Titesouris : On ne peut pas tout changer non plus lol
Chapitre 51: Excalibur ~Partie 3~
Si voir Nimueh dans le château eut un effet, ce fut celui de rendre Merlin encore plus déterminé à contrer son plan. Il avait été fâché contre Arthur, certes, peut-être suffisamment pour s'éloigner. Mais ses pensées étaient mortes, à l'instant, où il avait ressenti son intrusion ici. Quelques mois plus tôt, il n'avait pas senti sa magie, mais cette fois, c'était presque comme si elle avait voulu qu'il la sente. Elle se moquait de lui, le défiait, et pensait probablement qu'il ne trouverait jamais le moyen de détruire le spectre.
Eh bien, il allait juste devoir lui prouver qu'elle avait tort.
Merlin parcourut les étagères de livres avec une expression déterminée, les sourcils froncés tandis qu'il enlevait un livre après l'autre, avant de les reposer en secouant la tête. Il voulait faire cela, pas juste pour prouver qu'il en était capable mais parce qu'il le devait. S'il ne le faisait pas, Arthur allait mourir, mais la Salle des Archives était si grande et il n'avait pas la moindre idée, d'où commencer à chercher.
La section contenant les livres, sur les méthodes pour forger des armes s'avérait inutile, la plupart d'entre eux concernaient l'art de la forge. Il n'avait aucun doute dans son esprit que ce dont il avait besoin était magique et les chances de trouver des livres à ce sujet, là-dedans, approchaient de zéro.
Il était sur le point de changer de section, quand une voix de profonde désapprobation envoya un frisson remonter sa colonne vertébrale, le faisant sursauter.
« Comment es-tu entré? »
Merlin fit volte-face, se retrouvant face-à-face avec Geoffrey de Monmouth, trouvant rapidement une excuse, pour le fait qu'il ait usé de magie, pour déverrouiller la porte.
« La porte était ouverte. »
Geoffrey fronça les sourcils, croisant les bras sur sa poitrine.
« Non, je l'avais verrouillée.
- Alors quelqu'un d'autre l'a ouverte. »
Oh la vérité contenue dans cette phrase, Merlin put à peine résister à l'envie de sourire. Mais non, il devait garder son sang-froid ou il pourrait avoir de sérieux problèmes.
L'archiviste fronçait toujours les sourcils.
« Et tu t'es dit que tu pourrais te servir à ta guise ? Tu es peut-être le serviteur du Prince Héritier, mais cela ne t'accorde pas le privilège d'entrer ici sur un simple... »
Merlin l'interrompit.
« Je cherchais un livre pour Gaius. Il croit que le Chevalier Noir est un spectre. Arthur court un grave danger et je dois trouver une arme capable de tuer quelque chose qui est déjà mort. C'est ça que j'essayais de trouver, dit-il en jetant un regard d'espoir à Geoffrey. Peut-être que vous pourriez m'aider. Personne ne connaît cette bibliothèque mieux que vous. »
Il y avait beaucoup à dire sur la flatterie combinée à une mention de l'un des meilleurs amis de Geoffrey, l'archiviste sembla le regarder avec surprise un moment, avant de déclarer sur un ton bien plus aimable :
« J'ai lu de telles histoires dans les chroniques du temps jadis. Plusieurs légendes parlent d'épées anciennes qui détruisent n'importe quoi, de vivant ou de mort. »
Merlin maintint en place son expression innocente et pleine d'espoir, mais il y avait toujours un ton urgent dans ses paroles.
« Vous pouvez me montrer une de ces chroniques ? »
Geoffrey lui fit signe de le suivre vers une autre étagère et entreprit ensuite de consulter, attentivement, les titres des volumes rangés là, jusqu'à ce que Merlin comment d'un ton assez anxieux :
« Je suis un peu pressé.
- Les jeunes gens sont toujours pressés. »
Devant ces paroles impassibles, Merlin renonça à essayer de le faire se dépêcher et se posa, à la place, sur une chaise derrière une table à proximité, observant l'archiviste ramener un certain nombre de livres. Il en saisit un pour lui-même, le feuilletant tout en faisant attention aux pages potentiellement délicates. La dernière chose dont il avait envie était de se faire sermonner pour en avoir déchiré une.
Voyant Geoffrey s'éloigner pour récupérer une autre pile de livres, le magicien soupira et marmonna dans sa barbe :
« Je pourrais être au lit en ce moment... Vous n'avez aucune idée des efforts que je fais pour vous, Arthur. »
Il recommença à parcourir le livre, pour une fois à l'aise en présence de Geoffrey, puisque l'homme ne lui respirait pas dans la nuque. Il était assez à l'aise pour, que malgré l'ennui de ses recherches, le temps passe assez vite jusqu'à ce que le seigneur dépose le livre qu'il tenait.
