Ok, je dois avouer, écrire ça aura été pénible, et je suis moyennement satisfaite. Trop d'action à décrire pour mon petit cerveau, c'était pas facile! C'est pour ça que c'est super court.


Tseng, assis au volant d'une fourgonnette militaire, jetait des regards nerveux aux alentours. Pour l'instant, il n'y avait personne, ce qui était plutôt bon signe. Derrière lui, il y avait Elena et le Président, et aussi Dolly qui tenait la boîte isolée. Maboroshi lui avait fourni une de ses inventions toute récente, un collier qui bloquait les ondes jenoviennes. Ce n'était pas encore tout à fait au point, mais elle n'avait pas l'air de vouloir sauter sur personne malgré la proximité de la tête de JENOVA, ce qui était déjà un excellent résultat.

-Shotgun, tu me reçois? demanda le chef des Turks dans son micro.

-Super, comme dans les films! Patron, j'adore le vaccin du doc, y'a moyen d'avoir ça en vente libre un jour?

-Mais quelle junkie!

Maboroshi leur avait aussi fourni des injections qui amélioraient la concentration, qu'ils avaient remis aux tireurs d'élite postés un peu partout – et à Shotgun qui les dirigeait. Tout était en place, et Tseng se gara à l'espace prévu en se disant que tant qu'on ne verrait rien, tout irait bien...

-J'avais pensé qu'il serait déjà là, dit Rufus, il devrait être impatient de retrouver sa kaa-san...

-Odin est avec nous! Ça va aller! répondit Dolly en lui prenant la main.

Tseng se tourna vers Elena, inquiet pour elle. Elle était pâle comme un drap et elle tremblait.

-Ça va aller, 'Lena?

-Je me sens comme si j'allais être malade...

Tseng décida de se lever et il s'installa à côté d'elle, l'appuyant contre son épaule et lui frottant le dos.

-Tout va bien se passer, dit-il d'un ton rassurant, maintenant il faut faire confiance à Victoria et suivre le plan.

Soudain Victoria se leva, l'air soucieux, avant de fermer les yeux.

-Je sens qu'ils approchent... mais...

-Moi aussi je les entends, dans ma tête, dit Elena en fermant elle aussi les yeux.

-Je ne comprends pas, ajouta le Président qui avait aussi les paupières closes et l'air concentré. Ils sont nombreux...

Tseng se demandait de quoi ils voulaient parler, quand il remarqua qu'un véhicule approchait au loin. Il retourna à l'avant de la camionnette et sortit une paire de jumelles. Quelque chose clochait: ce n'était pas les habituelles motos des clônes qui approchaient, mais un gros camion.

-Il y a quelque chose qui ne va pas...

-Peu importe, il faut y aller, dit le Président en prenant la main d'Elena.

-Restez ici, dit Dolly, je vais sortir seule pour le moment.

Et elle ouvrit la porte, sautant hors de leur camionnette blindée, faisant quelques pas en direction du camion qui venait de s'arrêter à une dizaine de mètres. Kadaj sortit le premier, suivi de ses frères à qui il donna des ordres... et le pressentiment de Tseng se confirma lorsque Yazoo et Loz firent sortir des enfants du camion.

-Ah c'est pas vrai, il a osé! s'exclama Shotgun dans son micro.

-Kuso, c'est pas vrai, grogna Tseng. Shotgun, tu peux en compter combien d'où tu es?

-Une quinzaine, et ils continuent d'en faire sortir... Peut-être vingt-cinq?

Kadaj avait pris par la main un petit garçon complètement envoûté et s'avançait maintenant vers Victoria, en lui faisant un grand sourire qui donna des frissons de dégoût à Tseng. Il voyait que Victoria commençait à perdre son calme et serrait les poings de colère, mais qu'elle faisait de son mieux pour se contenir.

-Qu'est-ce que ça signifie? s'exclama-t-elle. Pourquoi est-ce que vous avez ramené ces gamins ici?

Le clône pencha la tête sur le côté, l'air hypocrite, souriant toujours.

-Pourtant je t'avais bien dit que mes frères seraient avec moi...

Tseng vit Victoria pencher la tête, comme si elle pensait très vite. Elle finit par se redresser et elle dit:

-D'accord... maintenant on va faire comme on l'avait dit, ok? Tu vas soigner Elena et Rufus, et ensuite je vais rester avec toi avec la tête de kaa-san.

-Très bien, mais avant je veux voir kaa-san, comme on l'avait dit, ok?

-Ok.

Elle revint vers leur camionnette blindée et ouvrit la portière.

-Reno, passe-moi la tête...

Tseng ne put s'empêcher de vouloir la retenir un peu. Dans son état nerveux, est-ce que le collier serait assez puissant pour empêcher JENOVA de prendre le contrôle? Et tous ces enfants...

-Victoria...

