Bonjour à toutes et à tous
Je sais que j'avais dit que je reprendrai les publications tous les mardis. Malheureusement pour des raisons personnelles assez graves, je me suis retrouvée dans l'incapacité d'écrire et donc de publier ce chapitre. Cependant vous n'aurez pas à attendre plus longtemps. Attention ce chapitre est classé M à cause d'une tentative de viol et pour la mort d'un personnage.
Aliena: accroche-toi bien pour ce chapitre.
LIII
Prises de guerre
Sébastian Moran ne vivait que pour le sang versé. Sa naissance avait tué sa mère. En grandissant, la violence était devenue son amante. Il s'était engagé dans l'armée et avait commencé une belle carrière de colonel puisqu'il avait appris à cacher ses instincts derrière un vernis de civilisation. Mais le sang ne saurait mentir: on l'avait mis à la retraite anticipée pour avoir tué un subalterne dans un coup de colère. Ses loyaux services ne lui avait épargné que la prison et la cour martial. Il avait toujours su qui il était et pour lui, changer de conduite n'était pas une option. Il était né de la violence. Elle était sa constante. Pour lui, cette nouvelle vie était une continuité de la précédente. Et Thorin Ecu-de-Chêne serait la prochaine tête qu'il accrocherait à son tableau de chasse.
Quant au semi-homme...
Il n'avait représenté rien de plus qu'un contre-temps à l'époque. Mais aujourd'hui, il connaissait la valeur de la jeune femme pour Lucas North. Il avait vu le roi nain embrasser le hobbit qui était venu les prévenir du danger à Ravenhill. Il aurait aimé l'avoir à sa portée pour le tuer lentement et voir Thorin Ecu-de-Chêne se briser. Il s'était rattrapé sur son neveu. Aujourd'hui, non seulement, il tuerait l'Autre du Roi sous la Montagne mais ce dernier allait même déshonorer ce corps qui abritait l'âme qu'il chérissait.
La prise de la jeune femme sur sa gorge se déserra par manque de force. Un rictus déforma le visage de Moran tandis qu'il se redressait et lui assénait un violent coup de tête. Bien que désorientée, la jeune femme continuait de agripper à lui. Avant qu'il ne parvienne à retirer sa main de sa gorge, les ongles de sa potentielle victime arrachèrent quelques lambeaux de peau à son cou. La piqure de la douleur fut vive mais Moran n'en souffrit pas. Bien au contraire. Rien ne parvenait à l'exciter tant que la douleur, la sienne et celle des autres. Il allait souiller, détruire ce que Thorin Ecu-de-Chêne aimait le plus. Quand il en aurait fini, elle ne serait plus qu'une loque qui n'aurait même plus un visage humain. Rien qu'à cette idée, son sexe durcit. Il se retourna et plaqua la jeune femme contre le sol de pierre glacé et inconfortable. Il lui offrit un sourire triomphant et malsain. La pauvre folle lui lança un regard fier et sauvage. Elle ne se laisserait pas mater facilement. Tant mieux: il ne les aimait que plus ainsi. Il avait hâte de voir la souffrance et le désespoir tordre les traits harmonieux de son visage. Comme les autres, la souffrance du viol la paralyserait.
Et c'était là que Moran se trompait. Béatrice ne craignait pas le viol. Elle avait eu le temps de se faire à cette éventualité avec la vie qu'elle menait. En un sens, c'était même rassurant de voir que l'orc était soumis au même bas instinct que les autres hommes. Occupé par son désir, il serait moins concentré sur le maintien qu'il exerçait sur sa proie. Elle fit semblant de se débattre pour attiser les appétits de cet animal. Elle avait peur que cela tourne mal mais Natasha lui avait dit que pour survivre, il fallait être prêt à sacrifier ce à quoi on tenait.
Moran enferma ses poignets dans la poigne puissante de sa main gauche pour tirer brusquement un couteau de sa ceinture pour déchirer son pantalon. Elle refusait toujours de crier même si son regard suintait la peur. Il l'insulta moqueusement en langage noir du Mordor, sa bouche contre ses lèvres qu'il mordit, sa lame glissant contre sa peau.
Attendre...attendre, elle ne pouvait faire que cela. Le dégoût lui donnait envie de vomir.
