Danny dansait avec Timothy, le garçon aux yeux verts et aux cheveux châtains frisés qui lui avait proposé un verre un peu plus tôt. Le corps de son nouvel ami – mais étaient-ils vraiment amis ? – était un peu trop près de lui mais le gardien décida de ne pas s'en formaliser. Isaac n'avait qu'à pas partir. Non. Isaac n'avait qu'à pas être un gros con. Ouais. C'était ça. Isaac était un gros con. Un gros con qui lui avait fait du mal. C'est pour ça que Danny était venu se réfugier au Jungle et qu'il dansait maintenant collé serré avec Timothy. Tout était la faute du loup garou. Cet imbécile d'Isaac. Cet imbécile qu'il aimait mais qui lui faisait tellement mal au cœur …

La musique accéléra, imposant aux danseurs de se déhancher plus vite. Quelqu'un bouscula le gardien qui trébucha et manqua tomber. Heureusement, Timothy réagit rapidement et le rattrapa par le bras.

— Oula ! Ça commence à devenir dangereux, par ici !

— J'ai envie de vomir, répondit simplement Danny.

L'adolescent aux cheveux frisés haussa un sourcil et se dépêcha de conduire le garçon aux toilettes avant qu'il ne fasse des dégâts sur la piste de danse. Arrivés aux sanitaires, Timothy chercha un compartiment libre mais les deux premières portes qu'il tenta de pousser refusèrent de s'ouvrir. Il crut même entendre des bruits suspects derrière l'un des battants mais ne s'attarda pas sur la question. Il avait plus urgent à traiter.

L'adolescent frisé réussit enfin à trouver une toilette de vide. Il en poussa la porte et tira Danny à l'intérieur. Le gardien ne put se retenir plus longtemps et vomi. Juste à côté de la cuvette. Timothy soupira en voyant le carrelage des sanitaires souillé.

— On était si proches du but …

Le gardien eut un hoquet et le garçon frisé s'inquiéta de le voir si pâle.

— Ca va aller ? Tu vas pas me faire un coma éthylique ou un truc du genre, hein ? Parce que je te préviens, je n'y connais rien en premier secours ! Je connais même pas le numéro des pompiers !

— Ca va … marmonna Danny en s'adossant au mur.

Il y posa sa tête, les yeux clos, des gouttes de sueur perlant sur son front. Timothy le secoua.

— Hé ! Tu me fais peur ! Réveille-toi. T'as pas l'habitude de boire toi … Est-ce que t'as seulement bu une fois dans ta vie ?

— Mais laisse-moi tranquille, bougonna faiblement le gardien.

— Pour qu'on te retrouve mort dans les toilettes de cette boîte dans une heure ! Non merci. J'ai pas envie que ton fantôme me hante pour le restant de mes jours. Allez, viens, je vais te ramener chez toi.

L'adolescent frisé tira Danny vers lui et le garçon lui tomba dans les bras, ses forces l'ayant quitté en même temps que le contenu de son estomac. Le gardien de l'équipe de crosse leva les yeux vers Timothy et tendit le cou pour l'embrasser. Celui-ci se recula, veillant à le tenir quand même tout en gardant une distance de sécurité.

— Wow ! On va p'tet se calmer ? C'est pas que j'ai pas envie de t'embrasser, mais t'as un copain, non ? Et puis, moi, les bisous goût vomi, ça me tente pas trop.

Danny tenta de balbutier quelque chose mais l'adolescent frisé ne comprit rien, autant parce que la musique était assourdissante, même si un peu plus feutrée dans les sanitaires que sur la piste de danse, que parce qu'il n'était jamais aisé de saisir ce que voulait dire quelqu'un qui avait un peu trop bu.

— Je vais aller te chercher un verre d'eau au bar et puis, je te ramène, ok ?

Sans attendre la réponse du garçon, Timothy le traîna hors des toilettes et Danny suivit le mouvement, complètement groggy.

# #

Melissa profitait d'un court moment de répit entre deux patients malades. Il y avait une épidémie de gastro assez coriace qui courrait en ce moment et le personnel de l'hôpital avait fondu comme neige au soleil. En désespoir de cause, l'infirmière avait été contactée pour venir remplacer au pied levé un de ses collègues, qui était en arrêt maladie.

