Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,

Comme vous le savez peut-être, je suis une adepte des poissons d'avril. Peut-être vous souvenez-vous de la fausse fin publiée l'an dernier... Cette année, bien que tenté d'en faire une autre, beaucoup plus sanglante et bien moins joyeuse -oui, je songeait à donner l'avantage au loup-garou, je n'ai pas trouvé, ni le temps, ni la force, de l'écrire aussi, le chapitre ci-dessous est un vrai de vrai vraiment vrai absolument pas faux.

De plus, je sais que la conversation entre Lucius et Sirius, vous l'attendez depuis bien longtemps alors, je me tais, et je vous laisse lire...

Bonne lecture !


Chapitre quarante-quatre : Ni juge, ni bourreau

Sous sa forme lupin, un loup-garou est capable de voir et briser quasiment tous les sortilèges de protection ou de répulsion. C'est Sir Frédérique Bienvenu qui, en 1758, mit au point le sortilège de répulsion pour loup-garou. Ce sortilège, très compliqué, n'a pas pu être amélioré depuis et seul les mages expérimentés, ayant appris ce sort dans une école spécialisé, sont apte à le lancer.

Extrait de « L'histoire des loup-garou », Pierre-Michel Wolf

Dans la tête de Lucius, tous se confondaient, rien n'avait de sens. Comment pouvait-il penser rationnellement lorsque la panique et la colère le noyaient aussi sûrement que le ferait un raz-de-marais ? Tous ses sens en alerte, le corps tendu à l'extrême, il fixait l'extérieur de la grange, craignant à tout instant de voir venir un loup-garou.

Le chaos qui régnait dans sa tête le faisait penser à mille et une choses : son père, son fils, Bellatrix… Sa chute de cheval, cette barrière, ces loups… Ce qu'il avait dû sacrifier pour la famille Malfoy, ce que Voldemort lui avait prit –sa liberté, son épouse-, et surtout, la mort, la peur irrépressible de ne plus pouvoir veiller sur son fils.

Comment pouvait-il, dans cet état, prêter attention à son époux, qui dans son dos essayait de lui parler ? C'était comme si Sirius n'était plus là. Lucius ne l'entendait pas. Ne voulait pas l'entendre non plus. Il avait besoin d'extérioriser sa colère pour ne pas céder à la panique.

Alors, lorsque Sirius lui saisit les épaules pour le tourner vers lui, ancrant son regard couleur nuit dans les yeux claires de Lucius, ce dernier sursauta, comme s'il venait d'être réveillé brusquement.

- Je sais tout, Lucius ! Je sais que tu es un Veela Déchu, et je sais que ton maitre est Voldemort !

Le cœur du blond rata douloureusement un battement alors que soudainement, dans l'esprit du blond, se fut le vide. Plus de pensée, plus rien… Que les mots de Sirius, qui tournaient encore et encore, comme s'il ne les comprenait pas.

Sirius continuait de parler, son expression s'était radoucît, ces lèvres remuaient, mais Lucius n'entendait aucune de ces paroles. Comme si ce qu'il avait dit plus tôt lui bouchait les oreilles, envahissait trop son esprit pour ne laissait plus de place à rien d'autre.

Je sais tout, Lucius ! Je sais que tu es un Veela Déchu, et je sais que ton maitre est Voldemort !

Les mots tournaient dans son esprit, répété inlassablement par son cerveau, essayant de prendre un sens. Mais ça n'avait pas de sens ! Il n'y avait rien à savoir ! Sirius ne pouvait pas savoir ! Ne devait pas savoir !

La honte, comme un nuisible en lui, lui griffait le cœur et le ventre, au point de lui couper la respiration et là, à la seconde, le jeune homme n'avait qu'une envie : se cacher dans un coin sombre et ne jamais, ô grand jamais, réapparaitre !

Pourtant, nombreux étaient ceux qui savait quelle position il tenait auprès de Voldemort –tous les Mangemort pour tout dire. Et quelques-uns, le cercle proche du Maitre, savaient sa vrai nature –le secret n'était pas ébruité pour préserver la famille Malfoy.

