Merci pour vos reviews Rose-Eliade, Cognards, Alexorah et Mathilde.
Merci de t'en inquiéter, mais non, mimi70, j'ai pas passé mon nouvel an à ramasser des plantes.
Où serait le mensonge Jenoxa ? J'avoue que je ne sais pas trop de quoi tu parles exactement... Ah non, elle n'a pas aimé du tout que sa fille ne lui dise rien à propos de l'hydre, je confirme ! X)
Bonne année à tous ! J'espère que vous l'avez bien démarrée ! Et, sur ce, bonne lecture ^^
Face à face tendus
Vendredi 27 janvier 1995 : maison
Aujourd'hui, deuxième réunion du conseil d'administration de Poudlard. Chourave avait été invitée et m'a même fait un grand sourire en me voyant. Combien on parie qu'elle était contente que j'ai intercédé à sa faveur ?
Avant la réunion, Lucius et moi avons à nouveau échangé quelques mots… Et je commence à me demander si c'est une bonne idée de faire exclure Dumbledore de Poudlard. Il n'y avait qu'à voir l'arrogance encore plus présente chez ce Mangemort pour deviner que quelque chose de gros se prépare. Et sachant qu'il s'est terré pendant des années et a passé son temps à démentir être un serviteur de Voldemort, je ne vois pas beaucoup de possibilités pour expliquer les soudains sous-entendus et airs menaçants qu'il emploi.
Du coup, même si je déteste l'idée, je ne peux pas m'empêcher de penser que dégager le seul sorcier que craint Voldemort de l'école où sont regroupés tous les enfants sorciers des Royaumes-Unis, à peu de chose près est une mauvaise idée… Il reste quand même une incroyable force de dissuasion. Malheureusement, la procédure est lancée et je suis allée trop loin pour faire demi-tour. Reste à espérer que je ne fais pas une grosse erreur.
Je n'ai pas croisé Mary ou Cameron en repartant, il était déjà tard. Mais je suis tombée sur Jonathan et Jaymie et ça suffit à me mettre de bonne humeur.
- Que fais – tu ici ? m'a demandé Jonathan après que je l'ai serré dans mes bras.
- Je suis au Conseil d'Administration, lui ai – je rappelé. Nous avions réunion.
Nous nous sommes tournés pour observer les autres sorciers s'étant déplacés pour le Conseil et qui me suivaient de près tandis que je revenais dans le hall. J'ai plissé les yeux, menaçante, quand Lucius Malefoy, encore, s'est approché de nous.
- Qui sont ces jeunes personnes ? m'a t –il demandé.
- Je ne crois pas que cela vous regarde, Lucius, ai – je répondu.
Il a jeté un regard méprisant à leur écusson de Poufsouffle et a souri avec dédain comme il sait si bien le faire.
- Un problème avec notre Maison Monsieur ? s'est enquis Jonathan.
Il aime sa Maison. Moi aussi, même s'il a fallu que je quitte Poudlard avant que je me rendre compte de la chance que j'ai eu d'être à Poufsouffle –et que le Choixpeau m'ouvre les yeux, mais c'est une autre histoire.
- Aucun : tout le monde ne peut prétendre entrer chez l'élite. Votre existence est nécessaire.
- L'élite dépend du point de vue où on se place, Monsieur, a rétorqué Jaymie. Je crains que rejoindre Serpentard ne soit pas aussi formateur que vous le pensez.
- Voyez vous ça. Et qui êtes vous pour croire que vous pouvez porter un jugement ?
- Je ne suis pas plus habilitée que vous à le faire, mais comme vous vous le permettez je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas de même.
Ai – je déjà dit que j'apprécie beaucoup cette petite ? J'ai regardé le sourire de Malefoy se transformer en grimace comme s'il venait de goûter quelque chose de très amer et son regard étinceller sous la colère. Et elle a habilement refusé de donner son nom. Malefoy l'a scrutée attentivement et la colère dans ses yeux a fait peu à peu place à une certaine curiosité teintée d'étonnement.
