Comme promis voici la suite. J'espère qu'il va vous plaire. On a un peu pris notre temps et on y a mis tout notre cœur.
Erato et moi-même allons essayer de vous concocter un chapitre tout aussi riche en émotions pour la prochaine fois. Avec les vacances et les rattrapages aux examens ça risque d'être difficile de vous le concocter rapidement. Ne l'attendez pas avant débit septembre j'en suis navrée.
Encore merci à tous ceux et celles qui nous ont encouragés. C'est vraiment adorable de votre part. Quant aux autres, n'hésitez pas à nous envoyer un petit mot pour nous dire ce que vous avez pensé de notre histoire, surtout si vous la découvrez en bronzant sur la plage.
Bonne lecture.
CHAPITRE48 – le matin de Noël
Hermione s'était réveillée en sentant une présence dans sa chambre. Il faisait encore nuit et tout était silencieux dans la maison. Cependant, elle était certaine de ne pas être seule. Elle aurait dû paniquer : l'année qu'elle avait passée à rechercher les Horcruxes lui avait pourtant appris à savoir se méfier de ce genre de chose. Pourtant, elle n'avait pas peur, car elle pouvait sentir presque imperceptiblement, le parfum caractéristique de l'herbe fraichement coupée rehaussé d'une note fleurie ainsi que de celle plus discrète des vieux parchemins : Drago.
Il devait se tenir à quelques mètres de son lit, près de la porte. Elle entendait maintenant sa respiration légèrement saccadée sans savoir si c'était dû au stress ou à l'excitation. Elle était, elle-même, dans un état relativement semblable.
Ses yeux s'étaient maintenant habitués à la pénombre et elle pouvait désormais distinguer sa silhouette. Il s'approchait de son lit de sa démarche féline tandis qu'il déboutonnait sa chemise bouton après bouton.
Les yeux du blond, qu'elle arrivait désormais à distinguer malgré le manque de clarté, la fascinaient comme deux lacs d'argent sur lesquels dansaient les reflets de la pleine lune ; elle aurait voulu se noyer dedans.
- Qu'est …qu'est-ce que tu fais la ? demanda-t-elle d'une voix hésitante en allumant d'un sort la petite lampe à ses côtés.
Ne lui répondant pas, il s'approcha encore d'elle et pénétra dans le faible halo de lumière orangé qui venait d'apparaitre.
Comme hypnotisée par la scène qui se déroulait devant ses yeux, elle ne bougea pas d'un pouce.
Il était là, devant elle, ne portant plus que son bas de pyjama qui descendait légèrement sur ses hanches, laissant ainsi voir le bas de son abdomen sur lequel se dessinait une ligne fine de poils blonds menant à son intimité, ce qui la fit déglutir péniblement.
Lentement, à la façon d'un prédateur, il franchit les derniers pas qui le séparaient encore de son lit pour y grimper.
Hermione, immobile jusqu'à présent, se recula en rougissant et se retrouva adossée à sa tête de lit.
Le Serpentard se montrait plus qu'entreprenant et elle ne savait pas comment réagir, partagée entre l'envie de se laisser aller dans ses bras et la peur de franchir un cap qu'elle n'avait su gérer avec Ron.
Tirant légèrement sur les draps pour se couvrir un peu plus, elle se maudit d'avoir choisi cette nuit-là pour ne porter qu'un léger débardeur et une culotte.
Maintenant à genoux sur son lit, Drago la surplombait légèrement. Son visage n'était plus qu'à quelques dizaines de centimètres du sien et il lui offrit son plus beau sourire en coin comme pour lui signifier qu'il ne tenait qu'à elle de l'arrêter. Cependant, elle se doutait qu'il avait déjà la certitude qu'elle ne l'arrêterait pas.
Il s'avança alors encore un peu et plaça ses genoux de part et d'autre des jambes d'Hermione, qui étaient allongées sous les draps. Si, lorsqu'il s'était positionné ainsi dans la salle sur demande elle avait légèrement paniqué, ce n'était plus le cas désormais. Elle éprouvait bien sûr de l'appréhension, mais elle était d'une tout autre nature.
Franchisant l'espace qui les séparait encore, il se mit à caresser de ses lèvres sa tempe puis sa mâchoire et vint délicatement déposer quelques baisers légèrement humides dans son cou tandis qu'avec habileté il défaisait les lacets de son débardeur en effleurant sa poitrine.
Mordant sa lèvre inférieure pour se retenir d'émettre le moindre son qui lui aurait laissé apercevoir son émoi, elle le laissa faire. Sans qu'elle s'en aperçoive réellement, les bras d'Hermione s'étaient détendus et reposaient maintenant sur ses cuisses, tels des remparts effondrés.
Son décolleté, maintenant largement ouvert, s'offrait à Drago, qui effleura de ses lèvres la naissance de ses seins tandis qu'une de ses mains était descendue le long de l'unique étoffe qui le séparait de la peau de son ventre pour venir se faufiler contre elle.
Hermione, troublée, ne put retenir sa main de se poser naturellement sur la hanche du jeune homme qui la caressait langoureusement. Fermant les yeux, elle laissa aller sa tête sur le côté pour profiter plus intensément encore des sensations délicieuses qui étaient en train de l'envahir.
La main du Serpentard s'était maintenant frayé un chemin jusqu'à l'un de ses seins qu'il malaxait tendrement tout en en effleurant la pointe du bout de son pouce.
Puis, alors que le blond marquait sa peau d'une ligne de baisers qui remontait jusqu'à son cou, il passa son bras libre dans le dos d'Hermione pour l'agripper par la taille dans un geste presque possessif qui la plaqua contre lui.
Appréciant l'étreinte, la brune vint, elle aussi, placer ses mains sur le dos nu de son ancien ennemi afin de le caresser et commença à déposer plusieurs baisers sur son épaule.
Elle avait l'impression de ne plus rien contrôler, l'esprit comme embrouillé de sensations plus voluptueuses les unes que les autres : sa raison l'abandonnait.
Lentement, Drago vint glisser ses lèvres jusqu'au lobe de son oreille qu'il vint mordiller. Se délectant des caresses du blond, Hermione ferma à nouveau les yeux, tentant ainsi de ne pas se laisser submerger par ces sensations plus qu'agréables. Elle ne put toutefois réprimer un léger gémissement quand elle sentit une main descendre le long de ses hanches pour finalement se poser sur ses fesses et les agripper sensuellement.
Parcourant à son tour le dos du Serpentard pour en explorer chaque parcelle, les doigts d'Hermione vinrent entrer en contact avec l'élastique de son pyjama.
Elle s'apprêtait à franchir cette ultime barrière quand il murmura quelque chose à son oreille qu'elle ne put comprendre. Elle ouvrit les yeux pour le questionner, mais elle était désormais seule dans son lit, serrant dans ses bras un oreiller qui était bien loin de l'objet de ses pensées.
Elle pouvait entendre la respiration régulière de Ginny qui dormait à ses côtés.
Bien sûr ce n'était pas le premier rêve de la sorte qu'elle faisait, mais habituellement le garçon qui s'y trouvait, bien qu'il ait plus souvent été roux que brun, n'avait pas d'identité.
Rêver de la sorte de Drago était nouveau pour elle et son cœur palpitait encore des sensations qu'elle avait éprouvées. Le rêve avait été si prenant qu'elle sentait presque encore les mains et les lèvres du jeune homme caresser sa peau.
