Le printemps semblait en si bonne voie et pourtant, ces nuages, lourds et menaçant ne pouvaient mentir.
Il allait neiger.
Raph regarda le ciel en fronçant les sourcils, debout devant les fenêtre de son appartement. La météo annonçait une tempête aussi terrible que tardive dans l'année, mais ce n'est pas ce qui inquiétait le Nigthwatcher. Ce qui lui causait du souci était derrière les rideaux de l'immeuble d'en face. Il savait que son partenaire craignait les tempêtes et se demandait comment il allait.
Il se souvenait avec des frétillements dans l'estomac de leur nuit passionnée de la veille. Après avoir combattu encore le crime, comme ils le faisaient ensemble depuis cinq jours, Raphael avait enfin convaincu son amant, à la voix enrouée par ce qui semblait une vilaine grippe, de passer à la partie sexuelle de leur soirée dans le confort de son appartement. Il régnait encore dans la pièce l'odeur boisé habituel du beau Leo et Raphael s'était masturbé déjà trois fois aujourd'hui avec l'oreiller sur lequel l'autre jeune homme avait posé la tête.
Car Leo, peu avant 4 heures, avait déserté sa couche, devant rendre des comptes au geôlier de l'immeuble en face. L'italiano-Américain serra les poings. Dire qu'il détestait son rival n'était qu'un euphémisme. Il n'avait de cesse que de recevoir les résultats de l'enquête plus poussée de son informateur. Il avait demandé une seconde contre-expertise au sujet des médicaments de Mikey et l'informateur lui avait promis pour le lendemain le dossier médical complet du garçon ainsi que le rapport d'autopsie détaillée de la mère de son amant. Dans une vingtaine d'heures, il en aurait le cœur net et pourrait fort probablement confondre le docteur. C'était la raison pourquoi il n'avait fait encore part de rien à Leo. Il voulait avoir des preuves irréfutables en main, lorsqu'il lui ferait ses révélations.
Collant son front contre la vitre, il repensait au bien-être du souffle chaud de son partenaire, pressé derrière lui, contre son oreille quand ils avaient brièvement reposé, avant le départ du jeune homme aux cheveux noirs. Il voulait des nuits semblables toutes les nuits…mais plus longues.
Il se questionna si son amant, qui associait la neige à la perte d'un être aimé, craindrait pour lui, Raph, puisque la seule autre personne que Leo aimait, son petit frère, était en sûreté avec lui dans l'immeuble, en face.
Il écouta le vent mugir, essayant de ne pas être trop jaloux en pensant à ce que son amant pouvait faire, derrière les rideaux. Leo avait gémi dans ses bras, il y avait à peine douze heures, mais peut-être présentait-il le même visage pâmé au docteur, ne pouvait-il s'empêcher de penser, vert de jalousie.
Leo était à lui! Il en était éperdument amoureux et il savait que l'autre jeune homme arborait des sentiments similaires. Le docteur n'était qu'une nuisance. Cette nuit encore, Leo l'avait enjoint de ne pas laisser de marques. Cela lui avait fait voir rouge et, rageusement, il avait mordu son partenaire, puis avait aspiré la chair tendre entre ses dents, dans le but de laisser une marque de succion. Leo avait été furieux et ils s'étaient battus, roulant dans les draps et le jeune homme aux cheveux ailes de corbeau l'avait mordu et griffé à son tour. Raphael s'en moquait, heureux au contraire d'avoir un souvenir tangible de sa nuit avec son amant, après que celui-ci aurait quitté.
Son orgasme avait été puissant et Leo devait avoir éprouvé la même chose car il ne s'était pas levé immédiatement, malgré l'heure, restant à ses côtés, plus longtemps, attendant de reprendre un aspect plus contrôlé.
Soudain, la lumière s'éteignit et il en fut de même dans l'immeuble vis-à-vis. Cela devait être une panne généralisée, causée par les vents violents et une bourrasque de flocons brouillant la vue vint justifier sa théorie.
Puis, quand le vent se calma un peu, quelques minutes plus tard, il vit que les rideaux d'en face étaient ouverts, sans doute pour avoir de la clarté.
