Il trépignait d'impatience dans le manoir. Il ne savait pas pourquoi ses parents avaient tenu à ce qu'il les attende là pendant qu'ils allaient chercher Sirius et Lily. C'était ridicule. Il aurait pu y aller avec eux. Il commençait à croire que sa mère avait fait de la phrase de Sirius un mantra, et il se demandait même si elle se rendait compte que le simple fait de l'obliger à patienter ici violait la promesse qu'elle lui avait fait deux jours plus tôt sur le fait de ne plus interférer entre eux.

En plus, Sirius n'avait pas rendu ses plumes à Lily. Il n'avait donc pas reçu de lettre de sa part depuis plusieurs jours et il avait trouvé le temps long. Il s'était consolé avec son journal intime qui traînait toujours sur sa table de chevet, et ses quelques cours de runes qu'elle lui avait prêté sur lesquels leurs initiales se trouvaient entrelacés dans quasiment toutes les marges.

Il bondit du canapé du salon lorsqu'il entendit un « pop » caractéristique devant la porte, puis la voix de Sirius, et enfin des pas dans le hall. En une seconde, son meilleur ami lui avait sauté dessus en feignant pleurer de joie tout en lui déclamant son amour, le faisant glousser et sourire Lily, un peu en retrait avec Roméo dans les bras.

Elle n'avait pas changé mais il avait l'impression qu'elle était plus belle que jamais. Sur la même longueur d'onde, ils n'échangèrent qu'une brève accolade une fois qu'elle eut lâché le chat sous l'oeil beaucoup trop attentif d'Euphémia qui poussa un soupir de tendresse en se calant contre son mari quand elle les vit si gênés.

« La Salle Commune était beaucoup trop silencieuse sans toi, commenta Sirius qui s'était déjà vautré sur le canapé.
- C'était tellement reposant... souffla Lily, faisant rire Euphémia et Fleamont.
- Eh bien, merci Patmol, c'est agréable de voir qu'au moins une personne ici est contente de me revoir, déclara James en pressant l'épaule de son meilleur ami qui lâcha un « de rien, mon vieux ».
- Nous allons vous laisser vous retrouver. Il y a une réception ce soir au ministère. Pas de bêtise. Personne ne sort du manoir. James... Je peux te faire confiance, n'est-ce pas ? »

Le regard perçant de son père était sans détour. Le jeune homme hocha la tête d'un air entendu. Après la dispute qu'ils avaient eue tous les deux, il était hors de question qu'il tente le diable.

« Est-ce qu'ils t'ont torturé ? Tu n'as pas l'air d'être le même... lui demanda Sirius en plissant les yeux dès qu'Euphémia et Fleamont furent partis.
- Je me suis engueulé avec eux quand on est arrivé ici. C'était assez tendu... Mais on a discuté ensemble... Ils s'inquiètent pour nous et pour ce que nous allons devenir quand ils ne seront plus là... J'ai décidé de faire des efforts...
- C'est très mature de ta part, James, lui confia Lily.
- Ne l'écoute pas, elle dit ça parce qu'elle aime les hommes matures, mais moi je t'aime comme tu es, intervint Sirius.
- Je t'aimais aussi... Avant que tu ne lui prennes ses plumes ! s'exclama James en balançant un coussin vers son meilleur ami.
- Oh, Mimi te l'a dit ? C'était juste pour attiser un peu les flammes de l'amour...
- Tu parles !
- Quoi ? Ça n'a pas marché ? »

Lily pencha la tête et lança un regard intéressé vers James. Visiblement, elle attendait impatiemment qu'il réponde, mais la seule chose qu'il avait en tête était de s'enfermer avec elle dans sa chambre.

« J'étais inquiet ! Je pensais qu'il était arrivé quelque chose ! répondit-il habilement.
- Elle va bien, regarde ! Je l'ai protégée au péril de mon corps ! Lança Sirius d'un air grandiloquent.
- Avant-hier, il a tué une coccinelle dans le parc parce qu'elle avait « osé me piétiner », expliqua Lily en roulant les yeux.
- On ne sait pas de quoi ces bêtes là sont capables Evans, je t'assure ! Certifia le maraudeur pendant que James pouffait.
- Je pense que j'aurais pu m'en sortir seule...
- Et avec Rogue ? les interrogea James. »

Cette fois, le silence tomba dans la pièce. Sirius et Lily échangèrent un regard tendu avant de reprendre la parole.

