Chapitre 53 : Discours de haine

Une bonne semaine passa pour Aria et les rebelles. Le jour du spot arriva et elle attendait qu'on vienne enfin la chercher. Haymitch la regarda tourner en rond dans une pièce de repos.

- Si tu continues, tu vas faire un trou dans le sol, plaisanta-t-il pour la détendre.

Elle s'arrêta et lui fit un sourire.

- Je pense qu'on peut pas aller plus loin dans le sol tu sais. Je me rends compte que l'air libre me manque. La forêt... Je voudrais tellement retourner m'y promener et respirer le monde sauvage où l'homme n'y a pas de prise. Où Snow n'existe pas.

Haymitch la força à venir sur lui et l'embrassa langoureusement. Elle se laissa aller à roucouler quelques instants. Il l'allongea et lui sourit au-dessus d'elle.

- Moi aussi je deviens fou dans ce bloc de métal souterrain. On est des gens de la nature, que veux-tu. Mais je suis certain qu'une fois la guerre lancée on pourra retrouver un peu l'extérieur. Et aussi sauver Tiana.

Elle lui sourit en lui caressant le visage. Son amour pour lui était à son apogée. Jamais elle ne s'était sentie aussi soutenue et aussi aimée par un autre homme que son père. Elle se rendait compte qu'elle ne lui en voulait plus du tout, ni à Finnick. Ces moments passés ici l'avaient guérie de toute colère à leur égard même si elle savait déjà pourquoi ils leur avaient menti. Et qu'au final c'était Snow le seul et unique coupable dans cette affaire. Glen le répétait assez souvent.

- Si on survit à cette guerre... Est-ce qu'on se mariera ?

La question fut si soudaine qu'Haymitch beuga un court instant. Il pensait avoir mal entendu, mais si, elle avait bien dit ces mots.

- Tu... Tu me veux pour mari ? Moi le déchet humain de menteur ?

- Haha, oui je t'aime tellement Haymitch. Et je veux passer ma vie à tes côtés, si on m'en donne l'occasion. Je voudrais un monde où on pourrait finir par vivre normalement comme une famille.

Une petite larme roula qu'il essuya d'un doigt. Il lui embrassa le front puis la joue.

- Je serais tellement ravi de te faire devenir ma femme, Aria Grant. Et de reconstruire la famille que j'ai perdu avec tous les Grant. Je pense que ce serait une sacrée vengeance à l'égard de Snow.

Aria approuva. Elle se prit à espérer en parlant d'un monde de lumière avant qu'un homme du treize ne l'invite à revenir dans la réalité. Le spot allait commencer.

Elle se détacha de son homme qui eut bien du mal à la lâcher. Il garda sa prise sur sa main et ils entrèrent où attendait une Katniss en tenue de Geai Moqueur. La blonde n'avait pas de tenue particulière. On lui fit enfiler un costume sombre avec le collier en cœur mis en évidence sur sa poitrine. On y voyait également dessiné faiblement en rouge sur sa tenue une silhouette de deux filles collées l'une à l'autre qui ouvraient les bras vers les cieux. Cela représentait le symbole des jumelles et de la liberté voulue. La jeune Grant trouva que c'était de bon goût. C'est Effie qui avait insisté pour que ce soit du rouge.

On les fit donc entrer devant un fond vide. Katniss eut un arc et Aria prit son épée récupérée du douzième. Glen lui donna avec un sourire.

- Fais de ton mieux, ma puce.

- Compte sur moi, papa.

Haymitch les regarda de loin avec approbation. Puis après les consignes, les premiers essais commencèrent, qui ne furent pas concluants. Comme le redoutait l'ancien mentor, Katniss n'était pas faite pour jouer la comédie. A contrario, Aria donnait tout ce qu'elle avait. Ce qui était dommage car les prises n'étaient jamais gardées.

- Peuple de Panem, courage ! Bats-toi pour le ... Triomphe de la justice ! répliqua Katniss comme un robot.

- Reprends la liberté que l'on t'a volé ! Donne à ta famille et à tes proches l'occasion de vivre dans un monde LIBRE !

- STOP ! Katniss tu sors d'une bataille, bon sang ! Et Aria, arrête de planter le drapeau dans la tête de Katniss ! C'est pas vrai ça ! On recommence, huitième prise.

Au bout d'une bonne vingtaine d'essais, la maquette finale tomba. Tout le monde regarda le résultat atrocement faux du spot. Ils étaient dépités. Même Finnick était là. Il tenait à participer un peu.

- Même moi, ça ne me donne pas envie de participer à la rébellion, commenta-t-il.

