- C'est charmant comme maison de campagne, dis-je. Mais vous n'habitez pas là tout le temps ?
- Si, Lady, avoua notre cher Vlad. C'est mon manoir.
- Oh...
Je dois avouer que je n'avais pas l'habitude de si petits manoirs, chez eux, tout était rétréci par rapport à chez nous, aussi je pris sa maison pour une villa de campagne. Je me demande sincèrement si on pouvait vivre ici normalement tous les jours sans se marcher dessus les uns, les autres. Devant mon erreur, Tom eut un sourire moqueur pour son hôte, l'air de dire qu'il n'avait pas fini d'en baver avec moi. Je déteste que l'on me dévalorise, cela rend tout de suite les gens antipathiques pour moi. Or il n'avait pas était très aimable à mon encontre, même si j'en conviens, cela partait d'une bonne intention.
- Voulez-vous accepter mon invitation à rentrer dans le salon ? Je pense qu'il ne sera pas de taille pour vous, Lady, mais je me vante de la décoration.
- Très peu de choses me vont à merveille, et je doute en trouver ici. Mais nous acceptons bien volontiers votre demande... Vous avez sûrement un bon vin rouge français ? Le transplanage n'est pas un de mes transports préférés.
- Français, je ne sais pas, mais j'ai du vin, c'est sûr.
- Je ferais avec ce que vous me donnerez.
Il s'inclina devant moi, se retourna en marmottant et envoya quelqu'un chercher du vin. Il ouvrit deux grandes portes, qui donnèrent sur le salon, qui était élégamment décoré, il avait beau être petit, tous les meubles avaient été judicieusement placé, pour donné une classe et une présence à la pièce principale. Un grand siège noir était posé devant un feu rougeoyant, plusieurs canapé moins élégant que le fauteuil étaient répartis autour d'un tapis d'une grande finesse et plein de couleur, le feu se reflétait sur le rouge des murs, et quand notre hôte vit ma moue dégoûté, il s'excusa.
- J'ai appris que chez vous ce n'était pas les couleurs qui correspondaient aux Sang-Pur, mais au contraire, mais je vous assure qu'ici, ces couleurs sont les reines, tant que vous serez en Russie, ces couleurs imposeront le respect dans le monde magique.
- Merci pour ces précisions, cela m'aurait déplu que l'on me sous-estime...
Mon amoureux s'assit dans le seul fauteuil, qui donnait une vue sur toute la salle, mais je continuais de répugner les canapés rubis, aussi je m'asseyais sur les genoux de mon homme, m'appuyais sur son torse alors que ses mains se mirent à jouer avec mes mèches blondes. Une femme arriva avec un plateau, une carafe remplie d'un liquide rouge et trois verres en cristal, dont un plus ornementé que les autres, je me demandais alors à qui il était destiné, mon homme, pour son pouvoir, mon hôte, pour sa fierté, ou moi, pour mon pardon.
- Tu peux disposer, ordonnai-je à le femme qui apportait mon vin. Ne me regarde pas comme cela, ajoutai-je en me levant.
Ce pays commençait sérieusement à m'agacer à croire que j'étais plus faible qu'eux, s'il voulait des preuves, je serais ravie de leur en mettre sous le nez ! Mais avant d'avoir pu esquisser un geste, je sentis mes poumons avoir un spasme, et je me mis une fois encore à rejeter le sang en trop. Tom me tendit rapidement un mouchoir, et le porta à mes lèvres. Alors que la femme qui était là se jeta sur moi, surprise, je levais les mains pour me protéger et créais un mur de protection transparent, la servante s'écrasa dessus faisant découvrir des canines anormalement longues. Une vampire. Notre hôte se figea un instant mais prononça bientôt un sort, qui parut calmer la bête assoiffée de mon sang, et elle s'en alla, penaude.
