« Jim-chéri donnes-moi les glaçons s'il te plaît, merci. »
Qu'il était agréable de passer la soirée sur la terrasse, cela changeait des murs et de la paroi vitrée de la salle à manger. Pour une fois il ne faisait pas trop froid dans la capitale, le vent ne filtrait pas au travers des murs, le ciel offrait une vue panoramique du spectacle des milles astres stellaires mourir l'un après l'autre des milliers d'années plus tard. La nuit était donc douce, le dîner grillait paisiblement sous le couvercle du barbecue. Ces odeurs caressaient ses narines avec assiduité, pénétrant son sens de l'odorat, émettant le souhait d'emménager pour une durée plus longue afin de continuer de mettre l'eau à la bouche de nos deux personnages.
« La bouteille, tu as soif ? Bien, fais attention quand même hein, tu as l'alcool mauvais... »
Très mauvais, extrêmement mauvais. La dernière fois, il avait fallu une patience à toute épreuve à Watson pour ne pas claquer la porte, excédé de tant de méchanceté gratuite envers la première personne que son compagnon croisait, qui généralement se trouvait être le blondinet, et rentrer chez lui, se nicher au fond de son canapé-lit, et passer une nuit plus calme que toutes les autres, rêvant de choses diverses ou même du temps révolu, quelqu'un d'autre avait l'alcool mauvais, quelqu'un qui aurait pu devenir un Homme bon. Il n'avait donc pas cédé, et continué de supporter en silence les piques qu'on lui envoyait, allant se terrer dans les draps plus tôt que d'habitude, bien qu'il fut rejoint assez rapidement, comme à chaque fois, et ce même lorsqu'ils étaient sobres.
« C'est ton dernier verre alors, ensuite tu prendras un peu de vin et ça suffira, sinon tu dors sur le sofa. Oui, allez sois mignon maintenant et donnes-moi l'eau s'il te plaît, un pastis sans eau c'est écœurant. »
C'était lors d'un court séjour en Méditerranée que nôtre soldat avait eu l'occasion de goûter cette étrange boisson, à l'arôme si particulier, qu'il avait d'ailleurs préféré diluer dans une dose aqueuse très importante pour s'accoutumer un peu plus facilement à ces nouvelles saveurs qui embrasaient son palet. Il se souvenait, de plus, avoir prît son verre en devanture d'un café, observant les passants aux mœurs si différentes de celles qu'il connaissait en Angleterre. Marseille était une ville si particulière, où pouvait aussi bien fourmiller la vie et le Soleil, que se dérouler des scènes effarantes lorsque l'on était pas habitué au monde du Sud.
« Mais Jim tu sais bien que je ne sais pas danser... Tss... Bon, tu gagnes. »
Debout maintenant, il posa une main sur la taille de son amant, souriant de son embarras alors que dès les premières mesures il s'était déjà emmêlé les pinceaux, comme on disait si bien. L'embrassade finale fut ce qu'il préféra, car cela ne requérait pas de lui des compétences qu'il n'avait pas, et puis, concernant la suite de la soirée, au cours de laquelle les pauvres grillades se retrouvèrent abandonnées sur les charbons ardents, alors qu'un autre feu dévorait à son tour la maison d'ordinaire si froide lorsque le jeune couple passionné n'était pas en train de gigoter comme deux asticots au fin fond des couvertures immaculées.
Je prends le temps de te répondre car tu prends le temps de me donner ton avis, Tupol. Et ça me fait plaisir de discuter avec toi en fin de chapitre. Ne t'en fais pas pour hier soir, je comprends bien qu'il ait fait beau ici, juste le Mistral qui a soufflé très fort. Passes une bonne soirée. Kittens.
