaucoup coûté, et une moue dégoûtée s'était imprimée sur ses traits. Elle continua cependant sur sa lancée.
- Bellatrix a tout simplement du faire une association d'idée quelconque et deviner où nous retenions l'autre gamin, dit-elle. Personne n'aurait pu lui dire de toute manière.
Un silence s'installa dans la pièce, Ava semblant passablement agitée, tandis que Shacklebot et Dumbledore semblaient réfléchir à cette théorie. Ce fut le vieil homme qui pris d'abord la parole.
- C'est une possibilité, dit-il doucement.
- Mais même si elle savait où nous nous trouvions, intervint Shacklebot, comment a-t-elle fait pour entrer ?
- Walburga Black, lâcha simplement Tonks en haussant les épaules.
- Tu ne penses tout de même pas qu'elle a pu s'introduire dans la maison grâce à ce vieux portrait ?! S'écria Ava en se tournant vers elle.
Agacée, Tonks ne lui lança même pas un regard et fixa son attention sur Dumbledore. Il réfléchit encore un moment avant de répondre.
- Je ne pense pas que ce soit totalement improbable Miss Gratwick. Les Black ont souvent eu des pratiques étranges, et la volonté de Walburga n'a pas faibli malgré son trépas. Il est possible, en effet, que si sa volonté fût de laisser entrer sa nièce dans son domicile... son vœu soit exaucé.
La jeune femme aux cheveux noirs secoua la tête d'incrédulité, et s'éloigna dans le fond de la pièce, les poings posés sur les hanches, l'air énervé.
- Ce serait une sorte de magie tordue, dit la voix grave de Shacklebot.
- Comme l'a été celle des familles de sang-pur depuis des siècles, murmura-t-il. Il est des secrets familiaux que nous ne pouvons percer.
Le nouveau silence se prolongea, Ava regardant par la fenêtre, Tonks ayant les yeux fixés sur le sol, le visage fermé, quand à Shacklebot, il sembla un instant perdu dans ses pensées, le regard figé sur les flammes vacillantes des bougies.
- Et c'est tout ? Demanda Tonks.
Dumbledore releva le visage vers elle, tout comme Kingsley. Seule Ava restait toujours en retrait, les yeux perdus dans le dehors.
- Remus a failli être tué par cette ordure de Mangemort, dont nous n'avons réussi à obtenir aucune information, et Bellatrix rentre dans notre quartier général comme s'il ne s'agissait de rien de plus qu'un moulin et repart avec notre seul otage ayant un minimum de valeur aux yeux des « lieutenants » de Vous-Savez-Qui ? C'est tout ? On ne peut rien faire ?
Même si sa voix avait gardé le même volume, Dumbledore pouvait voir ses poings serrés contre ses cuisses et la lueur déterminée dans son regard. Tonks était furieuse. Elle avait failli perdre la personne la plus chère à son coeur, et son seul moyen de pouvoir exercer un minimum de vengeance s'était envolé, avec une facilité déconcertante, grâce à une tante qu'elle haïssait plus que tout. Dumbledore aussi, se sentait frustré, même s'il essayait de ne pas trop le montrer. Ce garçon... Serys Montague il s'était personnellement occupé de son interrogatoire, des heures durant. Et pour quoi ? Rien. Lord Voldemort avait pris ses précautions cette fois-ci, il en était certain. Même si les capacités magiques du jeune homme dépassaient la moyenne, il n'était toutefois pas encore assez puissant pour générer un tel bouclier mental. Il avait reçu de l'aide. Et pas des moindres. Et dire que Dumbledore avait mis tout l'espoir possible dans ce captif afin de retrouver Harry, sans succès. Mais tout n'était pas perdu. Car lui aussi, avait pris ses précautions.
- Voyons Tonks, vous savez aussi bien que moi qu'il m'arrive de faire des erreurs, après tout, je suis tout aussi humain que n'importe lequel d'entre nous, dit-il. Cependant, je dois bien avouer que l'échec est un sentiment qui ne me plaît guère. J'essaie donc de faire de mon mieux pour que cela n'arrive pas.