Tandis que la langue de son agresseur fouillait brutalement sa bouche, elle surveillait du coin de l'oeil la lame du couteau, attendant cet instant précis où l'animal en rut prendrait le pas sur l'homme raisonnable. Pour l'encourager à s'abandonner, elle gémit d'inconfort. Il fallait qu'il oublie rien qu'une minute qu'elle n'était pas faible. La douleur éclata brusquement dans sa lèvres inférieure. Il l'avait mordue jusqu'au sang. Le plaisir de la faire souffrir et le goût de son sang lui avait fait fermé les yeux. C'était le moment de jouer la mante religieuse. Elle mordit sa langue si fort qu'elle parvint quasiment à en sectionner un bout. Au même moment, elle broya impitoyablement le sexe de son agresseur d'un coup de genou qu'elle avait réussi à dégager. Moran avait beau être l'être le plus sadique au monde, il n'en restait pas moins un homme. Et la douleur l'obligea à lâcher prise. Béatrice rampa aussi vite qu'elle le put pour attraper son arme à feu qui lui avait échappé pendant la lutte. Mais même émasculé, Azog restait un monstre qu'on ne pouvait vaincre seul. Sa poigne puissante se referma sur la cheville de Béatrice. Un craquement atroce, un hurlement de souffrance et la douleur qui déferlait et menaçait de l'engloutir. A mains nues, il lui avait brisé la cheville. Puis il la tira de nouveau vers lui comme un caïman tirerait sa proie pour la dévorer. Ses doigts se refermèrent sur du vide: elle n'avait pas pu attraper son seul moyen d'en finir. Il se plaça sur elle, l'immobilisant sous son poids et acheva d'arracher sa culotte. Le roi nain avait décidément bon goût. Mais il n'était pas dit qu'il lui rendrait ses affaires en bon état. Il se moquait bien d'avoir presque perdu un bout de langue. Il allait lui rendre la pareille en lui défonçant le vagin. Il lui offrit un sourire sanglant, de la bave rougeâtre coulant sur le visage de sa future victime. En réponse, elle lui cracha à la figure. Il se positionna à son entrée, prit son élan et...s'effondra brutalement sur elle.
Mort.
La détonation résonnait encore.
Perdant le contrôle, Béatrice, à moitié étouffée par le corps, poussa un cri et, terrifiée, frappa encore et encore le cadavre au crâne défoncé par la balle qui l'avait perforée pour essayer vainement d'échapper à son étreinte mortifère. Elle était couverte par le sang du mort qui l'avait éclaboussée. Horrifiée, elle entendit des pas se rapprocher d'elle. Dans sa panique, elle ne parvint pas à déduire que celui qui s'approchait l'avait sauvée et ne lui voulait, logiquement, aucun mal. Elle hurla et voulut se précipiter sur son arme quand le cadavre fut repoussé, même si elle était en partie aveuglée par le sang qui avait coulé sur son visage. Mais deux bras attrapèrent les siens et l'immobilisèrent.
"Béa, c'est Mary! C'est terminé! Tout va bien! Tout va bien." déclara Mary en l'obligeant à la regarder.
Mais cela n'avait aucun effet sur la jeune femme engluée dans sa peur qui continuait d'essayer d'attendre son arme. Alors Mary fit ce qu'elle n'avait jamais fait depuis son réveil. Elle lui chuchota quelques mots de Quenya, puis une phrase entière. L'ancien langage lui revint tout naturellement et elle murmura la berceuse que la mère de legolas avait l'habitude de chanter à leur enfant. Béatrice cessa peu à peu de se débattre pour se raccrocher désespérément à son amie. Elle ne pleurait pas mais son corps était parcouru de tremblements.
"Mary..."
"Je suis là."répondit immédiatement la jeune femme sensible à cet appel qui lui rappelait les cris déchirants de Charlotte après un cauchemar. "Je suis là."
"Il est mort ?"
"Oui."
Elle sentit une main de Béatrice la quitter. Elle releva la tête qu'elle avait posé sur les cheveux poisseux de la jeune femme. Cette dernière venait de fermer les doigts sur le couteau à cran d'arrêt du défunt colonel Moran. mary eut peur mais d'une pression de la main qu'elle avait laissé sur son épaule, Béatrice la rassura. Elle rampa de nouveau vers son agresseur et, brusquement, planta l'arme dans la cage thoraxique du défunt sans parvenir à l'enfoncer profondément. Elle répéta cinq ou six fois ce geste cruel avant de le défigurer de la même manière. Mary, effrayée par un tel déferlement de violence chez son amie, ne put que l'observer sans parvenir à réagir. Béatrice s'acharnait sur le cadavre jusqu'à ce que son bras teinté de sang ne puisse plus se lever.
"Pourquoi ?" fut la seule question que put prononcer Mary.
"Pour empêcher la réincarnation. Les indiens et les égyptiens pensent qu'un mort sans visage et sans nom ne peut trouver le repos et la voie de ses ancêtres. Autant le coincer là et éviter de le revoir si on devait se réincarner de nouveau."lui répondit-elle
Béatrice essaya de lui sourire pour la rassurer mais son visage se tordit dans une grimace de dégoût. Elle rendit le contenu de son estomac sur le cadavre.
Mary l'aida ensuite à se relever et lui servit de béquille. Sans parler, elles décidèrent d'avancer dans ce couloir. C'était le seul chemin qui pouvait réunir Béatrice et Lucas.
Et voilà un nouveau chapitre posté, en retard. Encore désolée.
Votre avis sur la fin de Moran ?
