Salut tout le monde !
Comme je pense avoir suffisamment fait souffrir nos personnages pour un moment, voici un chapitre tout doux, en mode fluff-guimauve-roudoudou-à-l'eau-de-rose. Vous êtes prévenu !
Merci à Claire1663, Aliena Wyvern, Neiflheim, Laclea, Ethelswitha, Sarah March, Le poussin Fou, ScottishBloodyMary, Sally-of-middle-earth, Sabrinabella, Lizzia0901, Ezezaguna et Dame Marianne pour leur review.
Enjoy !
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Chapitre 36 : Un passé pour un présent Partie 1
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Alors, sans un mot de plus, elle attira Thorin et Thran vers elle, et les enlaça fermement. Pour ne plus jamais les laisser partir.
Thorin et Thran répondirent immédiatement à son étreinte, et avec une émotion palpable. Tous trois avaient un seul mot en tête : enfin. Enfin ils étaient tous les trois réunis. Enfin ils étaient libres de montrer toute l'affection qu'ils se portaient, sans la dissimuler derrière les faux semblants. Enfin ils pouvaient se comporter comme ce qu'ils étaient vraiment : une famille.
Chacun faisait mine d'ignorer les larmes chaudes qui coulaient sur les joues des autres et mouillaient les vêtements, et qu'eux-mêmes versaient. Pendant toutes ces années ils avaient souffert, chacun de leur côté. Laissant la culpabilité, les remords et la nostalgie les ronger. Privés de ce qui comptait le plus pour eux : un père pour Thran, une âme-sœur pour Drina et Thorin. Alors oui, ils pleuraient. Mais ils pleuraient de soulagement, de bonheur tout simplement, et laissaient parler la joie paisible mais si vive qui les habitait, celle d'être enfin ensembles.
Drina fut la première à rompre l'étreinte, bien que cela soit contre sa volonté. En effet, encore fatiguée par la guérison qu'elle avait effectuée quelques heures plus tôt, elle ne put retenir un léger bâillement. Enfin, léger… car bien qu'elle s'empresse de le camoufler comme elle put, Thran et Thorin se décollèrent légèrement d'elle pour lui offrir un petit sourire narquois. Narquois, et beaucoup trop similaires à son goût. Oh, tout à coup elle commençait un peu à regretter cette soudaine complicité entre eux… Mais rien qu'un peu….
-« Je crois qu'il y en a une qui est fatiguée, » dit Thorin gaiement, se moquant ouvertement d'elle.
-« Non je… » essaya-t-elle de s'expliquer.
-« Je suis d'accord avec toi, » renchérit Thran, joueur. Avant de se prendre un violent coup de coude dans les côtes, qui le fit gémir sous la surprise.
-« Lâcheur… » marmonna Drina à voix basse.
Mais elle ne bouda pas longtemps, car rapidement un autre bâillement vint la surprendre. Se soumettant à la volonté de ses deux hommes qui n'abandonneraient pas avant de l'avoir fait recoucher, et parfaitement consciente de son propre état de fatigue, elle se réinstalla correctement dans le lit, se couchant sur le flanc. Mais elle réussit à gagner sur un point. Thorin s'allongea également, l'enlaçant par derrière, et Thran vint se blottir tout contre elle. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas partagé un tel moment d'intimité avec son fils, son grand garçon… Et cette fois-ci, ils n'étaient non plus deux, mais trois…
Machinalement, elle posa une main sur sa tête et commença à jouer avec ses cheveux. Visiblement, ça plaisait à Thran, qui émit volontairement un ronronnement sonore, les faisant rire tous les trois aux éclats. Alors elle continua ses caresses, s'alignant sans le vouloir sur les mains de Thorin qui effleuraient ses bras en de délicates caresses à peine perceptibles. Ainsi bercée et entourée, elle se sentait lentement mais surement glisser vers l'inconscience.
-« Maman, raconte-moi une histoire, » demanda Thran d'un ton volontairement enfantin, sortant Drina de sa torpeur.
-« Et que veux-tu que je te raconte ? » interrogea-t-elle d'une voix ensommeillée malgré elle.
-« Je ne sais pas… tiens, ma naissance pourquoi pas ! » proposa-t-il d'un ton trop innocent pour être honnête.
