Hey ! J'ai eu de gros soucis avec Internet ces derniers temps, mais ça y est, c'est réglé, et je peux poster la suite de l'histoire :) Je n'ai pas pu m'empêcher de glisser des références anachroniques, mais j'ai aussi ajouté une scène pour combler le retard. Quoi qu'il en soit, j'espère que le chapitre vous plaira, et on se retrouve le week-end prochain ! Bonne lecture.

41) J'ai traversé des nuages

- Tu penses que les Serpentards vont se battre ?
- Au moins certains, ceux du cours de Runes étaient présents à la réunion. Je me demande si Voldemort aura les géants...
- Tu crois sérieusement qu'il va faire appel à des géants ?
- Tu l'as dit toi-même, il ne faut pas le sous-estimer. Peut-être même qu'ils sont déjà ralliés à sa cause.
- Je vois... Je vais utiliser l'Ordre.

Enaël fronça les sourcils et refusa :

- Ah non, il y a déjà un énorme déséquilibre entre les deux factions, si en plus tu rajoutes les membres de l'Ordre, c'est cuit !
- Tu as le Facilitateur, qui est potentiellement ton joker. Et puis la grande majorité de tes adversaires, ce sont des ados.
- Et qu'est-ce que tu fais des profs ?
- Ils protègent les étudiants, rappela Leo.

Enaël le fusilla du regard, puis une vingtaine de nouveaux personnages apparurent sur le "plateau". Ses loups-garous se ruèrent sur le groupe et Leo objecta :

- Attends, les loups-garous veulent faire le plus de victimes possibles, autant aller directement vers les étudiants, non ?
- Ça pourrait être une diversion, proposa Enaël. Remus et Sirius sont aux prises avec les loups-garous, que fais-tu ?

Leo rougit de frustration, et il se vit se précipiter vers l'Ordre pour sauver ses parents adoptifs.

- Voldemort n'a plus qu'à te cueillir, après que tu te sois optionnellement fait mordre, résuma Enaël.
- Bon, on s'arrête là pour cette nuit, dit Leo avec acidité.

Aussitôt, l'endroit perdit ses couleurs vives, avant de se plonger dans le noir total.

..
.

Lorsque Leo se réveilla, la matinée était déjà bien avancée. À ses côtés, Enaël dormait toujours profondément, les poings serrés, la mine tranquille. Son ronronnement apaisait l'esprit de Leo.

Puis il ouvrit les yeux, et sans réfléchir, Leo lui demanda :

- Ça te dit qu'on soit ensemble ?

Il vit Enaël cligner des yeux avant de répondre :

- Avec plaisir.

Et lorsque leurs lèvres s'effleurèrent une première fois, Leo sut qu'il avait bien agi.

..
.

Les frappes glacées du vent coloraient ses joues. La gorge irritée, les yeux humides, Leo avait toujours mal supporté l'hiver. Ses bras tremblaient à force d'être contractés. Son pantalon était humide, mais il ne bougeait pas de sa position assise, contre un bâtiment dans une ruelle déserte. Le manteau de neige le gardait bien de se réchauffer, mais il n'avait de toute façon pas l'intention de sortir de là.

Un craquement retentit en face de lui, et le Facilitateur apparut. Son visage n'était toujours pas apparent, et sans que Leo ne lui accorde un regard, il alla s'installer juste à côté de l'adolescent.

C'était une visite informelle, Leo en était certain. Voldemort n'avait pas pour habitude d'envoyer ses hommes de main narguer ses ennemis.

Finalement, l'homme parla d'une voix neutre :

- Cela fait un moment que nous ne nous sommes pas vus.

Leo acquiesça vaguement, le regard fixé sur ses pieds.

- Comment va Enaël ? J'ai entendu dire que vous vous étiez rapprochés, depuis son retour.

On ne pouvait rien lui cacher, visiblement. Leo hocha la tête alors qu'une inquiétude paralysante s'insinuait dans son être.

- Tu sembles perdu, en quête de ton identité.

Et maintenant, il allait lui proposer de rejoindre les Mangemorts ?

- On passe tous par ce point, continua l'homme d'un ton compatissant. Ne pas répondre aux attentes des autres, se mettre trop de poids sur la conscience... Je pense que beaucoup de personnes comprennent ces sentiments.

