Disclaimer: cf chapitre 1
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Toute ma gratitude à Mistycal, ma bêta
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... Réponses aux commentaire de - - et - Yzeute - sur mon forum... (lien sur mon profil)...
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Grands Bonds Dans Le Temps 4 /5
Samedi 30 novembre 1996
Acte 8 : Le Paon Et L'Ingénue
Lee
De retour de l'entrepôt où j'ai laissé Maman et Tante Clara faire le tri de ce que j'ai déchargé avec mon cousin du camion de mon oncle, je m'empresse dans la cuisine pour avaler une petite collation, avant d'aller prendre mon tour de garde près des écrans.
Tout comme celui de Molly et Narcissa, l'appel à la solidarité effectué par Maman a bien donné. Mais cela ne m'étonne pas. Car tout comme Molly et Narcissa, Maman est très efficace pour organiser ce genre de choses.
Quand le tri de ce que Maman a récolté sera fait, les copains et moi transporterons au Terrier ce qui aura été mis de côté pour l'Ordre du Phénix… Et cela fera une belle occupation après pour Tante Clara, qui est également chargée de réparer, rafraîchir ou restaurer les vêtements, meubles et objets divers ( de la vaisselle aux petites cuillères, en passant par l'horloge ou le pot de chambre), que nous destinons aux Sorciers. Les plus abîmés. C'est normal après tout. Car nous autres, Sorciers, avons les moyens d'effectuer ce travail de réparation et restauration bien plus rapidement que les Moldus…
L'oncle Ted, le plus jeune frère de Maman, s'occupe lui, de réparer les autres, qui iront aux Moldus, justement.
Et finalement, cela convient parfaitement à Tante Clara toute cette belle organisation. Car pendant qu'elle travaille, sa marmaille s'amuse dans le jardin du Terrier, avec le petit garçon de Madame Seymour et d'autres gamins qui sont réfugiés là-bas avec ce qui leur reste de famille. Et le soir mes cousins et ma cousine sont si fourbus quand ils rentrent au QG, qu'ils ont vite fait d'aller au lit sans penser à récriminer ou s'agiter pendant des heures…
Elle ne fait donc plus la gueule, Tante Clara… Ou tout au moins, ce n'est plus contre moi qu'elle tourne ses griefs… Maintenant, elle peste contre le « Lord Machin truc qui gâche la vie de tant de braves gens » comme elle dit …
« Bonjourrr, Lee. Comment vas-tu ? » demande Viktor, qui entre à son tour dans la cuisine.
Il commence à reprendre le dessus, Viktor. Il était vraiment plus taciturne que jamais, depuis le fiasco de notre expédition de sauvetage dans le Wiltshire la semaine dernière.
« Ça va, mon pote ! Et toi ? » m'enquiers-je en retour, tout en lui servant une tasse de thé.
« Ça va bien aussi. Et cela irrra encore mieux quand les deux tourrrs de garrrde que je dois fairrre aujourrrd'hui serrront finis. » répond-il, en se laissant tomber sur sa chaise.
Il se sert une belle assiette de sandwichs et petits gâteaux, qu'il attaque sans tarder.
« Ouais. Jamais plaisant ce travail là. Mais faut que ça se fasse… Des nouvelles de ta famille ? » m'enquiers-je encore, car je sais que Viktor a parfois le mal du pays, même s'il ne le dit pas.
Il est très attaché à ses parents également. Et ce n'est pas évident pour lui d'échanger son courrier avec eux. Ça demande un périple pas possible et les lettres mettent trois ou quatre fois plus de temps à arriver, qu'il n'en faudrait normalement…
Mais il ne se plaint jamais, Viktor…
« Oui, j'en ai rrreçu avant hierrr. Ils vont bien. Ils sont enchantés d'avoirrr la compagnie d'Algie Longdubat et son ami Rrruperrrt. Et la rrrésistance s'orrrganise bien également. Plusieurrrs de mes amis de Durrrmstrrrang et leurrrrs familles ont rrrejoint l'Orrrdrrre du Phénix là-bas en Bulgarrrrie et en Rrroumanie. Ils ont déjà rrrécoltés des fonds assez imporrrtants et vont pouvoirrr orrrganiser les secourrrrs si des attaques obligent des perrrsonnes à entrrrrer en clandestinité. Je vais bientôt les voirrr. Albus et Nally vont rrretourrrner là-bas un week-end prrrochain pour un entrrraînement des nouvelles rrrecrrrues. Je serrrais l'un des instrrrructeurrrs. J'en suis trrrès heurrreux. Nadya, l'amie de Charrrly viendrrra avec moi également. Il est aussi question que Harrry soit prrrésent, avec Rrronald et Herrrmione. Mais je ne sais pas encorrre si ce serrra possible. Je voudrrrais bien. J'aimerrrai beaucoup rrrevoirrr Herrrmione… » répond Viktor, avec un sourire lumineux qui lui change la figure du tout au tout…
Mince alors ! Je ne savais pas qu'il savait sourire comme ça, Viktor ! Ni qu'il pouvait faire d'aussi longs discours !
Quoique c'est vrai, que lorsqu'il est avec Hermione, il a tendance à parler et à sourire bien davantage…
Ah ! L'amour ! Ça vous transforme vraiment un homme !
Et j'aimerais bien me trouver une petite nénette qui me mette de bonne humeur, moi aussi.
Ouais… Serait temps que je prospecte un peu… Tiens… Je devrais peut-être tenter ma chance avec Elinor, la prochaine fois que je la vois… Elle est pas mal, pour une Serpentard ! Look de baroudeuse, la langue pas dans sa poche sans être venimeuse, mignonne, sportive, endurante… Tout ce qui me convient chez une fille !… Ouais… J'tenterai ma chance la prochaine fois que je la vois…
« C'est bientôt l'heurrre. Nous devrrrions monter… » fait remarquer Viktor, me tirant de ma rêverie.
Il a raison. Le moment est venu de relever les autres là-haut.
Je me lève et, à l'instar de Viktor, je dépose mon assiette, mes couverts et ma tasse sales dans l'évier. Ce n'est pas parce que nous avons des Elfes de maison à disposition qu'il faut tout laisser traîner…
Ils ont déjà bien assez de travail comme ça…
« Tiens ! On dirait que Maugrey est arrivé ! » dis-je, en entendant du barouf dans le hall
Viktor acquiesce et me suit hors de la cuisine.
Oui, c'est bien Maugrey qui est arrivé. Ça ne pouvait être que lui, de toute façon. Car il n'y a que lui pour prendre plaisir à échanger des insultes avec la mère Walburga… Heureusement que Tante Clara n'est pas là… Elle serait furieuse de les entendre crier de tels gros mots, quand il y a des enfants dans le coin… Molly non plus, ne serait pas contente. Sûr que la bagarre continuerait dans la cuisine quand elle aurait été terminée dans le hall.
« Si je craignais pas d'faire flamber toute la maison, je lui grillerai bien ses moustaches, à cet vieille rombière mal élevée ! » s'exclame Maugrey, en nous désignant la toile du pouce, quand nous pénétrons dans le hall, Viktor et moi.
« Vous rôtirez en enfer ! Vermine puante ! » s'écrie aussitôt Walburga, en jetant un regard noir à Maugrey.
« En attendant, c'est toi qui y grille ! Vieille carne mal embouchée ! » rétorque aussi sec Fol Œil, en tirant sur le rideau pour le fermer.
Mais le vieil Auror a beau s'escrimer, le rideau refuse de céder et il se fait copieusement arroser d'insultes nourries, crachées sur un ton de plus en plus venimeux. Insultes auxquelles il répond du tac au tac…
«Vieux fossile ! Pendard ! Infâme sodomite ! » hurle Walburga, au comble de la fureur
« Wouap ! Boudiou ! Alors-là ! Tu vas l'regretter la mégère ! Me traiter d'sodomite ! Tu vas voir quel sort j'te réserve vieille rosse bouffée par les vers ! » s'exclame Maugrey, en tirant vivement sa baguette pour arroser copieusement le tableau d'eau glacée.
Walburga se réfugie derrière son fauteuil et hurle au scandale avant de lâcher une nouvelle bordée d'injures.
Viktor et moi nous précipitons pour aller fermer le rideau. Et il nous faut déployer de gros efforts pour y parvenir, tandis que Maugrey se marre comme une baleine…
« Vous le faites exprrrès, n'est-ce pas. Ça vous fait toujours rrrirrre aprrrès… » constate Viktor, tandis que nous reprenons notre souffle.
« Ouaip mon gars ! J'trouve cet échange de bons mots stimulant pour l'esprit ! » admet Fol Œil, qui amorce la montée de l'escalier en se bidonnant toujours…
Viktor et moi échangeons un regard rieur, avant de le suivre.
« Ah ! Ces vieux, j'vous jure ! Ils sont pires que les jeunes quand ils s'y mettent ! Heureusement que Molly et Tante Clara ne sont pas là ! Vous auriez entendu parler du pays, Fol Œil ! » fais-je remarquer, sur un clin d'œil à Viktor.