« Rien de spécial.
- Rien de spécial ? répéta James, dubitatif.
- Est-ce qu'on peut éviter d'en reparler ? Il m'a à peine regardée, et Sirius lui a fait payer toute la semaine, ce n'est pas comme si...
- Il t'a très mal regardé, et il l'a fait en disant quelque chose à Avery ! Protesta le jeune homme en question.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda James.
- Nous n'avons pas entendu. Ça n'avait peut-être aucun rapport avec moi, la réaction de Sirius était disproportionnée.
- C'est sûr que ça avait un rapport avec toi ! J'aurais dû lui faire péter un feu d'artifice dans le caleçon comme on avait prévu de le faire avec Peter ! s'emporta Sirius, debout sur le canapé, le bras en l'air. »

James eut envie de l'applaudir pour cette formidable idée, mais par respect envers Lily, il se contenta d'un petit sourire vers son meilleur ami. Ils passèrent une bonne partie de leur soirée à discuter ensemble de leur semaine, Sirius répétant sans cesse à quel point il s'était ennuyé sans James, et James lui assurant qu'il en avait été de même pour lui. Il mentionna rapidement Matilda, et Lily sembla se réveiller d'un coup.

« Tu as vu Matilda Dukelow ?
- Il y a deux jours. J'étais sorti pour voler un peu, et je l'ai croisée en rentrant, expliqua t-il sans trop oser affronter le regard de sa petite-amie.
- Je vois... marmonna Lily.
- Oups. Vous avez vu l'heure ? Merlin, moi qui me couche si tôt, d'habitude ! Mon sommeil va être troublé si je n'y vais pas immédiatement ! lança Sirius, son mensonge les faisant à moitié sourire quand il se hâta hors de la pièce. »

James prit sa place sur le canapé, et fit signe à Lily de venir s'asseoir à côté de lui mais elle ne bougea pas du fauteuil sur lequel elle s'était assise quelques heures plus tôt. Elle se pencha en avant et le regarda droit dans les yeux.

« J'ai pensé à toi toute la semaine, et tu étais avec Matilda Dukelow ?
- Non ! réfuta t-il. Je ne l'ai vue qu'une seule fois ! On a seulement discuté quelques minutes, elle a dit qu'il faudrait qu'on se revoie et ensuite je suis rentré.
- Oh, elle veut que vous vous revoyiez ? Reprit Lily avant de se laisser tomber au fond de son fauteuil en hochant la tête comme si elle venait de comprendre quelque chose.
- Merlin, Lily, tu sais que je suis dégoûté de cette période de ma vie. Elle ne me l'a pas du tout proposé avec un sous-entendu. Elle a un petit-ami, et je lui ai dit que moi aussi, j'ai quelqu'un. »

Cette fois, la jeune femme se radoucit, et à la grande surprise de James, elle finit par éclater de rire et par le rejoindre sur le canapé, lui sautant presque littéralement dessus comme Sirius l'avait fait un peu plus tôt.

« C'est si facile de te faire marcher ! s'exclama t-elle.
- Je ne sais pas qui de ma mère ou de toi est la pire, commenta sombrement James sans être toutefois capable de lui en vouloir. »

Elle l'enjamba et s'assit à califourchon sur lui avant de déposer une multitude de baisers sur son visage, lui murmurant qu'il lui avait manqué sans savoir que c'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre. Il en eut le souffle coupé, et il mit plusieurs secondes avant de se reprendre et de l'entourer de ses bras pour la serrer contre lui comme il avait voulu le faire tous les jours de la semaine depuis qu'il était revenu au manoir.

Il avait l'impression qu'il explosait de bonheur. Sirius avait peut-être raison. Les retrouvailles étaient toujours un moment fort. Il avait presque oublié à quel point elle sentait bon, à quel point ses cheveux étaient doux, et comme ses lèvres étaient parfaites, spécialement quand elles étaient sur les siennes.

« Tu sais ce que j'ai fait pendant que j'étais enfermé ici ? l'interrogea t-il après s'être légèrement écarté d'elle sans pour autant avoir ôté sa main de ses hanches.
- Tu as révisé tes runes, j'espère...
- Oui, mais j'ai aussi... Attends. Attrape les journaux derrière toi, tu veux bien ? »

Elle arqua un sourcil avant de pivoter légèrement et de se pencher en arrière, toujours en équilibre sur les genoux de son petit-ami, et de se saisir du tas de Gazettes du sorcier qui était sur la table basse pour le lui déposer entre les bras.