L'ensemble des Aurors levèrent la tête dans sa direction. Les yeux clairs de Dumbledore les regardant d'un air entendu l'un après l'autre. Ils se rapprochèrent alors, attendant que le directeur leur fasse part de son plan.
oOoOoOo
Il aurait aimé que tout se soit passé bien plus lentement. Il aurait voulu pouvoir dire au revoir à tout ceux qu'il avait connu, à tout ses amis, à ceux qui étaient à présent devenu sa famille. Mais le choix ne lui avait pas été donné. Dès le lendemain, Esaias Llewellyn et Sian Eracleous étaient de retour dans les appartement du Seigneur des Ténèbres. Ils avaient amené tout un tas de choses avec eux, de gros grimoires, de grosses caisses de bois, et un couteau – un athamé – pendait à la ceinture de la Sorcière. Le Seigneur des Ténèbres avait attendu leur venue avec une impatience grandissante. Harry l'avait vu faire les cent pas, en rond dans sa chambre depuis le début de la matinée, et aller de plus en plus rapidement au fil des heures. À présent, le soleil était presque couché et Harry n'avait rien fait de plus que de se ronger les sangs durant tout ce temps. Il n'avait rien pu faire de productif. Rien pu faire pour essayer de retarder l'échéance. Il n'avait même pas pu avoir de conversation avec celui qui le retenait ici. Lorsqu'il ne tournait pas en rond, il sortait de la chambre, sûrement pour vaquer à ses occupations, et lorsqu'il revenait, il semblait tant concentré que le jeune Gryffondor n'avait osé l'interpellé. Ce soir, il allait mourir.
- Bon, il faudrait pousser ces fauteuils, dit la voix autoritaire de la sorcière. Étant donné que vous semblez déterminé à exécuter le sortilège ici.
- Silence, dit la voix glaciale de Voldemort.
Le Mage Noir claqua des doigts et fit disparaître les fauteuils en question, toujours l'air très agité. La sorcière poussa un soupir agacé mais ne fit pas de commentaire. Harry pouvait bien voir, malgré son caractère bien trempé et les remarques qu'elle faisait de temps à autres, qu'elle aussi était stressée par ce qui allait se passer. Et Harry ne savait pas si ce détail devait l'inquiéter ou non. Quant au Mangemort blond – qui portait des vêtements étonnement sobres cette fois-ci – il mettait tous les éléments en place de manière précise, concentré sur sa tâche. Les meubles restants furent collés au mur, le lit fût déplacé un peu plus loin, afin de laisser de l'espace dans la pièce. Les rideaux furent tirés, la porte fermée à clé, un cercle fut tracé au sol avec un liquide de nature inconnue dont Harry n'était pas sûr de vouloir connaître la provenance. Le Seigneur des Ténèbres se tenait dans le coin opposé de la pièce et regardait en silence les deux autres faire leur travail. Il portait sa robe de sorcier noire, les bras croisés sur sa poitrine, observant tous leurs faits et gestes avec attention de ses yeux rouges.
Tout la scène se déroulait en silence, qui était uniquement rompu lorsque Sian donnait des indications à son assistant. Harry regarda les lignes complexes êtres tracées à l'intérieur du premier cercle, droites, dégageant une aura sinistre. Plus la figure était complétée, moins Harry se sentait en sécurité. Il émanait quelque chose de maléfique de ce tracé, et ça le mettait extrêmement mal à l'aise. Il savait que tout ça avait un rapport avec une magie très noire, sans doute très ancienne, compte tenue des commentaires que la sorcière avait faits concernant les Horcruxes eux-même, et le sortilège de sang que Voldemort avait pratiqué à la fin de sa quatrième année, après le Tournoi des Trois Sorciers. Du bout de sa baguette, Sian inscrivit des runes à l'extérieur du cercle de manière consciencieuse. Lorsqu'elle eut fini, une vingtaine de symboles entouraient le cercle. Llewellyn se rapprocha à son tour, et dans les formes creuses que formaient les tracés à l'intérieur du cercle, il inscrivit de nouvelles runes, qu'Harry n'avait jamais vu auparavant – avec sa pauvre culture sur le sujet. Sa baguette toujours en main, Sian fit le tour du cercle à plusieurs reprises, vérifiant son tracé, et jetant des coups d'œil à un énorme grimoire qui flottait à côté d'elle et la suivait à chacun de ses pas.
