Merci à Lunastrelle, Emokami, Elia41 et Ysa666 pour leurs reviews ! Bonne lecture.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et de bonnes Pâques !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix. Ariale et les terriens sont nés de mon imagination.
Chapitre 53 :
En sourdine, les sardines !
La nuit était tombée depuis longtemps sur Edge. Le bar du 7Th Heaven était fermé ce soir-là, exceptionnellement.
Tifa jugeait cela préférable puisque le docteur Hankle allait venir examiner Ariale, avec Cid et Vincent comme escorte.
Mais la jeune terrienne n'était pas très enthousiaste. Elle appréhendait le diagnostic du docteur. Et elle ne savait toujours pas comment régler le problème des poissons chanteurs.
Marlène et Denzel attendirent que Tifa aille prendre sa douche pour se rendre dans la cuisine avec la jeune fille.
Denzel brandit une feuille de partition de musique devant l'aquarium et dit : « Alors, vous trois, au lieu de buller, écoutez-nous, c'est très important. Et vous avez intérêt à assurer ou le chat de notre voisin aura un extra à son menu. Question : lequel d'entre vous peut lire une partition de musique ? Ariale ? »
La jeune fille saisit une paille posée dans un bocal sur le buffet, puis en plongea l'extrémité dans l'eau et fit quelques bulles avec. Puis elle colla son oreille à l'autre bout et attendit.
Finalement, l'un des poissons rouges s'approcha du petit tube en plastique et fit quelques bulles dedans. Ariale écouta attentivement le bruit avant de traduire.
« Bubulle et Bibille visent la musique, Baballe dit que si on la lui fredonne, il mémorise bien », dit la jeune fille.
« Bulle et Bibille ? » demanda Marlène.
« Bubulle, Bibille et Baballe ! Ce sont les noms qu'ils se sont choisis », dit la jeune fille.
« Super ! On peut continuer ? » demanda Denzel.
La porte de la cuisine s'ouvrit. Tifa entra, suivie de Vincent.
« Ne t'en fais pas, elle tient le coup », dit la jeune femme à son ami. « Tiens ? Que faites-vous là, les enfants ? Il y a un problème avec les poissons rouges ? »
« Oh non ! Rien ! » dit Marlène.
« Oui, rien ! » dit Denzel.
« Bon. Filez dans vos chambres, je vous appellerai pour le dîner. Ariale, tu veux te faire examiner avant ou après le dîner ? »
« Après le dîner, s'il te plaît ! »
« Je m'en doutais. Bon, allez tous vous reposer, le dîner sera prêt dans cinq minutes », dit Tifa.
Ariale sortit rapidement de la cuisine, en essayant de ne pas fixer Vincent dans les yeux. Son physique de vampire la mettait mal à l'aise.
Lorsqu'elle arriva dans le couloir à l'étage menant aux chambres, elle vit les deux enfants qui l'attendaient.
« Comment on va faire ? Ils s'attendent tous à ce qu'on chante, ce soir ! » gémit Marlène.
« Je ne sais pas. J'ignore comment briser ce sort. Et en plus, je vais me faire examiner par une scientifique, alors croyez-moi, je cherche des solutions depuis ce matin », soupira Ariale.
« Mais y'a une parade à ton problème, toi ! Tu te souviens, tu nous as dit que tu pouvais fusionner avec l'air ? Alors sers-t-en pour que Madame Hankle ne puisse pas t'examiner, ses appareils et ses seringues te traverseront, il ne t'arrivera rien ! » dit Denzel.
Ariale se gifla le front. Mais oui, pourquoi n'y avait-elle pas pensé avant ?
« Denzel, t'es un génie ! » dit la jeune fille en courant vers sa chambre.
« Eh ! Mais comment on s'en sort, nous, avec nos trois ténors ? » demanda le garçonnet.
« Oh, ben… Jetez-les ! Noyez-les dans la rivière ! » dit la jeune fille avant de s'enfermer dans sa chambre.
Les deux enfants se regardèrent avec l'air affligé, puis coururent en bas des escaliers pour atteindre la cuisine quand ils virent Vincent debout devant eux, les regardant avec les bras croisés.
