Hey salut les gens ! Comment va ? Savez quoi... c'est la grève d'essence chez moi ^^ il reste... quoi deux barres de carburant dans la voiture de maman papa... ce qui signifie que... bah voilà probablement pas de cours dès jeudi. Le pire c'est que cette excuse est valable. Bref, bienvenus en guadeloupe ! x)
-Passons aux reviews, dont une :
-Oui nous remercions tous le monde, donc Erie-Trafalgar que nous n'avons pas eu le temps de répondre ainsi que Juju lovelymanga... mais Nono...merci, c'est très gentil, je suis contente que tu aimes ma fiction... même très contente, mais j'aime pas trop la comparaison avec l'autre fic que tu as citée, p'tit choux aussi a fait le rapprochement, j'écris pas pour être comparée hein...
En fait.. pourquoi j'écris ?
-Putain, c'est après cinquante trois chapitres qu'elle s'en rend compte. Pauvre fille ! Disclaimer : cette femme est folle, Oda est un génie, on sait très bien à qui appartient One piece.
-Bouhou. En fait, j'ai beaucoup de lecteurs anglais, au moins cent, i understand english very well (mais je sais pas l'écrire) n'hésitez pas à post des reviews ! Ce chapitre est à écouter avec Emmenez-moi de Charles Aznavour ou Je défendrais ma vie de Spirit. J'ai écouté les deux pour écrire et ils représentent bien les sentiments que je voulais démontrer ici ^^
Votre front doux et fier, votre prunelle noire,
Songeant que j'étais fou de réveiller l'histoire,
Quand j'avais sous les yeux un poème charmant !
Louis BOUILHET
*£$QUEEN$£*
QUELQUES MOIS PLUS TARD, GRAND LINE, ÎLE DE JAYA :
Caleb baissait les yeux vers son journal de bord, écrivant les derniers évènements sur le petit cahier de cuir élimé : « Jour 121, déjà : arrivée sur l'île de Jaya pour le réapprovisionnement. Moguetown est comme père me l'a prédit, ''géniale'', c'est rien d'autre qu'une île bourrée de pirate. Pas de base marine à l'horizon, c'est certainement l'un des endroits préférés des voleurs des mers. Je hais déjà cet endroit alors que nous venons juste d'accoster. J'ai l'impression d'avoir une version agrandie de l'Intégral, en face de mes yeux, c'est pourris. Même si je n'ai pas envie de rester une seconde de plus à bord du bateau, je n'ai pas envie de me trouver là. »
-Hey l'chialeur ! Arrête de rien glander p'tit con ! Y'a ta pisseuse de sœur qu'a encore fait des siennes !
« Et, Ruben et Arty viennent encore emmerder le monde. Décidément, j'ai vraiment envie de me trouver au fond de l'océan ou dans l'estomac du roi des mers. Mais Lauren à des soucis, je dois arrêter mon récit du jour, à plus !»
Le jeune garçon d'à peine treize ans rangea brusquement son carnet dans le repli de son pantalon en toile quand deux hommes massifs vinrent vers lui tenant par les bras une fillette. Les deux enfants n'auraient pas pu être plus différents l'un de l'autre, quand Caleb était brun à la peau métissée chocolat, Lauren était blonde et pâle de peau, pourtant, ils étaient frères et sœurs. Nés d'une mère différente, mais du même père à leur grand malheur partagé.
Les deux mastodontes, Ruben et Arty jetèrent la fillette dans les bras du jeune adolescent. Le garçon saisit sa petite sœur pleurant entre ses bras, il remarqua que le bas de sa robe était encore mouillé, pour ne pas changer.
-Elle a pissé partout c'te pisseuse ! Va nettoyer ! Tu sais ce que le capitaine à dit, la prochaine fois elle s'en prendra une et on la laisse sur un quai !
Lauren par instinct se cacha derrière son grand frère les petites mains de l'enfant agrippées au vêtement sale de son aîné. La scène se répétait ces derniers temps avec régularité, et Caleb ne douta pas un instant que le capitaine serait capable de prendre les mesures instaurées si la blondinette s'avisait de recommencer. Son propre père ! Il serait tout à fait capable de laisser sa propre chair en proie au danger s'ils l'ennuyaient trop, et ce, de manière définitive. Le garçon voulait partir, mais craignait trop l'inconnu redouté par ce qu'il voyait en temps que Pirate pour tenter de s'enfuir. Ce fut pourquoi il acquiesça calmement se saisissant de la main de sa sœur pour l'emmener avec lui dans le dortoir.
