Un supplément d'âme

Vous avez été patients, hein, cinq semaines d'attente... J'espère que ce chapitre plutôt plus long me fera pardonner !
Bises aux cartes postales : madame-casse-pieds, kisscool, Na, Tallia, Plumiere, Rémi, Philibia, MAHA1959, Lizou, BastetAmidala, Fee Fleau

Période couverte par ce chapitre :
mardi 24 février

52 . L'espoir, le plan et l'improvisation

« Vous nous quittez, Madame Ombrage ? », lui demande Lupin alors que nous sortons de la Grande Salle, après un dîner durant lequel Ash a bien été la seule à avoir l'air sincèrement intéressée par l'avis que notre Fudgissime Conseillère spéciale a daigné donner sur tout et rien.

« Nous pouvons aller chez moi si vous le souhaitez... », propose-t-il même, sans doute pour prouver que les Gryffondor n'ont réellement jamais peur de rien. A combien de temps, j'évalue le temps nécessaire pour que quelqu'un comme Nymphadora la transforme en crapaud ? Très court.

« Merci professeur Lupin », le remercie Ombrage, l'air presque flattée, « mais ces deux journées passées -hem- parmi vous ont été -hem- intenses et j'ai à peine eu le temps de mettre mes notes à jour. Et -hem-, je veux être en forme demain. Je compte venir voir votre -hem- classe demain, professeur Rogue », ajoute-t-elle en se tournant vers moi.

« Ce sera un plaisir », je mens avec facilité. Franchement sa venue – et ses mystérieuses notes - ne me font ni chaud ni froid. Je pense que nul ne devrait réellement s'en inquiéter, même Trelawney – Ombrage en sait autant sur l'enseignement que moi sur la bonté d'âme. Pourtant, il me semble que Chourave ou Vector, qui étaient dans notre sillage, sont soulagées de ne pas être déjà désignées comme ses prochaines victimes.

« Sans doute, professeur Rogue. Mesdames, Messieurs », conclut notre grandissime Conseillère spéciale en se tournant pour prendre le chemin de ses quartiers.

Sans même échanger un regard, nous prenons avec Lupin le chemin de l'aile des professeurs. Il y a peu de conversations que nous pourrions avoir en ce moment librement dans un couloir. Nous allons nous enfoncer dans le passage quand une voix jeune et bien connue s'interpose :

« Professeur, un instant ! »

Cyrus. Nous nous retournons en même temps.

« Serait-il possible que Remus Lupin accorde cinq minutes à son fils puiné ? », il questionne avec un air angélique proprement horripilant. Les Gryffondors font de très mauvais obséquieux, si vous voulez mon avis. Mais Lupin a souri presque automatiquement. Les tréfonds de son indulgence me semblent parfois insondables.

« Viens », il décide sans même poser de question.

« C'est qu'il est déjà un peu tard », souligne son fils, n'hésitant pas à avouer qu'il connaît finalement le règlement qu'il semble si souvent découvrir.

« Je te raccompagnerai », promet le père.

« Alors », sourit le gamin, mais je sens une tension en lui qui me semble au-delà du badinage insolent dont il est expert. N'osant préjuger entre l'aveu d'une nouvelle bêtise – Hagrid aurait-il revendu le scooter pour éponger des dettes de jeu ? – ou un réel problème, je retiens ma curiosité. Il est bien possible que je ne sache jamais ce qu'il a à dire à Remus. Nous arrivons au premier étage et je vais les quitter, quand Cyrus nous arrête de nouveau.

« On ne peut pas aller chez Severus plutôt ? Ce n'est pas que je veuille cacher quoi que ce soit à Mae », il précise, « mais si les jumeaux sont réveillés, ça va encore compliquer les choses. Ce ne sont pas des choses qu'ils peuvent réellement entendre... »

« Vraiment ? », s'inquiète maintenant Remus, et comme Cyrus opine avec un soupir, nous nous dirigeons sans plus de commentaires vers mon appartement. Je leur ouvre, ils entrent, je referme et je me tiens en retrait. Sans doute suis-je même de trop.

« Ombrage a inspecté Ash aujourd'hui, c'était durant mon cours », commence Cyrus après la question muette mais impérative de Lupin.

Comme ce n'est une nouvelle pour personne, nul ne commente.

« Ash s'en est prise à toi, Severus, ton enseignement et tes inventions. », continue Cyrus avec un regard d'excuse pour moi, comme s'il se tenait responsable du venin de cette petite écervelée. « Elle a l'air de penser que faire des potions, c'est tout sauf créer quoi que ce soit... »

« Elle a ouvertement cité Severus ? », s'inquiète Remus – le fond ne l'étonne pas plus que moi. Ash était tout de même notre premier suspect. Nous aurions dû la surveiller de bien plus près. Et je ne répondrais même pas sur l'éthique de notre profession – ceux qui limitent l'art de la potion à l'imitation ne méritent même pas que je prenne la peine de leur expliquer ce à quoi ils renoncent : l'histoire oubliera leur nom.