Harry la regardait en silence, lui aussi. Mais il ne parvenait pas à se concentrer uniquement sur elle, bien qu'il en ait eu l'intention. Ses yeux passaient parfois sur la silhouette de Llewellyn, mais là où ils s'arrêtaient était l'ombre de Lord Voldemort. Après y avoir réfléchi, et avoir observé l'homme pendant un bon moment, il se dit que Tom ne devait pas être ravi de cette situation – pas qu'il soit malheureux de se débarrasser de Harry, bien entendu. Voldemort, après avoir été dans l'incapacité d'agir pendant des années à cause de son état, avait été obligé de délégué l'exécution de ses tâches magiques à ses sbires, qui avaient tous lamentablement échoué. Alors qu'agissant par lui-même, les résultats avaient été bien plus concluants, la présence du jeune Potter ici-même en étant la preuve. Le fait de devoir compter une nouvelle fois sur une tierce personne, aussi puissante soit-elle ne devait pas l'enchanter des masses. Les yeux rouges se plantèrent dans les siens et Harry eut un mouvement de recul. Ils ne laissaient passer aucune émotion, aucun sentiment, et il eut du mal à avaler sa salive. Finalement, ce fut Harry qui détourna le regard, regardant en direction de la fenêtre un peu plus loin. Il ne pouvait rien voir à cette distance, et certainement pas avec cette luminosité.
- C'est prêt.
La voix de la sorcière le fit sursauter et glaça le sang dans ses veines. Il se retourna pour voir Llewellyn et Sian se parler à voix basse non loin de la porte, puis le Mangemort sortit. Elle releva alors la tête, rejetant sa tresse dans son dos, et les regarda à tour de rôle.
- Je dois vous avertir que c'est un sortilège unique, dit-elle d'une voix ferme. Ce sera la première fois qu'il sera utilisé et bien que nous ayons fait toutes les recherches nécessaires sur son déroulement et son achèvement, nous ne savons pas... eh bien, si ce sera douloureux ou non.
Les muscles de Harry se crispèrent et il croisa ses bras contre son torse dans un geste protecteur. Le Seigneur des Ténèbres quant à lui, se contenta de hocher la tête, comme si ce détail ne le concernait pas. Et c'était sans doute le cas. C'était à l'âme de Harry qu'on allait arracher quelque chose.
- Comme vous le savez Mr Riddle, le sortilège afin de créer un Horcruxe créée une douleur... incommensurable, ajouta-t-elle un peu plus bas. L'inverse peut aussi être possible.
Harry tiqua. Il se doutait que ce genre de magie avait des conséquences, mais...
- Je le sais mieux que quiconque effectivement, coupa Voldemort d'un ton agacé. J'en ai créé six par moi-même. Et je suis toujours debout. Epargnez-nous vos commentaires inutiles.
- « Nous » ? Répondit Sian au tac-o-tac. Vous n'êtes pas le seul sujet de ce sortilège comme vous venez de le mentionner, mais je crois qu'il est bien prétentieux de votre part de parler pour vous deux.
Elle tourna alors son regard vers Harry, qui se tenait toujours près du lit, seul, et crispé. Il ne dit rien du tout, l'intervention de la sorcière ayant déjà assez agacé le Seigneur des Ténèbres. Il ne voulait pas ajouter quoi que ce soit de peur de représailles. Ce qui l'attendait était déjà bien assez pénible comme ça. Le retour de Llewellyn coupa court à la conversation, au soulagement de Harry. Il était revenu avec un rouleau de parchemin, qu'il tendit à Sian. Celle-ci lui fit un faible signe de tête, en guise de remerciement, puis s'écarta légèrement du cercle.
- Veuillez vous approcher je vous prie, dit-elle. Enlevez votre cape, pas de barrière superflue.
Sa dernière demande était évidemment adressée à Lord Voldemort, qui retira son habit sans rechigner et le jeta sur le sol derrière lui. Ses habits étaient d'un sinistre. Tout de noir vêtu. Harry trembla, ayant soudainement froid dans sa simple chemise blanche, la gorge et l'estomac plus noués que jamais.
- Si vous pouviez déposer votre baguette en dehors du cercle, cela serait préférable également. Nous ne voudrions pas créer une quelconque instabilité lors de l'exécution du sortilège.
Harry le vit alors faire tourner sa baguette entre ses long doigts avant de la déposer sur un meuble non loin de lui. Il se plaça alors à la limite du cercle, le bout de ses pieds à quelques millimètres des runes. Le jeune homme quant à lui, n'avait pas bougé d'un pouce, soudain pris d'une crise de panique. Il n'y aurait pas de retour en arrière possible après tout ça. Et il n'avait même pas eu le choix.
- Mr Potter, murmura la sorcière.
