Chapitre 52: Une trahison venant du coeur...

- Enfin, nous y voilà! s'exclama Vlad.
Pendant tout ce temps, ils étaient enfin parvenus vers la fameuse montagne, quand soudain, Ivan s'immobilisa:
- Oh bon sang!
Il ne croyait pas ce qu'il sentait et dût faire vision pour s'en assurer:
- On a un léger problème, dit-il. Cylia, tu vois ce que je vois?
L'homologue féminin du mystique d'air, surprise par l'injonction de son compagnon, se concentra à son tour, et fut en effet bien surprise.
- Ouh là, là, fit-elle.
- Qu'est-ce qui se passe? demanda Pavel. Moi aussi, je sens quelque chose de bizarre...
Ivan se tourna vers ses compagnons et expliqua:
- Cette montagne est chargée de psynergie de Vénus au point que ca n'en est pas naturel. C'est comme si c'était une entité vivante. Je
ne sais pas ce qui se passera si nous pénétrons cet endroit, mais en tout cas, je ne sais pas si elle laissera passer des mystiques ne
possédant pas de psynergie de Vénus...
Il ajouta:
- Bon sang, que faire? Je donnerai tout pour pouvoir passer, mais en même temps, je n'ai qu'une peur, c'est de mettre Eléana en
danger. Si jamais celui qui l'a capturée la prend en otage...
Vlad dit aussitôt:
- Alors voyons si les adeptes de Vénus peuvent passer. Les autres, retez à l'arrière, et on trouvera un moyen de vous faire rentrer...
- Je crois que j'ai une idée, dit Cylia.
Tout le monde se tourna vers elle:
- La seule possibilité que je vois, c'est de voler de la poudre Naëk dans la forteresse et de nous en parsemer pour que nos psynergies
à nous soient indétectables. Et dans ce cas, nos armes seront notre seule possibilité de défense...
- C'est une mission suicide, dit Lina avec une grimâce.
- Mais en même temps, dit Piers, ca a bien l'air d'être notre seule alternative.
- Ivan, c'est à toi de décider, dit Garett.
Le jeune homme blond dit aussitôt:
- Ca me paraît la seule solution. Pour rien au monde, je ne voudrais qu'Eléana...
Il s'interrompit. Il était si inquiet pour elle qu'il avait les nerfs à vif. Pavel lui tapota l'épaule:
- Aie confiance. Tout ira bien.
- Je l'espère...
Mais ils eurent bientôt une mauvaise surprise. En effet, ils perçurent l'arrivée d'une troupe armée derrière eux, et surtout une puissance
phénoménale en émaner.
- Cachons-nous! dit Vlad.
Tout le monde obtempéra. Et là, ils virent arriver un mystique en cape pourpre. Il était entouré d'une aura rouge.
- Dix contre un qu'il s'agit d'Antinos, chuchota Garett.
Tout le monde approuva en silence. Il n'y avait qu'à le voir pour le connaître; ils voyaient tous la longue épée d'argent, la ceinture au rubis
étincellant, d'une couleur de sang, la tunique noire, les prunelles pourpres, les cheveux couleur corbeau... Il était tout à fait dangereux.
Ivan savait déjà que la lame de Némésis ne fonctionnerait sûrement pas contre lui.
Tout comme il savait qu'Eléana mourrait si elle croisait le chemin de cet être contre-nature...
- Il vient chercher Eléana, chuchota-t-il. Si nous n'agissons pas rapidement...
- Attendons un peu, dit Piers. J'ai le sentiment que nous allons peut-être avoir une occasion...

Caleb galopa jusqu'au flanc de la montagne, et là, il descendit. Il devait sentir le sol sous ses pieds pour que sa psynergie fonctionne à
pleine puissance. Il allait lancer toutes ses armes contre Antinos, et il en avait à lui lancer! Depuis le temps qu'il attendait ce moment,
pouvoir lui montrer toute la force de sa puissance! C'était un moment unique. Et Eléana allait constater qu'il était devenu le mystique le
plus puissant du monde, et qu'il déposait son coeur à ses pieds... Quelle demoiselle pourrait résister à quelque chose d'aussi
redoutable? Personnellement, il n'en connaissait aucune. Enfin, il vit son ennemi l'interpeller de loin:
- Seigneur Esméros! cria-t-il. Quelle est donc cette traîtrise? Où est la princesse des quatre étoiles? Et où est le cristal psynergique?
- Hors de question de vous les donner, cria Caleb. Car, je ne rêve que d'une chose... Vous voir mort, Antinos, seigneur du Soleil Noir, et
gangrène sur notre monde!
Et la minute d'après, il attaqua. Brusquement, la montagne entière s'ébranla! Et une pluie de roches surgit soudain, prête à ensevelir, et
le mystique de Mars, et surtout, les soldats qui l'avaient accompagnés.

