Disclamer Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

Béta-lecture Scorpio-no Caro. Un grand merci à toi, tes conseils me sont précieux ! Et je sais que ça prend du temps.

Sunny : Merci beaucoup ! Oui, c'est un chapitre un peu "détente", d'où l'idée du match entre Hypnos et Radha. Je suis contente que ça t'ais plu ! Par contre, jai pas compris ta question pour Aphrodite, c'est vrai qu'il ne fait pas d'apparition dans ce chapitre mais il n'est pas le seul. Voici la suite, encore merci et bisous.

Merci de votre soutien et de votre fidélité ! On arrive doucement au bout de l'histoire, bonne lecture !


Chapitre 50

Sanctuaire d'Athéna

Athéna admira un instant le ciel étoilé de ce début de soirée, retournant encore une fois dans sa tête toutes les conséquences possibles de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle fit enfin signe à Jabu de la rejoindre sur la terrasse de ses appartements. Si ce dernier en fut légèrement surpris, il n'en montra rien et vint se placer quelques mètres derrière elle, comme à son habitude quand la présence de sa Déesse semblait écraser la fragile Saori. Pourtant, cette fois, c'était comme différent. Bien qu'Athéna soit là, Saori semblait l'être également à part égale. Bien sûr l'une n'était jamais là sans l'autre mais presque toujours l'une s'effaçait devant l'autre :

- Etrange, n'est-ce pas ? l'interrogea la jeune fille, devinant son trouble.
- Que se passe-t-il ? répondit Jabu, déjà inquiet.

Athéna se retourna pour l'observer un instant avant de demander sans répondre :

- Seras-tu toujours aussi amoureux dans ces conditions ou n'aimes-tu que la personnalité de mon hôte ?
- J'aime autant ma Princesse que ma Déesse. Pour moi vous n'êtes qu'une !

Une telle certitude et une telle dévotion…

- Je te l'avais bien dit, dit Saori à la divinité.
- Tu as su trouver une perle rare…

Et un tel amour, il brillait dans les yeux du jeune chevalier presque aussi vivement que sa constellation, tout là-haut dans le ciel.

Alors Athéna sut qu'elle avait fait le bon choix et d'un geste presque timide tendit la main vers celui qui allait ce soir lui faire découvrir l'avenir de ce monde.

Jabu s'avança d'un pas pour la prendre en douceur et tendrement la poser sur son cœur battant, avant le capter son regard dans le sien pour murmurer ces mots éternels et pourtant si nouveaux à l'oreille si pure de la Déesse :

- Je t'aime…

Puis, il captura ses lèvres avec une extrême douceur et un amour encore bien plus grand que l'infini.

Il avait peur le chevalier. Oh, pas peur de ce qu'il s'apprêtait à faire, mais peur de la décevoir, de se montrer trop brutal ou trop impatient. Et les tremblements de la jeune femme devant l'inconnu de sa première fois lui firent encore un instant craindre le pire. Mais il l'aimait, depuis si longtemps. Avant même qu'elle ne le remarque, avant qu'elle pose les yeux sur Seiya, dont il avait été horriblement jaloux jusqu'à ce qu'il comprenne que la relation de ces deux-là, était bien différente de ce qu'il ressentait lui.

Mais au-delà de leurs peurs à tous les deux, il sentait que ce destin qu'il avait tant espéré sans oser y croire tout à fait, s'accomplissait enfin ce soir. Alors, il cessa d'avoir peur, enfin d'une certaine manière, et lui sourit en la soulevant délicatement du sol pour pénétrer dans sa chambre par la porte fenêtre, qu'il prit soin de refermer après l'avoir déposée sur le grand lit. Et quand il la rejoint, il embrassa passionnément celle qu'il aimait tout autant que ce destin, car à compter de ce jour béni, il savait qu'il deviendrait son plus fidèle chevalier. A jamais.

Elle répondit tout aussi passionnément. Si Athéna découvrait, Saori tremblait d'une impatience trop longtemps contenue. Et au moment où Jabu fit glisser la bretelle de sa robe pour embrasser son épaule et descendre, lentement mais sûrement, vers sa poitrine frémissante, elles ne firent plus qu'une devant les sensations qui prirent brutalement possession de leur unique corps. Bien plus enivrantes que le vin nouveau, bien plus indécentes aussi et pourtant si troublantes… si douces et si bonnes.

Elle gémit d'anticipation quand la bouche de son futur amant atteint finalement sa cible première et fit elle-même tomber la dentelle lui cachant encore ses seins. Et quand la langue fit frémir son mamelon, elle gémit de plaisir, devenant simplement une femme et si fière de le devenir.

La suite se perdit dans la découverte, l'exploration de leurs deux corps. Il s'enhardit au contact de peau divinement douce et soyeuse. Elle devint impatiente et le dépouilla de ses vêtements pour se gaver de la peau hâlée si savoureuse sous sa langue prenant peu à peu de l'assurance, en découvrant le plaisir qu'elle avait à l'entendre gémir.

Ils se découvrirent tant et si bien qu'ils perdirent toute notion autre que le corps frémissant et brûlant de l'autre. Ils n'étaient plus ni Déesse, ni serviteur mais simplement deux amants vivant leur première nuit d'amour.