Ils approuvèrent dont la présidente se massa les tempes. Aria la fixa avec une certaine colère comme à chaque fois qu'elle croisait son visage dans les couloirs. Plutarch soupira et ce fut Haymitch qui se décida à intervenir. Il eut une brillante idée. Il s'expliqua en montrant un exemple sur Katniss.

Il démontra alors que seuls des actes spontanés pouvaient motiver la brunette. Et qu'Aria marchait également beaucoup mieux si elle se sentait concernée par une situation. La présidente décida immédiatement de refuser d'envoyer les deux filles au front. Un débat commença sur le sujet. Aria et Katniss étaient largement pour. La blonde savait que son homme venait de faire ça pour elle. Pour qu'elle puisse retrouver l'air libre. Il l'avait entendue et comprise comme toujours. Elle lui sourit.

- On ne pourra pas les protéger, termina la présidente.

- Vous ne pourrez jamais garantir notre sécurité, je veux y aller, répliqua Katniss.

- Moi aussi ! Je veux enfin pouvoir bouger pour la rébellion ! Pour mon propre désir de vengeance !

- Moi je suis contre. Aria, c'est trop dangereux ! Répliqua Glen.

- Allons futur beau-papa, soyez raisonnable, votre fille sait se défendre.

Aria sentit une montée de fierté et de gratitude. Il était vraiment temps que son père ait confiance en elle.

- Je ne vous ai pas demandé votre avis, grogna-t-il

- Et si vous vous faites tuer ? Enchaina Coin.

- N'oubliez surtout pas de filmer, asséna la brunette amenant un sourire aux autres hormis le père Grant.


Pendant toute la journée de préparation pour envoyer les filles au district huit, Glen faisait la tête. Il n'arrêtait pas d'essayer d'empêcher Aria d'y aller. Elle commençait à voir rouge.

- Mais laisse-moi tranquille ! Hurla-t-elle. J'irais, un point c'est tout.

- Je refuse que tu te fasses tuer pour rien ! Avec tes deux sœurs dans un état critique, tu veux donc tant que ça les rejoindre ?!

- Tu n'as donc aucune confiance en moi ? J'ai survécu à deux Hunger Games de malade alors un petit front reculé dans le huitième ne va pas me manger !

- Mais tu ne te rends pas compte du danger que ça représente. Snow n'attend que ça pour te tuer ! Ici tu es en sécurité et tu peux faire des spots dans les locaux. Pourquoi vouloir à tout prix chercher le danger ?

- Pour aller sur le terrain tout simplement. Pour voir de mes yeux ce qu'il se passe à l'extérieur. Pour me sentir revivre. Pour me battre ! J'ai une flamme ardente qui brûle en moi et qui n'attend que ça depuis un mois. Pourquoi ne veux-tu pas comprendre mes désirs ? Le danger j'y suis habituée depuis cinq ans maintenant. Ca ne me fera pas reculer. Je comprends ce que tu veux mais je ne te laisserais pas me garder prisonnière ici. Je suis majeure après tout.

Glen serra les dents avec ferveur. Il la prit par le bras.

- Tu n'es qu'une enfant ! Et tu dois m'obéir car je suis ton père.

Aria le regarda avec colère. Elle le fit lâcher prise d'un coup sec.

- Tu es surtout bien trop collant et bien trop chiant.

Aussi sec que ce fut prononcé, Aria alla voir Beetee en claquant la porte. Laissant un Glen désabusé. Il n'avait pas l'habitude d'être repoussé ainsi. Avait-il commis une erreur ? Aria était-elle vraiment déjà une jeune femme accomplie comme Rose l'était à l'époque ? Il soupira et se laissa glisser au sol.

- Le temps passe trop vite...


- Dites à Finnick que j'ai un trident pour lui, quand il sera prêt. Ca lui remontera le moral, sourit Beetee. Enfin j'espère.

- Pour sûr on lui dira, répliqua la blonde d'un sourire.

Aria testa ses nouvelles grenades explosives et son pistolet. Elle avait bien sûr son épée à la ceinture mais elle devait pouvoir se défendre à distance. Elle fut plus douée qu'elle ne l'aurait pensé pour le tir. Haymitch l'applaudit car pour sa part il était très nul. Il préféra prendre aussi des mines, grenades et couteaux. Tout ce qu'il connaissait mieux. Il était toujours aussi bon aux lancers cela dit.

- J'aime bien ce pistolet, pratique et efficace. Je me sens déjà plus en sécurité avec.

- Tant mieux, je tiens à ce que vous restiez en vie. Après tout je n'ai été d'aucune grande utilité aux expiations... Et j'ai laissé les autres se faire capturer sans rien faire... Je m'en veux.

La jeune Grant fut surprise. Elle posa une main sur son épaule.