« Non, mais tout le monde a compris. »

Remus pèse tout cela et puis hausse presque les épaules. Je ferais bien comme lui – pas de quoi justifier la mise en scène choisie par Cyrus.

« Il fallait s'y attendre », commente Lupin calmement, et ses yeux vont à la pendule, mesurant que le couvre-feu ne serait pas du tout dépassé quand ils vont sortir d'ici.

« Mais Ombrage lui a donné raison », reprend son fils, qui a sans doute interprété autant que moi sa réaction.

« Ash a sans doute cherché cet assentiment...Il y a une clique au Ministère qui aimerait finalement interdire la magie... », sourit Remus comme s'il cherchait à le consoler de la stupidité des hommes.

« Juste après, Ombrage s'est intéressée à moi et à mes résultats de potions...», continue Cyrus, avec insistance, je dirais même une pointe d'exaspération.

« Elle nous a dit que tu avais l'air bon », sourit encore Remus, s'excusant par avance que son nom de famille attire autant l'attention de la Conseillère spéciale de Fudge. Moi, je m'étonne silencieusement qu'un tel comportement puisse encore gêner Cyrus. N'en a-t-il pas l'habitude maintenant ?

« Elle t'a dit aussi qu'elle trouvait que j'avais de plus en plus l'air d'un Black ?», questionne alors sèchement Cyrus, l'air totalement excédé maintenant.

« Pardon ? »

« Que je ressemblais étonnamment à ma mère naturelle et très peu à mon père... sans parler de l'air de famille entre Mae et Laelia Coelho - elle vous en a parlé aussi ? »

« Elle a dit ça ? », demande Remus, et cette fois-ci il n'y a plus trace de sourire sur son visage. Moi même, je sens mon pouls s'accélérer. Comme si nous n'avions pas assez de menaces à traiter d'ores et déjà !

« Quasiment au mot près, les 'hem' en moins. »

« Tu es sûr d'avoir bien compris ? », insiste Lupin.

« Tu lui as montré des photos de Laelia ? », réplique Cyrus, l'air scandalisé par l'idée.

« Oui. Une fois. Il y a longtemps », admet Lupin très pâle.

« J'aurais pu inventer ça ? Tu crois que j'aurais pu 'mal comprendre' une chose pareille ? »

« Ne t'énerve pas comme ça », essaie le père.

« Ah non ? J'ai aucune raison ? J'arrive même pas à croire que tu aies pu lui montrer ces photos !», explose le fils. « Et on fait quoi maintenant ? On invite Tonton Fudge et on lui avoue d'où je sors ? Je suis sûr que ça va beaucoup lui plaire ! »

« D'abord, ces photos ont été faites pour être montrées », se défend Remus avec calme. Ce n'est pas un calme détendu. C'est un calme offensif. C'est celui qui a déjà vaincu, retourné des conseils d'administration, fait reculer des Ministres, douché des trouble-fêtes et durablement calmé de fortes têtes. «J'avoue que je pensais que ça lui serait sorti de la tête depuis longtemps... », il ajoute plus doucement. C'est sa seule concession.

« Et ça m'étonnerait qu'elle ait remarqué la ressemblance avec les Black toute seule », je renchéris parce que je tiens Ombrage pour une crétine, il faut l'avouer.

« De mieux en mieux ! Ils sont des légions, c'est ça ! »

« Cyrus, je comprends ton inquiétude, mais nous ne devons pas nous laisser distraire. Notre premier souci aujourd'hui, c'est Harry et le tableau... », essaie Remus qui veut sans doute le calmer mais obtient tout à fait le contraire.

« Tu entends ce que tu viens de dire ? », hurle Cyrus.

« Certainement pas ce que tu prétends avoir compris », réplique froidement Lupin.

« Non ? »

Rien à faire, l'affrontement de deux lions, ça me fascine toujours. Ils laissent l'un comme l'autre leurs flancs découverts. Ils cherchent la paix sans même sans rendre compte. Peu leur chaut de saigner inutilement.(1)

« Mais si, bien sûr, tu as raison : tu ne comptes pas pour moi, je n'en ai que pour Harry, je me fiche de ton avenir et je te sacrifierais sans sourciller pour chacun de tes frères et sœur. J'en oublie ? »

Cyrus hésite, puis baisse les yeux et hausse les épaules.

« Je n'ai jamais dit que la pseudo découverte d'Ombrage n'était pas inquiétante », reprend Remus beaucoup plus doucement. C'est une proposition d'armistice comme lui seul sait les inventer.

« Pseudo découverte ? », grince encore le fils. Je me dis que ça doit faire des heures qu'il rumine ça.

« Cyrus, qu'a-t-elle dit ? », raisonne encore Remus. Pas à dire, il sait le faire. « Que tu ressemblais à Sirius ? La belle affaire. On a toujours dit ça nous-mêmes... »

« Mais quand elle dit que Mae ressemble étrangement à Laelia... - elle a insinué que cette dernière n'était peut-être pas aussi connue que tu le prétendais... », reprend Cyrus l'air plutôt désespéré maintenant.