Même leurs deux cosmos s'élevant dans la chambre ne purent les distraire de ce qu'ils vivaient. Passionnément. Intensément.

Mais l'étreinte ne pouvait durer éternellement et déjà leurs deux corps réclamaient avec ardeur ce qu'ils ne maîtrisaient pas encore tout à fait. Ils roulèrent de nouveau sur grand lit et elle leva des yeux timides vers celui qu'elle connaissait pourtant si bien, mais qui n'était plus tout à fait le même et ne le serait jamais plus. Il posa une main sur sa joue, caressa un instant l'ovale de son visage avant de baisser les yeux vers le reste de son corps, nu et offert.

Du bout des doigts, il redessina ses courbes, s'attardant quelques peu sur la poitrine tendue et continua sa course légère et enivrante. Il s'attarda un peu sur le ventre avant de descendre vers les jambes qu'il fit tressaillir sous ses attentions et revint enfin vers ce qu'il avait encore juste effleuré. Elle cria quand il plongea la main dans cette forêt de plaisir et ferma les yeux pour savourer encore mieux cet instant si magique.

Son impatience le gagna et il l'incita à s'ouvrir davantage encore pour lui permettre de finaliser enfin cette divine étreinte. Elle lui sourit. Ils échangèrent un baiser, une promesse, un serment et il plongea en elle.

Leurs deux cosmos tournoyaient autour d'eux, valsant eux aussi, cette valse sacrée et unique à bien plus de mille pas. Les fils de leur cosmos se tendirent soudain, s'enroulèrent les uns autour des autres, dans l'attente de l'instant où ils ne deviendraient qu'un.

Il se perdit en elle. Elle se fondit en lui. Ils ne firent plus qu'un dans cette danse étrange et éternelle, cet échange aussi doux que brutal, aussi tendre que violent. Leurs corps se tendirent à l'extrême, leurs cris raisonnèrent encore et encore, leurs lèvres se cherchaient, leurs mains se soudaient pour mieux se séparer et se chercher à nouveau.

L'apothéose les prit de court par sa violence, inondant chaque cellule de leurs corps de chaleur et de feu, d'apaisement et de calme, d'un bien-être qu'ils n'avaient encore jamais connu ni l'un ni l'autre. Ils s'appartenaient, enfin. Et leurs deux cosmos, unis, illuminèrent, non seulement la chambre, mais tout le Sanctuaire pendant un bref instant, avant de poursuivre sa course vers l'éternelle demeure des Dieux, annonçant à son roi, cette nouvelle union. *

Et pendant que le père versait quelques larmes d'émotions, le cœur du roi des Dieux se réjouit. Maintenant la Terre était prête à lutter enfin à armes égales avec son plus fervent ennemi. Celui-là même qui avait, à l'origine condamner la planète aux ténèbres et à la destruction.

Au Sanctuaire, les chevaliers sortirent un à un des temples où quelques instants avant, ils se reposaient encore pour la plupart. Mais cette lueur, ce brusque sursaut de cosmos les avait tous arrachés à leurs activités ou rêveries nocturnes. Ça et autre chose, un étrange sentiment de paix enfin retrouvé…

Shion, quand à lui, venait tout juste de sortir du temple de la Vierge accompagné de son gardien qui le raccompagnait, après une longue discussion. Ils se regardèrent un instant, Shaka ouvrant pour l'occasion ses yeux qui semblaient confirmer ce que le Grand Pope n'avait pas encore exprimé :

- Il suffit parfois d'un rien pour faire basculer l'équilibre des forces, c'est bien ce que tu disais Shaka ?
- Ce n'est pas moi qui le dit, mais l'histoire qui nous l'apprend, précisa la Vierge en souriant. Quand à savoir si ce rien vient de se produire…

- Seul l'avenir nous le dira, finit Shion et commençant à gravir les marches jusqu'au temple du dessus, où l'attendaient déjà ses deux amants, eux aussi sur le seuil de la demeure de la Balance.

Dohko lui sourit et Shiryu lui tendit les bras. Il s'y réfugia, la main de Dohko venant doucement caresser son dos, largement noué, par ces trop longues heures de travail. Ils n'avaient pas besoin d'en parler, ils savaient. Tous comme leurs compagnons, ils devinaient que quelque chose venait subitement de changer. Comment le savaient-ils ? Ça, ils l'ignoraient, mais au fond d'eux ce soir, chaque chevalier d'Athéna l'avait fort bien compris. Shion sonda le Dragon, cherchant les traces de son malaise profond, espérant que peut-être cette fois :

- C'est fini Shion… je vais guérir maintenant, lui murmura Shiryu à l'oreille, comme tous les autres…

Ooo000ooO

Royaume d'Asgard, demeure de Tol de Gamma

Odin se leva aussi doucement que possible, mais ce ne fut pas assez pour ne pas éveiller son jeune compagnon :

- C'est le moment ? demanda juste ce dernier.
- Oui, répondit simplement la divinité nordique en lui souriant.
- Reviendrez-vous ?

Le Dieu se baissa pour caresser tendrement la joue hirsute de Tol :

- Même au bout de plus de trois mois tu me vouvoies encore ?

Tol baissa un peu la tête, tentant d'échapper à son regard. Il savait bien que ce jour finirait fatalement par arriver, mais il aurait préféré attendre un peu.

