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Chapitre 43

Bella

La question de Carlisle fut accueillie par une vague d'activité. Je ne savais pas vraiment ce que je pouvais faire pour les aider alors je m'assis à côté de lui et lui tins la main. Il avait l'air d'avoir besoin de contact. Je savais que je pouvais l'aider à oublier mais aussi qu'à sa place, je ne voudrais pas qu'on me prive de la douleur et de la peur. Je voudrai les utiliser. Espérons que Carlisle puisse les utiliser aussi. Il avait l'air assez perdu et il me tenait comme une bouée de sauvetage.

"Alice, appelle et réserve-nous des places dans l'avion pour demain après-midi," ordonna Jasper.

Elle hocha la tête et commença à appeler. "Edward, cherche-nous un autre avion pour partir dès que possible, nous prendrons celui-là. S'ils nous espionnent, je veux qu'ils pensent que nous avons un jour de retard. Utilisez l'un des comptes cachés, il y des chances qu'ils ne les connaissent pas ou qu'ils ne nous espionnent pas d'aussi près. Si oui, il n'y a rien que nous puissions faire mais nous allons faire ce que nous pouvons pour dissimuler nos réels mouvements." Edward courut vers l'ordinateur tout en utilisant son téléphone. "Em, Rose," il s'arrêta et regarda attentivement Carlisle. "Allez chercher quelques couvertures et des vêtements, juste au cas où nous en aurions besoin." Ce qu'il ne dit pas mais que nous comprîmes tous, c'est qu'Esmée pourrait ne pas être en grande forme quand nous la retrouverions. Carlisle tressaillit et gémit, me serra fort mais ne dit rien. Emmett et Rosalie se précipitèrent à l'étage.

Jasper était en mode militaire, nous guidant avec des mots stratégiques et de la confiance dans ses ordres. Il sortit son téléphone portable et composa un numéro.

"Eléazar, nous avons besoin de tes conseils," dit-il d'un ton pressé.

"Qu'est-ce que c'est, Jasper?" Il y avait de la peur dans la voix d'Eléazar.

"Aro détient Esmée." Il y eut un soupir audible sur la ligne. "Alice n'a pas pu le voir. Nous pensons qu'il a trouvé un vampire qui est capable de bloquer nos pouvoirs, tous nos pouvoirs."

Eléazar soupira. "Je suis tellement désolé pour ce que Tanya a fait. Je ne pensais pas qu'il s'en prendrait immédiatement à ta famille. C'est davantage son style d'aller vers les parents de Bella."

"Il l'a fait," dit Jasper regardant Carlisle, dont les mains serraient les miennes presque douloureusement maintenant.

"Oui, oui, bien sûr Esmée est un parent. Je voulais dire ses parents humains. Ils sont beaucoup plus vulnérables et bien ... je présumais qu'il ne ferait pas quelque chose comme ça à Carlisle. Je ne sais pas pourquoi. Aro met rarement l'amitié avant ses propres désirs."

"Alors, as-tu déjà entendu parler d'un vampire avec un pouvoir comme ça, avec la capacité de bloquer les autres pouvoirs?"

"Certes, ce pouvoir pourrait être qualifié de bouclier. Je n'ai jamais vu celui qui pourrait bloquer physiquement tous les pouvoirs mais il y a toujours eu des rumeurs qu'un tel vampire existait. Aro cherche dans le monde entier depuis des années et je suppose qu'il a redoublé d'efforts quand il a appris les pouvoirs dans ta famille. Même avant que le don de Bella se manifeste, il désirait Alice et Edward. Après avoir découvert le pouvoir de Bella ... rien ne pouvait plus le dissuader de la vouloir."

"Je me doutais de ça," répondit sèchement Jasper. "Alice peut nous voir à Volterra, nous supposons qu'Aro ne sera pas près d'Haides ou du moins que Haides n'est pas à Volterra. "

"Haides?" La voix d'Eléazar était incrédule. "Il existe, alors."

"Que veux-tu dire?" demanda brusquement Jasper.

"Pendant des années, avant même que je quitte les Volturi, Aro parlait de celui qui annule les pouvoirs. Il avait rencontré un vampire qui avait rencontré Haides à la fin de 1800. Ce vampire, Jonas, avait un don offensif assez similaire à celui de Kate. Il avait tenté de montrer son talent à Haides mais avait été incapable de l'électrocuter. Sa femme, Ellen, pouvait lire dans les pensées et elle était incapable de lire quoi que ce soit. Ils ont séjourné brièvement avec lui mais ils se sont séparés. Lorsque Aro a vu Haides dans les souvenirs de Jonas, il était incroyablement excité mais inquiet en même temps. Un tel don le rendrait vulnérable aussi. Il en a fait un but de le trouvé mais il n'y est pas arrivé. Finalement, c'est juste devenu une rumeur ou une exagération pour la plupart des Volturi mais Aro n'a jamais oublié, j'en suis sûr. Il semble qu'il l'ait enfin trouvé."