« Prouver que Laelia n'a jamais existé est une tâche presque impossible, Cyrus», affirme Remus et il s'approche de lui, n'osant pas le contact physique encore, mais le proposant néanmoins. Une fois encore, je voudrais les laisser.

« Hermione avait bien deviné !», contre le fils, pas désarmé.

« Et nous en avons tiré toutes les conséquences. En plus de posséder un acte de naissance, dans un pays où ce n'est pas aussi répandu qu'ici, son nom figure dans les registres de différentes écoles de magie et d'ethnomagie du Brésil et du Pérou. En plus d'Aesthelia, plusieurs chefs kipoyos jureront qu'ils la connaissaient, photos à l'appui. Des articles et des livres portent son nom. L'église moldue d'Ipanema a enregistré notre mariage. Ta naissance est consignée côté moldu comme côté magique. Une tombe porte son nom. Et les gens qui nous ont aidé l'ont fait par amitié et non pour de l'argent... et ils sont peu nombreux. Aucun plan n'est jamais parfait, mais celui-ci est plutôt solide.»

« Alors quoi ? », demande Cyrus, l'air perdu maintenant. Peut-être que les preuves de l'engagement de tous à rendre son choix, son existence, possible, l'intimident, je me dis. « Elle prêche le faux pour savoir le vrai, tu crois ?»

« C'est une possibilité. Comme l'a remarqué Severus, elle n'est sans doute pas arrivée à ce soupçon totalement seule. Il serait intéressant de savoir qui l'a poussée, parce que les Black ont disparu depuis longtemps maintenant, Cyrus. Les gens qui se soucient encore d'eux ne sont plus si nombreux... », remarque Remus, presque sur un ton d'excuse.

« Narcissa ? », chuchote Cyrus derrière ses cheveux.

« Narcissa a effectivement souffert de la disparition des Black, du nom, du symbole. Elle a essayé de te contrôler ; elle a soutenu la création de Nero », énumère Lupin dans un soupir. « Il est possible qu'avant la mort de Lucius, elle ait insinué des choses de cet ordre auprès d'Ombrage... Maintenant que nous savons qu'elle a ces idées-là en tête, nous pouvons chercher... »

« Mais faut s'occuper du tableau », se dépêche de protester Cyrus – tellement prévisible que je dois me retenir de me moquer.

« L'un n'empêche pas l'autre », répond sombrement Remus. « Ça fait deux jours que je me demande comment l'éloigner durablement de ses appartements pour que nous ayons accès au tableau... Si elle s'intéresse à nos albums de famille, ça peut être utile... »

« Le tableau est bien là ? Tu l'as vu ? », s'intéresse son fils.

« Au beau milieu d'une très étrange composition d'assiettes en porcelaine représentant toutes des chats dodus », sourit Lupin. « Je suis presque étonné que le serpent de les ait pas encore mangés...»

« J'aurais jamais cru qu'elle l'amènerait », commente Cyrus, et je ne dis rien, j'ai pensé comme lui.

« Tu imagines qu'elle allait laisser passer une chance de choisir sa place dans le château ? », commente le père, finalement capable de cynisme.

« Tu ne vas pas la laisser faire ? », s'inquiète le fils.

Si nos théories sont exactes, il n'y aura bientôt plus de tableau, je me rappelle à moi même presque férocement. Je sais que Remus ne peut pas lui expliquer pourquoi, qu'il pense qu'il ne serait pas capable d'assumer le risque que nous prenons – et sa réaction d'aujourd'hui tend à lui donner raison. Mais reste que l'issue la plus probable, celle que nous espérons tous, passe par la destruction du tableau. Sans parler de comment Cyrus prendra les choses après coup. Décidément, la paternité n'est pas faite pour moi.

« L'idée est d'affronter le tableau avant qu'il n'orne le Hall d'entrée », Lupin explique un peu distant. Cyrus le connaissant aussi bien que moi, j'espère qu'il ne sentira pas le possible mensonge par omission. Mais l'inquiétude filiale est toute autre :

« L'affronter ? Ça ne va pas l'endommager, le tableau ? »

« C'est possible », reconnaît Remus, sans cacher qu'il s'en fiche.

« Et tu lui expliqueras comment ? », veut savoir le gamin.

« Un problème après l'autre, tu veux bien ? »

L'affirmation paternelle laisse Cyrus visiblement dubitatif, et il m'apostrophe avec une vigueur retrouvée :

« Et toi, tu le laisses aller de l'avant, comme ça, sans réel plan, avec plus de questions que de réponses ? Ça m'étonne de toi ! »

J'évite de regarder Lupin avant de répondre – Cyrus n'a pas cinq ans et il n'est pas loin d'avoir compris que quelque chose se trame, que tous les enjeux ne sont pas là où nous les désignons depuis le début :

« Le temps n'est pas notre allié, Cyrus », je réponds posément, comme si c'était la seule réponse possible à sa question. « Nous n'avons pas le temps de faire des plans trop précis qui, de toute façon, ne marcheraient peut-être pas.»