« Bah ! Je savais qu'elles étaient pas là ! Sinon vous pensez bien qu'j'aurais fait davantage dans la discrétion ! C'est une chose de s'frotter à la vieille bique dans sa toile, s'en est une autre de l'faire à une Molly Weasley bien vigoureuse ou à ta Tante Clara qui l'est pas beaucoup moins ! De vrais oursins ces deux là ! Ça vous pique le cul aussitôt que vous posez vos vieilles fesses dessus ! » répond Maugrey, en ouvrant la porte de la Base.
Nous saluons Hestia, Dedalus et Mondingus, qui passent plus de temps ici que n'importe qui d'autre et ils nous font leur rapport avant de partir vaquer à d'autres occupations.
Des trois, c'est Mondingus qui s'attarde le plus. Mais il n'est jamais pressé de partir d'ici, car généralement, quand il quitte la Base, c'est pour aller chez Rita la Garce ( ou la Pimbêche ou la Fondue ou la Pipelette ou la Vipère ou la Cafarde ou la Couleuvre ou la Commère ou la Jacassière etc… au choix…) et l'accompagner en course ou effectuer une « enquête d'fouille poubelle d'mes deux » selon ses propres mots…
Rita ne sort plus de son domicile sans l'escorte de Mondingus, qui multiplie les grimages…
« J'suis honorable, moi ! Ça s'rait pas bon, qu'on m'voit en compagnie d'Rita l'Cancrelat ! J'veux pas compromettre ma réputation tu comprends ! » m'a-t-il expliqué, il y a quelques jours, quand je lui ai demandé la raison de ces déguisements
Et ma foi, je le comprends ce brave homme !
Parce qu'elle ne s'arrange pas, Rita ! Elle se venge de devoir manger dans la main de Madame Snape, du professeur Dumbledore et de Mondingus, en multipliant les articles venimeux sur certains d'entre nous… Viktor, par exemple, en a pris plein pour son grade, quand il a quitté son équipe de Quidditch et l'équipe Nationale de Bulgarie. Arthur et Kingsley ne sont pas en reste non plus…
Et le pauvre Mondingus doit subir ses bavardages incessants, ses piques sur les uns et les autres, ses « cancaneries diverses et avariées », dixit Mondingus encore une fois…
Je le plains de tout mon cœur…
La première heure de garde est plutôt tranquille.
Ça déjeune dans la Grande Salle à manger, au Manoir.
C'est que depuis que le Russe est là avec sa femme et sa fille, on met les petits plats dans les grands, au Manoir ! Et ce ne sont pas les Carrow, qui ont préparé ce repas là. Car le Russe a fait venir ses Elfes et la famille Carrow, qui ne sert donc plus à grand chose, a été reléguée dans une tente…
J'avoue que j'ai eu une frayeur, quand les Elfes de maison sont arrivés. Et je ne suis pas le seul… C'était au retour du sauvetage raté et tous ceux de l'Ordre qui étaient au QG à ce moment là étaient aux cent coups…
Diable ! Et s'ils allaient débusquer nos caméras et micros et en informaient leur Maître !
On voyait la scène d'ici ! Tout d'abord Lucius et Voldemort se demanderaient ce que c'est. Ils se renseigneraient, auraient tôt fait de savoir et là, fous de rage, ils arracheraient tout. Ils écraseraient les micros sous leurs talons et, avant de la jeter au feu, ils nous feraient un doigt d'honneur devant la dernière des caméras…
Histoire de se venger des doigts d'honneur de Harry et Draco à Halloween…
A moins qu'ils en gardent une…
Pour torturer leurs victimes sous nos yeux, histoire de nous montrer ce qu'ils nous feront s'ils nous attrapent…
Et on ne pourrait plus les espionner…
Merde ! J'en frissonne encore dis donc !
Heureusement, Roi Dobby a mis fin à nos angoisses…
« La Grande Dame et le professeur Dumbledore Monsieur ont pensé que le Méchant Lord pourrait faire venir d'autres Elfes, quand ceux du Manoir seraient partis ! Le Sort posé par Dobby pour cacher les yeux et les oreilles de l'Ordre au Manoir est efficace pour les Elfes de maison aussi ! Dobby a bien veillé à cela, comme l'a recommandé le professeur Dumbledore Monsieur ! Dobby fait toujours du bon travail pour aider l'Ordre et son ami Maître Harry Potter Monsieur ! Les Elfes de maison qui sont maintenant au Manoir ne verront rien ! Et ils ne toucheront à rien ! Dobby vous le promet ! Et même s'il n'y avait pas le Sort et que les Elfes pouvaient voir les yeux et les oreilles de l'Ordre, les Elfes n'auraient rien dit. Ils seraient venus demander conseil à leur Roi Dobby ! Tous les Elfes de Maison le font ! Ils attendent tous l'appel de leur Roi Dobby pour se révolter contre les Méchants Sorciers du Méchant Lord ! Ils se préparent tous en secret pour être prêts quand Dobby les appellera s'il le faut, pour aider son ami Maître Harry Potter Monsieur ! » s'est-il exclamé, en bombant le torse avec fierté, quand il nous a entendu nous affoler…
Inutile de dire, combien nous avons soufflé de soulagement…
Et été soufflé également…
Dobby venait de nous révéler qu'une armée d'Elfes de Maison, se tenait prête à nous rejoindre s'il les appelait…
Corneguidouille ! La suite de la Prophétie, celle qui annonce qu'un jour les Elfes de maison répondront à l'appel de leur Roi, dans une guerre de la Lumière contre l'Ombre, pourrait donc se concrétiser dans cette guerre ci !
Ça, pour de la nouvelle, c'était de la nouvelle !
Enfin bref !
Pour l'heure, tout est calme au Manoir…
« Il minaude pire qu'une jouvencelle le Lucius ! C'est à vous donner envie d'gerber ! » s'exclame soudainement Maugrey, avec une grimace de dégoût
Il a raison. Lucius joue de son charme pour épater la galerie…
Il est toujours tiré à quatre épingles, depuis que le Russe est là avec sa femme et sa fille. Il est galant, multiplie les compliments, débouche les meilleurs vins et alcool fins de sa cave, commande les mets les plus délicieux, fait la conversation à table, offre des fleurs et des chocolats à Mademoiselle, du sherry et des amandines à Madame, du cognac et des cigares à Monsieur…
Il séduit, il flatte, il charme, il enjôle, il éblouit…
Il trompe, il ment, il dupe, il leurre, il berne…
Avec grand art…
Il n'y a pas à dire. C'est vraiment un pro pour embobiner son monde, Lucius ! Il sait toujours où taper pile pour faire mouche… ou taper pile sur la merde comme les mouches… Au choix…
Le déjeuner se termine. Lucius demande à Monsieur l'autorisation d'emmener Mademoiselle en promenade dans le parc. Mademoiselle rosit, Madame sourit, Monsieur dit oui…
C'est devenu un rituel depuis que Monsieur a autorisé Lucius à faire sa cours à Mademoiselle, pendant que Madame et lui-même prennent une liqueur dans un boudoir qui offre vue sur le parcours de la promenade. Un coup d'œil de temps en temps par la fenêtre rassure Madame et Monsieur. Lucius est un gentilhomme, il n'abusera pas de Mademoiselle…
Lucius, en gentleman bien élevé, retire la chaise de Mademoiselle pour l'aider à se lever, puis lui offre de s'appuyer sur son bras. Ils sortent de la salle à manger et se dirigent vers le hall. Là, un Elfe se précipite vers eux, avec de lourdes et riches capes d'hiver sur le bras. Lucius prend celle de Mademoiselle et la dépose délicatement sur ses épaules, non sans lui glisser un compliment à l'oreille… Mademoiselle rosit encore une fois… Lucius sourit.
Puis, tandis que Mademoiselle ajuste son chapeau sur sa tête devant la glace, Lucius récupère sa propre cape sur le bras de l'Elfe non sans lui jeter un regard méprisant. Il réclame sa canne et en assène un coup discret à l'Elfe qui a osé oublier ce détail indispensable à l'élégance de sa tenue, lui ordonne à voix basse de se punir puis le remercie aimablement à voix haute, avant de se tourner tout sourire vers Mademoiselle qui enfile ses gants…
L'Elfe de maison leur ouvre la porte, en gardant tête basse. Mademoiselle et Lucius sortent sur le perron, tête haute…
Le temps est au beau aujourd'hui… Le petit froid piquant vivifiant.
II conviendra parfaitement au teint de Mademoiselle dixit Lucius et son sourire charmeur… artificiel, hypocrite, fourbe et sournois…
Et la promenade commence…
Les Elfes de maison ont mis les bouchées doubles pour redonner au parc sa splendeur et Mademoiselle s'extasie sur les buissons à feuilles persistantes bien taillés, les chrysanthèmes en fleurs, les statues d'albâtre blanches, les fontaines qui gargouillent joliment et les paons albinos qui comme Lucius font la roue pour la séduire …
Lucius s'extasie sur la splendeur de Mademoiselle, sur ses courbes gracieuses, ses cheveux souples et fins, son visage angélique, son regard innocent, sa bouche charnue et sur son bel esprit, son intelligence et sa culture, son éducation parfaite, sa moralité irréprochable, sa fraîcheur juvénile et stimulante …
Bref, Lucius fait sa cours…
Mademoiselle rosit en levant vers lui des yeux émerveillés et énamourés…
On dirait qu'elle regarde un prince charmant…
Et moi, j'ai envie de vomir tripes et boyaux en même temps que mon déjeuner…
La pauvre fille est conquise.