Lucius subissait à chacune de ses sorties les regards accusateurs ou, plus rare, de pitié du monde entier, qui se pensait digne de pouvoir le juger, lui, un Malfoy ! C'était ridicule ! Et Lucius les ignorait car il n'avait pour eux que du méprit !

Mais que Sirius sache ? Nan, ce n'était pas possible ! Le mariage entre eux n'était qu'arrangé mais pourtant… Pourtant Lucius ressentait à présent un dégout profond de lui-même mêlé d'une envie intense de fuir le regard pourtant doux et vide de toute accusation du brun.

Pourquoi ? Ca n'était pas le moment de se poser la question et quelque part, la réponse gênait trop Lucius pour qu'il veuille vraiment la connaitre. Alors, au lieu de réfléchir plus en avant, il se racla la gorge, autant pour éclaircir sa voix que ces idées et coupa Sirius, sans même chercher à comprendre ce qu'il lui avait dit jusque-là :

- Je ne vois pas de quoi tu parles ! s'exclama-t-il en feignant la colère, se dégageant des bras de Sirius pour lui tourner le dos. Moi ? Un Veela ? C'est ridicule ! Je suis Lucius Malfoy !

Le blond s'attendait à ce que Sirius, réputé pour avoir le sang chaud, s'énerve de le voir nié en bloc, qu'il cri et finisse par ne plus rien lui dire, agacé de sa mauvaise foi ! Mais au lieu de ça, le brun soupira avant de poser une main douce sur l'épaule de Lucius, le forçant gentiment à se retourner pour lui faire face :

- Lucius… S'il te plait… Je… Je ne veux pas te blesser… Je ne veux plus te blesser… S'il te plait…

La gorge du blond s'était nouée douloureusement alors qu'il baissait les yeux, autant pour cacher les larmes qui y perlaient que pour ne pas affronter le regard de son époux. Bien évidemment, sa fausse colère n'avait pas convaincu le brun et il s'attendait à écouter tous les reproches qu'on pouvait lui faire, s'efforçant juste de ne pas fondre en larme. Sa honte était bien assez grande, pas besoin d'y ajouter sa faiblesse !

- Lucius… La voix de Sirius était douce, comme s'il parlait à un enfant qu'il craignait d'effrayer. Lucius… Lorsque j'ai sorti James de sa prison… Je sais que c'était suicidaire… Je sais aussi que sans toi… Sans ton intervention… On ne s'en serait pas sorti vivant…

Dans l'esprit de Lucius, l'image d'un cerf et d'un chien fuyant le domaine Riddle s'afficha une seconde, vite remplacé par d'autres souvenirs qu'il avait enfermé dans un coin de son esprit pour ne plus jamais avoir à y faire face.

- Lucius… j'ai été égoïste… J'ai pas pensé à toi… Enfin, pas comme il aurait fallu… J'avais bien compris que tu n'étais pas… Pas humain mais… Je pensais que tu étais un Ange… Puis, quand je suis rentré, je t'ai trouvé… Mon dieu Lucius, j'aimerais que tu me pardonne pour… Pour ça.

L'émotion rendait la voix de Sirius vacillante, il ne faisait que murmurer. Pourtant pour Lucius, c'était comme si son mari hurlait des mots qu'il ne voulait absolument pas entendre. Chut ! Il voudrait lui dire de se taire, de ne plus jamais en parler, mais il n'avait pas la force de dire quoi que ce soit, de lever les yeux et d'affronter le regard, qu'il savait rempli de dégout, de Sirius.

- Lucius… je voudrais tellement revenir en arrière… Changer les choses… Un soupir, comme si Sirius était lui-même étouffé par ces propres paroles, puis il reprit, d'une voix un peu plus sûre. Lucius… t'étais blessé… Je sais pas si tu t'en souviens vraiment mais… Tu parlais plus, tu mangeais plus… Juste… Si on te donnait un ordre, tu obéissais… Comme si tu étais sous Imperium.