La pièce aussi sombre d'un four uniquement éclairée par une unique bougie, dégageait maintenant une odeur d'urine forte en plus de celle déjà présente de sueur et de saleté, le mélange était des moins ragoûtants, mais on y prenait l'habitude.
L'adolescent métis se saisit d'une éponge et d'un seau d'eau de mer et commença à récurer le sol autour de leur matelas après l'avoir aspergé d'eau. Le temps était trop humide pour le laisser à l'extérieur, mais ici non plus ce n'était pas la joie, il en résulterait une odeur de moisie déjà présente à cause des multiples récidivismes de Lauren.
-Gomen nasai, Onii-san… Je voulais pas…
-T'inquiète pas, Imōto-chan. C'est pas grave. Tu as encore fait un cauchemar ?
-Oui. J'ai cru qu'on allait aller à Impel Down, tous les deux, Nii-san. J'ai peur.
Caleb s'arrêta un instant d'essorer l'eau de son éponge pour saisir la main de sa cadette. Bien sûr, elle avait raison d'avoir peur. Depuis la mort de leurs mères respectives quand leur propre géniteur les avait emmenés avec lui à défaut d'avoir pu trouver autre chose, ils étaient devenus des parias, recherchés ! Si jeunes, ils avaient raison de craindre la prison en comptant que l'équipage de l'Intégral, même s'il était fort n'était pas des plus futé.
-Ça n'arrivera pas, Lauren. J'te le promets.
-T'es sûr, nii-san ?
-Parole de grand frère !
Lauren acquiesça rassurée. Si c'était une parole de grand frère, de son onii-san ce devait forcément être vrai. Pourtant, au fond de lui le garçon se dit que cette promesse était dure à tenir, mais il prit la résolution de faire en sorte qu'ils n'aillent jamais à Impel Down. L'équipage et son père sans soucis, mais eux… jamais. Il devait… faire quelque chose.
-Tiens, mais elle a recommencé ? Ne t'avais-je pas prévenu petite idiote ?
Quand on parlait du loup… Ericksen le capitaine de l'intégral se trouvait à cet instant devant la porte du dortoir. L'épaisse carcasse du géniteur des deux enfants recouvrait tout le passage entre l'intérieur et l'extérieur, obstruant non seulement l'air mais aussi la lumière, rendant la silhouette massive que trop imposante pour la fratrie, en comptant les menaces qu'il avait proféré. Aussitôt Caleb s'interposa entre sa petite sœur et son père l'empêchant de mettre à exécution ce qu'il avait promis.
-Non arrête ! Elle n'a pas fait exprès ! C'était un cauchemar, c'est pas sa faute !
-Tais-toi !
La gifle partit si vite que l'adolescent n'eut pas le temps de la voir arriver mais la sentit bel et bien sur sa joue devenue rouge et douloureuse.
-Je vous ai accueillis tous les deux avec moi, en bon père que je suis ! Apprenez le respect sales mioches et ne me salopez plus mon navire bordel ! Tu vas me récurer ça après que nous ayons débarqué et je te laisse aussi tout le pont et ma cabine. Allez.
L'homme se retourna laissant les deux enfants, trop heureux de la chance qu'ils avaient, dans l'obscurité du dortoir. C'était un coup de bol inespéré de s'en sortir uniquement avec une gifle, des insultes et des menaces, car c'était courant sur l'Intégral. En effet, que les pirates fussent sa propre chair ou ses matelots, personne n'échappait à un rudoiement si Ericksen avait décidé qu'ils en méritaient un. Se défendre n'était même pas envisageable, la carrure du pirate était aussi large que celle de Caleb frêle. Alors qu'on aurait cru l'adolescent capable de plier comme les joncs à chaque brise, Ericksen semblait plutôt être ce genre de chêne massif profondément enraciné et indélogeable. Une mutinerie n'avait jamais eu lieu, elle n'aurait jamais lieu. Point.
C'était comme ça que marchait l'Intégral, le vaisseau pirate dont l'équipage valait presque deux cents millions de Berrys sur toutes les têtes assemblées.
L'adolescent sentit une petite main fraiche sur sa joue, Lauren traçait le contour de la marque rougeoyante, craintive. D'un geste, le garçon l'attira vers lui, posa sa tête sur le crâne blond et y posa un léger baiser en caressant les mèches.
-On ira pas à Impel Down… On va s'enfuir, un jour, je te le promets, on s'en ira.