Elle est naïve et douce… Nous avons pu le constater, au fil des jours.
En dehors des temps de repas et de sa promenade quotidienne avec Lucius, elle reste dans le petit salon attenant à sa chambre, à lire, à étudier ou à broder en chantonnant. Et elle rêvasse souvent, avec un sourire doux, poussant parfois des petits soupirs de bien-être. Et quand elle se prépare pour le repas, elle vibre de fébrilité. Elle virevolte devant la glace située au-dessus de la grande cheminée, pour vérifier le tomber de sa robe, elle rectifie mille fois sa coiffure ou son discret maquillage, elle se parfume.
Et elle guette le pas de Lucius, qui vient la chercher, pour la conduire à la salle à manger…
Dès qu'elle l'entend, elle se regarde une dernière fois dans la glace et se précipite vers la porte, avant de s'arrêter, une main sur le cœur, pour attendre le discret coup qui indique que Lucius est là. Quand il frappe enfin, elle sourit, prend une grande inspiration et ouvre doucement la porte, les yeux pudiquement baissés…
Elle ne voit rien de ce qui se passe au Manoir. Sa chambre a vue sur le parc de devant et la grille d'entrée. Elle ne va jamais derrière l'habitation. Là où sont les tentes… Elle n'assiste pas aux entraînements des Mangemorts…
Elle ne voit pas ce qu'il se passe dans le bureau où Lucius continue à baiser les jumeaux Brandburgy et se fait baiser par son Maître…
Elle ne voit rien de la cruauté ni de la duplicité de Lucius.
Ses parents ne voient rien ou presque non plus. Quand ils ne ferment pas carrément les yeux… Madame lit ou écrit longuement à ses amis et connaissances, tandis que Monsieur travaille beaucoup, passant de nombreux coups de Cheminette.
Madame prépare les noces de sa fille, soumet la liste des invités à l'agrément de Lucius, commande la robe de mariée, les fleurs et le repas. Elle est fière et heureuse. Sa fille va faire un beau mariage avec un homme charmant, dont le Sang est Pur et le verbe beau… Peut-être effectivement, Lucius est-il parfois méprisant avec les Elfes de maison comme elle a pu le voir en une ou deux occasions… Mais cela ne porte guère à conséquence pour sa fille. Ce ne sont après tout que des serviteurs et il leur est tellement supérieur ! Elle-même n'a d'ailleurs aucune compassion pour ces êtres serviles et ne rechigne pas à les châtier de temps en temps. Et sa fille, elle, est bien traitée et sera heureuse à n'en pas douter…
Monsieur dépense sans compter pour les noces de sa fille, envoie les invitations rédigées par Madame, règle les factures et toutes les additions. Il est fier et heureux. Sa fille va faire un beau mariage avec un homme de grand pouvoir, dont le Sang est Pur et la Magie puissante… Peut-être effectivement, Lucius est-il parfois dur et inflexible avec ses hommes comme il a pu le voir en une ou deux occasions… Mais cela ne porte guère à conséquence pour sa fille. Ce ne sont après tout que d'humbles soldats quand il est du Lord Noir le bras droit ! Lui-même n'a aucune clémence pour les tire-au-flanc et ne rechigne pas à les châtier de temps en temps. Et sa fille, elle, est bien traitée et sera heureuse à n'en pas douter…
Et moi, j'ai envie de traverser l'écran, de les prendre tous les trois par la peau du cul et les ramener ici pour leur montrer qui leur futur époux et gendre est en réalité…
« Merde ! On devrait prendre le Manoir d'assaut et la tirer de là ! Ou envoyer Dobby la chercher ! » peste-je, les poings serrés, tandis que Lucius continue à charmer sa « douce Ievguenia »
Maugrey me tape sur l'épaule, en un geste de réconfort.
« Tu sais bien que c'est pas possible, p'tit gars. Si on prend le Manoir d'assaut, Voldemort changera de QG. Et Lucius en fera autant en emmenant la jeune fille. Et au final, on aura plus perdu que gagné. Si on envoie Roi Dobby, la fille ne se laissera pas faire par un Elfe qu'elle ne connaît pas et ça risque de causer un grave accident. Elle pourrait être Désartibulée et y laisser sa peau. C'est un crève-cœur, je l'sais bien. Mais on n'a pas possibilité de faire quelque chose, à moins que la fille sorte du Manoir. On ne peut même pas lui faire envoyer un billet. Parce que là aussi, on a plus à perdre qu'à gagner. Elle n'y croirait pas et en parlerait à Lucius. Ça éveillerait les soupçons de Lucius qui chercherait à savoir comment on peut savoir ce qui se trame. Et puis il lui raconterait des balivernes plus grosses que son Manoir en enfonçant le clou sur son soi-disant statut de victime d'un complot honteux qui vise à le détruire et détruire le monde Sorcier. Et elle le croirait. Parce qu'elle est naïve et trop amoureuse déjà. Elle l'a été dès le premier soir, quand Lucius s'est montré, je cite sa mère : « si chevaleresque à l'égard de sa fille, en la tirant des griffes de ces horribles suppôts de Satan ! ». Lucius passe pour un héros à ses yeux. Elle est persuadée que lui et Voldemort vont sauver le monde. Elle n'en peut rien la pauvre. Elle a été élevée à l'écart du monde et dans les valeurs et les croyances complètements folles inculquées par ses parents.
Et malgré l'éducation qu'elle a reçue, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi innocent qu'elle ! Elle a rien d'une virago folle et cruelle comme Bellatrix ou la fille Parkinson. Ou d'autres encore, qui sont là-bas à Poudlard, qui suivent les traces de leurs parents avec la même cruauté. De toute évidence elle n'a pas été initiée à la Magie Noire, elle… Elle me fait penser à Narcissa au même âge, tiens… Elle aussi elle avait la tête pleine d'idées romantiques et voyait pas la vilenie du monde qui lui farcissait la tête avec ces préjugés idiots… Et chez la petite c'est encore plus prononcé. Parce qu'elle a été coupée de tout justement, sans aucun élément de comparaison. Et même si ses parents sont des fieffés imbéciles, ils l'ont protégée et choyée. Elle ne connaît que la douceur cette môme…
C'est pour ça qu'on la guette, autant qu'on guette Voldemort, Lucius et toute leur racaille. Si elle sort pour aller essayer sa robe de mariée par exemple, on ira la chercher et on lui ouvrira les yeux. Brutalement c'est vrai, mais on le fera. Parce que ce sera le seul moyen de lui faire comprendre à quoi elle a échappé… A part ça, on ne peut rien faire… Que pleurer sur son sort si on n'arrive pas à la sauver. C'est triste, mais c'est comme ça… » dit-il, d'un ton navré comme je ne lui en ai jamais entendu.
Il a raison, je le sais bien. On en a déjà tous parlé des milliers de fois !
Mais putain d'merde ! Ça n'empêche pas de se sentir coupable ! Et d'autant plus encore depuis qu'on la voit vivre via les caméras…
Et pendant ce temps là, sur l'écran, Lucius continue sa cours !
Il propose à la jeune fille de s'asseoir sur un banc, qu'il époussette avec un mouchoir de dentelle blanche. Elle s'assoit et il s'installe à ses côtés. Il avance une main gantée de cuir fin, vers le visage de la jeune fille, puis se ravise et la retire. Il ôte son gant et sa main avance de nouveau, pour se saisir délicatement du menton de sa jeune compagne qui garde les yeux baissés.
Il la regarde, une lueur de joie perverse traverse ses yeux. Il jette un rapide coup d'œil, vers une fenêtre derrière laquelle quelqu'un les observe, puis il se compose un regard presque tendre et demande à la jeune fille de lever les yeux vers lui.
Elle obéit lentement. Et elle le dévore du regard…
Et Lucius se penche vers elle et effleure ses lèvres d'un très chaste baiser…
Et des larmes perlent aux coins des yeux de la belle Demoiselle…
« Je vous aime » murmure-t-elle dans un soupir, avant de poser la tête sur l'épaule de Lucius qui jubile…
Lucius raccompagne maintenant Mademoiselle jusqu'à ses appartements… Il lui fait un baise-main tout ce qu'il y a de plus conventionnel avant de la quitter. Et, tandis que Mademoiselle s'adosse à la porte, soupir aux lèvres et regard aux nues, Lucius dégringole l'escalier de marbre, un sourire satisfait aux lèvres.
Il se hâte vers le bureau de son Maître. Il frappe, entre, se dirige à grandes enjambées vers son Seigneur des Ténèbres et s'agenouille humblement devant lui, sans nullement prêter attention aux parchemins qui jonchent le sol…
Voldemort est debout devant une fenêtre et depuis quelque temps, son serpent siffle et crache en se cabrant et se tortillant dans tous les sens.
Il y avait longtemps que cela ne s'était pas produit… Depuis Halloween. Il faudra que Harry vienne traduire la « conversation » que Voldemort est en train d'avoir avec « Salazar »…
Voldemort se retourne brusquement vers Lucius. Il le regarde un instant puis se penche vers lui et lui relève le menton.
« Oui, Lucius ? » siffle-t-il presque, le regard flamboyant
« La jeune fille est conquise, Mon Seigneur ! » répond Lucius, avec une lueur de triomphe dans le regard.