"C'est vraiment notre chance," marmonna Jasper. "Alors, penses-tu que ça serait logique qu'Aro se sépare de Haides une fois de retour à Volterra?"

"Sans aucun doute," répondit Eléazar avec confiance. "Il ne voudrait pas être impuissant, surtout sachant que vous allez bientôt tous arriver."

"Donc, tu ne penses pas qu'il va le garder près de lui afin de neutraliser Bella?" Je mordis ma lèvre, car je m'inquiétais à ce sujet.

Eléazar rit ironiquement. "Une chose que tu dois savoir sur Aro c'est que cet homme est trop confiant au point d'être parfois téméraire. Il pense qu'il est invincible et il n'a jamais eu à faire face à un défi. Il a déjà sous-estimé les gens avant et il le fera de nouveau. Aro sait qu'un talent comme celui de Bella exige beaucoup de pratique. En fait, je suis sûr que c'est l'une des choses qu'il va lui proposer quand il la verra de nouveau…. Qu'il la guidera vers son plein potentiel. Il n'imagine pas que vous êtes tous capables de le faire. Il sera avec sa garde, rassure-toi, mais je ne pense pas qu'il voudra qu'Haides soit là pour contrer… Il va penser qu'avoir Esmée est suffisant."

"Autre chose, va-t-il garder Esmée à Volterra?"

"Non, pas dans les murs de Volterra, elle va être gardée hors de la ville, assez proche cependant pour l'amener rapidement si vous acceptez ses termes mais assez loin pour ne pas que vous la trouviez facilement."

Carlisle murmura "Esmée" si doucement que je faillis ne pas l'entendre. Je passai mes bras autour de lui et il reposa sa tête sur mon épaule.

"Comment pouvons-nous la retrouver alors?" demanda Jasper.

"Cherchez les trous dans la vision d'Alice! Quand Edward ne peut plus entendre les pensées, vous êtes proches! Je ne peux pas dire à coup sûr. Je suis celui qui disait à Aro à propos de pouvoir d'une personne, je suis celui qui l'a aidé à bâtir sa collection. Il ne m'a jamais inclus dans ses méthodes de persuasion," il y avait un drôle de ton dans la voix d'Eléazar. De la culpabilité, peut-être. "Je n'aime pas me souvenir de cette partie de ma vie, je me sens mal d'avoir aidé Aro dans sa quête de pouvoir, en particulier maintenant. Y a-t-il quoi que ce soit que ma famille et moi puissions faire pour vous aider?"

"Je ne pense pas," Jasper secoua la tête même si Eléazar ne pouvait pas le voir. "Si je pense à quelque chose, je t'appellerai. Tout ce que je peux te demander de faire est d'essayer de te souvenir de tout ce qui pourrait nous aider. Nous ne serons pas joignables pendant le voyage mais laisse-nous un message si tu trouves quelque chose."

"Je le ferai. Et encore une fois, je suis tellement désolé que cela soit arrivé..."

"Ce n'est pas de ta faute," dit Jasper. "Nous en reparlerons quand nous aurons récupéré Esmée. A bientôt." Sur ce, il coupa la communication et se dirigea vers Edward.

Assise là à côté de Carlisle le mot "faute" fit écho dans mon esprit. Ce n'était pas la faute de Tanya si les Volturi avaient eu connaissance de mon pouvoir, ce n'était pas ma faute si j'avais utilisé mon pouvoir sur Tanya, ce n'était pas non plus la faute d'Edward parce qu'il m'avait transformée... mais ça devrait être la faute de quelqu'un et peu importe ce qu'ils disaient tous, je savais que c'était ma faute.

"Arrête," dit Carlisle, me regardant directement pour la première fois depuis longtemps. "Je sais ce que tu fais mais tu ne peux pas te blâmer. Je ne te blâme pas, Bella." Et il ne me blâmait pas, ce qui était un miracle en soi. Je ne savais pas si je pourrais le faire, si la situation était inversée. Serait-il capable de ne pas me blâmer si quelque chose arrivait à Esmée? Si Aro la blessait ou même la tuait... Je ne pouvais pas terminer cette pensée. Je savais que s'il touchait Esmée les choses deviendraient rapidement hors de contrôle. Et ça serait à moi de nous maintenir tous en contrôle à tout moment.