Ce faux sentiment de sécurité qui avait pris son temps pour s'installer en son être s'effaça soudain. La protection qui couvrait ses faiblesses, cette aura qui lui conférait une assurance inventée de toute pièce... En cet instant, il était un livre ouvert. Il se sentait vulnérable, faible, nu.

- J'ai sincèrement de la peine pour toi, confia le mangemort en passant une main derrière l'épaule de Leo. Quand je pense à ce qu'il va se passer dans quelques mois... Il m'arrive de vouloir changer les choses.

Leo réprima un hoquet de surprise. L'adulte venait de confirmer la véracité de ses visions. Son regard creux n'osait pas se tourner vers l'inquiétante figure. Ses lèvres gercées s'entrechoquaient sans s'autoriser à laisser passer un appel à l'aide. Il sentait un nœud dans son estomac, et un mal de crâne émergeait.

- On dit que perdre un être cher, c'est comme sentir son intime bonheur éclater en morceaux. C'est intéressant, tu ne trouves pas ?

Si l'adulte disait ça, alors ça signifiait...

Ça signifiait... quoi ?

Leo ne parvenait plus à se concentrer, ni même à réfléchir. Sa fine carapace avait été percée, violentée, arrachée, sans même qu'il ne s'en rende compte. Il ne s'agissait pas de l'action seule du Facilitateur. Ça remontait à plus loin, probablement à son enfance.

Il avait rendu visite aux Flamel, plus tôt dans la journée. Eux se portaient toujours aussi bien, tandis que lui s'était immédiatement raidi en pénétrant dans la demeure.

Ce qu'il ne saisissait toujours pas après tout ce temps, c'était leur but, ce qui les avait motivé à le priver de son innocence. Ils s'étaient contentés de lui rire au nez sans offrir une once d'explications.

Avant de partir, il avait tenu à adresser la question de ses souvenirs modifiés, voire manquants. La réaction de Nicolas lui avait donné la nausée.

"Crois-moi, tu es beaucoup plus stable sans ces souvenirs, à présent."

Il ne voulait pas se laisser faire. Il voulait se contrôler, mesurer son comportement, tout faire pour absolument éviter une redite de sa seconde année à Poudlard.

Mais alors que le Facilitateur semblait jauger ses réactions, Leo se sentait écrasé, il étouffait dans ce corps frêle. Il n'avait même pas cherché à préserver son esprit, l'Occlumencie était d'ordinaire un réflexe, mais ici tout ce savoir s'était enfui.

- Tu sais qui va mourir, affirma le Facilitateur. Est-ce que tu sais aussi comment tu vas réagir ? Ce que tu vas faire après ?

Leo était toujours incapable de bouger ne serait-ce que subrepticement une quelconque partie de son corps. Mais la réaction naturelle de ses yeux humidifia ses joues et l'agita de spasmes incontrôlables. Oui, sa deuxième vision lui avait apporté la réponse qui pressait son esprit. Et dès lors, il n'avait su que faire. Fallait-il lui dire ? Se taire ? Il n'en savait rien.

Soudain, la main négligemment posée sur son épaule lui ébouriffa les cheveux et disparut. Quelques instants plus tard, il aperçut du coin de l'oeil Sirius qui s'approchait de lui, alerte.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? s'enquit férocement l'adulte.

Leo resta immobile, à la fois par crainte qu'il ne s'agisse d'un piège, et parce qu'il était gelé. Sirius jeta des regards nerveux aux alentours, puis s'abaissa à son niveau et lui jeta un sort de réchauffement avant de dire :

- Rentrons à la maison. Il est parti, Leo.

L'adolescent consenti enfin à se lever, et ils retournèrent chez eux. Leo n'avait pas la tête aux théories, mais il sentait que d'une manière ou d'une autre, il s'était rapproché de la vérité au sujet du Facilitateur. Il avait peut-être même déjà tous les indices nécessaires en main.