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire de ténors ? »
« Euh… Rien ! Rien d'important ! » dit Denzel.
Marlène fit la moue, ce qui n'échappa pas au regard de Vincent.
« À table ! » cria Tifa, depuis la cuisine.
Le repas se déroula dans un silence total. Ariale mangeait assise entre les deux enfants, devant Tifa qui était encadrée de Cloud et Vincent.
À la fin du repas, les deux hommes quittèrent la table pour se rendre dans la salle du bar afin d'accueillir Cid et Reeve, qui allaient arriver avec madame Hankle.
Tifa se dirigea aussi vers le bar, au comptoir, pour faire la vaisselle.
Ariale s'approcha de l'aquarium. Les poissons s'agitaient, ils n'avaient pas arrêté de faire des bulles pendant le repas, demandant l'autorisation de chanter pour égayer le dîner des humains. Ariale leur avait mentalement ordonné de se taire.
Mais là, elle allait employer les grands moyens. Elle sortit la paille et dit : « Chut, le trio vocal ! En sourdine, les sardines ! »
Elle plongea la paille dans l'eau et commença à faire des bulles pour leur traduire cela dans le langage poisson, quand Denzel accourut près d'elle et lui prit la paille puis dit : « On n'est pas… (Bulles)… encore prêt ! (Bulles) Attendez le signal ! (Bulles) Ou je vous jette dans les toilettes (Bulles) ! »
« Un problème ? » demanda Cloud.
Ariale et Denzel se retournèrent pour faire fonce au jeune homme. Marlène courut se mettre près de ses deux amis pour leur apporter du soutien.
« Vous n'êtes pas prêts pour chanter ? Un petit souci dans les coulisses ? » demanda Cloud.
Ariale fit « non » de la tête, mais Marlène poussa un soupir.
« Je craque ! Ça suffit, je déteste mentir. Cloud, je suis désolée ! On a demandé à Ariale d'utiliser sa magie pour nous créer des poissons magiques. Mais on avait peur de ta réaction, alors on a tout fait pour que tu t'aperçoives pas que Bubulle, Bibille et Baballe chantaient dans leur bocal. »
« Bubulle et Bibille ? » demanda Cloud.
« Les poissons rouges. Je suis désolée, monsieur Strife, je voulais seulement faire plaisir aux enfants », dit Ariale.
« Et tu crois qu'utiliser la magie va les aider ? Et vous deux, je vous avais dit de la laisser tranquille ! Je ne sais plus comment faire avec vous ! À part vous priver d'argent de poche pendant un mois. »
« Oh non, sois chic ! » gémit Denzel.
« On en reparlera plus tard. Pour l'instant, on va laisser tout ça de côté », dit Cloud, car la porte du bar venait de claque, signe que la scientifique Hankle était arrivée avec son escorte.
Juste à ce moment, on entendit les poissons rouges chanter :
« Tout, tout, tout, tout !
Vous saurez tout sur la magie !
Le vrai, le faux, lalalalaaaaa !
Et les coups tordus
De la petite sirèèèèèèèèène ! »
Ariale et les enfants prirent l'air gêné. Cloud leva les yeux au ciel puis dit : « Vous deux, dans vos chambres et que ça saute ! Et toi, assieds-toi, on va t'examiner. »
Résignée, Ariale regarda les enfants s'en aller en lui lançant des regards encourageants. Puis Cid entra, suivi de madame Hankle.
Ariale regarda la petite femme en blouse blanche avec surprise. Elle avait l'air très curieuse et un sourire malicieux. Difficile de la comparer aux scientifiques cruels de la Shinra. Mais la jeune fille choisit de rester sur ses gardes.
« Bien ! Vous êtes Ariale ? Enchantée ! » dit Hankle en lui tendant la main.
Ariale la lui donna et faillit gémir. Cette femme avait une sacrée poigne !
« Oh, désolée ! Je maîtrise encore mal mon énergie. Bon ! Alors, commençons ! » dit la scientifique en brandissant une tablette d'ordinateur tactile.
