Chapitre 53 : Touchée
De retour à l'appartement, Aurore rapporta à Regulus sa rencontre avec Dumbledore. Ce qu'il lui avait dit sur Harry. Le fait que la bague devait un jour lui revenir.
- En quoi elle pourra l'aider à vaincre Voldemort ? s'étonna Regulus.
- Je ne sais pas... mais elle sera sûrement utile à quelque chose. Pour l'instant nous devons détruire le fragment d'âme qu'elle contient. Avec ça, dit Aurore en sortant la bague et l'un des crochets du Basilic de sa bourse.
- Qu'est-ce qui se passe quand on essaye de détruire un Horcruxe ? demanda-t-il avec une légère appréhension.
- Il essaye... de nous faire peur. Quand j'ai détruit le journal, j'ai vu des choses...
Aurore ne put en dire plus. Elle avait encore parfaitement à l'esprit chaque mot, chaque cri proféré par les visages de fumée. Elle ne s'en était pas encore vraiment remise.
- Je peux le faire cette fois, proposa Regulus en sentant son malaise.
- Je... Tu n'es pas obligé...
- Je vais le faire, décida-t-il en lui prenant le crochet des mains.
Aurore se mordit les lèvres en déposant la bague sur la table de la cuisine. Regulus observa quelques secondes l'Horcruxe avant de lever le crochet. Il semblait légèrement hésitant. Comme s'il avait peur de détruire les pouvoirs magiques de la pierre en même temps que le fragment d'âme de Voldemort. "Il pense toujours à l'utiliser pour voir Marlene" devina Aurore.
- Vas-y Regulus, l'encouragea-t-elle.
Il frappa. La bague se déroba. Aurore recula en apercevant de nouveaux volutes de fumée en sortir dans un cri de rage :
- REGULUS !
Arcturus Black venait d'apparaître. "Il a l'air encore plus fou furieux que la fois où il a tenté de m'étrangler" pensa Aurore effrayée. Elle vit Regulus déglutir.
- Tu as bafoué mes directives ! l'accusa son grand-père. Tu devais rester auprès de Voldemort ! Où étais-tu quand Véga a été enlevée ?! Quand ton père est mort ?! En train de batifoler avec ta misérable sang-mêlée ! HEIN ?!
Regulus resta sans voix. Devenu extrêmement pâle, aucun mot ne semblait vouloir franchir ses lèvres hermétiquement fermées.
- Et maintenant tu traines avec la personne qui s'est introduite chez nous ! continua Arcturus en désignant Aurore. Qui s'est jouée de ton frère ! Et de toi ! Elle se joue aussi de toi Regulus ! Tu es devenu son larbin !
- J'ai moi-même décidé de l'aider... murmura-t-il enfin. Et je ne regrette pas d'être venu ici avec Marlene.
- Trahison ! s'ulcéra Arcturus. Tu as trahi les Black !
- Pourquoi m'as-tu laissée partir Regulus ? intervint une voix féminine.
Le visage de son grand-père venait de s'altérer pour laisser place à celui de Marlene. Elle fixait Regulus d'un regard triste, des larmes de fumée coulant sur ses joues. Elle se tenait face à lui comme elle l'aurait fait s'il avait utilisé la pierre de résurrection. Mais jamais la vraie Marlene n'aurait prononcé ces mots :
- Tu aurais pu me sauver Regulus. Si seulement tu m'avais retenue... Mais tu ne l'as pas fait. Tu m'as laissée partir. Et je suis morte !
Regulus avait dû si souvent penser à ce qu'il aurait voulu lui dire si jamais il s'était un jour trouvé de nouveau face à elle. Ses lèvres tremblèrent. Peut-être pour s'excuser ? Pour lui dire qu'il l'aimait ? Qu'il aurait tant souhaité la retenir. Mais voilà ce qu'il lui murmura :
- Je te connais Marlene. Ce n'est pas toi...
La Marlene de fumée sembla hésiter. L'âme de Voldemort ne s'attendait certainement pas à ça. D'autant plus lorsque Regulus avança sa main libre pour la placer contre la joue immatérielle de Marlene. Il ne devait sentir qu'une fraicheur mortelle sous ses doigts.
- Je suis rassuré, avoua Regulus en l'observant. Je n'ai pas oublié ton visage.
Après toutes ces années sans elle, voilà ce qui hantait vraiment Regulus. Il n'avait pas de photo d'elle sur lui. Alors tous les soirs il pensait à elle. Se souvenant de tous les moments qu'ils avaient passé ensemble. Que ce soit à Poudlard ou dans cet appartement. Avant et après s'être rapprochés. Mais surtout il essayait de se souvenir des moindres traits de son visage. Ses boucles brunes, ses yeux sombres. Ses lèvres. Si Regulus voulait tant utiliser la pierre de résurrection, c'était surtout pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié de tout ça. Que ses souvenirs étaient fidèles à la véritable Marlene. Celle qu'il aimait. "Je n'ai rien oublié Marlene" pensa-t-il rassuré. Il n'avait besoin ni de pierre ni de photo pour cela.
Marlene continuait de verser des larmes lorsque Regulus abattit brusquement le crochet sur la bague. La femme qu'il avait aimé et qu'il n'oublierait jamais s'évapora dans un hurlement. Lorsque la fumée fut totalement dissipée, Aurore put voir que la pierre noire s'était fendue. Regulus écarta le crochet, puis il ramassa la bague des Gaunt qu'il tendit à Aurore.
- Tu disais vrai, sourit-il faiblement. Je n'en avais pas besoin.
Elle accepta la bague en acquiesçant. Puis Aurore l'examina plus attentivement. La pierre était toujours fermement soudée à l'anneau.
- Tu crois que la pierre fonctionne encore ? Même brisée ? lui demanda Regulus.
- Oui. Mais il se peut que l'anneau soit toujours maudit.
- Il vaudrait mieux s'en assurer avant de la donner à Harry, conseilla-t-il.
- Tu as raison, acquiesça-t-elle en passant brusquement la bague à son doigt.
- Qu'est-ce que tu fais ?! s'exclama Regulus en lui agrippant la main pour la forcer à retirer la bague.
- Regarde ! lui ordonna-t-elle en se dégageant.
Aurore agita sa main sous ses yeux. Regulus remarqua alors que rien ne s'était passé. Les doigts d'Aurore étaient intacts.
- Tu n'as pas été maudite, dit-il stupéfait.
- Apparemment non.
- Apparemment ? Non mais, t'es malade ?! s'écria-t-il furieux. Et si ça avait été le contraire ?
- J'aurais été mal barrée, avoua-t-elle. Mais j'aurais au moins protégé Harry de la malédiction.
- Arrête de prendre des risques inconsidérés à cause de cette foutue prophétie ! lui ordonna-t-il. Tu dois vivre pour protéger Harry. C'est clair ?
- Oui oui, répondit-elle distraitement. Mais je me demande si cette pierre ne pourrait pas nous aider dans nos recherches.
- Comment ça ?
- On pourrait essayer de parler avec les anciens utilisateurs du sablier, proposa-t-elle.
- Si on y arrive, ça nous aiderait beaucoup, approuva-t-il. Mais on ne connait que quelques noms.
- J'essaye quand même, décida-t-elle.
Aurore prit un peu de temps pour se concentrer. Puis elle fit tourner trois fois la bague autour de son doigt. "Mr Bouvier" appela-t-elle mentalement. Rien ne se produisit. Aurore se concentra plus fort et elle cria de vive voix :
- Mr Bouvier ! Mr et Mrs Scolza ?
Mais la bague s'obstina à rester inerte. Cependant, Aurore et Regulus sursautèrent quand le sablier se mit à s'agiter. Il trembla légèrement d'abord, avant de se mettre à tressauter sur la poitrine d'Aurore alors qu'elle appelait de nouveau les trois noms. Mais rien n'en sortit, et le sablier finit par s'immobiliser.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? s'étonna Regulus.
- Il semble que les âmes appelées sont piégées dans le sablier. La pierre n'arrive pas à les faire sortir. Apparemment, Khronos ne se contente pas de récupérer du temps.
