Coucou ! Merci pour votre fidélité et vos commentaires sur ma fic !

Julieeel : Je pense que tu as compris ce qui se passe… reste à voir comment cela va se terminer )

Hila : merci pour tes compliments et tu verras par la suite qui est l'auteur des sms.

Aliiks : merci également à toi. Bon, comme je l'ai dit il faudra que vous attendiez, toi et les autres, pour connaitre l'identité du harceleur. Mais on s'en approche )

Bonne lecture !


POV de Sarah

Arrivés sur le campus, la nuit était tombée comme une cape emmitouflant les bâtiments, ce qui leur donnait une allure spectrale. Les lieux étaient quasiment déserts, seuls quelques groupes d'étudiants se trouvaient aux endroits les plus fréquentés le jour.

- Et maintenant ?

- Quels sont les endroits où Andrew et toi avez l'habitude d'aller ?

- La bibliothèque mais elle va…

- Allons-y alors !

- … fermer ! Jane attends !

Secouant la tête, je commençai à comprendre ce que Maman voulait dire quand elle déclarait que Jane fonçait souvent tête baissée sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences.

Et en effet, alors qu'on était dans le hall de la bibliothèque une femme arriva à notre rencontre. Je la reconnus, c'était souvent à elle qu'Andrew et moi avions à faire lors de nos emprunts ou lorsque nous partions au moment de la fermeture.

- La bibliothèque ferme, annonça-t-elle.

- Je sais, pardonnez-moi mais j'ai oublié un de mes livres et j'en ai besoin ! S'il vous plait ! Dis-je avant que Jane prenne la parole.

Elle nous jaugea du regard, soupira, et me fit signe de passer.

- Ah, au fait, auriez-vous vu le jeune homme qui l'accompagne souvent ici, par hasard ? Interrogea Jane après quelques pas.

- Oui, il est venu il y a quelques heures.

- Vous l'avez vu partir ?

- Non mais je ne peux pas surveiller tout le monde, pourquoi ?

- Vous êtes sûre qu'il n'est pas encore ici ?

- Ecoutez, je viens de faire le tour, il n'y a plus personne. Allez-vous me dire pourquoi vous posez toutes ces questions, et qui êtes-vous d'abord ?

- Je suis consultant au CBI, et nous pensons qu'il y a un problème au sujet de cet adolescent. Où vous mettez-vous habituellement, Sarah ?

- Dans le coin de littérature française.

La bibliothécaire se réinstalla derrière son bureau tandis que Jane et moi montions quatre à quatre les marches menant à la salle de littérature. A mesure que nous approchions de la salle, je sentais mon estomac se nouer. Et si nous nous trompions ? Si Andrew était ailleurs ou s'il était… Non. Il était ici, je le sentais.

Je pénétrai dans la salle, les lumières s'allumèrent automatiquement, et je me dirigeai vers la table, cachée derrière les étagères, là où nous nous mettions toujours. Je tentai de joindre encore Andrew quand je crus percevoir un vibreur. Jane et moi nous regardâmes, et nous dirigeâmes vers le bruit.

Arrivée devant l'une des étagères, je me penchai, le son étant plus fort, glissai ma main sous le rayonnage et sentis un objet que je sortis. Le portable d'Andrew ! Où était-il ? Comment son téléphone avait-il pu glisser là-dessous sans qu'il ne s'en aperçoive ? Je me relevai, observant les alentours. Où pouvait-il se trouver ? Je remarquai tout à coup la cote des livres. Nous étions dans le rayonnage des poètes, en E. Le poète français préféré d'Andrew était Baudelaire, dans un rayonnage sombre, presque collé contre le mur. Sans attendre Jane qui s'était éloigné, je me faufilai entre les étagères, espérant ardemment y trouver Andrew. Personne. Pourtant, il était là, mon instinct me le soufflait.

Je m'apprêtais à m'éloigner quand je crus percevoir un gémissement. Je m'arrêtai, tendis l'oreille. Rien. J'attendis quelques secondes, le cœur battant, et entendis de nouveau gémir. « Andrew ? » Je me précipitai vers le coin assombri et découvris une ombre appuyée contre le bout de l'étagère. « Oh mon Dieu ! Andrew ! Jane, ici ! » criai-je en m'agenouillant près du corps inerte.

- Andrew! C'est moi, Sarah, murmurai-je en tentant de distinguer une quelconque blessure.

- Sa…rah…

- Chut ne parle pas, je suis là tout va bien se passer, le rassurai-je tout en tâtant son corps.

Soudain, je sentis un liquide poisseux sous mes doigts, je me tournai légèrement vers la faible lumière qui nous parvenait. Du sang.

- Les secours arrivent, intervint Jane.

- Jane, il est blessé, je ne sais pas exactement où…

Il me poussa légèrement, et traîna Andrew dans un coin plus lumineux afin de voir la gravité de la blessure.

- Andrew, s'il te plait, ne ferme pas les yeux regarde-moi, d'accord ? le suppliai-je alors qu'il luttait contre la douleur.

- Il faut faire un point de compression pour arrêter l'hémorragie, tu risques d'avoir mal, prévint Jane, tout en appuyant avec l'écharpe que je lui tendait.

Le visage d'Andrew se déforma sous la souffrance, et instinctivement je caressai sa joue, ne supportant pas sa peine. Je me sentais tellement impuissante !

Les secours arrivèrent au bout de quelques minutes qui me parurent durer une éternité. Ils nous écartèrent Jane et moi afin de donner à Andrew les premiers soins. Jane se rapprocha de moi, et, devant mon visage que je devinai défiguré par la tristesse, il m'étreignit, assez fort pour que je me sente rassurée et soutenue. Je me blottis, laissant les larmes couler, serrai sa chemise de toutes mes forces sans penser une seule seconde que mes mains ensanglantées tacheraient son costume.

Une partie de mon cœur semblait sur le point de mourir, je ne pourrais supporter l'idée de le perdre lui aussi. Pas après tout ça. Jane passa sa main dans mes cheveux, sans mots, puis se détacha lentement de moi. D'un regard, nous nous comprîmes et prîmes le chemin de la voiture afin de rejoindre l'hôpital où Andrew avait été amené. La police passerait la pièce au peigne fin, nous serions sûrement interrogés en tant que témoins, mais cela m'était bien égal.

Andrew était mon seul souci.