- Ne sois pas triste Tol, je ne faisais que passer en ce monde. Mon temps est largement révolu et je sais que tu trouveras bientôt quelqu'un pour combler ton cœur…
- Pourquoi maintenant ? demanda tout de même je jeune guerrier.
- Parce que l'événement que j'attendais s'est enfin produit et que je dois dorénavant veiller que les choses suivent leur cours sans entrave, répondit énigmatiquement le Dieu.

Tol ne dit rien, mais se redressa sur le grand lit, prenant une dernière fois le visage de son Dieu entre ses mains et déposant un dernier baiser sur les lèvres souriantes avant qu'il ne disparaisse à ses yeux, comme il était venu :

- Et maintenant ? dit-il à voix haute.
- Je continuerai à veiller sur toi… lui répondit la voix déjà lointaine de son Seigneur.

Ooo000ooO

Aux Enfers

Eaque se leva aussi discrètement que possible du grand lit, mais cela n'échappa pas à la vigilance de son compagnon :

- Tu vas où ?
- M'entraîner, rendors-toi, il est tôt… répondit-il en embrassant la chevelure argentée encore emmêlée.
- Ne force pas trop, grogna la divinité en capturant le torse nu à sa portée, histoire de bien lui rappeler qu'il n'aimait pas qu'on lui désobéisse. J'ai eu bien trop de mal à te remettre en état… rajouta-t-il en mordillant la chair tendre et délicate qu'il aimait tant.

Le juge sourit sans répondre. Du Thanatos tout craché ! Jamais il n'avouerait à quiconque ce qui s'était passé au cœur de cette chambre pendant tout ce mois où il s'était battu au quotidien pour le maintenir en vie et finalement arriver par il ne savait quel miracle à le sauver…

- Je t'aime, murmura encore Eaque avant de partir prendre sa douche.

Il devina plus qu'il n'entendit la réponse dans un grognement digne d'un fauve au réveil. Mais il n'avait pas besoin de réponse. Il savait. L'acharnement presque fou qu'avait mis le Dieu si froid à réchauffer chacune de ses cellules, ses cris de désespoir devant son impuissance à certains moments, ses larmes aussi… Eaque savait tout cela, il l'avait vécu à travers lui, à travers son esprit et son cosmos, craignant même pour sa survie parfois. Il s'était ouvert, entièrement, passionnément. Et lui non plus ne livrerait jamais à quiconque cette facette de son amant car elle n'appartenait qu'à lui, et à lui seul.

Le Dieu de la mort roula sur le dos, surveillant inconsciemment les bruits venant de la salle d'eau. C'était presque devenu instinctif chez lui, dès qu'Eaque ne se trouvait plus à sa portée, il surveillait sans cesse son cosmos qui pour l'instant semblait au mieux de sa forme. Il soupira en se demandant s'il arriverait un jour à ne plus s'inquiéter pour lui. Mais pour l'heure, il imaginait sans peine le corps de son amant se délassant sous la douche, laissant l'eau brûlante détendre ses reins, sûrement douloureux après leur nuit d'amour. Leur première vraie nuit d'amour depuis la bataille… il sourit, songeant avec ironie à qui il devait finalement le total rétablissement de son amant, lui comme tant d'autres humains à travers les différents Sanctuaires d'ailleurs… Il se leva, décidé à le rejoindre sous la douche, juste pour admirer encore un peu ce corps bien vivant. Et peut-être un peu plus, s'il le désirait…

Ooo000ooO

Sanctuaire sous-marin

Poséidon était d'humeur joyeuse aujourd'hui. La dernière réunion, la troisième depuis la bataille avec les autres divinités, s'était relativement bien passée. Sûrement mieux que les deux précédente où, bien souvent, ils n'arrivaient pas à tomber un tant soi peu d'accord sur quoi que ce soit. Qu'on parle de la manière de combattre, de cette fameuse et mystérieuse arme ou encore de leur futur… trop de points de vues différents, d'hypothèses non vérifiées et souvent non fondées, de leurs actes passés ou ceux à envisagés… mais hier, le miracle enfin. La présence de Thanatos, jusque là, retenu aux enfers, ainsi que celle du Grand Pope d'Athéna, lui aussi, trop occupé jusqu'à maintenant y était sûrement pour beaucoup d'ailleurs, mais peu importait. Pour la première fois, ils avaient des éléments de réponses, à vérifier certes, mais des pistes à prendre, des chemins à suivre.

Le Dieu des océans était un homme d'action, attendre que cette « chose » revienne ne lui convenait pas du tout. Et hier ils étaient tombés d'accord pour traquer ses diverses formes chez encore présentes sur Terre, car ils n'avaient pas complètement éradiqué ce mal ancestral, comme, avait dit Odin. C'est donc en souriant qu'il se rendit assister à l'entraînement de ses troupes, qu'il les félicita et que finalement il accepta l'invitation timide de Io à venir fêter avec eux, chez lui le soir même, les fiançailles officielle de Bian et de Clio, chose que les amoureux n'avaient pas encore pu faire depuis la bataille.