« Ah, j'ai trouvé... 'Sire Marhaus considéra la grande épée, forgée sous le souffle du dragon, et la trouva de meilleure qualité.' »
Merlin sursauta au mot 'dragon'.
« Vous disiez quoi ? »
L'archiviste commença à répéter :
« Sire Marhaus...
- Non non, pas Sire Marhaus. Le dragon. »
Le geste presque irrité de Merlin tandis qu'il le corrigeait, fit froncer les sourcils à Geoffrey en signe de désapprobation, avant de lire la partie demandée.
« La grande épée, forgée sous le souffle du dragon et la trouva de meilleure qualité. »
Il leva la tête, s'attendant à une autre question du jeune serviteur, mais le découvrit absent de sa chaise. Il regarda autour de lui avec étonnement, se retournant juste à temps pour entrapercevoir, Merlin sortant à grands pas des archives.
Quant au serviteur en question, il formait déjà des plans. Trouver une épée, une bonne épée, et aller rendre visite au dragon. Et prier que la créature soit d'humeur à l'aider.
Il se glissa hors du château avec aisance, peu de temps s'était écoulé depuis la Grande Cloche. Avec un peu de chance, il pourrait être de retour au château, avant de devoir s'inquiéter de devoir éviter que quelqu'un ne remarque son retour tardif.
Il se rua à travers la ville, arrivant à la porte de son amie et frappant légèrement. Gwen répondit en quelques secondes, souriant de surprise devant sa visite tardive mais pas importune.
« Merlin. Qu'est-ce qui t'amène ? »
Merlin lui rendit son sourire, avant de prendre une attitude sérieuse, tandis qu'il jetait un œil au-delà de son épaule, pour voir si son père était là.
« Je, euh... Je suis venu te demander un service et je ne sais pas trop comment demander. »
Elle secoua légèrement la tête devant son embarras.
« Demande, Merlin, tu sais que je t'accorderais n'importe quoi. »
Elle s'interrompit, réalisant que cela pourrait être mal interprété et se corrigeant.
« Je veux dire, pas n'importe quoi. Mais, tu vois ce que je veux dire. »
Elle continua à s'agiter et s'empressa de revenir au sujet d'origine.
« Bon, qu'est-ce que tu veux ? »
Elle lui fit signe d'entrer et il s'exécuta, découvrant en entrant que Tom n'était pas là. Cela rendrait les choses un peu plus faciles. Il aimait bien Tom, mais lui demander une faveur comme ça et non à Gwen aurait été inconfortable.
« Je suis venu te demander une épée. L'épée la plus solide que ton père n'ait jamais forgée. »
- Pourquoi faire ? Demanda Gwen en fronçant les sourcils.
- Pour sauver Arthur, répondit Merlin en faisant les cent pas. Le Chevalier Noir n'est pas un adversaire normal, Gwen. Tu as vu ce qui est arrivé aujourd'hui. J'ai vu Sire Owain le transpercer aussi, hier, mais aucun coup ne l'a tué. Gaius pense que le chevalier est un spectre et pour le vaincre Arthur va avoir besoin de la meilleure épée que je puisse trouver. »
Gwen le fixa, choquée par sa révélation, mais cela la poussa à agir. Elle se dirigea vers le lit de son père, hésitant brièvement avant de s'agenouiller et de passer le bras dessous. Elle sortit un long baluchon, le déposant sur le lit avant de déplier le tissu pour révéler l'épée dissimulée à l'intérieur.
« Mon père a mis celle-ci de côté. Il a toujours dit que c'était la meilleure épée qu'il n'ait jamais forgée. »
Merlin la saisit, examinant l'acier parfaitement poli et le tranchant acéré comme un rasoir. La soulevant un peu pour évaluer son équilibre.
« Elle est parfaite.
- Il me tuera s'il voit que je l'ai prise. »
Merlin fronça un peu les sourcils, devant son ton trouble, s'agenouillant également afin d'être à son niveau.
« Il comprendra. Tu l'as fait pour Arthur. Tu as ma parole que cela fera une différence. Je ne te le demanderais pas sinon, l'assura-t-il avant de regarder à nouveau l'épée. Je ne te le demanderais pas si ça n'en valait pas la peine. »
Elle le regarda, un léger sourire entendu sur le visage.
« Je savais bien que tu étais fier de lui. »
Merlin emballa à nouveau l'épée, lui rendant son sourire avant de se diriger vers la porte.
« Ne lui dis juste pas que je l'ai admis. »
~(-)~
La porte de la chambre s'ouvrit, le prenant par surprise et Gaius se leva lorsqu'Uther entra dans ses appartements. Le roi semblait tendu et pâle, comme s'il avait juste eu une angoisse et était encore secoué. Inquiet, Gaius se dirigea vers lui.
« Sire, qu'y a-t-il ? »
La façon dont le roi le regarda à l'instant suivant le fit s'arrêter net. Les yeux d'Uther étaient aussi hantés que sa voix.
