Chapitre 23 :

Lorsqu'elle ouvrit les yeux le lendemain, Hermione se sentit encore plus fatiguée que la veille. Elle devait son état au blond nu qui dormait sagement à côté d'elle, allongé sur le ventre, des mèches de cheveux lui tombant devant les yeux. A peine avaient-ils quittés la Grande Salle qu'il s'était jeté sur elle. Ils avaient eu les plus grandes peines du monde à atteindre leurs appartements mais n'étaient pas allé plus loin que le salon. Comment un seul homme pouvait avoir un tel appétit sexuel et surtout où allait-il puiser de telles ressources d'énergie ? Loin d'elle l'idée de se plaindre, elle était juste stupéfaite. Elle décida de profiter que son petit ami dorme encore pour aller se doucher.

Le contact de l'eau chaude sur ses muscles tendus suite aux « exercices » de la nuit précédente lui provoqua des frissons de bien être à la jeune fille qui soupira de bien-être. Elle laissa son esprit vagabonder où bon lui plaisait, ne se concentrant que sur l'instant de détente présent. Mais la pause ne fut que de courte durée. Elle ne tarda pas à sentir une présence dernière elle.

– Ça ne te déranges pas que je profite également de la douche, Amour ? lui susurra-t-il à l'oreille d'une voix tellement sensuelle qu'Hermione en frémit. Elle ne l'avouerait pas, mais elle adorait la façon langoureuse dont il prononçait ce nouveau surnom : Amour…

– Aucun problème.

Drago tendit le bras devant elle pour se saisir de son gel douche. Elle devinait son corps proche du sien sans vraiment le sentir et cette anticipation la rendait folle. Sans qu'il lui demande son avis, il commença à la savonner avec son propre gel douche. Il étala le savon sur le corps de la préfète-en-chef et en profita pour lui caresser les seins et les fesses. Toujours dos à lui, la respiration d'Hermione s'accéléra considérablement. Drago l'embrassa dans le cou tout en continuant ses caresses sur ses seins qu'il avait saisis à pleines mains et en pinçant légèrement ses tétons dressés par le plaisir.

Inconsciemment, Hermione se mit à onduler des hanches sensuellement en se plaquant contre lui. Elle pouvait sentir son sexe durci par une puissante érection contre ses fesses. La main droite du Serpentard quitta l'un de ses seins pour descendre vers le ventre de la jeune fille puis vers son centre de plaisir. Il débuta de nouvelles caresses et la sentit vibrer de plaisir et d'excitation contre lui. Il entreprit de faire de petits mouvements avec son sexe contre ses fesses rebondies. Il introduisit son majeur dans son vagin et la stimula de l'intérieur lui donnant envie de plus. Hermione émettait des jappements étouffés par le bruit de la douche pour l'inciter à aller plus profondément, ce qu'il fit. Tout en continuant ses caresses, il l'embrassa dans le cou. Il continua ses va-et-vient avec son doigt et sentit qu'elle n'allait pas tarder à venir. Il alla encore un peu plus loin avec son majeur en faisant des petits ronds à l'intérieur du vagin de sa petite amie.

– Je… vais venir, Malefoy…

Son orgasme fut si fort qu'il dut la retenir pour ne pas qu'elle tombe. Elle posa une main sur le mur qui lui faisait face pour reprendre contenance. Quand elle se sentit de nouveau maîtresse d'elle-même, elle se retourna et l'embrassa langoureusement. Faisant passer dans son baiser sa reconnaissance pour ce moment de pur plaisir et son intention de lui rendre la pareille. Mais le blond semblait en avoir décidé autrement. Il la plaqua dos au mur et la prit dans ses bras, la faisant croiser les jambes autour de sa taille. Surprise, Hermione rompit le baiser pour l'observer.

– Plus tard, Granger. Là j'ai terriblement envie de toi et je compte bien te prendre immédiatement contre ce mur, que tu le veuilles ou non.

