Disclaimer : cf chapitre 1

.

Grand merci à Mistycal !

.

OoOoOoO

Réponse sur mon forum, au commentaire de : - lion -

.

Découvertes Surréalistes 5 / 6

Acte 11 : Les Pires Ennemis

Draco

Naturellement ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n'est-ce pas ? me dis-je, spontanément, aussitôt Harry a-t-il formulé sa réponse…

« Vas y, éclaire notre lanterne… » soupire-je, en remontant mes lunettes sur mon nez, pour bien marquer que toute mon attention est tournée vers lui…

« Si Voldemort est encore sur terre, ce n'est pas seulement parce que Tristan a gardé son Etincelle de Vie bien à l'abri, Draco. C'est également parce qu'il refuse de mourir. Malgré toutes les horribles souffrances engendrées par les innombrables possessions auxquels il a dû s'adonner pour survivre, son Âme et son Esprit se sont accrochés, encore et encore. Alors, même si Tristan lâchait maintenant son Etincelle de Vie et qu'il n'avait plus de corps, ou que Salazar refusait à celle-ci accès à son corps actuel, elle partirait, finissant par s'éteindre certes, mais lui resterait ici à l'état spectral… » répond Harry, sur un énorme soupir

« Ce qui ne changerait pas grand-chose, puisque c'est déjà le cas en quelque sorte, étant donné qu'il est séparé de son Etincelle de Vie… » renchérit Ron, sous le hochement de tête positif de Harry, tandis que j'écarquille les yeux…

« Quoi ? Tu veux dire qu'en réalité Voldemort est un Fantôme qui se balade dans un corps ? » questionne-je, proprement effaré, en regardant alternativement Ron et Harry…

En même temps, je me dis que ce n'est pas étonnant dans ce cas, que j'ai trouvé son contact d'autant plus répugnant et glacé. C'est un corps habité par un Fantôme, qui s'est appuyé contre le mien, dans la Galerie de Portraits de mes ancêtres. Et ce sont des doigts Fantomatiques, qui ont caressé ma joue, dans le bureau…

J'en frissonne longuement…

« Presque, mais pas tout à fait. Pour l'heure il n'est pas vraiment un Fantôme à proprement parler, mais une sorte d'ombre ténébreuse et vaporeuse, totalement informe, parce que pour les protéger et se maintenir uni à eux, Salazar enveloppe son Âme et son Esprit. L'ombre vaporeuse et ténébreuse ne peut donc se déployer comme elle le voudrait. Mais à supposer que Voldemort n'ait plus de corps et que Salazar, ne protégeait pas son Âme et son Esprit, son Etincelle de Vie étant préservée par Tristan, sont condamnées pour l'heure à errer sur terre et il nous apparaîtrait comme un Fantôme… » explique Harry, sous l'écoute très attentive de chacun…

« Voldemort n'est donc plus vivant au sens propre du terme, puisqu'il est séparé de son Etincelle de Vie. De ce point de vue, en tant que personne, il est donc mort. » conclut Arthur, sous le hochement de tête approbateur de Nally et du professeur Dumbledore,…

Je grimace illico, prenant subitement conscience d'une idée horriblement dégueulasse. Car de ce point de vue-là, c'est un mort vivant, qui veut nous baiser Harry et moi-même. Et c'est pire encore, lorsque je réalise que Lucius couche avec ce mort vivant !

Oh putain ! Lucius est un Nécrophile !

J'en ai la nausée soudainement. Et je dois faire des efforts pour me retenir de vomir tripes et boyaux…

« Ok, ok, ok… De ce point de vue, bien qu'il ait un corps, Voldemort est bien plus mort que vif, je le comprends parfaitement maintenant. Mais Harry, comment peux-tu affirmer avec autant de certitude, que Voldemort resterait sur terre, même si son Etincelle de Vie partait, alors que toutes les conditions sont favorables à son trépas définitif ? » insiste pendant ce temps Nev, sourcils froncés

« Je suis tout aussi interrogatif à ce propos que Nev. Certes, l'Esprit et l'Âme de l'affreux, se sont durement accrochés, malgré la douleur des possessions successives. Mais c'est parce qu'ils ne pouvaient pas partir de toute façon, puisque son Etincelle de Vie était retenue par Tristan. Alors vas-y Harry, explique nous… » renchérit Charly, aussi interrogatif que mon pote…

« Bien que cela l'emmerderait profondément, car il perdrait ses pouvoirs Magiques et qu'il a toujours méprisé les Fantômes, l'idée de passer l'éternité en Enfer est trop insupportable à Voldemort. Son choix est donc fait. Il s'accrochera et restera sur terre, quoi que cela lui en coûte. Et vous imaginez, ce que cela donnera ? Les monstruosités qu'il pourra encore faire, en tant que Fantôme ? Le nombre de personnes qu'il manipulera et poussera à faire souffrir les autres, pour satisfaire les plaisirs malsains qu'il ne pourra plus lui-même satisfaire ? » répond Harry, tandis que mes cheveux se dressent sur ma tête…

Ouais, j'imagine. Trop bien même. Même à l'état de Fantôme, Voldemort, ferait encore bien trop de victimes. Et ses idées seront d'autant plus dangereuses, monstrueuses, à mesure du temps qui passe, car il sera lui-même de plus en plus aigri, frustré, enragé, par les limites imposées par sa condition de Fantôme…

« Putain ! Quelle galère ! Si Voldemort a déjà fait le choix qu'il restera sur terre à l'état de Fantôme, alors on ne pourra jamais se débarrasser de lui. Il empoisonnera l'avenir de tout le monde, pour l'Eternité, c'est certain. La guerre ne finira jamais. Il attisera la haine, incitera à la vengeance, poussera au meurtre encore et encore, pour l'éternité… » maugrée Blaise, sur un long frisson et une grimace significative…

« Ouais. On n'en finira jamais d'avoir à se battre. Nos futurs gosses non plus. Et il aura beau jeu de rigoler, puisque rien ne pourra mettre fin à son éternité et qu'il sera impossible de l'envoyer en Enfer. » renchéris-je, totalement horrifié par cette perspective

Il n'y aura plus jamais de paix. Et pour le coup, ce sera l'Enfer sur terre. Dont Voldemort sera le Tourmenteur en Chef Suprême et le Roi Eternel…

Tout au moins jusqu'à ce que la Magie disparaisse totalement…

« Si, c'est possible de l'envoyer en Enfer. Et nous allons nous y appliquer. Il faut le manipuler pour l'orienter sur la mauvaise voie. Il faudra bien-sûr jouer serré, très serré même, mais c'est faisable, j'en suis certain. » répond Ron, un brin tendu…

En pleine réflexion surtout. Tellement tendu vers ses pensées, que son corps en est tout crispé et presque souffle suspendu.