-« Tu étais pourtant présent à ce que je sache ! »
Mais même si cette remarque fit rire Thran, Drina sentit peser sur elle le regard interrogateur et curieux de Thorin. Thran était doué, très doué. Et elle, elle s'était fait avoir comme une débutante. Évidemment que Thran n'avait pas demandé cette histoire au hasard. Les mains sur ses bras avaient avait arrêté leurs mouvements, et la tête de Thorin vint se nicher dans son cou. Elle réalisa alors que, si ce souvenir faisait partie intégrante de son histoire personnelle et de celle de Thran, Thorin en était privé. Il ne pouvait même pas imaginer la scène, à laquelle il aurait pourtant dû assister. Elle attrapa la main de Thorin, qui se laissa faire, et l'embrassa doucement. Et sans attendre, elle commença son récit.
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C'est l'histoire de la vie
Le cycle éternel
Qu'un enfant béni
Rend immortel
La ronde infinie
De ce cycle éternel
C'est l'histoire
L'histoire de la vie
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Voilà maintenant près d'une semaine que Drina était confinée à la maison et n'en sortait plus que brièvement, et toujours accompagnée. En effet enceinte de plus de neuf mois, elle approchait du terme – du moins selon le pronostiques plutôt alarmistes de Boldur –. Sans compter qu'une grossesse issue d'une hobbit et d'un nain étant sans précédents, toutes les précautions possibles et imaginables étaient de mise. Boldur, en ami attentif – ou plutôt en protecteur presque trop possessif pour être exact–, ne la lâchait plus d'une semelle, et passait ses journées à lui demander comment elle se sentait ou si elle avait besoin de quelque chose. Elrond était même arrivé deux jours plus tôt afin de pouvoir l'assister lors de son accouchement. Mais si Drina remerciait ses amis de toute l'affection dont ils l'entouraient, elle n'en était pas moins passablement énervée de cette surveillance constante.
-« Comment tu te sens ? » demanda Boldur pour la énième fois de la journée, l'interrompant dans ses pensées.
-« Boldur… » souffla Drina, agacée. « Combien de fois faudra-t-il que je te dise que je vais bien ? Je suis enceinte, pas en sucre ! »
-« Mais tu es proche tu terme ! »
-« Et alors ? » s'exclama-t-elle, se levant brusquement de son fauteuil. « Cela fait plus de deux semaines que je suis, selon tes mots, proche du terme. Deux semaines ! Je ne sais pas si tu te rends compte Boldur ce que ça fait de passer tout ce temps enfermée. Pire, allongée. Tu ne me laisse même pas me lever pour aller chercher un verre d'eau. Sans compter que si une grossesse hobbit dure neuf mois, comme celles des femmes humaines, je te rappelle que les naines portent leurs enfin un an. Un an ! Il est hors de question que j'attende presque trois mois avant de remettre un pied dehors ! Tu comprends ça Boldur ? Alors oui, je suis à bout, je suis… »
Elle stoppa tout à coup sa diatribe enflammée, tranchée nette dans le vif du sujet, et blanchit brutalement. Boldur, surpris par ce brusque changement d'état, s'approcha d'elle à pas lent, pas tout à fait certain de ne pas se faire hurler dessus. Ah, les hormones… Qu'est ce que les femmes enceintes pouvaient être pénibles avec ça ! C'est alors qu'il remarqua son visage tendu et la main crispée sur son ventre. Craignant ce qu'il allait voir, il baissa la tête. Sa robe était mouillée, et une large flaque de liquide s'étendait à ses pieds. Elle avait perdu les eaux. Elle allait accoucher.
[…]
-« Aaaaaaaaaah ! » hurla Drina, se cramponnant de toutes ses forces à la main de Boldur.
-« C'est bien Drina, c'est très bien, » l'encouragea Elrond. « Tu y es presque ! »
Les préparatifs avaient été rapidement expédiés. Boldur avait immédiatement transporté Drina dans sa chambre, prête depuis des lustres déjà, et avait couru chercher Elrond, qui comme lui se tenait prêt pour le grand événement. Mais de l'avis du grand elfe, les contractions étaient encore trop espacées, et il avait fallu attendre. Quatre heures très exactement. Ce qui n'avait pas été au gout de Drina bien évidemment. Parce que plus me temps passait, et plus la douleur augmentait, peu importe les tisanes que Elrond lui faisaient avaler pour la détendre. Elle avait tenté un temps de la juguler, mais avait finit par rendre les armes. Et s'était mit à hurler. Et à pleurer. Qu'importe les encouragements de Boldur et Elrond, leurs caresses ou leur affection, rien n'apaisait ses souffrances. Enfin, une seule chose la calmait, mais elle la gardait pour elle : le visage de Thorin, soucieux et aimant, qui apparaissait derrières ses paupières closes, dès qu'elle fermait les yeux. Mais bientôt, même cela ne suffit même plus. Et puisqu'il ne soulageait plus sa douleur, quoi de mieux que de s'en prendre au grand absent ? C'était peut-être lâche et facile, et Drina était plus préoccupée par cet accouchement qui n'en finissait pas que par faire preuve d'altruisme.