« J'aurais dû vous écouter, Gaius. Vous aviez dit qu'il ne sortirait rien de bon de cet emploi de la sorcellerie à la naissance d'Arthur. »
Il inclina la tête un moment, avant de la relever pour regarder Gaius dans les yeux.
« Je ne peux risquer la vie d'Arthur. C'est moi que veut Tristan, pas lui... Je vais prendre sa place dans le combat de demain. »
Le médecin le regarda avec incrédulité.
« Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? »
Le roi demeura solennel, entièrement sérieux.
« Ygerne a sacrifié sa vie pour lui. Je dois faire de même... Ma mort empêchera le spectre d'agir et Arthur vivra. »
Uther faisait les cent pas, Gaius hésitant quant à la réaction à avoir.
« Mais, Sire, il doit y avoir un autre moyen. »
Le roi soupira.
« Quand je serai mort, vous serez la seule personne au monde à savoir la vérité sur la naissance d'Arthur. Je veux que vous me juriez de toujours respecter votre serment. »
Un silence solennel s'abattit, durant quelques instants, avant que Gaius ne hoche finalement la tête.
« Je l'emporterai dans ma tombe. »
L'expression de soulagement dans l'expression d'Uther était palpable et il sourit ensuite tristement.
« Vous avez toujours été le meilleur des amis, en dépit de mes humeurs. »
Gaius lui rendit son sourire avec un regret similaire. Uther, en dépit de ses défauts, était un homme bon. Oui, il était prompt à la colère et aux décisions hâtives, en ce qui concernait la magie, mais c'était l'amour fort qu'il éprouvait toujours pour Ygerne et son fils qui l'y conduisait. En guise de rétribution pour le passé et pour essayer de protéger l'avenir. En de tels moments, il pouvait voir l'homme qu'avait été Uther, avant que la rage et la douleur ne fassent de lui, ce qu'il était maintenant. Un roi juste, un grand dirigeant, une bonne âme… et bien sûr, un homme assez prompt à s'énerver.
Il soupira.
« J'ai toujours pensé qu'elles signifieraient votre mort. »
Uther hocha la tête avec amusement, le visage distant avant qu'il ne reprenne la parole.
« J'ai un autre service à vous demander. »
~(-)~
« Merlin... Tu viens de nouveau à moi, à ce que je vois. »
Le Grand Dragon observa son visiteur, la tête inclinée, Merlin lui rendant son regard. Combien de fois maintenant avait-il fait ce voyage ? Combien de fois le ferait-il encore à l'avenir ? Il y avait presque une attirance irrésistible entre eux (1), deux créatures de la magie et cependant dans leurs cœurs, ils n'auraient pu être plus différence.
Lui, jeune et plein d'espoir. En route vers un brillant futur. Le dragon, ancien et amer. Enchaîné au passé en dépit de toute la foi, qu'il plaçait en ces jours prophétisés que l'autre amènerait. Les similarités conduisaient Merlin à lui pour lui demander conseil, lorsqu'il en avait besoin, mais les différences le rendaient toujours hésitant et méfiant. Il n'était jamais sûr de la façon dont le dragon réagirait à chaque nouvelle question ou requête.
Merlin prit une grande inspiration et parla d'une voix claire :
« Vous savez pourquoi je suis là ? »
Le dragon l'observa, avec la patience d'un parent s'adressant à un enfant.
« Cela pourrait te surprendre, mais ma connaissance de ta vie n'est pas universelle. »
Très bien, c'était un début.
« Arthur est en danger et j'ai besoin de votre aide pour le sauver. »
Tels étaient les mots clés, 'Arthur', 'danger', et 'besoin d'aide'. Le dragon hocha la tête.
« Alors qu'est-ce que tu viens me demander ? »
Merlin dévoila l'épée, qu'il avait coincée sous son bras, réagissant avec surprise quand elle flotta hors de sa poigne, pour se tenir devant le dragon. Observant la créature considérer l'épée, il demanda :
« Voulez-vous l'embraser ? Afin de sauver Arthur ? »
Des yeux dorés se tournèrent vers lui.
« Et dans quel but me demandes-tu cela. Dis-moi, pourquoi en as-tu besoin ? »
Merlin avala sa salive sous la pression de ce regard.
« Il y a un spectre. J'ai besoin de cette épée pour le tuer.
- Et pour qui est-il venu ? »
Les yeux dorés rencontrèrent les yeux bleus, ces derniers se détournant.
« Uther. »
Le dragon renifla avec dérision.
« Alors laisse-le exercer sa vengeance. Que le temps d'Uther touche à sa fin et que le temps de la destinée d'Arthur commence.
- Mais c'est Arthur qui va le combattre ! S'exclama Merlin d'un ton désespéré. S'il combat avec une lame normale, il mourra ! Camelot n'aura aucun héritier, Arthur n'aura pas de destinée et moi non plus ! »
La réponse fut solennelle.