« Et comment penses-tu que nous puissions parvenir à l'envoyer en Enfer ? » demande Maman, l'air dubitative…

« Grâce au concours précieux de Messire Salazar, Narcissa. Et nous avons au moins un ou deux atouts en mains à exploiter, pour qu'il parvienne à le convaincre. Mais avant de parler de cela, il y a bien d'autres questions auxquelles j'aimerai avoir réponse si tu les as, Harry. Car d'elles vont sans doute dépendre ce qu'il nous faut désormais mettre en œuvre, pour gagner notre guerre contre Voldemort et Salazar… » intervient Pa, sous le hochement de tête de Nally et du professeur Dumbledore, tous deux particulièrement silencieux aujourd'hui…

Bien que ne ratant pas une miette des explications de Harry, ils réfléchissent dur en fait, c'est certain. Ils ont la chance de pouvoir le faire. En ce qui me concerne, toutes ces révélations successives, me mettent la cervelle en fromage blanc et j'ai bien du mal à coordonner mes idées…

Je suis également trop parasité par mon imagination qui fait surgir des scènes terribles devant mes yeux…

« Je me doute bien que tu as des tonnes de questions, oui. Et tout le monde avec toi. J'ignore en revanche, si j'aurai réponse pour toutes. Magie Mère m'a permis de comprendre beaucoup de choses, les lambeaux de souvenirs de Voldemort aussi, mais quand même. Je suis loin d'avoir la science infuse à propos de tout cela, malheureusement… » soupire Harry, en se frottant un peu la nuque, avant de réprimer un bâillement…

Il est crevé, mon frère. Et ça se comprend sans peine. Sa journée et sa soirée ont été plus que chargées en travail, riches en émotions et, si nous sommes frais et dispo car nous sommes au Paradis depuis à peu près trois mois et qu'il est à peine 09h30 pour nous dans le Temps Ralenti, lui n'a pas pu se reposer avant la Réunion. Pour lui il doit être quelque chose comme 2 heures du mat ou peu s'en faut et il a bouffé une quantité de Magie considérable sans doute, pour communiquer avec Tristan et Magie Mère…

« Si tu es trop fatigué, Harry, nous pouvons remettre toutes ces questions en attente jusqu'à ce soir. Ce n'est pas comme si nous n'avions pas déjà matière à réflexion, n'est-ce pas ?… » déclare d'ailleurs le professeur Dumbledore, en examinant le visage pâle de mon frangin, par-dessus ses lunettes en demi-lune…

« Non, ça va aller. Merci Albus. J'aime autant poursuivre. Cela m'aidera aussi à mettre de l'ordre dans mon cerveau et je dormirai mieux ainsi… » décline cependant Harry, avant de boire une gorgée du thé que Dobby vient d'apporter à la demande de Nally…

« Bien, puisqu'il en est ainsi, je commence la ronde des questions. Sais-tu, Harry, pourquoi Voldemort a attendu dix ans, avant de chercher à reprendre forme humaine ? » demande Pa, arquant fortement son sourcil droit…

« Mmmmm… Oui. Ça je le sais, grâce aux souvenirs dont Voldemort a laissé traces malgré lui dans ma mémoire. Cela faisait partie du pire épisode de sa vie, auquel il a inévitablement pensé, lorsqu'il a été très douloureusement confronté à l'amour et l'amitié que je lui ai opposés, pour l'expulser hors de mon corps, en juin dernier. » répond Harry, avant de boire à nouveau une gorgée de thé…

« Sale souvenir pour toi aussi. Car je me rappelle pour ma part parfaitement bien, que tu n'as pas été à la fête non plus, lorsqu'il t'a possédé… » commente Neville, sur un long frisson…

Je frissonne moi aussi. J'ai eu mon lot de tortures et de douleurs, mais cela n'est en rien comparable assurément, à ce que Harry a eu à subir…

Et je croise fermement les doigts, pour qu'il obtienne le droit de vivre une vie longue et heureuse, en récompense de tous les efforts qu'il a eu à faire, toutes les souffrances qu'il a eu à subir, depuis sa prime enfance. Ce ne serait que justice qu'il puisse jouir tranquillement de la paix…

« Effectivement, Nev. Mais dis-toi que ce jour-là, je lui ai rendu la monnaie de son Gallion et que lui non plus n'a pas été à la fête, loin s'en faut… Bref… Pour répondre à ta question Papa, être hors de son corps, a totalement désorienté l'Esprit de Voldemort. Et Salazar par la même occasion, bien sûr. Ils étaient également très affaiblis tous les deux et il leur a fallu beaucoup de temps, plusieurs années en fait, pour retrouver un semblant de vigueur. Cependant, bien que leurs forces se reconstituent peu à peu, le cerveau archaïque des animaux possédés, essentiellement des rats et des serpents, ne permettait pas, ni à Voldemort, ni à Salazar, de réfléchir correctement. Ils ont donc essayé de posséder des Sorciers, à trois reprises, dans un laps de temps assez court. Mais à chaque fois ils se sont heurtés à une forte opposition, qui réduisait leur énergie presque à néant. Ils ont donc conclu qu'il fallait attendre avant de tenter à nouveau l'expérience, d'avoir à la fois retrouvé assez de forces et rencontré un Sorcier de faible caractère, qui accepterait de les laisser prendre possession de son corps, qu'ils projetaient ensuite carrément de lui voler, pour offrir à Voldemort une nouvelle enveloppe charnelle, tout à fait indépendante. Cependant, pour avoir assez de forces et mater ce Sorcier s'il venait soudainement à se rebiffer malgré leur accord, il leur fallait prendre des Potions à base Sang de Licorne, à défaut de boire du Sang de Licorne directement, ce que ne leur permettait pas la taille des animaux possédés. Ils savaient où trouver des fioles de ces Potions : en Albanie, dans l'un des refuges de Voldemort, celui-là même où il avait mené de nombreuses expériences, pour s'assurer l'Immortalité. Ils se sont donc rendus là-bas, profitant des moyens de transport Moldus, pour y parvenir et le hasard a voulu, deux ans environ plus tard, que leur chemin croise celui du candidat idéal à leur projet : Quirrell… » raconte Harry, avant de reprendre un peu son souffle…

Et se servir une autre tasse de thé, dont il boit immédiatement une petite gorgée…

« Pauvre Quirinus. Il avait un esprit remarquable, mais une personnalité terriblement faible. Il n'a pas dû opposer grande résistance à Tom. Et combien je regrette, de n'avoir pas deviné ce qui le tourmentait réellement, lorsqu'il est revenu de son premier voyage dans la Forêt Noire. Peut-être alors aurais-je pu lui éviter les désagréments qu'il a eu à vivre par la suite… » commente le professeur Dumbledore, sur un petit soupir…

« Vous n'avez aucun reproche à vous faire, Albus. Vous avez essayé, tout comme moi. Mais il était déjà trop tard pour lui. Voldemort lui avait beaucoup trop imposé sa volonté. Et le caractère de Quirrell était bien trop faible pour y résister… » le défend Pa, avec un certain fatalisme, avant d'inviter Harry à rapporter la suite de ce qu'il sait de cet épisode là…