Il prit ses jumelles, espérant capter une vision ne serait-ce que fugitive, de son amant, et il ne fut pas déçu. De l'autre côté, un visage pâle, encadré d'une chevelure couleur de nuit, était auréolé de la lueur cuivre provenant d'une bougie, qu'il posait sur le rebord de la fenêtre. Cela ressemblait à celle qu'il lui avait offerte, du fleuriste et Raph, exalté, se dit que son amant avait trouvé ce moyen, de se montrer et donc, de le rassurer, alors qu'il en allumait une seconde, placée près de la première, mais sa joie fut de courte durée.
Le visage austère du cousin Donny apparut derrière Leo et celui-ci se retourna. Raph les regarda interagir un moment, essayant d'ausculter la présence désagréable du docteur japonais, pour se concentrer sur l'image de son amant quand, tout à coup, sans qu'il comprenne pourquoi, Leo enleva son t-shirt.
Il se mordit les lèvres, blême de rage, ne voyant que le dos de Leo alors que le docteur, lui, semblait s'attarder sur le corps d'athlète en face de lui. Soudain, l'impensable se produisit.
Le cousin Donny gifla à toutes volée l'autre garçon. Raph en demeura stupide un instant, laissa tomber les jumelles, essayant de procéder ce qu'il avait vu.
Sans doute les dents de Raph sur le corps nu de son cousin bien-aimé. Raph, de toute évidence, n'était pas le seul jaloux dans ce triangle amoureux dans lequel ils étaient.
Mais peu importe la raison, ce fils de pute allait payer l'outrage fait à son amant, au centuple. Pour s'assurer qu'il n'osait pas porter à nouveau la main sur lui, Raph regarda à nouveau à travers les jumelles.
Les cheveux se dressèrent sur sa tête quand il vit que Donny, après avoir serré le bras de Leo, le tira vers le sol. Le jeune homme était maintenant à genoux devant lui et Raph n'avait pas besoin de plus d'explications. Il n'allait pas rester là, comme un voyeur, à regarder son petit ami faire une fellation à un autre! Leo y était forcé sans doute à cause d'un odieux chantage en rapport avec son petit frère.
Il n'allait pas attendre les bras croisés alors que Leo se prostituait dans l'espoir de maintenir en santé un gamin même pas souffrant. Il empoigna donc son manteau et sorti dans la tempête, tant pis pour les preuves manquantes.
La rage le consumait tellement qu'il n'aurait pas été surpris de faire fondre la neige sous ses pas, tant il irradiait de colère et de jalousie en traversant l'espace séparant les deux immeubles.
Il n'y avait aucun gardien à l'entrée et le manque d'électricité empêchait la sonnette de fonctionner, mais ce n'était pas comme si Raph avait eu l'intention de prévenir qui que ce soit de son arrivée imminente. D'un coup de pied bien placé, il défonça la porte vitrée, afin de passer sa main et de tourner le loquet. Il pénétra finalement dans un hall d'un luxe aussi suranné qu'outré. Mais il n'était pas là pour admirer les murs de la prison de Leo.
L'ascenseur ne fonctionnait pas non plus, mais monter une quarantaine d'étages, par l'escalier de service, ne l'effrayait pas. Sans même reprendre son souffle, il arriva donc en haut et, après avoir essayé d'ouvrir la porte, il tambourina.
La bouille de Mikey, lorsqu'il ouvrit, fut brièvement ravie pour ensuite montrer des signes d'embarras, clairs malgré l'obscurité, par la chandelle qu'il transportait.
-Euh…c'est pas que je ne suis pas content de te voir, mais tu n'arrives pas au bon moment et euh…mon frère n'est pas là, mentit maladroitement le gamin. Comme pour davantage rendre le mensonge ridicule, un « Oh! Donny! » retentit et, reconnaissant la voix de son amant durant le sexe, il repoussa le petit frère fermement, se dirigeant vers d'où provenait les plaintes, Mikey sous les talons, bredouillant des « ce n'est pas ce que tu crois… » pathétiques.