Elle profita de pouvoir s'asseoir un instant pour sortir son téléphone portable de son sac à main, glissée sous le bureau, afin de ne pas gêner le passage. Melissa chercha le dernier texto que Peter lui avait envoyé et sourit en le relisant.

« Bonne soirée à toi et embrasse le bébé pour moi ».

L'infirmière se passa la main sur le ventre, les yeux brillants. Sa collègue Carry capta son geste et s'en alarma aussitôt :

— Ne me dis pas que tu as la gastro, toi aussi !

Melissa secoua la tête et rassura son amie :

— Non, ne t'en fais pas. J'en ai vu d'autres !

L'infirmière ne souhaitait pas encore annoncer qu'elle était enceinte à ses collègues. Elle préférait attendre de l'avoir annoncé à Scott, ce qui ne promettait pas d'être simple. Son fils avait déjà eu du mal à accepter sa relation avec Peter et était entré dans une fureur noire en apprenant qu'ils avaient des relations intimes.

Il prendrait forcément mal le fait que sa mère soit enceinte. Mais Melissa ne lui demandait pas son avis. De toute façon, il ne pouvait plus vraiment y changer quoi que ce soit. Scott n'avait plus qu'à accepter la situation et n'avait pas son mot à dire. Mais l'infirmière craignait qu'il ne s'en prenne à Peter et elle ne voulait pas que les deux loups garous en viennent aux mains. Même s'ils disposaient de ce pouvoir de guérison qui leur permettait de cicatriser rapidement, Melissa ne supporterait pas que les deux hommes de sa vie se battent.

Un bip sonore l'arracha de ses pensées en la faisant sursauter. L'un de ses patients avait besoin d'elle et elle rangea son téléphone portable dans son sac à main avant de se dépêcher de rejoindre la personne qui l'avait appelée.

# #

Timothy gara la voiture de Danny devant chez lui et jeta un regard surpris au garçon.

— T'as tenu tout le voyage sans vomir ? Je pensais que tu n'y arriverais pas.

Le gardien ne lui répondit pas, trop mal en point pour répondre à l'adolescent.

— Bon, on rentre ?

Danny lança un regard vitreux à Timothy qui haussa un sourcil.

— Tu crois quoi ? J'ai pris ta voiture pour te ramener chez toi, mais la boîte est hyper loin. Et j'ai pas envie d'y retourner à pied. Tu pourrais au moins avoir la sympathie de m'héberger.

Le garçon n'eut même pas la force de protester. Il sortit avec difficulté du véhicule et tituba jusqu'à la porte d'entrée de son domicile. Timothy le laissa fouiller dans ses poches pour qu'il y trouve ses clés mais en voyant qu'il n'arrivait pas à viser le trou de la serrure, l'adolescent frisé lui arracha le trousseau pour s'occuper lui-même d'ouvrir la porte.

Danny bégaya un vague remerciement avant de s'engouffrer chez lui. Timothy le suivit en secouant la tête et ferma derrière lui. Il suivit le gardien jusqu'à sa chambre et le regarda tomber sur son lit, tout habillé. L'adolescent frisé soupira et après avoir défait les lacets des converses du garçon, il lui retira ses chaussures. Il enleva ensuite les siennes avant de retirer son pantalon et son T-shirt pour se glisser près de Danny.

— Tu fais quoi ? croassa le gardien en soulevant une paupière.

— Je me couche. J'aurais bien bavardé un peu, mais t'as pas l'air en état.

Timothy sourit et se pencha vers le garçon, jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.

— Maintenant, tu n'as plus le goût de vomi, alors qu'est-ce que tu dirais si on s'embrassait ?

Danny fut incapable de répondre et quand l'adolescent frisé effleura ses lèvres, il se laissa faire.

# #

Derek avait mal à la tête alors qu'il n'avait pas encore ouvert les yeux. Les paupières closes, il avait déjà une sensation de tournis qui le barbouillait. Ses muscles étaient raides et un picotement désagréable se faisait ressentir dans sa nuque.

Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire la veille pour se retrouver dans cet état ? L'alpha avait l'impression d'avoir pris une cuite sauf qu'il ne voyait pas très bien comment cela aurait pu arriver, vu qu'il n'avait pas bu depuis très longtemps.