- Ne t'en fais pas. Snow est le seul coupable. Tu fais déjà beaucoup pour la rébellion avec tes dons. Tu es plus important que moi.

- Ne dis pas de sottises.

- Oh je le pense vraiment. Apprendre que tu étais en vie m'avait remplie de joie. Tu es comme nous après tout.

L'homme invalide lui sourit dans son fauteuil.

- Au fait, avant que je parte, je pourrais te demander quelque chose ? J'aimerais que si Célia se réveille un jour, tu lui apprennes à se servir d'une chaise roulante... Et que tu la rassures. Je pense qu'elle en aura besoin...

- Ce sera un réel plaisir.

Amicalement, ils se prirent dans les bras et Beetee lâcha une larme discrète. Haymitch lui tapota l'épaule puis le trio se mit en route. Ils montèrent dans l'hovercraft avec Katniss. On leur présenta l'équipe de tournage avant de décoller. Puis ils se rendirent au huit. Aria tenant la main d'Haymitch vêtu d'une tenue de guerre noire.


Survolant le district huit, Aria remarqua l'état déplorable dans lequel il était. Il avait été bombardé par endroits encore fumants. Les décombres lui firent penser au douze d'où elle réprima un haut le cœur en pensant à tout ces cadavres. Katniss la soutint du regard et les deux s'encouragèrent. Mais Aria semblait contente, elle retrouvait un paysage extérieur et ne cessait de fixer la vitre avec joie. Haymitch également. Ils étaient en manque c'est certain.

Lors de l'atterrissage, ils sautèrent tous de l'engin qui redécolla. Le vent les fit se tenir au sol.

- Un civil ! Il y a un civil !

Les trois survivants tournèrent la tête pour voir leur chef d'escouade empoigner quelqu'un au col.

- Qui es-tu ? Et que fais-tu là ?

- Je viens vous aider...

- PAPA !

Aria hurla et se frappa le front en même temps. Jamais elle n'aurait imaginé qu'il les suivrait. Il était vraiment incurable.

- Les civils sont interdits, bon sang ! Comment vous-êtes monté dans l'avion ?

- Je me suis caché derrière une caisse d'armes. Et j'ai pris avec moi un fusil. Je ne veux pas laisser ma fille seule. Trop longtemps j'ai dû me mettre en retrait et la voir survivre sans que je ne puisse rien faire mais maintenant c'est fini. Si elle veut se battre alors je la suivrais au bout du monde.

Le chef le relâcha en soupirant et Aria se cacha le visage. La honte. Haymitch eut un gloussement puis on les fit tous se mettre à couvert.

- Tant pis on fera avec, en formation. Et vous, mademoiselle Grant, essayez de garder un œil sur votre paternel. Je ne lui assurerais pas la sécurité.

- Je sais.

La troupe se mit en marche pour aller rejoindre la commandante du huit, Paylor. Les deux blonds profitèrent un instant de l'air, aussi sale était-il. Ils prirent de grandes bouffées et admirèrent le ciel tant convoité. Ca faisait tellement de bien. Glen eut du mal à suivre la marche mais il tint le choc.

- Ca manque d'arbres quand même, susurra Aria à son amant.

- Tu ne risques pas d'en voir dans le coin, le Capitole a rasé une bonne partie du district.

- Snow.

Elle grogna entre ses dents.

On les amena alors dans un grand hangar où les blessés s'entassaient. Le choc fut rude pour tous. Aria se sentit très vite mal et elle dut se retenir contre Haymitch. Les morts pullulaient dans un coin puant où l'envie de vomir fut forte. Puis les blessés au sol recevaient des soins par divers soignants. Une vraie fourmilière de l'horreur.

- C'est donc ça les conséquences de la guerre, répliqua la jeune Grant. C'est... horrible.

- Je t'avais dit que ce serait dur, répliqua Glen.

- ... Mais je me devais de le voir. Je ne peux pas rester dans l'ignorance éternellement. Ni dans mon cocon protégé de tous alors que moi aussi je veux me battre contre le Capitole.

Glen n'en redit rien. Il approuva au fond de lui. Il commençait à comprendre que sa fille était une femme et que cette femme prenait son indépendance. Qu'elle avait ses convictions et son droit de liberté. Il ne voulait pas la tenir comme Snow ou Coin après tout. Il prit donc une décision radicale. La laisser faire ses choix, et la suivre jusqu'au bout. Pour toutes les fois où il n'avait pas pu être là dans les Hunger Games ou contre les Lynch. Là, il serait bien présent. C'était sa détermination.