« J'ai pu voir cela, effectivement. Et toi, Lucius. Es-tu séduit ? » demande Voldemort, en fixant son regard dans celui de son serviteur.
« Oui, je le suis… » répond Lucius, marquant une très brève pause, avant d'ajouter : « Par vous, Maître ! »
Et il attrape les pans de la robe de Voldemort, tire brusquement dessus, arrachant les boutons qui sautent sur le tapis et engloutit le sexe de son Maître avec gourmandise.
Et Voldemort éclate de rire, en plongeant ses mains dans la chevelure de son serviteur, pour l'inviter à intensifier sa caresse buccale, tandis que sur un autre écran, Mademoiselle raconte à sa mère combien Lucius s'est montré charmant encore une fois avec elle, durant leur promenade… et combien elle est amoureuse…
Le serpent, lui, se calme…
Viktor pousse un juron, tapant dans le même temps sur la table, avant de se lever en faisant tomber sa chaise, pour sortir de la base en claquant la porte et moi, je ferme les yeux, pour ne plus voir cette scène qui me soulève le cœur…
Putain de merde !
Tout comme Viktor, tout comme Bill et tout comme ceux qui étaient avec nous, je me sens terriblement coupable, d'avoir échouer dans notre mission de sauvetage la semaine dernière…
Et je sais que cela me poursuivra toute ma vie durant, si nous n'arrivons pas à la sauver…
OoOoOoO
Acte 9 : Ciel Bleu Et Nuages
Harry
Il fait bon, dans le QG des Cachots. Et ce n'est pas seulement parce qu'il y a deux beaux feux qui brûlent dans les cheminées. C'est aussi parce qu'il y a du monde…
Tous les Rebelles sont là, ainsi que quelques gars et filles qui voulaient être présents, pour assister à la touche finale que nous allons apporter à la première Carte Améliorée de Poudlard… Draco, Ginny et Annabelle également sont ici. Nous les avons emmenés, par les passages internes, car nous voulions qu'ils partagent ce moment avec nous.
Et naturellement, le professeur Dumbledore, Parrain et Marraine sont là aussi. Et ils nous encouragent du regard à officier.
La Carte est étalée sur une grande table carrée au milieu du QG. Elle n'est pas finie encore, mais elle est déjà magnifique. Nous y avons ajouté les Cachots Perdus et quelques autres salles qui ne figurent pas sur la Carte du Maraudeur, mais que nous ont indiquées quelques élèves…
D'un commun accord, à la demande des Serpentards, nous n'avons pas inclus la fameuse Salle Secrète Au Trésor (salle miteuse selon Parrain et Draco qui n'ont cependant toujours pas accepté de nous la faire visiter), dans laquelle se trouve le portrait de Salazar Serpentard. Elle fait rêver tous les aventuriers de Poudlard… Nous ne voudrions pas les priver de leur chasse aux trésors…
En contre partie, j'ai souhaité ne pas y faire figurer la Salle sur Demande non plus, arguant que c'est une salle instable, que nous ignorons quel effet cela pourrait avoir sur le reste de la Carte et que c'est également un lieu qui fait rêver… Mais surtout, et cela je me suis bien gardé de le dire, parce que c'est le dernier bastion où je peux trouver refuge avec Ron, quand nous sommes en manque de câlins…
Même si nous avons intérêt de ne pas nous y rendre trop souvent, si nous ne voulons pas nous faire trop remarquer… Parce qu'on verra très bien que nous allons dans ce couloir, faisons de brèves allées et venues et que soudain nous disparaissons…
Ceci dit, j'ai un peu trouvé la parade, si quelqu'un nous pose des questions à ce propos… En effet, de temps en temps, j'invite Hermione à venir là-bas avec Ron et moi… Ainsi, si quelqu'un nous demande un jour pourquoi nous allons dans cette salle secrète, nous pourrons toujours répondre que c'est juste pour nous retrouver un peu entre amis, sans que personne vienne nous déranger durant une heure ou deux…
Oui. Cela se saura inévitablement que nous allons là-bas tous les deux. Mais personne ne verra nos deux étiquettes qui se superposent… et notre explication sera satisfaisante aux yeux de chacun.
Car après tout, c'est vrai que nous ne sommes plus jamais entre nous depuis que nous avons fondé le C.C.S.A.B.P.M.. Entre les entraînements, les réunions, les tours de garde, les séjours à l'infirmerie, les idées que les uns nous soumettent, les rapports que les autres nous exposent, ceux qui ont besoin d'être réconfortés ou encouragés et les devoirs faits en commun, il n'y a plus moyen d'avoir un peu d'intimité…
Voilà, c'est le moment…
Remus, Hermione, Ron et moi nous plaçons autour de la Carte, tandis que les autres reculent contre les murs.
Même s'il y a de grandes chances pour que je réussisse à ensorceler seul cette Carte, comme je l'ai fait durant les essais dans le Temps Ralenti, je tiens à le faire avec eux…
Avec Remus, parce qu'il est le dernier des Maraudeurs, inventeurs de la première Carte, Ron et Hermione, parce que nous formons un solide trio d'amis depuis notre première année ici…
Ils ont toujours été à mes côtés et je souhaite du plus profond du cœur que ce soit toujours le cas !
Remus donne le signal et nous jetons le premier Sort. La Carte se soulève à quinze centimètres de hauteur au-dessus de la table et des lumières bleutées la parcourent. On dirait des arcs électriques. Quand cela cesse, nous ne laissons pas le temps à la Carte de se reposer sur la table. Nous jetons le Deuxième Sort et cette fois ce sont des éclairs jaunes et violets qui la frappent. La Carte est salement malmenée, mais c'est normal et nous ne sommes pas inquiets. Dès que le dernier éclair la frappe, nous jetons le troisième Sort et la Carte monte au plafond dans un tourbillon rouge qui dure environ trente secondes. Elle amorce à peine sa descente, que le Quatrième Sort fuse de nos baguettes. La Carte reste suspendue dans les airs et il se produit un crépitement d'étincelles vertes, tandis qu'un peu de fumée se dégage.
Enfin la Carte redescend et se pose en douceur sur la table. Et Remus, Hermione et moi nous nous approchons. Il n'y a plus rien sur le grand parchemin. Nous posons notre main bien à plat au centre. C'est chaud, comme une brioche qu'on a mise à réchauffer dans le four.
« Lunard, Fend-La-Bise, Grizzly et Végéline te baptisent : C. M. A. id Carte du Maraudeur Améliorée. Hommage à Patmol et Cornedrue te révèlera. Echec aux Ânes Bâtés te dissimulera. » récitons-nous, avant de jeter le cinquième et dernier Sort
Une vive lumière entourent nos mains, si brillante qu'il nous faut fermer les yeux. Dernière mes paupières clauses, je la vois danser, tandis que la Magie tournoie entre mes doigts et autour de la paume de ma main et de mon poignet. Puis la Magie et la lumière refluent et nous pouvons de nouveau ouvrir les yeux…
« A toi l'honneur, Remus. » invite-je dans un souffle, en retirant ma main.
Remus me regarde, l'œil brillant et ému. Il fixe la Carte et déglutit avec peine. Sur son front, la sueur perle, comme sur le mien, celui de Ron et celui d'Hermione.
Nous sommes tous les quatre un peu essoufflés et Remus doit inspirer deux ou trois fois avant de pouvoir parler.
Enfin, il pose sa baguette sur la Carte.
« Hommage à Patmol et Cornedrue. » murmure-t-il, avec une expression indéchiffrable, qui semble mêler fierté et douleur.
Et la Carte se dessine. Des étiquettes apparaissent, se déplaçant au gré des pas de celui ou celle dont elle porte le nom et, sur le bureau derrière nous, des Alarmes retentissent et des Plumes se redressent pour écrire sur des parchemins…
Et soudain, des exclamations de joie et des applaudissements fusent…
Nous avons réussi !
Et je me sens plus proche que jamais, de Remus, Ron et Hermione.
Plus proche également de mon père et de mon Parrain Sirius…
Je suis heureux et en même temps j'ai une terrible boule dans la gorge et envie de pleurer… Alors je tombe dans les bras de Ron et je le serre contre moi, dans une accolade qui passe pour une simple étreinte amicale. Et j'irais aussi serrer Hermione et Remus dans mes bras…
Quand on voudra bien me laisser passer pour que je les rejoigne !
Car tout le monde se presse autour de nous, pour nous féliciter, nous donner une tape sur l'épaule, nous embrasser… et pour examiner la Carte de près.
Et le professeur Dumbledore appelle un Elfe pour lui demander des Bièraubeurres pour tout le monde. Pour fêter la première des Cartes du Maraudeur Améliorées, qui va nous permettre de suivre les mouvements ennemis…
« Eh ! Regardez ! Tous les Ânes Bâtés sont à la construction de la ferme ! » s'exclame soudainement Oliver Moon, qui affiche un air fier et satisfait de lui-même.
Il a de quoi, puisqu'il a participé aux améliorations avec le Sous-Comité Expert en Recherches. Et il a son nom sur la Carte, comme tous les Membres de ce Sous-Comité Expert.
La ferme. Je suis allé jeter un œil de ce côté là ce matin. Il y a un magnifique poulailler et des clapiers à lapin, installés sous une soupente réchauffée par des Sorts, en attendant que leur abri définitif soit construit. Les fondations des étables sont creusées et les murs commencent à s'élever, mêlant la pierre, le torchis et le bois dans un bel effet.