Mais une autre sensation tout aussi ancrée en elle la surprit bien plus : la déception qu'elle avait éprouvée à son réveil en réalisant que ce n'était qu'un rêve. Car elle devait se l'avouer, elle mourait d'envie d'aller le rejoindre dans son lit pour en faire une réalité.
Ayant retrouvé la raison, après avoir bu un grand verre d'eau, elle n'en fit rien. Elle s'endormit cependant le sourire aux lèvres. Tant pis s'il était Serpentard et tant pis si c'était Malefoy : elle avait désormais plus qu'un faible pour lui sans qu'elle ne puisse totalement comprendre pourquoi, et elle l'acceptait.
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Si la nuit d'Hermione avait eu tout pour lui plaire, c'était loin d'être le cas pour Drago.
D'abord parce qu'il n'avait pas eu l'impolitesse de disparaitre quand on lui avait annoncé qu'il allait devoir partager avec Potter la chambre du rouquin. « On n'est même pas sûr qu'il rentre cette nuit, Drago », lui avait dit Hermione pour le convaincre.
Comme si ça avait été le seul problème ! Entre la promiscuité, le manque flagrant de place, le mobilier rustique, et le désordre flagrant de la chambre de Ron, il allait devoir dormir à même le sol sur un matelas certainement miteux, tandis que le Survivant allait occuper un matelas semblable au sien juste à côté de lui. Pire encore : la pièce était si petite que pour se rendre à son lit, le propriétaire de la chambre, s'il rentrait durant la nuit, n'aurait d'autre choix que de les enjamber pour aller se coucher !
Et c'était sans compter le fait qu'il se retrouvait dans la même chambre que Potter et qu'il y avait un risque qu'il fasse un cauchemar en sa présence ! Soit, Potter l'avait déjà vu … de bien pire façon. Mais ça ne donnait pas pour autant envie à Drago de se livrer pieds et poings liés en parure à sa compassion s'il se réveillait en hurlant.
Et si la Belette se pointait justement au moment où il rêvait de son tortionnaire… Rien qu'à cette unique pensée, son estomac se tordait déjà de douleur et il n'avait qu'une envie : régurgiter l'excellent repas qu'il venait de déguster.
Pourtant, il s'était laissé convaincre. Peut-être par trop grande fierté, peut-être parce qu'il avait apprécié malgré tout cette ambiance chaleureuse de Noël qu'il découvrait : il ne savait pas…
Une fois seul avec Potter, le calvaire avait commencé : un silence pesant, des regards en coin plus que gênés, des raclements de gorges maladroits, et des sorts discrètement lancés afin de garder une certaine intimité durant la nuit.
Drago avait eu beau essayer de toutes ses forces de ne pas s'endormir, les ronronnements de Lyra ainsi que ses pouvoirs apaisants avaient eu raison de lui une heure plus tard.
Et, ce qu'il craignait était immanquablement arrivé. Il s'était retrouvé en proie à ses habituels cauchemars : des moments plus atroces les uns que les autres qui se succédaient sans aucune logique, mais qui avaient pour point commun la honte qu'il ressentait d'avoir fait tout ce qu'Il lui avait demandé par crainte de subir pire encore.
Malgré les sorts que Drago avait lancés, Harry ne manqua pas d'être réveillé. D'un Lumos minima, il alluma une petite lueur au bout de sa baguette, saisit ses lunettes qu'il percha sur le bout de son nez, et se rendit rapidement compte de la situation. Drago, recroquevillé sur lui-même dans ses songes, pleurait et criait à la fois sans qu'aucun son ne sorte de sa gorge. Lyra, trop petite pour contenir tant d'émotions négatives, était également prise dans le cauchemar et semblait souffrir horriblement.
À genoux sur le matelas de Drago, Harry secoua le blond sans parvenir à le réveiller. Voir celui qu'il avait considéré pendant des années comme son rival dans un état si effroyable l'émut au plus haut point.
Comprenant que le malmener de la sorte ne semblait qu'aggraver les choses, d'une main peu sure, il tenta ensuite une approche moins énergique. Lui tapotant doucement l'épaule, il le supplia avec fermeté, mais gentillesse : « s'il te plait, Drago réveille-toi ! Tu ne peux pas rester comme ça… Tu te fais du mal… Tu fais du mal à ton chaton aussi… Allez, réveille-toi… Voldemort n'est pas là … Il ne te fera plus de mal … C'est du passé, tout ça…plus jamais il ne s'en prendra à toi… ». Au fur et à mesure qu'il lui parlait, la voix d'Harry s'enrouait de plus en plus tandis que sa gorge se serrait à lui en faire mal. Quoi qu'il en dise, il se sentait coupable d'avoir su ce qui arrivait à Malefoy et de n'avoir rien tenté, pas même prévenir l'ordre. Il souffrait de le voir dans cet état, lui qui avait été si fort à chaque fois qu'il lui avait tenu tête.
Dissipant tous les sorts qui avaient été lancés la veille au soir, il décida de le redresser un peu. Il espéra que le faire bouger le réveillerait et il eut raison. À peine quelques secondes plus tard, Drago émergeait totalement déboussolé et paniqué, si bien qu'Harry dut le retenir de ses deux bras pour qu'il cesse de s'agiter et ne réveille tout le monde.
- Ça va aller, Drago … C'est moi, Harry... Je ne vais pas te faire de mal. Tu es en sécurité… On est chez les Weasley, dans la chambre de Ron… Tout va bien… Je suis là, tenta le Gryffondor en espérant que ça suffise à le clamer.
- Harry ? fit le blond encore à moitié dans son horrible rêve, tout en essuyant de la manche de son pyjama les larmes qui avaient coulé sur ses joues tandis qu'il dormait. C'est bien toi ?
Le brun fut relativement surpris d'entendre son prénom dans la bouche du Serpentard.
- Euh... Oui… C'est moi… Tu n'as plus rien à craindre, ajouta-t-il d'une voix calme et rassurante après une petite hésitation.
Alors qu'Harry s'apprêtait à se lever dans le but de trouver Hermione, afin qu'elle vienne s'occuper de ce qui ressemblait de plus en plus à son petit ami, le blond dans un réflexe qu'il ne comprit pas lui-même, l'agrippa afin de le retenir. Puis, sans plus comprendre pourquoi, il s'accrocha à lui.
Harry s'aperçut alors que Drago tremblait comme une feuille.
- Ne me laisse pas seul … parvint à dire Drago au prix d'un effroyable effort.
Alors, ne sachant trop quoi faire d'autre, Harry s'assit, tandis que Drago, ne le lâchant toujours pas, essayait de calmer ses tremblements ainsi que les nausées qui les accompagnaient.
Même s'il refusait de se l'avouer, les révélations de Potter avaient tout changé entre eux. Il avait gardé son secret… Bien qu'il ait témoigné en sa faveur, il n'avait pas changé sa façon d'être avec lui… Il n'avait jamais vu de pitié dans son regard et il était maintenant persuadé que même s'il se montrait faible face à lui, cet état de fait ne changerait pas…
Aussi surprenant que ça puisse paraitre, il avait désormais confiance en Harry. Ce qui les unissait était loin d'être de l'amitié, pourtant, c'était devenu essentiel à ses yeux.
Jamais il n'aurait pu prédire que le Saint Sauveur et son intello d'amie deviendrait des piliers sur lesquels il reposerait sa nouvelle vie. Autrefois, s'ils les avaient imaginés connaitre un secret aussi terrible, il se les serait forcément représentés en train de se moquer ou avoir pitié de lui, mais il devait reconnaitre que certains Gryffondors ne manquaient pas de qualités.