Il n'eut pas à défoncer. Entendant le raffut provenant du salon, Donny, en robe de chambre violette, apparut, un air de de désapprobation froide sur ses traits, en complète dichotomie avec Raphael qui soufflait des flammes par les naseaux. Il ne se borna pas à expliquer sa présence et avant même que le docteur ouvrit la bouche, il le frappa en pleine mâchoire, d'un crochet bien senti, qui projeta le Japonais contre le mur.
-Ça, c'était pour la gifle de Leo. Et le reste, c'est pour mon propre compte, beugla-t-il, voyant derrière Donny qui recrachait trois dents, son amant, au lit, stupéfait, à peine couvert d'un drap, ne laissant aucun doute sur la nature des activités auxquelles ils se livraient avant son arrivée, les lèvres du jeune homme encore rougis par des baisers violents et les cheveux moites. Cette vision lui fit voir rouge et il se tourna, l'air menaçant vers le docteur.
Leo sorti alors de son immobilité pour enfiler un pantalon de sport qu'il devait porter un quart d'heure plus tôt, pratiquement apeuré, ce qui était inusité chez lui. Sans doute, le jeune homme appréhendait sa réaction, croyant que Raph allait vouloir rompre. Il ne pouvait savoir que Raphael avait deviné sa motivation.
-Raph! Arrête! Je ne veux pas que Mikey assiste à cela! supplia le jeune homme.
L'italiano américain se retourna vers le petit frère, afin de sommer celui-ci à aller dans sa chambre, mais Donny en profita pour retourner dans la chambre, se saisir du bâton qui lui servait d'arme. Leo, paniqué, fit dévier le coup que celui-ci s'apprêtait à lui porter, se glissant entre eux comme une anguille.
-Don! Arrête! Ne lui fais pas de mal! Il n'a rien fait! pria le jeune homme devant le docteur qui parut outré de l'assertion.
-Rien fait? pesta le docteur. Il tente de te voler à moi! Il a mâchouillé ton cou comme un vampire!
Raphael détesta que son amant se crut obligé de le défendre comme s'il n'était qu'une fillette.
- Écarte-toi, Leo. J'vais lui donner une bonne leçon à cet enculé de pédophile incestueux! Tu ne lui appartiens pas!
Le docteur pâlit sous l'injure et, avec un mépris apparent, cracha de la voix la plus posée qu'il pouvait :
-Nous n'avons aucun lien sanguin. Et j'étais moi-même un enfant, ce qui n'est plus le cas. Leo est majeur, autant au Canada qu'au Japon et donc, pleinement consentant. Il partage mon lit et ma vie, de son plein gré. De toute façon, grinça Donny, Leo ne t'aime pas.
Raphael s'enflamma de colère à son tour, mais bien moins calmement que le docteur.
-Va te faire foutre! Il m'aime! Il me l'a dit!
Donny serra les dents.
-Ce n'est qu'un vil mensonge. Leo ne peut te choisir. C'est une personne beaucoup trop pragmatique et tu ne lui es d'aucune utilité! De plus, tu ne le connais pas et ne partage aucunement nos idéaux. Si je lui dis de ne jamais te revoir, il m'obéira, car il ne veut pas me perdre et je ne veux plus le partager!
Raphael se tourna vers son amant vivement, voulant voir si celui-ci réfuterait les paroles du cousin, mais Leo ne dit rien, regardant le sol. C'était à prévoir et Raphael n'en fut donc pas surpris. Il combla les quelques pas qui le séparait de son bien-aimé et lui releva doucement le menton.
-Hé, bébé, t'en fais pas. J'le sais pourquoi t'oses rien dire. A cause du chantage que ce salopard te fait! Mais c'est terminé, maintenant, promit-il, l'œil mauvais. J'ai fait analyser les pilules de ton frère. Ce n'est qu'un placebo car ton frère n'est même pas malade!
La bouge en agape, Leo tourna la tête vivement vers son cousin, les yeux pleins de questions et Raph, soulagé, comprit qu'il avait vu juste quand il vit l'indignation tordre ses beaux traits. Leo ouvrait les cuisses à son cousin, que pour son frère, rien de plus. Encouragé, il en rajouta :
-J'ai toujours trouvé que le môme ne souffrait que de ta cuisine et d'un manque d'air! Et puis, continua-t-il, j'attends le rapport d'autopsie de ta mère. A l'heure actuelle, mon informateur l'a en main. T'as jamais pensé qu'elle était morte à un moment trop opportun pour être honnête?