Io, encore un motif de satisfaction, quoique pas encore entièrement complète, mais tout de même… Il allait bien mieux, avait retrouvé toute sa force et même sa fraîcheur d'antan. Enfin parfois, Poséidon voyait ou plutôt sentait une mélancolie dans le cœur de son jeune général, mais malgré tout, il pouvait s'estimer heureux qu'il ait si bien récupéré. Il avait tellement craint le pire pour lui… Mais grâce à elle, grâce à ce qu'elle avait enfin décidé de faire… Enfin, il était temps d'ailleurs qu'elle se prenne en main cette petite !

Il soigna particulièrement sa tenue pour se rendre à l'invitation, ne pas paraître trop guindé aux yeux des siens, mais rester élégant et simple. Il opta finalement pour un pantalon de toile clair et une chemise bleue foncée, faisant ressortir sa longue chevelure plus claire.

Ils étaient déjà tous là quand il arriva. Io, aidé de Chrysaor et de Sirène, faisait le service sur la terrasse de l'appartement du général où ce dernier avait installé des tables. Isaak se retrouvait DJ pour la soirée, tandis que Bian et sa douce sirène s'enlaçaient déjà dans une salsa, quoique un peu gênés par le ventre tout rond de la jeune femme. Mais ils avaient avec un tel sourire qu'il ravit le cœur du Dieu, maintenant persuadé que le bien-être de ses troupes, et pas seulement les siennes d'ailleurs, serait un jour l'artisan de la victoire. De leur victoire à tous.

Le buffet, préparé avec soin par les cuisiniers du palais, était succulent, l'alcool ne faisait pas défaut mais chacun su rester raisonnable, l'ambiance était détendue et toutes sortes de danses ponctuèrent la soirée jusqu'à son clou final, l'énorme gâteau que Bian et Clio découpèrent ensemble alors qu'on ouvrait les bouteilles de champagne.

A la faveur de la nuit et alors que beaucoup d'invités regagnaient leurs propres appartements, souvent par couple d'ailleurs, Poséidon entraîna Io sur la piste de danse où Isaak et Sirène se balançaient au rythme d'un slow langoureux. Il ne cherchait rien de particulier, la relation timide et chaste qu'ils avaient entretenue depuis la bataille semblait encore difficile à dépasser pour le jeune homme et le Dieu avait depuis longtemps renoncer à le bousculer au risque de le voir se refermer comme une huître, comme cela lui était déjà arriver une fois ou deux où son impatience avait pris le dessus sur ses bonnes résolutions. On ne peut pas se refaire tout de même ! Non, il attendait patiemment. Oh bien sûr, il ne l'aurait avoué à personne, et même lui arrivait encore à se surprendre parfois, mais c'était peut-être ça le pouvoir de l'amour… se disait-il alors.

Io se sentait bien. La soirée s'était parfaitement déroulée et les amoureux avaient été comblés, aussi quand Poséidon l'entraîna sur la piste, il se blottit bien volontiers dans les bras chauds et puissants et savoura pleinement ce moment. La musique langoureuse prêtait à se détendre et il se laissa doucement aller contre le corps de son Seigneur, soupirant de bien-être et enfouissant sa tête un peu plus dans le cou de Poséidon dont il huma avec délice le parfum iodé si viril et ô combien enivrant. Ce dernier sourit et lui murmura quelques mots tendres à l'oreille, laissant doucement vagabonder sa main dans son dos.

Trois slows plus tard, ils n'avaient pas changé de position et Chrysaor vint doucement taper sur l'épaule de Sirène dansant toujours, lui aussi, avec Isaak. Tout le monde était parti et ils étaient avec Thétis, les derniers :

- Je crois qu'ils sont partis pour la nuit là, dit Thétis en souriant.
- Tu crois qu'on devrait les réveiller ? demanda Isaak.
- Oh, moi je ne tiens pas à braver un coup de trident, opposa immédiatement Sirène ironiquement.
- Sirène ! s'offusqua Chrysaor. Il pourrait t'entendre…

Oh mais je suis sûr que c'est le cas ! pensa l'interpellé.

Ce en quoi, il avait parfaitement raison. Poséidon sourit intérieurement et se contenta de resserrer légèrement son éteinte autour de Io, qui s'y abandonna en soupirant un peu plus encore…

- Mais on ne peut pas partir comme ça, dit encore Thétis en jetant un coup d'œil autour d'elle.
- T'inquiète pas beauté, répondit Isaak. On reviendra ranger demain…

Après quoi et d'un commun accord, ils opérèrent un repli stratégique et s'éclipsèrent discrètement, mais pas avant qu'Isaak eut programmé une bonne vingtaine de danses tout aussi langoureuses sur la platine, histoire de leur laisser le temps de pousser un peu plus loin leur danse… se dit-il, quitte à braver le coup de trident…

Io se sentait bien, tellement bien… la musique les entourait et les berçait doucement. Ils ondulaient lentement à son rythme, coller l'un à l'autre. Si près qu'une fine feuille de papier n'aurait pas pu se glisser entre eux. Io sourit. Et ouvrit à demi les yeux, perdu au milieu de l'abondante chevelure de son Seigneur et si près de son cou… si parfait… si divin… si attirant… bien trop attirant…

Plusieurs slows, tout aussi tendre les uns que les autres, s'étaient déjà écoulé quand Poséidon sentit ce timide mais ô combien savoureux baiser. Ces lèvres se posant doucement sur lui, à la fois hésitantes et un rien gourmandes, lui procurèrent un long frisson qui remonta agréablement son échine pour venir mourir à la base de son cou. Depuis quand n'avait-il pas ressenti cette étrange sensation ? Un savant mélange entre l'excitation et la peur, l'une et l'autre se mêlant étroitement pour ne faire ressortir que la délicieuse certitude que ce moment serait unique, intense et éternel… Des siècles en fait. Si longtemps qu'il avait presque oublié ce sentiment enfoui au plus profond de sa mémoire ancestrale, l'amour, tout simplement.