Franchissant la barrière brumeuse de sa conscience, les souvenirs finirent par lui revenir par brides. Le loup garou se rappelait avoir emmené Stiles au cinéma. C'était pour la Saint Valentin. Et puis qu'avaient-ils faits ensuite ? Ils n'étaient quand même pas allés dans un bar pour boire ? Stiles n'avait pas l'âge légal. Le shérif allait tuer Derek s'il apprenait qu'il avait saoulé son fils.

L'alpha ouvrit péniblement un œil et tenta de repérer son amoureux. Le lit semblait vide. Le loup garou bougea un peu ses bras et ses jambes, pour vérifier s'il n'y avait pas un autre corps sur le matelas, mais il ne rencontra que du vide.

En soupirant, le jeune homme essaya de se concentrer pour tenter de se rappeler ce qu'il s'était passé la veille. Qu'avaient-ils fait après le cinéma ? Etaient-ils rentrés ? Oui, Derek croyait se rappeler un voyage en voiture. Il se souvenait s'être garé devant le manoir et d'avoir parlé avec Stiles. Le garçon avait un visage inquiet. Pourquoi ? De quoi discutaient-ils ?

Tout était flou dans la tête de l'alpha. Il n'arrivait pas à focaliser son attention sur un souvenir. Des flashes difformes lui revenaient à toute vitesse, mais impossible d'avoir une image précise pour l'aider à comprendre ce qu'il avait fait de sa soirée.

Stiles ne devait-il pas rester dormir avec lui pour la Saint Valentin ? Alors pourquoi n'était-il pas là ? Etait-il rentré chez lui ? S'étaient-ils disputés ? Et si c'était le cas, sur quel sujet ? Tant de questions qui tournaient dans sa tête et qui n'avaient pas de réponses.

Soudain, traversant le brouillard qui endormait ses sens, une odeur lui arriva aux narines. Une odeur qu'il avait déjà sentie plusieurs fois auparavant. Derek se focalisa dessus pour tenter de l'identifier. Peut-être lui donnerait-elle un indice sur ce qu'il s'était passé ?

L'alpha mit plusieurs minutes à mettre un nom sur cette odeur, mais quand il y parvint enfin, il écarquilla les yeux et se redressa d'un bond. La tête lui tourna et il attendit que le décor se stabilise avant de bouger de nouveau, quatre lettres gravées dans son esprit.

Sang. C'était l'odeur du sang qui lui parvenait aux narines. Là, sur ses draps. Il y avait plusieurs traces rouges. Une longue marque par terre, sur le parquet. Et sa table de chevet était renversée. Pourquoi ? Et où était Stiles ?

— Peter ? appela Derek en clignant des yeux.

En tendant l'oreille, il perçut du bruit dans la cuisine et décida de rejoindre son oncle au rez-de-chaussée. L'alpha descendit de son lit et se dirigea vers la porte de sa chambre en essayant de marcher droit, malgré les murs qui tanguaient. Le loup garou se demanda comment il allait faire pour descendre les marches de l'escalier sans se casser la figure. Par miracle, le jeune homme réussit à atteindre le palier inférieur sans tomber.

Derek se traîna ensuite jusqu'à la cuisine où il se laissa enfin tomber sur une des chaises disposées autour de la table centrale. Son oncle était en train de touiller son café, dans lequel il avait mis deux morceaux de sucre. L'alpha se passa une main sur le visage, se sentant étrangement fatigué.

— Bien dormi ? lui demanda Peter en l'observant.

— Je ne sais pas. Qu'est-ce qu'il s'est passé hier soir ? Je ne me souviens de rien. J'ai bu ?

— Non. Tu n'as pas bu.

— Alors, qu'est-ce que j'ai fait ? Il y a du sang sur mon lit et on dirait qu'on s'est bagarré dans ma chambre.

Son oncle but une gorgée de café avant de répondre.

— Hier, tu as été empoisonné, je ne sais comment, par de l'aconit. Et tu t'en es pris à Stiles.

L'alpha resta interdit avant de bégayer :

— Je m'en suis pris à Stiles ? Je lui ai fait du mal ?

— On peut dire ça comme ça …

— Mais à quel point je l'ai blessé ?

— Pour te donner un ordre d'idée, disons que si je n'étais pas rentré à temps, Stiles ne serait pas en train de dormir tranquillement dans mon lit, à l'heure qu'il est.