- Ça prouve qu'on avait raison de ne pas détruire le sablier alors que tu le portes, réfléchit-il. Ce n'est pas seulement ton corps, mais ton âme qui est connectée à lui. Il compte te la prendre, ainsi que celle de Véga. Comme il a pris celle des autres.
- Tu sais ce que ça veut dire ? Quand j'aurai disparu... mon âme ne trouvera jamais le repos. Je serai piégée pour toujours à l'intérieur du sablier. Finalement... c'est pire que la mort.
oOo
Dans les cachots de Poudlard, Véga se réveilla en sursaut en plein milieu de la nuit. Il faisait si sombre qu'elle n'y voyait rien. Mais elle pouvait parfaitement sentir son sablier s'agiter autour de son cou. À tâton, elle chercha sa baguette pour faire un peu de lumière. D'abord aveuglée, elle plissa les yeux pour essayer de comprendre ce qui se passait. Le sablier de Khronos remuait comme si quelque chose essayait d'en sortir sans y parvenir.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda faiblement Severus réveillé par la lumière.
- Regarde ça ! s'exclama Véga en le secouant par l'épaule.
Son mari se redressa sur un coude, et il fut aussi étonné qu'elle en apercevant les mouvements du sablier. Puis l'objet se calma brusquement. Et il redevint aussi immobile que d'ordinaire.
- C'est la première fois que ça arrive... murmura Véga face au regard inquiet de Severus.
- Et comment tu te sens ? s'enquit-il.
- Bien, lui assura-t-elle.
- Tu crois que ça annonce que l'heure est proche ?
Véga savait qu'il était mort d'inquiétude. Elle avait dépassé le temps annoncé par Khronos. Si Severus n'avait pas pris soin d'elle, elle aurait déjà dû disparaître. Mais cette éventualité restait en suspend. Cela pouvait toujours arriver n'importe quand.
- Mais non... tenta-t-elle de le rassurer. Regarde, j'ai encore pas mal de sable.
En effet, il lui restait du sable. Mais "pas mal" c'était beaucoup dire. Du point de vue de Severus, cela ne représentait que trois ou quatre ans. Un délai beaucoup trop court avant de la voir disparaître. Et lui qui, malgré tous ses efforts, ne trouvait aucun remède...
S'il savait que Véga avait commencé à sentir les prémices du retour de sa maladie... "Pour l'instant ce n'est pas grand chose..." pensa-t-elle. "Mais bientôt, je serai obligée de lui annoncer que mon corps recommence à lâcher".
oOo
Comme Aurore l'avait annoncé à Ginny, Harry et ses amis ne rencontrèrent aucun soucis au cours de leur deuxième année à Poudlard. Mais Ginny s'était souvent demandé pourquoi Harry arborait une mine aussi préoccupée. Il n'était pas comme ça avant d'entrer à Poudlard. Et quoi que ce soit, elle était certaine que Ron, Hermione et Lilas étaient au courant. "Tout le monde sauf moi..." pensa-t-elle frustrée en observant le jeune Potter. Pourquoi personne ne lui disait rien ? Si c'était si grave... elle avait le droit de savoir. "Neville je peux comprendre, il s'affole d'un rien. Mais moi ! Harry pourrait me le dire. Je m'inquiète autant que les autres pour lui. Voire plus..." À cet instant précis, Harry tourna la tête vers elle. Ginny ne put réprimer le rougissement de ses joues, et elle détourna le regard. Ils se connaissaient depuis toujours. Elle était la soeur de son meilleur ami. Et jamais elle n'avait pensé à devenir pour lui plus que cela. Ginny avait à peine 11 ans. Pourtant... ses joues ne cessaient de s'embraser chaque fois qu'il la surprenait à le fixer. Elle était peinée en remarquant qu'elle était la seule à être troublée. "Je n'ose pas en parler à Hermione. Vivement l'année prochaine, Lilas sera là".
oOo
"Enfin, c'est mon tour" pensa Lilas pleine d'enthousiasme sur le quai de King's Cross. Plus prête que jamais, elle tenait fermement sa valise en attendant le moment de monter dans le train. Elle avait même déjà enfilé son uniforme sur lequel il restait à ajouter l'écusson de sa future maison. Gryffondor bien sûr. Comme ses parents et son frère. Lilas ne pourrait pas supporter d'être répartie ailleurs. Elle voulait rester près de Harry, apprendre à mieux connaître Hermione qui était venue passer quelques jours chez eux pendant les vacances avec Neville, Ron et l'unique fille de la famille Weasley. Ginny était sa meilleure amie, et Lilas avait hâte d'être dans le même dortoir qu'elle.
- On discutera le soir pendant des heures, dit joyeusement Ginny. Tu monteras dans la chambre des 2e années, les autres filles s'en fichent. On pourra parler seules à seules de tellement de choses !
- Un garçon de Gryffondor t'a tapé dans l'oeil ? plaisanta Lilas.
- N... non ! répondit Ginny en lui donnant un coup de coude et tournant rapidement la tête en direction de Harry.
Lilas suivit son regard et elle haussa les sourcils. Alors là... "J'aurais peut-être dû le voir venir mais... ça fait bizarre".
- T'en pinces pour mon fr... rit-elle.
- Chut ! lui ordonna Ginny.
Elle plaqua une main sur la bouche de son amie, et Lilas se mit littéralement à s'étouffer de rire. Sur le coup, elle crut qu'elle allait mourir avant même d'avoir mis un pied à Poudlard. L'horreur !
Voyant Lilas en réelle difficulté, Ginny lui tapota le dos jusqu'à ce qu'elle reprenne une respiration normale. Derrière elle, la jeune Potter perçut un pouffement de rire. Certaine que c'était son frère qui se moquait d'elle, Lilas se retourna. L'oeil noir, elle s'écria furieusement :
- J'ai failli mourir espèce de...!
Mais elle se bloqua en croisant un regard inconnu. Ce n'était ni Harry, ni Ron. Mais un grand garçon brun, un peu plus loin, qui la fixait avec un léger sourire aux lèvres. Il avait levé les sourcils et on pouvait voir de l'étonnement mêlé à l'amusement dans ses yeux sombres. Lilas rougit en se rendant compte qu'elle avait réagi de manière bien trop vive envers un inconnu, visiblement plus âgé. Elle détourna rapidement la tête pour cacher son embarras.
- Désolée Lilas, s'excusa Ginny. Je ne pensais pas que tu t'étoufferais.
- C'est rien... dit-elle en tournant obstinément le dos au garçon. Est-ce qu'il me fixe toujours ?
- Qui ça ? s'étonna son amie.
- Le brun ! murmura-t-elle vivement. Derrière-moi.
- Celui qui est juste là ? dit Ginny en jetant un coup d'oeil par dessus son épaule. Non, il ne te regarde pas. Il dit au revoir à sa mère.
Lilas risqua un coup d'oeil discret, et elle aperçut le garçon sourire à une grande femme blonde dont elle ne pouvait voir que le dos. La mère du garçon le prit dans ses bras, lui murmurant certainement des mots tendres à l'oreille. Lui n'abandonnait pas son sourire doux, et Lilas l'entendit répondre d'un ton apaisant :
- T'en fais pas maman. Je ne te laisserai pas seule longtemps.
Sa mère l'embrassa sur le front, mais elle ne semblait pas être prête à le laisser partir. Elle le tenait toujours fermement par les épaules comme s'il était ce qu'elle avait de plus précieux au monde, et qu'elle avait peur qu'il ne revienne jamais. Lilas détourna de nouveau le regard lorsqu'elle faillit croiser celui du garçon. Et elle n'osa plus se retourner. Puis il disparut dans le train alors que Lilas disait au revoir à ses propres parents. James ne manqua pas de lui rappeler avec un clin d'oeil : Gryffondor.
- Et si tu pouvais réaliser un exploit sportif dès la première année, ajouta son père tout bas, je ne serais pas contre.
- Laisse-la tranquille, intervint Lily. Profite bien de ta rentrée ma chérie. Écoute les conseils de ton frère.