Non, Lucius ne s'en souvenait pas. Son esprit s'était bloqué sur ce qui s'était passé au manoir Riddle, après qu'il ait relâché l'entièreté de son aura. La peur, la douleur... Toutes ces émotions du moment l'envahissaient et le jeune homme avait fermé les yeux, noué les bras autour de lui, comme pour se protéger. Mais rien n'y changeait, il était à nouveau là-bas, tiré à l'intérieur du manoir, serré, caressé, souillé…

- Lucius…

Comme s'il se rendait compte seulement maintenant de ce qu'il avait fait, Sirius voulu le prendre dans ses bras tout en s'excusant mais le blond sursauta et recula, comme si le brun s'était jeté sur lui, heurtant la porte de la grange. Perdu dans ses souvenirs, il se recroquevilla, posant les mains sur ses oreilles, murmurant inlassablement « laissez-moi » alors que les larmes qu'il avait essayé de retenir s'échappaient à flot de ses yeux toujours fermé.

Sirius, impuissant devant ce spectacle, recula, pour ne pas faire plus peur à Lucius, mais aussi parce qu'il ne savait pas quoi faire devant cet accès de détresse. Il tourna en rond dans la grange une minute, n'osant pas approché du blond, avant de se changer en chien et de l'approché en rampant, le plus doucement possible.

Il savait bien que Lucius avait peur des chiens mais peut-être, au vu des souvenirs évident qui le torturaient, qu'une présence canine serait à ses yeux moins menaçante qu'une présence humaine masculine. Ou peut-être que sa phobie allait le tiré du cauchemar où la stupidité de Sirius l'avait plongé.

Il avait pensé qu'en racontant comment il avait su, peut-être le blond l'aurait moins mal prit, qu'il aurait compris qu'il ne lui en voulait pas, qu'il ne le jugeait pas. Et, comme bien souvent, il n'avait pas réfléchit plus loin avant de se lancer dans son récit et de revenir sur ce qui avait été un traumatisme violent pour son époux.

Sirius n'était plus qu'à quelques centimètres de Lucius, dont l'état restait inchangé. Le plus doucement possible, il tendit une patte pour le toucher, poussant en même temps un petit jappement plein de tristesse. Il dû s'y reprendre à trois fois avant d'avoir une réaction du jeune homme, et encore cela ne fut qu'un coup d'œil incertain, comme s'il ne l'avait pas vraiment vu.

Sirius se redressa un peu, pas de toute sa taille, car haut comme il était, il aurait surplombé son mari, lui faisant plus peur encore, et approcha sa truffe froide de la joue de Lucius. Au contacte, le blond sursauta, comme s'il se réveillait d'un cauchemar, et posa sur lui de grand yeux ouvert, débordant toujours de larme.

Sans brusquerie, Sirius entreprit de lécher le visage du Veela, heureux de le voir un peu calmé. Il alla même jusqu'à poser sa tête sur les genoux du blond, gémissant, cherchant visiblement à s'excuser. Et Lucius finit par poser une main sur son front, caressant avec hésitation le poile sombre qui le recouvrait.

Il avait bien compris que s'était Sirius et que Sirius, à l'inverse de tout autre chien, ne lui ferait pas de mal. Et la peur qu'il ressentait à l'égard des chiens, qu'il ressentait à l'instant, chassait les souvenirs qui l'avaient envahis juste avant car cette peur-là, il pouvait se concentrer dessus pour la combattre, oubliant le cauchemar précédent.

Voyant Lucius enfin calme, Sirius recula, toujours sans se redresser, et reprit forme humaine, à l'autre bout de la grange. Il attendit quelques secondes que Lucius se redresse, essuyant son visage et ses yeux dans sa manche, avant d'approcher à pas lent, main levé devant lui en signe de paix. Il s'arrêta un mètre du Veela, qui lui tournait à présent le dos en nouant ses bras autours de lui, frissonnant, de froid ou de peur ?