Pourrais-je le faire? C'était une chose de jouer avec l'esprit pour s'amuser ou s'entrainer, mais là, des vies était en jeu. Et je ne doutais pas que ce soit le cas ici. Si je ne pouvais pas le faire, les gens que j'aimais mourraient. Je ne pouvais pas échouer. Je ne le ferai pas.

Je me répétais les mots encore et encore, tandis que tout le monde convergea dans le salon. "Notre avion sera prêt à décoller demain à quatorze heures," annonça Alice. Ils décolleront, sans nous à bord pour l'Italie."

"Nous partons dans une heure de Lebanon Municipal Airport. J'ai réservé un Gulfstream 200 qui venait de Boston. Il devrait être là dans environ trente minutes," dit Edward, posant une main sur mon épaule. "Il faut que nous partions dans quinze minutes."

"C'est moi qui conduit," sourit Rose.

"De la voiture?" demandai-je, apparemment stupidement, alors que ma famille étouffa des rires.

"De l'avion," me corrigea Rose.

"C'est plus facile, pas de pilote pour devoir nous expliquer. J'ai déjà piraté la base de données de FAA et déposé notre plan de vol sous le nom de Jenkins. Ils pensent que nous allons à Madrid. "Je regardai mon mari toute émerveillée, arrêtait-il un jour de me surprendre? Existait-il quelque chose qu'il ne puisse pas faire?

Jasper hocha la tête. "Bien, nous allons rester sous le radar des Volturi alors. "

"Le temps de vol est d'environ sept heures et demie et nous atterrirons à Pise, à environ 50 kilomètres de Volterra. Nous pouvons y arriver à pied en vingt-cinq minutes." Près de neuf heures jusqu'à Volterra. Cela semblait une éternité.

"La voiture est chargée," dit Emmett. "Nous avons emballé des vêtements pour tout le monde puisque nous ne savons pas combien de temps nous serons là-bas." Espérons pas longtemps mais qui pouvait le dire?

"Allons-y!" dit Carlisle, se mettant debout. Il me tira sur mes pieds et me serra la main pour montrer sa reconnaissance. "Il est temps de ramener Esmée à la maison."

Le trajet jusqu'à l'aéroport se passa dans un flou mais l'avion était autre chose. Je n'avais jamais volé sur un avion privé, mais bien sûr le reste de ma famille préférait voyager comme cela, aucun être humain pour les tenter. Rosalie décolla rapidement, tandis que je tombai dans mon siège en cuir moelleux appréciant le luxe autour de nous. Il y avait deux écrans de télévision, même si aucun de nous n'avait pas vraiment envie de regarder quelque chose.

Je souhaitais pouvoir trouver l'évasion dans le sommeil, pour faire taire mes pensées pendant quelques heures. Il ne manquait pas grand-chose de ma vie humaine mais le sommeil est certainement sur la liste. Je ne suis pas fatiguée mais pouvoir m'exclure du monde était impossible maintenant. Au lieu de cela j'étais forcée de m'asseoir et ne rien faire, juste réfléchir pendant sept heures.

A me demander à quoi nous allions faire face à Volterra, me soucier d'échouer et voir ma famille souffrir.

Alice se laissa tomber sur le siège à côté de moi et enroula son bras sous le mien. "Comment vas-tu?" me demanda-t-elle d'un ton solennel. Comment vais-je? Je ne savais pas comment répondre à cette question. Je… j'attendais.

"Je vais bien, je suppose. Je souhaite savoir ce qui arrivera, mais ..." son petit visage tomba et immédiatement je regrettai mes mots. "Alice, je ne te blâme pas parce que tu n'es pas en mesure de voir le futur. C'est juste que c'est difficile d'anticiper. Tu sais le sais mieux que personne."

"Je suis une ratée," murmura-t-elle. Jasper lui envoya un regard perçant bien qu'il soit plongé dans une conversation avec Edward sur les stratégies, et sembla vouloir se lever. Je secouai la tête et il resta assis.

"Chaque fois que tu n'as pas réussi voir quelque chose, nous avons tout de même réussi à nous en sortir, n'est-ce pas? Je veux dire, nous sommes tous ici, malgré les fêtes d'anniversaire, insaisissables et sanglants vampires et métamorphes."

Alice laissa échapper un rire. "C'est gentil de me consoler en pointant mes autres échecs, Bella."