Hermione ne se le fit pas dire deux fois et l'embrassa de nouveau, caressant sa langue de la sienne. Ils ne rompirent leur baiser que lorsque Drago fut en Hermione et qu'elle poussa une exclamation de plaisir. Le blond ne perdit pas de temps et s'activa, allant toujours plus loin, toujours plus fort. Devant une telle ardeur, Hermione s'accrocha d'une main au pommeau de douche et à Drago de l'autre. Le plaisir monta rapidement et le Serpentard plongea sa tête dans le cou de son amante pour tenter d'étouffer ses grondements de plaisir. Il la tenait si fermement qu'il était presque sûr qu'elle garderait la trace de ses doigts sur son corps. Lorsqu'il sentit Hermione renverser la tête en arrière ainsi que les tremblements symptomatiques d'une délivrance proche, il augmenta le rythme pour la dernière ligne droite. Les effets furent rapides : Hermione jouit autour de lui et il se permit de se laisser aller à son tour en mordant la peau douce qui lui était offerte.

Ils restèrent un moment sous le jet d'eau qui paraissait désormais froid. Avec précaution, il reposa la jeune fille au sol et planta son regard dans le sien. En voyant ses pupilles complètement dilatées par le plaisir, il lui adressa un sourire un coin.

– Merci pour la douche.

Et sans plus de cérémonie, sortit en attrapant une serviette.

Ce mec aura ma peau, pensa la jeune fille en soupirant.

Il était encore tôt pour un matin de vacances, aussi Hermione ne croisa-t-elle que peu de monde au petit déjeuner. Cela ne les empêcha pas de la dévisager et de chuchoter sur son passage mais elle s'y attendait. On ne peut pas sortir du jour au lendemain avec celui qui était notre pire ennemi sans que ça fasse quelques remous. Surtout lorsqu'il s'agissait de Drago Malefoy. En sortant de la Grande Salle, elle eut la désagréable surprise de tomber sur une Astoria visiblement remontée.

– Je te préviens tout de suite, Granger, tu ferais mieux de ne pas t'approcher de Drago. Il est à moi !

– Tu ne crois pas qu'il est un peu tard pour ça ? s'amusa la préfète-en-chef.

– Je ne rigole pas, Sang-de-bourbe ! Je ne sais pas ce que tu lui as fait pour qu'il s'intéresse à toi mais arrête tout de suite ou tu le regretteras ! la menaça la Serpentard.

– Ce sont des menaces ? demanda Hermione, qui ne rigolait plus. On sait très bien toutes les deux que tu es pitoyable en sortilège et que je pourrais te mettre à terre en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, alors surveille tes paroles !

– Ma pauvre Granger, tu ne comprends donc pas ? sourit Astoria. Drago n'en a rien à faire de toi. Pour le moment, et je ne sais pour quelle raison, tu lui es utile. Mais dès que ce ne sera plus le cas, je ne donne pas cher de toi. N'oublie pas qui il est.

Elle ponctua sa phrase d'un regard explicite et reprit la direction de la Grande Salle. Hermione soupira de dépit lorsqu'elle fut rejointe par Blaise.

– Salut, Princesse ! Qu'est-ce qu'elle te voulait, Astoria ?

– Devine, répondit-elle en prenant la direction de ses appartements, Blaise à ses côtés. Me menacer, bien évidemment. Je savais que cette histoire avec Malefoy allait faire du bruit, mais je pensais au moins être tranquille durant la fin des vacances !

Blaise rit devant son air déçu et la prit par les épaules.

– En parlant de Drago, je ne comprends pas pourquoi tu continues de l'appeler par son nom… Enfin bref ! Maintenant que vous êtes réellement et officiellement ensemble, je pense que tu devrais lui raconter toute ton histoire.

Devant l'air franchement pas convaincu de son amie, il s'empressa de se justifier.

– Il finira de toute façon par l'apprendre. Et malgré les apparences, il est compréhensif. Tu ne risques rien à condition de lui dire. Il le prendra mieux si c'est toi qui lui dis.