Aria passa dans les allées avec une douleur effroyable dans la poitrine. Haymitch la tenait par les épaules. Les têtes se levèrent à son passage tout comme sur Katniss. Un espoir brilla dans leurs yeux. Pourtant la jeune blonde se sentit défaillir, il fut dur de tenir en voyant des enfants perdre des membres. Comme Célia... Beaucoup de monde souffrait par la faute de cette guerre mais surtout par la faute de Snow. Sa flamme sembla redoubler d'intensité alors qu'elle remarqua des personnes sans yeux ou même sans main. Ceux-ci fixaient sa prothèse avec espoir.

Le silence tomba rapidement. Tout le monde se tourna vers eux, vers les survivants. Vers cette jeune fille blonde qui malgré sa force simple et modeste avait su survivre jusque-là. Détruite, humiliée et souffrante, elle avait su se relever. Ce simple fait leur donna le sourire et la lumière qu'ils attendaient. Aria eut du mal à le comprendre mais elle fut heureuse qu'au moins sa venue soit bénéfique. De ce qu'elle croyait tout du moins...

Les blessées commencèrent à leur poser des questions. Ce qu'ils faisaient là. S'ils allaient combattre. Aria prit la parole, filmée par la caméraman.

- Oui je suis là pour vous et pour la rébellion. Je n'aurais de cesse de me battre contre le Capitole tant que je tiendrais debout, répliqua la blonde une main sur le cœur avec les larmes débordantes. On ne peut pas laisser cette soumission et cette douleur continuer éternellement. On ne peut laisser des familles se voir détruire par les Hunger Games une année de plus. Je sais ce que c'est que de perdre des êtres chers. De se sentir vide et anéantie. Et encore plus que de devoir obéir au Capitole pour se voir envoyer dans un enfer indescriptible.

Aria serra les poings. Elle remarqua la caméra et la fixa avec douleur et fermeté. Bien plus que lors des essais de spot. Tous les yeux lumineux étaient braqués sur elle.

- Le Capitole nous a trop longtemps persécutés. On se doit de reprendre notre liberté ! N'en avez-vous pas assez de vivre dans la peur des moissons ? Dans la peur des représailles ? De voir ses enfants emmenés à la mort dans des conditions atroces. De perdre un frère, un fils, une fille ou ... une sœur. Une sœur si précieuse tout comme ma Tiana que j'ai perdue et qui souffre chaque jour un peu plus. - Une larme roula -. Et qui me manque à chaque instant alors que je cherche à la retrouver. Il n'y a pas de mots pour décrire la douleur que tout le monde ressent mais il y a une chose que l'on peut faire. C'est se battre ! Car nous n'avons aucun avenir. Seule la liberté pourra nous rendre notre humanité et notre salut. Le Capitole nous pense impuissants. Snow nous croit à terre mais le nombre et notre volonté sont bien supérieurs à ses troupes. Il les fait obéir par la peur, nous on se bat pour l'amour et nos liens tissés ensemble. C'est ce qui fait notre force, c'est pour ça qu'on a besoin de s'unir. Pour que le joug du Capitole tombe et qu'enfin les familles puissent vivre dans la paix tant espérée. Où les enfants gambaderaient dans les champs. Et où les familles, les petits amis, les frères et les sœurs n'auraient plus à finir brisés. Où les Eliott Works auraient pu vivre en paix... Comptez sur moi pour vous guidez. Snow paiera. Croyez-moi, il paiera !

Aria insista sur ses derniers mots. Haymitch continuait de la tenir par les épaules. Il aurait voulu ajouter quelque chose mais elle avait tout dit. Glen ne fit que dire " Tiana " haut et fort. Comme un symbole de leur force. Les yeux plongés dans la caméra. Puis le blond murmura sans parler " Nous viendrons. Finnick t'attends ". C'est alors que tous firent le symbole du Geai Moqueur.

- Pour notre liberté.

- Pour nos familles.

- Pour la justice.

Ils parlèrent d'un même ensemble avant qu'un grand silence ne tombe. La caméra fit de grands zooms sur le trio de survivants et sur les blessées. Se tenant tous la main avec fierté et courage.

Après ce grand chamboulement, Aria se mit en arrière avec les deux hommes. Elle s'assit et regarda les combattants parler vivement de la suite des opérations. Elle avait le cafard.

- Tu as bien parlé Aria, je suis encore tout ému, répliqua le père de famille.

- Pour le coup j'avais envie de pleurer, enchaina Haymitch. Ca va faire un super spot pour la télé. Je savais que sur le terrain ça serait plus intense même si tu as dû encore subir des choses difficiles mentalement.

Aria approuva d'un soupir.

- Voir autant de blessés et de cadavres c'est assez difficile mais en plus ils attendent tellement de nous... Ceci dit ce qui me déprime c'est juste que mon propre discours m'a semblé bien vide.

- Comment ça ?