Je lui souris. "Tu n'es qu'un humain, non?" Elle rit à nouveau. "Sérieusement, Alice, je me suis flagellée tout à l'heure pensant que je suis la cause de tout cela, mais comme Carlisle disait ce n'est pas ma faute. Nous sommes juste dans une situation pénible. Nous devons attendre et voir ce qu'il se passera. Nous espérons tous que tu verras quelque chose bientôt. Aro devrait être de retour à Volterra dans un avenir proche avenir. Tu iras mieux une fois que tu sauras ce qu'il se passe à nouveau."

Elle lâcha un soupir de soulagement et posa sa tête sur mon épaule. "Tu as raison. Je voudrai juste voir quelque chose. Aro, Esmée, la garde... peu importe quoi, tant que c'est utile."

"Et tu verras. Sois patiente."

Elle leva la tête et me regarda dans les yeux. "Même si je ne peux pas voir, Bella, je sais que tu peux le faire. Tu peux aider la famille à traverser ces moments pénibles. Je voudrais avoir le confort de mes visions mais je pense que nous allons tous être bien. Je savais que tu seras importante pour cette famille, je ne comprenais juste pas combien tu le serais. Il me semble que nous t'attendions sans le savoir."

Les mots d'Alice me firent du bien. Ils avaient tous une telle foi en moi, qu'il m'était impossible de les laisser tomber. Bien sûr, avec leur confiance, je sentais plus de pression. Faillir n'était pas une option mais je devais rester calme et espérer que tout se passe bien.

Je sentis une décharge quand la main d'Edward toucha ma joue. Est-ce que je sentirai toujours chacune de ses caresses comme si c'était la première? Alice rit et alla rejoindre Carlisle qui n'avait pas prononcé un mot depuis le décollage. Il se contentait de regarder par le hublot, voyant quelque chose que je ne pouvais comprendre.

Edward se glissa dans le siège d'Alice et enroula son bras autour de moi. "Bonjour amour." Il pressa ses lèvres sur les miennes et resta assis à côté de moi en silence, à ma grande surprise. Ne voulait-il pas me rassurer? Ne voulait-il pas savoir comment je me sentais?

Après plusieurs minutes de silence et le bourdonnement agréable de l'énergie entre nous, je devais demander. "Pourquoi ne me demande-tu pas comment je vais?"

Il sourit de ce sourire en coin qui ne manquait jamais de faire accélérer comme un fou mon cœur silencieux. Je jure que je pouvais le sentir pomper de nouveau quand il me regardait comme ça. "Je n'ai pas besoin de te demander, je sais déjà." Quoi? Avais-je laissé mes pensées ouvertes sans le savoir? Ce n'était pas bon, et si Aro pouvait me lire? Je commençais à paniquer et Edward mit un doigt sur mes lèvres. "Je ne suis pas en train de lire tes pensées, Bella."

"Qu'est-ce donc?"

"Penses-tu vraiment que je ne te connaisse pas? Même si ton visage est sans expression, je peux voir quand tu cogites. Je te connais, Bella. Je peux te sentir de la même façon que tu peux me sentir. " Je soupirai de soulagement de n'avoir pas laissé mes pensées ouvertes par inadvertance. Cela ne me dérangeait pas avec Edward, mais avec Aro ce serait une autre histoire.

"Tu m'as fait peur!" lui dis-je, lui donnant un coup de coude dans la poitrine et souriant quand j'entendis un "ouf". "Tu ne l'as pas vu venir?"

Il rit et caressa ma joue avec ses lèvres. "Non. Es-tu embêtée que je te connaisse si bien que je sache ce que tu ressens? "

Il avait l'air un peu blessé par ce fait et je me hâtai de l'assurer que ce n'était pas le cas. "Non, bien sûr que non. Je suppose que tu me connais assez bien maintenant, après tout. Mais je ne veux pas mentir, les jours où je pouvais garder mes pensées pour moi-même me manquent."

"Pas à moi!" il sourit, bien que son sourire disparut rapidement. " Je ne peux pas lire toutes tes pensées, et c'est encore plus spécial quand tu me laisses le faire. Mais je n'ai pas besoin de lire tes pensées pour savoir que tu es nerveuse en ce moment. Je ressens la même chose." Et je pouvais le voir aux traits de son visage. Je pris sa main dans la mienne et jouait avec ses doigts. "Je ne veux pas laisser tomber tout le monde."