- Vous me semblez familière, a t –il dit lentement. Nous serions nous déjà croisés ?
- Je crains que non : je ne fréquente pas "l'élite", a répliqué Jaymie d'un ton tel que le mot a ressemblé à une insulte.
Tel que je connais Lucius, je me suis préparée à intervenir pour empêcher la situation de dégénérer. Mais il devait être très perturbé parce qu'il s'est contenté de s'en aller, non sans la regarder une dernière fois. Je ne sais pas à qui Jaymie lui fait penser… Et je ne suis pas certaine de vouloir le savoir en fait.
- Lucius Malefoy, hein ? m'a dit Jonathan quand le concerné a été hors de portée d'oreille.
- Tu vois ce que je dois supporter constamment ? ai – je répondu avec un sourire. Jaymie, je ne saurais que trop te conseiller de ne pas le provoquer inutilement.
- Comment voulez-vous que je reste muette en côtoyant cet homme ?
- Tu as l'air d'avoir une rancune personnelle contre lui, je me trompe ?
- Il a essayé de faire fermer l'orphelinat, m'a t –elle appris avec colère.
J'ai sursauté : j'ignorais ça. Devant mon air surpris, elle a continué :
- Il disait que l'endroit n'avait plus de raison d'exister maintenant que nous ne sommes plus que 3 et bientôt 2 puisque Helmet veut s'en aller. Qu'il n'y aurait plus jamais d'enfant qui échouerait dans cet "endroit minable" surtout pas sous la tutelle d'une Sang de Bourbe.
- Il n'aurait jamais dit ça devant toi.
- Qui a dit qu'il savait que j'écoutais ? a t –elle demandé avec un sourire dur.
Je l'aime de plus en plus dis donc, même si je ne peux malheureusement pas l'encourager à écouter aux portes.
- Kathie ne m'avait rien dit.
- Vous ne venez presque plus, m'a t –elle rappelé avec un soupçon de reproche dans la voix. Et elle a fermement refusé. Elle dit que tant qu'il y aura encore un enfant sous son toit, l'orphelinat restera ouvert. Et on se battra pour ça ! C'est notre maison à tous. Ceux qui sont partis reviennent encore de temps en temps. Madame Kathie, Monsieur Tobias et Marlène seront toujours nos parents.
Et elle s'en est allée. Je l'ai regardée faire en souriant. Sa détermination me fait chaud au cœur. Jonathan n'a pas tardé à la suivre, disant qu'il allait la chercher pour la calmer. Apparemment il était au courant de cette histoire depuis le début et Jaymie en est extrêmement affectée. Ce n'est pas surprenant.
Ce qui l'est, en revanche, c'est que Malefoy s'intéresse soudainement à l'orphelinat. Pourquoi ? Il est quasiment indépendant du Ministère, les enfants n'ont jamais posé de problème et les propriétaires non plus. Et s'il voulait simplement éviter qu'il y ait un endroit où accueillir les enfants sauvés de la mort si la guerre reprend ?
Je range l'information dans un coin de ma tête pour le moment. Mais je vais surveiller ça de près. Et aller voir Kathie, aussi bien pour m'assurer que toutes les protections autours de l'orphelinat sont toujours solides que pour aller lui remonter les bretelles. D'où elle me cache qu'on essaye de l'intimider pour qu'elle ferme l'orphelinat, hein ? J'ai mon mot à dire aussi, même si je n'interviens pas des masses là-bas !
Mercredi 31 janvier 1995 : orphelinat
Comme je le craignais, Kathie n'a pas apprécié que je lui reproche de m'avoir tenu dans l'ignorance. Elle dit que puisqu'elle a de toute façon fermement refusé avant de mettre Malefoy à la porte, il n'y avait pas de quoi en faire un fromage.