- Snow paiera. Croyez-moi. J'ai promis à tous un avenir de bonheur alors que je suis incapable de leur donner. Je n'ai fait que dire ce que j'avais envie qu'il se passe. Mais c'est pas avec moi ou Katniss qu'on va y changer quoi que ce soit.

Glen se leva et lui fit face.

- Non tu n'as pas compris. Vous êtes un symbole. Personne, seul, ne peut réussir une guerre, Aria. Mais avec vous et vos soutiens on va faire plier le Capitole. C'est en ça que la promesse réside et ils l'ont bien compris. Quand le spot passera les gens entendront ton cri du cœur. Ils se reconnaitront dans tes mots et les gens bougeront. C'est ce que tous attendaient de vous deux.

Aria sourit et lui prit les mains.

- Tu as raison. J'espère tellement que Tiana aura la possibilité de voir ça... De voir que je vais venir pour elle. Que je suis vivante et prête à tout pour la sauver et faire la guerre.

- Beetee devrait nous arranger ça mais il ne nous a rien promis pour le moment, répliqua Haymitch qui sirota de l'eau.

- Je voudrais qu'elle me voie. Tout comme elle a fait en sorte que je la voie. Je sais que c'est pour ça qu'elle a obéi à Snow à ce moment là. C'est évident.

- C'est certain.

La jeune Grant se leva et se serra contre son père.

- Je suis désolée pour ce que je t'ai dit plus tôt. Même si je le pense un peu je comprends tes sentiments..., répliqua-t-elle.

- Ce n'est rien, j'ai entendu ce que tu voulais me dire. Laisse-moi juste t'accompagner dans tes choix et on trouvera tous les deux un terrain d'entente.

- Si tu me promets de faire attention à toi. Tu es toujours faible tu sais.

- Aie confiance en ton vieux père et ton vieux père aura confiance en toi.

- C'est vrai.

- Tu es déjà si grande, je n'ai pas vu le temps passer. Le portrait craché de Rose.

Sa fille sourit et se sentit un peu mieux après ce coup au moral.

La troupe repartit peu de temps après. Parlant du futur de la guerre.

- Ca sera une séquence inoubliable, dit la caméraman.

Katniss et Aria se sourirent un peu.

- Il y a un problème.

Sourire qui retomba en deux-deux.

- Des bombardiers nous arrivent du Nord.

- Allons nous réfugier dans un Bunker, proposa Paylor.

Aria sentit son cœur virevolter. L'image de Snow s'insinua dans son cœur. Il savait. Oui il devait savoir qu'elle était là avec les autres.

Mais le plus dur fut pour Glen. Les bombardiers... Cela lui rappela le douzième où une crise de panique émergea.

- C'est pas le moment mon vieux ! Répliqua Haymitch qui le souleva et le tira en avant.

Sous le coup des sirènes, Glen suffoquait alors que la bande courrait à travers les bâtiments. Mais Katniss n'en fit encore qu'à sa tête et fonça vers le champ de bataille. Gale et Aria suivirent avant qu'un obus ne les frappe de près. Ils se sentirent sourds pendant un moment. Haymitch l'aida à se relever pendant que Glen était au sol tremblant. Il criait le nom de Célia avant de se reprendre un peu.

Une tour s'effondra au même instant d'où Aria et Haymitch filèrent avec Katniss et Gale. Glen resta avec le reste de la troupe en hurlant le nom de son autre fille cette fois-ci. Le regard dur il courut dehors pour tenter de les rejoindre sous les rappels de l'escadron. Le quatuor regarda les hovercrafts filer vers le sud.

- Je crois comprendre ce qu'a ressenti mon père au douze. C'est affreux ! Dit Aria sous l'adrénaline.

- Ils nous cherchent j'ai l'impression, enchaîna Haymitch.

- Non attendez, ils... ils vont vers l'hôpital ! Hurla Katniss.

- Non ! Hurla Aria.

Courant à en perdre haleine, la haine leur tenaillait le ventre. Ils montèrent en hauteur avant de voir l'hôpital se faire bombarder.

- NOOOOOOOOOON PAS CA !

Aria cria de même qu'Haymitch.

- Les salauds ! Tuer des gens à terre, ils n'ont aucune morale ! Répliqua-t-il en colère.

En colère Aria remarqua une mitraillette d'où le tireur était mort.

- Aide-moi !

Haymitch la regarda s'approcher de l'objet et se mettre à viser le ciel. Il sourit et approuva.

- Défonçons ces connards qui osent frapper des personnes sans défense !