La perspective de quitter l'Intégral ne semblait plus aussi effrayante une fois cette résolution prise. Le monde ne pouvait pas être pire que sur ce bateau après tout ! Alors, il économiserait chaque butin qu'on lui allouait, chaque piécette, pour faire qu'un jour ce rêve devienne réalité. Ce qu'ils ne savaient pas, c'était que ce jour, c'était aujourd'hui.
*£$QUEEN$£*
Caleb était arrivé sur l'Intégral à l'âge de sept ans. Sa mère Yelda, venait de mourir de la grippe, le laissant seul au milieu de son île sur South Blue, d'où était originaire une bonne partie de l'équipage en somme. Son père s'était présenté un jour à l'orphelinat, et l'avait embarqué sans un mot de plus en lui disant être son père. Père qu'il n'avait jamais vu. Dans ses plus beaux rêves, il ne pouvait rêver d'un meilleur cadeau, partir à l'aventure, bras dessus, bras dessous avec son géniteur. Que de naïveté. Ses rêves avaient étés réduits en miettes à l'instant où le navire avait pris le large et que Ericksen lui avait jeté un sceau et une éponge au visage en lui ordonnant de récurer. Il n'avait jamais voulu d'un fils, seulement d'un larbin, qu'il pouvait assujettir par de prétendu liens de sang.
Le passé douloureux rendait Caleb beaucoup trop amer. La vie n'est jamais facile sur la mer, et cela il l'avait apprit à ses dépens. Alors que l'équipage de l'Intégral, toute arme sortie, se dirigeait vers un bar pour se désaltérer après plusieurs semaines de mer, une main se serra dans celle de l'adolescent.
Lauren. Elle était arrivée trois ans plus tôt quand le bateau avait fait une très longue escale sur une île de South blue, Bostaplo. Ericksen n'avait pas donné d'explication en donnant la fillette de cinq ans à son aîné, lui ordonnant de s'en occuper. Encore un ordre, pourtant, le garçon s'était sentit un devoir d'exécuter correctement cette mission. Lauren n'avait pas à vivre tout ça. Comme tous les autres enfants illégitimes qu'avait pu avoir le capitaine de l'Intégral.
Caleb referma sa main sur celle de sa cadette, suivant son maudit père à l'intérieur d'un bar composé en tout et pour tout de plusieurs tables construites sur des barils de rhum et quelques chaises disparates. Le plus frappant était sans nul doute possible, l'absence d'ordre régnant dans la pièce. Ce bar était comme la ville entière, un repère de pirate. Et sans doute ces pirates étaient dangereux, raison pour laquelle ce ne fut pas lui et sa sœur qui furent choisis pour garder le vaisseau sur le port, mais le second, un mauvais bougre de près de deux cents kilos, afin d'assurer la sécurité.
Ericksen s'affala de tout son long sur une chaise auprès d'une table vide, le visage aux traits lourds se contracta quand il lâcha affable :
-Aaaah ! Je suis fatigué, moi, Ericksen le bougre de l'Intégral primé à plus de quatre vingt un millions de berrys, fatigué par la Grand Line.
Les autres clients murmurèrent entre eux, jaugeant l'homme. C'était la technique du capitaine, se venter, de sa haute prime dans cette partie de Grand Line qui la trouvait impressionnante. Impressionnante dans le sens où à lui seul Ericksen avait détruit une ville car on ne servait pas un assez bon alcool à Orange, sur East blue que diable ! Caleb se retenait à chaque fois de dire que le capitaine n'avait pas détruit cette ville. Arrivé dans les cendres de la cité après le passage de Baggy le Clown, il s'était juste octroyé la gloire d'un massacre. Le père de l'adolescent était fort, mais surtout vaniteux, et imbu de sa personne au point de broder un mythe autour de lui que sembla prêt à croire les autres pirates dans le bar.
-Bon… maintenant, que ça c'est fait, le mioche, va nous chercher à boire, je n'ai pas bu un alcool non bouchonné par la mer depuis belle lurette ! Ah ah !
Ericksen frappa le dos de son fils pour l'inciter à lâcher sa sœur et servir aux vingt de L'Intégral leur consommation. Ce fut à ce moment là que la porte s'ouvrit de nouveau.
Les battants rouillés couinèrent lorsqu'ils furent poussés et cela incita les pirates à regarder vers l'entrée du bar. Tranquillement accoudée au portillon de bois, une petite jeune fille. Une petite poupée, par son air étrangement naïf, ses longs cheveux rouges comme le sang ou les flammes, et deux yeux grands entourés d'une paire de cils noirs charbon. Ajouté à cela une moue boudeuse sur la bouche de la nouvelle venue, l'adolescent lui trouva l'air assez poupin et enfantin, si un froncement de sourcil légèrement contrarié ne contredisait pas son apparente félicité.