"Tu ne laisses tomber personne, Bella." J'ouvris la bouche pour protester mais il secoua la tête. "Non, je ne dis pas que tu ne pourrais pas échouer, même si je ne crois vraiment pas que tu le feras. Ce que je veux dire c'est que nous pouvons juste de demander d'essayer. C'est beaucoup de poids que nous mettons tous sur tes épaules et chacun de nous en est conscient, même si nous ne semblons pas le reconnaître. Peu importe ce qu'il se passe, toi et moi serons ensemble. Voilà la seule chose dont je suis sûr dans tous tout ce gâchis."

Je l'embrassai, heureuse qu'il n'ait pas juste essayé de me calmer avec des banalités. Il avait admis que les choses pourraient mal se passer. Gagner ou perdre, Edward resterait à mes côtés. Si je devais en quelque sorte rejoindre Aro, mais c'était presque inconcevable d'y penser, Edward resterait avec moi. Il était ce dont j'avais vraiment besoin dans ma vie. Je ferai de mon mieux pour lui et pour la famille mais si je perdais, je ne serais pas seule.

Il prit mon visage quand il cassa notre baiser. "Je serai là avec toi et si nous perdons, nous perdrons ensemble. Être joint avec toi par ton esprit, faire ce que nous avons fait pour Rose ... Je ne me suis jamais senti plus proche de toi. Je ne pensais pas qu'il était possible d'être aussi proches," un ricanement d'Emmett venant de la cabine du pilotage l'interrompit. "Je ne voulais pas dire ça comme ça," sourit Edward. "C'était comme si nous étions un seul esprit en ce moment, moi te lisant ou vice versa. C'était beau."

Je l'embrassai à nouveau, en partie à cause de ce qu'il venait de dire, et en partie parce qu'il était juste magnifique quand il parlait. C'était comme s'il était éclairé de l'intérieur et je savais que ses mots reflétaient mes pensées. "Oui, c'était comme un seul esprit, un corps ... peut-être même une seule âme." Je voulais pouvoir trouver de meilleurs mots." J'étais conscient de toi et de moi mais nous ne nous sentions pas comme des personnes distinctes à ce moment-là."

Il sourit. "Je veux le refaire, si nous le pouvons." Je ris. "Nous le referons à Volterra."

Edward se mit à rire. "Je veux dire quand nous serons seuls." Emmett siffla mais Edward l'ignora. "Penser d'être joint comme ça, quand nous faisons l'amour... Je ne vais pas mentir, j'y pense souvent depuis que nous l'avons fait."

Je ris et lui serrai la main. "Tu n'es pas le seul." Je voulais vraiment explorer cela en détail une fois que tout serait derrière nous.

Il leva ma main à ses lèvres et l'embrassa. "Une femme selon mon cœur."

"J'ai déjà ton cœur." Combien de temps il m'avait fallu pour accepter cela! Cependant, je n'en doutais plus.

Les yeux d'Edward s'obscurcirent et il me sourit. "Oui, tu l'as."

"Assez, les tourtereaux!" Jasper s'assit face à moi, l'expression renfrognée. Je pouvais voir qu'il faisait semblant parce que ses lèvres se contractèrent un peu. Je regardai autour et je vis Carlisle regarder par le hublot sentant la tristesse m'envelopper à nouveau. Je me sentais mal de fantasmer à faire l'amour avec mon mari alors que Carlisle devait se dire qu'il ne reverrait plus jamais sa femme.

"Comment va-t-il?" demandai-je à Edward. J'avais impression que Carlisle ne répondrait pas si je le lui demandais.

Edward fronça les sourcils. "Il ne pense qu'à Esmée. Il n'est pas vraiment au courant de ce qu'il se passe autour de lui. Il veut juste la revoir. "Je pouvais comprendre ça.

"Il est engourdi," dit Jasper. "On dirait qu'il ne se ressent pas quoi que ce soit en ce moment, ou je dirais qu'il ressent tout et qu'il l'ignore." Mon cœur eut mal pour lui.

"Pouvons-nous faire quelque chose?"

Jasper réfléchit pendant une minute puis secoua la tête. "Je pourrai lui faire sentir autre chose mais je pense que c'est mieux comme ça. S'il se noyait dans le chagrin, je ne pense pas que nous pourrions l'emmener avec nous à Volterra. Je préfère qu'il soit comme ça." Ça avait l'air horrible, mais c'était logique. Nous bavardâmes pendant un certain temps, essayant de faire passer ce long vol de notre mieux. C'était plus dur pour Alice, bien sûr. Elle était un paquet d'énergie et elle n'avait rien pour la dépenser. Jasper me dit en riant qu'elle avait failli provoquer un accident parce qu'elle tournait trop rapidement dans la cabine.