Cette pensée le fit sourire et il réalisa qu'il tenait toujours Potter fermement par sa veste de pyjama tandis que celui-ci avait gardé une main réconfortante sur l'une de ses épaules et l'autre posée sur son genou.
Se sentant légèrement mieux, Drago lâcha Potter sans savoir trop quoi dire, trop gêné pour trouver une réplique cinglante qui lui sauverait la mise.
Le Gryffondor retira ses mains et imita le petit sourire en coin de Drago. Loin de le prendre mal, le Serpentard comprit le geste et secoua doucement la tête en souriant. Puis, passant une main sur son visage, il essaya de reprendre un peu plus de contenance et d'assurance.
C'est alors que, cherchant Lyra des yeux, il s'aperçut qu'elle n'était pas sur ses genoux comme à son habitude, surtout en pareilles circonstances. Il la vit enfin, toute recroquevillée sur elle-même, sous le lit de la Belette.
- Viens là … je ne voulais pas te faire du mal … je suis désolé, dit-il d'une voix très douce à des années-lumière de sa voix trainante et hautaine habituelle.
Lentement, la petite chatte revint vers lui pour aller enfin, d'un petit saut gracieux, se pelotonner dans les bras de son maitre.
- Elle ne supporte pas mes cauchemars, murmura-t-il, fataliste, plus pour lui-même que pour Potter.
- Toi non plus, Drago ! constata Harry avec gentillesse en posant à nouveau sa main sur son épaule.
Détournant brusquement son regard de Lyra pour regarder Potter, Drago blêmit légèrement.
Curieusement, entendre Potter le lui dire brisa quelque chose en lui. Il regarda à nouveau la minuscule chatte grise sur ses genoux qui se remettait à peine, puis se mit à songer à tous les soirs où il avait affronté, seul, ses effroyables cauchemars. Désormais il avait des personnes sur qui compter, mais ça lui faisait également prendre conscience d'à quel point il était physiquement et mentalement épuisé.
Il sentait les larmes poindre dans ces yeux et tentait de les retenir. Accepter d'être en lames devant Potter à cause de ses cauchemars était une chose, mais se mettre à pleurer sans raison en était une autre. Cependant, plus il résistait, plus sa gorge lui faisait mal jusqu'à lui bruler les oreilles, les yeux et le nez.
Il avait beau serrer sa mâchoire, elle s'était mise à trembler tout comme le bout de ses doigts.
- Tu ne peux plus supporter ça tout seul. Hermione et moi, on va t'aider. Il faut l'arrêter… il est en train de te détruire. Et ça, il en est hors de question !
Les mots de Potter eurent raison de ses dernières barrières et il craqua :
- Tu fais chier Potter ! Je ne t'ai pas demandé de te mêler de mes affaires ! Il ne s'agit pas de sauver le monde sorcier ! Il n'y a que moi de concerné. Et de toute façon, tu ne peux rien y faire ! Personne ne peut rien y faire … finit-il d'une voix cassée sans parvenir à émettre un mot de plus.
Il était si las de tout ça.
- Je n'en peux plus, murmura-t-il à bout de force.
Toujours assis à ses côtés, un bras sur son épaule, Harry le tira vers lui en une étreinte amicale pour lui tapoter le dos comme il l'avait déjà fait pour Ron ou pour Hermione de nombreuses fois.
Tandis qu'il versait des larmes silencieuses dans les bras réconfortants du brun, celui-ci continuait à lui parler :
- On va trouver comment te sortir de là, je te le promets. Je suis arrivé à le vaincre à chaque fois qu'il a pointé son nez à Poudlard ! Tu ne crois tout de même pas que je vais m'avouer vaincu cette fois-ci… On va le réduire à néant et, cette fois-ci, il ne restera plus rien de lui.
- Quoi qu'il t'ait fait, reprit Potter après un moment de silence, quoi qu'il t'ait forcé à faire, on te le fera oublier du mieux qu'on pourra. Quoi qu'on apprenne, on ne te jugera pas… Aie confiance en nous… s'il te plait Drago…
- Je… J'ai confiance, parvint à dire le Serpentard la gorge nouée. Je veux juste… Je veux juste qu'elle ne voie jamais ce que j'ai fait… Je ne lui ai pas tout raconté. Elle se doute de certaine chose, mais … j'ai commis… j'ai fait des trucs horribles… si horribles que jamais plus elle ou toi ne me regarderez de la même manière…
- Quoi que tu aies fait Drago, lui dit Harry en se reculant un peu pour pouvoir le regarder dans les yeux. Quoi que tu aies fait, lui répéta-t-il, tu as déjà suffisamment payé. De plus, tout ce que tu as fait sous la menace : la menace sur ta propre vie, celle de ta famille, la menace de torture et de viols… n'importe qui aurait cédé à ta place : moi, Hermione, Kingsley … n'importe qui... Alors, quoi que tu aies fait, tu n'as commis aucun crime. Tu n'as pas as t'en vouloir et personne ne t'en voudra... Je ne pense pas que le cacher à Hermione soit la meilleure des choses pour vous deux et je pense encore moins que garder tout ça pour toi soit bon non plus. Alors, si tu veux en parler n'oublie pas qu'on est là tous les deux et qu'on ne te jugera pas.
- Je... hésita-t-il en fixant ses yeux émeraude qui l'avait tant soutenu à un des pires moments de son calvaire.
- Tu n'es pas obligé d'en parler ce soir, ça peut attendre que tu sois prêt.
Les mots qu'il venait d'entendre lui avaient fait du bien. Une fois de plus un poids énorme semblait s'être évaporé de ses épaules et il se sentait mieux. Il n'était pas encore prêt, en effet, à leur avouer tout ce qu'il avait dû faire dans les sous-sols du manoir, ni après, au service de cette ordure pendant l'année qui avait suivie, mais entendre qu'on le pardonnait d'avance lui donnait espoir de pouvoir un jour tourner la page.
- Merci, Pot… Harry… Je … ce n'est pas dans mes habitudes… je… Merci…
- Pas de quoi Drago, insista Harry pour lui faire comprendre qu'il appréciait qu'il l'ait appelé lui aussi par son prénom.
Ils restèrent un moment l'un à côté de l'autre en silence, soufflant légèrement après ce qui avait été un moment éprouvant pour l'un comme pour l'autre. Puis Harry reprit la parole :
- Hermione me tient au courant de tout ce qui concerne la façon de vaincre le maléfice qui te hante… Elle m'a parlé des guides… je … Rien n'oblige à ce que ce soit Hermione qui entre dans tes rêves… je peux le faire !
Drago n'en revenait pas. Il avait bien saisi quelques minutes plus tôt que Potter voulait l'aider, lui aussi, mais pas à ce point… pas au point d'accepter de se retrouver à nouveau face à lui. Hermione ne se rendait pas compte de ce qu'elle lui proposait, mais Potter, lui, en était parfaitement conscient.
- Toujours le syndrome du Saint Sauveur Potter ! Tu t'imagines que je vais te laisser entrer dans ma tête parce que c'est ton devoir de l'affronter encore et encore, lança Drago sur la défensive.
- Non, Drago, affirma Harry d'une voix pleine de douceur. Je vais le faire parce que je m'en veux de t'avoir laissé là-bas entre ses griffes et que j'ai besoin d'en finir définitivement avec lui. Il continue à me hanter moi aussi. Pas de la même façon que toi, mais l'idée même qu'il subsiste une petite part de lui en toi me rend malade. Alors vois-tu, si je le fais, c'est aussi pour moi.
- C'est du flan Potter ! si c'était le cas tu me l'aurais proposé depuis longtemps ! s'insurgea le blond.