-« Boldur, je te jure que si je le revoie, je le castre ! »
Boldur ricana brièvement, imaginant tout à fait le grand et glorieux roi nain… eunuque… Hilarant ! Mais son rire se coinça rapidement dans sa gorge quand Drina serra un peu plus sa main. Il allait l'y laisser, ce n'était pas possible autrement ! Mais il ne disait rien, se contentant de serrer en retour la main de Drina, quoique sa propre poigne semble infime à coté de la sienne.
-« Allez Drina, tu y es presque, » l'encouragea une nouvelle fois Elrond. « Je peux voir la tête. Encore une poussée et ce sera bon ! »
-« Aaaaaaaaaaaaa ! »
Mais malgré la douleur, Drina se plia aux instructions qu'on lui délivrait. Sa peau était moite, tout son corps tétanisé, et les mèches de cheveux poisseuses de sueur collaient à son front. Mais elle attendit quand même la contraction. Et poussa, de toutes ses forces. Si fort que quelques points noirs dansèrent devant ses yeux. Elle allait abandonner et se laisser aller à l'inconscience quand le vagissement sourd d'un nouveau né retentit dans la pièce. Aussitôt, la souffrance qu'elle ressentait encore et qui pulsait dans son corps passa en arrière plan, et toute son attention se porta sur le petit être chétif qu'Elrond tenait dans ses bras. Après avoir coupé le cordon ombilical, il avait enveloppé le nourrisson dans une serviette propre et sans attendre l'avait posé sur le ventre de la toute jeune mère.
-« C'est un garçon, » lui chuchota-t-il, un sourire ornant son visage d'ordinaire impassible.
Doucement, Drina prit son fils dans ses bras. Son fils… Elle le détailla attentivement, béate et les yeux embués. Les tous petits poings serrés, le corps délicatement potelé, la bouille rougie… Elle caressa du bout des doigts les contours du visage poupin, effleurant délicatement le front, les joues, le nez, la bouche. Il avait un fin duvet d'un noir d'encre sur le crane, ne laissant aucun doute sur sa future coloration. Comme lui. Drina releva la tête, et vit les visages impatients de Boldur et Elrond penché vers elle. Elle comprit immédiatement ce qu'ils attendaient d'elle.
-« Il s'appellera Thran, » dit-elle d'une voix ferme.
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Au matin de ta vie sur la planète
Ébloui par le dieu soleil
À l'infini, tu t'éveilles aux merveilles
De la terre qui t'attendent et t'appellent
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-« Tu sais Thorin, il vaut peut-être mieux pour toi que tu n'es pas été là ce jour là, » ajouta Drina en riant. « Tu serais mort avant d'avoir eu le temps de faire tes prières ! »
Tous trois s'esclaffèrent de cette remarque, mais Drina voyait bien qu'il s'agissait d'un rire par trop mélancolique dans le cas de Thorin. Elle savait qu'il avait loupé beaucoup de choses, et qu'il en avait douloureusement conscience. Trop peut-être. Et ils ne pourraient jamais les rattrapées. Elle pouvait certes lui raconter, lui faire partager ses souvenirs, mais ce ne serait jamais la même chose. Thran, sentant l'accablement s'emparer de ses parents, relança rapidement la discussion.
-« A ton tour ! » s'exclama-t-il en se tournant vers Thorin. « Raconte-moi… tiens je sais ! Raconte-moi votre première rencontre ! J'ai eu la version de maman, mais j'aimerais beaucoup avoir ta vision des choses ! »
Thorin envisagea un moment de refuser. Il était un très mauvais conteur, et il détestait parler de lui ou de tout ce qui touchait de près ou de loin à ses sentiments. Mais voyant le regard curieux de Drina devant cette histoire encore jamais entendue, et celui faussement suppliant et larmoyant de Thran, il ne put que céder et commença à parler de cette fameuse soirée qui avait changé sa vie.
