Le lendemain matin, Harry se leva, horrifié, il n'avait pas fait son devoir de métamorphose. Il savait qu'il ne pouvait espérer que McGonagall tienne le secret, puisqu'elle lui avait bien mentionné, la dernière fois, qu'elle ne le couvrirait pas une autre fois. Harry pensa, alors qu'il serait préférable d'aller voir son père et de tout avouer avant que celui-ci ne l'apprenne par quelqu'un d'autre. Le cours de métamorphose était son premier de la journée. Il s'habilla et rejoignit Rogue qui était à la cuisine. Amélia dormait encore et les bébés aussi.

− Père, demanda Harry faiblement en regardant ses pieds?

− Oui, jeune homme?

− Avant que le professeur McGonagall vienne vous voir, je voulais vous dire que j'ai oublié de faire mon devoir de métamorphose, en fin de semaine.

− …

Rogue le regardait intensément, sentant la colère monter en lui, mais sachant aussi qu'il avait accaparé l'enfant une bonne partie de la fin de semaine.

− Le professeur McGonagall viendra certainement vous voir, notre cours est le premier que j'aie ce matin. Je suis désolé. Je vais le faire ce soir et lui remettre demain.

− Bien, je vous donneune semaine de retenue, jeune homme, vous viendrez avec moi après votre étude, donc de 21 heures jusqu'à ce que vous finissiez la tâche que je vous aurai demandé de faire à ce moment. Je serai clément, cette fois-ci, puisque j'ai prit beaucoup de votre temps avec les leçons d'occlumencie, mais si l'évènement se produit encore, je sévirai plus durement. Est-ce que je me fais bien comprendre?

− Parfaitement, père.

− Comme j'ignore ce que le professeur McGonagall vous donnera à son tour comme punition, bien que je puisse tenter de prédire qu'elle vous retirera quelques points futiles, je ne sais pas si votre retenue commencera ce soir ou demain, je verrai avec vous à 16 heures, lorsque vous viendrez me voir pour votre leçon d'Occlumencie. Mais faites bien attention de demeurer tranquille, ces prochains jours, Potter, je ne serai pas d'humeur à endurer d'avantage de bêtises de votre part. Maintenant, prenez votre déjeuner et rendez-vous à votre cours, je ne voudrais pas que vous soyez en retard!

Harry mangea en vitesse et se dirigea vers la classe du professeur McGonagall. À la fin de la classe, quelques secondes avant que la cloche annonce la fin du cours, Minerva s'adressa a Harry.

− M. Potter veuillez rester après la classe, s'il vous plait.

Harry ne fut guère surpris. Lorsque tous les élèves furent sortis, Harry s'avança vers sa directrice de maison. Nerveusement, il la regarda ranger ses livres.

− Vous vouliez me voir, professeur McGonagall?

− En effet, M. Potter, il me semble que vous n'avez pas remit votre devoir aujourd'hui, aies-je raison?

− Vous avez raison, madame, je n'ai pas eu le temps de le faire.

− Vous savez que je serai obligé d'en informer votre père?

− Oui, professeur, mais il le sait déjà, je lui ai dit ce matin.

− Bien, j'enlève 20 points à Gryffondor et je vous demande de rajouter 3 rouleaux de parchemins supplémentaires à votre devoir. Ce qui fera 5 rouleaux de parchemins au total. Je veux le tout, demain matin sur mon bureau, sans faute.

− Bien, professeur McGonagall, fit Harry un peu outré d'avoir tant à faire.

− Je ne vous donnerai pas de retenue, M. Potter, car j'imagine que Severus l'a déjà fait, aies-je raison?

− En effet, madame, j'ai une semaine de retenue avec lui.

− C'est ce que je croyais, bien maintenant vous feriez bien d'y aller avant d'être en retard pour votre prochain cours.

− D'accord, professeur et bonne journée, fit Harry un peu fâché d'être toujours plus puni que les autres.