Il n'osait encore croire que sa patience avait finalement portée ses fruits et qu'enfin Io se sentait prêt à pousser un peu plus loin leur relation et surtout qu'il en prenne l'initiative de façon aussi charmante que troublante. Il frissonna encore quand les lèvres mutines continuèrent sensuellement leur chemin pour venir mordiller le lobe de son oreille. Il laissa alors ses mains commencer un jeu de caresses savantes sur le dos, les épaules et les reins de son général, y dessinant de longues et tendres arabesques.

Ce dernier soupira et abandonna son oreille pour remonter jusqu'aux lèvres de son Seigneur, plongeant avec délice dans la bouche offerte, tentant d'étouffer les gémissements de contentement que lui procurait les mains divines. La divinité se fit tout d'abord violence pour lui laisser le contrôle du baiser, mais rapidement, il en oublia même qu'il avait eut simplement l'envie de le faire. Io se montrait à la fois gourmand et extrêmement exigeant. Il l'entraînait encore et encore dans un rythme endiablé et si suprêmement délicieux, qu'il se laissa complètement envoûter et y répondit ardemment. Jamais personne n'avait exploré avec autant de passion sa bouche toute entière, caressé sa langue en la faisant languir plus encore, déclenchant un océan de sensations dans l'ensemble de son corps.

Ils avaient cessé de danser bien que la musique langoureuse continuait de se déverser dans les enceintes, ils étaient face à face, les yeux dans les yeux, leurs lèvres encore gonflées de ce premier baiser mais pas encore repues de celles de l'autre. Un léger sourire flottait sur celles d'Io alors que celle de Poséidon affichait encore un semblant de surprise, de délicieuse surprise :

- Monseigneur… Puis-je ? demanda le Général en glissant sa main dans l'échancrure de sa chemise, sans toutefois le quitter des yeux.
- Il n'y a plus de seigneur ce soir Io, murmura le Dieu qui frémit à la chaleur de sa main se mouvant lentement sur son torse. Et tu as tous les droits…

Poséidon rejeta prestement sa tête en arrière en gémissant quand quelques doigts s'attardèrent un instant sur l'un de ses tétons, le torturant délicieusement, mettant son corps en feu.

Ils étaient toujours serrés l'un contre l'autre jusqu'au bassin, presque soudés aurait-on pu dire, et ils ne pouvaient rien ignorer du désir de l'autre, maintenant à son comble. Pourtant, il y avait une dernière chose que le Dieu devait savoir. Il stoppa la main qui continuait sa course vers une autre victime de ses jeux et fixa intensément son général :

- Il n'y aura peut-être pas de retour possible, et ce, pour l'éternité, dit-il. En es-tu conscient Io ? Le veux-tu vraiment ?
- Qu'il en soit ainsi… répondit en souriant le Général à son Seigneur. Que ma vie soit éternellement dévouée à la vôtre, que mon corps devienne vôtre pour toujours et que mon cœur s'unisse à jamais au vôtre. C'est là mon vœu le plus cher.
- Io… ferme les yeux un instant… murmura la divinité en déployant son cosmos et en unissant ses lèvres aux siennes.

Le Général se laissa guider cette fois et devint celui que l'on explorait, avec passion et dévotion, avec ardeur et douceur. Il s'y abandonna totalement. La musique qui les entourait toujours sembla s'éteindre un instant mais une autre redémarra encore plus prêt de lui. Il rouvrit les yeux quand les lèvres divines furent en partie rassasiées. Ils avaient changés de lieux. Il regarda, étonné autour de lui, il ne connaissait pas cette grande et immense chambre aux doux reflets de l'océan, ces cascades d'eau pure courant sur tous les murs de la pièce, ce lit grandiose semblant pourtant presque perdu dans ces proportions gigantesques :

- C'est ma chambre, expliqua le Dieu en le guidant jusqu'au lit, je tenais à t'emmener dans un lieu digne de toi… de ton cadeau… Un endroit où nul autre que moi ne pénètre jamais, hormis quelques serviteurs, bien sûr…

Io rougit sans répondre et s'assit sur le grand lit, invitant Poséidon à en faire de même. Il eut une brève pensée vers Sirène, même…

- Non, même pas lui n'a eu le droit de venir ici, le coupa la divinité. Pour être tout à fait exact, la seule autre personne qui ait jamais pénétré ce lieu est morte depuis des siècles… rajouta-t-il comme pour lui-même, soudain perdu dans des souvenirs lointains qu'interrompit la voix de Io :
- Alors laissez-moi tenter de redonner vie à cette magnifique pièce.