D'une démarche légère, la jeune femme traversa le bar se rendant au comptoir sous l'œil méfiant des pirates qui commencèrent à s'agiter de concert. Elle glissa. Jura. Son talon s'était apparemment cassé et l'autre boitilla.
Une entrée ratée, une. Lauren pouffa.
Quand on ne savait pas marcher avec des talons on ne le faisait pas.
-Qui est cette jolie petite créature ? ronronna Ericksen se léchant d'avance les babines.
Caleb tenta de ne pas frissonner à la perspective des évènements à venir quand le capitaine disait ça. Un pirate d'une table voisine se tourna vers l'homme et lui sourit l'air lubrique :
-Vous ne la connaissez pas ? The Doll, Queen Akira, c'est une Shichibukai.
Les pirates frissonnèrent à l'entente de la mention grand corsaire, mais la rousse ne cilla pas, sagement assise à son siège entamant juste la glace qu'elle venait de commander sous l'œil mi inquiet mi méfiant du barman.
-Un petit bout, susurra Ericksen. Je devrais plus souvent regarder les arrivages des corsaires royaux…
-Ni comptez pas trop, chuchota discrètement un autre homme. Il parait que cette fille est protégée comme une perle, ça tombe bien, c'est la fille aux perles ! Le Mugiwara l'a courtisé juste après la guerre au sommet, Œil de faucon le plus grand sabreur du monde en a fait sa propriété exclusive, et de ce qu'il parait… mais chut, hein, de ce qu'il parait, Donquixote Doflamingo suit. Un ami à moi travaille pour lui, et…
Mais déjà le capitaine n'écoutait plus le racontar de son collègue de sale profession et se tournait maintenant vers le comptoir jaugeant la poupée. Il voyait en elle une proie innocente et appétissante, pauvre fille.
Vraiment pauvre fille. Prend tes jambes à ton cou !
-Une fillette aux perles, hein ? Eh mais ! Qu'est-ce que tu fais encore, là toi ? Va chercher les boissons au lieu de bâiller aux corneilles !
Brutalement, Caleb fut poussé en avant, cela aurait manqué d'arracher un cri à Lauren si un regard de son géniteur ne l'en avait pas largement dissuadé. Les membres de l'Intégral rirent ainsi que d'autres quand il manqua de très peu de se ramasser face contre terre. Humilié, l'adolescent baissa la tête et se dirigea vers le comptoir.
-J'te sers quoi mon p'tit ? questionna le barman bourru par les âges en essuyant un verre peu reluisant.
-Vingt bock de bière m'sieur.
Le vieil homme acquiesça vaguement, et le garçon s'assit en attendant les consommations.
-Hey !
Caleb manqua d'avoir une crise cardiaque quand il vit un visage à très exactement dix centimètres du sien, celui de la foutue rousse !
Fais chier. Il failli tomber à la renverse de surprise, mais elle le reteint, l'enfonçant sur son tabouret pas très gracieusement.
-T'es drôlement jeune pour un pirate dis donc, commença la jeune fille l'air curieux en écarquillant ses yeux déjà énormes et globuleux.
-Euh…oui, dit l'adolescent incertain de la conduite à suivre face à une corsaire qui vendait pirate et frères à la marine par simple distraction.
-C'est bizarre…
-Si vous le dites.
La jeune rousse retourna à la glace pensive, battant l'air du haut de son siège avec ses pattes à talons hauts (cassés), habillée uniquement d'une micro jupe d'un haut de maillot et d'un manteau de cuir noir, le garçon sentit des rougeurs lui monter au joues. Bon sang, elle ne pouvait pas s'habiller un peu ? Franchement !
Prend tes jambes à ton cou et file te changer ma grande, se dit le garçon.
-C'est ton capitaine là-bas ? demanda-t-elle en pointant Ericksen qui observant la Doll sourit de toutes les dents qui lui restait encore sur les gencives pour paraître à son avantage.
-Mon… père.
-Oh… vous ne vous ressemblez pas beaucoup. Et la petite blonde, c'est ta sœur ?
-Euh… ouais. Je sais on se ressemble pas, point. J'ai pas vraiment envie de discuter désolé.