La blonde lui répondit d'un air convaincu. Haymitch chargea l'engin. Aria se coucha presque en visant le ciel. Haymitch l'aida à maintenir l'arme puis en pleine ligne de mire, elle tira. La force de la mitrailleuse les fit rater plusieurs fois leur coup. Ils ne lâchèrent rien. Dans un cri mutuel, ils tirèrent sur deux bombardiers avec hargne. Le tir fit mouche et un des deux fonça au sol avec une fumée noire sur ses ailes. L'autre fut atteint par une flèche explosive à Katniss qui en fit tomber un troisième. Les filles se fixèrent. Le même sentiment coulait dans leurs yeux.

Glen les retrouva par la suite, il avait tout vu et en fut fier. Ils se rejoignirent près de l'hôpital tous écœurés. Les caméramans insistèrent pour qu'ils expriment leur ressenti. Katniss fut celle qui parla. En fond Aria, Glen, Haymitch et l'escouade regardaient la caméra à moitié en colère et en larmes.

- Je veux que les rebelles sachent que nous sommes vivantes. Que nous sommes au district huit où le capitole vient de bombarder un hôpital rempli de gens désarmés ! Des hommes ! Des femmes ! Et des enfants... Il n'y aura pas de survivants ! Si vous pensez ne serait-ce qu'une seconde que le Capitole nous traitera avec équité, vous êtes en train de vous leurrer ! Parce que nous savons qui ils sont et ce qu'ils font ! CA c'est ce qu'ils font alors nous devons nous battre !

Katniss se tourna vers une autre Caméra. Les autres en firent de même. Leurs yeux exprimant la même chose que la brunette.

- J'ai un message pour le président Snow. Vous pouvez nous torturer ou nous bombarder. Vous pouvez réduire nos districts en cendres. Mais vous voyez ça ? Le feu ça se propage. SI NOUS BRULONS, VOUS BRULEREZ AVEC NOUS !

Katniss s'effondra peu après. Aria regarda la caméra et fit un signe de tête.

- SNOW DOIT PAYER, dit-elle avec force suivie des autres.

Puis elle se laissa tomber à son tour avec son père. Beaucoup d'émotions, beaucoup de colère. Et une seule envie, tuer Snow.

A leur retour, on leur passa le montage dès qu'il fut terminé. Tout juste le temps pour la troupe de se remettre de tout ça. Il était vraiment énorme. Plus qu'Aria ne l'aurait cru même si revoir tout ça la brisa un peu plus. Elle se voyait faire son discours devant les blessés, puis elle voyait le bombardement avec son acte d'héroïsme placé en avant avec Katniss et Haymitch. Avant de finir par le discours de la brunette et des deux slogans qui en sortirent. " Si nous brûlons, vous brûlerez avec nous " " Snow doit Payer ".

- Je dois dire que Plutarch avait raison de vous faire confiance.

- Merci, dit Katniss.

Mais Aria ne lui prêta aucune attention. Elle regarda le " REJOIGNEZ LE COMBAT " en fin de vidéo et laissa la présidente parler avec Katniss. Elle n'en avait pas envie et Coin ne semblait pas le vouloir. Elles se détestaient cordialement.

- ... Ensemble nous allons devenir une armée indestructible ! Finit-elle son discours.

Après ça tout le monde fit une fête euphorique. Mais les malheureux qui avaient assisté à tout retournèrent dans leurs quartiers pour revivre encore et encore cette journée de terreur.

- Plus il y aura de monde plus rapidement on pourra aller les libérer, répliqua Finnick en tenant Aria dans ses bras.

Celle-ci venait de vomir son maigre repas.

- C'est de ma faute si tout ces gens sont morts. C'est parce qu'on était là bas.

Elle pleura franchement pour se libérer. Il lui caressa les cheveux devant un Haymitch compatissant et un Glen fatigué.

- Oui c'est vrai, avoua Finnick. Mais c'est un sacrifice qui servira... Et c'est à Snow qu'il faut en vouloir. N'oublie pas qui est ton véritable ennemi. Pas vrai, Haymitch ?

Celui-ci lui sourit. C'était leur phrase fétiche avant les expiations et après pour rebooster Katniss.

- Je sais bien mais c'est si dur. Peu avant je les encourage et quelques secondes après ils meurent par ma faute. C'est insupportable.

- Ce pourquoi il faut continuer la bataille, jusqu'au bout, dit Glen à demi-mots.

Aria approuva. Il était rare de voir son père ainsi. Et même Finnick aussi confiant. Ce discours l'avait complètement remonté. Il avait mangé et il ne touchait pas à sa corde. C'est même lui qui réconfortait Aria. Il y avait de l'espoir en eux. Et malgré la douleur ils allaient encore se relever. Pour la liberté.


D'un ton monocorde, Peeta répétait son texte. Le président de son côté semblait avoir du mal à contenir un sourire. Il avait appris que des survivants et des rebelles se trouvaient au huit et y avait envoyé des hovercrafts pour le bombarder. Et bombarder l'hôpital. Comme toujours, Tiana regardait par la fenêtre. Elle avait besoin d'air pur. Ce long mois enfermée ne lui réussissait pas.