Dans le vestibule, Leo ne put s'empêcher de demander à demi-voix :

- Sirius... Comment est-ce que tu m'as trouvé ?
- Kreattur m'a averti, répondit l'adulte avec assurance.
- Il t'obéit maintenant ? s'étonna l'adolescent.
- Oui, épatant, pas vrai ? Je crois qu'il commence enfin à me voir comme l'admirable personne que je suis ! plaisanta Sirius avec sans doute l'intention de mettre Leo à l'aise.
- Vous voilà ! les interrompit Tonks en arrivant depuis la cuisine. Maugrey t'attend dans la cuisine, Sirius.
- Vous m'attendrez pour manger ? demanda-t-il.
- Ne t'en fais pas pour ça, rassura Tonks en levant les yeux.
- Tu m'excuseras, glissa Sirius à Leo qui acquiesça.

Lorsque Sirius entra dans la cuisine, Maugrey Fol Œil était tourné vers la fenêtre, mais il pouvait parfaitement le voir avec son œil magique.

- Tu ne t'es jamais dit que Leo mentait ?
- Si c'est juste pour cracher sur mon fils adoptif, on ferait mieux d'en rester là, déclara Sirius avec hostilité.
- Écoute juste ce que j'ai à dire.

Sirius le fixa avec méfiance, et l'autre Auror continua :

- Imagine un instant que tout ce qu'il a dit sur son passé, tous ses traumatismes, imagine que tout ça n'est que mensonge. Et s'il avait inventé cette histoire de Facilitateur ?
- Je l'ai vu de mes propres yeux, fit Sirius irrité.
- Leo a trompé tout Poudlard l'année dernière, fit remarquer Maugrey.
- C'était pour une bonne raison.
- La fin ne justifie pas les moyens.
- Leo n'a blessé personne.
- Par sa faute, Voldemort est vivant.

Sirius s'approcha de son collègue avec animosité, et fit de son mieux pour se contrôler :

- Si tu redis quoi que ce soit de négatif sur Leo en ma présence, tu seras banni de cette maison.

Puis il sortit de la cuisine, les poings serrés.

En entrant dans la salle à manger, il demanda avec pêche :

- Vous avez sauvé la raclette ? Mon estomac crie famine !
- Désolé, ce soir c'est fondue, calma Remus. De quoi avez-vous parlé avec Fol Œil ?
- Rien d'important, sa paranoïa habituelle, résuma Sirius en s'installant.

La nuit, Enaël rejoignit Leo dans sa chambre et l'embrassa.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? Tu as disparu plusieurs heures.
- C'était rien, c'était rien, murmura Leo sans en être convaincu.

Enaël l'observa plusieurs secondes, puis devina :

- Tu es allé voir les Flamel.

Leo n'essaya pas de le cacher, et murmura :

- Ils ont toujours tant d'emprise sur moi, je... je crois que je suis terrifié.

Le Français le fixa avec étonnement, avant d'étreindre son copain. Leo ne dévoilait à vrai dire jamais ses véritables sentiments, sauf en cas d'émotions extrêmes.

- L'Ordre veille à ta sécurité. Remus et Sirius sont là pour toi, et moi aussi, tenta de rassurer Enaël.

Il passa distraitement sa main dans les cheveux de Leo, qui tressaillit et souffla :

- Enlève ta main...

Ce que fit Enaël, non sans demander :

- Que s'est-il passé d'autre, pour que tu réagisses comme ça ?
- I-Il était là, tout à l'heure. Il se tenait là, comme toi, mais dans la rue.
- Qui donc ?
- Lui ! s'exclama Leo avec panique. Le Facilitateur, Sirius, ou peut-être toi, je sais pas, quelqu'un !

Enaël le regarda avec confusion, et s'écarta de quelques centimètres de Leo pour éviter d'attiser ses craintes. Il proposa :

- Tu peux me dire ce qu'il s'est passé ?
- Il y a cet homme qui s'invite dans ma vie pour, pour, je sais pas, foutre la merde ? E-Et il a des contacts avec les Flamel, et, et, il arrive à aller n'importe où même quand il y a des limites magiques, et je ne sais pas qui c'est, et l'année dernière il a infiltré le Ministère, selon Sirius les épreuves que les champions ont traversés ne sont pas celles qui étaient prévues au départ, alors il a dû les faire modifier, dit Leo à toute vitesse.
- Et tu connais son but ? interrogea Enaël en essayant de suivre.
- Non, bien sûr que non ! À part faire de ma vie un enfer, je ne sais pas.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? s'enquit Enaël.
- Rien, pour le moment, marmonna Leo le regard baissé.