Adrian Pucey est ravie de l'avancée des travaux…
Il y a déjà quelques animaux arrivés. Des volailles évidemment : poules, coq, canes, canards, oies, jars et lapins. Des chèvres résistantes au froid également.
Les vaches et les cochons arriveront d'ici une quinzaine, quand les étables seront élevées…
Les plus jeunes des Ânes Bâtés sont chargés de nourrir chaque soir les animaux, de récolter les œufs et de traire les chèvres… A la main, bien évidemment, sous l'œil avisé de Madame Pucey et de Hagrid… Et quand ils ont fini, ils vont dans un local aménagé dans le sous-sol, pour faire du fromage avec le lait. Ou bien ils travaillent dans le jardin couvert, ensorcelé pour qu'il y fasse toujours une température et une lumière, propices aux cultures. Ils y préparent la terre pour les semis et les plantations qu'ils pourront effectuer dès demain…
Toute l'organisation des secours aux victimes prend corps.
Parrain a dit que le mobilier, les tapis et tout ce qui pouvait être utiles dans une maison, récupérés dans les immenses greniers de Poudlard, sont déjà partis dans le Village qui devrait bientôt être achevé.
Molly et Narcissa sont également ravies de la quantité de dons qui parviennent au Ministère, mais aussi du côté Moldu où c'est la mère de Lee qui a pris les choses en main.
Et, ce qui me rend heureux plus que tout, aucun événement horrible n'est venu assombrir notre ciel depuis dix jours…
De plus, si tout va bien, dans trois semaines, au premier week-end de vacances de Noël, Hermione, Ron et moi, nous irons faire en tour en Roumanie, avec Viktor, Nadya, les jumeaux, le professeur Dumbledore et Marraine…
Ce sera mon premier voyage, hors de notre île. Nous irons voir les Dragons avec Nadya, Viktor nous présentera sa famille et ses amis… J'ai hâte d'y être…
« Alors ! Qui nous explique comment marche cette merveille ? » demande soudain Martha, qui reste la Gardienne de la Carte, même si l'originale va rentrer dans mon dortoir dès ce soir.
C'est Remus qui répond à sa question. Il montre comment activer et désactiver les Alarmes, soit en sélectionnant l'ensemble ou un groupe ou encore un seul des noms surveillés. Puis comment activer les codes couleur qui désignent les Ânes Bâtés, bien sûr, mais aussi les Membres du C.C.S.A.B.P.M., les Experts en chef des Sous-Comités ou les professeurs, histoire de nous repérer plus vite en cas de besoins. Code Rouge pour les premiers, Violet pour les seconds, Vert pour les troisièmes et Bleu Ciel pour les derniers…
Il fait ensuite démonstration du Sort de Filature, qui fonctionne sur le même principe que les Alarmes.
Et tout le monde effectue les essais avec sérieux…
Et tout le monde s'extasie encore. Car c'est très facile.
« Du très beau… travail. » me félicite Draco, en me serrant la main, l'air éminemment satisfait.
Il a fait de très gros progrès lors du séjour dans le Temps ralenti cette semaine. Il parle presque normalement et son côté gauche a retrouvé presque toute sa mobilité et sa force…
Richard dit qu'il n'y a quasiment plus rien des hématomes au niveau de son cerveau et que les œdèmes sont entièrement résorbés.
Ginny aussi, va nettement mieux. Elle commence à ressentir de nouveau des sensations. Elle a retrouvé un peu de son odorat et du sens gustatif. Des sensations internes également, ce qui la ravie particulièrement, car elle ne risque plus les accidents gênants…
Et que lorsque Théo l'embrasse, c'est un pur bonheur a-t-elle dit. Ce que Ron a préféré feindre ne pas avoir entendu…
Ceci dit, elle est toujours un peu gauche Ginny, car les sensations externes ne sont pas revenues. Et Parrain est désolé d'avoir à lui administrer une troisième fois le Contre Maléfice. Ce qu'il fera lundi soir, deux heures avant que nous n'allions passer un nouveau mois dans le Temps Ralenti pour effectuer le dernier séjour de sa convalescence et celle de Draco.
Du moins, espérons-nous que ce soit le dernier…
« Lunard, Fend-La-Bise, Grizzly et Végéline ! Les trois premiers je comprends tout à fait : le lycanthrope, le gars habile et rapide sur un balai et l'Animagus. Mais Végéline ? D'où sors-tu ce surnom, Hermione-Chérie ? » s'enquiert Blaise, en fronçant les sourcils.
« C'est moi qui lui ai donné ce surnom ! Elle a la main joliment verte, notre Hermione et les plantes dans sa chambre du QG sont magnifiques ! » répond Neville, avec un large sourire.
Puis il invite Hermione et Blaise à trinquer avec lui au beau succès de notre entreprise.
Tout le monde est heureux autour de nous et je le suis également. Il n'y a pas un seul nuage dans mon ciel…
« Harry, nous devons y aller » vient me glisser Marraine.
Et j'ai l'impression qu'un Détraqueur a brusquement fait irruption dans le QG…
Zut ! C'est vrai. Je dois aller traduire les élucubrations de Voldemort - Salazar…
La poisse !
Finalement, il y a un nuage dans mon ciel…
Marraine me conduit par les passages internes jusque dans le bureau du professeur Dumbledore. Quand nous arrivons, Fumseck nous gratifie d'un trille de bienvenue. Les Anciens Directeurs dans les tableaux sont tous endormis.
Sauf Phineas Nigellus Black qui a levé l'œil à notre entrée dans le bureau.
« Qu'as-tu fais de la maison de mes Vénérables Ancêtres, petit morveux ! » m'agresse-t-il d'emblée.
« QG de l'Ordre du Phénix, comme au temps de Sirius et un refuge pour les victimes de Voldemort. Cela redore son blason et lui redonne de l'honneur ! » réponds-je avec brusquerie et contrarié par son ton.
« De l'honneur ! Une Moldue dans la Noble Maison des Black ! Tu oses trouver cette infamie honorable ! » explose-t-il, en se penchant vers moi d'un air mauvais
« Parfaitement ! Et si vous osez proférer un mot de travers à ce sujet, je décroche la vieille croûte qui vous représente là-bas et je la fiche au feu ! » rétorque-je, avant de me saisir de la plume qui m'emmène au QG avec Marraine.
Nous arrivons dans le grenier. Seul endroit de la maison où nous pouvons encore arriver sans risquer de nous cogner à quelqu'un.
Marraine me sourit.
« Je sais. Nous avons besoin de lui pour faire la liaison entre le QG et Poudlard en cas d'urgence… » soupire-je, avant d'ajouter : « Cela ne l'autorise cependant pas à être insultant. Et n'empêche pas que quelqu'un lui cloue le bec de temps en temps. »
« Je n'ai rien dit. » sourit encore marraine.
« Non. Mais tu l'as pensé très fort… » réponds-je, en lui rendant son sourire.
Et elle éclate de rire. Et cela me fait du bien…
Nous descendons au premier, dans la petite chambre où est installée la Base d'espionnage.
« Salut tout le monde ! » cantonne-je à la ronde.
« Salut Harry ! » suis-je accueilli en retour.
Je serre la main de Fol Œil, qui me présente ensuite Adam Shore, l'oncle de Lee. Il est impressionnant, cet homme. Il a une voix sacrément autoritaire… Mais c'est l'oncle de Lee et il me plait d'emblée.
Je me tourne maintenant vers Viktor, qui semble assez renfrogné. Mais j'ai de quoi lui rendre le sourire dans ma poche…
« Bonjourrr, Harrry. Je suis content de te rrrevoirrr. J'aimerrrai que tu me rrrendes un serrrvice. Peux-tu donner cela de ma parrrt à Herrrmione ? » me dit-il, avant que j'ai l'occasion de dire quoi que ce soit, en me tendant une lettre plutôt épaisse.
« Bien sûr ! Et tiens ! Hermione m'a demandé de te remettre ceci, quand elle a su que je devais venir ici. » réponds-je, en sortant une enveloppe aussi épaisse que la sienne de ma poche.
Et il a aussitôt un sourire jusqu'aux oreilles…
Bien qu'il ait un casque sur les oreilles, probablement les Ecoutes d'Ombrage, il ouvre immédiatement son courrier et se plonge dans sa lecture…
Et je me dis que les Ecoutes d'Ombrages sont, de toute évidence, moins importantes pour lui que les écrits d'Hermione.
Je le comprends tout à fait. Si j'étais séparé de Ron, ses lettres seraient pour moi plus importantes que tout le reste au monde…
« Tu es venu pour traduire le Fourchelang ? » me demande Fol Œil, en tendant déjà la main vers une cassette.
« Pour quoi d'autre sinon ? » réponds-je, en faisant la grimace.
« Ouais… » fait Maugrey, la main prête à engager la cassette dans le magnétoscope.
Il marque cependant un instant d'hésitation. Et ça m'étonne de lui. Fol Œil n'est pas du genre à hésiter d'habitude… Ce serait plutôt le contraire…
« Hem… J'crois qu'avant de montrer ça, il vaut mieux que je prévienne qu'à la fin, y a quelque chose de… de choquant pour les Dames et les jeunes gens… » dit-il, en jetant un œil vers moi et l'autre vers Marraine.