« J'ai regardé les annonces immobilières, et j'ai trouvé plusieurs trucs intéressants. J'attendais de pouvoir te les montrer, regarde ça. »

Il pointa son index sur plusieurs photos d'appartement sans que la jeune femme ne réagisse avant qu'il ne se rende compte qu'elle l'observait avec de grands yeux ronds.

« Tu n'aimes pas ? s'inquiéta t-il.
- Tu plaisantes ? »

Il n'arrivait pas à lire son visage, et cela le rendait fou. Elle plaqua ses deux mains sur ses joues et l'embrassa si longuement qu'il en eut des vertiges. Merlin, et dire qu'il avait avoué à sa mère qu'il était amoureux d'elle... Si seulement elle savait à quel point il avait simplifié ses sentiments.

« Ca veut dire que tu aimes bien ? la questionna t-il, soulagé quand elle hocha la tête.
- Tu les a contacté ?
- Non, j'attendais d'avoir ton accord. »

Elle soupira et il sentit ses doigts se contracter dans ses cheveux noirs. Ses yeux verts ne quittaient pas les siens, elle le regardait comme s'il était tout, et la vie était soudainement belle, si belle qu'il avait envie qu'elle ne s'arrête jamais.

« A propos de ce que tu as dit l'autre soir... commença t-il un peu nerveusement.
- L'autre soir ? Quand ?
- Après le match.
- Oh Merlin, j'étais tellement saoule... Qu'est-ce que j'ai dit ? »

Il la dévisagea, n'ayant pas songé une seule seconde qu'elle puisse avoir totalement oublié ses mots tant ils l'avaient hanté lui même pendant une semaine, et il finit par lâcher un rire et par lui dire de laisser tomber, caressant sa joue du dos de sa main. Elle le fit sans chercher à comprendre, et elle s'extirpa de ses genoux sans pour autant quitter le canapé, restant solidement calée contre lui.

« Et si on voyageait après les ASPIC ? lui proposa t-il soudainement.
- Tu veux voyager ? s'étonna t-elle.
- Avec toi, confirma t-il. Pas toute la vie, juste... Je ne sais pas, partir d'ici un mois...
- Tu tiendras un mois sans Sirius ?
- Disons une semaine... répondit-il en lui adressant un sourire contrit qui la fit rire.
- Où irons nous ?
- N'importe où, lui dit-il en haussant les épaules. Là où il n'y a pas la guerre. »

Elle attrapa sa main et la ramena sur sa cuisse en la serrant dans la sienne avant de la caresser tendrement.

« Je te suivrai partout. »

C'était un murmure contre son épaule, mais il l'avait entendu et il en avait perdu le fil de ses pensées.

« Il va falloir que tu visites les appartements avec Sirius, tu sais... reprit-il.
- Vraiment ? Tu crois qu'il acceptera de rentrer dans ceux qui n'ont pas quatre chambres ? soupira t-elle.
- Je suis puni, il n'aura pas le choix, lui rappela James.
- Quand est-ce qu'on l'annonce à tes parents ? »

Ils sursautèrent en même temps quand Euphémia débarqua dans la pièce et posa son sac à main sur la table avant d'enlever élégamment son manteau et de se tourner vers les deux gryffondors, son mari sur ses talons.

« Nous annoncer quoi ? les interrogea t-elle, son regard curieux jonglant entre eux. »

James et Lily échangèrent un coup d'oeil anxieux et s'écartèrent légèrement l'un de l'autre pendant qu'Euphémia s'asseyait sur le fauteuil qu'occupait la préfète quelques minutes plus tôt, acceptant avec plaisir la tasse de thé que Fleamont lui proposa.

« Ne me dîtes pas que vous êtes en train de regarder la rubrique nécrologie ? James, tu n'as fait que ça toute la semaine !
- Heu... »

L'embarras les fit rougir tous les deux. Ils se fixaient, cherchant un moyen de dire les choses sans trop choquer les parents de James, et quand leur discussion silencieuse aboutit finalement à quelque chose d'assez simple, le jeune homme reprit la parole.

« Ce n'est pas la rubrique nécrologie. Ce sont les annonces... Les annonces d'appartements, précisa t-il.
- Les annonces d'appartement ? répéta distraitement Euphémia en buvant son thé.
- Maman... Lily et moi, on cherche un appartement ensemble. »

Fleamont lâcha sa propre tasse qui se brisa en mille morceaux sur le sol. Sa femme, elle, avala son thé de travers et manqua de s'étouffer, affolant James qui se précipita derrière elle pour lui tapoter le dos pendant que Lily lui prenait le récipient des mains pour éviter qu'elle ne se brûle en s'en badigeonnant pendant qu'elle toussait.