— Dans ton lit ? répéta le loup garou.

Peter leva les yeux au ciel.

— Ne prends pas cet air jaloux. Comme si j'allais toucher à ton copain que tu as failli mettre en pièce ! J'ai estimé qu'il fallait que je puisse à la fois le tenir à distance de toi et le surveiller en même temps. Tu avais vraiment l'air décidé à le tuer.

Derek avait du mal à réaliser ce que son oncle lui racontait.

— Tu plaisantes ? bégaya-t-il.

— Tu crois vraiment que j'ai l'air de me moquer de toi ? Va voir dans ma chambre, mais évite de réveiller Stiles. Il a eu une nuit agité. Il m'a même mis des coups de pieds dans les jambes. Trois fois. Et il m'a réveillé en sursaut en me jetant son bras sur le visage, il y a une demi-heure.

L'alpha sauta de sa chaise, les sens soudain en alerte. Il sortit de la cuisine, longea le couloir et remonta l'escalier, des flashes beaucoup plus précis de la veille revenant dans sa mémoire.

L'appel pour lui donner rendez-vous dans la forêt.

Le nom du film qu'ils étaient allés voir.

L'inquiétude de Stiles quant à ce rendez-vous où le loup garou devait aller seul.

Les deux hommes et la femme.

Cette fumée bleue étrange qui lui avait emplie les poumons.

Derek arriva au premier étage et se dirigea vers la chambre de son oncle. Il poussa doucement la porte et observa l'intérieur de la pièce. Les volets étaient encore tirés mais le soleil filtrait à travers les battants de bois. Ses rayons permettaient d'y voir assez clair pour que l'alpha n'ait pas à forcer sur sa vision pour distinguer Stiles, glissé sous les draps.

— Il a l'air d'aller bien, murmura le loup garou à Peter qui l'avait rejoint.

— Je m'en suis occupé après t'avoir neutralisé. Mais par chance, tu ne l'avais pas trop amoché. Il a des griffures sur les épaules, le torse et les cuisses, mais je l'ai soigné. Ça ne devrait pas être trop dur à cacher.

— Je n'ai rien fait d'autre ? Je l'ai juste griffé ? s'enquit Derek à voix basse.

— Euh … Je crois que tu lui as donné au moins une gifle, annonça son oncle. Et tu l'as confondu avec Kate, aussi. Ça peut être perturbant pour lui.

L'alpha observa l'adolescent allongé dans le lit, les yeux fermés, l'air paisible.

— Il n'a pas l'air d'avoir de la fièvre, donc je ne pense pas que ces blessures se soient infectées, lança son bêta.

— Comment j'ai pu lui faire ça ? chuchota le jeune homme.

Peter posa une main compatissante sur l'épaule de son neveu.

— Ce n'était pas toi, Derek. C'était l'aconit qui te faisait agir. Tu n'étais plus maître de ton corps, c'était le loup qui était exacerbé.

— Comment tu as fait pour m'arrêter ?

— J'ai essayé de t'assommer, mais c'est toi qui as eu le dessus au corps à corps. Donc j'ai filé dans la salle de bains pour attraper une seringue que Deaton m'a donnée pour neutraliser les effets de l'aconit et je te l'ai plantée dans le cou.

— Deaton t'a donné un antidote contre l'aconit ? s'étonna Derek.

— Stiles aussi était surpris, mais on n'est pas en si mauvais termes que ça, protesta son oncle.

L'alpha ne répondit rien et recommença à observer l'adolescent qui dormait dans le lit de son bêta. Peter lui donna un coup de coude et lui désigna le rez-de-chaussée.

— Viens manger quelque chose. On va finir par le réveiller si on continue de parler ici.

A contre cœur, le loup garou suivit son oncle jusqu'à la cuisine où ils se réinstallèrent. Le premier resta sur sa chaise, le regard dans le vide, pendant que le second lui servait une tasse de café.

— Je vais devoir y aller, finit par déclarer Peter. J'ai promis à Melissa de la rejoindre avant midi.

Comme son neveu ne réagissait pas, le lycanthrope tenta d'utiliser la même carte que celle qu'il avait utilisée pour dérider Stiles la veille au soir.

— Hé ! Tu veux que je t'en apprenne une bonne ? Je vais être papa.

Comme il l'espérait, Derek releva aussitôt la tête pour poser un regard étonné sur lui.