- Au contraire ! me suis – je exclamée. C'est important ! Tu ne t'es pas demandée pourquoi il s'intéressait soudainement à l'orphelinat ? Pourquoi maintenant et pas plus tôt ?
- Tobias vit ici et il travaille avec les avocats de Malefoy, voilà pourquoi il est soudainement au courant, m'a t –elle dit.
J'avais négligé ce point là. Mais même si c'est le cas, et qu'il n'ait jamais su auparavant qu'il y avait un orphelinat sorcier, même s'il y a eu un article dans la Gazette à ce propos et qu'il l'a forcément lu… Ça ne devrait pas le préoccuper qu'il soit encore ouvert. Ce n'est pas son genre. Et puis venir exiger que l'établissement ferme ? C'est encore plus louche.
- Toi, tu me caches quelque chose, a t –elle dit.
A force de vivre au milieu de dizaine d'enfants prêts à mentir pour un oui ou pour un non, elle sait deviner ce genre de chose maintenant. Ou alors peut –être qu'elle me connaît assez bien pour me déchiffrer.
- Dis-moi, a t –elle exigé devant mon silence.
J'ai hésité. Même si j'ai de solides raisons de croire que la menace de Voldemort est beaucoup plus proches de nous qu'on ne pourrait le croire, je n'ai aucune preuve tangible. Ça reste juste une supposition qui trotte dans mon esprit paranoïaque.
- Crystall, a t –elle grondé.
J'ai soupiré et j'ai posé mes coudes sur mes genoux avant de prendre ma tête entre mes mains.
- Ça va être la guerre Kathie. Bientôt, très bientôt.
- Qu'est ce que tu dis ?
- Je pense que Voldemort va revenir. Et ça sera encore pire que la dernière fois.
J'ai pris une grande inspiration. Je me sentais mieux de le lui avoir avoué. J'en ai parlé à Remus, mais nous sommes quelque peu fâchés en ce moment et il s'est contenté monter sur ses grands hippogriffes quand je le lui ai dit. J'espérais pouvoir en parler avec Kathie.
- Pourquoi dis – tu ça ?
J'ai sursauté avant de regarder à l'entrée de la pièce où se tenait Tobias. Il portait un vieux jogging moldu avec une chemise, ce qui faisait très étrange. Je ne l'avais jamais vu aussi débraillé depuis qu'on est sortis de Poudlard.
- J'aime être à l'aise quand je travaille sur le dossier de cinglé que tu m'as donné, s'est – il justifié avec une grimace. Je ne savais pas qu'on aurait de la visite. Surtout pas pour nous annoncer des nouvelles comme ça.
Il avait l'air très calme. J'ai jeté un coup d'œil à Kathie qui était silencieuse de façon tout à fait inquiétante et j'ai vu de l'horreur sur son visage. Je n'ai jamais su ce que les Mangemorts lui avaient fait lors de l'attaque à Prés-au-Lard, l'attaque qui a tué Greg. Mais ça la hante encore aujourd'hui. Dans sa vie quotidienne, elle peut en faire abstraction… Ça la rattrape toujours cependant.
Cette expression sur son visage m'apprenait aussi qu'elle me croyait. N'est ce pas extraordinaire ? Qui d'autre aurait pu me croire si je débarquais chez lui pour lui annoncer qu'un mage noir mort depuis 13 ans allait revenir ? Personne. Cette foi qu'elle a en moi m'impressionne autant qu'elle me terrifie. Je n'ai jamais rien fait pour mériter ça.
- Alors ? a insisté Tobias. Pourquoi tu dis ça ?
- J'ai entendu les Mangemorts en parler. Et il y a plein d'éléments qui le confirment. Un Mangemort a pris la place d'un professeur à Poudlard en usant de polynectar et ce pour que Mary participe au tournoi. Le comportement de Lucius Malefoy. L'attaque à la Coupe du Monde de Quidditch. Les chuchotements entre les Mangemorts en liberté. Trop de choses en trop peu de temps.