Et en rougissant…
Un Maugrey qui rougit, c'est du jamais vu pour moi… Et je peux vous assurer que c'est encore plus laid qu'un Maugrey qui pâlît…
« Préférez-vous que je sorte, Alastor ? » demande aussitôt Marraine d'une voix douce.
« Ben, si ça vous dérange pas, oui, s'il vous plait, Nally, j'serai plus à l'aise. Je vais de toute façon mettre une Plume en train, pour que vous puissiez tout lire sans que Harry ait besoin de répéter. Comme on l'a fait les autres fois. » répond Maugrey, qui a l'air en partie soulagé.
Marraine sort aussitôt, tandis que Kingsley vient nous rejoindre.
« Je passais par-là, j'ai vu de la lumière alors je suis entré. Du neuf ? » dit-il, tout en serrant la main de chacun.
« Ouais. Une conversation en Fourchelang à traduire. » répond Maugrey, en se tortillant sur sa chaise.
« Ah ! Ça faisait longtemps ! Et voilà qui explique la présence de Harry ! Bon, allons-y ! Fais-nous voir ça, Alastor ! » déclare Kingsley, en tirant une chaise à lui pour s'asseoir.
« Ouais… J'allais y venir. J'voulais juste prévenir que… Enfin il va y avoir… comment dire.. . » commence Fol Œil, de nouveau terriblement mal à l'aise…
« Si c'est pour dire que Lucius va sucer la queue de Voldemort, ne vous en faites pas je le sais. Lee a parfaitement expliqué la situation à Parrain quand il est venu aux nouvelles en début d'après-midi. Je suis donc prévenu. » interviens-je, pour abréger le supplice du vieil Auror, faisant éclater de rire Kingsley et l'oncle de Lee…
« Ah, bon… Ben si tu sais… Allons-y… » déclare alors Maugrey, plus rougissant que jamais…
Ceci dit, je ne suis pas des plus à l'aise non plus. Parce qu'autant faire une fellation à Ron ou regarder Ron m'en faire une m'est délicieux, autant l'idée de voir Lucius en faire une à Voldemort me dégoûte considérablement…
Et s'il y a une chose que je ne veux jamais que Draco sache, c'est que j'aurais vu ça…
Maugrey appuie sur le bouton de la télécommande et la cassette se met en route.
Sur l'écran, je vois Voldemort de dos. Il regarde par la fenêtre…
Au début, il ne se passe rien. Puis soudainement, Nagini se cabre et se tortille de douleur…
Et je traduis, effectuant le signe convenu lors des précédentes traductions, pour indiquer qui de Voldemort ou de « Salazar » s'exprime, bien que ce ne soit pas vraiment nécessaire, leur façon de parler étant totalement différente l'une de l'autre…
Mais ça, la Plume à Papote ne peut pas le savoir. Il faut donc bien que Maugrey la commande convenablement…
…
« Les voilà ! Les voilà ! Les voilà ! Regarde-les, les voilà ! » siffle Salazar, d'un ton mauvais que je ne lui ai jamais entendu…
D'habitude, il est plutôt excité, avec une pointe de nette cruauté. Là, c'est différent. Il a l'air en colère.
Ce qui est plutôt du domaine de Voldemort. Que se passe-t-il donc ? Que regarde-t-il par la fenêtre ?
« Oui, je sais. Je les ai vus, Salazar… » répond Voldemort, froid et presque détaché.
« Oui ! Tu les as vus ! Oui ! Oui ! Oui ! Mais les regarde-les ! Regarde-les ! Regarde-là ! » siffle de nouveau Salazar, d'un ton rageur qui enfle à mesure
« Je les regarde ! » claque la voix dure de Voldemort, avant d'ajouter plus doucement : « Je la vois, comme toi… Innocente, douce et jolie… »
« Innocente, douce et jolie ! Oui ! Oui ! Oui ! Elle l'est ! Elle l'est ! Elle l'est ! Trop ! Beaucoup trop ! Beaucoup trop ! BEAUCOUP TROP ! » s'enflamme Salazar, au comble de la fureur
« Beaucoup trop, effectivement… Une Agnelle Pure… Plus pure encore que la Blanche Colombe l'était… » convient Voldemort, qui semble presque ailleurs…
« Une Agnelle Pure ! Plus pure que la Blanche Colombe l'était ! Oui ! Oui ! Oui ! Et regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde CE QU'IL FAIT ! » rage Salazar, impératif… presque incontrôlable
« JE VOIS ! » explose Voldemort, tandis que des étincelles crépitent au bout de ses doigts.
De toute évidence, il sent que Salazar cherche à prendre le dessus et il a du mal à le maîtriser.
« Je vois, Salazar ! Je vois et je comprends tes craintes ! » dit-il très vite, avant d'ajouter, plus doucement : « Mais elles sont vaines… Comme elles étaient vaines quand la Blanche Colombe est venue… Je le sais… Je le sens… Je sais… Je sais que la Pure Agnelle n'est pas un danger pour nous… rien ne se mettra en travers de notre chemin maintenant…J'en suis certain… »
« Que comptes-tu faire ? Que comptes-tu faire ? Que comptes-tu faire ? Pour la Pure Agnelle, que comptes-tu faire ? » s'enquiert Salazar, toujours très excité et au bord de l'explosion
« Comme nous voulions faire avec la Blanche Colombe… Et même davantage… Il faut laisser les choses se faire, comme prévu et… » commence Voldemort, avant d'être brusquement interrompu par Salazar
Ce qui est nouveau également. Jamais je n'ai entendu Salazar interrompre Voldemort dans les « conversations » précédentes…
« Il ne faut pas ! Il ne faut pas ! Il ne faut pas ! Il ne faut pas laisser les choses se faire ! Pas comme avec la Blanche Colombe ! Non ! Non ! Non ! Elle a interféré dans nos projets ! Ne laisse pas cela recommencer ! Du sang ! Du sang ! Du sang ! Je veux le sang de la Pure Agnelle ! Il faut la tuer ! LA TUER ! LA TUER ! » se déchaîne-t-il, au comble de la fureur
« N'AIES CRAINTE JE TE DIS ! ET ECOUTE-MOI ! » tonne Voldemort, tandis qu'un tourbillon de vent fais voleter des parchemins dans la pièce, agite la robe de Voldemort, les voilages et les tentures
Il y en a même des interférences sur l'image, qui tressaute un peu avec un léger grésillement.
Le tourbillon ne dure guère. Il retombe aussi brutalement qu'il s'est levé et l'image redevient nette..
« Il n'y a rien à craindre de la Pure Agnelle ! Elle va au contraire servir nos desseins ! Car nous ne réitèrerons pas l'erreur que nous avons commise alors ! » siffle-t-il maintenant, tandis que Nagini se cabre plus que jamais et crache sa souffrance dans des sifflements aigus et suppliants que ni Voldemort, ni Salazar n'entendent…
« Ne te fâche pas ! Ne te fâche pas ! Ne te fâche pas ! Pas la même erreur ! Pas la même erreur ! Non ! Pas la même erreur ! Oui ! Oui ! Oui ! Je t'écoute ! Je t'écoute ! » répond Salazar, de nouveau soumis, presque craintif même
Voldemort ne répond pas. Et Salazar s'agite…
« Dis-le-moi ! Dis-le-moi ! Dis-le-moi ! Quels sont tes desseins pour la Pure Agnelle ? Ne me laisse pas dans l'ignorance, s'il te plait ! S'il te plait ! S'il te plait ! » s'enquiert-il, suppliant…
Et je devine que Voldemort a gardé le silence pour mieux reprendre le contrôle de Salazar, s'assurer de sa docilité et de son écoute attentive
« Tu vas donc m'écouter à nouveau. Sans m'interrompre. Sans douter de mes projets. » répond Voldemort, avec une autorité doucereuse.
« Oui ! Oui ! Oui ! Je vais le faire ! Oui ! » accepte Salazar, que j'imagine presque, à genou devant Voldemort
« Bien. Regarde-les, Salazar. Regarde-les et ne doute plus de notre suprématie. La Pure Agnelle va servir nos desseins. Mieux que la Blanche Colombe… » déclare Voldemort, presque ailleurs de nouveau…
« Je regarde ! Je regarde ! Je regarde ! Et je ne doute plus ! Mais dis-moi ! Dis-moi ! Dis-moi ! S'il te plait dis-moi ! » s'excite de nouveau Salazar.
« Lucius veut un nouvel héritier pour nous l'offrir. Il a besoin de la Pure Agnelle, pour cela… Il nous faut donc la garder en vie. Nous voulons cet héritier… Nous ne procéderons pas comme avec la Blanche Colombe cependant. Cette fois, j'officierai aux noces, Salazar… et au moment de leur consommation quand Lucius concevra son Héritier, je serais là…» explique Voldemort, avant de s'interrompre.