La journée s'écoula lentement et à 16 heures Harry se trouvait devant la classe pour ses leçons. Il frappa et un « Entrez » plutôt désagréable lui fit comprendre que son père n'était pas particulièrement amusé en ce moment. Harry entra, referma la porte derrière lui et s'installa devant le bureau de son père qui corrigeait quelques pauvres feuilles appartement à des élèves. Après quelques instants, Rogue reposa sa plume et rangea ses papiers.

− Vous êtes en retard, Potter, dit Rogue d'un ton détaché, froid et cynique.

− Désolé, répondit Harry qui commençait à être habitué aux reproches.

− J'ajoute une autre semaine de retenue. J'ai parlé à Minerva et elle m'a mis au courant de votre punition, évidement, je m'attendais à ce qu'elle soit aussi clémente, elle punit rarement ses élèves.

Tout comme vous, songea Harry.

− Bien, continua, Rogue, êtes vous prêt pour votre leçon?

− Oui, père, mais j'aimerais que cela ne dure pas trop longtemps, je n'ai pas la force de faire perdurer mes souvenirs pendant de longues minutes.

− Bien sûr, nous serons bref, fit Rogue en comprenant parfaitement que ces séances coûtaient beaucoup à l'enfant.

− À trois, un… deux… trois…Legimens.

Rogue fut projeté dans un flot de souvenirs de Harry, le premier qui se dessina clairement à ses yeux mettait en scène le garçon qui avait environ 3 ans. L'enfant balayait le plancher maladroitement, comme tout enfant de cet âge le ferait. Son cousin courait dans la pièce en défaisant l'amas de poussières que Harry s'entêtait à ramasser. Au bout de plusieurs instants, Vernon entra dans la cuisine et vit que Harry n'avait pas terminé.

Que fais-tu, fainéant, pourquoi n'as-tu pas terminé cette simple tâche, dit-il en fusillant un regard l'enfant apeuré?

Euh…je n'ai pas fait exprès, oncle Vernon, Duddley courait dans la poussière que…

Tu oses accuser notre fantastique Duddley chéri, mais tu n'as vraiment rien dans la tête. Attends que je te montre à vivre!

Bien évidemment la suite fut prévisible, Vernon frappait un enfant minuscule qui hurlait pour sa vie, qui se défendait pour le peu de dignité qui lui restait. Harry ne comprenait pas à cet âge, que les hurlements étaient proscrits et qu'accuser Duddley était la chose la plus idiote à faire. Dans l'autre coin de la pièce, on pouvait voir le dit cousin, assit devant la télévision qui regardait, amusé, Harry se faire battre.

Puis l'image devint floue pour se poser sur un autre souvenir. Harry avait 11 ans, il se promenait dans la maison pendant la nuit. Il semblait chercher quelque chose. Il ouvrit une porte verrouillée avec un petit objet métallique, puis il se pencha sur une malle pour l'ouvrir à son tour. Il prit dans ses mains un livre de potions, un livre de métamorphose, des parchemins, une plume, de l'encre et il se dépêcha à refermer la malle et puis la porte. Il retourna dans son placard et commença à travailler. Tout à coup, Vernon qui avait été tiré de son sommeil, si précieux, par les bruits de Harry, ouvrit subitement la porte du placard pour découvrir l'enfant en train de travailler sur ses devoirs scolaires. Il semblait furieux, comme toujours, en fait.

Harry Potter! Que t'avais-je dit sur ces choses anormales? Tu vas payer pour cela, mon garçon sois en certain!

Vernon attrapa les fournitures scolaires de Harry alla les remettre sous verrous et revint plusieurs instants plus tard vers le garçon terrifié. Il prit Harry par les cheveux, le sortit de son placard et commença à frapper violemment tout ce qu'il pouvait atteindre. Après plusieurs longues minutes de cet effroyable acharnement, comme il n'était pas satisfait du résultat, il empoigna l'enfant et le viola sans vergogne. Harry haletait, pleurait et souffrait sans laisser échapper le moindre de cri de douleur. Le sang ruisselait entre ses petites cuisses, pour tomber sur le sol fraîchement nettoyé. L'enfer sembla durer un siècle infernal, lorsque Vernon décida qu'il en avait assez. Il partit dans un piece pour revenir aussitôt avec, dans ses mains, un linge humide.