« Vous n'aviez pas non plus le temps il y a huit ans, et pourtant vous m'avez créé une identité presque indestructible », il contre. Cinq points pour Gryffondor.

« C'était notre plan du début à la fin », intervient Lupin. « Nous n'avions pas à tenir compte des stratégies des autres. Là, nous devons désamorcer une bombe créée par d'autres. Plusieurs autres. »

Cyrus continue à nous regarder tour à tour, hésitant visiblement à aller plus loin dans son enquête et à nous pousser dans nos derniers retranchements. On doit sans doute à sa loyauté filiale qu'il se limite à soupirer et demander :

« On va faire ça quand ? »

00

Nymphadora a la carte déployée sur les genoux. A ses pieds, un sac long et lourd prend toute la largeur de notre cachette. La cachette de l'espoir en quelque sorte. Pathétique quand on y pense.

« Il arrive », elle chuchote en me montrant un point indiquant « Harry Potter Lupin ».

N'a-t-on pas l'air totalement ridicule, elle et moi, dissimulés derrière une tenture dans le couloir menant aux appartement de Ombrage ? Si on nous trouvait là, on pourrait croire que je viens m'emparer des nombreuses et mystérieuses notes qu'elle a prises pendant sa visite. Combien de lignes croyez-vous que mérite la question « Ne croyez-vous pas que vous aborder des sujets, hum, dangereux avec vos élèves ? » et la réponse « Nous progressons chaque année vers la connaissance de forces chaque fois plus dangereuses. Cette progression est assise sur l'approfondissement de connaissances antérieures, Madame la Conseillère. Je ne connais aucune autre façon de progresser » ? Plus que je n'aurais pensé.

« Ce n'est pas trop tôt », je marmonne autant agacé par la situation que par l'inspection de l'après-midi.

« Severus, il ne peut pas sortir comme ça de Gryffondor ! », elle proteste. « Il a dû attendre que tout le monde soit allé se coucher. »

« Je ne crois pas que Remus va arriver à la garder hors de ses appartements jusqu'à minuit », je lui rappelle sèchement.

Ash, Minerva, Ombrage et lui sont ensemble pour une soirée amicale – à quoi ne vous contraindrait pas le dévouement paternel ? Ils sont même allés manger à Pré-au-lard pour bonne mesure. Ils n'apparaissent pas encore dans le parc pour l'instant, selon la carte, mais je ne vois pas exactement comment il va la retenir bien longtemps, même s'il sort tous ses albums photo.

Si on ne l'attendait pas, on ne l'aurait pas entendu arriver. Ses baskets moldues étouffent bien les bruits, même si ses jambes dépassent de la cape. Une taille limite pour la maraude, en quelque sorte. Harry hésite un peu à l'entrée du couloir puis vient droit vers notre lieu de rendez-vous :

« Vous êtes là ? », il murmure.

« On est là », confirme Nymphadora en sortant de sa cachette. « Ça va ? Pas d'ennui ? »

« Non, juste Neville qui voulait que je l'aide à finir son devoir... », il commence puis se rappelant que je suis là, il ne précise pas. Pas besoin. En voilà un, au moins, que je n'aurais pas besoin de corriger, je décide. « On y va ? »

« On n'a pas beaucoup de temps », je ne peux m'empêcher de répondre malgré le regard de reproche de Nymphadora.

« On n'y arrivera peut-être pas en une fois », elle ajoute même.

Elle voulait sans doute rassurer Harry, elle obtient le résultat inverse. Il n'a aucune envie de s'y remettre à plusieurs fois, ça se lit sur son visage. Je le comprends trop bien. On a un instant d'hésitation devant la porte, comme des mômes j'imagine. Puis Nymphadora laisse de côté tous ses doutes et lance un spectre de détection d'éventuels mots de passe et protections.

« Basique » est son commentaire. On la laisse faire. « Restons quand même sur nos gardes », elle ajoute en ouvrant la porte et en se glissant la première.

Je me mets en position pour la couvrir – ça me rajeunit moi aussi. Même si mes motifs n'étaient pas alors aussi nobles qu'aujourd'hui les dernières fois où j'ai pratiqué l'effraction. Comme aucune explosion, sirène ou cri ne vient saluer son entrée, je me glisse à mon tour. Harry, derrière moi, ferme la porte. A la seule lumière de nos baguettes, nous découvrons le salon transformé en bureau. Je sais bien que peu de sorciers voyagent léger, mais Ombrage a quand même choisi d'amener un nombre considérable d'objets pour une visite de quelques semaines tout au plus : des poufs aussi pelucheux que ses pulls, une multitude de figurines et de vaisselle d'apparat. Son univers manque autant d'air que son esprit.

Mais ce qui nous intéresse est au mur, je me rappelle à l'ordre : je distingue les assiettes décrites par Lupin, puis un grand cadre doré reflète la lumière de nos baguettes. Nymphadora étouffe un petite exclamation.