« Quirrell n'a effectivement pas opposé grande résistance. L'Esprit de Voldemort, qui avait grâce aux Potions à base de Sang de Licorne, retrouvé presque toute sa… disons sa clarté entre guillemets, et sa rouerie, lui a fait miroiter monts et merveilles. Il a su le séduire avec ses belles promesses et le convaincre de vivre l'expérience unique, la suprême faveur de vivre l'éternité en sa compagnie. Cependant, bien que Quirinus Quirrell représente le candidat idéal, concernant la faiblesse de caractère, un obstacle s'est rapidement dressé sur le chemin de la réalisation du projet de Voldemort et Salazar : Quirrell était aussi d'assez faible constitution physique et son corps risquait donc d'être trop facilement affaibli, abîmé, peu à peu détruit par les inévitables meurtrissures et lésions inhérentes à une possession prolongée. Il fallait donc le renforcer, avant même de le posséder. En conséquence, Voldemort a demandé à Quirrell, de boire du Sang de Licorne et d'ingurgiter également d'autres Potions à base de Venin de Basilic, dont il lui a dicté la recette. Assez pour rendre le corps de Quirrell suffisamment fort afin que ni l'un, ni l'autre n'ait à souffrir de la possession, mais pas assez cependant, pour que Quirrell ait suffisamment de forces pour se rebiffer et le rejeter s'il venait à changer d'avis. Ce qui explique que le corps de Quirrell n'ait pas subi de dommages visibles, comme cela avait été le cas pour Voldemort, lorsqu'il est revenu à Poudlard… » explique Harry, avant de s'hydrater la bouche d'une bonne gorgée de thé…

« Quand exactement a-t-il pris possession de lui ? » demande Charly, tout aussi attentif que les uns et les autres, aux explications de Harry…

« Il a attendu plusieurs semaines. En fait, Voldemort a même failli ne pas le posséder du tout. Quirrell était très bavard et lui a raconté avoir rencontré Nicolas Flamel à Londres et qu'ils avaient voyagé dans le même wagonnet à Gringotts. Cela a fait resurgir des souvenirs dans la mémoire de Voldemort, des rumeurs qui faisaient état que Nicolas Flamel était parvenu à créer la Pierre Philosophale, permettant de vivre éternellement. Bien sûr, après s'être assuré que Quirrell ne se moquait pas de lui et qu'il avait bel et bien rencontré Nicolas Flamel en personne, Voldemort s'est aussitôt mis en tête de s'emparer de la Pierre Philosophale. Il pourrait ainsi, voler un corps plus fort, plus impressionnant que celui de Quirrell. Il a donc ordonné à ce dernier d'aller voler la Pierre Philosophale dans le coffre 713, fin juillet 1991. Ce que Quirrell a échoué à faire, puisque un peu plus tôt dans la journée, Hagrid avait retiré la Pierre Philosophale, pour vous la remettre, Albus… » répond Harry, en regardant le professeur Dumbledore

Celui-ci acquiesce d'un hochement de tête positif, précisant qu'il avait été alerté par les questions fébriles de Quirrell, qui l'avait assez longuement interrogé à propos de Nicolas Flamel, après un second séjour en Albanie et avait parlé de lui en des termes flatteurs qui ne lui correspondaient pas vraiment. Enthousiaste, il l'était assez souvent oui. Mais flagorneur jamais. Ajouté à sa fébrilité, cela lui a paru suspect et il a dès lors convenu avec son ami Nicolas Flamel, d'enlever la Pierre Philosophale de Gringotts pour la cacher soigneusement ailleurs…

Puis il invite Harry à poursuivre son récit…

« C'est à la suite de cet échec du vol de la Pierre Philosophale, que vers la mi-Août et sur l'incitation de Salazar, Voldemort a finalement décidé de s'accrocher carrément à l'arrière du crâne de Quirrell, afin de pouvoir se rendre avec lui à Poudlard. Il était en effet certain de retrouver trace de la Pierre Philosophale là-bas, étant donné qu'il avait appris, toujours grâce aux bavardages de Quirrell, la présence de Hagrid et moi-même sur le Chemin de Traverse, le jour même de sa tentative de vol, et que nous étions allés à Gringotts avant lui. Dans l'Esprit de Voldemort, il n'y avait pas de coïncidence possible. Hagrid avait retiré la Pierre Philosophale du coffre 713 et elle était maintenant à Poudlard. Ce qu'a tendu à lui confirmer la présence de Touffu dans une pièce de l'Aile, dont l'accès a été strictement interdite aux élèves le jour de la rentrée. Maintenant bien installé à l'arrière du crâne de Quirrell, il n'avait plus trop envie de le quitter, mais il avait compris que, malgré le Sang de Licorne qu'il le forçait à boire dans la Forêt Interdite, ce corps ne durerait pas aussi longtemps qu'il l'avait espéré, s'il en prenait définitivement possession. Il fallait donc qu'il en assure la pérennité grâce à la Pierre Philosophale, jusqu'à ce qu'il rencontre un autre candidat idéal. La suite, vous la connaissez. Je l'ai empêché de s'emparer de la Pierre Philosophale et il s'est privé par la même occasion, du corps de Quirrell… »

Harry pousse un profond soupir et son regard se fait un peu vague. Il a toujours considéré depuis ce fatal épisode, que Quirrell était mort par sa faute, il me l'a dit, lors de notre premier séjour ensemble au Paradis…

« Qu'est-il arrivé ? Comment Quirrell est-il donc mort ?» demande Maman, qui ne connaît pas toute cette histoire-là…

« Le contact de Harry l'a brûlé, littéralement consumé… » répond hâtivement Hermione, avec un regard compatissant pour Harry…

Mais celui-ci hoche négativement la tête et sourit pauvrement à Hermione, avant de jeter un regard circulaire, sur un léger soupir, et d'ouvrir de nouveau la bouche pour reprendre la parole…

« C'est ce que nous avons tous cru jusqu'à présent, mais en réalité ce n'est pas ce qu'il s'est produit, Hermione. Harry vient de dire : Je l'ai empêché de s'emparer de la Pierre Philosophale et il s'est privé par la même occasion, du corps de Quirrell… Ce n'est donc pas le contact de Harry qui a tué Quirrell, mais Voldemort ou Salazar, qui l'a fait. N'est-ce pas ? » intervient avec douceur Remus, son regard interrogeant Harry