Est-ce qu'il devenait fou pour dire ça à un chien du gouvernement ? La foutue rousse avait sans doute le pouvoir de s'occuper de son cas en un claquement de doigt et de rameuter, le Faucon, le Chapeau de paille primé à quatre cents millions et bien d'autres ! Cependant, la fille ne sembla pas prendre ombrage de sa remarque, ni même la comprendre.
Décidément une foutue rousse et pas une foutue flèche :
-Gné ?Je vois… tu n'es pas très loquace petit. Comment t'appelles-tu ?
-Caleb… murmura l'adolescent à mi-voix effrayé par la jeune femme.
-C'est joli, moi c'est Queen. Je peux t'appeler Cal ? C'est plus court et c'est un diminutif rigolo non ?
-Euh oui…
La corsaire rigola d'un air très amusé, comme si la répartie du garçon était la chose la plus drôle qui soit en arquant rapidement le cou en arrière manquant de glisser en arrière.
-Tu es drôle Cal, je n'ai pas souvent l'occasion de m'amuser un peu. Puis-je te demander ce qu'un gamin comme toi fait dans les environs ?
-Puis-je vous rétorquer le contraire ? tenta le garçon pour couper court à la discussion. Je…
Caleb se mortifia de sa réponse, attendant à recevoir un coup qui… ne vint pas ? La jeune femme posa gentiment sa main sur sa tête le voyant craintif et anticipant une correction. Elle sourit.
-Puis-je te payer ta consommation ? Je te trouve très maigre.
Et elle avait bien raison, la physionomie de Cal évoquait celle d'un moineau, si frêle qu'on le croirait capable de s'envoler à chaque brise. Mais en terme de maigreur la jeune corsaire ne pouvait pas lui donner une leçon, en portant sur son visage un air hâve et légèrement maladif de celle qui à maigrit beaucoup en très peu de temps en dépit de la deuxième glace qu'elle attaquait avec la plus grande joie.
-Je ne peux pas, désolé. J'attends mes consommations et je vais retourner à ma table. Si vous voulez discuter allez voir mon père, il en serait ravi, ou bien payez le dîner à ma sœur, elle à plus besoin que moi de manger.
La gaffe, elle était sortie tellement vite qu'il n'avait pu la retenir. Trop tard. Surtout que tous le monde dans le bar l'avait entendu. Cependant, encore une fois la rousse n'ajouta rien fourrant pensivement une cuiller de chantilly dans sa bouche. Ses yeux brillèrent d'un éclat étrange, comme si jusqu'à présent ces civilités n'étaient qu'une simple présentation et qu'après ses mots, elle le trouvait enfin intéressant.
Il le sentait mal. Très mal. La foutue rousse avait une idée dans sa tête.
-Oh, elle s'appelle comment ta sœur que je l'appelle ?
Que ne comprenait pas cette fille dans 'je n'ai pas envie de parler'' –même si maintenant c'était un peu trop tard, il avait un peu trop parlé- sans doute toute la phrase. Mieux valait faire ce qu'elle voulait, il en serait débarrassé. Pourquoi n'allait-elle pas ennuyer quelqu'un d'autre, hein ? Son père, Ruben et Arty, et même un bon nombre de gens dans le bar la dévoraient des yeux comme si elle n'était qu'un morceau de viande ou une friandise !
-Lauren, elle s'appelle Lauren.
-Lauren-chan, viens par ici ! chantonna joyeusement la corsaire.
La petite blonde leva la tête surprise et sur les injonctions silencieuses de son père lui promettant milles douleurs si elle n'était pas gentille avec sa proie, traversa à son tour l'espace entre la table et le comptoir. Sur ce dernier, le barman entassa sur un plateau les vingt bocks de bières. Caleb s'apprêta à les emporter vers la table de son géniteur qui voyait de façon de plus en plus perplexe la jeune femme converser avec ses deux rejetons, cependant la corsaire l'arrêta.
-Je vous paye une part de tarte, à tous les deux. Reste donc un peu Caleb-chan. Ohayo Lauren-chan, tu veux manger un peu ?
D'un claquement de doigt, elle appela le barman pour prendre sa commande et il revint avec deux assiettes pleines de tarte à la aux myrtilles. Les deux enfants salivèrent, se regardèrent et ne tardèrent pas à fondre vers le repas aux frais de la corsaire. Ce n'était pas la meilleure tarte qui soit, mais aux yeux de Caleb, elle avait un goût exquis.
-Nos bières ! jura finalement Arty las d'attendre la fin du petit conciliabule et redoutant ce qui se tramait.
-Merci, c'est très généreux de votre part. Je pense qu'il est temps d'aller les servir, ils s'énervent, débita l'adolescent à la vitesse de l'éclair.