Il leva les yeux vers elle et il sut alors à quoi elle pensait. S'il ne bougeait pas de lui-même, ils seraient obligés de le forcer. Et ça, elle ne le souhaitait pas. Elle ne voulait pas recourir à la violence inutilement, c'était évident. Les mains crispées sur ses coudes, Harry avança d'un pas tremblant, ses pieds nus obéissant à sa volonté à contre coeur. Il fut lui aussi bientôt face à l'autre homme, à la limite du cercle. La sorcière fit alors un signe de tête au Mangemort blond, et ils se tinrent eux aussi à la limite. D'une même voix, ils prononcèrent des mots au langage inconnu d'Harry, et à la surprise de celui-ci, sans doute également à la connaissance du Mage Noir, qui plissa le front. Étrangement, ça ne le rassura pas le moins du monde. Pour Harry, Dumbledore et Voldemort étaient les deux sorciers les plus cultivés de leur monde. Voir que l'un ou l'autre ignorait quelque chose, surtout s'il s'agissait de vieille magie ou de magie noire, était un peu inquiétant. Peu à peu, les tracés au sol s'illuminèrent d'une lueur dorée, les faisant ressortir face au fond sombre. Harry avait les oreilles qui bourdonnaient. Il ne voulait pas entrer à l'intérieur de ce cercle. La peur le prenait au ventre. Il ne sentait pas du tout cette expérience – parce que c'était clairement ce que sortilège était au fond – et voulait plus que tout s'enfuir de la pièce. Est-ce que le Mangemort avait réussi à passer sans encombre parce qu'il avait « un laisser-passer » ou bien parce que Voldemort avait ôter le sortilège qui enveloppait la poignée ? Peut-être que s'il se déplaçait assez vite, il parviendrait à sortir de la chambre. « Mais pour aller où ensuite ? » chuchota une petite voix dans sa tête. Et elle avait raison. Harry n'avait pas sa baguette, ignorait où elle était, et n'avait aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver. De plus, il ne savait même pas transplaner. Il ne pourrait pas aller bien loin.
- Veuillez faire un pas à l'intérieur du cercle.
La voix de Sian résonna étrangement. Il n'avait pas remarqué qu'ils s'étaient arrêté de parler dans cette langue étrange. Harry leva les yeux vers Lord Voldemort. Lui aussi le regardait. Puis sans un mot, il leva sa jambe et fit un pas, se retrouvant alors sur les lignes dorées. Le cercle émit une lumière un peu plus forte à son contact, comme un battement. La mâchoire serrée, en sentant les regards des trois autres sur lui, Harry entra à son tour dans le cercle, ses yeux fixés sur la baguette de Voldemort. Elle avait le même coeur que la sienne. Il saurait s'en servir s'il parvenait à l'atteindre. Une bouffée de chaleur intense se répandit dans son corps, et Harry ne sut si c'était à cause du contact de sa plante nue contre la magie émanant du cercle, ou bien à cause de l'élan de courage des Gryffondor refaisant surface dans sa poitrine.
- Approchez vous davantage l'un de l'autre, dit-elle un peu plus doucement.
Harry regarda l'homme en face de lui. Ses yeux rouges étaient terrifiants. Il avait un air résolu qu'il lui connaissait un peu trop bien et Harry sut qu'il ne pourrait pas fuir. L'homme à la peau blanchâtre s'avança d'un pas, et Harry fit de même, les jambes tremblantes. Il ne savait pas ce qui le dérangeait le plus : la proximité de l'autre, qui lui faisait ressentir des sentiments contradictoires, ou bien la magie du cercle, qui le mettait de plus en plus mal à l'aise. Ses doigts se resserrèrent encore contre ses avants-bras.
- Mr Potter, il va falloir que vous vous détendiez, dit la voix de la sorcière.
Il se crispa davantage et tourna alors son regard vers elle. C'était la première fois qu'il se sentait en colère contre la femme. Il savait qu'elle faisait ce qu'elle pouvait pour ne pas le mettre plus mal à l'aise que nécessaire, mais ce n'était plus suffisant. Et il la trouvait bien égoïste de céder à Lord Voldemort uniquement pour la création d'un nouveau sortilège.
- Je ne pense pas que vous parviendriez à être détendue à ma place, dit-il alors amer.