Nettoies-moi, mon garçon de ta saleté moribonde, dit Vernon en indiquant son sexe tâché de sang.

Harry effectua ce qu'il lui avait étéordonné, puis nettoya le parquet rapidement par la suite. C'est à coups de pied et de poing qu'il retourna dans son placard, malheureux comme la pierre et triste comme la mort.

Le souvenir s'effaça pour donner place à un autre. Harry était dans un corridor de Poudlard, caché vraisemblablement sous sa cape d'invisibilité. Il se trouvait dans la bibliothèque de l'école et pénétrait dans la section interdite. En ouvrant un livre qui se mit à rugir, Harry déclancha chez Rusard une envie folle de pincer un stupide étudiant et l'écorcher vif. Harry remit sa cape, fit tomber la lanterne qui l'avait précédemment éclairée et se retrouva dans le corridor de l'école. Il tomba rapidement au détour d'une intersection, sur Rogue et Quirrel. Rogue tenait Quirrel par le collet et l'incitait à rejoindre les bons côtés. Rogue se revit tenter d'attraper quelque chose d'invisible et il vit dans ce souvenir, Harry reculer et être totalement effrayé devant ce spectacle. Il avait failli se faire prendre par le professeur le plus craint de Poudlard. Harry s'éloigna rapidement lorsqu'il vit Rusard arrivé. Le souvenir se coupa à cet endroit et Harry retomba sur le sol. Rogue vint rapidement l'aider à s'asseoir sur une chaise alors que l'enfant tentait de reprendre ses esprits. Il venait de revivre des moments très effrayant et conservait dans ses yeux une peur évidente, une angoisse fortement perceptible. Rogue frotta le dos du garçon persuadé qu'aucun mot ne lui ferait autant de bien. Harry brisa lui-même le silence.

− Plutôt douloureux ces souvenirs, finit-il par avouer.

− En effet, Potter, mais vous m'avez étonné. Je ne pensais pas que vous aviez osé désobéir à votre oncle pour faire vos devoirs, même ceux de potions.

− Il fallait bien que je tente quelque chose, mais cela n'a servit à rien, j'ai finit par faire ce devoir rendu à Poudlard.

− Pour ce qui est du dernier souvenir, ajouta Rogue pensif, je savais bien que c'était vous, ce soir-là sous votre cape, mais je n'avais jamais eu aucune preuve.

Harry avala péniblement.

− Que faisiez-vous dans la réserve?

− Je voulais avoir des informations sur Nicolas Flamel, car Hagrid avait laissé échapper ce nom alors que nous lui demandions des informations sur la pierre philosophale.

− Disons, fit Rogue après plusieurs minutes de réflexion, que j'enlève 50 points à Gryffondor pour cela.

− Mais vous ne pouvez pas enlever des points à ma maison, ceci s'est déroulé il y a trois ans, fit Harry enragé.

− Vous avez raison, vous devenez aussi rusé qu'un Serpentard, jeune homme!

− Ouais, le choixpeau magique voulait que j'aille dans cette maison, mais je l'ai supplié de faire autrement, avoua Harry à voix basse.

− Quoi, à Serpentard?

- Oui.

- Et pourquoi avez-vous refusé?

− Je ne voulais pas être à Serpentard, je voulais être un Gryffondor, je trouvais que c'était mieux. En plus, j'avais rencontré Drago et je l'avais imédiatement détesté.

− Vraiment, fit Rogue un peu sarcastique. Bon de toute manière ce n'est pas le sujet de cette conversation. Pour votre visite illégale et nocturne dans les couloirs de l'école et votre entrée tout aussi illégale dans la réserve, je vous rajoute une semaine de retenue aux deux que vous avez déjà! Et comptez vous chanceux de ne pas avoir été sous ma tutelle à ce moment là, car vous seriez en retenue jusqu'à la fin de l'année scolaire en cours! Maintenant, je vous suggère d'aller vous reposer avant le souper, vous avez l'air exténué et vous êtes en retenue ce soir, si votre mémoire est bonne, ce qui fait que vous aurez besoin de toutes les heures de sommeil que vous pouvez récupérer.