– Dire quoi à qui ?

Hermione et Blaise sursautèrent. Ils venaient de franchir le portrait gardant les appartements préfectoraux et n'avaient pas remarqué que Drago et Pansy étaient déjà là. Blaise coula un regard vers Hermione qui s'était raidie.

– Alors ? insista Drago, qui n'aimait pas être tenu à l'écart.

Hermione soupira en signe de reddition. Blaise avait raison : Drago avait fait un pas vers elle en acceptant de sortir avec elle, c'était à son tour d'en faire un en lui disant la vérité. Elle fit un signe de tête aux trois Serpentard pour qu'ils prennent place sur le canapé tandis qu'elle s'asseyait sur un fauteuil leur faisant face.

– Il est temps que je vous raconte mon histoire. Mais je refuse d'être interrompue, même si vous pensez savoir déjà certaines choses. C'est déjà assez pénible comme ça. On est d'accord ?

Ils hochèrent la tête et Hermione inspira un grand coup pour se donner du courage avant de se lancer, les yeux rivés sur les flammes.

– Bon, très bien. Pour tout comprendre, il est nécessaire de remonter à notre quatrième année, lors du tournoi des trois sorciers. Comme vous l'avez deviné, Cédric n'est pas mort, mais a été blessé par Pettigrow. Mais comme il avait été témoin du retour de Voldemort – les Serpentard grimacèrent – Dumbledore et l'Ordre ont préféré le faire passer pour mort par sécurité. Il a passé l'été au QG de l'Ordre avec Potter, Weasley et moi. Dès qu'il a compris de quoi il en retournait, Cédric a rejoint l'Ordre et est parti en mission en France à la fin de l'été.

« Je n'avais plus de nouvelles de lui jusqu'à ce qu'il revienne l'année dernière. Pendant ce temps, Dumbledore a entrepris de révéler certaines choses à Potter. Sentant que la bataille finale approchait, Dumbledore a préféré le faire revenir. Après vous savez comment ça s'est passé : nous nous sommes mis ensemble. Ce que vous ignorez, c'est que lors de ses absences, Cédric n'allait pas à l'hôpital mais en mission pour le compte de l'Ordre. C'était une situation très difficile à gérer pour nous mais après quelques disputes et explications houleuses, j'ai compris qu'il faisait ça pour nous, pour notre avenir qu'il voyait commun…

Hermione déglutit difficilement et s'interdit de regarder vers Drago dont elle sentait le regard brûlant sur elle.

– Les choses se sont plus ou moins calmées jusqu'au soir de la bataille. J'étais dans sa chambre lorsque nous avons entendus une détonation. Nous sommes allés voir et avons repérés les Mangemorts. Je suis allée chercher de l'aide pendant que Cédric allait prêter main forte aux professeurs. Je ne l'ai pas revu durant toute la durée du combat. Je ne l'ai retrouvé qu'au moment où Dumbledore et Potter revenaient. Ce cher directeur semblait faible et protégeait Potter du mieux qu'il pouvait. Mais il n'avait pas vu qu'un Mangemort le menaçait lui, Cédric si. Il s'est jeté devant lui et a reçu le sort à sa place et est mort devant moi. Je ne me souviens que vaguement de la suite.

La préfète-en-chef avait une boule qui obstruait sa gorge. Même après tout ce temps, il était encore difficile pour elle de parler de ça. Elle se recala dans le fauteuil et se racla la gorge.