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La peste soit des hobbits et de leur Comté uniforme ! Voilà bien une heure au moins qu'il tournait en rond. Et le magicien, qui avait osé lui dire que ce serait facile à trouver ! Qu'est ce qu'il ne fallait pas entendre ! Continuant de bougonner à voix basse, il poussa un énième portillon, pour s'approcher d'une énième porte et vérifier pour la énième fois s'il y avait présence ou non de ce fameux signe. A sa surprise la plus totale, le signe était effectivement tracé sur la porte de bois. D'un vert brillant, il luisait dans l'obscurité. Bien, voilà donc le domicile de ce fameux cambrioleur. Ce mot seul semblait déplacé dans un environnement pareil. Mais comment Gandalf avait-il été le trouver ?
Il se redressa et releva la tête, époussetant soigneusement son manteau de voyage poussiéreux. Il remit rapidement en place ses tresses et passa ses doigts dans sa barbe pour la démêler quelque peu. Il était le roi. Un roi sans royaume ni couronne certes, mais il se devait de faire une bonne impression. Certain d'être présentable, et surtout aussi impressionnant et intimidant que possible, il frappa fermement trois coups à la porte.
Contrairement à ce qu'il pensait, ce n'était pas le hobbit qui vint lui ouvrir, ni même le magicien, mais bien Balin. Il sourit chaleureusement à son vieil ami, qui le fit entrer rapidement. Alors qu'il allait interpeller d'une voix forte ses compagnons, qu'il apercevait dans l'encadrement d'une porte, Balin lui fit signe de se taire et de le suivre. Intrigué malgré lui, il obéit pour une fois sans rechigner. Ils fendirent tous deux le petit groupe de nains, qui chacun leur tour s'écartaient et s'inclinaient en le voyant. Mais il ne voyait pas ses neveux. Il allait demander à Balin où ils étaient quand il parvint au centre de la pièce.
Devant lui se dressait un bien curieux spectacle. Kili était assis au sol, le teint blême, et se tenait le bras gauche qui saignait abondamment. Derrière lui, Fili avait posé les mains sur les épaules de son frère et tachait de l'apaiser en caressant son dos. Et à côté des deux était accroupies une jeune hobbit. Elle était de dos, et il ne voyait pas son visage. Elle était vêtue d'une robe d'un rouge éclatant, soulignant sa peau pâle. Elle avait de longs cheveux bouclés, d'une admirable couleur miel, qui lui dégringolaient dans le dos en une masse soyeuse. Elle était actuellement en train d'enrouler avec douceur et savoir-faire une bande autour du bras de son neveu, qui grimaçait malgré sa grande délicatesse. Gandalf, qui l'avait aperçut à l'entrée de la pièce, se chargea de le présenter à la hobbit.
-« Ma chère, je vous présente Thorin Ecu-de Chêne, le chef de cette compagnie. »
-« Ah ? » dit-elle, sans prendre la peine de relever la tête, toujours concentrée sur son ouvrage. « Bonjour, enchantée… enfin, à votre service plutôt… »
En temps normal, il se serait agacé pour ce manque de considération flagrant à l'égard de son rang et son irrespect ouvertement affiché. Mais étant donné les circonstances…
-« Que s'est-il passé ? » demanda Thorin, plus préoccupé par l'état de Kili que par la désinvolture de la hobbit, ne la reprenant donc pas. Et cette fois-ci, la jeune femme lui répondit directement d'un ton mordant.
-« Il se passe que l'imbécile ici présent à décidé de jouer avec son frère à celui qui jonglerait avec le plus de couteau possible. Comment voulez-vous que ce genre d'enfantillage se termine ? »
Elle souffla, visiblement excédée par ces gamineries, et Thorin se retint difficilement d'en faire de même. Il allait vraiment les emmener avec lui ? Tout à coup, il n'était plus si sûr de lui. Il se rapprocha de ses neveux, décidé à constater par lui-même l'étendu des dégâts. Mais la plaie était déjà couverte par le bandage, et il ne pouvait pas la voir. Mais le tissu blanc s'imbibant lentement de sang lui semblait être un bon indicateur. Mahal, mais comment son neveu s'était-il débrouillé ?
La femme tendit à Kili une fiole contenant un liquide verdâtre à l'odeur suspecte, et lui ordonna de l'avaler immédiatement. Peu engagé par sa couleur, il finit néanmoins par obtempérer. Vu la grimace de dégout qui apparu sur son visage, Thorin était bien content de ne pas à avoir à gouter également au breuvage. La hobbit fit alors quelque chose qui l'étonna. Qui les surpris tous pour être exact. Profitant de la distraction occasionnée par les gesticulations de Kili, elle passa plusieurs fois sa main sur l'avant-bras blessé, marmonnant à voix basse de manière inintelligible. Thorin sentit une importante quantité de pouvoir traverser la pièce, comme lorsque que Gandalf utilisait sa magie, et il sentit plus qu'il ne vit ses poils se hérisser sur ses bras.