Le silence qui a suivi ma tirade m'a semblé beaucoup plus lourd que précédemment. Pour des raisons évidentes.
- Très bien, a soudainement déclaré Tobias.
- Comment ça "très bien" ?
- Quand il s'agit de choses désagréables, tu as un instinct infaillible. Alors je te crois. On va se préparer pour ça.
Il avait l'air déterminé et ça m'a interloquée. Il n'avait jamais combattu la dernière fois. Il se contentait de faire discrètement ses études. Ce n'était pas son attitude habituelle.
- En fait, tu as presque l'air de bien le prendre, ai – je fait remarquer, hésitante.
- Je ne le prends pas bien. Mais que veux – tu que je fasse ? Que je me roule au sol en hurlant à plein poumons ? J'ai passé l'âge Crystall. Nos parents ont fait l'erreur de ne pas prendre la menace au sérieux et ce fou furieux a failli réussir son coup. Je ne laisserais personne nous reprendre ce qu'on a construit durant la dernière décennie ! Pas même Tu-Sais-Qui !
J'ai dû avoir l'air vraiment perplexe parce qu'il a ricané d'un air sombre :
- Je ne suis plus un enfant terrifié. J'ai des enfants à protéger et une femme à venger.
Nous nous sommes tournés vers Kathie qui avait encore plus blanchie. Elle a regardé d'un air effrayé son mari qui continuait à me fixer avec une expression féroce que je ne lui connaissais pas.
- S'il s'avère que tu as raison, a t –il terminé. Je serais de ton côté.
Au final, ça ne s'est pas passé du tout comme je l'imaginais. Je n'ai jamais vu Tobias comme un allier dans ma guerre contre Voldemort. Je ne le vois pas sur un champ de bataille autre qu'un tribunal. Mais c'est toujours ça de prit. Et puis, je sais qu'il peut se montrer redoutable quand il le veut, ce qui a l'air d'être le cas.
Je n'ai plus qu'à dire voir le côté positif des choses : j'ai déjà convaincu deux personnes qu'une catastrophe imminente se prépare…
Vendredi 24 février 1995 : maison
Je suis prête pour partir voir la seconde tâche. Même si, vu qu'elle va se dérouler sous l'eau, on ne verra pas vraiment grand-chose. J'ai fabriqué la potion de branchiflore pour Mary : au moins je suis sûre qu'elle aura une solution facile et fiable pour passer l'épreuve. Comme elle ne m'a plus écrit depuis qu'elle m'a demandé comment respirer sous l'eau, je ne sais pas vraiment ce qu'elle a prévu.
J'appréhende un peu de revoir Sirius. On ne s'est plus croisés depuis Noël où j'ai dû me montrer extrêmement brutale à son encontre. Je souhaite vraiment qu'il ait réussi à comprendre et à surmonter le choc.
*Maison*
Je suis arrivée très tôt à Poudlard et je suis directement descendue vers le lac. J'étais la première et j'ai pris le temps de regarder les quatre plateformes en bois installées à la surface de l'eau tentant de deviner ce qu'il allait se passer et m'inquiétant que le lac soit si trouble. En cas de problèmes, on ne verrait absolument rien. J'ai prévu une fiole de potion pour moi au cas où il faudrait plonger la repêcher. Je n'aime pas du tout l'eau et je nage très mal : j'ai appris deux ou trois bases avec Dante parce qu'il le fallait, mais je suis incapable de nager correctement. L'eau m'a toujours paru effrayante. Bizarre venant de quelqu'un habitant sur une île, je sais, mais qui a dit que j'étais censée comme sorcière ?
Mary est aussi arrivée très tôt. Elle a semblé extrêmement soulagée de me voir. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait une seconde pensé que j'allais intentionnellement louper pour la deuxième fois une épreuve où elle mettait sa vie en jeu.