– Suite à ces événements, j'ai été légèrement à la masse. Pas la peine que je vous le dise, vous m'avez vue. Ce que vous ne savez pas, c'est que quoi que disent ou fassent mes amis, ça ne changeait rien à ma dépression. Le seul qui m'ait fait réagir, c'est le professeur Booth. Il a été d'une aide précieuse et m'a aidé à reprendre le dessus. Il me soutenait et me comprenait mieux que les autres n'en étaient capables. Nous avons développé une sorte de complicité basée sur ma souffrance et ma détresse. Ce n'est que le dernier jour des cours que j'ai eu la révélation que le responsable de l'entrée des Mangemorts dans l'école était Malefoy, que j'avais soupçonné toute l'année sans pour autant être capable de l'arrêter. Puis nous sommes partis en vacances. Les vacances les plus improbables de ma vie et que j'ai malgré tout beaucoup apprécié et en garde de très bon souvenirs. Sans compter que c'est grâce à ces vacances que je me suis rapprochée de Blaise.

Ils se sourirent, complices. Mais Hermione perdit rapidement son sourire en pensant à la suite.

– C'est là que les choses ont déraillé. Quand je suis rentrée chez moi, au lieu de retrouver mes parents heureux et bien portants, j'ai trouvé deux cadavres affreusement mutilés et en décomposition ainsi que deux lettres. J'ai immédiatement averti l'Ordre et ceux que je considérais comme mes meilleurs amis. Je n'ai jamais reçu ni réponse, ni aide. La majorité n'étant qu'à 18ans chez les moldus, je n'avais pas le droit de toucher mon héritage et ai été obligée de travailler pour avoir de quoi survivre. Ce n'est que plusieurs jours plus tard que je me suis souvenue des lettres que je n'avais pas encore ouvertes.

« En les lisant, j'ai découvert que mes parents avaient été enlevés par les Mangemorts pour procéder à un échange : Maxwell Harris, dont le fils était mourant, contre mes parents. Mais comme l'Ordre n'a jamais protégé mes parents comme ils me l'avaient promis, ils ne l'ont jamais su. La deuxième lettre expliquait que les Mangemorts avaient infligé à mon père les mêmes choses que l'Ordre avait fait à Maxwell à la coupure près, ma mère étant morte de chagrin. C'est là que j'ai appris que Maxwell Harris avait été torturé à mort par Harry Potter, le héros du monde sorcier. A ce moment-là, je me suis juré de leur fait regretter de s'être moqué de moi et de m'avoir prise pour quantité négligeable.

La voix d'Hermione s'était faite hargneuse et elle ne remarqua pas l'air choqué et attristé de Pansy, toute à son histoire.

– Je suis donc arrivée ici plus motivée que jamais à me venger d'Harry Potter, Dumbledore et l'Ordre du Phénix en général. Mais pour cela, et je le savais, je devais gagner en puissance aussi bien physique que magique. Et oui, être la Miss-Je-Sais-Tout par excellence ne fait pas tout ! Et pour être honnête, si je maîtrisais relativement bien la magie blanche, je ne connaissais absolument rien à la magie noire. Et comment acquérir la puissance nécessaire à ma vengeance en étant à ce point inculte ? J'ai donc entrepris des recherches sur la magie noire dans la réserve où j'ai appris énormément de choses. Mais la théorie n'était pas suffisante et je me suis mise à la pratique quotidienne. Dans la salle sur demande, je me suis entraînée à lancer mais aussi à recevoir des sors de magie noire…

– Recevoir ? ne put s'empêcher de l'interrompre Pansy, pas sûre de bien comprendre.

– Eh bien j'ai développé une théorie sur le Doloris. On est d'accord que c'est un sort de torture qui inflige une telle souffrance qu'on peut en devenir fou. Et il est possible de succomber à une douleur trop forte, le corps ne pouvant en supporter plus, finit par lâcher. Or, personne n'est jamais mort du Doloris. Jamais. J'en ai déduit que le Doloris ne provoque pas une douleur, mais envoie au cerveau une sensation de douleur qui n'existe pas, qui le transmet à son tour au corps. Une personne suffisamment entraînée pourrait donc bloquer cette information et verrouiller son cerveau comme avec l'Occlumentie. C'est ce que je me suis entraînée à faire depuis la rentrée : j'ensorcèle un mannequin pour qu'il me lance le Doloris. Et après plusieurs mois d'entraînement et un certains nombres de bleus et autres blessures que vous avez pu remarquer, je suis aujourd'hui capable de résister à un Doloris tout aussi bien que de lancer certains sorts de magie noire.