- Peut-être que j'ai juste mis du temps à l'accepter. Si tu crois qu'il ne me fait pas peur… Il me terrifie ! Mais il est hors de question que je le laisse faire ! Il t'a déjà trop fait souffrir et je commence à t'apprécier, Malefoy, alors je ne vais pas t'abandonner ! Qui me fera chier si tu n'es plus là, hein ? Et puis, qu'est-ce que tu veux que je voie de pire que ce que j'ai déjà vu en étant dans sa tête, à lui, dans les moments où il commettait les pires atrocités ?
Drago n'avait pas réellement d'arguments contre ça.
- Il faut que j'y réfléchisse… Harry…
- Décide-toi vite, avant de complètement sombrer, lui ordonna le brun avant de lui donner une petite tape amicale dans le dos.
- Et, essaye de dormir maintenant, lui conseilla-t-il après être retourné sur son matelas tandis qu'il se remettait sous ses couvertures. Hermione va nous réveiller aux aurores pour déballer ses cadeaux.
- Elle n'oserait pas ? fit Drago, faussement outré.
- Elle va se gêner ! répliqua Harry en rigolant.
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Comme Harry l'avait prédit, Hermione toqua à leur porte dès huit heures du matin.
- Je peux entrer ? demanda-t-elle impatiente à travers la porte.
- Encore une heure Hermione, grogna Harry encore plongé dans un demi-sommeil.
- Tant pis pour vous, j'entre, annonça-t-elle avec malice.
Et, joignant le geste à la parole, elle se dirigea vers les rideaux et les ouvrit en grand, faisant ainsi entrer la clarté du petit matin dans la chambre.
Pas vraiment d'humeur après la courte nuit qu'il avait passée en compagnie de Drago, Harry lui envoya en représailles son oreiller en pleine face.
- Tu n'es qu'une sale Serpentard, Hermione, de nous faire un coup pareil ! s'indigna Harry maintenant réveillé.
- Elle n'est même pas digne d'une Serpentard, grogna Drago, qui avait placé le sien sur son visage pour ne pas être ébloui. Une Serpentard aurait eu la décence d'attendre qu'il fasse vraiment jour.
Hermione, qui était particulièrement souriante malgré l'attaque, avait désormais l'oreiller d'Harry dans les bras. Après une légère hésitation, elle suivit son intention première et renvoya son bien au propriétaire qui accusa le coup en grommelant.
- Allez, c'est Noël ! Tout le monde est déjà en bas pour l'ouverture des cadeaux, clama-t-elle, impatiente comme une enfant en s'agenouillant entre eux à moitié perchée sur les deux matelas.
Harry, habitué au cérémoniel du matin de Noël chez les Weasley et l'appréciant, malgré le réveil un peu trop matinal, écarta l'oreiller qui s'était écrasé sur son visage, bâilla bruyamment et se redressa pour saisir ses lunettes.
Drago, qui n'avait absolument pas envie de se lever, continua à ronchonner.
- Aller Drago ! Tu vas voir ça va être amusant… et puis tu n'as pas envie de déballer tes cadeaux ?
- Je l'ai déjà eu mon cadeau, marmonna-t-il en tâtonnant à la recherche se Lyra.
Hermione, relevant légèrement l'oreiller qui couvrait la tête du blond, se pencha pour se retrouver tout près de son oreille. Et, sans doute encouragée par le rêve de la nuit, elle s'enhardit :
- Qui te dit que je n'ai pas un autre cadeau pour toi ? susurra-t-elle d'une voie qu'elle espérait légèrement enjôleuse, avant de rougir légèrement.
Les mots d'Hermione et surtout la façon qu'elle avait eue de les prononcer, ajouté au frôlement de ses lèvres sur son oreille, eurent énormément d'effet sur le Serpentard qui n'eut pas que l'esprit de réveillé tout à coup.
Il n'en revenait pas ! Sans être aguicheur pour autant, c'était tout de même loin des habitudes de la Miss-je-sais-tout qu'il connaissait ! Mais, il ne pouvait nier qu'il appréciait.
Cependant, peu désireux de lui montrer l'état dans lequel ces quelques mots l'avaient mis, il continua à grogner.
Hermione espérait avoir été assez discrète pour qu'Harry n'ait rien entendu, mais elle vit rapidement que ce n'était pas le cas et que ce dernier affichait un sourire amusé sur le visage.
Rougissant de plus belle, elle paniqua légèrement. Elle s'était laissée aller à l'euphorie du moment et elle était maintenant morte de honte.
- Ce n'est pas du tout ce que tu crois, Harry ! J'ai vraiment un second cadeau pour Drago … et puis je sais que toi aussi…
- Ginny dort toujours, je suppose ? lui demanda-t-il pour couper court à toutes ces explications qui ne faisaient que la faire s'enfoncer encore plus.
- J'ai essayé de la réveiller, mais elle m'a dit de venir te chercher, répondit Hermione sans réfléchir, l'esprit anéanti par ce qu'elle venait d'oser.
Puis, réalisant que, si son meilleur ami partait, elle allait se retrouver seule avec « l'objet de ses fantasmes » qu'elle venait justement de provoquer à l'instant, elle ajouta d'une petite voix tout à coup légèrement paniquée :
- Mais tu peux rester un moment, le temps de m'aider à réveiller Malefoy...
- Non ! Je ne voudrais pas vous déranger et puis… Ginny a peut-être aussi un cadeau pour moi, se moqua-t-il pour la faire rougir à nouveau avant de disparaitre pour leur laisser un peu d'intimité.
La porte une fois fermée, Hermione ne sut plus trop quoi faire.
Drago venait de retirer l'oreiller de son visage pour le remettre en place. Il avait croisé ses bras derrière sa tête et l'observait avec le même regard intense et déstabilisant que dans son rêve. Pire que tout, il arborait ce petit sourire en coin qu'elle avait détesté pendant des années et qu'elle trouvait dorénavant charmant, à son plus grand désarroi.
- Et bien Granger, ce cadeau ! la provoqua-t-il à son tour tout en l'observant, se réjouissant du spectacle qu'elle donnait.
Elle semblait particulièrement gênée. Le rouge écrevisse de ses joues contrastait somptueusement avec le vert de son pyjama de flanelle, assez sobre pour une fois puisque pour toute décoration il n'avait que les trois boutons blancs qui le fermait. Elle avait les cheveux légèrement ébouriffés qui lui donnaient un air sauvage et elle mordillait sa lèvre inférieure, le regard légèrement baissé depuis qu'elle avait croisé le sien, en un mot : elle était ravissante ! Il se demandait bien comment il pouvait ne pas s'en être aperçu avant.
Persuadé que s'il ne l'encourageait pas un peu elle allait se statufier, il décida de la taquiner un peu plus.
- J'ai tout mon temps, mais je dois avouer en apprécier l'emballage, dit-il en tendant la main, pour saisir un des pans du haut de pyjama.
Le soulevant avec curiosité, il révéla un ravisant petit triangle de peau près de son nombril qu'il entre-apercevait.
- Je vois que tu portes mes couleurs, mais que tu n'en as pas encore toutes les qualités ! ajouta-t-il moqueur. À moins que tout ça ne soit qu'une ruse pour me faire craquer ?