- Bref, reprit-il en se raclant la gorge, tu n'étais pas bien alors j'avais besoin d'aide. Je t'ai conduit chez James Potter… C'est lui qui m'a dit ce que tu étais…

Inutile de détailler les conditions qui avaient mené à cet aveux, à présent Sirius voulait juste finir son récit, et faire comprendre à Lucius que rien de ce qu'il avait appris sur lui ne changeait quoi que ce soit entre eux, pour peu qu'il y ait bien quelque chose entre eux.

- Lucius…

Le blond avait à nouveau baissé les yeux. Le cauchemar ne semblait jamais s'achever. Maintenant qu'il pouvait à nouveau refouler ses souvenirs dans un coin de son esprit, il ne pouvait qu'entendre son époux l'accuser. Car il n'attendait que cela de la part de Sirius et il s'était résigné à l'entendre.

- Lucius, s'il te plait… Sirius s'était approchait mais n'osait pas le toucher de peur de l'effrayer. Lucius…

Il finit par poser une nouvelle fois ses mains sur les épaules de Lucius, qu'il sentit se tendre sans le fuir, et le fit pivoter encore, avant de lui saisir le menton pour le forcer à le regarder dans les yeux. Mais le jeune homme, bien que se laissant faire, détournait le regard autant que possible, n'osant visiblement pas affronter Sirius.

- Lucius, regarde-moi. S'il te plait, regarde-moi. Lucius…

Le blond finit par céder, se mordant la lèvre en croisant enfin le regard de Sirius. A sa surprise, il ne vit aucune accusation, aucune colère ni une seule once de pitié. Juste de la douceur. Une douceur aussi inattendue que rassurante. Aussitôt, une chaleur inconnue l'envahis alors que la honte et la peur qu'il ressentait jusque-là se dissipaient.

- Lucius, murmura Sirius en posant son autre main sur sa joue, caressant sa peau du pouce en un geste chargé de tendresse, Lucius…

Sirius ne trouvait rien d'autre à dire. Son regard plongé dans celui de son époux, comme s'il ne voyait pour la première fois, plus aucun mot ne lui venait à l'esprit. Il n'y avait plus que Lucius et rien d'autre.

Peut-être… peut-être que c'était le bon moment… Pour lui redire… Peut-être que cette fois-ci, Lucius allait l'entendre…

- Lucius, je… Les mots se bloquaient dans sa gorge, refusant de passer le seuil de ses lèvres et Sirius se racla la gorge comme pour essayer de les pousser dehors. Lucius je…

Mais au moment où il allait enfin parler, un coup violent à la porte les fit sursauter, rompant l'instant unique. Le bois de la grange s'était dangereusement plié alors que dehors les grognements des deux loup-garou se faisaient entendre.

Un autre coup, de toute évidence, les bêtes se jetaient à tour de rôle sur la porte pour la faire céder, plia le bois et les deux époux reculèrent d'un même mouvement. Les sorts de Sirius n'étaient pas assez puissant, ou l'odorat des monstres était assez développer pour retrouver la trace d'un Veela malgré toutes les précautions prisent.

- Merde ! grogna Sirius, cherchant du regard une échappatoire.

Près de lui, Lucius avait dégainé sa baguette et tentait tant bien que mal de renforcer la porte pour qu'elle tienne face aux assauts des bêtes. Mais il ne fallait pas se leurrer, Lucius était affaiblis par sa blessure et, même si Sirius l'aidait, il était encore tôt, jamais ils ne pourraient tenir toute la nuit.

- Tu pourrais m'aider ! s'exclama le blond alors qu'un coup plus violent avait laissé entrevoir la gueule pleine de bave de l'un des loups.

- Ouais, ouais… répondit vaguement Sirius en regardant tout autour de lui dans l'espoir de trouver une solution.