Il n'était absolument pas certain de ce qu'il avançait, mais il avait assez joué au poker avec Casey pour bien bluffer.
Don nia farouchement, mais voyant Leo avec une expression à la fois hagarde et courroucée, il changea de tactique.
-Ce ne sont que des mensonges, Leo. Une histoire montée de toutes pièces, comme ta passion pour lui! Raconte-lui donc comment je t'ai convaincu de le séduire et que j'ai fermé les yeux sur tes multiples infidélités avec lui, comme avec la fille, afin d'atteindre notre objectif new-yorkais! Qu'un Bouddhiste fréquente un lycée catholique ne peut être dû au hasard! Nous t'avons inscrit à cette école dans ce but!
Leo secoua la tête et protesta que Don ne faisait que détourner l'attention, mais Raph, très pâle, repensa aux paroles, le blessant plus sûrement que le bo.
Leo, comme Johnny avait prédit, comme Usagi l'avait annoncé, l'avait séduit dans un but utilitaire.
Ce n'était qu'un plan et Leo, une pute professionnelle. Leo, devinant ses pensées, avança une main vers lui, mais comme craignant d'être brûlé par le contact, Raphael se recula.
-Raph, ce faux…enfin ce n'est pas tout à fait cela. Je devais séduire Helena, oui, pour des informations afin de déstabiliser la mafia sicilienne, mais toi… »
Raphael ne voulut pas écouter le reste. Les explications de Leo pouvaient attendre. Il voyait la manœuvre de Don pour ce qu'elle était : une tentative désespérée pour que Raphael abandonne Leo au docteur, espérant ensuite convaincre son cousin de la fausseté de ce qu'avait dit Raph, dès celui-ci parti. Leo avait sans doute des choses à se reprocher, mais si le cousin disait la vérité, pourquoi aurait-il continue le voir, quand de toute évidence, le docteur ne le voulait pas. Le Japonais ne disait pas toute la vérité lui non plus et entre lui, qui avait pu mentir au visage de son cousin au sujet de la santé de son frère aussi impudemment, et son amant, Raph préférait lui faire confiance.
-J'écouterais Leo plus tard. Là, j'ai plus envie d'écouter tes supplications pour que j'arrête de te frapper. Viens dehors te battre comme un homme. J'veux pas que Leo et le petit voient cela, expliqua-t-il, en dégainant ses sais, première arme qui était tombé sous sa main.
Le docteur pâlit, comprenant que sa tactique n'avait pas le résultat escompté, mais malgré tout, il dut reconnaitre du courage à son rival car ce dernier hocha la tête légèrement en signe d'acquiescement, se dirigeant sur la terrasse, le bo à la main.
Leo, anxieusement, tira Raphael par son manteau.
-N'y vas pas. Si tu veux encore de moi et si ce que tu as dit est vrai, je te suivrais, toi.
Avec obstination, le latin secoua ses boucles brunes.
-Nah. Il nous fera des emmerdes. Trop riche et puissant. J'veux seulement qu'il abandonne l'idée de te poursuivre. Qu'il admette sa défaite. Reste avec le petit à l'intérieur.
Le scientifique, malgré qu'il fût déjà dehors, après avoir enfilé un pantalon et un pull, avait dû entendre. Son expression était tragique quand il se retourna vers son rival, mais résolue. Raph comprit que cela serait un combat dont l'issue serait beaucoup plus définitive qu'il avait cru au départ. Don ne lâcherait pas son cousin, préférant mourir, mais s'il poignardait d son sai le docteur, il ne savait comment son amant le prendrait. Sans compter qu'il aurait des ennuis. Un milliardaire philanthrope comme Donny Oroku n'était pas une victime dont la mort était facile à dissimuler.
Comme pour lui donner raison, Leo s'accrocha au bras de son cousin, ne semblant pas prêt à ce que le combat eut lieu.