Hermione mourait d'envie qu'il vienne comme dans son rêve poser ses mains sur sa peau et qu'il la caresse, mais ce n'était ni le moment ni l'endroit ! Elle avait beau être consciente qu'ils n'iraient certainement pas bien loin, que ce soit parce qu'ils étaient chez les Weasley ou parce qu'elle devinait que, malgré ses fanfaronnades, Drago redoutait certainement encore les contacts ; elle n'avait malgré tout pas envie de se faire surprendre dans une fâcheuse position. Ce qu'elle venait de vivre avec Harry lui avait procuré déjà bien assez d'émotions pour la journée. Cependant, elle ne voulait pas non plus se montrer « frigide » comme n'avait pas manqué de la traiter Ron quelques jours plus tôt.
Alors, elle prit son courage de Gryffondor à deux mains et elle se lança.
- Ferme les yeux !
Docilement, il l'écouta et attendit un moment sans que rien ne se passe, toujours allongé sur cet inconfortable matelas alors qu'il avait remis les bras au-dessus de sa tête. Puis, il sentit les paumes de ses mains se poser délicatement sur ses joues tandis qu'elle caressait du bout des doigts la partie sensible de son cou juste en dessous de ses oreilles. Quelques secondes plus tard, ce furent des lèvres douces comme du velours qui se posèrent sur son front. Elles vinrent glisser sur l'arête de son nez pour finir leur course sur les siennes. Il les sentit alors saisir sa lèvre inférieure pour venir la mordiller. Et puis plus rien.
Hermione était en train de se relever après l'avoir mis dans un était d'excitation dont, il y avait un mois à peine, il ne se serait plus cru capable.
Il ouvrit les yeux et la rattrapa in-extrémiste par la manche de son pyjama vert pale.
- Je retire ce que j'ai dit ! Tu as toutes les qualités pour entrer à Serpentard ! Viens ici ! dit-il en la tirant vers lui.
Surprise de se faire tirer en arrière et peu stable debout sur les matelas, Hermione tomba à la renverse en s'écrasant lamentablement sur Drago au moment où Harry et Ginny entrèrent.
Hermione à nouveau rouge de honte, tachait, tant bien que mal, de se dégager des bras de Drago. Essayant de s'installer dans une position un peu plus digne, elle tirait sur les pans de son pyjama qui s'était relevé sur son abdomen et tentait de repousser les mains du Serpentard qui s'étaient posées sur sa peau nue.
- Ce n'est… commença-t-elle gênée au plus haut point.
- Ce n'est pas du tout ce que je crois… fini pour elle, Harry, en se moquant.
- Tout à fait, tenta-t-elle.
Drago, apparemment pas gêné le moins du monde, les regarda peu avenant.
- Tous les deux vous avez le chic pour apparaitre quand il ne faut pas. Vous ne pouviez pas nous laisser tranquilles cinq minutes de plus… non, disons, au moins vingt. Et puis, Merlin ! On ne vous a jamais appris à frapper avant d'entrer ? Vous n'êtes vraiment que des rustres les Gryffondors !
Pendant ce temps, Hermione en avait profité pour se relever et s'était déjà approchée de la porte.
- Et si on allait ouvrir les cadeaux ? hasarda-t-elle pour noyer le poisson.
- Vous y allez dans cette tenue-là, demanda Drago en observant la tenue des Gryffondors, tous trois en pyjama respectivement vert rouge et bleu.
- Ben oui ! Enfin pas tous... la plupart des adultes s'habillent avant de descendre, lui expliqua Ginny.
- Oui et bien il faut croire que je fais partie des adultes, contrairement à vous, parce qu'il est hors de question que je me présente en pyjama. Et puis, l'unique douche de cette bicoque doit être libre ! Alors, ne m'attendez pas. Je vous rejoins dans dix minutes.
- Tu loupes quelque chose Drago, fit Ginny avec un clin d'œil. Tu devrais voir la tête d'Hermione quand elle déballe ses cadeaux… enfin, je devrais plutôt dire ces livres, parce qu'à part Maman qui nous offre un pull, tout le monde a bien compris qu'elle n'aime que ça.
- Eh bien moi, ce que je crois avoir loupé, c'est ce qui allait se passer avant que vous n'entriez ! Alors, foutez-moi le camp et laissez-moi m'habiller tranquille !
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Quand il arriva au salon des Weasley avec Lyra dans les bras, ils étaient tous affairés autour du sapin multicolore d'où s'envolaient de minuscules figurines de toutes formes qui tournoyaient autour de ce dernier. La plupart d'entre eux avaient déjà déballés un affreux pull marqué d'une initiale et certain avaient même poussé le vice jusqu'au bout en l'enfilant.
Il repéra Hermione à côté de Potter et de sa copine rousse. La voyant, il se demandait vraiment comment il pouvait être autant attiré par une fille vêtue d'un pyjama et d'un pull informe, noyée sous une pile de livres.
Elle était en train de discuter avec son meilleur ami de la sacoche de correspondance qu'elle venait de lui offrir. Elle y avait apparemment ajouté quelques améliorations depuis la première qu'elle lui avait offerte.
Il avait beau être au courant qu'elle avait conçu l'objet pour Harry au départ, il ressentait tout de même un petit pincement au cœur. Il n'était plus le seul à pouvoir correspondre ainsi avec elle et, ce qui était peut-être encore plus dur à encaisser pour lui, il n'avait servi qu'à tester la première version tandis que son meilleur ami se voyait offrir la version définitive. Ce n'était rien d'important, pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être jaloux.
Le voyant arriver, elle lui fit signe d'approcher.
- Viens Drago ! Je t'ai attendue pour déballer ton cadeau, dit-elle en désignant une jolie boite grise aux rayures argentées.
- Tu n'étais pas obligée ! Tu peux l'ouvrir plus tard ! proposa-t-il légèrement gêné.
- Ce n'est rien de dispendieux, comme un bijou ou un artéfact magique, j'espère ? fit-elle légèrement inquiète.
- Il y a bien un tout petit peu de magie dedans, mais trois fois rien. Sur ce point, je te rassure.
Elle avait beau voir venir quelque chose de louche, elle ne parvenait pas trop à savoir quoi. À travers le bracelet, elle sentait bien une petite gêne de la part du blond, mais rien de sournois. Alors, trop curieuse pour attendre plus longtemps, elle ouvrit le paquet.
À l'intérieur de la boite, il y avait ce qui semblait être un vêtement léger et soyeux de couleur vert bouteille avec des papillons très raffinés brodés et magiquement animés. Soulevant l'étoffe, elle s'aperçut qu'il y en avait deux autres : un crème avec de hautes herbes qui se balançaient au gré du vent et un dernier bordeaux avec des hirondelles en plein vol.
- C'est vraiment ravissant, Drago ! Merci ! s'exclama-t-elle, ne pouvant pas nier qu'il ait bon gout ; les broderies étant réellement magnifiques.
Dépliant la première étoffe pour voir le vêtement entièrement — sans doute un chemisier ou bien une robe—, elle devint écarlate en comprenant qu'il s'agissait d'une nuisette particulièrement sexy qu'elle tenait devant elle au milieu de toute la famille Weasley.
Tandis d'Harry accusait le coup, ne voulant pas imaginer sa meilleure amie dans cette tenue, Ginny éclata de rire en voyant le visage écarlate d'Hermione, attirant le regard de tous les membres de la maisonnée qui n'avait pas encore pu l'observer. Rouge de honte, Hermione fourra comme elle put la nuisette verte dans la boite et la referma.
- Mais qu'est-ce qui t'as pris de m'offrir des trucs pareils, explosa-t-elle en parlant le plus bas possible, dans l'espoir insensé qu'on ne ferait pas attention à elle.