Lilas partit donc pour Poudlard, espérant que le château serait tel qu'elle se l'était imaginé. Voire mieux encore. Au cours des longues heures de voyage, elle eut largement le temps d'oublier le garçon brun. Mais une fois à destination, alors que Hagrid criait aux premières années de se regrouper, Lilas l'aperçut près du demi-géant. Plus grand qu'elle d'une bonne tête, Lilas n'imaginait pas qu'ils pouvaient avoir le même âge. "Alors lui aussi, il entre en première année" devina-t-elle en se rendant compte que cela expliquait l'anxiété de la dame blonde à voir son fils partir.
Ils montèrent tous dans les barques. Lilas s'émerveilla comme ses camarades des lumières lointaines du château, de l'eau du lac si noire qu'on l'aurait crue composée uniquement d'encre. Chacun essaya de distinguer le calamar géant sous la surface, certains s'amusèrent à tester l'écho des grottes de Poudlard qui les menèrent jusqu'au grand hall. Puis ils restèrent sans voix en entrant dans la grande salle, intimidés par le nombre impressionnant d'élèves déjà assis. Sans oublier le si célèbre plafond magique qui reflétait ce soir un ciel sans nuages.
- Extraordinaire, souffla Lilas loin d'être déçue.
Incapable de s'arracher à la contemplation du ciel, elle garda le nez en l'air durant une bonne partie de la cérémonie. Elle entendit à peine le discours de Dumbledore. Et le professeur McGonagall dut s'y prendre à deux fois pour que Lilas daigne lui accorder son attention. Rougissante, la jeune fille se précipita vers le tabouret où l'attendait le Choixpeau magique. Assis à la table des enseignants en tant que nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, Remus arborait un sourire amusé. De même que Hagrid, qui avait eu l'immense joie d'être nommé professeur de soins aux créatures magiques. Minerva semblait agacée quand elle posa le Choixpeau sur la tête de Lilas. Mais avant qu'il ne lui tombe sur les yeux, la jeune fille put voir tous les Gryffondors qui la connaissaient rire sous cape, son frère le premier.
Malgré toutes les pensées meurtrières qui lui passèrent dans la tête à vitesse grand V, Lilas fut tout de même envoyée à Gryffondor. Sa joie éclipsa bien vite la colère et la honte. Elle tomba même dans les bras de Harry qui l'embrassa sur la joue pour la féliciter. Et Ginny tapota vivement la place qu'elle lui avait gardé près d'elle.
Quand Lilas se retourna vers le reste des élèves à répartir, elle se rendit compte que le grand garçon brun était toujours là, et elle se sentit curieuse de connaître son nom ainsi que sa future maison. Mais chaque fois que Minerva appelait un nouveau nom, ce n'était jamais le sien. Le garçon persistait à rester immobile. Lilas s'impatienta. Il ne restait plus grand monde avec lui, au centre de la salle. Et bientôt, il s'y retrouva seul. La jeune Potter en était venue à se demander s'il ne s'était pas trompé, s'il était réellement en première année. Ou peut-être que son nom avait été oublié. Mais il bougea enfin lorsque Minerva s'exclama :
- Yaxley, Luc !
Lilas se redressa sur son banc alors qu'il enfilait le Choixpeau. De longues secondes passèrent tandis que la vieille loque semblait murmurer à l'oreille du garçon. Elle vit même Luc répondre au Choixpeau. Mais Lilas était trop loin pour entendre quoi que ce soit. "Ils sont en train de débattre ?" se demanda-t-elle. Si c'était le cas, le garçon semblait campé sur ses positions. Finalement, le Choixpeau annonça :
- SERPENTARD !
"Mince..." pensa Lilas déçue pour lui. "Le Choixpeau n'a pas voulu l'écouter". Car il était impensable que le garçon ait tant insisté pour être envoyé à Serpentard. Du moins... impensable du point de vue de Lilas. Mais elle fut obligée de se rendre à l'évidence en remarquant le sourire satisfait du brun alors qu'il rejoignait la table opposée. Il voulait être envoyé à Serpentard. "C'était le Choixpeau qui souhaitait le répartir ailleurs ?" se dit-elle stupéfaite. Pourtant, en voyant son sourire franc et chaleureux sur le quai, Lilas n'avait pas pensé une seconde qu'il pouvait être le genre de personne à choisir Serpentard. Certes, être à Serpentard ne signifiait pas qu'on était mauvais. Mais James l'avait tellement mise en garde contre cette maison...
oOo
Pour Harry, l'année s'écoula au rythme des cours de Potions toujours aussi déprimants et révoltants, ceux de défense contre les forces du Mal rendus passionnants et amusants par Remus, sans oublier les cours de divination qui avaient un étrange pouvoir soporifique sur lui. Mais il devait aussi endurer la pression que lui imposait Olivier Dubois. Le capitaine de l'équipe de Gryffondor vivait sa dernière année à Poudlard. Et il avait bien l'intention de la terminer en beauté en remportant la coupe.
Harry lui offrit cette joie en attrapant le vif d'or face à Drago Malefoy. Jamais il n'oublierait le dépit sur le visage du Serpentard, ni les larmes dans les yeux d'Olivier lorsqu'il leva la coupe de la victoire.
- Merci Harry, renifla-t-il alors qu'ils se changeaient dans les vestiaires. Ça faisait tellement de temps que j'attendais ça. Maintenant je n'ai plus aucun doute, je sais ce que je veux pour mon avenir. Je compte bien postuler pour entrer dans un grand club de Quidditch. Flaquemare dans l'idéal. L'entraîneur est mon idole.
- Mon père ? s'étonna Harry.
- James Potter était l'un des meilleurs capitaine que Gryffondor ait jamais eu.
- Toi aussi, t'es le meilleur, lui fit remarquer Fred en tapotant l'épaule de Dubois.
- Si tu veux, je peux en toucher un mot à mon père, lui proposa Harry. Je lui ai déjà beaucoup parlé de toi.
Olivier poussa un cri de joie en lui tombant dans les bras. Harry avait l'impression qu'il n'aurait pas pu rendre son capitaine plus heureux. Soudain, la porte des vestiaires s'ouvrit à la volée, et les amis d'Harry pénétrèrent en hurlant leurs félicitations. Ron et Neville levèrent le pouce, alors que Lilas sautait de joie sur place. Quant à Hermione, elle restait sur le pas de la porte, n'osant pas entrer. Et pour cause...
- Heu... Lilas. Tu es dans le vestiaire des garçons, lui fit remarquer son frère. Tu pourrais attendre deho...
Il fut coupé par un poids s'écrasant contre lui, et il recula d'un pas pour ne pas tomber en arrière. Une chevelure flamboyante lui chatouilla le visage. Sa soeur se tenant toujours devant lui. Harry devina qu'il s'agissait de Ginny.
- Tu as été formidable Harry ! s'exclama-t-elle folle de joie en le serrant plus fort contre elle.
- Ah... dit-il gêné en glissant un regard vers Ron qui venait de froncer les sourcils. Merci Ginny. Mais...
La jeune Weasley sembla alors se rendre compte de la situation. Elle était collée contre Harry Potter et tout le monde les regardait. Ginny relâcha brusquement le jeune homme et faillit trébucher en s'écartant précipitamment.
- J... je... je... balbutia-t-elle rouge de honte alors que son coeur s'affolait.
- Harry le champion ! s'écria soudainement Lilas en sautant elle aussi au cou de son frère. Mais ne prends pas trop la grosse tête ou ton balais ne pourra plus te porter.
Ils éclatèrent de rire et Ginny fut soulagée qu'on ne se soit pas attardé sur son geste impulsif. "Bon sang ! Mais qu'est-ce qui m'a pris ? J'étais tellement contente que..." Heureusement que Lilas était intervenue. Et quand celle-ci lui offrit un clin d'oeil, Ginny comprit que ce n'était pas par hasard. "Merci. Je t'en dois une Lilas". Les deux filles avaient longuement discuté de ce sujet. Ginny n'osait pas avouer à Harry qu'il était important à ses yeux. Plus qu'elle le pensait après toutes ces années d'amitié. Mais lui n'avait pas l'air de ressentir plus que de l'amitié pour elle. Ginny avait parfois l'impression de se confronter à un mur. Peut-être parce qu'elle était la soeur de Ron ? "Mais je ne veux pas rester uniquement la soeur de son meilleur ami !"
