Merci à AmbreOnyx et Rhyn pour leur soutien
CHAPITRE 47
Domicile de Mike Spooner
A l'extérieur, Charlie n'en pouvait plus. Il tournait comme un lion en cage sous le regard inquiet de David et Colby qui ne le quittaient pas de l'œil de peur qu'il ne se rue de nouveau dans la maison. Mais malgré son inquiétude portée à son paroxysme, le mathématicien n'avait pas l'intention de mettre en danger la vie de son frère en intervenant indûment dans le délicat processus de déminage. Un geste mal calculé, un sursaut non contrôlé pouvait concourir au désastre, pas question de prendre ce risque.
Soudain ils virent les démineurs se précipiter vers la porte et Charlie sursauta violemment, prêt à se ruer vers eux David et Colby n'eurent que le temps de le retenir. Il n'essaya pas de leur échapper et les trois hommes restèrent figés à regarder fixement le groupe, s'inquiétant de ce qui se passait.
Soudain ils virent venir vers eux l'un des démineurs revêtu de sa combinaison protectrice et ils se jetèrent vers lui d'un même élan.
- Comment va mon frère ?
- Vous avez neutralisé la bombe ?
- Est-ce que tout va bien ?
Les trois questions avaient fusé simultanément. Il ne fit qu'une réponse, en regardant plus précisément Charlie dont l'anxiété faisait peine à voir.
- Tout va bien. On a désamorcé les bombes. En ce moment Mat lui enlève les explosifs.
- Mais il n'y a plus de danger ?
- Non, je viens de remonter les détonateurs. Tout est O.K. mais attendez que Mat donne le feu vert d'accord ?
- Si tout va bien, pourquoi attendre le feu vert ? s'impatienta Charlie. Mon frère a besoin de moi, vous ne pouvez pas m'empêcher de…
Comprenant l'état d'esprit du mathématicien, Nick ne releva pas le ton peu amène sur lequel celui-ci s'adressait à lui.
- Il y a une procédure à suivre monsieur, je suis désolé.
- Je me fiche de votre procédure ! C'est mon frère qui est en bas et…
- Charlie ! le coupa soudain David. Cet homme vient de sauver la vie de Don alors tu pourrais au moins avoir un peu de reconnaissance.
Ramené à la réalité par cette algarade, le mathématicien s'empourpra soudain, et balbutia :
- Bien sûr. Excusez moi, mais je suis tellement inquiet.
- Je vous comprends, ne vous excusez pas. Si c'était mon frère, je pense que je réagirais de la même façon.
- Vous êtes sûr qu'il n'y a plus de danger ?
- Plus aucun, tranquillisez-vous. Votre frère ne…
A ce moment-là il vit le visage de son interlocuteur changer de couleur et s'aperçut qu'il ne l'écoutait plus, le regard rivé au-delà de lui. Puis il s'élança en criant :
- Donnie !
David et Colby lui emboîtèrent le pas et, en se tournant, le démineur aperçut alors son collègue qui sortait de la maison, soutenant Don défaillant et à bout de forces.
- Docteur, par ici ! Vite !
Mais déjà Charlie s'empressait, aidant le sergent à allonger son frère sur l'herbe, lui glissant sa veste sous la tête, réclamant à son tour un médecin, de la panique dans la voix.
- Ne stresse pas comme ça, lui murmura son frère. Ca va aller, t'inquiète.
- Oh Donnie… Tu n'as pas trop mal ?
Charlie avait des sanglots dans la voix tout en examinant son frère, s'affolant de sa pâleur, s'inquiétant de la sueur qui roulait sur son front, se décomposant en voyant sa manche maculée de sang, ses cheveux poissés eux aussi par le sang et la lueur douloureuse qui se lisait dans ses yeux malgré tout son courage et sa volonté de ne rien laisser paraître et de ne pas inquiéter son si sensible petit frère.
- Arrête de t'en faire. J'en ai vu d'autres, chuchota-t-il, incapable de produire autre chose qu'un filet de voix tant il se sentait épuisé.
Le médecin arrivait, suivi de l'infirmier poussant un brancard et portant un sac dans lequel se trouvait les différents instruments dont ils pourraient avoir besoin. Charlie se trouva repoussé à la périphérie du groupe et dut se résigner à attendre en rongeant son frein, ne quittant pas les deux hommes des yeux tandis qu'ils découpaient les vêtements de son frère, posaient un brassard autour de son bras valide et l'auscultaient soigneusement. Son cœur se serra en entendant les gémissements que Don ne put retenir tandis que le médecin palpait alternativement son épaule puis son genou gonflé, passait ses mains le long de son torse pour déceler d'éventuelles fractures de la cage thoracique, avant de le retourner très délicatement sur le côté pour examiner son dos. Le mathématicien se mordit les lèvres pour ne pas laisser échapper un cri devant les ecchymoses qui marbraient la peau ainsi exposée.
L'auscultation ne fut pas longue et très vite, dûment pansé, Don fut sanglé sur la civière et son frère invité à le rejoindre, ce qu'il ne fut pas nécessaire de lui dire deux fois. Il s'engouffra dans l'ambulance à la suite de la civière et le médecin monta après eux. David ferma la double porte et tapa sèchement dessus pour faire savoir au conducteur qu'il pouvait démarrer. Le véhicule s'ébranla dans un long hurlement de sirènes et David et Colby s'engouffrèrent alors dans leur véhicule pour le suivre et arriver à l'hôpital en même temps que Don et Charlie.
(à suivre)