-Oui merci, chuchota Lauren. Vous êtes une gentille corsaire.
-Sans doute un peu moins que tu voudrais bien le croire, chaton, soupira la jeune femme avec un drôle de sourire.
Caleb fut sur le point de se retourner emportant le précieux plateau empli de bière avec lui, quand il butta contre quelque chose, ou quelqu'un. Il leva les yeux pour croiser ceux furieux de son père. Les ennuis n'étaient pas loin, il ignorait encore combien de temps son géniteur tiendrait avant de les frapper tous les deux. Attendrait-il d'être sorti ou le ferait-il au beau milieu du bar à la vue des pirates et de la jeune corsaire ? Cela serait tellement humiliant que cette perspective fit baisser la tête à l'adolescent. Plus les coups, plus les insultes. Il ne voulait plus ça.
-Qu'est-ce que tu fous ? J't'ais pas dis de taper la causette, grogna Ericksen. Ça fait une demi heure qu'on poireaute pour nos bières. C'est pas compliqué d'apporter vingt choppes bon sang de foi !
Le métis se tassa, empoigna le lourd plateau et invita sa sœur à le suivre d'un regard, laissant au capitaine le temps de discuter librement avec la Poupée.
-Bonsoir très chère, ronronna l'homme. Ericksen pirate, quatre vingt un millions de berrys pour vous servir.
La rousse fit mine de ne pas l'avoir entendu avec un grand sourire fou sur les lèvres, laissant en plan le pirate humilié devant les autres. Cette fois c'était sûr, Caleb et Lauren allait recevoir la correction de leur vie pour le simple fait d'avoir discuté avec cette impertinente.
-J'ai dis bonsoir jeune Shichibukai… en ce début de soirée je ne peux que comparer votre chevelure chatoyante à l'orbe solaire en train de se coucher.
-Mille et uns mot doux pour séduire une femme d'Edmoun Sayler, lu naïvement la fille par-dessus l'épaule du capitaine avec un air crétin. Oh Hawkie-chan il avait ce bouquin dans sa bibliothèque, c'est Shanks-kun qui lui a offert qu'il m'a dit ! Coooool !
Le capitaine rangea précipitamment l'exemplaire du livre rose bonbon dans sa poche d'hakama, vexé comme un pou et humilié par les ricanements des pirates. Lauren rit aussi légèrement, un vrai rire que Caleb entendait aux dépens de leur haï géniteur.
-Je…
-Tu, il, nous…
Elle sauta ensuite sur ses pieds, à l'instant même où les battants en bois du box s'ouvrirent, comme à un signal donné. Ce ne fut pas une tripoté d'homme de main, ni encore moins le meilleur sabreur du monde au regard de faucon, mais ni plus ni moins qu'un élégant tigre deux fois plus gros que la normale à la robe pourprée de sang frai.
-Ericksen, si mon compagnon…
-Compagnon, patronne ratée ? Crève !
Certains hommes sursautèrent en entendant la voix aigre de l'animal, mais tous ne furent pas plus choqués que ça, ils étaient sur Grand Line après tout ! Une veine manqua d'éclater sur le front poupin d'Akira et elle bouda.
Soudainement, ça faisait beaucoup moins peur comme spectacle.
Vachement moins peur.
-Bref, je disais que Ericksen, si mon compagnon est ici, cela signifie que votre second est mort et que votre bateau est désormais à moi…
Il y eut un soudain silence tellement tendu qu'il était difficile de déterminer qui était le plus abasourdi, Caleb et Lauren par les propos crus envers leur père et capitaine, ou bien ce dernier qui prenait conscience de la portée des mots de the Doll.
-Mon second ? McCarrey, impossible… Je… de quel droit osez vous faire ça ?
-Tous simplement parce que je cherche votre équipage depuis quelques semaines déjà.
…
-Vous me traquiez ? s'effara le capitaine en voyant Queen Akira caresser l'encolure de l'énorme bête couverte possiblement du sang de McCarrey, possédant une prime de quarante neuf millions de berrys.
-Oui. La traque est finie.
La jeune femme disparu et réapparu si vite derrière Ericksen qu'il ne sentit pas le coup sur sa nuque venir avant de s'effondrer sur le sol rameutant maint et maint cris de la part de l'équipage de l'Intégral. Aussitôt, quand les hommes commencèrent à sortir les armes, Caleb empoigna sa petite sœur par l'épaule, lâchant le plateau de verre qui se fracassa au sol dans une cacophonie stridente et courut se cacher avec elle derrière le comptoir en compagnie d'un barman terrifié.