Elle osa enfin les regarder et chacun avait une expression différente : Blaise un petit sourire fier, Pansy était bouche-bée alors que Drago avait les sourcils froncés. Ils ne s'attendaient visiblement à ce qu'elle se soit infligé ça de son plein gré et en toute connaissance de cause.

– Mais, poursuivit-elle dans sa lancée, savoir maîtriser de tels sorts ne me servait pas à grand-chose si je n'avais pas d'informations susceptibles de m'aider dans mon projet de destruction de l'Ordre et de tous ses membres. Et il était bien entendu hors de question d'aller voir les deux autres imbéciles qui prétendaient être mes meilleurs amis. Je me suis donc tournée vers une personne qui, je le savais, serait toujours prête à m'aider : John Booth. Et pour la première fois, j'ai manipulé quelqu'un. Je lui ai fait croire que je tenais toujours autant à Harry et Ron et soutenais l'Ordre, mais que suite à la disparition tragique de mes parents, je ne me sentais pas la force d'aller vers eux. Il m'a donc naturellement proposé de me tenir au courant de ce qu'il se passait sans pour autant parler de moi à l'Ordre. C'est lui qui m'a appris que Potter avait entrepris de filer Malefoy, amenant un nouveau problème : la cape d'invisibilité. Jusque-là, tout allait bien. Je m'étais même encore plus rapprochée de Blaise, et même de Pansy. Le seul qui semblait sceptique, c'est Rogue et toi, Malefoy, évidemment. Vous devez certainement vous souvenir de mon petit « désaccord » avec Rogue. Eh bien lorsque j'ai été convoquée dans le bureau directorial, j'ai une fois de plus usé de la manipulation et de la séduction. J'ai pleuré en expliquant que ma réaction ô combien excessive et inappropriée était due à la mention de mes parents morts et au traumatisme lié à leur violente disparition. J'ai donc récolté un mois de retenue, finalement encadrée par John après une manipulation de ma part.

Drago tiqua à l'emploi du prénom de leur professeur et n'aimait pas la tournure que prenaient les événements.

– Durant ce mois de retenue, John m'a entraîné au corps à corps ce qui explique qu'aujourd'hui je me débrouille aussi bien. Mais il ne comprenait pas pourquoi je passais du temps avec Blaise et Pansy, dont les parents sont des Mangemorts reconnus et eux-mêmes des Mangemorts en devenir. Je lui ai donc fait croire que j'y étais contrainte, que vous m'y forciez. Que désormais, sans la protection de Ron et Harry, j'étais plus fragile. Que j'étais terrorisée par vous et ce que vous pourriez me faire si jamais je refusais. Je lui ai expliqué que j'étais presque sûre que vous faisiez ça pour essayer d'en apprendre plus sur l'Ordre mais qu'il ne fallait surtout pas réagir, sinon vous risquiez de me tuer ou pire.

Hermione ne put retenir un petit rire en y repensant.

– John et moi nous sommes donc énormément rapprochés, partageant un secret bidon, mon secret. Une chose en entraînant une autre, nous sommes devenus plus intimes…

– Intimes, hein ? cracha Drago. Quand ?

Hermione soupira en fermant les yeux. Voilà la partie de l'histoire qu'elle aurait préféré éviter de raconter.

– Nous avons commencé à coucher ensemble courant octobre, jusqu'à il y a quelques semaines. Mais durant la soirée détente du mois d'Octobre, Blaise nous a entendu discuter et évidemment en a tiré de mauvaises conclusions.

– Le fameux soir où vous étiez introuvables ? l'interrogea Pansy.