« Une arme forgée avec mon assistance sera douée d'un grand pouvoir.
- Je sais, acquiesça Merlin.
- Non, tu ne sais pas, répondit le dragon en secouant la tête, sourcils froncés. Tu ne peux que deviner. Tu n'as pas vu ce que j'ai vu. Ce qui s'est produit dans le passé. Si tu l'avais vu, peut-être que tu ne me demanderais pas cela... Tu dois comprendre qu'en de mauvaises mains, cette épée pourrait causer beaucoup de mal. Si je fais cela, elle doit être maniée par Arthur et par lui seul. »
La façon dont le déclarait le dragon ne laissait aucun doute quant à son sérieux. Il était également clair qu'il allait accepter. Merlin s'assura que sa réponse soit assurée.
« Je comprends.
- Tu dois faire plus que comprendre, dit sévèrement le dragon. Tu dois promettre.
- Je promets. »
Voyant que le regard de Merlin ne faiblissait pas, le dragon le regarda une dernière fois, avant de lancer sa flamme sur l'épée. Merlin fut contraint de protéger les yeux de la lumière et ne put regarder à nouveau que lorsqu'elle commença à diminuer. Le panache de feu disparaissant de ce qui avait été une lame d'acier ordinaire avec un pommeau de cuir doré.
Mais maintenant... L'acier scintillait comme de l'argent poli, l'or encore plus. Un fil doré descendait maintenant le long de chaque côté de la lame.
Le dragon la considéra solennellement.
« C'est fait. »
Quand l'épée revint entre ses mains, Merlin put voir ce qui était écrit dessus. Il murmura ces mots à voix haute :
« Afehest me... Awierpest me... »
Il faillit sursauter lorsque le dragon approcha sa tête pour le regarder.
« Écoute bien ce que je dis. C'est une leçon qui doit être suivie. Ce n'est pas une épée à manier sur un coup de tête. Elle doit être utilisée, seulement lorsqu'elle doit être utilisée. Faire le contraire, serait courtisé la destruction et les ténèbres... Va, emmène-la au jeune Pendragon, et n'oublie pas mes paroles. »
Merlin acquiesça une dernière fois et enveloppa à nouveau l'épée, avant de se retourner et de partir, avec le poids de sa promesse lui pesant sur l'esprit. Il suivrait la leçon et laisserait Arthur se servir de la lame. Puis il la reprendrait et la cacherait jusqu'à ce qu'on ait à nouveau besoin d'elle.
~(-)~
Il se tenait à sa fenêtre, observant la silhouette silencieuse du Chevalier Noir. Tout aussi silencieux que lui-même.
L'expression d'Arthur demeurait fixée, sur un froncement de sourcils, ses pensées hantées non seulement par les avertissements de son père et de Merlin, mais également par celui de Morgane. Elle était venue à lui, dans ses appartements, craignant pour lui. Il était rare qu'elle montre ainsi ses émotions, surtout à lui, mais il n'était pas revenu sur sa décision. Il ne renoncerait pas à combattre.
Mais tout de même, leur peur entretenait la sienne, la faisant grandir et portant sur ses nerfs. Ce serait un combat, pour garder son sang-froid mental le lendemain, il devrait vraiment se reposer, mais il ne parvenait pas à s'obliger à aller dormir.
Comment dormir quand tout le monde vous prévient que si vous persévérez, vous mourrez ?
La porte de ses appartements s'ouvrit, le faisant se retourner. Il s'attendait à ce que ce soit Merlin, venant essayer à nouveau de le convaincre, mais à la place ce fut Gaius. Le vieil homme avait une fiole dans les mains, et se dirigea vers lui d'un pas déterminé.
« Je vous apporte une potion pour vous aider à dormir. »
Arthur jeta un regard à la fiole, avant de repartir regarder par la fenêtre.
« Je vais très bien. Je n'en ai nul besoin. »
Il découvrit une main posée sur son épaule et une main âgée força la fiole dans la sienne. Le ton de Gaius n'acceptait aucun refus.
« Tenez. »
Avec un soupir Arthur en avala le contenu, grimaçant devant le goût.
« Je n'en boirais pas pour le plaisir. »
Gaius commença à le guider vers le lit.
« Pourquoi ne vous asseyez-vous pas un moment. »
Arthur s'assit, commençant à avoir l'impression que sa tête était légère, comme si ses soucis s'en allaient en flottant. S'autorisant à se faire allonger par le médecin tandis qu'il marmonnait d'une voix presque ivre.