« Je sais ! Je sais ! Je sais cela ! Je le sais déjà ! J'ai entendu quand tu l'as dit à Lucius l'autre fois ! Je me tenais tranquille mais j'étais là ! Est-ce que tu vas tuer la Pure Agnelle quand l'héritier sera là ? C'est ce que tu vas faire cette fois ? Dis-moi ! Dis-moi ! Dis-moi ! Vas-tu la tuer cette fois ? Pour qu'elle n'interfère plus auprès de l'Héritier ! C'est cela ? C'est cela ? C'est cela ? Dis ! Dis ! Dis ! » intervient alors Salazar, d'un ton nettement impatient pire que celui du plus chiant des sales gosses capricieux…
« Tais-toi donc ! Laisse-moi tout te dire ! Oui, tu sais que je serais là quand Lucius concevra son Héritier. Mais ce n'est pas tout, Salazar. Lucius baisera la Pure Agnelle et moi je baiserai Lucius pendant qu'il la baise ! Alors un peu de nous, de notre Magie se mêlera à la semence de Lucius… Ainsi l'Héritier ne sera pas seulement le sien. Il sera également le nôtre, Salazar ! Plus sûrement qu'il le serait si nous le recevons en offrande ! » explique encore Voldemort, en s'enflammant à mesure qu'il parle.
« Oh ! Oui ! Oui ! Oui ! L'hériter ne sera pas seulement le sien ! Il sera aussi le Nôtre ! Le Nôtre ! Le Nôtre ! Le Nôtre ! Excellente ! Excellente idée ! Et nous le ferons Chevalier pour notre Seigneurie! Et nous tuerons la Pure Agnelle après ! » exulte alors Salazar
« Oui… Oui ! Salazar ! Un Chevalier… Tu as raison. Nous ferons de lui un Chevalier qui sera fidèle… Plus fidèle que le plus fidèle de nos serviteurs… Un Chevalier infaillible dans son devoir pour nous servir. Mais nous ne tuerons pas la Pure Agnelle après sa naissance. Car je veux qu'il soit le premier de nos Chevaliers. Comprends-tu, Salazar ? » ajoute Voldemort, d'un ton presque extatique…
« Oh ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Je comprends ! Je comprends ! Je comprends ! Ne pas tuer la Pure Agnelle ! Car il sera le premier de nos Chevaliers ! Il y en aura d'autres ! Oui ! Oui ! Oui ! Il y en aura d'autres n'est-ce pas ! Et c'est la Pure Agnelle qui nous les donnera ! C'est cela ! C'est cela ! C'est cela ! N'est-ce pas ! » s'excite Salazar, que je devine éminemment attentif à la suite
« Oui, Il y en aura d'autres, Salazar. Et c'est la Pure Agnelle qui nous les donnera. Bientôt l'Ange Blond et le Démon Aux Yeux Verts seront à nous, lorsque nous concrétiserons nos nouveaux projets de capture, les concernant. Et quand ils seront à nous, après le Rituel, nous leur ferons concevoir un fils avec la Pure Agnelle… Et comme nous l'aurons fait avec Lucius, nous les baiserons au moment de la conception… Et d'autres Chevaliers naîtront ! Puis ce sera Arcturus et Acrux ! Et d'autres encore, jusqu'à ce que nous ayons sept Chevaliers, Salazar ! Tous de père différent, mais liés par le sang de leur mère et ma Magie ! Sept Chevaliers Noirs, Salazar ! Sept Chevaliers des Ténèbres !… » explique encore Voldemort, dont je vois nettement le flamboiement soudain de ses yeux fous, se refléter dans la vitre…
« Sept Chevaliers des Ténèbres ! Sept Chevaliers ! Sept ! Sept ! Sept ! Sept Chevaliers de l'Apocalypse ! Oui ! Oui ! Oui ! » explose Salazar, avec une frénésie qui est à son comble
« Oui… Sept Chevaliers de l'Apocalypse ! Tu as raison, d'employer une image de cette vieille croyance, Salazar… Sept Chevaliers de l'Apocalypse qui mèneront nos armées dans le monde pour asseoir notre suprématie ! Mais tais-toi, maintenant… J'entends Lucius revenir… Regarde ce qui va se passer… Reste à l'écoute et regarde… Tu verras que j'ai raison… Et qu'il n'y a rien à craindre… » déclare Voldemort, tandis que des pas approchent, que la porte s'ouvre et que Lucius fait son entrée pour venir s'agenouiller devant son Maître.
« Oui ! Oui ! Oui ! Je me tais et je regarde… » chuchote Salazar
« Bien… » dit Voldemort avant de tourner brusquement dos à la fenêtre.
Il regarde maintenant Lucius, humblement agenouillé, tête baissée.
« Vois comme il est, Salazar…Humble et soumis dans l'attente de notre parole… » dis Voldemort à Salazar…
« Oui, humble et soumis ! Il l'est ! Il l'est ! Il l'est !… Mais que va-t-il dire ? Que va-t-il dire ? Que va-t-il dire quand tu lui demanderas ? » répond Salazar avec une pointe de crainte dans sa demande.
« Nous allons le savoir, Salazar… Nous allons le savoir dans un instant. Mais n'aies crainte. Laisse-moi faire et tu seras récompensé… Et chut, tais-toi un instant… » déclare Voldemort, en se penchant vers Lucius, dont il relève le menton de ses longs doigts squelettiques
« Oui, Lucius ? » siffle-t-il presque, en langage normal
« La jeune fille est conquise, Mon Seigneur ! » répond Lucius, le regard triomphant
« Tu vois ! Tu vois ! Tu vois ! Comme il est heureux ! » intervient Salazar, nettement contrarié.
« Tais-toi ! Laisses-moi faire t'ai-je dis ! Il l'était tout autant quand il a conquis la Blanche Colombe ! Et souviens-toi de ce qui est arrivé juste après ! Ce sera la même chose aujourd'hui ! J'en suis certain ! » lui répond Voldemort, avant de s'adresser de nouveau à Lucius
« J'ai pu voir cela, effectivement. Et toi, Lucius. Es-tu séduit ? » demande-t-il, en fixant Lucius de son regard flamboyant…
« Oui, je le suis… » répond Lucius, qui semble hésiter un très bref instant, avant d'ajouter avec ferveur : « Par vous, Maître ! »
Et il écarte brusquement les pans de la robe de son Maître et engloutit son sexe mou avec un enthousiasme plus qu'évident…
Voldemort éclate de rire…
« Ne te l'avais-je pas dis, Salazar, qu'il n'y a rien à craindre ? Lucius est à nous ! Nous lui parlerons de nos projets concernant la Pure Agnelle plus tard. Quand le moment sera venu… Et il dira oui ! » exulte-t-il, en entortillant les cheveux de Lucius autour de ses doigts pour l'attirer plus près de son sexe maintenant dressé.
« Tu as raison ! Tu as raison ! Tu as raison ! Il dira oui ! Il dira oui ! Il dira oui ! Oh ! C'est bon ! C'est bon ! C'est Bon ! Ce qu'il nous fait ! Le sexe ! Le sexe ! Le sexe ! C'est si bon ! Si bon ! Si bon ! » répond Salazar, avec extase..
« Oui, j'ai raison ! Mais tais-toi maintenant ! Jouissons tranquillement du plaisir qu'il nous offre… » achève Voldemort, le visage triomphant.
Et, tandis qu'il va et vient dans un mouvement lascif des hanches, dans la bouche de Lucius, Nagini se calme peu à peu et se recroqueville sur lui-même sur le sofa…
C'est fini. Il n'y a plus rien à traduire.
Je suis essoufflé et plus effaré encore que les fois précédentes…
Bordel ! Plus ça vient pire c'est !
…
Maugrey arrête la cassette…
« Par le cul d'Merlin ! Il est encore plus cinglé que je le pensais ! J'en ai déjà entendu des drôles, mais ça ! Ça ! C'est proprement incroyable ! Complètement givré de chez givré le salaud ! Dangereusement givré ! » s'exclame l'oncle de Lee, en ouvrant des yeux ronds comme des billes…
« Dangereusement ? Tu veux dire monstrueusement, oui ! Il se targue d'être le plus grand Sorcier du Monde, moi je dis que c'est le plus grand trou du cul psychopathe du monde ! Cet anthropoïde figure à la première place du palmarès des louftingues sanguinaires ! » lui répond Kingsley le plus sérieusement du monde…
« Oui, et c'est peu dire encore ! Mais dites-moi, qu'est-ce qu'il regardait par la fenêtre ? Qui est la Pure Agnelle ? La jeune fille que Bill, toi et les autres n'avez pas pu sauver la semaine dernière ? » m'enquiers-je auprès de Viktor…
Viktor me répond d'un hochement de tête affirmatif, l'air triste et malheureux, avant de me désigner un écran du doigt…
Et je vois une très jolie fille, qui chantonne doucement en brodant. Elle est assise dans un fauteuil, près d'une fenêtre. Je suis sûr qu'elle est fleur bleue et romantique, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, à sa coiffure piquée de petites fleurs en diamant et à sa robe bordée de dentelles. Qu'elle aime à rêvasser également. Il y a quelque chose en elle de candide, d'innocent… Je comprends pourquoi Voldemort l'appelle la « Pure Agnelle »…
Et j'ai du mal à déglutir en songeant au sort que Voldemort lui réserve…
A sa nuit de noces…
Et je ne sais pas pourquoi, mais il y a également quelque chose en elle qui me fait penser à Tante Narcissa…
Oui, la jeune fille me fait penser à elle, bien qu'elle ne lui ressemble pourtant pas…
Peut-être, oui peut-être est-ce parce qu'elle dégage la même grâce, la même douceur, la même noblesse… Du moins, avant que Tante Narcissa ne se « réveille » et ne s'engage avec fougue dans la lutte contre Voldemort…
Oh ! Elle a toujours la même grâce et la même noblesse également ! Mais sa douceur est maintenant teintée d'une énergie, d'une personnalité et d'une vitalité qui la démarque nettement de cette jeune fille…
Et je ne lui ai surtout jamais vu de candeur ou d'innocence… Non. Je ne lui en ai jamais vu… Peut-être cependant en avait-elle avant. Quand elle n'était pas encore mariée à Lucius…
Oh ! Putain ! Tout à coup je me souviens que Lucius voulait que Draco se marie avec cette jeune fille qui brode en chantonnant, là, sur l'écran !