Sur quoi, il posa à nouveau ses lèvres sur les siennes tout en le poussant sur le grand lit, s'allongeant tout contre lui. Et tout en l'embrassant, il reprit son exploration du torse divin en prenant soin cette fois, d'ouvrir un à un les boutons de sa chemise.

Il l'aimait depuis toujours, mais n'arrivait pas encore à croire à la réciproque. Il le désirait depuis si longtemps, mais n'avait jamais osé laisser parler son corps, gardant toujours au fond de lui cette sensation de souillure laissée par Kanon. Il ne s'estimait pas digne de son Seigneur et ce, malgré les nombreuses leçons de morales que s'évertuait à lui inculquer ses pairs, Chrysaor en tête. Ce premier pas vers son Seigneur, avait été pour lui, sûrement la plus dure épreuve de sa jeune vie et il sentait terriblement gauche et maladroit. Mais après bien des heures de réflexion, d'hésitations et de remise en questions diverses et variées, il avait fini par comprendre que ce dernier attendait juste ce geste de lui et ne le forcerait à rien avant. Alors ce soir, il avait écouté ce qui lui dictait son corps et son cœur, pour une fois en plein accord, faisant taire son esprit bien trop hésitant.

Et il ne le regrettait en rien. Sous ses caresses, pourtant encore incertaines, Poséidon gémissait de plaisir. Devant sa toute nouvelle ardeur, il se laissait doucement faire, le guidant même parfois tendrement, oserait-il dire presque amoureusement ? A chaque fois qu'il capturait ses lèvres, le Dieu répondait à ses baisers avec une passion toujours grandissante. Un peu comme s'il voulait lui apprendre, ou plutôt lui réapprendre à aimer et se laisser aimer en retour. Et peu à peu, il sentit fondre ses doutes, ses réticences à explorer un peu plus ce corps divin qui ployait sous ses mains, sous ses baisers. Il osa même lui sourire en ôtant un à un les boutons de sa propre chemise, agenouillé sur le grand lit, dominant le Dieu dont le regard suivait chacun de ses gestes.

Quand il la laissa tomber, la divinité se redressa, vibrante de passion et le regard enflammé au possible. D'un geste souple, il se porta à la hauteur de son général, devenant conquérant. Io gémit quand les lèvres divines prirent les siennes, alors que ses mains partaient à la découverte du torse tremblant et offert. Il en avait rêvé le Dieu de ce corps vibrant d'une passion retenue depuis bien trop longtemps… Combien de nuits Io avait-il passé à seulement espéré un regard ou juste l'ombre d'une reconnaissance ? A faire lentement mûrir un fruit qu'il était aujourd'hui autorisé à cueillir enfin ? Combien de journées de lentes agonies à subir mille morts sous ce sceau maudit ? Poséidon avait largement eut le temps de songer aux souffrances interminables qu'il s'était infliger pour calmer quelques peu l'ardeur de son jeune corps naissant, et d'en mesurer le prix. Alors ce soir, il voulait juste délivrer enfin son général, éveiller enfin son corps et son esprit à la passion que nul ne lui avait jamais apprise, et surtout pas Kanon tel qu'il était à l'époque.

Le Dragon des Mers s'était juste servi de lui, de son corps, de son ignorance. Lui, il allait lui révéler ce qu'était l'amour et effacer à jamais les traces encore si vivaces de ses entrailles. Il allait simplement l'aimer. Passionnément. Irrésistiblement. Irrémédiablement.

Et il y mit toute sa longue expérience. Ses mains qui en avaient brutaliser bien d'autres, devinrent des pattes de velours, douces et ô combien caressantes, cherchant et trouvant chaque point érogène qui faisait vibrer encore un peu plus fort son jeune général déjà aux portes du paradis. Ses lèvres gourmandes goûtaient chaque nouvelle saveur avec encore plus d'avidité, ne semblant jamais pourvoir se rassasier. Ses dents mordillaient, agaçaient et laissaient ça et là des traces légères de leurs passages.

Io soupirait, criait, gémissait. Ses yeux s'étaient depuis longtemps refermés, ses mains perdues dans la chevelure et sur le corps de celui qui allait devenir son amant. Il avait l'impression qu'il allait perdre la raison, que son corps ne lui appartenait plus, que tous ses sens étaient devenus fous, qu'il allait mourir de plaisir. Jamais pareille sensation ne lui avait même effleuré l'esprit, mais il devait rapidement découvrir toutes l'étendue des talents de Poséidon.

Ce dernier se grisait de ses réactions. Tellement pures et innocentes, tellement naïves et naturelles. Pas la moindre trace de simulation quelconque, comme il l'avait si souvent rencontré. Non, chez Io, tout n'était que nouveauté et découverte, étonnement et éblouissement. Avec douceur mais fermeté, il l'allongea sur le lit pour poursuivre cet échange tellement rafraîchissant pour la divinité millénaire et blasée qu'il était, et avec tendresse le débarrassa de son pantalon, en profitant pour se défaire du sien en même temps. Quand il glissa la main dans son boxer, il sut tout de suite que l'inexpérience de son jeune compagnon était loin d'être feinte, il était au bord de la rupture.

