Note : Coucou tout le monde et bonne année à tous ! Meilleurs voeux pour l'année 2013 qui s'annonce !
De mon côté je poste en coup de vent avant de retourner bosser mes partiels. Long chapitre sur lequel j'ai bloqué pendant longtemps avant de trouver enfin une idée satisfaisante. Bonne lecture à tous !
Personnage : Turbin
Instant 52 : Joyau
Il y en avait plein, des boutiques de bijoux, alors pour trouver celui qui irait à son cou ce serait compliqué. La tâche était d'autant plus ardue qu'il n'avait plus beaucoup de temps avant l'anniversaire de sa dulcinée et qu'il voulait être celui qu'elle remarquerait, celui qu'elle aimerait. Il voulait que son cadeau fasse briller ses magnifiques yeux vert émeraude et que tous ses autres prétendants arrêtent enfin de lui tourner autour, de leur tourner autour.
Et puis il eut une illumination, il lui fallait un joyau de couleur verte. Un magnifique vert assorti à ses yeux, ses cheveux et ses tenues, mais avec une superbe chaîne en or qui brillerait sur sa peau de princesse. Oui un joyau vert serait parfait, ne lui restait plus qu'à réussir à en trouver un parmi toutes ces boutiques et tous ces colliers qui s'entassaient dans les vitrines, tous plus rutilants les uns que les autres mais chacun sans aucun éclat. Il lui fallait le plus beau des bijoux, pas une simple bricole venant du monde ordinaire.
Le seul souci qu'il risquait d'avoir été le prix mais il avait déjà prévu de voler son offrande. Depuis des années qu'il suivait le Seigneur Hao il n'avait jamais acheté quoique ce soit, excepté aux Paches pour ne pas se faire exclure du tournoi. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait commencer, ou plutôt recommencer.
En quête du joyau de la plus grande valeur Turbin finit par tomber sur Karim. Le Pache était adossé à un mur, la tête basse et l'air sombre, une grande cape beige le recouvrant entièrement. Curieux le shaman s'approcha.
- Un Pache ici est quelque chose de bien peu commun, fit-il remarquer à voix haute, tirant l'homme de ses pensées.
Karim lui adressa un regard impénétrable.
- Il n'y a qu'ici que je puisse écouler ma marchandise.
- Quelle marchandise ?
Karim grogna.
- Trop précieuse pour des shamans fauchés, marmonna-t-il. Bijou inestimable. Cherche acheteur, mais personne n'en veut. Pas leurs habitudes de dépenser autant d'argent, même pour bijouteries.
Turbin ne saisit pas tous les propos du Pache mais certains mots sonnèrent à ses oreilles et il se sentit soudain tremblant d'excitation.
- Un bijou ? Quoi exactement ? demanda-t-elle d'une voix impérieuse, souhaitant en savoir plus.
Karim le jaugea du regard avant de juger qu'il pouvait lui faire confiance. Il souleva un pan de sa cape, juste assez pour que Turbin puisse entrapercevoir un bel éclat vert et une pierre parfaitement lisse et brillante. Il retint sa respiration alors que Karim cachait déjà de nouveau son joyau.
- Où as-tu trouvé ça ? demanda fébrilement Turbin.
- Loin. Dans une autre époque ce bijou appartenait à une princesse, Idanowa. De nombreuses légendes circulent sur ce joyau, c'est sûrement ce qui fait peur aux bijoutiers. Une pierre d'une telle valeur ne pourra sûrement jamais être revendue et attirerait trop la convoitise des voleurs. C'est une pièce unique.
- La Princesse Idanowa, chuchota Turbin, fasciné bien qu'il n'ait jamais entendu parler de cette dite demoiselle.
- Enfin, reprit Karim je vais y aller. Voir si je peux trouver acheteur ailleurs.
- Attends ! le retint Turbin en se ressaisissant. Je te l'achète.
Karim le fixa longuement, guère convaincu de son sérieux. Cependant Turbin l'assura de sa bonne foi, négocia très longuement le prix qui était, il en convient, exorbitant, et dépensa jusqu'à sa dernière pièce pour racheter le joyau. Ce n'était rien de grave, il n'en avait pas besoin. Par contre ce bijou serait celui qui lui permettrait de conquérir le cœur de Jun et enfin d'effacer de son chemin tous ces prétentieux qui croyaient pouvoir séduire la jeune femme.