« Euh, vous voulez qu'on laisse ? » demanda Cloud.
Ariale jeta un regard suppliant aux membres d'Avalanche.
« Je reste », dit Tifa.
Rassurée, la jeune fille regarda les membres masculins du groupe quitter la pièce.
Hankle tapota plusieurs boutons sur son écran, puis positionna l'œil de webcame devant le corps d'Ariale. Une image de l'intérieur du corps de la jeune fille apparut. On pouvait voir son squelette ainsi que ses organes et les liquides de l'organisme.
Hankle positionna l'écran devant la tête, puis se mit doucement à descendre. Elle fronça des sourcils, puis parut à la fois surprise et mécontente. Tifa, elle, plaqua une main sur sa bouche avec l'air horrifié.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Ariale d'une voix blanche.
« Euh… » dit Tifa, incapable de trouver une réponse cohérente.
« Ce n'est pas normal… » dit Hankle, les sourcils froncés.
« QUOI ? Répondez, à la fin ! » cria Ariale, excédée.
Elle arracha l'ordinateur des mains de la scientifique. Une chance, elle avait figé l'écran sur le thorax de la jeune fille. Ariale n'était pas une grande scientifique, mais l'image montrait nettement que ça n'allait pas : son squelette présentait de nombreuses fissures, comme si les os étaient abîmés. Et toutes sortes de drôles de tâches de couleur bizarres étaient présentes dans son sang : du gris, du blanc, du vert, du rouge…
Alertés par le cri d'Ariale, Cloud, Vincent et Cid entrèrent dans la cuisine et regardèrent la scène. Leurs yeux se posèrent sur l'écran d'ordinateur que la jeune fille avait posé sur ses genoux.
« Qu'est-ce que ça signifie ? » demanda la jeune fille, tremblante, les larmes aux yeux.
« Ça signifie que tu devrais être morte. Ton squelette est en miettes, mais d'après ce que je vois, l'organisme se régénère. C'est lent, mais c'est bien là. Quelque chose te maintient en vie. Et d'après ces couleurs, je crois qu'il s'agit de ces esprits dont on m'a parlé. Ce sont eux qui te maintiennent en vie. Ils réparent le corsp. C'est pour ça que tu vomis, tu élimines les produits qu'on t'a injectés », dit Hankle.
Ariale reconnut qu'elle avait raison. L'esprit de l'eau avait été le premier à entrer en elle et à la ressusciter. Il avait même supprimé son asthme ! Mais alors, pourquoi Hankle demeurait-elle soucieuse ?
« Mais il y a aussi des signes hormonaux curieux… Typiquement humains, mais… j'aimerais poursuivre l'examen, si tu permets. On passe au reste du corps ? » demanda gentiment la scientifique en tapotant son ordinateur.
Ariale allait répondre que oui quand soudain, le PHS de Cloud sonna. Ce dernier décrocha.
« Allô ? Ah, Reeve ! Pourquoi tu n'es pas venu, on t'attend… Quoi ? Vraiment ? D'accord, on arrive ! » Il raccrocha.
« Fin des examens médicaux, on doit tous partir ! » dit le jeune homme.
« Quoi ? Pourquoi ? » demanda Tifa.
« Reeve dit qu'ils l'ont trouvé. »
« Trouvé quoi ? »
« Le vortex. Il est à Junon. »
XxXxXxXxXxXxXxX
Aéryn avait mal. La jeune femme ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Depuis qu'elle avait sauté de la moto et activé son pouvoir pour passer sur un autre plan… quelque chose s'était détraqué.
Elle avait vu les flammes de la moto s'approcher de son corps. Elle avait senti leur chaleur. Mais ouvrir un portail sur un autre plan d'existence quand on était dans l'eau ou près d'un élément comme le feu avait des effets imprévisibles.
La jeune femme ignorait où elle se trouvait. Ici, il n'y a presque pas d'oxygène. Elle se sentait mal. Elle n'arrivait plus à bouger. Son corps mourrait à petits feux.