-Qu'est-ce qui se passe Nii-san ? chuchota la blonde terrorisée.
-J'sais pas, c'est pas bon ! Cache-toi et tais-toi.
-Heeey pas les armes, j'en ai pas ! Merde, un peu d'équité bande de blaireau !
Caleb ne put voir son visage dissimulé par sa cache, mais il ne douta pas une seconde que l'air poupin et innocent avait été remplacé par une mimique nettement moins pacifiste. Cependant, soudainement, il n'y eut plus aucun son, à part celui de lourdes masses tombant au sol. L'adolescent sentit en serrant sa sœur contre lui une vague d'énergie qui le contourna. Quand il leva la tête, seule Queen Akira se trouvait encore debout au milieu de la pièce. Que s'était-il passé ?
Comme si cela avait été un film horrifique savamment répété, la tête de la corsaire et celle du tigre pivotèrent vers lui et sa sœur. Trop glauque !
-Caleb et Lauren Ericksen…
Aussitôt le jeune garçon saisit sa cadette par le bras et la plaça derrière lui comme ultime protection.
-Je vous trouve enfin…
-Qu'est-ce que vous nous voulez, s'effara le jeune garçon. On a rien fait, j'vous l'jure !
-Il est très bavard patronne, ronronna le tigre ensanglanté d'un air ravi.
La rousse assena une tape sur le crâne poilu de ce dernier. Il grogna en lui mordant la main et il rapetissa pour atteindre la taille d'un chaton, et vu son air furieux, on devinait que ça ne l'enchantait pas. Vu le gabarit de l'animal, c'était un danger en moins. Lauren serra le vêtement de son frère en se retenant de crier. Cette vipère ne ferait pas de mal à sa petite sœur, jamais.
-Prenez moi, mais laissez ma sœur en dehors de ça, s'exhorta le garçon. Pourquoi vous nous cherchez ? On a rien fait de mal !
La rousse se détourna de lui après un ricanement nasal et s'approcha d'une des masses humaines au sol. Ericksen. Elle le saisit par le cou et traîna le corps lourd devant ses deux enfants terrifiés aussi simplement que s'il n'avait rien pesé.
-C'est votre père ?
-Oui ! On vous l'a déjà dis !
-Où se trouvent vos familles respectives ? Vos mères ? demanda la jeune femme.
-Elles… sont mortes, toutes les deux.
Caleb sentit à nouveau sa cadette se raccrocher à sa chemise comme à une bouée de sauvetage. La mort de Yelda n'était pas un sujet tendre pour lui, mais c'était encore pire pour Lauren qui s'était toujours renfermée pour aborder le sujet. L'heure n'était cependant pas à la douleur. La corsaire poussa un juron, s'appuya sur son arme pour cueillir dans le pli de sa botte une cigarette dans un paquet qu'elle alluma. Indifférente des personnes assommées autour d'elle, Akira cracha un long jet de fumée noire et toussa de façon trèèèès distinguée :
-On est bien partit… que vais-je faire de vous moi ? J'avais l'ordre de vous ramener chez vous…Plus qu'à aller au Centre. J'ai juste une dernière question à vous poser les mômes.
L'adolescent déglutit, sans comprendre le moins du monde ce qui se tramait sous son nez. Et voilà, alors qu'il avait promit à sa sœur qu'ils n'iraient pas à Impel Down, le chemin serait inévitable. La corsaire les livrerait. Il avait eu raison de se méfier. Tout était de sa faute, s'il ne lui avait pas parlé… Non… ce n'était pas sa faute, la foutue rousse les traquait… par divertissement personnel ? Ils n'auraient pas pu lui échapper. Alors qu'il avait promis à sa sœur de s'en sortir tous les deux, ils allaient plonger ensemble. Tout mais pas elle. Lauren ne méritait pas de croupir en prison !
-Une dernière question. Aimez-vous votre père ?
-Uh ?
D'un geste sec, la jeune femme saisit Ericksen qui commençait à reprendre conscience en ouvrant piteusement un œil après l'autre.
-Aimez vous cet homme ou le détestez vous ?
La réponse fusa, inébranlable de la bouche des deux enfants :
-Je le hais.
-Je vois… L'haïssez vous au point de le vouloir mort ? demanda la rousse d'une voix coupante.
Ericksen commença à s'agiter, l'air totalement alerte et conscient de l'enjeux de sa vie dans la discussion de la corsaire et de ses deux rejetons.