Du côté d'Ivan et de ses amis, on était surpris:
- C'est quoi ce délire? fit Sofia.
- Bonne question, approuva Garett.
Ivan répondit aussitôt:
- Facile! Esméros veut le pouvoir d'Eléana pour lui seul!
- Et bien dans ce cas, laissons les loups se taper dessus, dit Vlad. J'ai l'impression que ca va nous faciliter le travail!
- Mais il ne faudrait pas qu'Eléana devienne un dommage collatéral, dit Lina, paniquée.
- J'imagine qu'elle ne risque rien tant qu'elle est dans la forteresse, dit Ivan. Mais nous devons arriver à y entrer rapidement...

Cependant, l'affrontement avait commencé et les huit mystiques durent malheureusement penser à éviter de se faire griller quand
Antinos incendia les bois d'un seul geste. La minute d'après, sa puissante psynergie de feu frappa la barrière de terre que Caleb avait
eu le temps d'improviser. Il se hâta de riposter par un violent séïsme qui projeta Antinos hors de sa monture. Celui-ci parvint cependant
à reprendre son équilibre et atterit debout, face à son adversaire.
- Tu n'es pas assez fort pour me vaincre, le nargua-t-il.
- Mais tu ne pénétreras pas ce territoire moi vivant! répliqua Caleb. Je suis le seul maître de la psynergie de Vénus!
Et il déchaîna des lianes qui tentèrent de soulever son ennemi, qui les fit brûler. L'air alentours se chargea de la force brûlante du
mystique de Mars et explosa littéralement. Un violent nuage de feu entoura le jeune homme, qui en sentit les brûlures et hurla de
douleur, à la grande satisfaction de son ennemi:
- Tu vois? Je suis imbattable!
Mais Caleb avait réussi à sortir du nuage de feu, et sa psynergie de soin le soigna aussitôt. Ca avait fait mal, oui. Mais rien
d'irréparable. C'était bien ce qui lui semblait, Antinos allait devoir faire bien mieux que ca!
"Eléana, je me battrai jusqu'à la mort pour toi!"
Il envoya de nouveau des jets de rochers à la puissance ahurissante. La minute d'après, un rayon de lave jaillit de la terre, pouvoir de
Gaïa et projetta de nouveau son ennemi en l'air, qui riposta à nouveau par des colonnes de feu, qu'Esméros n'eut aucune mal à éviter.
Caleb était ravi d'enfin pouvoir débrider cette force et cette énergie qu'il avait tant contenue... Il était fait pour être Esméros, il était fait
pour être le Seigneur d'Eméraude, l'invincible, il était fait pour contrôler le roc. Et il invoqua:
- Gaïa! Vénus! Rhéa-Cybèle! O déesses mères de toute vie! O pouvoir de la création! Contre le feu et la destruction, battez-vous;
battez-vous de toutes vos forces!
Autour de lui, la terre se fissura. Le pouvoir qu'il venait d'appeller, c'était l'essence même de la création. Un rayon d'énergie pur émana
de tout son corps pour frapper Antinos de plein fouet. Caleb était à présent pratiquement invincible, et le savait. Sous ses pieds
poussaient des racines gigantesques; autour de lui, les roches volaient. La puissance qu'il montrait était telle qu'on ne pouvait y croire. Il
ne faisait qu'un avec la terre...

Et cela, de là où elle était, Eléana le voyait très bien. Elle avait eu peur pour Caleb au début, mais maintenant, elle comprenait ce qu'il
avait voulu lui dire.
Il ne faisait qu'un avec la psynergie de Vénus. Il s'était entraîné et avait découvert une règle, un secret qu'aucun mystique à part Antinos
n'avait découvert avant lui; il avait découvert comment tirer sa force du sol, grâce à la terre, son élément! Et à présent, il s'en servait
pour la protéger, et il avait réellement des chances face à Antinos, car Eléana n'avait jamais vu aucun de ses compagnons posséder un
tel pouvoir...
"Tu avais raison aussi, Caleb... Mais Ivan a cru agir pour le mieux..."
Elle soupira. Elle savait à présent que Caleb n'avait réellement eu que de bonnes raisons d'agir comme il l'avait fait. Il tentait de la
sauver de la prophétie, même s'il ne s'y prenait pas de la même manière que les autres...
Parce qu'il l'aimait...
Cela, Eléana était réellement forcée de le reconnaître. Il s'était emparé de cette puissance pour la sauver. Maintenant, elle n'avait plus
qu'à prier pour qu'il réussisse, sinon, il allait mourir en vain.
Cette perspective la terrifia.