-Soit il va falloir que les SOLDIERs camouflés au sol se saisissent des gosses quand les tireurs vont ouvrir le feu, soit... je ne sais même plus...

Reno lui donna la boîte contenant la tête de JENOVA, et elle fit quelques pas en direction de Kadaj, sans l'approcher de trop près.

-Voilà, kaa-san est à l'intérieur, tu peux la sentir d'où tu es, alors ne bouge pas...

Kadaj ne bougea pas, mais il dut donner des ordres mentaux aux enfants autour de lui, car quelques uns s'avancèrent vers Victoria. Celle-ci sauta d'un bond sur leur camionnette, et Reno, d'en dessous, ouvrit une trappe qui permit à Victoria de lui passer la boîte. Tseng soupira de soulagement, au moins la tête était encore entre leurs mains... Il jeta un coup d'oeil à Kadaj, mais celui-ci n'avait pas l'air particulièrement fâché que sa kaa-san lui ait échappé, et il continuait de sourire.

-Tu n'es pas plus avancé, maintenant, s'écria Victoria. Maintenant, on fait vraiment comme on l'a dit, sinon...!

-D'accord! Allez les chercher, les enfants!

Avant qu'on n'ait pu les retenir, le Président avait tiré une Elena qui offrait peu de résistance par la main et l'avait entraînée hors de la camionnette, où des dizaines de mains d'enfants les attrapèrent et les tirèrent vers Kadaj. Victoria se mit aussitôt entre eux pour tenter de retenir le Président et Elena.

-Si tu me tends un piège, tu peux dire adieu à kaa-san! Rappelle-moi ces gosses tout de suite!

-Mais pourquoi, ils ne font rien de mal, ils ont juste très hâte à la réunion prochaine... Tu n'as pas hâte juste un petit peu, toi aussi?

Tseng vit alors Victoria passer beaucoup plus rapidement qu'un être humain normal et assommer les enfants autour du Président et d'Elena. Puis elle se tourna vers Kadaj et cria:

-KADAJ! Si tu ne les guéris pas tout de suite, tu ne retrouveras jamais kaa-san! J'ai intégré un système de destruction dans la boîte, si tu ne te dépêches pas, ce sera fini!

-Tu n'es pas une très bonne soeur, alors, répondit Kadaj, son sourire devenant plus triste.

Tseng admira le bluff de Victoria, puis il se secoua et donna ses ordres à Shotgun: viser la tête de Kadaj en premier. Et dire qu'il allait à nouveau le laisser toucher sa Elena... mais il le fallait, pour la guérir. Il regarda le clône s'avancer vers sa dulcinée, la faire s'agenouiller avant de se mettre à genoux devant elle et de défaire son noeud de cravate et déboutonner un peu sa chemise. Il voyait l'expression terrifiée d'Elena, et se maudissait de ne pas pouvoir être à ses côtés en cet instant... Il décida de donner rapidement quelques ordres au micro, pour ne pas trop penser à ce qu'il avait sous les yeux.

-Rude, Maboroshi n'aurait pas laissé des tranquillisants dans nos munitions? Si on pouvait tirer avec ça sur les gamins...

-On a que les soins de secours et des munitions ordinaires, patron.

-Merde... dès qu'Elena et et le Président sont revenus dans le camion, Victoria récupère la boîte, Shotgun tu sais ce que tu dois faire... À moins que... il n'y aurait pas moyen de tirer dans les jambes des gamins pour qu'ils tombent au sol sans leur faire plus de mal?

-MAIS T'ES MALADE! Pas question d'estropier des enfants, gueula Shotgun.

-On doit s'en tenir au plan initial, alors... et compter sur le talent de nos tireurs d'élite...

Tseng vit que Loz et Yazoo avaient récupéré la plupart des enfants que Victoria avait assommés, mais il en restait encore plusieurs... De son côté, Kadaj avait commencé à « soigner » Elena, posant ses mains nues contre la gorge nue de la blonde et aspirant par ses paumes le liquide noir du géostigma. Le liquide coulait le long de sa chemise blanche et par terre, mais Kadaj semblait en absorber la plus grande partie.

-Elena, ça va? demanda Victoria.

-Ça hurle dans ma tête, répondit-elle.

-J'ai presque fini, dit Kadaj d'un ton neutre, décollant ses mains de la poitrine d'Elena pour les secouer avant de les reposer contre elle.

Tseng pria Leviathan pour que tout aille bien, et après une minute qui sembla durer une éternité, Elena tombait par terre, inconsciente. Victoria confirma qu'il n'y avait plus une trace de géostigma en elle, et Reno alla la chercher rapidement. Encore de trop longues secondes avant qu'il ne puisse enfin la prendre dans ses bras...

OoOoO

Dolly regardait avec dégoût Kadaj qui léchait ses mains pleines de répugnant liquide noir, le temps qu'on ramène Elena dans la camionnette, puis elle lui ordonna de s'occuper de Rufus, qui était appuyé contre elle, très pâle.