— Tu plaisantes ?

Peter secoua la tête, un sourire ravi sur les lèvres, les yeux pétillants d'enthousiasme.

— Dans huit mois, tu auras un cousin ou une cousine.

— Et bien … Félicitations. Et Scott, il a dit quoi ?

Le bêta grimaça.

— Il n'est pas encore au courant, mais Melissa ne devrait pas tarder à lui annoncer. J'espère juste qu'il va me laisser assez longtemps en vie pour que je puisse voir mon fils ou ma fille. Tu préfèrerais quoi, toi ? Une fille ou un garçon.

— Euh … Je pense que mon avis ne changera rien, la nature a dû déjà décider, depuis le temps, non ?

— Allez, joue le jeu ! réclama Peter. Fille ou garçon ?

Derek leva les yeux au ciel avant de céder :

— Une fille. C'est plus calme. Et j'ai hâte de voir Scott obligé de jouer à la poupée pour faire plaisir à sa sœur. Et j'ai surtout très envie de te voir jaloux quand elle ramènera ses petits copains chez toi. Et qu'elle commencera à sortir.

Son oncle lui lança un regard noir, bien vite remplacé par un air émerveillé.

— J'ai tellement hâte que le bébé soit là.

— T'as encore un peu de temps devant toi. Et du coup, toi, tu préfères que ce soit une fille ou un garçon ?

— Peu importe. Je m'en fiche.

L'alpha haussa un sourcil.

— J'ai dû jouer le jeu. A toi d'en faire de même.

Peter sourit.

— J'aimerais bien une petite fille, pour que ce soit ma petite princesse. Mais ça ne me gênerait pas d'avoir un garçon. Ça me rappellera ma jeunesse quand je m'occupais de toi.

Peter finit sa tasse de café et se leva pour la mettre dans le lave-vaisselle. Il salua son neveu avant de lui rappeler qu'en cas de besoin, il pouvait le joindre sur son téléphone. Le loup garou allait sortir quand Derek le rappela :

— Je me souviens qu'hier, on a reçu un colis contenant des tests de grossesse. On en avait trouvé trois mais ils se sont tous révélés négatifs. Et apparemment, tu avais trouvé autre chose dans le colis mais tu étais parti sans nous le dire. C'était quoi ?

Peter secoua la tête d'un air blasé.

— A ton avis ? C'était un test de grossesse à destination de Melissa. Et je ne pouvais pas laisser Scott voir ça. D'ailleurs, tu ne lui diras rien, hein ?

L'alpha promit de ne rien révéler et son oncle quitta le manoir pour rejoindre l'infirmière.

# #

Danny se réveilla avec un mal de ventre et une douleur derrière le front, comme si son cerveau lui donnait de grands coups de marteaux entre les deux yeux. Alors qu'il soulevait les paupières, la lumière du jour lui agressa les pupilles et il dut faire deux autres essais avant de réussir à ouvrir les yeux pour de bon.

L'adolescent chercha un indice pour lui permettre de reconstituer ce qu'il s'était passé la veille. Il se rappelait vaguement s'être disputé avec Isaac et être allé au Jungle afin de noyer son chagrin dans l'alcool. Le garçon se rappelait aussi être allé aux toilettes, mais à part ça, il avait peu de souvenirs vraiment précis.

Avec difficulté, Danny se redressa dans son lit en soufflant. Grand mal lui en prit. L'odeur de l'alcool qu'il avait ingéré la veille lui arriva dans le nez, lui arrachant un haut-le-cœur. Il voulut se lever pour aller aux toilettes, mais rien que le fait de s'asseoir sur le bord de son lit lui donna le tournis. L'adolescent finit par rassembler son courage et à pas lent, il partit s'enfermer dans les sanitaires pour soulager sa vessie.

Quand il revint dans sa chambre, il remarqua un petit papier plié en deux sous son portable. Il s'en saisit et lut la phrase qui y était griffonnée.

« Merci pour la soirée d'hier, c'était super ! »

Un numéro de téléphone était inscrit juste en dessous du message et Danny se laissa tomber sur son lit. Il se rappela soudain un verre offert, une main qui pousse la porte des toilettes, une clé qui tourne dans la serrure, un baiser échangé…. Et surtout deux yeux verts.