« Remarquez, si... Si on oublie le goût... L'effet qu'on ressent ensuite est... assez agréable. »
La dernière syllabe était presque incompréhensible, son monde soudainement flou, disparaissant. Gaius l'observa sombrer dans l'inconscience, attendant quelques moments afin de s'assurer que la drogue l'avait effectivement assommé. Il se dirigea ensuite vers la porte, ramassant les clés d'Arthur sur la table et s'en servant pour verrouiller la porte. Avec un peu de chance, Arthur dormirait pendant le duel. Sinon, il n'irait nulle part de toute façon.
~(-)~
« Il est inutile d'aller dans les appartements d'Arthur, Merlin. Le roi s'est arrangé pour que quelqu'un d'autre s'en charge. Il te faut aller à l'armurerie et préparer les armes d'Arthur. »
Merlin s'interrompit sur son chemin vers la porte des appartements de Gaius, fronçant légèrement les sourcils. Il avait de nouveau la forme de l'épée enveloppée sous son bras mais son mentor n'avait pas posé de question. Il supposait probablement que c'était l'épée habituelle d'Arthur et qu'il avait essayé de l'améliorer, la nuit précédente.
Il soupira, reprenant sa route avec résignation.
« Merci de m'avoir prévenu. Ça m'évite d'avoir à le réveiller. Il sera grognon, c'est sûr et je n'envie pas d'être celui qui le fera à ma place aujourd'hui.
- Merlin. »
Le jeune magicien jeta un regard en arrière, inconscient de la vraie raison pour les paroles de Gaius. Il ignorait que son mentor lui mentait.
« Quoi, j'ai le droit de plaisanter, non ? Je vous verrai plus tard, après qu'Arthur ait vaincu ce spectre. »
Il avait un sourire sur son visage en disant cela, une confiance qui fit s'interrompre Gaius. Mais avant que le médecin ne puisse demander, ce qu'il voulait dire par ce sourire, le magicien dévalait déjà les escaliers de la tour.
Merlin se rendit directement à l'armurerie, commençant vivement à préparer l'armure d'Arthur. Il passa ses heures entre l'aurore et midi, à vérifier chaque pouce de métal, chaque boucle, chaque rivet. Il en fit de même pour le bouclier, s'assurant que boucles et poignées étaient bien fixées. Et ensuite il revérifia l'armure, l'épée étant la seule chose qu'il ne vérifia pas avant la dernière minute.
Il déposa le baluchon sur la table à côté de l'armure, dépliant le tissu et s'émerveillant devant l'épée dissimulée dans les plis. Elle était magnifique, impressionnante, une forme sans défaut en or et argent. Il relut les mots écrits dessus, les traçant du doigt jusqu'à ce qu'une voix l'interrompe.
« Voilà une belle épée. »
Merlin sursauta de surprise, levant les yeux pour voir Uther se tenant là, revêtu d'une cotte de mailles. Le roi se dirigea vers lui et il reposa l'épée avec soin.
« Elle est pour Arthur. »
Les paroles qui suivirent faillirent geler sur place l'esprit de Merlin.
« Il n'en aura pas besoin aujourd'hui... Je vais prendre sa place. »
Attendez, quoi ? Merlin le regarda fixement.
« Mais, Sire. »
Le roi ignora la protestation.
« Prépare-moi pour le combat. »
Merlin avait l'impression, que quelque chose était coincé dans sa gorge, quelque chose qui essayait de l'empêcher de parler jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de le contourner.
« C'est Arthur qui devrait combattre aujourd'hui.
- C'est à moi qu'on en veut... C'est moi qui me battrai. »
Difficile de répondre à ça et Merlin le savait. Il jeta rapidement le tissu pour recouvrir l'épée, se retournant comme pour chercher quelque chose.
« Je n'ai pas votre armure. »
Une main fut agitée en direction de celle qui était déjà prête.
« Celle-là, ça ira. Ça ne changera sans doute pas grand-chose. »
Merlin commença à tendre la main vers la première pièce à contrecœur, ces mots pénétrant son esprit tandis qu'il réalisait à quoi ça ressemblait. Uther donnait l'impression de croire qu'il était sur le point de mourir et qu'il acceptait sa mort. Est-ce que c'était vraiment en train de se passer ? Est-ce qu'Uther croyait vraiment et volontairement qu'il allait à sa mort ?
Il s'empressa de commencer à attacher l'armure, commençant à balbutier, quand le roi déplaça le tissu et se saisit de l'épée.
« Attendez, je vais chercher votre épée.
- Celle-ci fera l'affaire. »
Merlin eut l'impression qu'un bloc de glace venait de tomber dans son estomac.
« Non, Sire. V…vous ne comprenez pas. Celle-là a été faite expressément pour Arthur. »
Le roi sembla fasciné par l'épée dans sa main.
« Qui l'a faite ? »
Merlin eut envie de grimacer, alors même qu'il commençait à mettre des morceaux d'armure en place.
« Tom, le forgeron.
- Elle est digne d'un roi. »
Merlin se déplaça derrière lui pour attacher les boucles du haubert et des épaules de l'armure.