« C'est lui », confirme sombrement Harry, le visage crispé. « Nagini. »

« Tu as mal ? », s'inquiète sa mère adoptive.

« Et maintenant, on fait quoi ? On le réveille ?», il questionne plutôt que de lui répondre.

Je remarque qu'en effet le gigantesque serpent, enroulé autour d'un arbre, semble dormir. Ses yeux sont fermés. Le mal peut-il dormir ? C'est une question intéressante.

« Laissons-le pour l'instant », je décide et je plonge ma main dans ma poche pour en sortir un écrin. J'ai la gorge terriblement sèche. Si nous nous sommes trompés, nous sommes damnés, je décide. Je ne crois pas que je saurais survivre à la mort de Harry. Albus ou Kingsley pourront dire qu'ils n'étaient pas là. Nymphadora pourra penser aux jumeaux et à Cyrus. Remus en sera peut-être capable, ne serait-ce que pour expier. Mais moi, je n'aurais jamais ce courage d'assumer la responsabilité de la mort de quelqu'un qui m'est devenu aussi cher. Et la liste des gens qui auront compté dans ma vie, pour qui j'aurais été prêt à donner ma vie, est relativement courte, autant l'avouer.

« Je dois le mettre ? », demande Harry en regardant l'anneau sombre dans l'écrin ouvert.

« Nous l'avons affaibli », lui apprend Nymphadora pour l'encourager. « Hier, je l'ai même amené à Albus pour cela. Il nous l'a fait rapporter ce matin. Et Remus et moi... »

Qui est le plus à plaindre ? Cyrus qui garde les jumeaux et ne sait pas à quoi on joue exactement ? Albus qui doit tourner en rond chez lui ? Remus qui doit faire la conversation à Ash et Ombrage ? Ou nous qui devons guider Harry dans la dernière phase d'un plan où il est à la fois le sacrificateur et le sacrifié ? Le palmarès est trop difficile, le jury décide qu'il statuera une autre fois.

« Ok », la coupe Harry d'une voix blanche mais décidée. Il tend la main droite, s'empare de l'anneau et le glisse à son annulaire gauche, sans faire de pause, comme s'il craignait de changer d'avis. Nymphadora et moi retenons notre souffle, mais rien ne se passe. Les premières fois, l'anneau avait essayé de lui blesser le doigt mais il semble s'être fait une raison.

« Commence avec lui », je souffle, en préparant mon cerveau à suivre ce qui va se passer. L'anneau est le seul Horcruxe avec lequel Harry ait eu un contact conscient et sur lequel il peut espérer avoir un ascendant. Nymphadora s'éloigne d'un pas, prête à intervenir si l'un de nous se faisait prendre dans les rets mentaux de l'Horcruxe.

« Qu'est-ce que tu veux ? », proteste ce dernier quand Harry lui impose son esprit. Il ne semble pas se rendre compte de ma présence.

« Voir si tu m'obéis toujours, ou si tu préfères que je te détruise », explique Harry avec détermination.

« Tu ne peux pas me détruire », crache le morceau d'esprit contenu dans l'anneau sans réussir à cacher son inquiétude. C'est le problème de correspondre esprit à esprit, aucune émotion ne peut être cachée.

« Mais si », affirme Harry en projetant l'image de l'épée de Gryffondor. « Elle a le pouvoir de te couper en deux. » Et il détaille même mentalement le résultat au profit de l'Horcruxe qui d'abord en frémit puis se reprend.

« Si tu voulais me couper en deux, tu l'aurais déjà fait », contre l'esprit.

« J'ai effectivement encore besoin de toi », reconnaît Harry. Les projections mentales se marient mal avec les demi-mesures et les mensonges. « Mais si tu refuses, je ferais autrement. »

« Besoin de moi ? »

L'espoir subi de ce fragment d'âme est presque insupportable. Il projette des images de grandeur, de reconnaissance et de puissance qui emplissent entièrement le lien mental. Harry doit les écarter pour reprendre la conversation :

« Je veux te faire rencontrer quelqu'un », explique Harry, suivant scrupuleusement le plan. Je sens qu'il s'y raccroche comme à une leçon apprise. Sera-t-il capable d'improviser après ? Mon cerveau refuse même d'y réfléchir.

« Tes amis ne m'intéressent pas ! Ils veulent tous me dominer ! », refuse tout net l'anneau.

« Celui-là est différent », promet Harry. S'il savait.

De sa main droite, il illumine maintenant le tableau et son grand cadre doré. Je vois une perle de sueur se former sur son front alors que la douleur emplit mon cerveau, insupportable.

« Qu'est-ce que c'est ! », proteste le fragment détenu dans l'anneau. « Ça fait mal ! »

« C'est le mal », répond mentalement Harry. Sa mâchoire est tellement serrée qu'on souffre rien qu'en la regardant.

« Il faut que ça cesse ! », exige l'anneau, et immédiatement la douleur diminue d'un cran.