« Qu'est-ce que tu viens de dire ? s'étrangla Euphémia après s'être calmée.
- … Que Lily et moi, on veut habiter tous les deux, répondit-il après une seconde d'hésitation. »

Effarés, ses parents se tournèrent l'un vers l'autre et semblèrent avoir la même discussion silencieuse que les deux adolescents quelques minutes plus tôt.

« Je sais qu'on est jeunes, intervint Lily, mais... Il faut que je trouve un endroit où vivre après Poudlard et je n'avais pas pensé à y habiter avec James, mais... Nous sommes ensemble maintenant et... Nous sommes conscients que ce n'est pas forcément la chose la plus raisonnable à faire à notre âge mais... Parfois la chose raisonnable n'est pas celle qui nous convient le mieux.
- Habiter ensemble est une sacrée étape dans un couple, Lily, lui fit remarquer Fleamont.
- Je sais, mais... N'est-ce pas déjà un peu ce que nous faisons ? Je veux dire, nous sommes ensemble tous les jours à Poudlard ou ici, et...
- Mais vous avez chacun vos quartiers, c'est très différent, lui expliqua Euphémia, encore sous le choc.
- A quel âge avez-vous commencé à habiter ensemble ? les questionna James.
- Nous avions vingt et un an, et les parents de ta mère n'étaient pas vraiment d'accords avec ça.
- Ceux de Lily ne sont plus là.
- Ce n'est pas une raison.
- Je ne la laisserai pas habiter seule à Londres.
- Est-ce que c'est l'unique motif pour lequel vous voulez prendre un appartement ? s'enquit Fleamont.
- Pas du tout ! répondirent-ils en chœur avant de se lancer un regard entendu.
- C'est juste... commença James. »

Il allait trébucher sur les mots, il le sentait, alors il se tut l'espace d'un instant et prit une profonde inspiration, juste le temps d'être sûr qu'il allait trouver les bonnes phrases, qu'il allait pouvoir se faire comprendre de ses parents. A vrai dire, peu importait leur avis, il emménagerait avec Lily, mais il préférait largement qu'ils soient de leur côté et qu'ils comprennent.

« Lily va prendre un appartement quoi qu'il arrive. Ses parents lui ont laissé un peu d'argent, mais il faudra qu'elle trouve un travail pour payer le loyer tous les mois, et même si ses notes sont irréprochables, peu de gens voudront l'embaucher rien qu'à cause de la guerre et de son statut de fille de moldus... »

Il vit Lily se perdre dans ses pensée à côté de lui. Ils n'avaient jamais évoqué ce fait tous les deux, et à la tête qu'elle faisait, il devinait qu'elle n'y avait pas songé elle-même. Il regretta un peu d'avoir utilisé ce genre d'argument, même si ses parents semblaient considérer la question.

« Si j'habite avec elle, nous aurons de quoi trouver quelque chose de correct et elle n'aura pas besoin de trouver un travail dans l'immédiat... Même si je sais que tu en as envie, ajouta t-il rapidement à l'adresse de Lily.
- Le manoir sera toujours ouvert pour Lily, le temps qu'elle veut, réfuta Fleamont.
- C'est vraiment très gentil, mais je ne veux pas profiter de votre hospitalité plus que je ne le fais déjà, intervint Lily en grimaçant légèrement.
- Je respecte ton choix, mais habiter seule avec James, à votre âge ce serait...
- Rassurant, termina la jeune femme sous le regard fier de son petit-ami. »

Euphémia semblait se noyer dans sa tasse de thé. Elle le touillait doucement et elle avait l'air complètement dépassé par la discussion. Son mari n'en menait pas large. A court d'arguments, il fixait sa femme en espérant qu'elle pourrait lui venir en aide, mais ce ne fut pas le cas.

« Ce serait stupide de la laisser vivre de son côté, poursuivit James. Premièrement, je serai toujours rendu chez elle. Deuxièmement, vous serez les premiers à vous inquiéter de la savoir seule en plein Londres. Troisièmement...
- C'est bon ! abdiqua finalement Euphémia. C'est bon. »

Elle avait posé sa tasse sur la table basse et avait levé ses deux mains en l'air en guise de reddition devant l'air stupéfait de son mari.