− Oui père, mais je ne trouve pas cela vraiment juste d'être puni parce que vous pouvez voir mes souvenirs.

− N'argumentez pas, Potter, prenez cela comme un avertissement.Si vous ne vouliez pas que je vois ce souvenir, il fallait le bloquer.

− Oui, mais vous savez que je ne suis pas capable de bloquer mes souvenirs!

− POTTER, je vais laisser passer ce relâchement de votre part, prétextant que vous êtes épuisé par notre séance et que vous ne savez plus ce que vous dites, mais sachez que je ne saurais tolérer que cela se reproduise. Est-ce clair?

− Oui, père, fit Harry, soulagé que ces paroles demeurent sans conséquences.

− Bien maintenant, allez donc vous reposer! Nous reprendrons la séance demain à la même heure.

Harry quitta la pièce rapidement, avant que son père décide de le punir davantage. Il aurait préféré demeurer quelques jours sans leçon d'occlumencie, il avait l'impression qu'à chaque fois qu'il avait ces leçons, il en ressortait avec des punitions supplémentaire. Harry se rendit jusqu'aux appartements de ses parents et se dirigea vers sa chambre. Alana et Mathilde pleurait fortement et Amélia semblait tout aussi exténuée que lui. Il décida de ne pas aller se coucher et de donner un coup de main avec les enfants. Il prit Mathilde dans ses bras, tandis que sa mère s'occupait d'Alana, Tierry dormant depuis quelques instants. Harry prit le biberon de lait tiède qu'Amélia lui tendait et commença à nourrir sa sœur.

− Merci beaucoup Harry, dit-elle lorsque les enfants se furent calmés.

− Mais ça me fait plaisir, mère. J'adore les enfants.

Elle le regarda et vit que quelque chose clochait, il semblait tellement fatigué.

− Vous allez bien, mon enfant?

− Oui, mère, merci, c'est juste les leçons d'occlumencie qui sont difficiles, mais je vais bien, ne vous en faites pas.

Rogue revint dans ses appartements et trouva Harry et sa femme en train de nourrir ses deux filles. Harry le regarda, conscient qu'il n'avait pas obéit à ce que lui avait dit son père.

− Désolé, père, de ne pas être couché, mes sœurs pleuraient lorsque je suis entré, et mère semblait fatiguée, alors j'ai décidé de l'aider, de toute manière je n'étais pas assez épuisé pour dormir et je n'aurais pas trouvé sommeil, sachant que mère avait besoin d'aide.

− C'est correct, jeune homme, fit Rogue doucement, voulez-vous aller vous coucher avant le repas, je peux terminer avec Mathilde.

− Non, je vous remercie, je vais être correct, de toute manière je n'ai plus sommeil.

Ils soupèrent peu de temps après et Océanne et Harry firent leur heure d'étude suite au repas. Lorsque cette période fut terminée, Rogue s'adressa à Harry.

− Avez-vous terminé le devoir pour le professeur McGonagall, jeune homme?

− Oui, père et tous mes autres devoirs aussi.

− Bien dans ce cas, j'annule votre retenue de ce soir, vous avez besoin de sommeil, je crois.

− Merci père, fit Harry, les yeux brillant, fort heureux de pouvoir enfin se coucher à une heure décente. Père, est-ce que vous annulez ma retenue complètement ou est-ce que vous la reportez à la suite des trois semaines, demanda soudain Harry?

− Non, Potter, je l'annule complètement.

− Merci beaucoup alors! Bonne nuit, père.

− Bonne nuit à vous aussi, jeune homme.

Harry alla se coucher et dormit profondément cette nuit-là, emporté par une fatigue énorme.