Mais Antinos maîtrisait lui aussi très bien son pouvoir et une aura de feu se produisit autour de lui, prête à consumer Esméros, cet
adversaire si impertinent qui osait l'affronter, lui, le maître du Soleil Noir! Il allait comprendre sa douleur, ca, oui, alors!
Un gigantesque cercle de flammes se dessina autour de lui et un rayon pourpre, la puissance du feu incarnée, frappa de plein fouet son
ennemi. Caleb sentit de nouveau une violente brulûre lui envahir la poitrine et eut peur de ne rien pouvoir y faire. Néammoins, la
psynergie de la montagne frappa tout de même et Antinos se retrouva à nouveau ensevelit sous une tonne de rochers, ce qui permit à
son adversaire de récupérer avec sa psynergie de Soin.
"Il sait faire mal, il n'y a pas à dire," pensa Caleb.
Mais il était fier de lui. Il résistait à l'assaut mieux qu'il ne l'aurait cru. Et à présent, il était temps de passer aux choses sérieuses:
- Wadjet!
Son invocation, secret des règles de l'alchimie(ce n'était pas les Djinns qui lui permettait de la créer), réagit aussitôt à l'appel et un
superbe cobra géant se dressa face à Antinos, près à le mordre. Caleb se doûtait que le venin du serpent ne suffirait pas à tuer son
adversaire, mais cela l'obligerait à se replier, il en était sûr. Le serpent était d'un vert éméraude magnifique, traversé de rayures
dorées. L'incarnation de l'âme terrestre de son chef. Il piqua aussitôt vers Antinos, décidé à le mordre. Pendant ce temps, Vlad et les
autres regardaient le combat, ahuris, mais ayant bien compris qu'ils ne pouvaient pas s'approcher. Le feu frappait de partout et risquait
trop de les atteindre. Ils étaient obligés d'attendre.
Antinos tenta de pulvériser le serpent à coup de colonnes de feu, mais l'agile bête esquiva. Il était le cobra le plus rapide. Il ne craignait
pratiquement aucune blessure, tant que la force de son invocateur continuait de le soutenir. Et Caleb était là pour cela, à présent.
- Allez, ma douce, Wadjet, Reine des Cobras! Que ton baiser mortel signe la fin du règne d'Antinos! La fin du chaos, et le début de la
fertilité!
Le cobra cracha un flot de venin, mais Antinos s'en protégea de son bouclier de feu avant de dire:
- Jolie invocation, Esméros... Mais cela ne vous protégera pas de ma fureur!
Caleb comprit qu'il fallait battre en retraite et sauta sur son cheval. Pour avoir plus de chance de vaincre, il devait atteindre son ennemi
au millieu de son domaine, là où l'aura psynergique était la plus puissante. Antinos s'en rendit compte et le poursuivit, tandis que le
cobra rampait derrière, en émettant des sifflements furieux. Et bientôt, tout recommenca. Le cobra se remit à cracher son venin, les
aura de feu traversèrent le ciel... Et la minute d'après, des météores commencèrent à s'abattre partout, véritable pluie de feu entre les
montagnes. Caleb sentit la peur l'envahir; se pouvait-il qu'il perde, au final?
Mais Wadjet était parvenue à esquiver toute cette pluie de feu et ondula grâcieusement vers l'ennemi du maître qu'elle devait tout faire
pour protéger. Et enfin, ses crocs frappèrent.
Antinos fut grièvement touché. En dépit de sa puissance, il sentit la brulûre du venin se faire si forte que la douleur le paralysa. Mais ce
n'était pas sa seule arme:
- Epée de feu! hurla-t-il. Frappe mon ennemi!
L'épée fut lançé de sa main et toucha Caleb en plein dans l'épaule, par chance. Il hurla sous l'effet de la brulûre et tomba à genoux,
incapable d'attaquer. Il hurla cependant:
- Mère Gaïa, vient à mon aide!
Antinos, paralysé par le venin, ne put esquiver ce dernier coup. Le jet de lave le projeta hors du domaine qu'il n'aurait jamais dû tenter
de profaner. Et il se retrouva dans un des gouffres de la montagne, non pas mort, car il était bien trop puissant pour cela; mais si affaibli
qu'il n'y avait plus rien à craindre pendant un moment. Et cela, Caleb le savait. Antinos reviendrait, oui... Mais il venait de prouver qu'il
était capable de le vaincre à lui seul...