« C'est ce qui est en substance arrivé, oui… » accorde Harry, avant de raconter : « En fait, Voldemort a deviné que je savais où était la Pierre Philosophale et lorsque j'ai obstinément refusé de lui dire où elle se trouvait, il a tenté de m'extirper ce renseignement en usant de la Legilimancie. Cependant comme il n'avait pas de corps à proprement parler, son Esprit ne pouvait pénétrer le mien, sans que Salazar soit obligé de le suivre à l'intérieur du mien. Hors, Salazar savait que Tristan était là, dans mon corps. Il avait déjà essayé de s'en approcher, mais il s'était toujours retiré, car la douleur le faisait reculer. Cependant cette fois ci, sa proximité immédiate l'a rendu littéralement fou et cela a été plus fort que lui. Malgré sa terrible douleur, il a voulu s'emparer de Tristan, pour retrouver son unicité. Naturellement, Tristan n'a pas voulu se laisser gagner par la noirceur et Salazar voulait rester ténébreux. Ils ont donc lutté, ainsi qu'ils l'avaient fait dix ans auparavant. La douleur qui en a résulté a été terrible, pour lui, pour l'Esprit et l'Âme de Voldemort, pour moi-même, mais également pour Quirrell, puisque Salazar et Voldemort étaient attachés à l'arrière de son crâne, directement reliés à son cerveau en fait, pour mieux contrôler ses pensées et ses actes, si cela s'avérait nécessaire. Lorsqu'il a ressenti cruellement la brûlure de cette lutte, Quirrell a essayé de résister à Voldemort et Salazar. Mais ils l'ont obligé à me retenir car je me débattais pour lui échapper et, de plus, dans l'espoir de rapidement gagner le Combat qu'il menait contre Tristan, Salazar a transféré une grande partie de sa douleur dans l'Esprit de Quirrell, grâce à une formule de Magie Noire. Ce dernier a eu alors le sentiment d'être consumé vivant dans les flammes de l'Enfer, se réduisant peu à peu en cendres. Et étant donné la nature du Maléfice de Magie Noire dont avait usé Salazar, qui entre dans la même catégorie que celle de la Barrière de Protection qui a si terriblement blessé Ron, le corps de Quirrell a vraiment commencé à subir des brûlures. Cela a naturellement décuplé sa douleur au centuple. Le malheureux hurlait. Il souffrait tant que son cœur, déjà affaibli par la possession dont il faisait l'objet, allait très bientôt lâcher. Alors Salazar a dû abandonner la lutte et il s'est brusquement arraché de mon Esprit, entraînant celui de Voldemort et son Âme avec lui. Et puis, fou de rage d'avoir échoué parce que Quirrell avait un corps et un esprit trop faible, il s'est également brusquement arraché de son cerveau, causant alors des dégâts irrémédiables qui ont finalement tué le malheureux. »

Putain. Quelle horreur ! Ça dépasse l'entendement…

« Ce n'est donc pas ta faute, si Quirrell est mort. Je veux dire, ce n'est pas à cause de la Protection dont tu bénéficiais grâce au sacrifice de tes parents. Mais es-tu certain que c'est Salazar, qui a jeté le Maléfice qui a consumé Quirrell ? Cela pouvait être Voldemort. Enfin, son Esprit… » commente Hermione, sourcils froncés sur la réflexion…

« Oui, j'en suis certain. Salazar aussi, a laissé des souvenirs dans son sillage… » soupire Harry, qui ajoute après une petite hésitation : « Et si tu pouvais accéder à ta mémoire profonde grâce à Magie Mère, comme cela a été mon cas, sans doute découvrirais-tu qu'il en a aussi laissé dans la tienne, lorsque nous étions en Communion Magique et que nous avons été malgré nous, emportés dans le corps de Nagini… »

Ron, Nally et Pa grimacent aussitôt de concert avec Hermione. Car ce qu'a dit Harry à Hermione, est aussi valable pour eux, bien entendu…

« Des souvenirs de Salazar. J'espère qu'il y a moyen de se débarrasser de cela ou qu'ils n'auront jamais l'occasion d'empoisonner mon existence, en restant profondément enfouis. » commente Pa, avant de demander, en arquant un sourcil : « Ceci dit, puisque tu abordé ce sujet, sais-tu comment il été possible, que nous soyons entraînés dans le corps de Nagini ? »

Harry hoche la tête pour acquiescer, avant de répondre

« Quand je suis à proximité, Salazar ne peut s'empêcher de tenter des approches. Bien sûr, la malheureuse expérience avec Quirrell, l'a incité à la prudence et il m'a laissé plutôt tranquille après cela. Ensuite, il y a eu les rêves que Voldemort m'a imposés, puis, au Ministère en juin dernier, la tentative de possession qu'il a orchestrée. Celle-ci a considérablement refroidi Salazar aussi bien que Voldemort. Par ailleurs, maintenant mes Barrières Mentales forment un solide bouclier, protégeant Tristan par la même occasion et il a bien compris cela. Mais lorsque j'étais à Priest Hole Manor, j'étais tellement faible, que Salazar a essayé d'en profiter à chaque occasion, pour s'emparer de Tristan, en l'attirant vers lui. Grâce à vous, mes Barrières ont tenu bon la plupart du temps, même si nous avons eu à souffrir de sa présence. Cependant, il est parvenu à accrocher suffisamment Tristan, pour que nous soyons tous emportés dans l'Esprit de Nagini, lorsque Voldemort en a pris possession pour mener son expédition punitive contre Parkinson fils. Même chose après, lorsqu'il s'est agi d'aller tuer Parkinson mère et Hirkani. Et comme il ne lâche pas l'Esprit et l'Âme de Voldemort, nous pouvions voir à travers les yeux de ce dernier et entendre ses pensées, tout comme Salazar le fait… » répond Harry, tandis que je frémis…

Voilà bien quelque chose que je suis heureux n'avoir pas à vivre…

« Ok… Globalement je comprends. Même si cela reste encore un peu nébuleux pour moi… » soupire Ron, en frottant quelque peu sa barbe naissante…

« Ça le reste aussi pour moi, tu sais. Du moins, je ne comprends pas que Voldemort ne se soit pas rendu compte que nous étions avec lui. Qu'il n'ait rien senti, aucune douleur. Mais je suppose que Salazar s'est bien gardé de la lui faire ressentir. Ou alors, peut-être Salazar était-il lui-même trop occupé pour se rendre compte qu'il avait aussi accroché nos Magies… » se hasarde Hermione, sourcil froncés…

« Oh non ! En réalité, Salazar savait, que vous étiez-là, vous aussi. Il voulait me faire du mal, pour m'affaiblir. Et vous affaiblir par la même occasion, afin que vous ne me donniez plus votre Energie. C'est pourquoi il n'a pas lâché Tristan, quand Voldemort a décidé de posséder Nagini et qu'il s'est assuré que nous allions suivre aussi. Ce salopard manipule Voldemort et a essayé de nous manipuler également. Mais votre amour pour moi et mon amour pour vous a été plus fort que lui. Tristan et la Magie de Sirius nous ont bien aidés également à lui faire barrage… » déclare Harry, avec douceur, plongeant ensuite son regard dans celui de Ron, avant d'ajouter : « C'est lui, Salazar, qui t'a expulsé lorsque tu as été blessé Ron. Il a compris ce qui nous lie tous les deux et espérait que te tuer, me tuerait en même temps, ce qui n'aurait laissé aucune chance à Tristan de lui échapper, lui-même affaibli, non seulement par son propre Combat, mais également par l'aide qu'il m'a apporté, pour lutter contre la mort, puis contre mes cauchemars. Mais malgré la profonde douleur que j'ai ressentie et les terribles cauchemars qui m'épuisaient, j'ai conservé de l'espoir dans mon cœur et Salazar a échoué encore une fois. Par ailleurs, dans l'effort qu'il a fait pour se débarrasser de toi, il a perdu contact avec Tristan, ce qui a permis notre évasion à Jérémy et moi-même… »

« Eh bien que Salazar essaye encore de venir pour s'emparer de Tristan, quand je suis dans le coin et je te garantis que le Grizzly le mettra en pièces, ce salopard, à coups de griffes bien placés… » répond Ron, la mâchoire crispée et le regard noir…

Et je me dis soudainement, que c'est peut-être la solution à notre problème. Que Ron est peut-être le pouvoir que Voldemort n'a pas, en fin de compte…

Ou plutôt Salazar en l'occurrence…

OoOoOoO

Sirius

Nom de Zeus ! C'est de plus en plus surréaliste !