L'adolescent ferma les yeux. Qu'est-ce qu'il était allé faire comme bêtise ?

# #

Stiles se réveilla en sursaut. Il se retourna vivement et aperçut Derek qui l'observait par la porte ouverte. L'adolescent eut un mouvement de recul en apercevant l'alpha mais celui leva les mains pour lui montrer qu'il ne lui voulait rien de mal.

— Derek ? appela timidement le garçon.

— Je suis là, répondit le loup garou en s'approchant du lit et en s'asseyant sur le matelas.

Stiles sentit les larmes lui monter aux yeux en repensant à la peur qu'il avait eu la veille au soir et aux cauchemars qu'il avait faits toute la nuit. Derek tendit la main et lui caressa la joue.

— Je préfère quand tu fais ça que quand tu me frappes, avoua l'adolescent.

— Excuse-moi, je ne me rendais pas compte de ce que je te faisais, murmura l'alpha, les yeux brillants.

— Je sais. Peter m'a dit, pour l'aconit. N'empêche que j'ai eu peur.

— Pardon. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé. Ça ne recommencera plus. Je te le promets.

L'adolescent se rapprocha en grimaçant de son amoureux et le serra dans ses bras.

— Je ne t'en veux pas. J'ai eu peur, mais je ne te reproche rien. Je t'aime, Derek.

— Je t'aime, Stiles.

Le loup garou repoussa doucement son amoureux et fit mine de lui enlever son t-shirt mais Stiles le stoppa.

— Je ne veux pas que tu vois ça, déclara l'adolescent.

— Mais moi, j'ai besoin de le voir, affirma doucement le jeune homme. Pour savoir ce que je t'ai fait. Pour graver ça dans ma mémoire et ne plus jamais recommencer à te faire du mal.

Le garçon ne sembla pas convaincu mais laissa Derek faire quand il souleva son haut pour voir l'étendue des blessures. Des estafilades rouges sur le torse. Des griffures profondes sur les épaules. Des entailles à peine cicatrisées sur les hanches. Des égratignures sur les cuisses. L'alpha ferma les yeux mais Stiles put quand même voir la larme qui coula sur sa joue. Il l'essuya de l'index et attrapa le visage de son amoureux entre ses mains.

— Hé ! Ça va, je te jure. Je n'ai presque plus mal.

— J'arrive pas à croire que j'ai pu te blesser de cette façon. J'aurais pu te tuer.

— Mais tu ne l'as pas fait ! assura l'adolescent.

— Parce que Peter m'en a empêché, répliqua le loup garou.

Stiles déglutit et supplia le jeune homme :

— Je t'en prie, ne me quitte pas parce que tu penses que tu es dangereux pour moi ! Ce serait encore pire que ce qu'il s'est passé hier. Je te jure, je peux pas vivre sans toi.

Derek passa les bras autour des épaules de l'adolescent pour le rapprocher de lui et lui caressa la tête pour l'apaiser.

— C'est plutôt toi qui devrais me quitter, vu ce que je t'ai fait. J'ai de la chance que tu veuilles encore de moi.

— Je ne veux que toi dans ma vie, Derek. Je n'ai besoin de personne d'autre. Il n'y a que toi qui sache me rendre heureux.

— Je t'aime, chaton. Excuse-moi …

Ils restèrent longtemps blottis l'un contre l'autre, sans plus rien d'autre, savourant le fait de s'être retrouvés. Puis, Stiles marmonna :

— Peter t'a dit qu'il allait être père ?

— Ouais. Il me l'a annoncé avant de partir rejoindre Melissa. Ne dis rien à Scott.

— Hé … Je sais garder un secret …

L'adolescent se recula et annonça qu'il allait prendre sa douche. Derek hocha la tête et promit au garçon de venir s'occuper de ses blessures une fois qu'il se serait lavé. L'alpha le regarda s'éloigner avant de se frotter le visage. Malheureusement, son geste ne parvint pas à effacer la honte et la culpabilité qui lui rongeaient le cœur.

Que se passerait-il si les trois inconnus l'empoisonnaient de nouveau ? Qu'adviendrait-il de Stiles si personne n'arrivait à arrêter le loup garou à temps ? Et surtout, comment Derek ferait-il pour survivre si l'adolescent venait à mourir, que ce soit par sa faute ou par la faute de quelqu'un d'autre ?