« Vous seriez mieux avec une épée que vous connaissez. »
Uther fronça les sourcils, songeur, balançant légèrement l'épée.
« Elle est parfaitement équilibrée. Tom n'est pas le forgeron royal. C'est étrange qu'Arthur se soit adressé à lui. »
Merlin expliqua, essayant toujours de trouver le moyen de sortir de là.
« C'est moi. »
Le roi tourna la tête vers lui d'un air interrogateur.
« Je me suis dit que... qu'il lui fallait une meilleure épée. »
Leurs yeux se portèrent sur l'épée, Uther à nouveau songeur.
« Tu lui montres un dévouement extraordinaire. Bien au-delà de ce à quoi je me serais attendu, étant donné tes origines. »
Merlin attachait maintenant les gardes de poignets en place, essayant de rester calme.
« C'est mon travail, Sire.
- Mais tu vas au-delà du devoir. »
Merlin se retrouva à regarder le roi dans les yeux.
« Eh bien, on peut dire que... il y a quelque chose qui nous unit. Aussi longtemps que je serai son serviteur, je ferai de mon mieux pour le garder en sûreté. »
Uther continua de l'observer.
« J'en suis heureux... Veille sur lui. »
Le roi, désormais entièrement vêtu de son armure, sortit de l'armurerie, saisissant un heaume au passage. Il n'y avait rien d'autre que Merlin puisse faire, à part l'assommer et se saisir ainsi de l'épée. Qu'était-il supposé faire ? Uther avait l'épée !
Il suivit le roi vers l'arène, remarquant l'air coupable sur le visage de Gaius quand il le croisa au bord de l'arène. Gaius était au courant, l'avait envoyé à l'armurerie exprès... Et il n'avait aucune idée de ce que ses actions avaient causé.
Merlin se força à reprendre son calme, déterminé, quoi qu'il arrive dans ce combat, à récupérer l'épée ensuite. Sa promesse au dragon était déjà brisée, bien que ce ne soit pas sa faute, mais cela ne voulait pas dire, qu'il allait laisser les choses empirer. Mais il vit ensuite quelque chose, et ses pensées durent attendre, car au milieu de la foule, tout au bout de l'arène... se trouvait Nimueh.
Merlin se retrouva à froncer les sourcils devant son sourire, quand la foule haleta en voyant que leur roi allait se battre. Elle avait l'air d'avoir déjà gagné.
'Ne prends pas la victoire pour acquise.'
Il vit son sourire faiblir un moment, devant ses paroles silencieuses, ses yeux rencontrant les siens tandis qu'entre eux Tristan et Uther, spectre et roi, préparaient leurs armes.
Elle eut un sourire suffisant.
'Je te l'ai dit, ce n'est pas après toi que j'en ai cette fois. Il n'ait rien que tu puisses faire. Uther va mourir et son fils va devenir roi, alors la magie aura une chance de revenir. Réjouis-toi. Cela sera pour ton bénéfice.'
Les premiers coups retentissant furent échangés, Merlin accordant un bref regard, concerné au combat, avant de reporter son attention sur elle.
'Je me fiche d'après qui tu en as vraiment cette fois. Utiliser les morts comme des pions pour tes jeux n'est pas bien.'
Elle leva légèrement la tête, laissant plus de lumière atteindre son visage dans les profondeurs du capuchon.
'Je fais ce que je dois. Parfois un prix doit être payé, un petit sacrifice est requis.'
'Alors Owain et Sire Pellinore étaient un petit sacrifice ?'
Tous deux furent distraits, quand d'un coup de bouclier Uther fit tomber le heaume de la tête de Tristan. La foule haleta d'horreur, devant le visage noir et desséché qui fut révélé, le spectre sifflant en direction du roi avant de reprendre son attaque.
Les yeux de Merlin se reportèrent sur Nimueh, et elle sourit.
'Uther ne peut pas gagner. Nulle arme forgée par les mortels ne peut tuer ce qui est déjà mort... Il est condamné, Merlin. Rien que tu puisses faire ne changera cela'
La foule se leva dans les gradins, tandis qu'Uther était désarmé et jeté au sol. Le spectre frappa d'un grand coup, son épée se prenant dans le bouclier du roi. Uther lança cette barrière dans la poitrine du spectre, leva un pied et le repoussa d'un grand coup. Alors, tandis que Tristan luttait pour libérer son épée, Uther plongea et saisit ce qu'il avait laissé tomber.
En le voyant se ruer vers le spectre pour le frapper, ce fut Merlin qui se retrouva soudain à arborer un sourire victorieux.
'Quelque chose que j'ai déjà fait est sur le point de le faire...'