« Comment tu fais ça ? », questionne Harry, avec une sincérité qui me glace parce qu'elle me rappelle combien il est jeune et fragile.

« Tu vois que tu as besoin de moi, Maître ! Je peux te protéger de cette douleur si tu me portes à ton doigt », répond l'esprit de l'anneau, obséquieusement.

J'hésite à intervenir pour inviter Harry à plus de prudence quand un sifflement strident emplit la pièce, faisant sursauter Nymphadora.

« Il a mal », annonce Harry d'une voix désincarnée. « L'anneau a chassé... son lien... avec ma cicatrice. »

Je sens l'effort qu'il a dû faire pour nous expliquer cela, mais sa mère adoptive oublie qu'elle devrait se limiter à un rôle d'Auror.

« Qui a mal ? », demande-t-elle.

« Ne parle pas, Harry. Je vous entends et je vous vois », je lui indique donc mentalement.

« Ok », il marmonne encore, sa voix est à peine audible avec les cris en fourchelang qui emplissent la pièce.

« L'anneau fait alliance avec Harry contre le serpent... qui a mal », j'explique à Nymphadora. Comme elle semble trop sidérée pour intervenir, je lance un sortilège de silence. Le calme revenu lui fait me jeter un regard désolé.

« Tu vois, je suis plus fort que lui », crâne maintenant l'anneau.

« Et tu peux le tenir en respect longtemps ? », s'informe Harry, visiblement un peu impressionné par ce premier résultat. Il ne faudrait pas qu'il le soit trop, ce serait une faiblesse facile à exploiter par l'anneau, je m'inquiète mais sans oser intervenir : nous avons besoin de la collaboration de l'anneau. Les uns contre les autres, il n'y a pas d'autres issues.

« Je ne sais pas », reconnaît le bijou.

Comme pour lui répondre, la douleur revient, emplit la relation mentale entre Harry et l'anneau. Moi-même je dois fermer les yeux pour la supporter et, étrangement, l'image d'un bébé s'agitant dans des langes blancs s'impose dans mes paupières closes. Il hurle lui aussi, aussi fort que ses minuscules poumons le lui permettent. Et ces vagissements sont plus forts que la douleur.

« Qui est-ce ? », hurle l'anneau, assez terrorisé je dirais.

« Je ne sais pas », balbutie Harry, encore une fois sincère - c'est sa force et sa faiblesse.

« Ça vient de toi ! »

« Comment ça ... ?»

Le bébé est le Horcruxe en Harry ? Instinctivement, je regarde Nymphadora qui s'alarme de mon regard inquiet et pointe plus fermement sa baguette vers nous. Que pourrait-elle faire d'autre ? Je me contente de secouer la tête, concentré sur la discussion mentale qui fait rage.

« Il est en toi ! Tu m'as menti ! », accuse l'anneau.

« En moi ? »

Harry vacille sur ses pieds, comme si l'accusation le touchait physiquement. Nymphadora se précipite et je dois l'arrêter des deux mains :

« Ne le touche pas ! »

« Il souffre ! »

« Lui seul peut, Nymphadora. Tu le sais ! », je contre en espérant ne pas mentir.

« Il va tomber ! », elle s'alarme.

Sans la lâcher, je tourne mon esprit vers celui d'Harry. J'y sens l'hésitation, la perplexité, la douleur mais pas la peur - vive Gryffondor ! Je m'accroche comme lui au plan :

« Domine-les, Harry. Tu es le seul humain, ici. Le seul être complet. Le seul à pouvoir leur imposer ta volonté ! »

« C'est quoi ce bébé ? », me rétorque-t-il, ses yeux verts braqués sur moi, comme si j'étais le responsable de l'apparition mentale.

« Que ce soit un bébé ne doit pas t'arrêter », je réponds en biaisant et en ignorant le regard affolé de Nymphadora. « Tu dois le dominer, lui aussi, il est aussi dangereux que les autres ! »

Longtemps, Harry se contente de me regarder, s'attendant sans doute à ce que j'ajoute des explications, mais je tiens bon. Nymphadora a dû comprendre ce qui était en jeu car elle n'intervient pas. Puis la question vient, froide, nue, impersonnelle, désolante :

« Comment ? »

« Utilise-les les uns contre les autres », je lui rappelle. C'est le plan tel que nous le lui avons rabâché : les Horcruxes se détruiront les uns les autres s'il les utilise correctement.« Un plan de Serpentard », il avait souri. « Contre le pire des Serpentard », j'avais répondu. Aurons-nous jamais une autre occasion d'un tel badinage ?

Ses yeux quittent les miens, non qu'il les ferment mais il se détache de la réalité extérieure.

« J'ai besoin de votre aide », lance Harry mentalement. Il y a une distance nouvelle dans son expression qui me fait frissonner. « Il y aura un prix », avait dit Albus. « Je ne sais pas lequel - pas obligatoirement la vie de Harry, mais ne croyez pas qu'il sera léger. » Je referme les yeux.