Elle serra ses lèvres l'une contre l'autre, ravalant sans doute une remarque acerbe de sa fabrication, et il vit du coin de l'œil les lèvres du Seigneur des Ténèbres s'étirer légèrement. Mais lorsqu'il le regarda en face, son visage était tout autant impassible qu'un peu plus tôt. Il tenta tout de même de faire comme elle le disait, bien qu'il n'en ait aucune envie. Il desserra ses doigts et laissa tomber ses bras le long de son corps, se tenant droit face à l'autre. Il y eut un léger silence, puis le Mangemort et la Magicienne reprirent leurs étranges paroles. Au fur et à mesure qu'ils récitaient leur incantation, Harry se sentit de plus en plus fébrile. Il entrouvrit les lèvres, tentant d'avoir une respiration moins pénible, mais cela ne suffit pas à le calmer. Le goût de la bile emplit sa bouche et ferma les yeux. Quelque chose n'allait pas. Ses jambes tremblaient beaucoup trop. Il sentit la sueur couler le long de son dos et il baissa la tête, sa vision se faisant de plus en plus trouble. Les vois lui emplissaient la tête, ne cessant de faire écho encore et encore, l'assourdissant complètement. Au moment où ses jambes ne supportaient plus son poids et que ses genoux ployaient d'un geste brusque, deux mains se refermèrent autour de ses épaules, fermement, le maintenant debout. La nuque douloureuse, il releva le menton vers l'autre homme, grâce auquel il ne s'était pas écroulé. Lord Voldemort, qui était toujours si impassible, avait l'air concentré, comme si le sortilège l'affectait plus que ce qu'il laissait voir et qu'il faisait tout pour ne pas céder. Les voix finirent par se taire et Harry pu un peu mieux respirer.
- Si c'est trop difficile à supporter, vous pouvez vous asseoir, ça ne dérangera en rien le déroulement du sort, dit la voix de Sian.
Comme si son conseil avait été un signal, ses jambes cédèrent davantage sous lui. Il s'attendit à un choc contre ses genoux, mais il tomba doucement, les mains du Seigneur des Ténèbres, le retenant du mieux qu'il pouvait. À son grand étonnement, Tom s'assit à son tour, en tailleur, face à lui. Les mains tremblantes Harry tenta de se mettre dans la même position. Tout le long, il fut soutenu par les mains blanches du mage noir, jusqu'à ce que ses genoux touchent les siens. Voldemort le lâcha alors, gardant ses bras reposant sur ses jambes. Harry haletait toujours. Il avait l'impression qu'on l'avait drainé de toute son énergie. Et c'était peut-être ce qui venait de se passer. Après tout, la magie noire ne marchait pas comme la magie traditionnelle qu'ils apprenaient à l'école. Lorsque l'on pratiquait cette sorte de magie, ce n'était pas gratuit. Il fallait toujours donné quelque chose en retour. Et de manière parfois bien plus cruelle que ce que l'on pouvait imaginer.
- À présent, j'aimerai que vous tendiez les mains, comme la dernière fois que je suis venue vous voir, dit alors la sorcière. Il faudrait que vous refassiez quelque chose de similaire.
- Je ne crois pas que Potter soit en état de « refaire quelque chose de similaire », claqua la voix glacée de Voldemort. Regardez-le.
Harry sentit avec inconfort le regard de la vieille femme sur sa nuque, ainsi que celui, bien trop intéressé, du Mangemort blond. Il déglutit. Il savait bien qu'il avait raison. Il était faible. Bien trop faible. Et il ne supportait pas ça. Qu'allaient-ils faire si jamais il ne pouvait pas faire ce qui lui était demandé ? Ils ne reporteraient pas la séance. Ils ne le feraient pas. Ils le draineront sans doute de toute sa magie s'il le fallait. Après tout, ils allaient se débarrasser de lui juste après, alors pourquoi prendre des précautions. Le souffle court, Harry releva la tête une nouvelle fois, son regard brillant posé sur l'homme en face de lui.
- Ne parle pas pour moi... dit-il d'une voix faible.
Puis il posa ses avants-bras à plat sur ses genoux, paumes tournées vers le plafond. Voldemort ne cilla pas, et attendit une longue minute avant d'imiter le Gryffondor, sans dire un mot. Les deux autres se turent alors, attendant en silence que Harry et Voldemort s'exécutent. Harry ferma les yeux, essayant de se concentrer du mieux qu'il pouvait. Inspirant, expirant, inspirant, encore et encore, visualisant sa magie dans son corps, dans un réseau de veines, se propageant de son torse jusqu'au bout de ses doigts. Lorsqu'il ouvrit les yeux, la lueur dorée maintenant familière brillait au creux de ses mains, une lueur plus froide flottant au-dessus de celles du mage noir. Essayant du mieux qu'il pouvait de ne pas trembler, Harry rapprocha ses mains, rapprochant les deux lueurs brumeuses, qui fusionnèrent alors dans un brouillard blanc. Cependant, contrairement à leurs expériences passées, la magie s'estompa alors afin de se fondre dans le tracé du cercle maléfique. Une fois encore, il y eut comme un battement de magie pure, et le cercle se teinta d'une lueur blanchâtre, identique à celle de leur magie combinées. Le prix avait été payé.