Si je récapitule bien tout ce qui a été dit depuis le début de la Réunion, ce n'est plus un seul pire ennemi que nous avons à combattre dans le Monde Sorcier maintenant, mais bel et bien deux : un presque Fantôme, qui en deviendra assurément un complet, si on tue le corps qu'il occupe actuellement et une part de Magie qui manipule son hôte comme une marionnette …

Finalement, dis comme ça, c'est plus que surréaliste encore…

Et ça fait passer Balegarian loin derrière, dans le concours du monstre le plus tordu à abattre.

« Il ne le fera plus, Ron. La dernière fois qu'il a essayé de manipuler mon Esprit, il a compris que j'ai acquis ma maturité Magique et pris la mesure de ma puissance. Il sait qu'il est désormais inutile de tenter sa chance ainsi… » répond Harry, avec un regard attendri pour Ron…

« Il a quand même fait un dernier essai, avant la Bataille de Godric's Hollow… » murmure ce dernier, tandis que Harry acquiesce du chef…

« Oui et non. Enragé par sa colère, Voldemort a cherché à implanter dans mon Esprit, son désir de te faire du mal, de te tuer. Mais il s'est heurté à ma Barrière de plein fouet et n'a pas pu me faire passer clairement le moindre message, tandis que moi, je pouvais confusément saisir ce qu'il a pensé. Salazar a donc été contraint et forcé de le suivre. Et il a alors compris que Voldemort ne pourrait pas m'abattre aussi facilement qu'il l'espérait ce soir-là. C'est d'ailleurs ce qui l'a décidé à prendre et garder le contrôle. Il a pensé que sa Magie brute avait plus de chance de me vaincre ou encore, que tu serais auprès de moi, comme au Terrier et qu'il pourrait alors te tuer, ce qui m'affaiblirait considérablement. Mais il en a été pour ses frais encore une fois. Il n'essayera sûrement plus de m'avoir de cette façon… » précise Harry, sur un soupir, avant de se frotter un peu la nuque…

Il est fatigué, épuisé même, c'est parfaitement visible. Mais je connais assez son entêtement, pour savoir qu'il refusera que l'on suspende la Réunion, si nous le lui proposons encore une fois. Et il le fera aussi longtemps qu'il n'aura pas répondu à toutes nos questions …

« Mmmm…. Mais je devine, que depuis, je reste quand même l'ennemi à abattre à tout prix à ses yeux, s'il veut avoir une chance de réussir à te tuer... » déclare Ron, en haussant un sourcil…

« Probablement, oui. » acquiesce Harry, avant de saisir la tasse de thé que j'ai fait Léviter jusqu'à lui…

Ça ne l'aidera pas beaucoup à se sentir plus éveillé, mais c'est mieux que rien et je préfère m'abstenir de lui filer une Potion Revitalisante. Il en a sûrement pris déjà avant de nous rejoindre et mieux vaut ne pas trop en abuser…

« Ok. Ben il faudra qu'il se lève de bonne heure, parce que je n'ai pas l'intention de me laisser avoir aussi facilement. » déclare Ron, avec un sourire assuré, destiné à Harry qui le lui rend…

« Bien, tout ceci éclairci, revenons à la question de départ : celle du corps de Voldemort. Après avoir lâché celui de Quirrell, qu'ont fait Salazar et Voldemort ? » demande Galdor, avec une belle persévérance…

« En plein accord avec l'Esprit de Voldemort, Salazar a profité d'être à Poudlard, pour aller s'engouffrer dans celui du Basilic. Ce qui a permis à l'un et l'autre de retrouver des forces très rapidement et même de prendre contact avec Pettigrew, qu'ils avaient bien sûr repéré. Et ils ont pris de temps en temps possession de lui, durant l'été… » répond Harry, ses lèvres se pinçant tout comme les miennes, à l'évocation de mon défunt ex-ami félon …

Bien qu'il soit mort dans de terribles souffrances, je n'arrive pas encore tout à fait à lui pardonner ses trahisons, ses mensonges… Son absence de regrets, même à la toute fin, au seuil de la mort…

Il erre maintenant solitaire, rongé de remords et de regrets, dans la nuit totale des Ténèbres, me dis-je cependant soudainement, en songeant à ce qu'a expliqué Nally tout à l'heure. Et je me surprends à éprouver de la pitié, comme lorsque Peter se tordait de souffrances, après avoir été mordu par le Taïpan du Désert…

Mon pardon pourrait-il l'aider à se sentir moins misérablement seul dans ses tourments ?

Il faudra que je réfléchisse à tout ça. Mais pour l'heure, je dois rester concentré sur la Réunion…

« Ouais… Et bien sûr, c'est ce sale rat, qui est allé dire à Lucius de glisser le journal de Jedusor dans les affaires de Ginny, n'est-ce pas ? » intervient Ron, sur un soupir excédé…

« Exactement. Mais pas sans que Voldemort ait au préalable pulvérisé une Potion de Magie Noire dessus, qu'il a pu concocter, après avoir pris possession de Lucius, trop heureux de lui rendre ce service… » approuve Harry, tandis que Draco grimace…

« Décidément, il se sera fait empapaouter de partout ce salopard de nécrophile. Même dans son Esprit… » déclare-t-il, ajoutant au murmure perplexe de Blaise : « Ben quoi ! Il baise bien avec Voldemort qui n'est plus vivant au sens propre du terme, n'est-ce pas ? Par conséquent qu'il le veuille ou non, Lucius baise avec un mort. Il est donc nécrophile… »

J'en ai la chair de poule. Avant que Draco ait fait cette remarque, c'était déjà répugnant d'assister, contraint et forcé par mes Missions d'Espionnage, aux ébats sexuels de Voldemort. Maintenant ce sera pire encore. J'en ai le cœur au bord des lèvres…

« J'aurais préféré que tu t'abstiennes d'effectuer ce commentaire, Draco. Ça ne va pas être coton de repousser l'image mentale qu'elle a fait surgir dans mon cerveau, la prochaine fois que je suis de garde dans la Base et que l'affreux baise avec Lucius ou ses éphèbes… » soupire d'ailleurs Bill, sous le hochement de tête approbateur de toutes celles et ceux qui veillent régulièrement devant les Ecrans…