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Craignant le retour de Sirius en Angleterre, Aurore décida d'accompagner Regulus en Grèce. Son ami avait déjà fouillé une bonne partie du pays. Elle eut le loisir de se rendre compte à quel point il était frustrant de ne rien trouver. Strictement rien. Même pas l'ombre d'une piste. Si le temple de Khronos existait vraiment, il était bien caché. Mais venant d'un sorcier aussi puissant que lui, il n'y avait rien d'étonnant. Aurore pensait constamment à abandonner. Mais jamais elle ne le faisait. Elle n'était pas la seule en cause. Aurore avait autant envie de sauver Véga que de se sauver elle-même. Bien que la cousine des frères Black ne possédait toujours pas le remède à sa maladie, elle ne pouvait pas disparaître de la mémoire de tous après les efforts qu'elle avait donné.
Mais ce qui tourmentait aussi Aurore, c'était les deux Horcruxes de Voldemort restants. En dehors d'elle bien sûr. La coupe de Poufsouffle et le diadème de Serdaigle. Sans parler de Voldemort lui-même qui était censé se cacher en Albanie. Sans personne pour l'aider à retrouver un semblant de corps, il était normalement inoffensif. Peter se trouvait en France, la mémoire altérée, bien qu'Aurore avait parfois eu envie d'aller vérifier cela.
La coupe de Poufsouffle avait certainement déjà été confiée à Bellatrix, et Aurore supposait que l'Horcruxe se trouvait donc en sécurité dans le coffre fort des Lestrange. Bellatrix et Rodolphus en prison, entrer à Gringotts était impensable. Les Gobelins tenaient trop à ce qu'ils gardaient, considérant presque que le contenu de chaque coffre était leur propriété. Sans l'accord des Lestrange, aucun des Gobelins ne laisseraient qui que se soit s'approcher de leur coffre. Surtout si Bellatrix avait donné des ordres précis. Il fallait compter là-dessus. Alors comment récupérer la coupe ? Si Aurore devait faire évader les Lestrange pour espérer mettre un jour la main dessus...
Et le diadème ? Perdu dans Poudlard, au sein du capharnaüm de la salle sur demande. Aurore avait déjà visité cette possibilité de la salle par curiosité lorsqu'elle étudiait à Poudlard, à son époque. Espérer retrouver un diadème minuscule dans ce monstrueux fouillis ? Impossible. Mais c'était Harry l'élu. Et il tomberait sûrement dessus au cours de sa scolarité. Par hasard.
Mais Aurore hésitait à attendre. Alors, revenue de Grèce, elle prit le risque de se rendre à Poudlard pour essayer de trouver le diadème. Un risque, car elle avait eu vent que Remus était professeur là-bas cette année. Information révélée par Abelforth lorsqu'elle était venue boire avec lui le verre promis. Mais Remus ne s'était jamais rendu compte de la présence du chat au cours des années qu'elle avait passé à Poudlard avec lui et les autres Maraudeurs, alors peut-être qu'elle réussirait à passer inaperçu.
En effet, il ne s'en rendit pas plus compte cette fois. Mais les recherches d'Aurore dans la salle sur demande restèrent infructueuses. Dépitée, elle sortait du château pour rejoindre le saule cogneur lorsqu'elle croisa les enfants Potter et Weasley accompagnés d'Hermione et Neville. Traversant le parc, ils arboraient tous une mine d'enterrement.
- Pauvre Hagrid... marmonnait Ron.
- Pauvre Buck ! le reprit Lilas les larmes aux yeux. Ce n'est pas juste !
- Tout ça à cause de Malefoy, fulmina Hermione en se frottant le poing.
- Il méritait au moins une centaine de coups de poings ! s'exclama Ginny. Être mesquin au point de condamner un hypogriffe à mort... Quelqu'un aurait dû empêcher ça.
- Même Dumbledore n'a rien pu faire, lui fit remarquer Harry. C'est trop tard maintenant.
Ils entrèrent dans le château et Aurore prit la direction de la cabane de Hagrid. Elle avait oublié cet évènement. Avec ce qu'elle avait modifié, il n'y avait personne pour sauver le pauvre Buck. Et lorsqu'elle vit Dumbledore, Fudge et Macnair revenir à leur tour vers le château, Aurore sut que la sentence venait d'être exécutée.
Le chat se cacha dans un buisson pour les laisser passer, prenant soin de dévisager le bourreau d'un oeil noir, sans oublier sa hache. "Pas de sang sur la lame" remarqua-t-elle. "Il a dû l'essuyer après avoir froidement coupé la tête d'un hypogriffe innocent alors que lui porte toujours la marque des Ténèbres !". Mais la mine furieuse du bourreau semblait prouver le contraire. D'autant plus lorsqu'elle entendit Fudge s'indigner :
- C'est tout bonnement incroyable ! Disparaître alors que nous avions le nez dessus dix secondes plus tôt !
- Je suis confus monsieur le Ministre, répondit Dumbledore qui avait l'air tout sauf "confus".
- Je parie que le coupable se trouve encore dans les parages, grommela Macnair en jetant un coup d'oeil par dessus son épaule.
Mais il ne fit pas demi-tour pour aller vérifier. Aurore sortit de son buisson lorsqu'ils furent hors de vue et elle reprit forme humaine. Ainsi, Buck s'était échappé. Mais qui l'avait délivré ? Les enfants allaient-ils remonter le temps uniquement pour sauver l'hypogriffe ?
Soudain, Aurore vit une silhouette émerger de l'ombre des arbres à l'orée de la forêt interdite. Une personne seule, qui courut avant de disparaître à l'intérieur de la cabane de Hagrid. "Voilà le mystérieux sauveur" pensa-t-elle curieuse en s'approchant de la cabane pour se poster sous la fenêtre. Aurore pointa le bout de son nez devant la vitre avec précaution. Mais elle replongea aussitôt à l'abri des regards lorsqu'elle reconnu le mystérieux sauveur. Il n'avait rien de mystérieux... c'était Sirius ! "Il est rentré !" s'affola-t-elle.
- Merci pour ton aide Sirius ! entendit-elle Hagrid s'exclamer sur un ton très reconnaissant. Bucky ne méritait pas cela. C'est un hypogriffe très gentil, tu sais.
- Il ne risque plus rien, le rassura Sirius. Il est dans la forêt, mais je peux l'emmener en lieu sûr si tu veux, et revenir chercher ma moto plus tard. Je l'ai laissée derrière la cabane hurlante.
"On aurait pu se croiser dans le passage secret !" réalisa Aurore pétrifiée.
- Je ne sais pas comment te remercier, renifla Hagrid qui devait certainement pleurer de joie.
- Tu remercieras Dumbledore. C'est lui qui m'a envoyé un hibou pour que j'intervienne.
- Un grand homme Dumbledore, approuva le garde-chasse. Assis-toi, je t'offre un verre.
- Volontiers, je suis rentré au pays hier seulement.
Sa phrase fut suivie du raclement d'une chaise sur le plancher, ainsi que des lourds pas de Hagrid qui s'affairait certainement à sortir verres et bouteille de wisky pur-feu.
- Hier ? Et tu es déjà en mission pour Dumbledore ? rit le garde-chasse.
- Ah... répondit Sirius d'un ton nostalgique. Les missions de l'Ordre, ça me manque un peu. Mais on est mieux sans Voldemort alors...
- Bien sûr... dit plus tristement Hagird. Tu n'es pas au courant.
- Au courant de quoi ?