- Pour que tout puisse fonctionner, le cercle avait besoin de reconnaître les deux sujets participant, dit alors Sian.
Puis Harry haussa les sourcils et la regarda du coin de l'œil.
- Comme la Coupe de Feu ?
La Sorcière eut alors un sourire à son intention.
- Bien, dit-elle alors. Je vois que tu as reconnu la source de mon inspiration.
La gorge de Harry se noua. Il savait ce que ça voulait dire. Tout comme la Coupe de Feu, le cercle avait passé une sorte de contrat magique avec eux. Il n'y avait donc pas de retour en arrière possible. Cette magie-là, trop ancienne pour être détournée, ne le permettrait pas. Ses mains tremblaient toujours. Il baissa les yeux vers elles, attendant la suite espérant qu'elle n'arriverait jamais. Puis il entendit vaguement la sorcière dire quelque chose, et Voldemort releva la tête vers elle. Sans doute était-ce à son attention. Il ne voulait plus rien entendre. Il ne voulait plus penser. Parce que s'il continuait, il entendrait alors sa propre voix à l'intérieur de son crâne, faisant tourner encore et encore les mots qui annonçaient sa prochaine vérité : « Tu vas mourir, tu vas mourir, tu vas mourir... ».
- Prêt ?
La voix de Sian s'était faite plus forte, mais ce n'était pas à lui qu'elle s'adressait. En face d'elle, de l'autre côté du cercle, Esaias eut un sourire radieux et releva le menton.
- Prête ?
Harry entendit la sorcière marmonner quelque chose et le Mangemort eut un petit rire joyeux, qui détonnait bien trop avec la situation. Le Gryffondor leva les yeux vers lui, et eut soudainement envie de l'étrangler son envie redoublant d'intensité lorsque le Mangemort lui fit un sourire charmeur, extrêmement dérangeant. Un grognement se perdit dans sa gorge, couvert par les nouvelles incantations prononcées de la bouche des deux sorciers. Quelques secondes plus tard, les bourdonnements à l'intérieur de sa tête reprirent, mais avec encore plus d'intensité. Serrant les dents, Harry força ses mains à reposer sur ses genoux. Ne surtout pas bouger. Ne pas montrer son inconfort. Pas plus encore. Encore une fois, la sensation qu'on drainait son énergie refit surface et ses battements de coeur s'accélérèrent soudainement. Il inspira profondément, tenta de retrouver un rythme cardiaque décent, se concentrant sur lui, et uniquement sur lui, pas sur l'homme assis trop proche de lui, pas sur les mots prononcés de plus en plus fortement par les deux sorciers à leurs côtés. Inspirer, expirer, inspirer, expirer encore... Puis une première vague de douleur, brève. Si ses jambes l'avaient soutenu, il se serait écroulé d'un seul coup. Il se pencha en avant, les yeux fermés. Il ne s'était pas attendu à ça. Il n'avait ressenti aucun signe avant coureur, hormis ses sueurs froides. Les deux voix continuaient de résonner alors qu'il se remettait droit.
Il ne resta pas longtemps dans cette position. Une seconde vague de douleur vint le frapper au creux de l'estomac et il se plia de nouveau en deux, tellement bas qu'il posa son front sur les jambes de l'autre homme. Il n'avait ni la force ni la présence d'esprit d'avoir un quelconque mouvement de recul. Pour le moment, il voulait juste essayer de respirer correctement. La magie crépitait sous lui. Il la sentait. Plus qu'à n'importe quel autre moment dans toute sa vie. Elle était puissante. Bien plus puissante que tout ce à quoi il avait été confronté jusque là. Il eut un soupir tremblant. C'était effrayant. Il sentait que son dos était glacé. Il avait peur. Beaucoup trop peur. À quel point souffrirait-il ? À quel point la douleur allait-elle être supportable ? Et s'il mourait avant qu'ils puissent récupérer le morceau d'âme ? Ce ne serait pas plus mal finalement. Peut-être que quelqu'un d'autre pourrait alors tuer le Seigneur des Ténèbres à sa place, alors qu'il serait un peu plus affaibli. Il inspira, les jambes tremblantes malgré leur immobilité. Reprenant son souffle il souleva son visage, se redressant, mais ne parvint pas à se tenir droit. Son dos était toujours courbé, son regard fixant les deux paires de jambes repliées. Les voix retentirent, encore plus fortes, comme amplifiées par son mal de crâne naissant. Ils ne cessaient de parler à présent, leurs voix de plus en plus pressantes, leurs mots de plus en plus compliqués, leurs intonations de plus en plus prononcées.