-Donny, soit raisonnable. Je suis prêt à te pardonner, mais tu dois me laisser aller. Tu as vécu de nombreuses années sans moi. Tu as construit un empire sans moi. Tu survivras à mon départ, comprit la raison de cette panique : la neige. Cette superstition de Leo, craignant, à juste titre cette fois, la perte d'un être aimé.
L'asiatique, le visage de marbre, ne fit que secouer la tête.
-Non. J'ai bâti cet empire pour nous. Sans toi à mes côtés, cela ne veut rien dire.
Leo, insista, et voyant cela, à la grande horreur de Raph, Donny leva son bo pour frapper le jeune homme à un point précis de la tête et Leo glissa, inanimé, sur la terrasse déjà couverte d'un épais tapis blanc.
-Ne t'en fais pas. Il n'a que perdu connaissance. Portons-le sur le lit, à l'intérieur. Il est déjà grippé.
Les deux rivaux portèrent donc le jeune homme inconscient sur le lit et Donny, avec tendresse, glissa le corps froid sous les couvertures. Puis, ils ressortirent à l'extérieur.
-Si je ne m'en sors pas vivant, expliqua le docteur d'une voix basse, rappelle-toi que Leo souffre tous les hivers de la poitrine. Le café noir aide à dégager ses bronches, mais il a horreur de cela.
Raphael ne sut quoi répondre à ce conseil, ayant soudain presque pitié du docteur, mais celui-ci lui lança un regard mauvais.
-Mais je n'ai nulle intention de mourir.
Ils engagèrent le combat et, près d'une heure plus tard, Raph dut admettre que le bo, entre des mains expertes, pouvait être une arme redoutable. Tentant de faire un blocage à la tête trop raide, il sentit s'ouvrir à nouveau sa blessure. En une semaine, celle-ci n'avait pas eu le temps de cicatriser convenablement, surtout avec tous les excès auquel il se livrait, que ce soit capturer des criminels ou faire hurler de plaisir son amant.
Il sentit le sang couler de sa blessure fraichement ouverte et tacher la neige de fleurs écarlates. Il essaya de ne pas y porter attention, se concentrant sur parer les coups, ne sachant pas trop comment faire se terminer ce combat où il ne pouvait mourir ni tuer. Il tomba sur les genoux, voyant les taches de sang qui suivait son sillage, s'élargirent. Ce rouge sur ce sang était presque poétique, pensa-t-il, épuisé, s'accoudant à une des nombreuses gargouilles ponctuant la terrasse, reprenant son souffle. Donny, quoique pas de la force de Leo, se défendait bien et surtout, lui, n'était pas blessé. Le docteur, par contre, semblait fatigué aussi, alors Raphael se permis de fermer les yeux un moment. De toute façon, le docteur ne pouvait le tuer avec un bâton.
Quand il les ouvrit, il vit le docteur, en équilibre sur la balustrade, un sourire manique aux lèvres, une lame recourbée ayant surgit comme par magie du bo, dans un élan pour décapiter son rival, jusque-là trop grand pour lui.
Raph crut sa dernière heure venue et il eut à peine une pensée fugace pour son amant qu'il ne reverrait plus dans cette vie que le docteur, reçut une balle de neige en plein visage, l'aveuglant et …lui faisant perdre l'équilibre.
En un dernier cri, dont résonna la dernière syllabe « o » un temps mortellement long, Don bascula vers l'arrière pour s'écraser 40 étages plus bas, s'aperçut Raphael qui, anxieusement, avait couru à la balustrade.
Le cousin Donny était bel et bien mort, faisant une fleur corail beaucoup moins poétique.
Il se retourna pour comprendre la raison de ce miracle, s'attendant à voir Leo, mais voyant plutôt Mikey, ses yeux bleus miroitant comme des escarboucles.
-Tu…pourquoi? balbutia Raphael. Tu le connaissais depuis bien plus longtemps que moi.
D'une voix polaire semblable à celle qu'utilisait Leo souvent, le gamin répondit du bout des lèvres.
-J'étais dans la voiture, le jour de l'accident. Ma mère m'avait demandé de lui parler pour la tenir éveillée…Je me suis endormi. Je ne dors jamais en voiture.
Raphael demeura silencieux, comprenant l'insinuation.