Elle a réussi à m'étonner quand elle m'a dit qu'elle avait déjà préparé sa potion de branchiflore, et son travail était très bon si je peux donner mon humble avis de Maître des Potion. Quand elle m'a appris que Rogue, oui, Rogue, lui avait donné de la branchiflore, j'ai été soufflée. Je n'aurais jamais pensé que ce Mangemort lui viendrait en aide, surtout avec le retour de Voldemort qui se trame en coulisse. J'irais presque le remercier. Presque.
Quand Sirius s'est finalement montré, je n'ai pas pu m'empêcher de me tendre. J'appréhendais sa réaction. Mais devant Mary il a essayé de ne rien laisser paraître. C'était plutôt raté, si on me demande mon avis parce qu'il a essayé de m'ignorer en vain.
Verpey est venu dire aux champions qu'ils allaient embarquer pour chacun rejoindre leur plateforme sur le lac et Mary s'est déshabillée, ce qui n'est pas plus bête : son uniforme l'aurait handicapé dans l'eau. J'ai en revanche beaucoup moins apprécié qu'elle soit en maillot de bain. D'une parce qu'il ne faisait même pas zéro degrés aujourd'hui, de deux parce qu'il était hors de question que tout le monde la voit aussi dévêtue ! A la maison, je veux bien, mais pas devant des centaines de personnes et une populace de garçons aux hormones en ébullition.
J'ai invoqué une combinaison de plongée pour elle, que j'ai doublé d'un sort pour lui tenir chaud. Sirius s'est occupé de transfigurer un étuis pour sa baguette et les potions qu'elle a pu accrocher à sa jambe. C'était beaucoup mieux comme ça.
Puis, Sirius est moi nous nous sommes rendus dans les tribunes où deux places côte à côte nous attendaient : ils réservent des places pour les familles. Je suis contente qu'on inclut Sirius dans ma famille, après tout il est le parrain de Mary. Je l'étais un peu moins qu'on soit assis ensemble.
Avec anxiété, j'ai écouté Verpey nous dire que les chevilles et les poignets des champions allaient être entravés par des liens magiques et que leur épreuve consisterait à se débarrasser de ces liens en trouvant des sorts de déverrouillages planqués sous le lac. Soudainement, ce dernier m'a paru immense. J'ai eu peur que Mary n'arrive pas à se libérer à temps. Franchement, balancer des enfants enchaînés dans un lac ça peut –être considéré comme une tentative de meurtre avec préméditation non ? Et le coup de l'hydre aussi. Puisque Mary participe involontairement, je me demande si je pourrais traîner le Ministère en justice… Et ajouter ça aux charges qui pèsent sur Dumbledore. Après tout c'est parce qu'il a été incompétent que ce genre de chose est arrivé !
Morte d'inquiétude, j'ai regardé Mary avaler sa potion et se jeter à l'eau. Elle a coulé à pic et je l'ai rapidement perdu de vue.
- Nos champions ont à présent une heure pour se libérer ! Après quoi ils seront pénalisés. Les Êtres de l'Eau habitant dans le lac ont aimablement accepté de nous tenir informés de l'avancement de chaque champion et de veiller à ce qu'ils ne perdent pas la vie.
Je ne sais pas grand-chose sur les Êtres de l'Eau. J'ai quelques vagues souvenirs de mes cours et je sais qu'il y a des selkies dans le lac de Poudlard. Il fait trop froid pour que des sirènes s'y installent : elles préfèrent les eaux tempérées. Mais à part ça…
- Tu penses qu'ils sont fiables ces Etres de l'Eau ? ai – je demandé à Sirius sans même réaliser que j'engageais la conversation pour la première fois depuis Noël.
- Ils ont déjà repêchés des élèves en difficulté, a t –il lentement répondu. Ils l'ont fait un jour où on avait balancé Rogue dans le lac.
Son ton froid m'a rappelée à qui je m'adressais et je lui ai jeté un coup d'œil. Il me regardait d'un air peu amène. Son expression m'a dit qu'il ne savait pas exactement comment agir avec moi. J'ai pris une grande inspiration et je me suis adossée à mon siège tout en reportant mon attention sur le lac en espérant rapidement voir émerger Mary.