Puis aussi rapidement que cette sensation ne l'avait pris, elle disparut. Il se tourna vers Gandalf, cherchant à savoir s'il en était responsable, mais ce dernier haussa les épaules, visiblement aussi perplexe que lui. Il se tourna alors vers la hobbit devant lui. Elle avait arrêté ses gestes étranges, et commençait à enlever la bande. Thorin allait l'arrêter – on n'avait pas idée de découvrir une plaie aussi importante ! –, quand elle dévoila alors la peau de l'avant-bras de Kili. Rien, plus rien. Un peu de sang qui collait encore, et une mince cicatrice. Mais une marque comme celle-ci n'apparaissait qu'au bout de plusieurs semaines ! Apparemment, il n'était pas le seul choqué, et tous dans la pièce se bousculaient pour voir le bras de Kili et se rependaient en exclamations de surprise, aussi ébahis les uns que les autres.
La femme se releva, et épousseta négligemment sa robe. Elle se tourna alors vers lui, et il se prit à la détailler plus attentivement. Elle avait un petit sourire victorieux aux lèvres, visiblement ravie de son petit effet, mais totalement dépourvu de la moindre vanité. Elle avait deux grands yeux bruns chatoyants et hypnotiques, avec de longs cils. Sa peau était pâle, comme il avait constaté, mais ses joues étaient rehaussées d'une admirable carnation de rose. Enfin, on pouvait remarquer les fossettes sur son visage, preuve d'un rire fréquent. Elle le laissa l'observer sans rien dire, même si elle rougit quelque peu devant son regard insistant. Quand elle décida que c'était suffisant, elle détourna le regard et s'inclina légèrement.
-« Je suis Bila, pour vous servir ! »
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Tu auras tant de choses à voir
Pour franchir la frontière du savoir
Recueillir l'héritage
Qui vient du fond des âges
Dans l'harmonie d'une chaîne d'amour
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Thran éclata de rire, imaginant parfaitement la tête abasourdie de son père et des autres devant la démonstration pour le moins étonnante des talents de sa mère. Lui-même en avait été choqué la première fois qu'il en avait été témoin et en âge de comprendre, alors il voulait bien croire Thorin quand il lui disait avoir été plus que surpris.
-« Dis-moi ? » demanda-t-il, un sourire toujours aussi large aux lèvres. « Là, Fili et Kili était adultes. Mais comment étaient-ils enfants ? »
Thorin garda un moment le silence.
-« Pires encore… » soupira-t-il finalement, d'un ton exagérément tragique.
Devant son regard las, Thran et Drina éclatèrent de rire. Cette dernière avait eu quelques mois pour se rendre compte du caractère intrépide et insouciants des deux frères, et des ennuis pour le moins incroyables dans lesquels ils finissaient toujours par se fourrer. Et à ce moment là, ils étaient âgés de plusieurs décennies ! Elle n'osait même pas imaginer ce qu'avait dû endurer Thorin, à élever seuls ces deux terreurs. Ou si plutôt, elle l'imaginait très bien. Soignant les bosses et les plaies, tachant d'effacer la peinture sur les murs, ramassant les verres brisés, les rubans dans les cheveux après avoir fait l'erreur de jouer avec eux… A cette dernière image, elle repartit dans son fou rire, et Thorin et Thran ne se firent pas prier pour l'accompagner.
Ils mirent de longues minutes à se calmer, car à chaque fois que l'un d'entre eux se calmait, il suffisait qu'il croise le regard des deux autres pour repartir aussitôt dans un immense fou rire. Ils finirent pourtant par s'arrêter, quand le besoin d'air se fit plus pressent. Reprenant péniblement leur souffle, et évitant de se regarder.
-« Mais Thran… » haleta difficilement Thorin. « Ne me dis pas que tu n'étais pas pareil qu'eux au même âge ! »
-« Je ne te le dirais pas alors ! » s'écria-t-il, provoquant une nouvelle fois le rire de ses parents.
-« Je me rappelle, c'était un vrai petit monstre ! » s'exclama Drina, heureuse de faire partager une nouvelle fois ses souvenirs. « Tu sais, on ne dirait pas à le voir calme comme ça, mais enfant il était hyperactif et surexcité ! » ...
NOTES DE CHAPITRE :
Malheureusement, je ne crois pas que la péridurale existait à l'époque !
La chanson (même si vous l'avez évidemment reconnu) est "L'histoire de la vie" du dessin animé Le roi Lion.
Review ?