Aurore serra les dents et ferma les paupières de toutes ses forces. Elle se serait même bouché les oreilles si elle n'avait pas tant envie de savoir si Hagrid allait tout lui dire. Et ça ne manqua pas... le demi-géant parla à Sirius de ce qui s'était passé à Poudlard durant la première année de Harry. Voldemort était réapparu, Harry savait la vérité et... le chat de Van s'était mêlé à l'affaire. Aurore entendit brusquement une chaise racler de nouveau sur le sol. Sirius devait s'être levé d'un bond.
- Tu crois que le chat de Van est encore au château pour veiller sur Harry ?!
- Heu... je ne sais pas, répondit Hagrid avec surprise.
Des bruits de pas se rapprochèrent de la fenêtre. Aurore se tassa sur elle-même en se collant si fort au mur de la cabane qu'on avait l'impression qu'elle souhaitait se transformer en brique. Elle imaginait Sirius en train d'inspecter le parc à la recherche d'un chat à la fourrure blanche.
- Pourquoi ? demanda Hagrid.
- Il faut absolument que je mette la main dessus, répondit Sirius.
- Je croyais que tu cherchais la petite Aurore. Enfin... elle a dû grandir depuis qu'elle étudiait ici. Je me souviens encore de la fois où je l'ai récupérée près du lac. Elle était trempée et terrorisée.
- Oui... marmonna Sirius. Je me souviens.
Aurore aussi. Comment oublier ce moment ? Peut-être que Sirius s'était retenu d'ajouter : c'est moi qui l'ai poussée à l'eau.
- Mais je lui ai remonté le moral avec mon thé et mes gâteaux faits maison, continua Hagrid. Elle les a beaucoup appréciés. C'était une bonne fille.
"Une bonne fille..." pensa tristement Aurore. "Une bonne fille serait dans la cabane, près de Sirius. Par en train d'espionner sous une fenêtre". Sirius devait penser à peu près la même chose car il grommela :
- Mouais...
Elle l'entendit s'éloigner de la fenêtre et se rasseoir. Un silence suivit. Mais Hagrid finit par demander :
- Alors dis-moi, jusqu'où t'ont mené tes recherches ?
- Très loin... soupira Sirius. Je reviens juste d'Albanie. Mais je n'y ai rien trouvé. Bien que... j'y ai croisé une personne inattendue.
- Qui ?
- La mère de Peter.
Aurore se figea brusquement. La mère de Peter ? En Albanie ? Les Pettigrow étaient censés se trouver en France. "Qu'est-ce que ça veut dire ?" se demanda-t-elle perplexe. "J'ai effacé les souvenirs de Peter et de sa mère. Je leur ai demandé d'aller en France. Pas en Albanie ! Là où se trouve Voldemort..."
- Et Peter ? demanda Hagrid. Tu l'as vu ?
- Non. Et je n'ai vu sa mère que de loin, il y a des mois. Quand j'ai voulu m'approcher pour lui parler... elle s'est enfuie.
"Comment ça... enfuie ?" pensa Aurore en écarquillant les yeux. "Elle l'a reconnu ?!"
- J'ai plusieurs fois eu l'occasion de parler avec elle, ajouta Sirius. Sur le quai de la gare, quand on partait tous pour Poudlard. Elle était gentille avec nous, et contente de voir que son fils avait des amis. Mais quand elle m'a vue en Albanie... j'ai vu de la peur dans ses yeux. Ce n'était plus la même Eliane Pettigrow.
Eliane. Ce nom résonna dans l'esprit d'Aurore. Eliane... "Oui... Peter m'a dit que sa mère s'appelait Eliane..." se rappela-t-elle. Mais ce n'était pas la seule. La domestique des De Bouviera portait aussi ce nom. Celle qui avait disparu peu de temps après la visite d'Aurore et Regulus. Pour partir vers l'Est... "En Albanie ! C'était la mère de Peter ! Comment ai-je fait pour ne pas la reconnaître ?!"
- Mon sortilège... murmura-t-elle horrifiée.
Si le sortilège qu'elle avait lancé aux Pettigrow s'était brisé... s'ils avaient retrouvé la mémoire... "Peter n'aurait quand même pas osé essayer de le retrouver ?!"
Un cri strident la fit sursauter, et une ombre passa au dessus d'elle. C'était Buck ! Il venait de quitter la forêt interdite pour rejoindre la cabane en volant.
- Va t'en ! lui souffla vivement Aurore. Si jamais Fudge te voit...
- JE LE SAVAIS !
Le hurlement avait déchiré l'air et résonnait encore alors que la porte de la cabane s'ouvrait en claquant. Aurore bondit sur ses pieds pour voir ce qui se passait à l'intérieur. "Macnair..." pensa-t-elle en voyant à travers la vitre que le bourreau se tenait bien campé sur le seuil de la cabane, seul et sa hache en main. Il observait Hagrid et Sirius qui lui faisaient face, ses yeux lançant des éclairs.
- L'hypogriffe est toujours là... fulmina Macnair. Vous nous avez bernés !
- Perspicace, se moqua Sirius. Maintenant posez cette hache, vous risquez de blesser quelqu'un.
- Oh oui... jubila le bourreau en s'avançant. Je compte bien faire la peau à cette stupide bête. Mais avant, c'est vous deux que je vais raccourcir d'une tête !
- NON !
Sirius et Hagrid se retournèrent. Minerva Mcgonagall venait d'entrer par la porte de derrière. Et elle menaçait Macnair de sa baguette.
- Ne faites plus un geste, lui ordonna-t-elle. Ou le directeur entendra parler des menaces que vous avez proféré envers un professeur de Poudlard et... et...
Sirius vit la directrice-adjointe tourner les yeux vers lui. Il crut rêver en remarquant la rougeur de ses pommettes. La vieille Minerva Mcgonagall rougissait en le fixant ?
- C'est ça, rit le bourreau. Je me fiche bien de l'avis de Dumbledore. J'ai Fudge avec moi.
- Mais le Ministre sera-t-il toujours de votre côté lorsqu'il apprendra que vous portez la marque des Ténèbres ? Mangemort, l'accusa Minerva sur un ton plein de dégoût.
Les trois hommes face à elle écarquillèrent les yeux. Tous se demandaient comment elle pouvait savoir cela. Sirius et Hagrid n'en croyaient pas leurs oreilles, bien que ce titre aille comme un gant à Walden. Il n'en avait jamais été question au sein de l'Ordre, et Macnair avait pris soin de cacher ce fait puisque sa liberté en dépendait. Jamais personne ne l'avait soupçonné au ministère. "Et voilà que cette vieille peau essaye de me faire couler !" pensa-t-il en lâchant sa hache pour sortir sa baguette.
- Je vais t'exploser la vieille ! cria-t-il. Confringo !
Personne n'eut le temps de réagir. Mais par chance, le sortilège de Macnair la manqua pour toucher le mur derrière elle. Une chance... c'était vite dit. Car une fois le mur explosé, ce fut un bonne partie de la charpente du toit qui s'effondra. Hagrid protégea Sirius grâce à son corps massif. Mais il n'avait pas la moindre chance d'en faire de même pour Minerva qui se trouvait hors de portée. En une fraction de seconde, elle disparut sous les décombres en hurlant. Quant à Macnair, il fut assommé net par une lampe à huile accrochée au plafond près de la porte alors qu'il tentait de s'échapper.
- Minerva ! s'exclama Sirius une fois que Hagrid l'eut relâché.
Les deux hommes se précipitèrent pour retirer le plus vite possible les débris. Hagrid soulevait des kilos en un rien de temps. Sirius faisait de son mieux pour l'aider. Il vit le sang avant la femme. Des tâches rouges souillant la pierre. Puis il aperçut quelques mèches de cheveux. Des cheveux... blonds-argentés. Sirius se figea, et il retint son souffle alors que Hagrid retirait la planche de bois qui masquait le visage de la femme. Ce n'était pas Minerva Mcgonagall. Ce visage couvert de sang... il le connaissait bien.
- Dora... murmura-t-il à la fois stupéfait et inquiet.
Comment était-ce possible ? Il avait vu Minerva se faire ensevelir et c'était Dora qu'il trouvait sous les décombres ? "Dora... Mais oui ! Dora ! Une métamorphomage..." réalisa-t-il. "Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? Il faut avoir un don pour réussir à se cacher aussi facilement".