-Elle voulait voir un nouveau docteur…sans le nommer à Donny. Elle refusait de croire son diagnostic. Il a dû espérer que je meurs aussi. Il a tué ma mère et gâché ma vie. Il a tourmenté et manipulé mon frère pour qu'il lui cède et a dû payer des docteurs pour reciter des mensonges ou trafiquer des résultats. Il l'a carrément abusé. Je trouve que c'est d'assez bonnes raisons. Tu n'auras rien à dire au flic et à Leo. Je vais dire que c'est moi. Avoue que pour un enfant qu'il n'avait jamais fait une balle de neige, je vise plutôt bien!
Raph hocha la tête, toujours sonné et aussi, se dit-il, probablement sur le point de s'évanouir.
-Puis, tu rends mon frère heureux. Je ne connais rien à leurs combines, mais je sais que Leo t'aime. Peut-être pas depuis le début, mais il est devenu amoureux de toi, certainement. Et pour finir, Donny ne savait pas cuisiner et n'aimait pas Batman, acheva le gamin avec un sourire triste.
Raph alla ouvrir la bouche pour réprimander le garçon qui osait plaisanter, à un moment pareil, mais il sombra dans l'inconscience.
Quand il se réveilla, il était à l'hôpital, le beau visage de Leo penché sur le sien, souriant. Mikey, April et Casey étaient là-aussi, sans compter d'innombrables brassées de roses rouges dont l'odeur lui donnait la migraine.
-Qu'est-ce qui se passe? Pourquoi toutes ses fleurs? J'ai l'impression d'être à ma propre veillée funèbre, protesta l'homme alité.
Leo rougit de façon adorable.
-Je croyais que tu aimais les roses rouges…j'avoue que…je ne savais que choisir… Tu es mon premier petit ami que je visite aux soins intensifs, argua Leo pour se justifier.
Raphael ne dit rien, pesant les paroles et l'autre homme se méprenant sur les raisons de ce silence, expliqua d'une voix basse, l'air honteux :
-Écoute, si tu ne veux pas de moi…
-Tais-toi ! le coupa Raphael l'embrassant avec beaucoup de fougue pour un homme blessé.
-Mais…
-Pas de mais, on a toute la vie pour cela. Et puis, je n'en ai rien à foutre de tes plans et autres magouilles. Si tu dis que tu m'aimes et que à partir de maintenant, il n'y ait plus de mensonge entre nous, ni d'un côté ni de l'autre, le reste n'a pas d'importance.
Raphael le scruta avec beaucoup d'intensité et Leo, prit sa main.
-Je te le promets, mais en échange, je dois te demander quelque chose. En fait, une des deux demandes est de Mikey. Il dit qu'il veut que tu lui apprennes à cuisiner et que d'ici là, tu le nourrisses, expliqua le grand frère avec un sourire affectueux à son cadet.
-Donc, nous serons ensemble tous les jours? questionna Raphael, les yeux brillants.
-Cela dépend de toi…J'ai euh…hérité. Et je veux partir. Loin, là où il ne neige jamais. Du moins, qu'il n'y a pas de tempête. Alors, j'ai acheté une maison dans une petite ile, je ne sais si tu connais…Capri. J'ai pensé que j'avais envie de perfectionner la langue italienne pour euh…comprendre ce que tu me dis à certains moments, rougit le jeune homme un regard en coulisse. Alors, accepte-tu de venir avec moi?
Raphael songea au scandale qu'occasionnerait un couple homosexuel en Campanie et se dit que l'empereur Tibère y cachait bien ses orgies. Il sourit, heureux de la possibilité de renouer avec ses racines et d'oublier sa jeunesse dramatique.
-Je suis bien d'accord. Mais je veux expérimenter TOUTE la culture japonaise, insista-il avec un regard concupiscence qui ne laissa planer aucun doute sur l'insinuation érotique de sa demande.
-C'est entendu, promit Leo, en souriant
FIN
Bon enfin terminé. J'ai décidé de terminer mes projets (DeapPool, Neige et Fracture) cette fait, j'ai édité Deadpool, mais l'édition a apparu vers midi, donc alors que certains avaient déjà lu. La mort de TigerClaw y était expliquée (insinuée) par le casque trafiqué pour percer le crâne.