- Je pense sincèrement qu'il compte te voir dedans, intervint George, qui s'amusait comme un petit fou à voir la gêne d'Hermione. Et puis, contrairement à toi, il a peut-être remarqué que tu n'avais plus dix ans et que tu es devenue un peu vieille pour les pyjamas avec des ours ou des chatons.
- Mais je ne peux pas porter ça ! Pas en public !
- C'est que, intervint Drago, j'avais un peu espéré un défilé privé !
Se désintéressant pudiquement de la conversation comme la plupart des Weasley, George donna une petite tape amicale dans le dos de Drago avant d'aller rejoindre Charlie, qui parlait déjà Quidditch avec Bill.
Boudeuse et peu désireuse de répondre, Hermione tendit à Drago un petit paquet enveloppé d'un papier rouge couvert de petits rennes ridicules qui ne bougeaient même pas.
- c'est pour toi, même si tu ne le mérites certainement pas.
- Je croyais que tu trouvais ça ravissant ! Allez ! Avoue que ça te plait !
- Comment oses-tu m'offrir un truc pareil, ici ? chuchota-t-elle toujours énervée.
- Je t'ai demandé de l'ouvrir plus tard ! C'est toi qui as voulu ! fanfaronna-t-il tout en déballant distraitement le cadeau qui devait certainement être moldu, vu la facture du papier d'emballage.
Il allait ajouter quelque chose quand ses yeux tombèrent sur une petite sacoche en cuir brun, un poil plus grande que la précédente. Elle était munie d'un lacet autour duquel était accroché un petit dragon en argent tenant une pierre dans ses griffes.
Il n'y avait pas que pour Potter qu'elle avait fabriqué la nouvelle version !
Trop heureux qu'elle ait pensé à lui alors qu'elle lui avait déjà offert Lyra, il n'écouta que d'une oreille distraite les instructions qu'elle lui donnait quant au nouveau mode de fonctionnement.
Harry agitait une enveloppe devant ses yeux lorsqu'il sortit de ses pensées.
- Tient ! lui dit le brun en lui tendant l'enveloppe. L'emballage n'est pas terrible, mais je pense que ça va te plaire.
Intrigué, Drago saisit l'enveloppe et la décacheta. À l'intérieur, il y avait une lettre officielle du ministère qui réduisait la durée de sa mise à l'épreuve en échange de travaux d'intérêt généraux consistant à réparer magiquement certains endroits pendant quatre ans, quelques heures par semaine. Il était également mentionné qu'Harry Potter se portait garant moral pour lui.
- Je ne suis pas parvenu à réduire la durée. Tu vas encore devoir signaler tous tes déplacements au ministère jusqu'à la fin de l'année scolaire. Et durant les quatre ans qui resteront, tu devras faire le même genre de chose que tu as faites pour notre salle de réception, mais ça semblait te plaire… commença-t-il un peu maladroitement sans savoir si le Serpentard allait se réjouir de la nouvelle ou bien lui en vouloir de s'être mêlé de ce qui ne le regardait pas.
- Mais tu n'es pas obligé d'accepter si ça ne te plait pas, se défendit Harry en voyant la mine blafarde de Drago, qui ne disait toujours rien et qui regardait fixement la lettre, semblant la lire pour la troisième fois.
- Je pensais que ça te plairait ? l'interrogea Hermione d'une petite voix.
- Faut le dire si ça ne plait pas ! intervint Ginny qui s'impatientait.
Levant les yeux du courrier, Drago fixa le sauveur du monde sorcier de son regard perçant et celui-ci eut l'impression qu'il tentait de vouloir sonder les tréfonds de son âme.
- Pour ça, dit enfin Drago d'une voix presque aphone, il t'a fallu prêter un serment magique qui te rend responsable de ma bonne conduite, de mon sérieux et ma bonne foi ?!
- Et de tes bonnes meures ! ajouta Ginny en rigolant. Alors, tu as intérêt de te tenir à carreaux. Je n'ai pas envie de voir mon petit ami en prison à cause de tes conneries.
- Tu n'es plus l'abruti que tu étais autrefois, intervint Harry avec vigueur. Ils te prennent encore pour un apprenti Mangemort… Tu n'es pas un saint, certes, mais je ne pense pas avoir pris un grand risque non plus, finit-il en esquissant un sourire.
Drago n'en revenait pas que Potter ait pu faire une chose pareille pour lui. Ne plus avoir aucune liberté, être sous surveillance constante, devoir demander la permission de se déplacer… C'était un calvaire au quotidien !
À nouveau, il était réellement ému. Ce que venait de faire le brun le touchait vraiment.
- Merci… parvint-il enfin à dire, la gorge nouée.
Plongeant dans ces yeux verts, il y vit la même bienveillance qu'il pouvait si souvent lire dans ceux d'Hermione.
- Merci Harry, ajouta-t-il après avoir inspiré longuement comme si, autour de lui, l'air lui semblait d'un coup plus léger.
- De rien, répondit Harry, souriant.
- Je n'ai pas de cadeaux pour toi, tu sais ! plaisanta-t-il pour se donner un peu de contenance.
- Tu n'as qu'à continuer à m'appeler Harry, ça sera déjà pas mal !
- Ne compte pas trop là-dessus ! Tu m'as eu par les sentiments. Ça ne risque pas de se reproduire de sitôt, crois-moi.
-Tu pourrais…commença Harry
- Si vous avez fini, les coupa Ginny, il te reste un cadeau à ouvrir !
Elle avait un petit sourire machiavélique sur le visage qui ne disait rien de bon à Drago.
- Tu ne m'as tout de même pas fait un cadeau toi aussi, Rouquine ?
- Drago, commença-t-elle hautaine, tu appelles mon cher et tendre de la façon qu'il te plait ! Mais moi, ce n'est ni Weaslette, ni la fille Weasley, ni Rouquine et encore moins Lamia c'est Ginny ! Tu as perdu le match je te rappelle ! Et c'était ton gage ! Ne l'oublie pas ! Et non, ce n'est pas un cadeau de ma part.
Drago était franchement surpris. Il n'y avait pas de carte sur le paquet, mais il n'imaginait rien de dangereux, à part si le cadeau provenait de George.
- Ce n'est pas un cadeau de ton frère ? demanda-t-il en prenant le paquet.
- Non plus ! s'exaspéra Ginny. Bon, ouvre ce paquet ! On attend plus que toi avant de se mettre en tenue pour la partie de Quidditch !
- Ne t'énerves pas Ginny, je vais l'ouvrir ton stupide paquet, dit-il en le prenant et en en déchirant l'emballage.
Dire qu'il était choqué par ce qu'il y trouva aurait été un euphémisme.
Il était désormais l'heureux possesseur d'un hideux pull vert informe avec un gigantesque « D » argenté dessus.
- Je ne sais pas comment Maman s'est débrouillée, mais elle l'a fait cette nuit. Alors, qu'il te plaise ou non, lui expliqua Ginny légèrement agressive, tu le mets et tu vas remercier ma mère !
Peut-être parce qu'il était trop abasourdi par la sollicitude de la matriarche, ou bien était-ce parce qu'il venait à peine de se remettre des attentions qu'avaient eu Harry et Hermione pour lui, mais il enfila le pull sans broncher à la plus grande surprise de tous. Puis, il se dirigea, hésitant vers Molly :
- Je tenais à vous remercier pour ce présent, Mrs. Weasley. Je ne suis pas certain qu'il s'accorde réellement avec ma garde-robe, mais je dois dire que c'est une des choses les plus moelleuses qu'il m'ait été donné de porter.
Ravie, Molly le pris dans ses bras et l'embrassa sur la joue.