Enaël acquiesça. Parfois, la meilleure chose à faire, c'était de passer du temps seul.

Cette nuit, il eut du mal à fermer l'œil, il avait beaucoup de choses à l'esprit. Après que sa conscience ait finalement accepté de s'évanouir, alors que ses paupières s'abaissaient, il lui sembla entrapercevoir deux yeux jaunes qui étaient centrés droits sur lui, puis il crut entendre un craquement presque inaudible, avant de s'endormir totalement.


Le lendemain de la rentrée, Leo et ses amis avaient rejoint Harry, Hermione et Ron au septième étage.

- Alors vous avez trouvé un lieu ? s'empressa de demander Alexandra.
- Oui, Dobby nous a aidé, dit Ron.
- Dobby ? demanda avec confusion Terry.

- C'est compliqué, donna Harry pour toute réponse.
- Nous nous rendons dans la Salle sur Demande, déclara Hermione.
- La Salle sur Demande ? répéta Luna. J'espère qu'elle abrite des licornes.

Il y eut un instant de flottement, puis Leo demanda comme si de rien n'était :

- Et qu'est-ce qu'elle a de spécial, cette salle ?
- On l'a déjà un peu utilisé, déclara Hermione en se retournant soudainement. Il suffit de souhaiter que quelque chose apparaisse pour que la salle nous l'offre.

En suivant Hermione, Leo et Enaël échangèrent un regard complice. Ils revinrent une nouvelle fois sur leurs pas, et une porte finit par apparaître dans le mur.

- Ce doit être ici que j'ai remarqué la porte, observa Enaël. Sirius et Remus pensaient probablement au même lieu.
- Oui, murmura Leo en entrant dans la pièce qui était déjà décorée.

Il y avait des cibles contre un mur, un tableau d'affichage avec la liste des membres du club dans un coin, et c'était tout.

- Ça, c'est de la décoration, lança narquoisement Alexandra. Attendez un peu...

L'affiche sinistre d'un groupe de musique apparut tout d'un coup fixée à un mur. Tout le monde se tourna vers la rousse qui afficha un sourire éclatant et se justifia :

- J'ai vu ça en me baladant dans les rues de Toronto, j'y étais pendant les vacances.
- Les Clash at Demonheads ? s'interrogea Leo. Jamais entendu parler.
- Leur chanteuse est mignonne, rapporta Alexandra. Féroce et vulgaire, tout ce que j'aime. Le batteur t'aurait plu, Leo.

Leo rougit et annonça :

- C-C'est que j'ai, heu, déjà quelqu'un.
- JE LE SAVAIS ! s'écria Terry. Enaël et toi, vous êtes ensemble !

Ce fut au tour d'Enaël de détourner le regard, et Luna les applaudit joyeusement.

- Prévisible, mais satisfaisant, dit-elle.
- Pour en revenir au sujet... Alexandra, tu as pu te rendre sur un autre continent sans tes parents ? s'intéressa Leo.
- J'ai transplané, avoua Alexandra.
- Tu as transplané jusqu'à Toronto...?
- C'est illégal, fit remarquer Enaël.
- Pas en Amérique, ils sont beaucoup plus laxistes, rassura Alexandra.
- Mais comment as-tu pu te rendre sur leur territoire ? insista Terry.
- J'ai volé sur un balai, rit la rousse.

Tout le monde fronça les sourcils et Leo répéta :

- Tu as transplané jusqu'à Toronto...?
- C'est illégal, réitéra Enaël.
- Vous avez écouté ce que j'ai dit ? Je me suis servie d'un balai !
- Tu as traversé tout l'Océan Atlantique... pour écouter de la musique ? persévéra Terry.
- J'avais besoin de m'aérer la tête, entre un père disparu et une mère cinglée, vous comprenez ? se justifia Alexandra.
- Le trajet a pris combien de temps ? demanda Enaël en déglutissant.
- Je ne sais pas, peut-être cinq heures de vol ? dévoila Alexandra. Bien entendu, j'ai fait des pauses, et j'avais aménagé le balai. Le sortilège du coussinage c'est le minimum syndical dans ce genre de cas.
- Et tu n'as pas eu de souci ? demanda Harry impressionné.
- Eh bien j'ai traversé des nuages, il a plu à un moment donné, mais c'est allé.
- Et après avoir traversé tout ça, tu n'es toujours pas dans l'équipe de Quidditch de ta maison ?! s'insurgea Ron.