- Écoute Sirius. Je sais que j'ai été brutale et que je t'ai fait beaucoup de mal la dernière fois qu'on s'est vus. Mais tu en avais besoin. Si tu comptes m'en vouloir pendant les dix prochaines années, tu en as le droit. Nous ne sommes pas non plus obligés de nous croiser plus que quelques minutes de temps en temps.
- Je veux voir Mary, a t –il exigé. Je veux qu'elle vienne à la maison cet été.
- Après ce qu'il s'est passé la dernière fois que je te l'ai laissée ?
- Elle est la seule famille que j'ai et que j'aurais jamais, tu me l'as bien fait comprendre. Tu n'as pas le droit m'enlever ça aussi.
- Nous sommes ta famille, Sirius, ai – je dit. Ainsi que Remus. Mais nous ne serons pas une famille comme tu l'envisageais. Ou du moins, je ne serais pas ta famille de la manière dont tu l'espérais. Quand tu l'auras admis ça ira mieux. Le temps arrange beaucoup de chose.
- Ce n'est pas la première fois que tu me dis ça. Je ne suis pas du genre à attendre bien sagement que les choses s'arrangent seules. Je ne suis pas toi.
- Je sais.
Sirius et moi n'avons pas du tout la même façon de voir les choses. Ça n'a jamais été le cas de toute manière. Après ça, nous sommes restés silencieux à guetter la moindre apparition à la surface du lac.
Les Êtres de l'Eau tenaient leurs engagements et remontaient les informations au fur et à mesure. Ils avaient rarement quelque chose à dire sur Mary par rapport aux autres. J'ai trouvé ça suspect que ça se passe aussi bien pour elle. Serait –il possible que quelqu'un, peut –être même ces créatures aquatiques, se soit arrangé pour que l'épreuve lui soit facilitée ?
Le premier à remonter a été Cedric Diggory. Il avait l'air sonné et en manque d'oxygène. L'agent du Ministère l'a repêché pendant que Verpey nous disait que c'était terminé pour lui: il n'était plus autorisé à replonger. Comme il est resté immobile, étendu sur sa plateforme qui revenait lentement vers le ponton, j'ai pu voir qu'il n'a pas entièrement réussi à se débarrasser de ses chaînes. Je pense qu'il a été amené à l'infirmerie : ce n'est pas très malin de se cogner contre le calamar géant. C'était forcément le calamar qui allait gagner. La française est revenue la première avec tous ses liens défaits, arrogante au possible avec sa queue de sirène et ses cheveux blonds.
Quand le temps impartit s'est écoulé et que les minutes ont continué à s'égrainer sans une trace de la tête rousse de ma fille, j'ai commencé à sérieusement envisager de me jeter à l'eau pour la repêcher. Krum a finalement émergé, mais de Mary toujours pas de traces. Au moment où je me levais, elle est toutefois revenue. En vie et de loin, elle n'avait pas l'air blessée. J'ai continué à me lever et j'ai bousculé tout le monde en quittant les tribunes pour me diriger vers le ponton où elle devait reprendre pied. Elle n'a pas pu le faire tout de suite puisque sa potion faisait encore effet et qu'elle avait toujours des branchies. Dès qu'elle a à nouveau été capable de respirer de l'air je l'ai tractée hors de l'eau glaciale pour la frictionner et Sirius lui a lancé des sorts pour la sécher et la réchauffer. Elle est indemne. Merlin en soit remercié.
Cette épreuve a été terrible pour mes nerfs : ne pas la voir était une torture. Mais comme tout s'est bien terminé, je ne vais pas me torturer les méninges sur ce qui aurait pu arriver. J'ai tout le loisir de le faire avec la troisième tâche qui serait en juin prochain. Généralement la dernière tâche est la plus dangereuse et la plus longue. Je me suis un peu documentée à ce propos quand j'ai su que Mary devait participer. Autant dire que si c'est pire qu'affronter une hydre et être balancé enchaîné dans un lac, j'ai de quoi me faire des cheveux blancs.