La seconde suivante, il faillit vomir toutes ses tripes. C'était comme si une magie extérieure entrait en lui et fouillait à l'intérieur de son corps. La sensation étrangère lui faisait atrocement mal en plus d'être absolument dérangeante. Il se pencha de nouveau en avant, ses mains agrippant quelque chose sans qu'il ne s'en rende compte. Lorsque les doigts de Voldemort se resserrèrent autour des siens, il se rendit compte quelle était sa prise. Il força un regard au-dessus de lui. Les yeux rouges du Mage Noir étaient fixés sur lui. Et Harry qui avait été persuadé d'y voir une expression de satisfaction et de bonheur malsain, n'y vit qu'une inquiétude qui ne parvenait pas à être masquée. De plus, il semblait énervé, mais il y avait autre chose. Puis Harry se dit qu'il devait sans doute souffrir lui aussi. Il ne savait pas pourquoi, mais il parvenait à le ressentir. Il n'était pas le seul que la douleur parvenait à atteindre. Elle avait juste moins d'effet sur l'autre homme. Les traits tirés dans une expression concentrée, le Lord ne le quittait pas des yeux, ses iris plus rougeoyantes que jamais. Après une nouvelle vague de douleur, les doigts de Harry se resserrèrent davantage autour de ceux de Tom, si fort qu'il les entendit craquer. Mais il ne le lâcha pas, raffermissant lui aussi sa prise. Et Harry se raccrocha à cela. Peut-être qu'après ce sortilège, tout serait fini, mais pour le moment, il ne le laissait pas tomber.
La magie fouillait en lui, encore et encore, il la sentait, là, tout près de son coeur, en train de chercher la partie de l'âme qui appartenait à Lord Voldemort, et qui résidait en lui depuis quinze longues années. Il eut un haut le coeur et il crut qu'il allait vomir pour de bon. Mais, d'une manière ou d'une autre, son corps résistait. Il le sentait. Quelque chose faisait barrage à la magie étrangère. Mais elle ne lâchait rien, fouillant encore et encore, le faisant souffrir sans répit. Il ne s'agissait plus de vagues, la douleur était constante et les larmes coulaient sans qu'il ne puisse les retenir. Tout était trop fort. Tout. Les mains de Tom se serrèrent encore plus autour des siennes, tentant de le ramener à la réalité. Mais il ne put faire quoi que ce soit. Il la sentit, là. S'emparer de quelque chose, la resserrer entre ses liens.
Puis une douleur horrible lui transperça le coeur. Son corps tout entier se rejeta en arrière, sa gorge à découvert et sa bouche ouverte tant le choc était fort. Et il hurla alors, comme jamais il n'avait hurlé. Il ne sentit plus rien. Il ne vit plus rien. Il n'entendit plus rien. La douleur emplissait sa tête, comme si un bout de son âme lui avait été arraché.
oOoOoOo
La violence du choc l'avait propulsé en arrière, dos contre le mur, à quelques mètres du cercle magique. Le cri de Harry lui transperçait les tympans. Strident, plein de peine et de douleur. Jamais de toute sa vie il n'avait entendu de cri plus déchirant, et pourtant, il avait usé du sortilège Doloris plus que quiconque. Le corps de Harry tomba par terre, la lumière du cercle s'amenuisant alors, son tracé à présent indélébile, mais il ne s'arrêtait pas de hurler, sa bouche et ses yeux grands ouverts. Le Seigneur des Ténèbres tenta alors de se relever, mais n'y parvint pas. Quelque chose n'allait pas. Au moment même où il avait été éjecté du cercle, il l'avait ressenti. Et les visages de Esaias Llewellyn et Sian Eracleous lui confirmèrent sa pensée. Le Mangemort blond se tenait contre le mur, l'air ahuri, surpris, ne s'attendant pas à ce genre de résultat, ses yeux passant de Harry à son grimoire avec une vitesse affolante. Quant à la sorcière, elle semblait paniquée. Elle ne cessait pas de fixer Harry, l'air affolé, ses mains tendues vers lui, toutes tremblantes.
Rassemblant toute l'énergie qui lui restait, le Lord Noir plia le genoux et prit appui pour se relever. Mais une fois debout, il se colla contre le mur, totalement essoufflé, une main posée sur le coeur. Quelque chose avait changé en lui. Mais pas comme il l'avait espéré. Encore une fois, il s'était trompé. Il aurait dû se charger de tout ça lui-même, peu importe le temps que ça aurait pris. Il serra les dents, dardant la Magicienne de son regard rouge et se redressa du mieux qu'il pu, faisant un pas, puis deux, dans sa direction.