- Dora ? appela-t-il en la dégageant complètement. Dora, tu m'entends ? Dora !
Elle respirait à peine. Touchée à la tempe, le sang coulait sur sa joue tout en colorant ses beaux cheveux d'un rouge écarlate. Sirius la prit dans ses bras pour la secouer légèrement.
- Hé ! Tu m'entends ? Réponds ! lui ordonna-t-il.
- Sirius, intervint Hagrid en posant une main sur son épaule. Il vaut mieux ne pas trop la bouger. Elle a reçu un violent choc sur le crâne. Je vais chercher de l'aide, d'accord ?
Le garde-chasse s'éloigna en enjambant une grosse poutre et il prit Macnair sous son bras avant de rejoindre le château. Mais Sirius ne remarqua rien, il ne l'avait même pas entendu. Car son attention était focalisée sur le petit objet pendu à une chaine dorée qu'il avait exposé en secouant la jeune femme. Dora était absolument identique aux souvenirs qu'il avait d'elle. Des souvenirs datant de 1976. Soit, 17 ans plus tôt. "Je n'ai pas eu le temps de m'en rendre vraiment compte quand je l'ai sauvée de mon grand-père mais... elle n'a pas changé". Peut-être était-ce dû à son sang de vélane ? Ou bien cela avait un rapport avec le sablier de Khronos qu'elle portait. Sirius avança lentement la main pour s'en saisir. Un seul grain noir.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi portes-tu ce sablier ? souffla-t-il en observant chaque détail du visage de la jeune femme. Je croyais que...
Sirius se tut brusquement. À moins d'avoir atteint son but ou de mourir, l'utilisateur ne pouvait pas retirer le sablier de Khronos. Pourtant, Sirius était certain qu'Aurore était toujours là, quelque part. Tout cela n'avait aucun sens. À moins que...
Il faut avoir un don pour réussir à se cacher aussi facilement.
oOo
Les enfants furent heureux d'apprendre que Buck n'avait pas été exécuté, et horrifiés à l'idée qu'un mangemort se soit trouvé dans l'enceinte de Poudlard. Hagrid avait dénoncé Macnair à Fudge et Dumbledore. Apparemment, c'était le bourreau qui avait presque entièrement démolis la cabane du garde-chasse. Des choses étranges avaient de nouveau lieu à Poudlard.
Le jour de l'arrestation de Macnair, l'infirmerie fut bloquée toute la journée. Plus d'un élève essaya de spéculer sur l'identité du malade. Mais personne n'avait d'idée concrète. Qui que ce soit, il avait été évacué pendant la nuit, et Mrs Pomfresh refusa de dire ne serait-ce qu'un mot là-dessus.
Quand Harry entra en 4e année, rien ne rentra dans l'ordre. La cabane de Hagrid était entièrement restaurée, mais Remus n'était plus leur professeur de défense contre les forces du Mal. Son secret découvert par Malefoy, le professeur Lupin avait démissionné de lui-même. À présent, ce fou furieux de Maugrey Fol'oeil le remplaçait. Mais ce n'était pas le pire. Un immense tournois devait avoir lieu à Poudlard. Le tournois des trois sorciers. Dont Harry... avait été nommé quatrième champion. "Un titre qui n'était pas censé exister. Encore un coup du destin ?" se demanda-t-il d'un air morne. N'avait-il donc pas assez de soucis comme ça ? Devait-il risquer sa vie sans même avoir affaire à Voldemort ?
Heureusement, il survécut à la première épreuve. Celle des dragons. Mais de justesse, et Harry ne pouvait s'empêcher de se demander où se trouvait son soit disant ange gardien. Le chat de Van l'avait-il abandonné ? "ça n'a peut-être rien à voir avec la prophétie, mais je risque tout de même ma peau !"
Le soutient et le réconfort dont il avait besoin, c'était chez ses amis qu'il le puisait. Sa soeur ne le quittait jamais, et il recevait de nombreuses lettres de la part de ses parents. Mais Sirius ne lui en avait envoyé que quelques unes. Harry avait la désagréable impression que son parrain se désintéressait de son cas. Ou du moins qu'il était occupé par quelque chose d'important. Harry ne comprenait pas. Avec Ron qui s'était fâché contre lui au début du tournois, le jeune Potter se sentait comme abandonné au milieu d'une arène.
- Ça va aller, dit doucement Ginny en le faisant sursauter. Tu n'es pas seul.
Elle s'était assise à côté de lui alors que Harry s'était isolé dans un coin de la salle commune de Gryffondor. Il avait besoin de réfléchir. Mais il était aussi content qu'elle se soit montrée.
- Merci, sourit-il. J'ai parfois l'impression d'être noyé par l'angoisse.
- Je suis une bonne nageuse, plaisanta-t-elle. Je te sortirai de l'eau si besoin.
Ils pouffèrent de rire et Ginny ajouta :
- Respire Harry, tu as le temps avant la deuxième épreuve. D'abord, il y a le bal de Noël.
Harry acquiesça, et il se rendit compte que Ginny était devenue bien silencieuse. Elle semblait perdue dans ses pensées et se mordillait les lèvres comme si elle avait peur de lui poser une question.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il.
- Hein ? dit-elle en levant brusquement la tête. Oh... rien. Je me demandais juste si... si tu...
Ginny se mordit les lèvres de nouveau, mais elle ne termina pas sa phrase. À la place, elle se releva avec un sourire crispé.
- C'est domage que les 3e années ne puissent pas y assister. J'aurais beaucoup aimé y aller. Enfin... je pourrais... si un garçon plus âgé m'invitait, lâcha-t-elle aussi rapidement que sa langue le lui permit.
Harry perçut un message d'alarme. C'était lui que Ginny désignait par "un garçon plus âgé". Certains comportements de la jeune fille envers lui ne trompaient pas. Ginny voulait aller au bal avec lui. Elle s'inquiétait de savoir s'il avait déjà trouvé une cavalière, ce qui n'était pas le cas, mais... "C'est Ginny. La soeur de Ron". Voilà où Harry en venait à chaque fois qu'il pensait à la jeune fille. Il ne pouvait pas être plus qu'un ami pour elle.
Le silence de Harry jeta un froid sur le coeur de Ginny. Soit il n'avait pas compris... soit il ne voulait pas d'elle comme cavalière. "Il faut être réaliste, c'est la deuxième option".
- Peut-être qu'en demandant à Neville... marmonna-t-elle en s'éloignant avec une mine résignée.
- Neville ? demanda immédiatement Harry en fronçant les sourcils.
- Ben oui... je ne peux pas y aller avec Ron, répondit-elle en continuant de s'éloigner.
Avant même de s'en rendre compte, Harry s'était levé pour la rejoindre et il la retint par le bras. Elle n'avait même pas eu le temps de monter la première marche menant au dortoir des filles. Il ne pensait pas que Ginny choisirait d'aller au bal avec un autre garçon s'il refusait d'y aller avec elle.
- Tu comptes vraiment y aller avec Neville ? s'enquit-il.
- Pourquoi pas ? demanda Ginny en rougissant à l'idée que Harry puisse être jaloux.
- Eh bien... marmonna-t-il en perdant légèrement ses moyens. J'ignorais qu'il te plaisait. C'est Ron qui sera étonné de te voir au bras de Neville. Il sera peut-être même furieux.
Cette fois, ce fut Ginny qui fronça les sourcils. Quand Harry l'avait retenue, elle s'était imaginé qu'il venait de se décider à l'inviter. Mais au lieu de ça, il lui parlait de Ron. "Si Neville me plait ?" pensa-t-elle furieuse. "Mais à quoi te servent tes lunettes Harry ?! J'aime beaucoup Neville mais c'est avec toi que je veux aller au bal !"
- Lui ou un autre, dit-elle d'un ton sec. N'importe qui fera l'affaire.
- N'im... n'importe qui fera l'affaire ?! s'exclama Harry soudainement furieux. Tu plaisantes ?!