Et finalement, son regard se posa sur sa moto. Elle était à l'envers, posée sur le guidon et la selle, la roue avant était démontée. Pourquoi l'avait-il démonté déjà ? Il ne s'en souvenait plus mais soudainement, une idée, folle bien entendue, fleurissait dans esprit.

- Donne-moi cinq minutes !s'exclama-t-il en se jetant sur son véhicule pour le remonter.

- Sirius !

Mais Lucius n'eut pas le loisir de s'indigner plus, la porte de la grange donnait de sérieux signe de fatigue et allait rompre s'il ne continuait pas de la renforcer par la magie. Concentré qu'il était sur ses incantations, il ne vit pas Sirius remonter la roue, ni même retourner la moto pour la poser correctement sur le sol, pas plus qu'il ne vit l'enfourcher.

- Allez ! Démarre ! supplia-t-il en appuyant vivement sur la pédale.

Il y eut un petit bruit de moteur puis plus rien : le véhicule restait silencieux. Il réessaya encore et encore, jusqu'à ce qu'enfin, le ronflement sonore du moteur ne se fasse entendre, faisant sursauté Lucius qui se tourna vers lui, surprit.

- Grimpe ! S'écria-t-il en lui tendant la main.

- Qu'est-ce que c'est ?! Demanda le blond en hésitant.

- Je t'expliquerais après, fait-moi confiance !

Lui faire confiance ? Sirius ne se rendait pas compte de ce qu'il demandait à Lucius ! Mais la porte de la grange allait céder dans quelques minutes, ne lui laissant pas vraiment l'opportunité de réfléchir alors le blond lui prit la main et grimpa derrière Sirius, s'accrochant fermement à sa taille pour ne pas tomber.

- Lorsque je te le dirais, fit Sirius, fait sauter la porte !

Lucius acquiesça d'un mouvement de tête, sans penser une seconde que Sirius n'allait pas le voir. Heureusement, le brun ne lui demanda pas de réponse, se contentant d'accélérer, un pied au sol. La roue arrière, entrainé par le moteur, tourna à vive allure, soulevant la poussière du sol, faisant tousser Lucius.

- Vas-y !

Lucius jeta sur la porte un Expulso qui la fit en éclat, repoussant l'espace d'un instant les deux loup-garou. La fenêtre pour agir était effroyablement petite mais Sirius n'en fut pas effrayé : il relâcha son accélération, levant le pied, et sous l'effet, la roue avant se leva un instant, comme si la moto elle-même bondissait, les faisant quitter à vive allure la grange.

Mais si le sortilège lancé par Lucius avait troublé un instant les deux monstres, ces derniers retrouvèrent vite leurs moyens et, hurlant de rage, se lancèrent à leur poursuite. Et malgré la vitesse de la moto, ils s'approchèrent dangereusement des deux hommes.

- Accélère ! Ordonna Lucius en voyant les voyant approcher.

- T'es marrant ! répondit Sirius sans réfléchir, agacé. C'est pas une moto-cross !

Bien évidemment, Lucius n'avait aucune idée de ce qu'était une « moto-cross », et pour tout dire, il s'en fichait, ce n'était de toute façon pas l'endroit ni le moment de poser des questions. Tout ce qu'il savait, s'était que s'ils n'allaient pas plus vite, ils auraient tôt fait de se faire dévorer !

- On va mourir ! Dit-il, effrayé, en s'accrochant à Sirius de toutes ses forces, le visage enfouis dans son dos.

- Non on va pas…

Sirius, qui regardait à nouveau tout autour de lui pour trouver une solution, un refuge, quelque chose ! tout en suivant d'un œil distrait le chemin terreux qui menait au manoir Malfoy, eut encore une idée.

D'un geste brusque, il freina pour tourner à quatre-vingt-dix degrés, avant d'accélérer à nouveau, fonçant entre les arbres, priant pour que sa moto ne s'embourbe pas. Les loups, voyant là une occasion de se saisir de leurs proies, bondirent mais Lucius, qui avait relevé la tête pour comprendre pour soudainement ils ralentissaient, réagit à l'instinct et leva rapidement une barrière invisible sur laquelle se heurtèrent les créatures.