- Qu'avez-vous fait ?!
Il avait crié sans même s'en apercevoir, sa voix rendue rauque par la rage. Il s'avançait d'un pas assuré, mais lent, la douleur dans sa poitrine ne s'apaisant pas. Harry ne cessait toujours pas de hurler, affalé sur le sol, se tordant de douleur.
- Je... je... ça ne devait pas...
- Répondez !
Lord Voldemort la saisit à la gorge, et son regard paniqué se posa sur lui. Elle tenta de se débattre, reprenant ses esprits petit à petit, mais il la tenait fermement.
- Je répète : qu'avez-vous fait exactement ? Dit-il en détachant chaque syllabe.
- Je ne comprends pas... dit-elle. Tout avait commencé comme prévu...
Elle peinait à articuler, mais Voldemort ne desserra pas sa prise pour autant. Il n'en ferait rien jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse satisfaisante. Voyant qu'il ne la lâchait pas, elle se décida à poursuivre, le regard fuyant.
- Le Garçon et vous, dit-elle. Vous êtes trop liés.
- Expliquez-vous clairement, la coupa-t-il en appuyant un peu plus sur sa gorge.
- Votre âme, est resté trop longtemps accrochée à la sienne, continua-t-elle. Elles, ainsi que vos magies, sont devenues trop fusionnelles.
Une vague de colère traversa le Seigneur des Ténèbres. Ce qu'elle lui disait n'allait pas. Elle lui cachait encore des choses. Il resserra encore sa main, avant de soulever la femme à la force du bras et de la projeter sur le sol, près de la porte. Les hurlements de Harry devenaient de plus en plus aiguë et il n'en pouvait plus. Il ne pouvait plus l'entendre. À terre, des cheveux s'échappant de sa tresse, Sian leva un regard haineux vers le Mage Noir.
- Ne me dites pas que rien ne s'est produit, car je ne vous croirai pas, dit-il. Quelque chose a quitté le corps de Harry pour s'unir au mien. Et je ne reconnais pas cette âme comme étant la mienne.
La poitrine de la sorcière se levait et s'abaissait à un rythme infernal, sa haine bien présente n'arrivait cependant pas à masquer la peur qu'elle ressentait.
- Vos âmes étaient trop liées, répéta-t-elle. À présent, vous êtes dans le même cas que lui.
Elle montra Harry du menton alors que la lumière se faisait dans son esprit. Il tendit le bras derrière lui, et appela sa baguette d'une formule silencieuse. Il la prit en main et la pointa immédiatement sur la sorcière, la rage l'aveuglant de plus en plus. Mais au moment où le sortilège de Mort sortait du bout de sa baguette, d'une manière ou d'une autre, la femme réussi à transplaner, ne laissant aucune trace d'elle. Laissant échapper un cri de rage, le Seigneur des Ténèbres se retourna en direction de Llewellyn, qui continuait de parler seul dans son coin, tournant à une vitesse infernale les pages de son grimoire.
- Toi. Sors d'ici. Mais tu n'as pas intérêt à quitter le Manoir. Je te retrouverai quoi qu'il arrive.
Pour la première fois, Esaias ne répondit pas à son Maître, ne s'inclina pas devant lui, le regardant de ses yeux clairs, une lueur d'échec et de rejet se reflétant au sein de ses pupilles. Il finit par s'en aller, refermant la porte derrière lui. Une fois seuls, Lord Voldemort s'agenouilla aux côtés de Harry, tentant de le faire s'allonger sur le dos. Il y parvint après plusieurs minutes et passa sa baguette le long du corps du jeune homme, marmonnant d'anciennes paroles. Au bout d'une heure environ, les hurlements se turent, mais les larmes continuèrent de couler en silence, les yeux verts à présent vitreux, la peau encore plus pâle. Le Seigneur des Ténèbres continua d'énumérer les formules des sortilèges de soin, les uns après les autres, des heures durant. Mais la rage ne quittait pas son corps, faisait trembler ses muscles à chacun de ses mouvements. Oh, non. Il n'allait pas oublier ce qui venait de se passer. Il n'allait pas oublier le fait que Sian Eracleous avait fait de lui l'Horcruxe de Harry Potter.
À suivre...
Merci de m'avoir lue ! Review ? (pas taper?..)