- Merci à toi Drago ! Je vois que tu fais vraiment des efforts depuis que tu es là et ça me touche vraiment, avoua-t-elle émue. Savoir que les querelles entre les Weasley et les Malefoy ont enfin une chance de cesser me remplit le cœur de joie.
Drago ne s'attendait pas à un tel geste de se part. Il était partagé entre l'amusement de voir cette femme aussi chaleureuse avec lui, et une touche – enfin une bonne dose, pour être honnête –, de joie d'avoir l'impression d'être le bienvenu au milieu de ces gens si bizarres qu'il découvrait réellement depuis la veille.
Se dégageant poliment, il fit un petit signe de la tête pour la remercier.
- Je pense pouvoir dire que je partage ce sentiment, Mrs. Weasley. Mais, si vous me le permettez, on m'a promis une partie de Quidditch et je ne voudrais pas faire attendre les joueurs.
Entre temps, Angelina Johnson, la petite amie de George, était arrivée. Grande, plutôt jolie avec sa peau chocolat, ses longues tresses et son sourire resplendissant, elle était la joie incarnée. Hermione l'appréciait énormément et pas uniquement parce qu'elle avait eu un rôle capital dans le fait que George parvienne à commencer à aller mieux. Elle était d'un naturel agréable et s'intéressait à énormément de choses, même aux gadgets parfois stupides que George imaginait. Elle avait décidé de le seconder à la boutique et il lui en était chaque jour reconnaissant.
George la présenta à Drago, qui apprécia le geste bien qu'il ait parfaitement souvenir d'elle puisqu'elle jouait autrefois dans l'équipe des Gryffondors en même temps que les frères Weasley.
Ils allaient commencer la répartition des équipes ; Charlie et Bill avaient été nommés capitaines et ils allaient tous sortir dans le froid hivernal, quand ils entendirent tous le bruit caractéristique d'un transplanage.
C'était Ron Weasley qui venait de rentrer chez lui.
Un peu penaud et l'air particulièrement fatigué, il grommela de vagues excuses à ses frères, glissa quelques mots à l'oreille de Cait avant de l'embrasser longuement au point de se prendre des remarques bien senties de la part de George, salua Angelina avant d'aller voir sa mère pour une discussion dans la cuisine.
Quand il revint, il fit un sourire contrit à Harry et Hermione qui s'en contentèrent. Drago les vit se faire de répugnantes accolades avant que le rouquin se tourne vers lui et n'esquisse un vague salut de la tête sans animosité, mais plutôt gêné, ce qui surprit grandement le Serpentard.
Ron partit s'équiper rapidement tandis que Mr. Weasley, qui allait servir d'arbitre, rappela les règles de ce match amical qui se jouerait avec un seul batteur par équipe et aucun attrapeur.
Les joueurs se placèrent en face des Capitaines d'équipes dans le jardin.
Hermione fut charriée comme d'habitude parce qu'elle ne voulait pas jouer, mais il était hors de question qu'elle participe à ce « jeu de sauvages » bien trop dangereux à son gout.
Bill et Charlie tirèrent à pile ou face pour savoir qui commencerait à choisir son équipe et ce fut Bill qui remporta cet avantage. Charlie aurait le choix du côté de terrain.
Ils se nommèrent respectivement gardien et poursuiveur.
Le premier choix de Bill se porta sur Fleur et quand on le siffla pour avoir choisi sa femme, il s'empressa de sortir son éternelle rengaine en se plaignant : « mais si elle joue dans l'équipe adverse elle saura trop facilement me déconcentrer pour que j'arrête ses Souafles ! » La vérité était cependant tout autre… Fleur était une très bonne joueuse et il détestait perdre contre elle !
Ensuite Charlie choisit Ginny et Bill Harry, ce qui mettait le couple en position d'adversaires, chose qui ne semblait pas les déranger le moins du monde. Au regard qu'ils s'échangeaient, la lutte allait être surement être acharnée entre eux.
Tandis qu'un à un les joueurs étaient choisis, Drago se demandait bien pourquoi il avait accepté de jouer. Soit, refuser aurait été mal venu, mais être choisi en dernier allait franchement être extrêmement humiliant. Quant à jouer avec la Belette … rien qu'à l'idée, il avait envie de vomir.
Il ne restait plus que lui et Cait, la petite amie de Weasley. Il allait donc être réparti dans l'équipe du rouquin et franchement ça lui donnait envie de fuir. Mais ce fut son nom que Bill annonça à sa plus grande surprise.
Il allait jouer dans l'équipe A en tant que poursuiveur avec Fleur et Harry.
« Jouer avec Potter dans la même équipe, songea-t-il. Eh bien… ce n'était franchement pas une idée qui lui semblait désagréable. C'était même grisant de voir ce qu'ils pouvaient donner ensemble après s'être si longtemps affrontés… et pas que sur les terrains de Quidditch. »
George était leur batteur et Cait celle de l'équipe adverse. Et, la voyant saisir la batte, il comprit de suite qu'elle en avait l'habitude et ça lui fut confirmé quelques minutes plus tard quand il entendit qu'elle était celle de l'équipe amateur des aurores.
Les poursuiveurs adverses étaient donc le dresseur de Dragon, Weaslette et Angelina qui, elle aussi, jouait contre son petit ami. Tandis que sans surprise la belette était au poste de gardien.
Tout à coup, l'idée d'être poursuiveur devint bien plus intéressante que celle d'avoir été attrapeur dans un match classique. Pouvoir marquer contre cet idiot de rouquin le remplissait de joie.
Quelques instants plus tard, le match commençait et les premiers points furent marqués par Ginny. Le terrain étant bien plus petit qu'un terrain traditionnel, le jeu allait vite et Hermione ne s'ennuyait pas trop à les regarder. C'était même elle qui notait les points.
Dès le début, l'équipe de Charlie prit de l'avance. Ce fut Harry qui marqua le premier but de l'équipe « A » sur une passe de Fleur. Bien qu'il participe en défense, Hermione remarqua tout de suite que Drago était un peu en retrait du jeu et elle trouva ça dommage.
Après vingt minutes de jeu, l'équipe de Charlie menait toujours, mais elle vit Drago passer bien plus à l'offensive.
À ses côtés, Percy commentait le match à sa fiancée. Quand il vit Drago commencer à être plus dans l'attaque que dans la défense, il ne put se retenir de faire une remarque d'un ton méprisant :
- C'est bien une stratégie de Serpentard : laisser son équipe perdre pour analyser les tactiques des joueurs qu'il ne connait pas pour ensuite ramener le jeu à soi en se servant des points faibles de ses adversaires !
Hermione sourit, ce n'était en effet pas très Gryffondor comme tactique, mais ça semblait porter ses fruits. Drago semblait se servir des points faibles de Charlie et de ses deux poursuiveuses pour parvenir à leur prendre le Souafle et se servait des points forts de ses équipiers pour les aider à marquer.
Peu à peu ils remontaient leur score : ils jouaient enfin à cinq contre cinq.
Plus le score se serrait, plus les manœuvres, dont elle ne connaissait ni le nom ni l'utilité, s'enchainaient. Bien que ce fut un match amical, cela ne les empêchaient de manier leurs balais bien trop dangereusement à son gout. Hermione, fidèle à elle-même quand il s'agissait de Quidditch, se mit à angoisser pour les joueurs des deux équipes, ne voulant qu'aucun joueur ne se blesse !