Alexandra roula des yeux et affirma :

- La compétition, ça ne m'intéresse plus. Le travail d'équipe, très peu pour moi.
- Tu t'étais bien débrouillée à la course d'obstacles du professeur Brûlopot pourtant, rappela Leo.
- On était par duo, et j'étais avec Terry.
- Tu as oublié de dire que tu ne sais absolument pas lancer des Souafles, plaisanta Terry.
- Mais chuuuut !

Leo s'éloigna légèrement du groupe, observant la salle et imaginant les possibilités qui s'offraient à lui. Si le lieu était véritablement incartable, alors c'était parfait. Il ne restait plus qu'à trouver tout les inscrits.


Le sourire ne quittait jamais totalement le visage de Nicolas Flamel, surtout lorsqu'il avait affaire à d'autres personnes. C'était une de ses nombreuses manières de s'assurer qu'il avait toujours un avantage, enfin, que ce soit en tout cas ce que ses interlocuteurs pensent. La manipulation mentale était sa spécialité, si bien qu'il craignait parfois d'être pris à son propre jeu. Oui, tout cela n'était qu'un jeu.

Marion n'avait rien été de plus qu'un sujet de test. Il n'avait ressenti aucun désarroi, aucune honte, aucune tristesse lorsqu'il avait appris son suicide. Une légère déception, peut-être. Elle s'était très peu défendue. Quelques vaines paroles, puis elle s'était enfui, et tout ça pour quoi ? Traumatiser son petit frère. Un départ assez utile, en fin de compte.

À présent, ne restait que Leo. Nicolas était très amusé de voir jusqu'où il pouvait briser ce garçon, de près ou de loin. Jusqu'à présent, il s'était toujours relevé grâce à ses amis. Mais si ceux-ci venaient eux aussi à sombrer, qu'allait-il se passer ?

Libérer de façon détournée le père de Terry avait été un jeu d'enfant, avec les contacts qu'il avait. Quand à celui d'Alexandra, ils avaient toujours gardé un œil sur lui. Enfin, Nicolas avait délégué cette tâche, il n'allait bien évidemment pas s'occuper de cette basse besogne. Il avait suffit d'une simple photographie prise par Rita Skeeter pour son torchon pour que le sang du vieux se ravive. Skeeter n'avait pas besoin d'être manipulée, elle parvenait très bien à ruiner la vie de son entourage toute seule.

Les Mangemorts étaient pour la plupart lents à la détente. Ils étaient persuadés d'agir pour le bien commun alors qu'ils ne provoquaient que le chaos, et de manière bien sotte. Voldemort lui-même était trop plongé dans sa folie pour véritablement comprendre les effets de ses plans. D'un point de vue rationnel, il ne faisait aucun bien.
Mais qu'importe la rationalité ! Nicolas voulait voir tout ce beau monde souffrir, ces visages se tordre sous la douleur, ces corps se disloquer, il tenait à observer la peur et la lâcheté dans leurs regards.

En quittant les Delacour ce matin-là, Nicolas avait pu observer le regret et la honte au cœur de cette famille. Résultat prévisible, puisqu'il leur avait fait du chantage. Il revoyait la scène : sa menace d'humilier publiquement les parents, son autre menace de détruire leur école, et enfin la menace ultime, celle d'ordonner aux Mangemorts de les torturer puis de les assassiner de la manière la plus disgracieuse qui soit. Il n'y avait pas été de main morte.
Il avait hâte, tellement hâte que le temps passe. Cela pouvait paraître étrange pour quelqu'un qui vivait depuis des siècles, mais il voulait être aux premières loges pour se délecter du désespoir de Leo. La perte d'un être cher était toujours efficace, mais cette fois, ça allait marquer un tournant décisif. Si Leo ne mettait pas fin à ses jours après ça, Nicolas s'estimerait heureux. Il pourrai continuer de tester ce jouet jusqu'à ce que celui-ci ne soit définitivement hors d'état de marche, ou que lui-même ne succombe à l'ennui.

Après tout, l'ennui était sa bête noire.