- Insistez sur les pertes pour le capitole, le reprit Snow. Et vous, mademoiselle Grant…

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. La télévision en face du bureau s'alluma. Snow en perdit son sourire.

- Beetee… Marmonna-t-il sans se retenir.

Tiana sentit un coup au cœur. Si Beetee était derrière ça… Alors l'homme était en vie ! Elle porta la main à son cœur et se leva de sa chaise en voyant Aria, Haymitch et Glen en compagnie de Katniss.

- Tu es en vie, murmura-t-elle, les yeux pleins de larmes.

Peeta s'était aussi redressé et agrippait le dossier de sa chaise avec force. Snow ne faisait pas un geste. Il savait que ses meilleurs informaticiens devaient déjà travailler pour empêcher la diffusion de cette vidéo. Tiana détailla Aria, les yeux écarquillés. Elle avait changé, elle aussi. Sa tenue était très jolie et elle fixa un long moment l'emblème rouge qui lui plut aussitôt.

- Le Capitole nous a trop longtemps persécutés. On se doit de reprendre notre liberté ! N'en avez-vous pas assez de vivre dans la peur des moissons ? Dans la peur des représailles ? De voir ses enfants emmenés à la mort dans des conditions atroces. De perdre un frère, un fils, une fille ou ... une sœur. Une sœur si précieuse tout comme ma Tiana que j'ai perdue et qui souffre chaque jour un peu plus. - Une larme roula -. Et qui me manque à chaque instant alors que je cherche à la retrouver.

Tiana se laissa tomber au sol en laissant ses larmes rouler. Sa sœur ne l'avait pas oubliée, comme elle le savait. Elle souffrait aussi de leur séparation et surtout, surtout, elle avait compris le message qu'elle lui avait fait passer. Et en la voyant parler d'elle, elle sut que comme elle en était persuadée depuis le début, Aria la sortirait de là. Elle le vit dans son regard, qui ne quittait pas la caméra comme si elle savait que Tiana la regardait. Comme Tiana avait fait lorsqu'elle était elle-même passée dans le spot de Snow.

- Il n'y a pas de mot pour décrire la douleur que tout le monde ressent mais il y a une chose que l'on peut faire. C'est se battre ! Car nous n'avons aucun avenir. Seule la liberté pourra nous rendre notre humanité et notre salut. Le Capitole nous pense impuissants. Snow nous croit à terre mais le nombre et notre volonté sont bien supérieurs à ses troupes. Il les fait obéir par la peur, nous on se bat pour l'amour et nos liens tissés ensemble. C'est ce qui fait notre force, c'est pour ça qu'on a besoin de s'unir. Pour que le joug du Capitole tombe et qu'enfin les familles puissent vivre dans la paix tant espérée. Où les enfants gambaderaient dans les champs. Et où les familles, les petits amis, les frères et les sœurs n'auraient plus à finir brisés. Où les Eliott Works auraient pu vivre en paix... Comptez sur moi pour vous guidez. Snow paiera. Croyez-moi, il paiera !

La main sur la bouche, Tiana eut un sanglot à la mention d'Eliott. Aria se battrait. Pas uniquement pour la sortir de là mais aussi pour que la guerre et les Hunger Games cessent, elle le savait. C'était la même rage et la même hargne que durant les expiations.

Tiana glissa le regard sur Haymitch qui tenait Aria par les épaules. Au moins eux deux étaient heureux. Finnick ne semblait pas présent et elle en ressentit une immense inquiétude. Glen cria son nom et elle sentit une rage immense monter en elle. Elle était séparée d'eux depuis trop longtemps. Elle avait besoin de les retrouver. Lentement, la rouquine se releva, les poings serrés et les yeux fixés sur la caméra. A cet instant, elle vit Haymitch murmurer quelque chose. Nous viendrons. Finnick t'attends. Les mains sur la bouche, elle pleura plus intensément encore. Ils confirmaient ce que Johanna ne cessait de lui répéter. Ils viendraient et souffraient comme elle. Il n'y a que ça qui expliquait l'absence de Finnick. Mais surtout, elle voyait à quel point le blond semblait empli de culpabilité. Cela ranima une flamme en elle. Elle devait tenir encore un peu. Ils viendraient la chercher, enfin.

- Pour notre liberté.

- Pour nos familles.

- Pour la justice.

Snow de son côté ne souriait pas du tout. Si ce spot passait au capitole, il devait passer également dans tous les districts. Et alors…Tous ses efforts allaient être balayés. Utiliser Tiana et Peeta ne lui aurait été d'aucune utilité et il détestait au plus haut point perdre son temps.