Uther transperça le spectre et fut rejeté en arrière, lorsque celui-ci rugit et qu'un panache de fumée sortit de la blessure. Celle-ci commença à brûler comme les braises d'un feu, se répandant à travers Tristan, jusqu'à ce qu'il explose en morceaux et en cendres. Merlin observa Uther retrouver son équilibre tandis que le peuple l'acclamait.
'J'ai gagné.'
Nimueh ne put que regarder la scène, fixement avec incrédulité, son expression se teintant de colère. Puis dans un mouvement de sa cape elle disparut, pour le moment du moins.
Merlin sentit la tension le quitter, son esprit revenant à l'épée qu'Uther tenait toujours. Il ne put qu'observer tandis que Gaius ramenait le roi au château pour chercher des blessures et pria pour que son mentor réalise d'où elle venait.
Quant à lui, il avait un dragon à qui présenter des excuses... Et il en redoutait le moment.
~(-)~
L'armure d'Arthur gisait sur la table de la salle du conseil, la cotte de mailles de son père déposée à côté, tandis que l'homme en question grimaçait sous les bleus et tensions accumulés. Mais même maintenant, il était songeur, des pensées hantaient son esprit depuis ce moment de victoire dans l'arène. C'est pourquoi il regarda son médecin, et leur donna voix.
« Vous m'aviez dit qu'un spectre ne pouvait pas être tué. »
Gaius leva les yeux du pot de baume qu'il tenait à la main, demeurant apparemment impassible devant le commentaire.
« Oui, quelle victoire remarquable. La seule explication qui me vienne à l'esprit est que, parce que c'est vous qui l'avez tué la première fois, quand vous l'avez à nouveau vaincu, cela l'a libéré. Peut-être Tristan est-il enfin en paix maintenant. »
Uther fronça légèrement les sourcils.
« Oui... Peut-être. »
Gaius regarda derrière le roi, en direction de l'épée qui se tenait également sur la table. Il n'avait encore jamais vu celle-là et il commençait à soupçonner d'où, ou plutôt de qui, elle venait.
« C'est une nouvelle épée, Sire ? »
Le roi se retourna pour la regarder, la saisit et la tendit au médecin.
« Je n'en connais pas de meilleure pour combattre, dit-il en regardant Gaius commençant à l'inspecter. J'ai été intrigué par ces inscriptions. »
Gaius dut faire de son mieux, pour ne pas laisser tomber l'épée sous le choc, quand il la vit de plus près et fut reconnaissant qu'Uther ne sache presque rien des textes runiques. Chaque côté de l'épée était marqué d'une phrase dans l'Ancien Langage et en les lisant à voix haute il s'émerveilla de leur leçon.
« D'un côté il est écrit 'Prenez-moi' et de l'autre côté 'Jetez-moi'. Puis-je vous demander qui l'a faite, Sire?
- C'est Merlin qui me l'a donnée. Elle a été forgée pour Arthur. »
Les sourcils de Gaius étaient levés et il inventa rapidement une raison, pour garder l'épée en sa possession.
« Merlin? Demanda-t-il en regardant l'épée comme s'il venait de la reconnaître. Est-ce possible ? Je savais qu'il avait l'intention de lui offrir cela mais pas si tôt. Il ne m'a même jamais laissé la regarder. »
Uther commença à avoir l'air confus.
« Qu'avait-il l'intention de faire ? »
Gaius semblait maintenant un peu déconcerté.
« Quelque chose que lui et moi avons arrangé il y a quelque temps. Il voulait faire forger une épée spéciale, pour Arthur. Comme cadeau, je crois, non qu'il accepte de l'admettre. Il l'a obtenue, il n'y a pas si longtemps, avec une petite aide financière de ma part, mais voulait attendre une autre occasion, que la nomination d'Arthur comme Prince Héritier. Je ne serais pas surpris, qu'il la garde comme un cadeau de mariage ou peut-être même un cadeau de couronnement. Bien que s'il s'agisse de cette dernière occasion, il va attendre longtemps, je pense. »
Uther commença à sourire face à cela, autorisant Gaius à reprendre possession de l'épée.
« Alors ce devait être un cadeau de votre part à tous les deux. Je ne suis plus surpris qu'il ait été si réticent à ce que je l'utilise... Très bien, puisque mon fils ne l'a pas vue, peut-être vaut-il mieux qu'elle soit, de nouveau, mise de côté jusqu'à ce que la bonne occasion se présente. Je m'en voudrais de gâcher la surprise. »
Gaius sourit face à ce commentaire, se servant du tabard déchiré que le roi avait porté pour envelopper l'épée avant de l'emmener.
« En effet. Je suis sûre que ce sera une surprise intéressante. »
Les portes de la salle du conseil s'ouvrirent laissant entrer Arthur. Gaius y vit l'occasion de partir, s'empressant de ramasser ses médicaments et de quitter la pièce avec l'épée sous son bras.
Arthur attendit qu'il soit parti, avant d'avancer, avec fureur, vers son père. Il n'en voulait pas au médecin, pas alors que celui-ci n'avait probablement fait que suivre les ordres.