-Tu ferais bien de faire vite, ajouta-t-elle, les minutes s'écoulent...

-Mais c'est pas ma faute si ça prend du temps, j'ai jamais fait ça! répliqua Kadaj. Et pour lui, kaa-san est très forte à l'intérieur, ça va me prendre bien plus de temps! Tu crois que kaa-san aime que je la traite comme ça?

En le voyant continuer de se lécher les mains, Dolly se retint de lui dire qu'il avait l'air d'aimer traiter kaa-san comme ça, lui, et elle serra Rufus contre elle.

-Alors dépêche-toi de commencer, qu'on en finisse...

-Décolle-toi, pour commencer...

Elle hésita une seconde, avant de laisser Rufus glisser au sol et de s'écarter un peu. Kadaj le fit s'allonger sur le sol, puis il monta sur lui, le prit par les épaules, et posa ses lèvres sur les siennes. Dolly dut se retenir très fort pour ne pas faire un massacre en voyant Kadaj embrasser son Rufus.

-Attention, si tu tentes quoi que ce soit de louche, kaa-san-

-Mais tu vas me laisser faire le boulot, oui?

Il prit la mâchoire de Rufus entre ses mains, le forçant à ouvrir la bouche, avant d'y plaquer à nouveau la sienne et de commencer à aspirer le liquide noir du géostigma. Rufus s'était d'abord accroché à Kadaj dans un geste convulsif, mais au bout d'un moment, il se mit à étouffer, et tenta de le repousser. Mais Kadaj le retenait trop fermement, et Dolly, qui ne les lâchait pas du regard, commença à s'énerver. Il n'aurait pas pu s'y prendre comme avec Elena?

-Tu es en train de le noyer! s'exclama-t-elle.

Sagement, Kadaj se détacha de Rufus. Le liquide noir coula le long de leurs mentons, et tacha le joli costume blanc de Rufus. Alors que celui-ci crachait et reprenait son souffle, Kadaj se tourna vers Dolly et lui dit, moqueur:

-C'est toi qui voulais que je me dépêche, non?

-Laisse-le quand même reprendre de l'air avant de continuer!

Dolly jeta un rapide regard aux alentours: Yazoo et Loz avaient ranimé la plupart des gamins qu'elle avait assommés tout à l'heure, et ils les envoyaient un peu partout autour, en les gardant près malgré tout. On n'y pouvait rien, soupira Dolly, avant de reporter à nouveau son attention sur Kadaj et Rufus.

-Finissons-en!

Et Kadaj ne se fit pas prier pour poser à nouveau ses lèvres sur celles de son Président préféré. Rufus avait l'air de perdre ses forces très rapidement, quand soudain Dolly le vit s'accrocher à la taille de Kadaj. Elle remarqua alors qu'ils s'embrassaient plus franchement et que Kadaj, même s'il aspirait toujours le liquide en Rufus, ne l'avalait plus et le laissait simplement couler sur eux. Elle sentait l'excitation de Kadaj, après tout le liquide qu'il avait absorbé, et les cellules de Rufus qui répondaient malgré lui... Et Dolly se sentit malgré elle passer en mode JENOVA.

-ÇA SUFFIT! DÉPÊCHE-TOI D'EN FINIR!

Mais Kadaj s'allongea sensuellement contre Rufus, provocateur, et continua de l'embrasser. Rufus, subjugué, se laissait faire, mais Dolly, qui s'énervait de plus en plus, tira violemment Kadaj vers l'arrière en le saisissant par les cheveux. Kadaj répliqua en tirant Dolly par le bras vers le bas, pour l'embrasser, elle, et en profiter pour lui cracher tout le liquide de géostigma qu'il avait dans la bouche. Elle donna un coup de pied à Kadaj pour se détacher de lui, et recracha le liquide noir par terre.

-Ah, mais je n'avais pas fini, dit Kadaj d'un ton railleur.

Il se releva, essuyant son menton avec son avant-bras, et il s'avança à nouveau vers Rufus. Celui-ci s'était accroché à Dolly. Elle l'étendit par terre et déchira sa chemise, puis elle se remit debout face à Kadaj.

-Je t'interdis de toucher à nouveau ses lèvres, espèce de larve! C'est le dernier avertissement, finis ça vite, et comme tu as fait avec Elena!

-On ne dirait pas qu'il en a envie, répondit Kadaj en pointant Rufus.

Celui-ci attrapa la jambe de Dolly qui ne s'y attendait pas, et la renversa par terre. Elle se releva rapidement, et grimpa à nouveau sur le toit de la camionnette blindée.

-TERMINÉ!

-Non, répondit calmement Kadaj. C'est là que tout commence.


Ouais, je vous laisse en plein suspense!^^