« C'est bon ? répéta Lily en se redressant subitement.
- Merlin, oui. James a raison. Jamais je ne me sentirai rassurée de te savoir seule là bas, capitula Euphémia.
- Est-ce qu'on ne devrait pas en parler ensemble ? l'interrogea doucement Fleamont.
- Regarde les. Ils ont l'air d'avoir réfléchi sérieusement à la question, et leur décision est prise quoi que nous disions...
- J'ai l'impression que James avait deux ans hier...
- Papa, je passe mes ASPIC dans trois mois... grommela le jeune homme.
- Il est devenu très indépendant ces deux dernières années, l'appuya Euphémia en tapotant l'avant bras de son mari qui s'était assis à côté d'elle.
- Lily doit savoir à quoi elle s'engage... Est-ce que tu es au courant qu'il nous a harcelé pendant des années pour avoir un animal de compagnie, si bien qu'il ramenait n'importe quelle bête errante à la maison ?
- N'exagère pas papa... marmonna James en se prenant la tête entre les mains.
- Je n'exagère pas. Est-ce que tu veux qu'on parle de l'éruptif ?
- Tu as ramené un éruptif ici ?! S'exclama Lily en tournant vivement la tête vers son petit-ami.
- C'était un petit... se justifia James en se passant la main dans les cheveux, gêné.
- Un petit éruptif de sept cent kilos. Je ne sais toujours pas où il l'a eu... Et dois-je mentionner l'oeuf de dragon que tu gardais sous ton oreiller, quand tu avais douze ans ?
- J'avais douze ans, tu viens de le préciser, ça devrait suffire comme explication, soupira James, ennuyé et très conscient que Lily échangeait maintenant des regards horrifiés avec sa mère.
- Il y a deux ans, tu as commencé un élevage de niffleurs dans le sous-sol...
- Il n'y en avait que quatorze !
- Quatorze ?! s'écria Lily, bien consciente des dégâts qu'un seul niffleur était capable de faire.
- La seule solution que nous avons trouvé pour mettre fin à toute cette folie fut d'aller sur le chemin de traverse et d'adopter Roméo, développa Fleamont en se penchant vers la petite-amie de son fils.
- Tu n'arriveras pas à nous faire changer d'avis, ce n'est pas la peine d'essayer ! conclut le jeune homme en se laissant tomber au fond du canapé. »

Il y eut un petit silence, et Lily tourna la tête vers lui et l'observa avec les yeux de quelqu'un qui se demande s'il n'est pas en train de faire une énorme connerie, ce qui fit bondir James du sofa.

« N'écoute pas ce qu'ils te disent ! Ils font exprès ! protesta t-il de toutes ses forces.
- Un éruptif... Un œuf de dragon... Quatorze niffleurs... Énuméra t-elle avec stupeur.
- Lily, Merlin, je te promets que je ne ferai pas rentrer un seul animal autre que Roméo dans notre appartement !
- Ah, peut-être... Reprit Fleamont. Mais il invitera ses amis. Sirius, Rémus, et Peter. Tous les quatre. Chez vous. Je me demande si ce n'est pas plus dangereux qu'un éruptif et quatorze niffleurs réunis, ajouta t-il en prenant un air songeur, faisant glousser sa femme qui lui donna un discret coup de coude dans les côtes. »

Lily resta interdite, et James était immobile devant elle. Il n'attendait qu'une chose, qu'elle cloue le bec à son père, mais elle ne disait rien, et il se décomposait de secondes en secondes. Ses parents avaient le don de le faire tourner en bourrique. Il les adorait, il les aimait vraiment, mais Merlin, à ce moment là, il avait juste envie de leur jeter un sort de mutisme.

« Je peux gérer, souffla finalement Lily.
- Quoi ?! s'étrangla Fleamont.
- Je peux gérer un éruptif, quatorze niffleurs, Sirius, Peter, et Rémus, confirma t-elle d'un air si sérieux et réfléchi que James en tomba à ses pieds.
- Mais...
- Fleamont, je pense que ce que Lily veut dire, c'est qu'elle accepte notre fils et tous les inconvénients qui vont avec.
- Il n'y a que des avantages, réfuta James en adressant un sourire charmeur à sa petite-amie.
- Laisse le croire ça, chuchota Euphémia à la jeune gryffondor en face d'elle qui lui sourit pour toute réponse. »

Le débat était sans fin, et James savait qu'ils allaient encore l'avoir jusqu'à ce qu'ils emménagent ensemble, et que ses parents leur demanderaient constamment s'ils étaient sûrs d'eux, mais peu lui importait. Ils n'étaient pas aussi réfractaires à l'idée qu'il l'aurait pensé, et Lily était prête à leur prouver autant que lui qu'ils étaient capables de vivre cette vie là, cette vie à deux, celle qu'il voulait depuis qu'il était tombé amoureux d'elle.