-Hey… Hey ! Petit, tu vas pas me laisser me faire tuer, hein ? J'suis ton père après tout, hein ?
Le regard de l'homme devint vite suppliant. Totalement dominé par une femme et à la merci des deux enfants qu'il avait torturé des années durant. La balance se renversait enfin… en sa défaveur.
-T'es pas mon père. Tu ne sais même pas nos noms.
-Bien sûr que je le sais, s'effara le capitaine de l'Intégral en suant à grosses gouttes. Toi t'es Caleb… et elle c'est… euh… Karen.
-Lauren, corrigea la fillette d'une voix d'outre tombe en adressant ce qui semblait être un regard suppliant à la rousse corsaire.
-Faites-en ce que vous voulez, répondit Caleb. Son sort ne m'intéresse pas.
Bien sûr, il n'avait jamais autant désiré la mort de quelqu'un. Combien de fois avait-il rêvé de vaincre son père, pour échapper à sa tyrannie, aux sévices à la soumission et la servitude qui était son quotidien depuis des années ? Tellement de fois ! Seulement… maintenant qu'on lui donnait le pouvoir de choisir, cela semblait de haut de ses treize ans, un choix cornélien. Qui était-il pour juger de vie ou de mort un autre ? La victime.
-Tu es sûr de ne pas regretter ton choix Cal'-chan ? questionna Queen Akira d'une voix blanche en reprenant le petit surnom sur un ton affectueux contrastant avec l'atmosphère actuelle.
Elle avait peur.
L'adolescent hocha la tête, la fillette n'osa pas jeter un regard vers son géniteur, en se cramponnant de toute ses forces à son aîné tandis que ce dernier observait impassible, la détresse et la terreur sans nom de leur bourreau lorsque le tigre reprit sa taille adulte pour le saisir par la cheville et l'emmener hors du bar.
-Arg ! Pitié ! Noooooon !
Après plusieurs maints cris et gloussement gutturaux de la part du félin on n'entendit plus d'autre bruit que celle de la respiration saccadée de la femme due à sa consommation abusive de nicotine.
-Il est mort ? demanda Lauren d'une toute petite voix, incertaine de vouloir connaître la réponse.
Réponse qui claqua comme un fouet :
-Oui.
La foutue rousse cracha un nouveau jet de fumée avant de lâcher placide :
-Maintenant, les mômes, vous n'avez que deux choix, rester ici ou sur cette île et passer un très mauvais quart d'heure quand vos potes se réveilleront…
D'un coup de botte négligeant The Doll poussa le corps avachit et assommé de Ruben qui roula sur le côté comme un pantin désarticulé et elle continua :
-…Ou alors, vous pouvez me suivre.
-Jusqu'à Impel Down, siffla Caleb. Jamais.
-Effectivement, jamais je ne livrerais des enfants à cette prison. J'ai bien mieux à faire bande de sales mioches ingrats ! Putain, je leur sauve les miches et ces sales gosse sont pas fichus de m'aimer un peu !
Gné ?
Queen Akira écrasa sa cigarette sur le comptoir où le barman livide assistait spectateur muet à l'échange. Elle lui sourit d'un air carnassier en tapotant légèrement son arme pendue, il manqua de s'évanouir et se cachant sous les barils de rhum.
Les deux enfants regardèrent la main tendue en déglutissant. Ils surent à l'instant ce qu'ils avaient choisit. Cependant, était-ce le bon choix et pas le plus dangereux qui soit ?
Remarques pas drôles de l'auteur :
Vous avez l'impression qu'il manque un chapitre, hein ? Avouez. Bah c'est pas faux, il manque le passage que vous vouliez le plus mais tout viendra en temps et en heure. Vous avez confiance ? Non, je sais, ça va être encore foireux mais bon, attendez vendredi pour la suite (je suis censée avoir encore un bac blanc de science mais bon "pani karburant en ti automobil la ! la vi-la dificil !"
Arg ! Oh non, Néa m'a piqué l'annonce des questions que tout le monde se pose (pas) ! Sadique :D
Mode sadique Néa on : C'est partit pour LES QUESTIONS QUE TOUT LE MONDE SE POSE (PAS)
Euh bah j'ai pas de questions... en fait voilà, faut en poser, sur tout et n'importe quoi ou alors votez pour me demandez ce que vous voulez à la place, ou alors votez ici. N'oubliez pas hein cinq cents review pour une surprise le neuf mars x)))))))) !
La chauve souris requin transgénique des mers des caraïbes !