- Vous me voyez désolé de ce petit incident, s'excusa-t-il. Je ne savais que votre femme souffrait d'une maladie qui pouvait lui être autrement dangereuse. Je veillerai à choisir correctement mes serviteurs la prochaine fois que vous viendrez.
- Je veux la mort de cette femme, ordonna simplement Tom. Si elle s'était aussi sauvagement attaquée à moi, c'est ce qui lui aurait été promis, et ma femme à droit aux même traitements que moi. Je veux voir cette bête mourir.
- Tom, dis-je après que ma crise fut passée. Laisse donc cette vampire tranquille, je serais même heureuse de faire sa connaissance, ces êtres ont toujours attirés ma curiosité par leur mystère. Disons que pour te faire pardonner, je veux cette vampire sous mon commandement. Donne-la moi, Vlad, et tout te sera pardonner.
- Je vous l'offre de bon coeur, si c'est là ce que vous voulez.
- Elle sera dangereuse pour toi, ma reine, tu es sûre ? Je ne veux pas avoir à la tuer quand tu te seras attachée à elle.
- Je saurais gérer, fais-moi confiance, mon roi. Je suis sûre que nous allons bien nous entendre, de plus elle est magnifique, j'en ferais peut-être une Amazone, quand elle saura contrôler sa soif.
- Elle sera un bon élément, il est vrai. En parlant de serviteurs, où sont mes Mangemorts ?
- Mes hommes les ont emmenés dans leurs quartiers, ils seront traités comme il se doit.
- Je veux que celle qui répond au nom de Pansy nous rejoigne, elle est plus hautement gradée que les autres.
Il se plia une fois encore à mon souhait et envoya un homme chercher Pansy, et un autre chercher notre vampire, sous ma demande. Ce fut ma meilleure amie qui débarqua en première, je le voyais bien, irritée. Elle marmonnait des mots du genre "crétins" ou " rustres" ou encore "idiot" et je compris qu'elle avait goûté aux manières russes, je lui lançais alors un sourire compréhensif qui parut la calmer, et son attention se porta sur notre hôte, elle parut apprécier la vue, car elle eut un sourire hautain. Puis suivie le retour de la vampire. Elle était brune flamboyante, ses cheveux en bataille montrait qu'elle s'était débattue, par peur des représailles. Ses yeux verts me vrillèrent d'un regard farouche, alors que sa peau pâle se détendit, comprenant que tout était perdu.
- Comment t'appelles-tu, jeune fille ?
- Je suis plus âgée que vous, murmura-t-elle. Vous ne devez pas avoir plus de 18 ans, j'en ai 24.
- Tu es jeune, même pour une humaine telle que moi. Mais es-tu sans nom ?
- Mes parents m'ont nommé Cerys.
- Depuis combien de temps es-tu une créature de la nuit ?
- 5 années longues comme une nuit, Lady. Mais peut-être aujourd'hui m'offrirait vous le repos.
- Non, je ne peux. Je te veux, petite vampire, dans mon camp, dans celui des Amazones, tu n'auras à obéir à aucun ordre à part les miens. Ton Maître vient de t'offrir à moi, en es-tu déçue ?
- Je pense qu'il ne peut y avoir pire maître que le mien, aussi, vous serez toujours plus douce que lui.
Je fronçais les sourcils, fusillais du regard mon hôte et décidais d'élucider ce mystère plus tard. Je demandai avec l'accord de mon chéri qu'elle soit emmenée dans notre chambre, et lui demandai d'y rester tranquillement, pour attendre mon retour, après le repas, elle accepta, soulagée de n'avoir aucune punition. Je n'aimais pas ce comportement, les vampires sont réputés pour être sauvage et ne plier devant rien, mais celle-ci était brisée, elle avait du vivre des souffrances atroces pour être aussi docile, pourtant le peuple des buveurs de sang avait toujours était de notre côté, que justifiait ce traitement envers eux ?
Je retournais m'asseoir sur les genoux de mon mari, et regardait suspicieusement le vin.
- Puis-je le boire sans avoir peur pour mon âme ?