"Oh, tais-toi! Nous sommes tombés de quelques centaines de pieds, c'était à peine un accident!" souffla-t-elle, se jetant sur ses genoux et nous rîmes tous avec elle. "Je n'y suis pour rien si je n'aime pas être confinée trop longtemps," dit-elle.

"Ce n'est pas ce que j'ai entendu," hurla Emmett de l'avant. Un bruit de claque suivit ce commentaire alors qu'Alice se retint de lui rendre la monnaie de sa pièce. Ça paraissait mal de rire dans un moment pareil mais en même temps, c'était agréable de se laisser aller.

"Un jour, bientôt nous voyagerons pour le plaisir, Bella. Il y a tellement de choses que je veux te montrer! Nous pourrons aller sur notre île au large du Brésil, et bien sûr il faudra que nous retournions à Paris! "

"Je suis allée à Paris," dis-je, souriant au souvenir de ma lune de miel avec Edward.

"Oui, mais tu as à peine vu Paris. Tu as fait très peu de shopping. Il y a tellement de créateurs de mode fabuleux que nous allons voir! Et puis nous pourrions voir la Fashion Week à Paris et peut être à Milan aussi! De plus, nous devrions vraiment aller en Espagne et puis ... " elle s'arrêta, ses yeux devinrent tout flous.

Edward se pencha en avant avec impatience et regarda la vision d'Alice. Il avait l'air assez content de ce qu'il voyait que je me dis que ça devait être une bonne chose. Jasper et moi échangions des regards, à la fois un peu ennuyés d'être laissé en dehors, mais heureux qu'Edward n'ait pas l'air trop bouleversé par ce qu'ils voyaient.

Alice sortit de sa vision et regarda Edward pendant un moment avec de grands yeux.

"Oh c'est bien!"

Jasper roula ses yeux vers moi, alors qu'ils communiquaient silencieusement. "Ecoutez, vous deux, crachez le morceau ou Bella va vous forcer à le faire et je vais vous faire sentir mal pendant ce temps-là."

Edward sourit. "Désolé. Alice a vu Aro qui parlait avec Caius. Il disait que Haides a pris Esmée quelque part en dehors de Volterra. Ils ne disent pas où. Caius était mécontent parce que Haides était seul et il a décidé d'aller garder Esmée aussi".

"Je ne comprends pas, pourquoi êtes-vous heureux tous les deux?" demandai-je, ne voyant pas ce qui avait de bon là-dedans, nous ne savions pas où était Esmée et elle avait plus d'un garde.

"Cela signifie que ton pouvoir marchera. Je pensais qu'Aro enverra Haides ailleurs, mais maintenant nous sommes sûrs qu'il l'a fait. Edward et toi pouvez gérer les Volturi tandis que nous allons traquer Esmée, " m'informa Jasper.

"Mais comment allez-vous la trouver?" demandai-je. Je savais qu'ils pensaient que les trous dans la vision d'Alice nous aideraient mais cela semblait être un coup de poker pour moi.

"Nous ne la chercherons pas!" dit Alice avec un grand sourire. "Nous allons attendre et suivre Félix, il nous conduira vers elle! Au moins, je le pense. La vision s'arrête là, probablement quand nous arrivons près de Haides."

"Cela semble assez facile, pourquoi Félix le ferait?" J'avais impression de vivre dans une autre dimension qu'eux pour l'instant.

"Tu vas le lui faire faire, Bella," me dit doucement Edward. Oh! Cela semblait presque trop simple, en comparaison de tout le reste. Je pourrais certainement le faire.

"Pourquoi nous séparer alors? Pourquoi ne pas trouver Esmée d'abord, puis Aro? "Je n'aimais pas vraiment l'idée qu'Edward et moi soyons seuls. Si quelque chose partait de travers, ils pourraient blesser Edward pour s'en prendre à moi. Je ferais tout pour lui, même plier devant Aro.

"Parce qu'Aro se concentrera sur vous deux et nous devons trouver Esmée. S'il décide d'envoyer la garde après nous, tu pourras t'assurer qu'ils ne suivent pas ses ordres. Tu nous protègeras en distrayant Aro," me dit Jasper. Pas de pression là. Je ravalai un gémissement et Edward resserra son emprise sur mon épaule.

"Tu peux le faire, Bella. La seule partie difficile sera quand il faudra effacer sa mémoire. L'histoire d'Aro est très vaste et ça va nous prendre un certain temps pour fouiller dans son cerveau," dit Edward.