« Désolé pour vous… » s'excuse Draco, l'air contrit, avant de se dépêcher de demander à Harry : « Qu'est-ce qu'il a donc pulvérisé comme Potion de Magie Noire, sur le journal que Lucius a mis dans les affaires de Ginny ? »

« Je ne sais pas exactement. Mais si j'ai bien compris, elle était destinée à aspirer les forces vitales de Ginny, pour en nourrir les résidus de sueur et les squames laissés par les mains de Tom Jedusor dans le journal, quand il s'en servait autrefois, ainsi qu'un ou deux cheveux, glissés dans les rainures des pages, permettant ainsi à son ancien corps d'adolescent de renaître…. » répond Harry, sur un petit haussement d'épaule qui signifie qu'il ne peut en dire davantage…

A ses côtés cependant, Hermione sursaute, arrondissant les yeux horrifiés…

« Oh Merlin ! De la Sorcellerie biologique moléculaire ! » s'exclame-t-elle, les mains tremblantes…

« De la Sorcellerie biologique moléculaire ? » demandent en écho quelques voix, dont la mienne…

« Oui ! Voldemort a usé de l'ADN qu'il a laissé volontairement ou non dans son ancien journal, pour fabriquer un clone de lui-même ! C'est… Effrayant ! Positivement effrayant ! Il faut vraiment l'anéantir et l'empêcher de devenir un Fantôme ! Parce qu'il pourrait influencer un Esprit faible, pour recommencer ce genre de chose un jour ou l'autre ! Et peu importe même qu'il n'ait plus de Magie alors ! Parce qu'il pourrait toujours faire du mal à tout un tas de monde ! Oh Merlin ! Il pourrait même faire faire des dizaines et des dizaines de clones de lui-même ! Une véritable armée démoniaque qui pourrait accomplir le mal partout ! Il va falloir détruire, brûler tout ce qu'il a pu toucher dans sa vie ! Et il faudra aussi s'assurer qu'il n'a pas laissé une trace écrite de la formule de cette Potion de Magie Noire qu'il a employée ! Ne note même pas cela dans le compte rendu de notre Réunion, Remus ! Personne ne doit jamais parler de cela ! Jamais ! C'est beaucoup trop dangereux ! » s'affole Hermione, au bord des larmes soudainement

« Du calme, ma Douce. Ce cauchemar que tu nous décris-là, ne se produira pas. Voldemort s'est assuré que Lucius ne se souvienne pas de la formule de la Potion, ni même de lui avoir prêté son corps à vrai dire. Lucius ne se souvient pas du tout avoir reçu l'ordre de mettre le journal dans les effets d'un ou une élève très jeune de Poudlard. Il croit en avoir eu l'idée lui-même, car c'est ce que voulaient Salazar et Voldemort. Et la recette n'est inscrite nulle part, Voldemort craignant que quelqu'un s'en empare un jour, pour s'en servir à son propre compte. Quant à son journal, je l'ai assez abîmé pour faire disparaître le corps qui prenait la vie de Ginny. Par ailleurs, nous allons nous débarrasser définitivement de Voldemort. En conséquence, il ne reviendra jamais. Pas même sous la forme d'un Fantôme…» lui assure Harry, avec un sourire rassurant…

« D'accord, Harry ! Je te fais confiance, il va disparaître oui ! Mais les restes du journal sont toujours imprégnés de cette Potion ! Imagine que quelqu'un le trouve et écrit sur les pages qui ont été épargnées lorsque tu l'as abîmé ! Tout pourrait recommencer ! Alors dis-moi, où est-il, ce journal ? Il faut le brûler ! » s'exclame encore Hermione, avec une détermination désespérée…

Harry pousse un petit soupir et se frotte la nuque avec lassitude encore une fois. Il a l'air un peu ennuyé aussi…

« Je ne sais pas où il est. Mais il y avait assez de Venin de Basilic, pour empoisonner toute l'encre qui s'est déversée du journal et sans doute n'y a-t-il plus dedans un seul gène utilisable. Alors même s'il est encore en possession de Lucius auquel je l'avais rendu, ce. … » répond-il ensuite, avec douceur, avant d'être interrompu

« Quoi ! Tu as rendu le journal à Lucius Malfoy, Harry ! Mais c'est parfaitement inconscient ! Voldemort l'a sans doute récupéré et s'il peut en tirer quelque chose il le fera ! Par Morgane, comment as-tu pu commettre une erreur pa…. » s'exclame Hermione, avant qu'Albus, qui tentait depuis tout à l'heure de prendre la parole, se décide à passer outre ses scrupules habituels d'interrompre le discours de quelqu'un…

« Le journal est dans mon bureau, Hermione. Il s'est échappé des mains de Lucius, lorsque Dobby l'a fait tomber dans les escaliers. Lucius est parti en le laissant où il était tombé, mais Dobby l'a récupéré et il est venu me le remettre. Je le brûlerai dès notre retour. Il n'y a donc aucune crainte à avoir, Hermione… » déclare-t-il, avec une douce fermeté, au soulagement visible d'Hermione …

« Ouf… Voilà une affaire classée alors… » dit-elle, sur un profond soupir…

« Ouais. Alors passons donc à la suivante ou plutôt à la suite des pérégrinations de Salazar, accroché à l'Esprit et l'Âme de Voldemort. Cette fois, il n'avait plus de Basilic à disposition, alors qu'a-t-il fait ? » intervient aussitôt Ron, qui a l'air assez pressé soudainement que la Réunion se termine…

Lui aussi fatigue visiblement.

« Il a laissé tomber Pettigrew, le chargeant de me surveiller sans relâche, et il est reparti en Albanie, afin d'y reprendre des forces, grâces à ses Potions. Pettigrew, l'a rejoint là-bas un an plus tard, après nous avoir échappé. Tout comme Salazar, l'Esprit de Voldemort avait retrouvé des forces et il a possédé Pettigrew durant un petit temps, ce qui lui a permis de cogiter et de mettre au point une nouvelle tactique : se façonner un nouveau corps, grâce cette fois, à une Potion de Magie Noire, les ossements de son père, la chair de son Serviteur et mon sang. Ce dernier ingrédient était une idée de Salazar, qui espérait ainsi, que mon contact ne le brûlerait plus. Jusqu'à ce qu'il se rende compte, qu'en réalité, mon sang n'avait rien à voir avec sa douleur. La seule différence, c'est que l'Esprit et l'Âme de Voldemort, ne la ressentent plus. Mais ça, je ne sais pas pourquoi. Voldemort et Salazar ne peuvent plus non plus communiquer directement. Il leur faut un vecteur. Alors, quand il veut s'exprimer et manipuler Voldemort ou que ce dernier souhaite lui parler, Salazar entraîne l'Esprit de l'affreux dans son Serpent. Ceci dit, contrairement à ce que nous pensions, Voldemort sait qu'il communique avec Salazar. En revanche, il ne sait pas qu'ils ont besoin d'un vecteur dorénavant. Et c'est ce qui le laisse désorienté et confus durant quelques secondes, après chaque possession. D'autant plus d'ailleurs quand ce n'est pas lui qui a voulu ce contact avec Salazar… » révèle Harry, avant de prendre un biscuit et de croquer dedans…