- Vous avez encore une âme ? Cela est rare pour quelqu'un du côté des Ténèbres.
- Je ne suis pas quelqu'un. Répondez.
- Oui, vous pouvez, c'est du vin, pas du sang, je suis moi-même humain, pas une de ces immondes chimères.
- Je vous trouve pire qu'elle, Vlad. Je les préfère à vous.
Il frémit sous l'insulte mais ne répondit pas. Nous passâmes un repas tranquille, je m'adressais essentiellement à Pansy ou Tom, mais notre hôte n'entendit plus une parole de ma part. Quand le repas fut fini, je me levai et pris congé de tout le monde, j'embrassai lentement mon amoureux, serrai l'épaule de Pansy, qui fut congédiée, les hommes devaient parler affaires. Quand je fus hors de la salle, je me mis à courir jusqu'à ma chambre, pressée de parler avec ma nouvelle recrue, que je trouvais en rentrant dans mon quartier debout droite comme un I.
- Tu aurais pu t'asseoir, tu sais.
- Je n'aurais pas osée. Pourquoi avez-vous couru ? Cette question n'est pas indiscrète ?
- Depuis quand cela gêne les vampires de poser des questions indiscrètes ? J'ai couru car je voulais te voir, pour te poser des questions auxquelles j'aimerai que tu me donne une réponse franche.
- Je ferais de mon mieux.
- Bien.
Et s'ensuivit une longue discution qui coûta beaucoup à ma nouvelle protégée, elle parlait avec cynisme qui ne correspondait pas à une personne de son âge, elle se moquait d'elle-même et parlait comme si tout ce qui lui arrivait était de sa faute, or rien ne l'était. Le Mage Noir de Russie avant simplement vouait une haine absolue à l'égard des vampires, pour leur beauté surnaturelle, et leur pouvoir qui dépassaient l'entendement humain. Aussi, il essaya de les briser, de les détruire et d'en faire de nouveaux elfes de maisons, il avait rabâché depuis la transformation de Cerys qu'elle ne valait rien, même pas plus que son chien, alors Cerys s'était inclinée, ne pouvant le contredire,ignorant tout de ces nouveaux pouvoirs.
- Tu ne sais rien de ta puissance, petite vampire ?
- Les vampires ne valent rien, répliqua-t-elle hésitante.
- Vous êtes tellement plus fort que nous... Ignorer cette chose est une erreur grossière, il vous a maltraités, et aucun de vous n'a répondu. N'y a-t-il pas de vieux vampires ? Qui se souvenaient de l'autre temps ?
- Après avoir tué quelques uns, les autres se sont cachés, et ils font de petites actions contre le Lord, telle une écharde qui s'infecte.
- J'en parlerais à Tom, il est temps que cela cesse.
- J'ai tous les droits ?
- Pas tout à fait, mais tu en as plein... Pourquoi ?
- Je voudrais savoir qui est l'homme qui vous a protéger quand j'ai senti votre sang. Il s'est interposé entre vous et moi, de manière naturelle, alors que rien n'arrête un vampire assoiffé. Est-il ignorant ? Il me semblait pourtant avoir entendu son nom, réputé chez nous. Lord Voldemort.
- C'est lui, je suis sa femme, aussi nous somme très attaché l'un à l'autre, et chacun se moque de sa survie si l'autre périt.
- C'est une faiblesse, déclara-t-elle.
- Oui, si l'autre personne est faible. Mais nous somme à nous deux invincibles. C'est pour cela que tu n'as pas pu me mordre.
Elle me regarda, étonnée. Elle ne devait pas avoir l'habitude que quelqu'un lui réponde aussi franchement. Cette humiliation des vampires allait devoir cesser, je ne la supporterait pas plus longtemps. Vlad allait voir ce que valait une femme en colère. Il allait être étonné.
De toutes façons, il n'avait pas le choix.
Qu'il surveille ses arrières, Lady Voldemort veut sa mort.