"Voilà pourquoi vous devez attendre jusqu'à ce que nous soyons de retour avant d'essayer cela. Si Bella perd le contrôle sur eux, nous avons besoin d'être là pour vous protéger," déclara Jasper. Super.

Il y avait tellement de choses qui pourraient tourner mal et apparemment tout reposait sur mes épaules. Il n'y avait rien que je puisse faire à ce sujet, cependant. Espérons que nous allions tous en sortir vivants.

"Alice, peux-tu voir plus?" Si elle pouvait voir Félix, sûrement elle pouvait voir ce qui arriverait avec Aro.

Ses yeux devinrent flous et Edward se pencha en avant avec impatience. Jasper et moi attendîmes patiemment, encore une fois. Alice secoua la tête et Edward semblait légèrement perturbé. Ce n'est pas un bon signe. "Alors?" demandai-je.

"Je peux voir jusqu'à un certain point, je vous vois parler avec Aro. Cela semble bien se passer. Edward te donne un signal ou deux, je suppose pour utiliser ton pouvoir en quelque sorte mais je ne sais pas exactement ce que c'est comme je ne peux pas lire les esprits. Finalement, tout devient vide."

Vide? Je n'aime pas ça. "Pourquoi?"

Jasper avait l'air heureux, ce que je trouvai bizarre. "Parce que nous allons vous rejoindre, j'imagine. Ou Haides, si non Alice aurait vu quelque chose. Elle ne peut pas voir Esmée parce que Haides est avec elle. Alors, Alice ne voyant rien signifie probablement que nous avons trouvé Esmée."

Ces mots déclenchèrent quelque chose en Carlisle, il nous sembla remarquer pour la première fois. "Esmée? Elle va bien? " demanda-t-il avec empressement, sa voix rauque d'émotion.

"Eh bien," dit Jasper hésitant, clairement ne voulant pas donner trop d'espoir à Carlisle. "Comme je le disais, cela pourrait signifier que Haides nous a échappé et qu'il est retourné à Volterra. Il y a aussi le fait qu'Alice ne peut pas vraiment voir comment fonctionne le don de Bella. Je pense qu'Esmée va bien, bien sûr, mais ... "

"Elle ira bien," dit Carlisle fermement, tournant la tête vers le hublot. Nous échangeâmes des regards impuissants, mais personne ne voulait le contredire. Nous voulions tous croire cela. Je devais croire qu'elle irait bien ou je ne serais pas capable de traverser tout cela. Je faisais cela pour ma famille, la famille que j'avais choisie et qui m'avait complètement acceptée. Esmée m'avait aimée dès le premier jour où elle m'avait rencontrée, et même avant. Edward m'avait dit que dès l'instant où elle avait découvert qu'il m'aimait elle avait voulu m'accueillir à bras ouverts. Je voulais faire la même chose pour elle, la rendre à notre famille, là où sa place était. Peu importe, Esmée devait nous revenir. Carlisle avait besoin d'elle. Il était brisé sans elle. J'étais comme lui quand Edward était parti et au moins je savais qu'il était vivant. Quand je pense qu'il pourrait mourir ... non, je ne voulais pas penser à ça. Ça n'arriverait pas! Je ferai tout pour cela.

"C'est votre capitaine qui vous parle," retentit une voix par l'interphone. Pourquoi Emmett avait besoin de l'utiliser quand nous pouvions tous l'entendre parfaitement me dépassait, mais là encore, c'était d'Emmett dont nous parlions.

"Je suis le capitaine, idiot," siffla Rose, suivi d'un bruit de claque à nouveau.

"Aie! Très bien. Ceci est votre co-capitaine qui vous parle, alors s'il vous plaît attachez vos ceintures. Nous commencerons notre descente vers Pise dans environ trois minutes. S'il vous plaît mettez tous les plateaux dans leur position verticale et plus de démonstration d'affection inappropriée. Cela signifie que tu dois quitter les genoux de Jasper, Alice!" Elle ricana et secoua la tête. "Ne me faites pas venir," l'avertit-il, comme s'il l'avait vue secouer la tête. Elle soupira et s'assit dans son siège mais aucun d'entre nous ne mit la ceinture de sécurité. Ce n'était pas comme si nous allions mourir si l'atterrissage se passait mal.

Rose nous posa doucement, comme si elle pilotait chaque jour. Je me demandai combien de fois elle avait vraiment volé et si je ne pourrais pas apprendre moi aussi. Carlisle se leva avant que l'avion cesse de bouger. Alice se leva et attrapa son bras avant qu'il ne puisse démolir la porte dans son impatience de trouver Esmée. "Carlisle, nous la trouverons bientôt, je te le promets." Il se figea, mais ne regarda pas vraiment Alice, clairement perdu dans ses pensées pour Esmée.