Avec frénésie il fit disparaître le bijou sous sa cape et s'en alla d'un pas souple, l'air de rien. Intérieurement, il jubilait.
…
Le lendemain, quand Turbin alla trouver Jun pour son anniversaire c'était d'un pas tout guilleret et détendu. Il croisa Ryu sur le chemin et les deux rivaux se toisèrent du regard, se méprisant réciproquement. Radim était déjà auprès de Jun, en train de lui compter fleurette, et se raidit en les voyant paraître. Satisfait d'être la source de mécontentement du Pache, Turbin ricana tout bas. Pyrong se tenait en retrait, adossé à un arbre, silencieux.
Bien entendu ils n'étaient pas les seuls, et il fallut que Yamada, Pof et Kadow se joignent à leur petite assemblée. Turbin assassina son ancien coéquipier du regard qui lui tourna ostensiblement le dos. L'homme serra des poings mais se força à contenir sa colère. Il avait le plus beau des cadeaux, il allait écraser tous ses misérables. Jun serait tellement conquise qu'elle ne leur adresserait pas même un regard.
Il fut le premier à remettre son cadeau à la jeune femme. Elle le remercia d'un magnifique sourire qui le fit rugir de joie et déballa soigneusement le joyau. Une exclamation étouffée lui échappa alors qu'elle posait une main sur sa bouche et détaillait le bijou. Turbin détailla avec un plaisir non dissimulé les mines déconfites des cinq autres et bomba le torse.
- Il est magnifique, merci beaucoup Turbin, il ne fallait pas, dit Jun d'une voix ravie en déposant le joyau à côté d'elle.
Turbin aurait préféré qu'elle le mette à son cou mais jugea qu'elle le ferait plus tard, de peur de l'abîmer maintenant. Elle commença à ouvrir le cadeau de Ryu et le shaman se vexa qu'elle se désintéressa si vite de son présent. N'était-il pas magnifique ? Une pièce unique ? Le joyau de la princesse Inadowa ?
Sa fierté éclata et son cœur tomba lourdement dans sa poitrine quand émergea de l'emballement jaune de Ryu un collier en tout point semblable au sien. Déconfit il crut que le sol s'ouvrait sous ses pieds. Si elle était surprise Jun n'en laissa rien paraître et remercia chaleureusement Ryu avant de déposer son cadeau à côté de celui de Turbin. Il était désormais impossible de différencier les deux bijoux.
Turbin détailla soudain l'assemblée et comprit l'horrible vérité. S'ils étaient dépités lors de la découverte du joyau ce n'était pas pas jalousie envers lui, c'était parce qu'ils avaient tous acheté le même présent. Et effectivement, Jun déballa encore quatre joyaux uniques de la princesse Inadowa qu'elle déposa en petit tas près d'elle. Quand elle eut terminé, elle les mit tous dans un petit sac sans leur prêter plus d'attention et fit la bise à chacun des hommes dépités présents. Pyrong depuis son arbre leur adressait un regard goguenard.
Ren arriva soudain, aussi renfrogné que d'habitude, grogna sur Kadow qui était sur son chemin et, sans leur prêter attention, se dirigea droit vers sa sœur pour lui remettre deux baguettes chinoises dorées dans les mains.
- Pas eu le temps de l'emballer, grinça-t-il.
Le visage de Jun s'éclaira d'une joie immense. Elle enfila aussitôt les deux baguettes dans ses cheveux et serra son frère dans ses bras avec ravissement, l'air plus heureux que Turbin ne lui avait jamais vu.
Passé un moment de pure déconfiture et jalousie il se rembrunit. Un regard aux autres prétendants lui assura qu'ils avaient tous le même projet.
…
- Silva tu ne me croiras jamais ! J'ai vendu six répliques du collier d'Idanowa à des prix exorbitants !
Le Pache recracha le café qu'il était en train d'avaler.
- Tu plaisantes ?
- Pas du tout c'était l'anniversaire de Jun aujourd'hui ! Par contre tu m'excuseras mais il faut que je file. J'ai un avion qui m'attend à destination de l'autre bout de la planète pour éviter de croiser six shamans enragés.