Ce n'est pas qu'il semble en appétit. J'en déduis donc qu'il recharge un peu ses batteries avec du sucre…

« En fait, Voldemort ne se rend pas compte qu'il possède son Serpent, car ce n'est pas lui qui est aux commandes lorsque cela se produit… » conclut Nally, qui sort du silence dans lequel elle est murée depuis pas mal de temps…

Harry acquiesce d'un hochement de tête à sa conclusion…

« Et Voldemort voit vraiment Salazar sous l'aspect de Messire Salazar ? C'est étonnant ça. Je pensais que la Magie prenait automatiquement l'aspect de son hôte… » fait remarquer King, arquant ses deux sourcils pour exprimer son étonnement…

« Oui, il a vraiment l'aspect de Messire Salazar. En nettement moins aimable. Il y a une explication au fait qu'il ait pris cette apparence. En fait, comme vous le savez tous maintenant, la Magie partage les souvenirs de son hôte. Salazar a compris l'admiration que Voldemort vouait à son Ancêtre. Il a donc pris l'aspect du Portrait que le jeune Tom Jedusor avait si souvent contemplé lorsqu'il était à Poudlard, pensant ainsi gagner son respect et pouvoir dominer aisément son Esprit. Mais finalement, il a été assez déçu, car malgré son admiration, Voldemort a toujours pensé au fond de lui, qu'il est lui-même bien plus intelligent que l'était celui dont il se croit le descendant. Par ailleurs, depuis qu'il a retrouvé un corps, Voldemort est la plupart du temps le dominant de ce couple infernal, car c'est lui, qui fournit maintenant toute l'énergie dont a besoin Salazar pour s'exprimer… » explique Harry, avant de croquer dans un second biscuit…

« Comment Salazar parvient-il, dans ces conditions, à le dominer parfois ? » demande alors Remus, me devançant d'un poil…

« Il se nourrit de la colère de Voldemort et de la débauche d'énergie qu'il fournit dans ces cas-là. Ceci dit, même s'il se tient en retrait la plupart du temps, c'est quand même lui qui mène la danse. Il manipule Voldemort à sa guise ou presque en lui insufflant ses idées. Et bien sûr, il a compris bien plus que Voldemort, lorsque celui-ci a lu pour la première fois la version grecque du Livre des Origines, il y a de cela pas mal d'années, au temps où il était dans les bonnes grâces encore d'Abraxas Malfoy. Et depuis qu'il a trouvé une certaine indépendance, il manœuvre Voldemort, afin que celui-ci accomplisse son projet… » déclare Harry, la mine assez sombre…

Aussitôt, un certain nombre de paires d'yeux se plissent, des sourcils se froncent…

« Tu as bien dit que Voldemort a lu la version grecque à l'époque où Abraxas était en vie ? Et en quoi consiste le projet de Salazar ? Est-ce bien ce qu'a deviné Ron ? » demande Nally, assez surprise…

« Oui. Voldemort a trouvé la version grecque dans la bibliothèque à l'époque lointaine où il a été le précepteur de Lucius. Tristan n'a jamais assimilé les connaissances ingurgitées par Voldemort, que ce soit celle renfermées dans ce livre ou les autres, car il s'y refusait. Mais Salazar lui, s'en est souvenu bien sûr et lorsqu'il a retrouvé des forces, il a commencé à élaborer son projet, en manipulant l'Esprit de Voldemort. Plus tard, quand ce dernier a enfin eu de nouveau un corps solide, il a récupéré le Livre en grec, qu'il avait emporté en Albanie autrefois. Et il a cherché les autres versions dans tout le Manoir, dès qu'il y a remis un pied, mais ne les a pas trouvées. Il en a donc conclu qu'Abraxas ne disposait que de la version grecque. Ceci dit, Salazar n'a pas besoin des autres versions pour comprendre quant à lui. Il sait. Ou tout au moins croit tout savoir. Il maintient volontairement Voldemort dans l'ignorance, pour mieux le leurrer et mener sa propre barque là où il veut… » répond Harry, dont le regard se fait soudainement assez lointain…

Je ne sais pas à quoi il pense soudainement, mais j'ai quant à moi le sentiment qu'une véritable bombe nous est tombée sur la tête aujourd'hui et que nous sommes loin, très loin encore d'en mesurer toutes les retombées.

J'en ai les poils qui se dressent sur tout mon corps en tout cas. Car une chose est certaine : nous débarrasser définitivement de Voldemort et Salazar sera ardu.

On n'a pas fini d'en voir le bout. Non, on n'a pas fini…

OoOoOoO

Ron

Bon, je ne sais pas ce à quoi Harry pense, mais de toute évidence il est à cent mille lieues d'ici et nous avons intérêt à le ramener avec nous, si nous voulons le savoir…

« Harry ?…» appelle-je donc avec douceur, en pressant un peu l'épaule de mon petit ami pour attirer son attention sur moi, avant de lui sourire et d'ajouter : « Nous attendons la suite… »

« Oh… Je suis désolé. J'étais parti ailleurs. En fait, j'étais en train de me faire la réflexion que Salazar est vraiment le reflet total de Voldemort. Il se comporte exactement comme lui en tout point, c'est effrayant… Mais où en étions-nous déjà ? » réagit Harry, secouant un peu la tête pour achever de revenir au présent, avant de poursuivre : « Ah oui, le projet de Salazar. Eh bien, ça va encore plus loin que tu l'as deviné cet après-midi, Ron. Car il ne veut pas seulement se réunifier avec Tristan. Tout comme Voldemort il veut vivre éternellement. Et comme il a parfaitement conscience que le corps de Voldemort est vulnérable et ne lui permettra pas de réaliser ce désir, il en est arrivé à la conclusion que le seul moyen d'accéder à la vie éternelle, c'est de libérer la Magie Noire emprisonnée dans la Pierre, de l'absorber et grâce à toute la puissance ainsi acquise, d'asservir Magie Mère… »

Ça provoque illico des remous et des murmures effarés.