« Ce bébé fait trop de bruit », geint l'anneau. « Il nous dérange, Maître ! Tu n'as pas besoin de lui, tu m'as moi ! »

« L'étouffer », propose alors Nagini, qui semble avoir compris que ses cris en Fourchelang n'étaient d'aucune utilité. Le serpent ne paraît pas bien maîtriser la communication mentale, mais la nouvelle force que je sens passer dans le lien est animale, brute et sombre en même temps. Ses anneaux glissent vers le bébé, aucunement diminuée par les défenses d'Harry. Il s'enroule lentement autour du bébé qui n'a jamais cessé de pleurer.

« Tu vas le manger après ? », s'intéresse l'anneau.

« Faim », répond le serpent en ouvrant sa monstrueuse gueule.

Je rouvre les yeux et je vois combien Harry tremble, traversé qu'il est par les forces de trois Horcruxes. Sa main gauche se lève très lentement vers sa cicatrice, qui est devenue rouge écarlate et semble pulser au même rythme que les battements d'un cœur. Quand ses doigts l'effleurent, la cicatrice devient bleue. Il s'arque de douleur, les genoux pliés, mais ni ne tombe ni ne lâche sa baguette. La voix du bébé n'est bientôt plus qu'un hoquet puis un silence.

« Nous sommes avec toi, Harry », je répète à haute voix, faute de meilleure idée.
Car c'en est fini du plan. Il a fonctionné : un Horcruxe en a éliminé un autre - celui qui nous faisait le plus peur d'ailleurs, et Harry est vivant. Le résultat devrait me rendre fou de bonheur, mais pourtant c'est l'angoisse qui domine. Car le plan ne peut que conseiller de continuer. Un Horcruxe contre l'autre. Est-ce suffisant ? Harry, est-il capable de tenir la dragée haute aux deux Horcruxes restants ? Qu'a-t-il compris ? Aurons-nous le temps de mener ce combat à son terme avant qu'Ombrage ne revienne ? Je n'ose même pas regarder l'heure.

« Je peux le soutenir magiquement », propose alors Nymphadora.

« Bien sûr », je réponds agacé de ne pas y avoir pensé et je la lâche pour qu'elle lance des sortilèges de béquilles qui le stabilisent. Je replonge dans le lien mental pour sentir le serpent qui se repaît de sa proie et l'écœurement de Harry.

« Il est dangereux », marmonne l'anneau, profitant de cette faiblesse nouvelle de son maître. « Il nous mangera après !»

« Je suis plus fort que lui », essaie Harry malgré son épuisement et ses doutes. « Je suis le seul humain, le seul être entier...»

« Tu es quand même un humain... très particulier », remarque l'anneau avec une dose de suspicion. « Comment avais-tu dominé ce bébé ? »

« Que sais-tu de ce bébé ? », réplique Harry.

Une sorte de spasme emplit le lien, comme un rôt, brisant heureusement la réponse de l'anneau. Puis la force animale et noire se fait plus discrète. Le serpent se love sur lui-même, lentement, monstrueux et calmé.

« On devrait profiter qu'il dorme », chuchote le bijou. « Les serpents repus dorment ! »

« Vrai », reconnaît Harry, un peu désemparé.

« Prépare l'épée », je souffle à Nymphadora, le cœur battant. Nous n'aurons que quelques secondes si l'anneau domine le serpent, avant qu'il ne se retourne contre Harry.

« Ça en fera deux de moins », j'encourage à haute voix Harry, qui me jette un regard vide.

« J'ai compris, Maître, tu voulais te débarrasser du bébé. Il fallait le dire je t'aurais aidé », chuchote maintenant l'anneau. « Tu n'avais pas besoin de ce sale serpent !»

« Garde le contrôle, Harry ! », j'ajoute, et l'inquiétude perceptible dans ma voix se communique immédiatement à Nymphadora.

« Que se passe-t-il ? », elle me presse, mais je lui fais signe de se taire. Je ne peux pas lâcher Harry. Chaque seconde peut être décisive.

« Je peux ? », s'excite l'anneau.

« Que veux-tu faire ? », essaie son maître, son hésitation trop marquée.

« Mais te protéger, Maître, te protéger du serpent ! Empêcher qu'il devienne comme le bébé, une part de toi ! »

« Une part de moi ? Jamais ! », crache Harry avec vigueur.

« Allons, Maître, pourquoi nous mentir maintenant ! Nous avons finalement beaucoup de choses en commun, je le sens ! Nous allons faire de grandes choses ensemble, tous les deux... Avec moi à ton doigt, tout sera possible ! »

« Je ne sais pas », souffle le pseudo maître. Combien, en d'autre temps, je louerais sa prudence !

« Vraiment ? », questionne l'anneau venimeux. Il ne fera rien, je comprends et j'enrage. « Tu ne veux pas ? Tu vas t'en débarrasser comment alors ? »

« Severus ? », appelle Harry à haute voix, mais sans me regarder.