Les yeux clos, recroqueville sur elle-même, la jeune femme pensa avec tristesse à Adeline, sa pauvre petite Adeline, qui allait se retrouver seule parmi les habitants de Providence. Une famille aurait-elle assez de cœur pour s'occuper d'elle ? Peut-être les parents d'Ariale.
Rassurée, la jeune femme se détendit légèrement. Son esprit put alors se tourner vers un autre problème. Sephiroth. Allait-il s'en sortir, avec Dubois et ses sbires ? Elle s'en voulait d'être dans cette situation. Elle ne pouvait pas l'aider, ni aider ses frères ou son amie Ariale. Et surtout, elle s'en voulait de partir sans avoir un peu plus le mystérieux ancien Général de la Shinra.
« Aéryn ? »
Tant pis, elle allait mourir. Peut-être qu'en tant qu'esprit, elle pourrait rejoindre la Rivière de la Vie. Elle continuerait d'explorer d'autres mondes sous forme de fantôme et…
« Aéryn ! »
Cette voix…
« Aéryn, ouvre les yeux ! »
La jeune femme gémit légèrement, ce qui lui coûta un immense effort et brûla ses poumons, déjà presque vides. Elle ne rêvait pas pourtant, elle avait bien entendu Adeline l'appeler ?
« Grande-sœur, je t'en prie, essaie de venir vers nous ! On est là, Sephiroth et moi ! On peut t'atteindre, tu n'es pas loin de nous, tu es à la frontière de notre monde ! Approche-toi encore, je t'en prie ! »
Aéryn ouvrit péniblement les yeux. À travers le brouillard, elle les aperçut, les deux êtres qui comptaient le plus à ses yeux. Adeline, petite silhouette menue et floue. Et lui, aux cheveux d'argent et aux yeux verts qui scintillaient dans ce brouillard chaotique.
XxXxXxXxXxXxXxX
Sephiroth sentit Adeline serrer plus fort sa main dans la sienne. Il voyait Aéryn. La jeune femme était d'une immobilité inquiétante. Enveloppée d'une étrange nappe de lumière blanche dans le noir ambiant, elle semblait si proche !
Pourtant, quand l'un d'eux tendait la main vers elle, ils ne rencontraient que du vide. Adeline se mit à parler sa sœur, la suppliant de bouger, de venir vers eux.
Il regarda en silence l'échange entre les deux sœurs, et perçut un léger changement. L'aura d'Aéryn semblait… plus forte. Elle clignotait, comme si elle tentait de se rapprocher d'eux avec difficulté.
Il vit lentement le bras de la jeune femme bouger par terre, comme un serpent rampant misérablement vers eux.
Il tendit sa main vers elle. Les doigts de la jeune femme se firent plus consistants et touchèrent l'extrémité des siens.
Le corps d'Aéryn devint consistant. Sephiroth la saisit alors par la main. La jeune femme referma ses doigts sur le poignet du Général.
Lâchant Adeline, Sephiroth tira Aéryn vers lui comme s'il la sortait de l'eau. Celle-ci secoua la tête et ouvrit la bouche pour avaler une grande goulée d'air.
Blottie contre Sephiroth, Aéryn toussa et inspira plusieurs fois. Adeline regarda sa sœur avec ses petits poings serrés contre sa bouche.
« A… deline ! » dit la jeune femme en hoquetant.
« Oh, grande-sœur ! » gémit l'enfant en se blotissant dans ses bras.
Sephiroth lâcha doucement Aéryn, de manière à ce qu'elle s'assoit au sol tout en gardant Adeline dans ses bras.
Il regarda les deux sœurs avec un léger sourire, puis leva les yeux vers le ciel. Le soleil se couchait.
« Il vaut mieux y aller », dit-il.
Adeline se détacha de sa sœur. Aéryn essaya de se lever, mais ses jambes tremblaient encore.
Compréhensif, Sephiroth la prit dans ses bras puis se dirigea vers la grotte avec une Adeline qui souriait.
Aéryn ferma les yeux, laissant son esprit s'abandonner au monde des rêves.
Voilà ! Désolée, je m'arrête ici pour celui-là. C'est un bon chapitre de transition. Dans le prochain, préparez-vous, y'aura de l'action !