– C'est exactement ça. J'étais au pied du mur. J'ai donc décidé de tout révéler à Blaise qui a immédiatement accepté de m'aider et me soutenir. Dès que John n'était pas loin, Blaise était plus froid pour qu'il reste crédible dans son rôle de méchant Serpentard me malmenant. Il m'obligeait également à faire des pauses dans mes recherches et entraînements. Sans lui, je pense que je n'en aurais pas vu le bout. C'est également grâce à lui que j'ai réussi à résoudre le problème de l'invisibilité de Potter.

Hermione fit une pause pour s'assurer qu'ils étaient attentifs et effectivement, Drago s'était redressé tandis que Blaise l'écoutait attentivement. Pansy semblait quant à elle perplexe.

– Je ne sais pas si tu le sais, Pansy, mais Potter possède une cape d'invisibilité qui est imperméable à toute sorte de magie. Ainsi, lorsqu'il est dissimulé dessous, il n'y a aucun moyen de le repérer. Jusqu'à aujourd'hui. Blaise m'a fait une réflexion sur un objet moldu : des lunettes thermiques qui permettent de détecter la chaleur émise par un objet. Seulement ce genre d'objet est interdit dans l'enceinte de l'établissement mais s'avère surtout être peu discret. J'ai donc recherché un moyen de pouvoir bénéficier de telles propriétés, car la cape d'invisibilité ne dissimule pas la température corporelle émise par son propriétaire. C'est en cours de métamorphose que j'ai trouvé la clé et j'y ai travaillé pendant plusieurs jours. C'est ce sur quoi je travaillais lorsque les garçons sont revenus. J'ai fait des recherches et j'ai découvert qu'il existe une sorte de créature magique qui a la capacité de distinguer ce qui l'entoure selon sa température mais qui possède également une très bonne ouïe. Ce sont les dragons.

Hermione eut toutes peines du monde à ne pas rougir. Encore les dragons, à croire que cela la poursuivait…

– J'ai donc créé un dérivé du sort de métamorphose basique que nous avons appris en cours. Celui-ci permet de distinguer le rayonnement thermique d'une personne, soit la chaleur qu'il dégage, ainsi qu'une acuité auditive amplifiée. Grâce à ce sort, il sera désormais possible de voir mais aussi d'entendre Potter ou n'importe qui de dissimulé sous une cape d'invisibilité, un sort de dissimulation ou toute autre chose. Je l'ai testé hier après-midi et il fonctionne à la perfection. Grâce à ce sort et aux renseignements de Dobby, nous saurons désormais tous des déplacements de Potter.

– Les renseignements de qui ? demanda Pansy.

– Ah oui, j'ai oublié de parler de ce point. Vous l'avez peut-être remarqué, mais ce cher élu est très souvent absent, et en même temps que Dumbledore qui plus est. Mais il n'a pas trente-six milles solutions pour sortir du château sans être vu : il fait appel à un elfe de maison qui le conduit à Pré-au-Lard. Et cet elfe est Dobby, l'ancien elfe de maison des Malefoy. Il se trouve qu'il m'apprécie. Je lui ai expliqué préparer une surprise pour «mon meilleur ami» afin qu'il accepte de me tenir au courant de ses allées et venues hors du château. Ainsi je sais quand l'école est débarrassée du directeur et de son chouchou.

– C'est brillant, Princesse ! la félicita Blaise, euphorique. Je savais que tu étais douée mais là… Pouah ! Je suis bluffé !

Pansy acquiesça d'un signe de tête et Hermione les remercia d'un sourire. Elle était fière d'en avoir terminé et d'avoir vidé son sac. Elle se sentait libérée d'un poids. Cependant Drago n'avait encore rien dit et elle savait parfaitement qu'il y a certaines révélations qu'il n'arrivait pas à digérer. Blaise sembla remarquer la tension qui émanait de son meilleur ami et tenta de l'apaiser.

– Sur ce coup, on lui en doit une bonne à notre Hermione ! Pas vrai, Dray ?