- Parce que j'ai le choix peut-être ?! répliqua-t-elle en dégageant son bras. Tout est de ta faute ! J'essaye de te faire comprendre mes sentiments. Mais toi, tu ne remarques jamais rien ! C'est toi, Harry Potter, que je veux comme cavalier ! Ou du moins que je voulais. Parce que là, j'en ai plus du tout envie !
Elle fit rapidement demi-tour pour le planter là, au milieu de la salle commune. Tous les élèves présents avaient les yeux rivés sur lui. Harry ne savait plus où se mettre. Il avait vu juste, Ginny avait des sentiments pour lui. Mais il ne savait pas quoi lui répondre. Cependant, il n'avait pas apprécié l'idée de la voir venir au bal avec Neville, l'un de ses amis. Et avec n'importe qui d'autre ?
-...
- Maintenant, dit soudainement Lilas en le dépassant pour rejoindre Ginny, tu ne peux plus faire semblant de ne rien savoir.
Harry glissa un regard vers Ron. Son ami était aussi stupéfait que les autres. Seule Hermione semblait lui adresser un regard réprobateur. Oui, il avait évité le sous-entendu de Ginny pour mieux lui faire la leçon derrière. Comme l'avait dit Lilas, Harry avait toujours prétendu ne rien voir des signes que Ginny lui faisait. Il ne voulait pas s'embrouiller avec Ron. Mais il avait encore moins envie de voir Ginny se braquer contre lui. Une minute plus tôt, elle était venue le rassurer. Il aimait discuter et rire avec elle. Ginny était toujours chaleureuse, et il aimait ses cheveux de feu.
oOo
Lilas descendait l'escalier de la volière au pas de course. Le bal allait bientôt commencer. Elle portait déjà sa longue robe de bal blanche. Hermione l'avait aidée à se coiffer, bien que Lilas avait eu la légère impression que l'amie de Harry s'était gardée de toute délicatesse. Elle avait brossé ses cheveux auburn énergiquement, les avait tirés dans tous les sens et elle avait enfoncé si fort les épingles dans la coiffure de Lilas que la plus jeune avait cru qu'elle essayait de lui transpercer le crâne. Pourtant Hermione n'avait pas de raison d'être énervée, vu qu'elle allait au bal avec le garçon le plus populaire du château, Victor Krum. "Et je ne vois pas pourquoi elle m'en voudrait" pensa Lilas qui était venue à la volière pour récupérer les chaussures que sa mère venait de lui acheter. Heureusement que Hedwige était rapide. Lilas avait pu les chausser juste à temps. À présent il lui fallait rejoindre le hall.
- Ron doit m'attendre, marmonna-t-elle en accélérant.
Il l'avait invitée faute d'avoir trouvé une cavalière de son âge. Lilas n'en était nullement vexée. Elle n'imaginait pas pouvoir aller au bal, alors c'était une véritable chance. Et le fait qu'elle y aille avec son meilleur ami ne dérangeait pas Harry. De toute façon, lui y allait avec Ginny. Au début c'était mal parti. "Mais mon idiot de frère a enfin pris les devants" pensa-t-elle en pouffant de rire. "C'était pas trop t..."
- AH ! cria-t-elle en trébuchant sur le bas de sa robe.
Lilas tomba en avant. Heureusement, il ne lui restait que deux marches avant la fin de l'escalier. Mais cela ne l'empêcha pas de s'étaler au sol comme un sac.
- Arrrrgh... gémit Lilas face contre terre.
Elle avait mal partout. Et elle n'osait même pas se relever pour voir l'état de sa robe blanche. Cependant, elle tenait plus que tout à participer au bal. Alors au prix d'un grand effort, elle se redressa lentement. Mais en levant la jambe pour se relever, Lilas se rendit compte que son pied était nu. "Ma chaussure !" pensa-t-elle en cherchant autour d'elle. Soudain, elle apparut juste sous son nez. Quelqu'un avait ramassé la chaussure pour elle et la lui tendait. Cette personne... c'était Luc Yaxley, le Serpentard. Lilas se sentait tellement gênée. Il devait l'avoir vue tomber. Et sa robe pleine de poussière, une chaussure en moins... "Je ressemble à rien".
- Je crois que tu vas en avoir besoin, lui dit-il en voyant qu'elle ne faisait pas un geste.
Il avait parlé en toute gentillesse, bien qu'il avait tout de même l'air amusé. Lilas se rappela la première fois où elle l'avait vu sur le quai. Il arborait le même sourire. En le voyant lui tendre ainsi sa chaussure, Lilas ne put s'empêcher de penser à l'une des histoires que sa grand-mère lui avait raconté. Celle de Cendrillon. Lilas se sentit rougir face à sa propre bêtise. Luc n'était pas un prince mais un élève de deuxième année à Serpentard qui rendait à une empotée sa chaussure.
- M... merci, balbutia-t-elle en la reprenant.
Luc lui offrit un signe de tête avant de la laisser pour monter l'escalier de la volière. Lilas resta seule et immobile quelques secondes. Puis repensant au bal, elle se releva d'un bond, enfila sa chaussure et courut jusqu'au hall. Elle y retrouva son frère et ses amis qui s'étonnèrent de l'état de sa robe.
- Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? s'inquiéta Harry alors que Hermione lançait un sortilège sur Lilas pour rendre sa couleur blanche à la robe.
- Tombée, résuma-t-elle sans trop vouloir s'épancher sur le sujet.
- Tu ne t'es pas fait mal au moins ? s'enquit Ginny près d'Harry dans sa robe bleue pâle.
- Non ça va.
- Les champions ! appela soudainement Mcgonagall. Par ici s'il vous plait.
Victor Krum apparut pour emmener Hermione sous le regard noir de Ron. Dans les yeux de la brune on pouvait lire : Bien fait pour toi. Lilas crut comprendre pourquoi Hermione s'en était prise si durement à son cuir chevelu. "Si j'avais su, je serais venue avec Neville" pensa-t-elle alors que celui-ci était accompagné d'une camarade de classe de Ginny qui souhaitait aussi ardemment assister au bal.
- On y va ? demanda Harry en tendant son bras à Ginny.
- Oui, répondit-elle d'une petite voix en l'acceptant et rougissant au passage.
Lilas sourit. Ce n'était plus Ginny la teigne qui avait hurlé sur Harry en pleine salle commune. La jeune Potter les suivit au bras de Ron. Mais avant d'entrer dans la grande salle, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil par dessus son épaule. Aucun signe du Serpentard. Il portait encore son uniforme quand elle l'avait vu. Luc n'avait sûrement pas trouvé de cavalière plus âgé. Ou bien le bal ne l'intéressait pas. "Je me demande s'il envoie une lettre à sa mère".
oOo
Le mois de juin 1995 était déjà entâmé lorsque Regulus rentra en Angleterre. Ses recherches ne menaient à rien, il avait besoin de revoir Aurore pour en discuter. Mais il ne la trouva pas à l'appartement. Après des jours à l'attendre sans aucune trace d'elle, Regulus se décida à la chercher. Celui qui était le plus susceptible d'avoir eu des nouvelles d'Aurore, c'était Abelforth Dumbledore.
Le patron de la Tête de sanglier fut pris au dépourvu lorsqu'il trouva un merle au lieu d'un chat dans son arrière salle. Encore plus quand le merle en question se transforma en Regulus Black.
- Hum... marmonna Abelforth. Je savais que tu finirais par venir.
"S'il savait que je viendrais, il sait aussi pourquoi je viens" devina Regulus avant de demander :
- Où est Aurore ?
-... on prend soin d'elle.
- Que lui est-il arrivé ? s'inquiéta-t-il.
- Elle a été gravement blessée, l'informa Ab. Le toit de la cabane de Hagrid lui est tombé dessus. Elle n'a survécu que par miracle. Cela fait un an, mais elle n'a toujours pas ouvert les yeux.
-... quoi ?
Regulus se laissa tomber sur une chaise. Il avait l'impression de revivre le jour où on lui avait annoncé que Véga était tombée dans le coma. Mais cette fois, il l'apprenait seulement un an après l'accident.