Une envie incoercible le saisit, recueillir ce premier nectar qui aurait sans aucun doute une saveur unique, celle d'un amour infaillible et indestructible. Alors il plongea sur le corps agité de soubresaut incontrôlé et incontrôlable pour Io, devenu source de vie entre les mains divines.

Ce dernier bondit pourtant en sentant l'écrin chaud se refermer autour de lui et une langue aussi mutine que gourmande se jouer de ce qu'il tentait encore de retenir. Il essaya tant bien que mal d'y échapper, de se contenir encore, d'échapper surtout à ce qu'il jugeait toujours bien indigne de lui et dans un effort de volonté parvint à articuler quelques mots et supplia :

- Maître… non… pas comme ça… je vous en prie…
- Io… ne m'aimes-tu pas ?répondit la voix de son seigneur dans sa tête et sans même s'en rendre compte, il répondit de la même façon :
- Ce n'est pas… la question… je ne peux… vous laisser faire… une chose aussi… dégradante…
- Dégradante ?

Dire que Poséidon était surpris aurait été bien loin de la vérité. Il était abasourdi… mais aussi étrangement heureux de découvrir à quel point il n'était que pureté. Car seule l'innocence des jeux de l'amour pouvait provoquer ce genre de réaction. Décidément, personne n'avait jamais aimé son jeune amant. Il sourit :

- Io, regarde-moi ! ordonna-t-il doucement

Ce dernier respirait mieux, maintenant que la bouche divine était occupée à autre chose et ne se déroba pas :

- Seigneur ? haleta-t-il.
- Est-ce qu'aimer est dégradant pour toi ?
- Non, bien sûr que non… mais…
- Et je ne veux que t'aimer, le coupa le Dieu. Juste t'aimer et goûter le fruit de ton amour… Ne veux-tu pas faire cette découverte avec moi ?

Io rougit violement et sentit toute résistance l'abandonner. Il gémit, confus et honteux… sa seule et unique expérience de l'amour se limitant à une douloureuse sensation de possession… il avait cru… oh par tous les Dieux ! Qu'avait-il donc fait pour faire naître cette expression de tristesse sur le visage tant aimé ?

Les larmes perlèrent à ses yeux et il se redressa pour plonger dans le regard divin, toujours dans l'attente de sa réponse :

- Aimez-moi Seigneur… murmura-t-il à travers ses larmes. Apprenez-moi… l'amour…

Il n'y eut aucun sourire de triomphe sur le visage du Dieu, aucune expression de satisfaction, juste un geste pour venir cueillir une larme sur son visage et une tendre caresse sur sa joue et ces quelques mots :

- Je t'apprendrai bien plus que cela, mon amour… dit-il en replongeant sur le corps de son futur amant. Cette discussion l'avait certes quelque peu refroidi, mais il ne lui fallut pas longtemps pour faire renaître cette fraîcheur innocente dont il put cette fois se gaver tout son saoul. Car Io ne se dérobait plus, ne tentait même plus de résister un tant soi peu à l'ardeur divine. Il apprenait en plongeant dans un autre monde, totalement inconnu de lui.

Poséidon goûta enfin à son nectar avec un étrange mélange de fierté et d'émotion, sachant qu'il était le premier à le faire. Puis, il continua sa leçon. Et Io apprit. A recevoir énormément, à donner parfois, à partager ensuite. Il devint élève assidu sous l'égide du plus attentionné des professeurs, s'émerveillant de tout, rejetant au loin toutes ses limites et même ses convictions les plus profondes. Il n'était plus un général avec son seigneur et maître, juste un homme aimant et étant aimé d'un autre.

Le temps s'arrêta. Dans ce lieu magnifique, cette chambre hors de toute conception humaine où l'eau berçait leurs ébats, ils jouèrent, chahutèrent, se caressèrent beaucoup, se découvrirent encore plus, s'embrassèrent énormément. Jusqu'à ce que leurs lèvres soient gonflées et rougies, jusqu'à ce que leurs corps crient grâce, jusqu'à l'ultime étreinte.

Io gémissait depuis déjà un bon moment sous l'assaut des doigts divins, son ventre le brûlait, lui réclamant une autre possession bien plus grande encore. Il n'en pouvait plus mais malgré ses supplications le Dieu ne semblait pas vouloir mettre fin à son supplice. Il était bien sûr bien trop excité pour se rendre compte que ce dernier n'attendait en fait qu'une dernière chose pour parfaire cette union. La frustration le saisit alors que Poséidon se frottait sans pudeur contre lui. Une telle frustration qu'elle fit jaillir son cosmos sans même qu'il s'en rendre compte. Poséidon sourit laissant enfin le sien envahir la pièce. Enfin un peu plus qu'il ne l'était déjà, car cette pièce était l'essence du royaume et son cosmos y était toujours omniprésent.

Si Io avait cru mainte fois atteindre la perfection au cours de cette première nuit, il s'aperçut vite qu'il n'en avait rien été. Parce qu'il crut réellement mourir quand Poséidon se glissa en lui, aussi doucement qu'il le put. Mais pour le Dieu aussi l'attente avait été longue et son excitation était à son comble, il ne put se contenir. Io hurla et planta ses ongles dans ses épaules alors que leurs deux cosmos se rejoignaient enfin. Son corps s'arqua sous l'assaut et la suite se perdit dans un océan de sensations toutes plus exquises les une que les autres. Poséidon cria également, à bout de souffle et se maîtrisant à grand peine. Mais il voulait pour lui la perfection peut-être encore même plus et sa volonté extrême l'emmena vers le final divin qu'il lui avait réservé. Leurs esprits fusionnèrent en même temps que leurs cosmos et leurs corps alors qu'ils étaient déjà bien au-delà du septième ciel.