Que penserait Draco en la voyant ? Lui plairait-elle ?
Mais l'image d'Annabelle me traverse l'esprit… Et je sais que non… Il la trouverait sans doute très jolie, mais fade et insipide… Trop candide…
La beauté d'Annabelle a bien plus de caractère, de force et de personnalité…
Marraine arrive. Viktor est allé la chercher tandis que je regardais la jeune fille sur l'écran… La future épouse de Lucius…
Je frissonne.
Marraine lit les notes prises par la Plume à Papote…
Elle frissonne…
« Je suis désolée que tu aies eu à traduire cela, Harry. J'imagine assez l'épreuve, que cela a représenté pour toi. Même si tu avais eu de toute façon à l'entendre lors de la prochaine réunion de l'Ordre, s'il avait parlé anglais. » dit-elle en passant le parchemin à Kingsley qui souhaite prendre à nouveau connaissance de la « conversation ».
« Merci. Mais je ne suis pas le plus à plaindre… Ce sera bien plus dur pour Tante Narcissa et Draco… » réponds-je, en réprimant un nouveau frisson
« Ouais… C'est pas joli, tout ça. Mais sacrément édifiant en tout cas… » commente Maugrey, avec une grimace qui traduit parfaitement tout ce qu'il pense
« Dites, je ne sais pas vous, mais moi, j'ai eu la nette impression que ce « Salazar », parlait comme un amant jaloux… On aurait vraiment cru qu'il craignait que Lucius tombe amoureux de la fille et le délaisse… Vous croyez que Voldemort est vraiment amoureux de Lucius ? » déclare soudainement l'oncle de Lee, d'un air où se disputent la surprise et le doute
« Amoureux ? Non pas amoureux, il ne sait pas ce qu'est l'amour. Il est possessif, ça oui ! Mais amoureux, certainement pas ! » réponds-je spontanément.
« Leur relation est pourtant très… intime… » insiste Adam Shore
« Dépravée serait le mot juste… » intervient Kingsley, en levant brièvement son nez du parchemin, avant de replonger aussitôt dedans.
« T'as raison, King ! Dépravée c'est l'mot ! Des types qui baisent ensemble ! Faut vraiment être dépravé pour faire ça ! Pouark ! » insiste Maugrey, qui a l'air hautement dégoûté.
Et je sens mon sang se retirer de mon visage. Alors, c'est comme ça que Maugrey et Kingsley nous considèrerait, Ron et moi, s'ils apprenaient notre homosexualité !
Des dépravés… C'est ce que nous serions pour eux…
Marraine m'effleure discrètement la main et je la remercie d'un regard pour son soutien…
« Ce n'est pas ce que je voulais dire, Alastor. Je connais deux gars qui sont amoureux. Ils n'ont rien de dépravés, bien au contraire. Ce sont des hommes bien. Et ce que font Lucius et Voldemort ne serait pas plus dépravé, s'ils étaient amoureux et n'incluaient pas des orgies avec ces jumeaux Brandburgy par exemple. Et encore, ces deux là sont adultes et ils ont fait leur choix. Si ça leur plait de baiser avec Lucius et Voldemort, tant mieux pour eux. Ce à quoi je pense, quand je dis que Lucius et Voldemort ont une relation dépravée … Et encore le mot est faible, mais c'est parce qu'il n'y en a aucun qui correspondrait vraiment, à part peut-être perverse et monstrueuse et encore, c'est trop faible aussi ! Enfin bref… Quand je dis dépravée, je pense à ce que Lucius et Voldemort font quand ils s'en prennent à des petits garçons et des petites filles : tous ces viols mêlés de tortures, atroces, horribles, monstrueux choisis le mot que tu veux, qu'ils commettent ensemble en y prenant un cruel plaisir … Tu as eu souvent l'occasion, comme moi, de voir ce que cela donne, durant les années noires... Et pas plus tard qu'il y a trois semaines encore tu as pu voir l'œuvre de Lucius et comment il a pris plaisir ensuite à tout détailler à son Maître… Et je prie chaque jour que Merlin me donne à vivre, pour ne jamais revoir ça… Ni qu'aucun de celles et ceux qui surveillent les écrans le voient… Oui… J'espère bien que jamais ils ne recommenceront et surtout pas qu'ils amènent des pauvres gosses au Manoir… » reprend Kingsley d'une voix douce et triste.
Et je me sens rasséréné même si j'ai une boule dans la gorge suite aux horreurs monstrueuses que Kingsley vient d'évoquer…
Il ne penserait pas que Ron et moi sommes dépravés…
« Ouais… Ouais, je reconnais que t'as raison, King… Et je suis comme toi… J'espère jamais revoir des trucs pareils moi non plus… Depuis vingt ans chaque année j'vais sur la tombe de tous ces pauvres gosses, tu l'sais… Et à chaque fois j'ai l'sang qui bout pareil… Et maint'nant qu'tu dis ça, je me souviens qu'avant je m'en foutais pas mal que deux types baisent ensemble. Mais depuis tout ça… Depuis tout ça… » murmure le vieil Auror, avant de se taire, les larmes aux yeux…
Et je me dis que c'est la première fois que je le vois exprimer autant d'émotions. Que jamais plus je ne penserai qu'il a le cœur sec… Que finalement c'est peut-être parce qu'il veut se protéger, ne pas craquer, qu'il démontre d'un tel détachement… Un tel manque de tact…
« Depuis tout ça, tu fais l'amalgame… » glisse King, avec toujours la même voix douce
« Ouais… J'faisais l'amalgame… Va falloir que j'revois tout ça… » admet le vieil Auror, en prenant une grande inspiration…
Et je me sens un peu gêné d'être présent…
Parce qu'il me paraît fragile soudain…
Loin, très loin de l'homme inflexible et dur qu'il nous laisse souvent voir…
« Pour en revenir à ce que vous disiez, Adam, Harry a raison. Il ne s'agit en aucun d'amour, entre Lucius et Voldemort. Ni l'un, ni l'autre n'est capable d'en éprouver. Ils sont en revanche tous les deux très possessifs. Les être humains ne sont que des objets à leurs yeux. Des objets dont ils se servent au gré de leur plaisir. Certes, ils peuvent les malmener, les jeter, les offrir à d'autres, s'ils le souhaitent. Ils s'autorisent également à prendre ce qui ne leur appartient pas. Mais en aucun cas qui que ce soit n'a le droit de prendre ce qui leur appartient… Tout comme ils n'aiment pas que ce qui leur appartient leur échappe… » intervient Marraine, en s'adressant directement à l'oncle de Lee
Et je sens qu'elle le fait aussi bien pour recentrer la conversation sur le sujet qui nous occupait précédemment, que pour donner à Fol Œil l'occasion de se reprendre.
« J'ai eu cette impression là aussi, qu'il craignait que Lucius lui échappe. Qu'il ne soit plus entièrement sien. » dis-je, en me repassant le début et la fin de la conversation.
« S'il a cette crrrainte, alorrrs c'est qu'il n'est pas si sûrrr de son emprrrise sur Lucius. Crrroyez-vous qu'il doute de sa fidélité ? Cela expliquerrrait cette imprrrression qu'il donne de se conduirrre comme un homme jaloux… ou possessif comme vous préférrrez… » commente Viktor, avec les sourcils plus froncés que jamais.
« Ça se pourrait ! Après tout, Lucius n'a pas été prompt à le chercher quand il a disparu il y a quinze ans… Voldemort le lui a reproché, dans le cimetière. Oui… Je m'en souviens bien… « Lucius, mon cher ami si fuyant… tu n'as jamais essayé de me retrouver, Lucius… Tu m'as déçu... J'attends de toi une plus grande fidélité à l'avenir » (1) Ce sont les mots de Voldemort… Il avait vraiment l'air fâché… » déclare-je alors, en me remémorant avec netteté cette scène, avant d'ajouter : « J'espère sincèrement que l'Ordre pourra sauver cette jeune fille. Car Voldemort lui réserve vraiment un sort horrible… Tout comme j'espère qu'il en dira bientôt davantage sur ce projet de capture auquel il a fait allusion et qui nous concerne, Draco et moi-même… Parce que j'ai comme l'impression qu'il va tâcher de profiter que Draco n'est pas encore au mieux de sa forme pour tenter quelque chose…»
« C'est ce que je crains également Harry… » murmure alors Marraine, qui a effectivement l'air très préoccupée…
Merde !
Je savais bien que mon ciel était trop bleu, depuis quelques jours !
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(1) Extrait de : Harry Potter et la Coupe de Feu
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