Ce qui suivit laissa Tiana sans voix, incapable de savoir comment réagir. Le président avait bombardé un hôpital. Elle eut des frissons d'effroi en voyant Haymitch, Aria, Katniss et Gale détruire les hovercrafts. Ils étaient au cœur de l'action et semblaient déterminés, plus que jamais.

- Je veux que les rebelles sachent que nous sommes vivantes. Que nous sommes au district huit où le capitole vient de bombarder un hôpital rempli de gens désarmés ! Des hommes ! Des femmes ! Et des enfants... Il n'y aura pas de survivants ! Si vous pensez ne serait-ce qu'une seconde que le Capitole nous traitera avec équité, vous êtes en train de vous leurrer ! Parce que nous savons qui ils sont et ce qu'ils font ! CA c'est ce qu'ils font alors nous devons nous battre !

Katniss se tourna vers une autre Caméra. Les autres en firent de même. Leurs yeux exprimant la même chose que la brunette.

- J'ai un message pour le président Snow. Vous pouvez nous torturer ou nous bombarder. Vous pouvez réduire nos districts en cendres. Mais vous voyez ça ? Le feu ça se propage. SI NOUS BRULONS, VOUS BRULEREZ AVEC NOUS !

- SNOW DOIT PAYER, dit Aria avec force suivie des autres

La caméra se coupa sur les deux slogans. Tiana regretta de ne plus voir sa sœur à l'écran, elle avait insufflé une grande flamme en elle. L'écran devint noir avant que le spot ne reprenne du début. Sans réfléchir, Tiana se rua vers la porte et se mit à courir. Elle n'avait que quelques secondes avant que Snow ne reprenne ses esprits et elle le savait. Tout comme elle savait que cette fuite déraisonnée ne lui servirait à rien. Le bâtiment était rempli de pacificateurs qui parviendraient rapidement à la maîtriser. Mais le fait de voir Aria, Haymitch et Glen à l'air libre lui avait donné envie de faire quelque chose, même si c'était n'importe quoi. Et peu importe les conséquences qu'elle en subirait, elle en avait besoin pour se sentir encore là, encore vivante.

Elle put s'enfiler plusieurs couloirs et un étage sans rencontrer personne mais ne courait pas vite, affaiblie par son mois de captivité. Et elle entendit des bruits de bottes à l'étage au-dessus de sa tête. Elle se sentait revivre. Un jour, un jour elle serait libre auprès d'elle, pensa-t-elle sans cesser de courir malgré les bruits de pas qui se rapprochaient. Bien trop rapidement, les pacificateurs furent sur elle et elle releva la tête, fixant la grande baie vitrée face à elle. Un jour, elle pourrait de nouveau goûter à la brise du vent, au soleil ou à la pluie. Elle fut matraquée de coups et ne tenta pas de se défendre. Snow ne tarda pas à arriver. Elle eut droit à un nouveau coup de poing mais eut un sourire empli de douleur.

- Vous ne pourrez pas détruire cet espoir en moi ! Hurla-t-elle avec force.

- Vous semblez oublier que c'est pourtant mon but qu'ils vous cherchent.

Le visage de Tiana s'affaissa légèrement mais elle garda un sourire tremblant.

- Ils vont ruiner tous vos efforts ! Les autres districts se soulèveront et vous remettront à la place que vous méritez !

Snow eut un sourire. Il avait l'intention de doubler le temps de travail, de réduire les pauses pour fatiguer encore plus les districts. Des mesures drastiques pour mater la rébellion.

- Isolez-la des trois autres.

Les pacificateurs obéirent, emmenant Tiana un étage au-dessus de celui qu'elle occupait habituellement. Plus ou moins violemment ils la poussèrent dans une pièce entièrement noire et vide. Tiana resserra les bras sur ses genoux et hurla une fois la porte fermée. Elle hurla des heures durant tout en sachant que personne ne ferait rien pour elle. Quand elle s'arrêta, elle se balança en serrant son collier et en jouant avec sa corde. Il pouvait essayer de la briser en lui faisant ça, mais la détermination en elle ne faillirait pas. Cet homme, un jour ou l'autre mourrait. Que ce soit de sa main ou de celle d'Aria. Elle se vengerait de toutes les atrocités qu'il avait commises sur elle, de tout ce qu'il lui avait fait subir. Et peu importe qu'il veuille l'utiliser contre Finnick, elle était sûre que d'une manière ou d'une autre, ils sauraient tous la guérir. Elle serra plus fort encore ses deux bijoux sans se douter que Snow avait trouvé une façon encore plus perverse de la briser.


Les deux jumelles se sont enfin toutes les deux vues...