Nous sortîmes rapidement et Alice nous montra la direction dans laquelle nous devions aller. Nous partîmes tous en courant sans un mot. J'avais l'impression que je n'avais pas couru depuis longtemps mais je ne pouvais pas en profiter cette fois-ci. Mon esprit était rempli des possibilités auxquelles nous devrions faire face à Volterra. Je savais que la personne la plus importante que je devrais contrôler était Jane. Son pouvoir ne marchait pas sur moi, à moins que je le lui permette mais elle pourrait s'en prendre à Edward. Je ne lui permettrai pas de le blesser de nouveau. Je me souvenais encore quand il s'était effondré dans une totale agonie. J'aurais voulu utiliser son propre pouvoir contre elle mais je ne savais pas si c'était possible. Dommage!

Aro ne devait en aucun cas toucher Edward où il saurait tout. J'allais devoir faire en sorte qu'il ne le touche pas. Espérons qu'il ne remarquera pas que ce n'était pas son idée. Il y avait tellement de choses qui pourraient mal tourner, planifier tout semblait impossible. Je détestais l'idée de ne pas savoir plus. Edward et moi devions distraire Aro assez longtemps pour que les autres puissent trouver Esmée.

En moins de trente minutes, nous étions devant les murs familiers de Volterra. Je fus surprise de m'en souvenir alors que j'avais presque perdu ma vie ici. Je suppose que cela me collait à la peau. Toutes mes expériences de mort imminente étaient assez claires, bien que j'étais humaine à l'époque. C'était le soir, heureusement, nous étions capables de nous déplacer discrètement dans la ville. Comme nous approchions de l'entrée, Alice nous rappela de rester silencieux. Elle nous mena dans une ruelle qui avait l'air d'une impasse mais je savais que derrière le mur de briques se trouvaient les tunnels menant dans le repaire d'Aro. Nous nous alignâmes de chaque côté du trou, attendant.

"Combien de temps?" demanda Emmett avec impatience.

Alice leva sept doigts en l'air puis mit son doigt sur sa bouche pour lui rappeler de se taire. Sept minutes. Edward enveloppa ses bras autour de ma taille et m'attira contre lui. Je m'adossai contre son épaule inhalant son odeur de soleil et de miel. Rien ne pouvait me calmer autant que lui. Il serait toujours tout ce dont j'aurai besoin. Il était mon air et je l'inhalai pieusement. Je détestais être ici de nouveau, où nous avions presque tout perdu. Je haïssais Aro de me faire revenir. Je m'étais juré de ne jamais revenir.

Edward se raidit et je sus qu'il avait entendu Félix. Il nous fit signe et nous nous déplaçâmes plus loin dans les ombres alors que Félix approchait. Je pouvais entendre ses pas lourds maintenant. Il y eut un bruit puis ses mains apparurent et il sortit du trou. Il se tourna instantanément vers l'endroit où nous étions, après nous avoir sentis sans doute mais je n'étais pas sur le point de le laisser sonner l'alarme. Sois silencieux et reste immobile. Il se figea ressemblant à l'une des statues de marbre qui ornent la fontaine de la place. Il était vêtu d'un des redoutables manteaux gris que les Volturi portaient. Ses épaules massives étaient un indice de sa force mais en ce moment c'était moi qui avais le pouvoir et j'allais m'en servir.

Si tu sais où est Esmée, hoche la tête. Sa tête géante se secoua lentement. Va là-bas maintenant. Ignore les odeurs et les sons derrière toi, va tout droit là où est Esmée. Il commença marcher rapidement vers le nord et immédiatement Carlisle le suivit, Rose et Emmett juste derrière. Jasper et Alice nous regardèrent un instant nous souriant et nous faisant un clin d'œil. S'il vous plaît laissez-les tous revenir sains et saufs, priai-je.

Edward et moi regardâmes notre famille filer rapidement dans la nuit avant de nous regarder. Il prit mon menton dans sa main et pressa ses lèvres doucement sur les miennes. "Je t'aime," murmura-t-il, m'embrassant.

Je reculai et pris sa main dans la mienne. "Je t'aime aussi," dis-je clairement. "Allons-y."

Ensemble, nous nous laissâmes tomber dans le trou, prêts à affronter notre ennemi, j'espère pour la dernière fois.


Et voilà, ils sont dans l'antre du diable!

La suite la prochaine fois avec Alice...