Si Charlie et Fleur se montraient raisonnables, les quatre autres rivalisaient d'audace. Angelina était la reine des loopings, Ginny jouait l'acrobate sur son balai et Harry l'imitait. À croire qu'il y avait un concours entre eux deux pour savoir lequel se mettrait le plus en danger pour attraper le Souafle du camp adverse. Quant à Drago, il n'était pas en reste et enchaînait les manœuvres périlleuses.
Hermione eut un moment de frayeur lorsqu'elle vit le coude à coude musclé ente le blond et Charlie. Le dresseur de dragons, loin d'être le plus frêle de la famille, joua de son gabarit pour prendre l'avantage, et pendant un instant, Hermione crut voir Drago perdre l'équilibre dut au contact, mais c'était sans compter sur ses réflexes d'attrapeurs, qui lui permirent de se rattraper in extrémis à son balai.
Peu après elle crut même défaillir quand, pour esquiver un Cognard de Cait, il décida de faire un piqué qui aurait dû l'emmener à Sainte Mangouste s'il n'avait pas redressé son balai au dernier moment. C'était un Cognard d'entrainement, il aurait pu accepter de se prendre le coup même s'il était douloureux, mais non, il avait fallu qu'il frime au risque de se rompre le cou !
Les batteurs des deux équipes appréciaient grandement leur poste et rivalisaient d'adresse et de sournoiserie, se faisaient un plaisir d'envoyer le Cognard sur les joueurs de l'équipe adverse aux moments stratégiques sans retenir leurs coups. Les insultes que lança Angelina à l'encontre de George, quand elle le reçut douloureusement sur son épaule, évitant de peu son visage, en étaient la preuve la plus concrète.
Hermione aurait pu pester des heures à l'encontre de ce sport violent si elle n'appréciait pas la complicité qu'elle pouvait constater entre son meilleur ami et son … et Drago. Les regards qu'ils échangeaient et les passes qu'ils se faisaient donnaient de plus en plus, au fil du jeu, l'impression qu'ils avaient fait ça pendant des années.
Les quelques spectateurs présents s'en rendaient visiblement compte.
Molly à ses côtés lui souffla même à l'oreille :
- On dirait qu'ils ont fait ça toute leur vie ! Je pense que tu n'as pas à t'en faire pour ce qui est de l'entente entre Harry et le jeune Malefoy… par contre mon fils, même s'il s'est calmé, ce sera autre chose : il a des Avada dans les yeux dès qu'il le voit faire une passe à Harry et c'est même pire quand c'est l'inverse. Il va lui falloir du temps pour accepter, mais il le fera, c'est un bon garçon et il t'aime, même si ce n'est qu'en tant qu'amie, finit-elle sur un ton un peu triste qui montrait une fois de plus à quel point elle regrettait de ne pas la voir devenir une Weasley.
- Il compte toujours pour moi aussi, ne vous inquiétez pas, lui répondit Hermione pour la rassurer.
- C'est bien… dit Molly
Puis, après un bref moment comme si elle cherchait ces mots, elle reprit :
- Tu sais, je suis un peu surprise de te voir si proche de Drago. Je sais que n'ai aucun droit de te dire ça… je ne suis pas ta mère, et puis tu es majeure, mais… J'aimerais qu'on ait une conversation à ce propos avant que tu ne repartes pour Poudlard.
- Il n'est pas comme je l'imaginais, se défendit Hermione. En tout cas, il n'est plus vraiment comme il était enfant … il a muri et…
- Ne t'inquiète pas… Je le vois bien et ce n'est pas pour te faire des reproches ou pour tenter de t'éloigner de lui que je te demande ça. C'est juste que tu n'as plus ta maman et il y a des choses qu'on aborde avec sa meilleure amie, et d'autres avec une adulte plus âgée. Et puis tu me concèderas qu'il est loin d'être le petit ami sans problème que toutes les mères rêve d'avoir pour leur fille ! finit-elle avec un sourire.
- Promis ! Je viendrais vous parler avant de retourner à Poudlard, fit-elle en répondant à son sourire avant de se reconcentrer sur le jeu car elle avait failli manquer de noter des points.
Les deux équipes étaient maintenant à égalité. Drago avait marqué plusieurs buts contre Ron et celui-ci avait de plus en plus de mal à se concentrer. Hermione soupçonnait Drago de grandement jouer avec les nerfs de son ami et de lui lancer des piques à chaque fois qu'il s'approchait des buts.
Au bout d'un moment, n'en pouvant plus des insinuations du blond quant à sa relation avec Hermione, Ron tenta de faire appel à l'arbitrage de son père pour sanctionner les « tentatives de déstabilisation » dont il était l'objet, mais Mr. Weasley lui expliqua qu'énumérer des endroits de Poudlard comme l'ancienne sale des potions, la salle de bain des préfets, ou le placard à balais du troisième étage, n'était en aucune façon répréhensible et qu'il n'avait qu'à ne pas faire autant marcher son imagination et à se concentrer plus sur le jeu. L'hilarité des joueurs adverses et le visage menaçant de Cait, tiraillé entre jalousie, déception et colère, le firent enrager de plus belle et il eut un mal fou à parvenir à remplir son rôle de gardien.
L'avantage était à l'équipe de Bill quand l'arbitre prévint les joueurs qu'il ne restait plus que quinze minutes avant qu'il ne siffle la fin du match. Il ne restait donc que peu de temps à l'équipe de Charlie pour rattraper son retard. Trois buts furent encore marqués : deux par Ginny, qui fit revenir son équipe au score, et un par Harry, quelques instants avant la fin de la rencontre, ne laissant ainsi aucune chance à l'équipe « B » d'égaliser une nouvelle fois, au plus grand dam de Ginny qui s'était démenée corps et âme pour ne pas perdre contre son petit ami.
Harry et Drago, victorieux, virevoltaient dans les airs avant d'aller voir tous les autres joueurs. Harry fut encensé par tous les joueurs de son équipe pour tous les buts qu'il avait marqués et Drago fut félicité pour son jeu, ses feintes et même ses tactiques douteuses.
De son côté, Ron était passablement remonté, mais une soufflante de la part de Cait le fit vite réaliser que si quelqu'un avait à être énervé c'était elle.
Tout penaud il alla se changer comme tout le reste des joueurs, non sans avoir lancé un dernier regard furibond à l'adresse de Drago, qui ne put s'empêcher de lui répondre avec un sourire éclatant et un regard entendu dans la direction d'Hermione.
Voyant cela, Cait le frappa derrière la tête d'un petit coup sec.
- Tu n'es qu'un idiot, Ron Weasley. Il te provoque et toi tu pars au quart de tour à chaque fois. Ce n'est pas parce qu'il insinue des trucs avec ta meilleure amie que tu dois réagir à chaque fois et puis… j'ai bien peur que tu doives t'y faire si tu veux rester son ami.
- Mais, Cait ! C'est Malefoy ! dit-il avant d'entrer avec elle dans la maison tout de guingois.
Drago était quant à lui resté un peu sur le terrain.
Il avait adoré cette partie. Pas seulement parce que son équipe avait gagné, ni parce que jouer avec Potter s'était révélé électrisant, ni encore parce que marquer contre Weasley avait été presque jouissif et hilarant à la fois. Mais à cause de l'ambiance à la fois très compétitive et « bon enfant ».
Et, si la veille il avait eu l'impression de se faire accepter par cette famille qui l'avait détesté des années durant, il avait l'impression depuis le début de la mâtinée d'avoir découvert quelque chose qui lui manquait alors même qu'il n'en avait jamais été conscient. C'était une impression curieuse qu'il ne se serait jamais attendu à ressentir ici, chez les Weasley.