- CALEB!
Eléana avait hurlé depuis le chemin de ronde. Elle le voyait blessé et cela venait de lui rappeller d'un coup la force de leur amitié. Elle
sauta sur son cheval et se précipita vers lui, le coeur battant:
"Non! Pitié, non!"
Le jeune homme retira son masque en la voyant arriver:
- Antinos n'a pas été... tendre, articula-t-il, toujours plié en deux.
Il avait du mal à respirer. Eléana comprit que c'était grave. Elle voyait le sang par terre, elle voyait tout.
- Ma psynergie de soin ne suffira pas à guérir ca...
- J'ai ce qu'il faut, répliqua Eléana.
Elle leva son bâton:
- Gemme de Basalte, à ce guerrier, redonne vie!
Une lumière verte émana de la précieuse éméraude et frappa le jeune homme qui sentit instantanément la plaie se refermer et le sang
cesser de couler. Eléana lâcha un soupir de soulagement... Et se laissa glisser au sol. Caleb la regarda:
- Tu t'inquiètes pour moi?
Se rendant compte, elle détourna les yeux:
- Laisse tomber!
Mais le jeune homme ne lâcha pas prise:
- Je t'ai entendue crier, tout à l'heure... Tu as eu peur... S'il te plaît, ne le nie pas!
Eléana se tourna vers lui et répliqua:
- J'imagine que tu restes toujours mon ami, au fond de moi...
- Ah... C'était seulement de l'amitié?
- Exactement!
Mais Caleb lui attrapa le poignet:
- Tu mens...
Si jusqu'ici, Eléana ne l'avait pas compris elle-même, maintenant, elle le savait. Un flot d'émotions indéfinissable et nouveau coulait en
elle. Et elle se découvrait sous un nouveau jour. Elle regarda Caleb... Ses yeux bleus... Qui était-il maintenant pour elle? Elle avait
cependant la réponse:
- Je ne pourrais jamais te pardonner ce que tu as fait, dit-elle enfin. Tu as été sournois, horrible. Mais tu as risqué ta vie pour moi. Et
surtout, il y'a un passé entre nous que je n'ai pas oublié...
Elle prit une profonde inspiration et dit:
- Tu avais raison... Il y'a deux personnalités en toi... Et une que je n'ai pas oubliée...
Caleb la regarda. Dans ses yeux, il y'avait une tendresse profonde et un amour sincère. Eléana sentit de la peine l'envahir... une grande
douleur. Elle eut enfin le courage de dire:
- Le garçon qui a veillé sur moi depuis ma naissance et le mystique qui vient de se battre pour moi, pour me protéger... Tous deux si
différents du Caleb jaloux et sournois que tu m'as montré...
Des larmes lui montèrent aux yeux et elle dit enfin:
- Je les aime.
Caleb comprit et sentit à son tour des larmes lui monter aux yeux. Il lui prit les mains. Eléana ne réussit pas à se dégager.
- Eléana...
La minute d'après, il se pencha vers elle. La jeune fille ne réfléchit pas. Elle ne pensait qu'au désespoir qu'elle voyait dans les yeux de
Caleb. Ses lèvres s'entrouvrirent, accueillirent les siennes avec tendresse. Elle sentit Caleb la prendre dans ses bras, et la minute
d'après, sans qu'elle eut compris comment, il l'embrassait avec une ardeur sauvage, brûlante... Et elle, n'était plus que sensations, ne
pouvait s'empêcher de lui répondre. Elle sentait la douleur de Caleb comme si c'était la sienne, et comprenait, maintenant... Elle aimait
Caleb, oui. Pas d'un amour aussi puissant que celui qu'elle avait pour Ivan, mais d'un amour assez puissant pour le blesser... Assez
puissant pour être incapable de le voir souffrir sans souffrir également. Elle savait que c'était mal, ce qu'elle faisait. Elle était entrain de
bafouer sa relation avec Ivan, et pourtant, à cette minute, elle s'en fichait... Son coeur ronronnait. Elle appréciait la saveur de la bouche
de son ami, plus âpre... Mais enfin... Elle sentit qu'il glissait ses mains sur sa taille, et reprit brusquement ses esprits: NON! C'était
réservé à Ivan, ce genre d'attouchement! Elle le repoussa:
- Non! Caleb!
Celui-ci la regarda, complètement perdu:
- Tu m'aimes, dit-il enfin. Tu l'as admis.
Eléana le regarda dans les yeux:
- Plus fraternellement que d'un amour véritable. Caleb... Je n'aurais jamais dû faire ca, car ca ne change rien dans l'absolu. J'aime Ivan
plus que tout. Et c'est avec lui que je veux être...
- Dommage pour toi, répliqua-t-il d'une voix dûre. Parce que quand il va savoir ce que tu viens de faire, je crois qu'il ne va pas
apprécier...
A ces mots, Eléana eut des larmes qui roulèrent sur ses joues:
- Je suis coupable, dit-elle enfin. Je n'aurai que ce que je mérite. S'il décide de rompre après ca...
Sa gorge se serra douloureusement:
- ...Alors, je l'accepterai...
Elle soupira. Elle avait comprit comment il était facile au fond de trahir quelqu'un qu'on aimait. Caleb l'avait trahie pour la protéger. Elle,
elle venait de trahir Ivan pour rendre à Caleb un peu de l'amour inconditionné qu'il lui portait. Ses larmes continuèrent de rouler sur ses
joues, tandis qu'au loin, le soleil était levé...