Ah ! Et avant de partir, je suis allée dire un mot à ce Cedric Diggory. Il était avec ses parents à ce moment là et c'était tant mieux. Mary m'a supplié de ne pas faire ça, mais j'ai l'impression qu'elle n'a pas très bien compris que c'est justement mon rôle de m'occuper de ce genre de chose.
- Monsieur, Madame, ai – je salué les deux adultes. Cedric. Je suis la mère de Mary Potter, Crystall Entwhistle.
- Oh, nous savons qui vous êtes, m'a dit Amos avec l'air méfiant.
Je parie que ce n'est pas ma réputation de Maître des Potions qui me précède. En général, je ne suis jamais connue pour ça à moins de tomber sur un confrère ou un lycanthrope. Je pense qu'ils avaient dû voir mon nom dans la presse quand le monde sorcier a appris que je traînais Dumby en justice.
- Tant mieux alors. Parce que j'ai quelques mots à dire à Cedric à propos de son comportement avec ma fille.
Je l'ai vu jeter un regard derrière moi, sans doute pour fixer Mary.
- Elle ne m'a rien dit, me suis – je agacée. Je l'ai appris autrement.
- De quoi elle parle Ced ? a demandé son père ce qui a eu l'air d'embarrasser le garçon.
- Votre fils, non content d'aller au bal avec quelqu'un de beaucoup trop jeune pour lui, a abandonné ma fille au beau milieu de la soirée pour aller explorer les amygdales d'une autre fille. Soyons clair, Cedric, si tu avais essayé de mettre ta langue dans la bouche de ma fille je ne serais pas simplement là pour en discuter tranquillement alors je suis contente que tu te sois trouvé quelqu'un d'autre pour soulager tes pulsions hormonales.
Il en béait d'étonnement, je ne pense pas qu'on lui parle comme ça tous les jours, et a rougi.
- Mais la prochaine fois que tu te comportes comme le dernier des abrutis avec Mary, je te le ferais regretter puisqu'elle est apparemment bien trop gentille pour t'en vouloir.
- Oh, je ne dirais pas ça… a t –il marmonné.
- Pardon ? Tu disais ? ai – je demandé sur un ton cassant.
Il s'est tu et ça vaut mieux pour lui. Je me suis alors tournée vers les parents Diggory qui avaient l'air scandalisés. Malheureusement ce n'était pas par le comportement immature de leur fils, comme je l'ai rapidement compris :
- Comment osez vous parler ainsi à mon fils ? s'est énervée sa mère.
- Ou le menacer ? a renchéri son père.
- Vu que vous n'avez pas l'air d'avoir élevé votre fils dans le respect des convenances, on dirait que je dois me charger personnellement de lui apprendre comment se comporter, ai – je répliqué.
- Qui êtes vous pour nous dire comment élever notre fils ?
- La mère de la fillette de 14 ans qui a été humiliée devant toute l'école et les représentants français et slaves le jour d'un bal qui était aussi en son honneur parce que votre fils ne sait pas se tenir, ai - je sifflé.
Ça leur a cloué le bec et je suis partie en les laissant méditer sur ce point. J'ai espéré recroiser Mary, mais elle devait être allée se cacher pour ne pas voir ce que j'allais faire aux Diggory, ou voir Cameron. Mais lui devait être allé se cacher exprès pour être sûr de ne pas me parler.
Cette histoire avec lui commence à me courir sur le haricot. Je me demande si je ne ferais pas bien de le provoquer jusqu'à ce qu'il m'avoue pourquoi il m'en veut. J'ai essayé d'être gentille et d'attendre, mais si ça ne marche pas, je suis prête à tenter une toute autre approche.
A suivre...