« Putain… Il est vraiment frappé… Et étant donné les conditions actuelles, où la Pierre est déjà sur le point ou presque d'exploser et de libérer toute la Magie Noire qu'elle contient, je me demande s'il est raisonnable de mener Voldemort sur le Sentier des Enfants Perdus, comme tu penses que nous devons le faire, pour en venir à bout, Harry. Imagine que Salazar prenne la direction des opérations à ce moment-là et parvienne à s'emparer de Megildur en prime… » commente aussitôt Draco, sans aller plus loin dans sa réflexion, mais frissonnant longuement…

« Je sais, nous serions tous foutus. Le Monde entier serait foutu… Mais j'ai pensé à cela durant quelques heures déjà, quand j'étais dans le Temple. Le danger serait le même, si Voldemort s'emparait de Megildur et je reste persuadé que nous devons maintenir notre projet, non seulement pour le vaincre lui, mais aussi Salazar. Je suis sûr aussi de tenir une idée, qui nous permettra d'y arriver. Cependant je n'arrive pas à la mettre à jour. J'espérais pouvoir le faire, durant la Réunion. Je me disais que tout vous raconter, répondre à vos questions, éclaircirait mon Esprit et la ferait surgir, mais non… Je dois être trop fatigué peut-être… » répond Harry, se mordillant brièvement la lèvre inférieure, avant d'ajouter : « En même temps, je n'arriverai pas à dormir, aussi longtemps que je n'aurai pas mis le doigt dessus… »

Harry soupire et je soupire avec lui. Je suis tout aussi crevé ou presque et j'ai bien du mal à coordonner mes idées également.

« Je comprends tes préoccupations, Harry et ton désir de mettre bon ordre dans tes idées, avant de te laisser aller au repos. J'ai le même sentiment que toi. Mais peut-être avons-nous simplement eu trop d'informations d'un seul coup et qu'il vaut mieux les laisser décanter, pour y voir clair… » déclare-je, avec douceur …

« Ron a raison, Harry. Tu as cruellement besoin de repos. Par ailleurs, j'avoue sans peine, que mes neurones sont sur le point d'exploser avec cette surcharge de révélations à laquelle nous avons eu droit. Revoir tout cela à tête reposée, nous permettra de faire le point et de te poser, de nous poser, de nouvelles questions éclairantes… » m'appuie Nally, avec une douce fermeté…

« Je suis exactement du même avis. Ça bouillonne trop dans ma tête pour que quelque chose de cohérent en sorte maintenant. J'ai besoin de faire un petit footing dans le calme de la forêt, pour remettre ma tête à l'endroit… » renchérit Draco, en se levant, l'air fermement décidé à mettre son idée à exécution illico presto…

« Ok… Ok… » capitule Harry sur un soupir, en se levant lui aussi.

Bien évidemment, je l'imite aussi sec. Mais nous n'avons pas fait trois pas, que Harry s'arrête, sourcils froncés…

« Harry… » l'appelle-je, après quelques secondes, en lui prenant la main, décidé à l'entraîner vers notre Yourte, contraint et forcé s'il le faut…

« Fichue idée. Elle est là, mais ne veut pas sortir… » murmure Harry, sans même relever les yeux vers moi, mais se mettant en train dans un automatisme…

« Elle viendra en son temps… » assure-je, tandis que Harry acquiesce machinalement….

Mais il est plongé dans ses pensées et je suis certain au fond de moi, qu'il ne m'a pas vraiment entendu. Je profite néanmoins de sa coopération relative, pour le ramener dans notre Yourte…

Une bonne douche l'aidera à se détendre, me dis-je, l'emmenant dans la salle de bains. Mais il se déshabille mécaniquement lorsque je lui suggère de le faire et l'instant d'après, le jet d'eau chaude n'a pas l'air de lui faire grand effet. Il reste en effet figé, tout geste suspendu, avec la bouteille de shampoing qu'il a prise en main dans un pur réflexe forcé par l'habitude

Alors je prends la bouteille de shampoing de ses mains et j'entreprends de lui laver moi-même la tête, la rinçant ensuite longuement, avant de laisser glisser mes mains le long de son corps, picorant son cou de baisers…

Et ça marche. Mes caresses le sortent peu à peu de sa torpeur songeuse, il se tourne enfin vers moi, cueillant ma bouche au passage et ses mains se font aussi baladeuses que les miennes. De baiser en baiser, de caresse en caresse, la fièvre nous gagne et ça se termine finalement dans le champ de bataille de notre lit, aux draps humidifiés par leur contact avec nos corps et cheveux mouillés de notre douche…

Voilà. Harry est parfaitement détendu maintenant. Le sommeil le gagne et je me laisse tout comme lui lentement aller dans les brumes qui m'envahissent la tête…

« Bon sang ! Mais bien sûr ! Suis-je idiot de n'avoir pas pensé à cela plus tôt ! » s'exclame cependant soudainement Harry, me faisant sursauter…

J'ouvre les yeux. Harry s'est redressé sur un coude, me regardant les yeux brillants d'excitation et je réprime un soupir de lassitude…

« Ok, vas-y, expose… » invite-je, adoptant la même position que lui, mon regard plongé dans le sien…

« Je me suis trompé l'autre jour ! Ce n'est pas Draco, qui doit venir avec moi, c'est toi ! Car l'amour c'est la clef, Ron ! Je suis celui qui a la puissance nécessaire pour vaincre Voldemort, mais Tristan aura besoin de nous deux, pour vaincre Salazar ! Comme autrefois, il faut un couple d'Âme Sœur, pour le nourrir d'amour ! Et même si ce sera dur, même si nous aurons probablement à en souffrir, nous n'aurons pas à sacrifier notre vie, comme mes parents l'ont fait. Car ils ont accompli le plus difficile. Ils nous ont ouvert la voie, Ron. » m'explique Harry, l'air totalement confiant en notre réussite…

« Ok… Et comment devons-nous nous y prendre, selon toi, pour réussir notre entreprise ? Et comment convaincre Voldemort de m'emmener avec toi, à la place de Draco ? Car il ne faut pas se leurrer, la durée d'effet du Polynectar est trop courte, pour que nous espérions que cela suffise pour tromper Voldemort sur la marchandise. » répond-je, plissant un peu mon front, dans ma propre réflexion…

« Je n'en sais fichtrement rien pour l'instant. » » admet Harry, qui soupire et réfléchit un chouia, avant d'ajouter : « Il faut en parler avec les autres. A nous tous, nous aurons une bonne idée, c'est sûr… »

Et il fait aussitôt mouvement pour se lever. Mais je le retiens par le bras…

« Maintenant que ton idée est là, elle ne va pas s'envoler, Harry. Alors reposons-nous avant d'aller l'exposer aux autres. Nous en avons besoin tous les deux…» déclare-je, en l'attirant vers moi…

« Mmmm… Oui, tu as raison… » cède aussi sec Harry, en se coulant dans mes bras…

Et cette fois, plus rien ne vient troubler sa quiétude…

La mienne en revanche, est un peu mise à mal. Accompagner Harry sur le Sentier des Enfants Perdus, j'avais prévu de le faire d'une façon ou d'une autre, alors ce n'est pas cela qui m'empêche de dormir, c'est sûr…

Et Voldemort sera sans doute trop heureux de nous suivre là-bas, s'il pense que cela lui permettra de réaliser son rêve délirant, d'obtenir l'Immortalité après laquelle il court depuis toujours…

Mais parviendrons-nous à leurrer Salazar ?

Et pouvons-nous toujours exploiter l'idée de Messire Salazar ?

Au bout de quelques minutes cependant, je me décide à remettre ces questions à plus tard. Et je me laisse bercer par la respiration paisible de Harry, qui dort comme un bienheureux, un sourire flottant sur ses lèvres…

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.

V