- Qu'est-ce que tu fais ?! Demanda Lucius, le souffle court. Pour lever la barrière, il ne s'était pas servi de sa baguette et cela l'avait épuisé plus que de raison.

Plusieurs blanches basse les frappaient, déchirant leurs vêtements ou leurs visages mais Sirius restait concentré sur son objectif, les yeux grands ouverts rivés sur lui, sans prêter attention à Lucius qui s'était une nouvelle fois recroqueviller contre lui pour se protéger.

- Sirius ! Sirius où tu vas ?! Arrête ! s'écria le blond en voyant enfin où voulait en venir le brun. Arrête on va mourir !

- Fais-moi confiance ! Hurla Sirius en poussant un bouton rouge juste avant d'atteindre le rebord d'une falaise.

La moto bondit dans le vide, et les deux hommes crièrent à l'unisson alors que dans leurs dos, les deux loups freinaient brusquement pour ne pas tomber. Lucius s'accrochait tellement fort à Sirius qu'il lui faisait forcément mal mais il s'en fichait, crispé qu'il était, attendant l'inévitable choque de l'atterrissage, la douleur et sans doute la mort !

Mais rien ne vint et finalement, sentant Sirius se tortiller, non pas pour qu'il le lâche, mais qu'il desserre sa poigne, Lucius finit par ouvrir un œil, puis les deux.

Juste sous lui, il y avait une mer de nuage. Levant les yeux, il vit les étoiles, si claire et nette, comme il ne les avait jamais vue auparavant, et la pleine lune, ronde et lumineuse, qui baignait le ciel de sa froideur. Le vent, comme lorsqu'il était sur son cheval, à galoper à vivre allure, le heurtait, glacé mais enivrant.

Ils volaient ! Ils volaient ! Si haut, qu'il n'y avait plus de terre, plus de loup, plus de danger !

De soulagement, Lucius éclata d'un rire baigné de larme. Enivré par la sensation de liberté qui s'offrait à lui, sans réfléchir, il lâcha définitivement Sirius, recula sur la selle, et écarta les bras, les yeux levés vers les étoiles. Il volait !

Sirius, qui ne risquait plus d'heurter un arbre, ou un loup-garou, s'était tourné à s'en tordre le cou, pour pouvoir observer Lucius, s'attendant à le voir effrayé ou en colère. Mais son souffle se perdit lorsqu'il le vit ainsi, les cheveux au vent, les bras ouvert, offert au vent qui les frappait ou au ciel qui les veillait.

Un courent ascendant fit tangué la moto et Lucius du s'accrocher une nouvelle fois à Sirius pour ne pas tomber. Refroidi, il ne le lâcha plus, et posa même sa tête sur le dos de son époux, se laissant bercer par le ronron du deux-roues.

Sirius ne dit rien, se contentant de piqué un peu du nez pour pouvoir voir le sol et repérer le manoir. Ils avaient eu bien assez d'émotion pour ce soir ! Il ne lui fallut pas longtemps pour voir l'immense demeure, et pas beaucoup plus pour l'atteindre.

Il préféra se poser sur le balcon du premier étage plutôt que sur la terrasse du jardin, craignant la présence d'autres loups aux abords de la demeure. Bien que pétaradante, la moto n'eut aucune panne, aucun problème, autant en vol qu'à l'atterrissage, ce qui était au-delà des espérances de Sirius lorsqu'il avait eu l'idée de l'utiliser pour fuir la grange.

Mais ce qui faisait réellement plaisir à Sirius, s'était de sentir Lucius contre lui, détendu, peut-être heureux et souriant. Il aurait aimé avoir des yeux derrière la tête pour pouvoir le regarder. Une fois posé sur le balcon, les deux hommes restèrent un instant immobile, soulagé d'avoir gagné un endroit sûr, puis le blond se releva, gêné, alors que le brun éteignait sa moto sans enlever les clefs.