« Vous avez demandé à Gaius de me droguer ! Ce combat était le mien ! »
Uther remit sa chemise, que trop prêt à cette confrontation.
« Non, pas du tout. »
Arthur le regardait fixement, démesurément furieux.
« Mais le Code de la Chevalerie est très clair !
- Va au diable ! »
Les paroles de son père le firent taire, Uther se tournant vers son fils.
« J'ai cru que tu allais mourir et c'était un risque que je ne pouvais pas courir. Tu es trop précieux pour moi. Tu représentes pour moi bien plus que tout ce que je connais, bien plus que tout ce royaume et assurément plus que ma propre vie. »
La colère se transforma en stupéfaction, Arthur se tenant là presque perplexe.
« Mais j-j'ai toujours pensé que... Que j'étais pour vous une déception. »
Uther inclina la tête.
« Ça, c'est ma faute et non la tienne. Tu es mon fils unique, pour rien au monde je n'en voudrais un autre. »
Un silence gêné tomba et s'attarda, jusqu'à ce qu'Arthur réalise que s'il ne voulait pas perdre toute dignité en gigotant, il avait intérêt à dire quelque chose.
Il sourit tandis que la pique quittait ses lèvres.
« On m'a dit que vous vous êtes bien battu. Vous devriez venir avec nous à l'entraînement, dit-il avant de se pencher vers lui. Travailler votre jeu de jambes. »
Le roi sourit à cela, lançant un léger coup vers son fils mais le manquant quand le prince s'enfuit hors de portée.
« Je vais t'en montrer du jeu de jambes. »
Il grimaça tandis que le mouvement tirait sur ses blessures et Arthur décida qu'il valait peut-être mieux le laisser se reposer. Lorsqu'il retourna dans ses appartements et découvrit Merlin en train de ranger le désordre qui y régnait, il était de bien meilleure humeur. Cependant, voir Merlin ramasser des objets qu'il avait jeté, après s'être réveillé aux sons du duel et avoir découvert qu'il était enfermé, il ressentit une légère culpabilité. Il avait menacé Merlin et pourtant le serviteur ne cessait de revenir. Il méritait plus de respect que cela.
« Lève-toi, tu pourras faire ça demain. »
Merlin se leva là où il était agenouillé à ramasser divers objets.
« Et qu'est-ce que mon prince voudrait que je fasse maintenant à la place ? »
Arthur fit de son mieux pour ne pas grimacer devant la rebuffade contenu dans ce commentaire formel. Merlin ne parlait comme ça que lorsqu'il était très énervé. Et Merlin avait tous les droits de l'être. S'inquiéter de la sécurité de quelqu'un n'était pas un crime, encore moins, une raison d'être menacé d'une épée.
Le prince sortit une petite boîte de bois de l'un de ses placards, se dirigea vers la table et commença à placer le plateau et les pièces qui s'y trouvaient.
« Et si, nous avions notre propregenre de duel... Un dont nous savons tous les deux que tu vas probablement gagner. »
À la vue du petit renard de bois et de la multitude d'oies en bois, Merlin réussit à sourire. Oui, mettre une raclée à Arthur, au jeu du Renard et des Oies, leur remonterait le moral à tous les deux et c'était ce qu'il obtiendrait de plus proche de véritables excuses cette fois.
Cela permit également d'alléger une partie de la culpabilité qu'il ressentait en ce moment. Se faire traiter de tous les noms par Arthur quand le prince n'arrêtait pas de perdre, valait mieux que de penser au dragon, qui lui avait dit qu'il n'était pas prêt, à ce qu'on lui accorde sa confiance. C'était le prix d'une promesse brisée, mais il ne briserait pas l'autre promesse qu'il avait faite pour se faire pardonner.
Aussi cette nuit-là, après qu'un Gaius assez curieux lui ait tendu une certaine épée, Merlin évita ses questions et se dirigea hors de Camelot. Vers le Lac d'Avalon, où il se tint sur la berge et regarda l'épée, une dernière fois. Ensuite, les paroles de sa promise résonnant encore dans ses oreilles, avec l'aide de la magie il la lança loin dans les eaux.
Elle coula hors de vue, perdue dans les profondeurs... Disparue là où nul homme ne pourrait la trouver. Aucun homme à part lui ne saurait jamais qu'elle était là, et sachant cela, il se retourna et s'éloigna... Se dirigeant vers Camelot et les prochaines épreuves qu'il allait devoir affronter.
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J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir cet épisode, et particulièrement la dernière scène entre Arthur et Uther : c'est l'une des rares fois où Uther se comporte en père avant de se comporter en roi. Et paradoxalement, j'ai eu beaucoup de mal à le traduire !
(1) pas une attirance au sens physique du terme, je tiens à préciser !