« Tu n'as pas le choix », je réponds, et rarement réponse m'a autant coûté. D'ailleurs ma voix est sortie totalement étranglée.

« Pourquoi pas », souffle donc Harry dans le lien mental quelque seconde plus tard.

« Je ne ferai rien que ce que tu me diras de faire, Maître », insiste l'anneau obséquieux.

« Dé...débarrasse-nous de lui », répond Harry très lentement, comme à regret. Et j'ai envie de l'arrêter, de faire cesser toute cette barbarie. Si seulement il y avait un autre moyen !

« C'est ce que tu veux ? », insiste l'anneau.

« Oui. »

« Bien, Maître. »

Je sens le bijou se préparer, sonder précautionneusement son lien avec le serpent pour vérifier que ce dernier est bien en train de s'endormir. Il se glisse autour du bout de queue comme autour d'un doigt. Puis ne bouge plus. J'en suis à me dire que ce fragment d'âme là devait contenir toute le stupidité de Voldemort, quand l'anneau commence la progression vers la tête du serpent, s'élargissant progressivement pour s'adapter à la taille du corps du reptile. J'entrouve les yeux pour voir la main gauche d'Harry tenir maintenant l'anneau qui est devenu trop large pour son doigt.

« Qu'est-ce qui se passe ? », souffle de nouveau Nymphadora, qui est maintenant armée de l'épée de Gryffondor. La lame renvoie la lumière de la lune dehors.

« Attends encore », je réponds laconiquement avant de refermer les yeux. L'anneau est presque arrivé à la tête du serpent.

« On sera bien tous les deux ensuite, n'est-ce pas Maître ? », souffle le bijou à Harry, qui en a un haut-le-cœur. « On sera les plus forts ! »

Des images de carnage et de feu emplissent le lien mental.

« Non ! », proteste Harry, et qu'il soit capable de le faire est un vrai soulagement pour moi, même si l'analyse voudrait que ce soit un mauvais mouvement tactique.

« Non ? », interroge dangereusement l'anneau s'interrompant dans sa course.

Mon cœur manque un battement avant que je n'ose réagir :

« Tu as besoin de lui, Harry », je dis à haute voix. Je suis maudit, jamais plus il ne me parlera, je pense.

« Mais après ! Il va me posséder », m'oppose Harry de la même façon. Sa voix est totalement terrifiée et enfantine.

Ai-je le droit de le pousser à plus ? Mais la cicatrice est vaincue, je me répète. On est si proche d'avoir gagné ! Il est si proche ! Combien nous en voudra-t-il ? Je suis pétrifié.

« On est là, Harry », affirme Nymphadora avant moi, bien qu'elle ne sache pas exactement ce qui se passe - ou peut-être parce qu'elle ne sait pas. « Je suis là. J'ai l'épée en main. Dès qu'il aura dominé le serpent... »

« Oh », comprend Harry avant qu'elle ne termine. J'en serais presque à bénir la confiance parentale qu'elle lui inspire quand je reçois l'ambigu message mental suivant : « Encore du sang, alors ? Ok... »

« Tu aimeras le sang », promet l'anneau, en reprenant sa progression. « Il te rendra fort ! Toujours plus fort ! »

Harry ne renvoie rien de particulier, mais je ne peux que trembler à l'idée que toute son innocence est morte avec ce bébé démoniaque. Je ne sais pas comment j'arrive encore à articuler :

« Prête, Nymphadora ? »

« Oui. »

Tout est joué, je me dis quand je sens l'épée levée à ma droite. Dans ma tête, l'anneau s'est positionné autour du cou du serpent et commence lentement à serrer, serrer... Les yeux tressaillent trop tard. "Il est mort plus rapidement que le bébé" est l'étrange pensée qui me vient juste avant de hurler :

« Maintenant ! »

« Tu as vu comme c'était facile, Maître ? », s'enorgueillit l'anneau.

« Oui », souffle Harry à haute voix, visiblement soulagé. « Pas de sang. »

« Si tu n'aimes pas le sang, nous trouverons d'autres voies... La magie, par exemple », suggère l'anneau qui va glisser hors du serpent maintenant en dépassant la tête.

« Maintenant ! », je répète pour Nymphadora.

« Harry... Sa main ! », elle proteste. La lame dressée au dessus de sa tête vacille.

« Maintenant !!!! », j'intime en prenant moi même sa main avec la mienne pour projeter l'épée vers le bas. Elle tranche l'anneau en son milieu, comme la main de Harry. Un dernier cri de rage emplit ma tête. La douleur d'Harry emplit l'air. La moitié du bijou nage dans le sang au sol quand il perd conscience.

ooo

Note1 - Pour ceux qui voudraient tout savoir sur le magnifique verbe chaloir...

Pour ceux qui voudraient des nouvelles de la suite, elle s'appelle "Avec l'aide de Poudlard" et est racontée par Harry...Elle sera mise en ligne la semaine prochaine. Le 55 est en cours de rédaction... On s'approche de la fin-fin, même si je ne sais pas encore en combien de chapitres ça va tenir....

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