– Certainement, se contenta-t-il de répondre d'une voix neutre, son regard fixé sur Hermione.

– On va vous laisser, proposa Pansy qui sentait qu'il était temps pour eux d'avoir une discussion en privé. On se voit plus tard.

Sans tarder, elle s'élança vers la sortie, entraînant Blaise à sa suite. Le silence suivit leur départ : lourd, pesant et tendu. Le rythme cardiaque d'Hermione s'emballa, l'attente était pire que tout et Drago le savait parfaitement. Il était l'une des rares personnes à lui faire perdre ses moyens de cette façon. Et finalement la question claqua tel un coup de fouet.

– Ce n'était pas MgLaggen mais Booth, n'est-ce pas ?

– Oui, se contenta de répondre Hermione d'une petite voix.

– Quand y as-tu mis fin ?

– Lorsque notre relation est devenue exclusive.

– Tu continuais de coucher avec lui ?!

– Pas vraiment…

– Mais vous étiez intime ! Drago cracha le dernier mot en se levant brusquement.

Hermione ne prit pas la peine d'ajouter autre chose. Elle savait qu'il n'apprécierait pas, mais ce n'est pas comme si elle l'avait trompé !

– J'y crois pas ! s'exclama Drago qui avait commencé à arpenter le salon.

– Oh, c'est bon ! finit par s'énerver Hermione. Tu ne vas pas me faire la morale ! Pas toi, Drago Malefoy le coureur de ces dames !

– Je suis peut-être un coureur comme tu dis, mais moi je n'ai jamais échangé mon corps contre des informations ! Je couchais avec des filles par plaisir, pas pour ce que je pouvais en retirer ! Je ne suis pas…

– Pas quoi ?

– Pas une pute !

Cette fois ce fut au tour d'Hermione de se lever d'un bond. Elle avait pris l'insulte en pleine face, une claque lui aurait été moins douloureuse.

– Comment oses-tu dire une telle chose ? Tu penses vraiment que j'ai couché avec John par intérêt ? Que je couche avec toi par intérêt ?

– Peut-être bien ! Tu l'as dit toi-même : tu es passée maître dans l'art de la manipulation ! Peut-être qu'en fait tu travailles toujours pour l'Ordre et que tu te sers du sexe pour te rapprocher de moi et en apprendre plus ! En fait tu n'es qu'une salope qui offre son corps au plus offrant !

La respiration d'Hermione se coupa. Comment pouvait-il lui dire de telles atrocités alors qu'il y a quelques heures de ça, ils faisaient l'amour passionnément sous la douche ? A la réflexion, ils ne faisaient pas l'amour, ils couchaient ensembles. La différence était énorme : il n'y avait jamais eu d'amour entre eux. Malgré ça, elle se sentait trahie et salie par ces paroles et ne sentit pas le coup partir. Ce n'est que quand elle vit le jeune homme à genoux, les mains sur ses parties génitales en grognant de douleur qu'elle réalisa son geste.

– Tu n'es qu'un pauvre connard, Malefoy ! J'ai fait l'amour avec John Booth parce qu'il me plaisait et qu'il m'apportait le réconfort et la tendresse que tu étais incapable de me donner, pas pour une histoire de renseignements. Il voyait en moi la fille innocente que je ne suis plus à cause de cette foutue Guerre ! Quant à ce truc entre nous, je te rappelle que c'est toi qui l'as proposé, toi qui voulais que ça devienne exclusif. Et si j'avais vraiment voulu me servir de toi, je n'aurais jamais partagé toutes mes informations avec toi. Mais tu es bien trop égocentrique pour t'en rendre compte !

– Pfff, ricana Drago toujours à genoux mais refusant de se laisser démonter, c'est peut-être un stratagème pour me duper. Mais sache une chose : je n'ai pas confiance en toi, espèce de sale Sang-de-bourbe !

Hermione ne put retenir une larme de couler le long de sa joue et venir s'échouer sur ses lèvres avant de s'enfuir dans le parc.