Le royaume entier s'illumina, semblant consacré et bénir cette union, aussi charnelle que spirituelle et bien plus loin, plusieurs Dieux se réjouirent de cet heureux dénouement.

Eux, ils retombèrent ensemble sur le lit, épuisés mais heureux et Io eut encore la force de prononcer :

- Je t'aime tant…
- Moi aussi, Io, moi aussi je t'aime…

Longtemps après, alors que le calme était revenu dans le royaume sous-marin, dans une chambre située au cœur du domaine, le maître des lieux regardait tendrement l'homme endormi au creux du lit divin. Il caressait les boucles roses amoureusement. Il retrouvait lui aussi l'espoir d'un autre avenir que des guerres incessantes, car en se donnant à lui, Io lui avait transmis ses rêves d'un monde de paix… et il se battrait de toute son âme et de toutes ses forces pour conserver et préserver l'avenir de l'homme dans ses bras.

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Aux enfers, Elysion, quelques jours plus tard

Quand Rhadamanthe pénétra dans les thermes pour son bain matinal, il n'avait qu'une chose en tête, sa bataille devenue quotidienne contre Hypnos. Hadès, qui le suivait, se demandait bien comment tournerait le match du jour et s'il devait ou non mettre fin à ce simulacre de combat que ni l'un, ni l'autre ne remporterait jamais. Connaissant les deux parfaitement, il l'avait compris dès le premier jour. La veille, la divinité dorée était restée totalement interdite devant ce qui lui suggérait habilement le juge en prenant systématiquement devant lui des positions équivoques d'invites très suggestives avant de se tourner au dernier moment vers lui, comme si il ne faisait ça que pour son amant et non pour marquer des points contre Hypnos. Le score était d'une égalité parfaite, car Rhadamanthe ne manquait ni d'imagination, ni de culot et Hypnos avait l'avantage de l'expérience qui faisait parfois la différence.

Et le maître des Enfers commençait à se lasser de ce petit jeu et ne voulait surtout pas partager son juge. Les avoirs tous près de lui faisait partie de son quotidien et était vital pour son bien-être, mais jusqu'à une certaine limite ! Et là, ils l'atteignaient tous les deux.

Mais ce matin-là, quand Hypnos arriva, Rhadamanthe lui-même comprit que le jeu était fini. La divinité dorée semblait avoir passée la plus mauvaise nuit de sa longue existence et avait les traits tirés par le manque de sommeil.

Le juge sembla hésiter un instant avant de s'approcher doucement du Dieu qui s'était plongé dans l'eau après les avoir salué tout les deux sommairement de la tête, Thanatos n'étant pas encore arrivé :

- Je peux vous aider en quoi que ce soit ? demanda le juge doucement avec une sincérité non feinte et qui sembla ébranler quelques peu les défenses d'Hypnos, peu habitué à ce genre de manifestation.

Il faut avouer que les Dieux, hormis les rapports privilégiés que ces trois-là entretenaient, étaient plutôt du genre mesquin entres eux. Et c'est sûrement cette particularité qui lui fit répondre un peu trop hâtivement :

- Et en quoi un vulgaire humain pourrait-il m'aider ?
- Peut-être en vous expliquant ce que peux ressentir un autre humain face à un Dieu ? rétorqua le juge aussi sec, mais toujours calmement et sincèrement.
- Je… commença Hypnos en s'interrompant, ne sachant pas trop quoi ajouter sans devenir blessant, et surtout ridicule. Visiblement le juge compatissait à ses soucis.
- Peut-être devrais-tu l'écouter ? suggéra Hadès en se rapprochant à son tour en prenant Hypnos dans ses bras en un geste de réconfort. Il ne lit pas les pensées, mais peut comprendre bien mieux que nous les émotions humaines. Et nous évoluons sur un terrain qui n'est pas vraiment habituel pour nous autres non ?

Après tout que risquait-il ? se demanda la divinité dorée en se tournant vers le juge qui les observait avec bienveillance et sans aucune jalousie cette fois, ce qui l'étonna encore plus. Peut-être avaient-ils des choses à apprendre de ces humains parvenus à ce niveau de partage mutuels ?

Le jeu n'avait pas eu de gagnant, ou plutôt ils avaient gagné tous deux, mais d'une toute autre manière. Ils avaient appris qu'ils pouvaient se parler et échanger et qui sait ? peut-être même s'entraider au besoin. Et cela valait bien tous les prix.

A suivre…

(*) Note : J'ai pris la liberté de modifier un peu la mythologie, veuillez m'en excuser. Mais j'avais besoin de ce passage. Athéna est et reste une Déesse pure vierge comme la mythologie nous la montre, à part dans cette histoire. Quant à savoir si Athéna et d'autres divinités étaient aussi ignorantes des choses de la vie… à chacun son interprétation.