- J'aurais dû rentrer plus tôt, regretta-t-il.
- C'est elle qui t'a envoyé au loin. Et de toute façon, tu n'aurais rien pu faire de plus. Il faut attendre.
- Quel est le numéro de sa chambre d'hôpital ?
-... elle n'est pas à l'hôpital.
- Pas à...? Mais vous dites qu'elle a faillit mourir ! s'indigna-t Regulus en se levant d'un bond. Où est-elle ?
- Chez toi. Enfin... chez ton frère. Il était là quand elle a été blessée.
- Mais il... il ne sait pas...
- J'ignore ce qu'il sait, avoua Abelforth. Il n'a pas quitté le square Grimmaurd depuis qu'elle est là-bas. Et il cherchait Dora autant qu'Aurore. Laquelle des deux pense-t-il avoir trouvé ? Je ne saurais le dire. Mais cela pourrait être sans importance.
- Pourquoi ? s'étonna Regulus en fronçant les sourcils.
- L'état de coma profond d'Aurore laisse à penser que sa commotion cérébrale est grave. Et qu'elle pourrait avoir des conséquences.
- C'est à dire ? demanda-t-il lentement.
- Il est impossible de prévoir dans quel état se réveillera Aurore. Elle pourrait être amorphe. Paralysée ou amnésique.
Pas contents ! Pas contents ! xD c'est ce que je vois dans tous vos reviews... xD
Réponses aux reviews :
Lila de Jarjayes : mais oui, c'est le fils d'Elizabeth ^^ il a le même âge que Lilas puisque Lily et Liza se sont rendu compte de leurs grossesses à peu près au même moment. Sirius et Aurore... serais-je assez cruelle pour la rendre amnésique ? *démon*. à suivre ^^ biz
Tryphon21 : je sais qu'aurore en mcgonagall c'était pas évident tout de suite. c'est vrai que ça avance vite, mais Harry a une vie scolaire relativement normale par rapport à celle des livres (pour la 2e et 3e année, en 4e ça se complique comme chez JK mais ça reste très proche des livres) donc je ne vois pas l'intérêt de tout décrire en détail et il FAUT faire avancer l'histoire. on s'en sortira jamais sinon. Les réponses à tes autres questions dans le prochain chapitre. à + !
Takinza : Elizabeth ça remonte à loin ^^ mais il ne faut rien oublier ! Je peux toujours vous ressortir des petits détails qui se sont un peu perdus xD Harry est débrouillard, il a sa super baguette jumelle de Voldemort qui ne l'abandonne jamais ;)
laloudu77 : la mère de Peter en Albanie ça craint... en plus, le temps de sillonner toute l'Albanie, Sirius l'a vue là-bas il y a des mois.
Nayla-HP : Harry est en 4e année. Il était à fond in love de Cho dans les livres. Il se serait mis avec elle s'il avait pu. je vois pas pourquoi il ne pourrait pas se mettre avec Ginny maintenant. ils n'ont qu'un an de différence et il l'a connaît mieux que dans les livres. pour le reste je ne dis rien ^^
azilea : et oui, le retour de Liza. Rappelle-toi, elle était enceinte quand Evan a été tué. les réponses à tes questions au prochain chapitre ;) biz
Mathde : merci ! ^^ je suis contente de renforcer ta passion pour la lecture ! bisous ;)
Git : reg ne l'a pas vraiment "touchée". C'était comme laisser sa main suspendue dans le vide. Il n'a rien senti sous ses doigts. Oui, Serpentard c'est les méchants, Harry et sa sœur sont en plein dedans. En plus James a dû leur rabattre les oreilles avec Rosier... bref il ne faut pas en vouloir à Lilas pour penser que Luc a fait le mauvais choix. lilas n'avait vraiment aucune raison d'être envoyée à Serpentard. C'est une bonne gryffondor ^^ j'ai brouillé les pistes avec LA lumière hein ? ;) Tu sauras bientôt tout sur Luc. Tu as parfaitement compris l'ordre des âges ^^. Harry, Ron, Hermione et Neville. Puis Ginny toute seule (bouhouhou lol). Enfin, Lilas et Luc. Au départ je voulais mettre Lilas au même niveau que Ginny. Mais les dates de naissance n'allaient pas... shit ! xD Il se pourrait que Sirius ait compris. Il avait tous les éléments en mains. Harry et ses amis ont 14-15 ans à la fin du chapitre. ça pousse vite ^^. bon Git, essaye de rester consciente le temps que j'écrive le prochain chapitre. D'accord ? Pas de coma ! mdr. bisous
glagla60800 : non je ne veux pas ta mort. On se calme, j'ai pas envie de visiter le Tartare (oui je sais ce que c'est xD). ne pleure plus, il faut bien que tout finisse par s'arranger. Courage ^^
LilouEvans : la mère de Peter, c'est la domestique des français qu'Aurore et Regulus sont allés voir pour obtenir des infos sur le sablier (chap 50). elle avait brusquement quitté son poste après leur visite. Eliane Pettigrow. Bref, ça sent pas bon le fait que Sirius l'ai vue en Albanie, là où se cache Voldy.
AURORE ET SIRIUS ! ON EN PEUT PLUS ! mdr. oui, je sais.
Bien sûr que ses parents lui manquent. Elle pense à eux, mais elle sait qu'elle ne pourra jamais les rejoindre. Aurore a déjà assez de problèmes comme ça pour broyer du noir à cause de ça lol. (sa sœur c'est Dora, pas Dorcas xD) à bientôt !
SIRLOVE3 : mais oui, ça avance mdr. J'aime bien passer du coq à l'âne, je sais que vous êtes perdus xD. qui sait, je suis peut-être un cyborg, vous en savez rien... allumage... inspiration... ECRITURE ! c'est parti ! lol. Biz ;)
Yaga-Poplar : la romance j'aime bien ça. ça sent pas bon du tout pour Aurore...
PinkTurtle : oh ! bonjour ^^ (j'ai une lectrice de plus ! YES ! xD) merci beaucoup, prépare-toi à sauter au plafond vendredi prochain. Dans l'après-midi mdr. gros bisous !
Casimirette53 : ouais, ce serait vraiment sadique... ^^ (arrête alwyn ! tu peux pas faire ça !) Je fais ce que je veux non ? C'est moi l'auteur. (NOOOOOON !) Bon ok, je vais réfléchir xD. Seulement si tu n'oublies plus jamais mes personnages. Déclarée coupable. AVERTISSEMENT. (je suis folle... j'aime ça ^^)
Plumette06 : et ouais, ça se complique toujours ^^. ça me rassure que ta chambre soit rangée. Moins de risques que tu te fasses mal en sautant partout mdr. à la semaine prochaine ;)
Beliectioner : et oui, toutes les réponses viennent à point nommé ^^. celles à tes questions sont pour le rpochain chapitre. Patience... ;)
Mak64 : salut ! merci, je suis contente que tu laisses un review sur ma fic ^^ tu me rassures si tu ne trouves pas qu'Aurore soit Mary-Sue. quand je lis des fics, souvent je suis frustrée parce que les chapitres ne sont pas assez longs et que les auteurs mettent en plus du temps à publier. moi-même je suis pressée de vous faire lire la suite pour avoir votre avis lol. ça m'encourage ^^ à vendredi pour le prochain chapitre ! bisous
Maman bouba : je fais de mon mieux pour vous offrir un chapitre par semaine ^^ il se passe beaucoup de choses en effet, et ce n'est pas fini vous verrez. à bientôt ;)
LauraNyra : c'est pas grave, merci de me laisser ce commentaire ^^ à bientôt
Myyyouuuuu : merci de m'écrire ^^ et oui, pas trop tôt pour Sirius. ça fait pas mal de temps qu'il lui court derrière. la communication entre eux ne sera pas simple, c'est sûr. Il aurait peut-être été plus heureux en se trouvant quelqu'un d'autre... mais je les aime ensemble ces deux là.
Je ne me force pas à écrire toutes les semaines, j'adore ça ! ;) alors à très bientôt. Bisous