- C'est bruyant, finit par dire Lucius, en réunissant ses cheveux emmêlé par le vent.

- Ouais… C'est une moto, un objet Moldu. Expliqua Sirius sans se lever.

- Je doute que les Moldu fassent des « motos » qui volent ! accusa le blond en croisant les bras.

Piqué au vif, Sirius allait lui répondre que sa moto volante était peut-être interdite, mais qu'elle leur avait sauvé la vie à tous les deux mais, posant ses yeux sur Lucius, il vit dans son regard une petite lueur amusée : c'était plus une moquerie qu'une accusation et aussitôt, le brun s'apaisa.

- Lucius, murmura-t-il en tendant une main pour lui toucher le visage, l'attirant à lui de l'autre. Lucius…

Leurs regards s'étaient une nouvelle fois croisés et ils s'observaient l'un l'autre silencieusement, ne trouvant rien à dire. Mais Sirius avait quelque chose à dire. Il devait le dire maintenant, avant que l'occasion ne soit passée, avant qu'ils ne redeviennent des presque-étrangers qui se contentaient de dormir ensemble sans rien échanger de plus.

- Lucius je…

Mais alors qu'il allait parler, le blond posa une main sur sa bouche pour le forcer à ce taire. Aux bords de ses grands yeux bleus claires, quelques choses comme des petites larmes s'étaient formées sans pour autant les quitter, ce qui rendait son regard plus brillant que jamais.

- Je sais ce que tu veux dire, murmura le blond, la voix enrouée par une émotion inconnue. Il ne faut pas, poursuivit-il. Jamais.

- Lucius ! S'exclama Sirius en se libérant de sa main, il faut que tu sache que…

- Chut ! Fit le Veela d'une voix ferme. S'il te plait. Si vraiment tu sais ce que je suis, et à qui je suis, tu dois te taire et…

- Mais je me fiche de ce qu'il peut faire ! Coupa Sirius en lui prenant les mains pour l'empêcher de le bâillonner encore. Lucius, il faut que je te dise, je…

Il fut interrompu par un battement d'aile, tout près de lui : un hibou s'était nonchalamment posé sur le guidon de la moto et tendait sa patte où pendait une missive à Lucius. D'abord interloqué, les deux hommes mirent quelques secondes à réagir avant que le blond ne se libère les mains pour se saisir du courrier.

La lumière de la lune était bien suffisante pour lire le nom du destinataire et pour permettre à ce dernier de reconnaitre l'écriture. Lucius sentit sa gorge se serrer lorsque ce fut le cas il ne put s'empêcher de serrer la lettre contre son cœur, à la fois effrayé et rassuré d'avoir enfin des nouvelles de lui.

- Lucius, appela Sirius pour attirer son attention. Lorsque le blond leva les yeux vers lui, signe qu'il l'écoutait, il dit, de but en blanc pour ne pas lui laisser le temps de l'interrompre : Je t'aime !

Comme s'il venait d'apprendre une terrible nouvelle, le blond ferma les yeux, baissa la tête et soupira. Il resta quelques secondes comme ça, avant de se redresser, posant à nouveau les yeux sur son époux.

- C'est faux, dit-il, mais c'est pas grave. Temps que moi, je ne t'aime pas, tu ne risqueras rien.

Et il tourna les talons pour entrer dans le manoir, fuyant presque Sirius au pas de course. Le brun resta plusieurs minutes immobile, choqué par ce qui venait de se passer.

- Mais… Si tu ne m'aime pas, se murmura-t-il à lui-même, pourquoi pleurais-tu ?

A suivre…


Alors, qu'en dites vous ? Pas trop déçue ? Ca vous a plut ? Vous avez détestez ? La suite ? La fin ?

Merci pour toutes vos reviews qui me donne la force de poursuivre une fic que j'aurais du finir il y a longtemps déjà!

A bientôt !

Bisous!

BD