Bêta : Moïra-Chan ~
Rating : T (ah non, là vous verrez, il est plutôt calme :D)
Résumé : Je sais qu'ils sont dangereux, qu'ils peuvent faire beaucoup de mal. Mais… penser qu'il faut chaque fois les anéantir me pose problème. J'aimerais… j'aimerais pouvoir, parfois, trouver une autre solution. Aider, soigner, au lieu de détruire et de faire fuir. Je ne sais pas si c'est possible, mais j'aimerais pouvoir y croire. Vraiment.
Note de l'auteur : Je me sens un peu moins coupable : le thème est pas ultra court, cette fois-ci ! HAHA ! :D J'espère qu'il vous plaira, cela dit, parce que j'en suis pas ultra ultra satisfaite... n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez après. Bonne lecture !
Auto-évaluation : ***
48 - Jeune
« Tu es prêt ? »
Je lève les yeux vers mon cousin et meilleur ami – Jake – qui a passé la tête dans l'encadrement de la porte. Finissant de boucler la seconde lame d'argent dans ma botte, j'acquiesce et me relève. Quelques instants après, je l'ai rejoint dans le garage, où il s'est déjà glissé derrière le volant de notre vieille voiture.
Vieille, mais qui tient toujours la route, même après toutes les aventures par lesquelles elle est passée ! Et, surtout, tendrement chérie. En mon for intérieur, je continue à l'appeler Casey, même si je sais que Jake y est fortement opposé. Tant pis.
« La carte est sur le tableau de bord. »
Je l'attrape sans mot dire, m'efforçant de localiser à la fois notre maison, le point de départ, et le point d'arrivée – un petit village à presque une heure d'ici. Moins de vingt minutes auparavant, en plein repas, Jake a reçu un appel d'urgence provenant de là-bas, annonçant qu'ils risquaient d'essuyer une attaque de démons. Il est venu me chercher juste après.
Nous sommes les plus proches, même s'il nous faudra encore pas mal de temps avant d'arriver sur les lieux et de pouvoir mesurer l'étendue des dégâts et ce que nous pourrons faire. Car oui, nous sommes spécialistes en démons – en chasse de démons, pour être exact. Depuis bien des années, j'apprends auprès de Jake à m'occuper de ces derniers, en les exterminant ou en les faisant fuir pour qu'ils laissent les humains tranquilles. Je n'aime pas toujours ça, mais c'est notre métier, et il faut bien le faire, pour que les autres puissent vivre en toute tranquillité.
« Tourne à gauche.
- Compris. »
Je sais qu'ils sont dangereux, qu'ils peuvent faire beaucoup de mal.
Mais… penser qu'il faut chaque fois les anéantir me pose problème. J'aimerais… j'aimerais pouvoir, parfois, trouver une autre solution. Aider, soigner, au lieu de détruire et de faire fuir. Je ne sais pas si c'est possible, mais j'aimerais pouvoir y croire. Vraiment.
.oOo.
« Oh, putain de merde. »
Je ne peux qu'acquiescer au juron lancé par mon cousin – chose assez rare, il est d'habitude plus mesuré dans ses paroles. Mais là, son sens de la mesure est certainement déjà parti depuis bien longtemps, étant donné ce que nous avons sous les yeux.
Ou plutôt, de ce que nous n'avons pas sous les yeux.
Car il n'y a plus de village.
Plus du tout. Je veux dire, il n'a pas disparu. Il a été rasé. Il y a du feu, de la fumée, des corps partout. Des cadavres, certainement. On dirait qu'il y a eu comme une… une bataille. Et que le village s'est retrouvé au milieu de tout ça, sans aucune chance de s'en sortir.
« Viens. »
Sans un mot, je suis Jake, et sors de la voiture.
Nous ne pouvons pas nous battre – mais nous pouvons chercher des survivants, les aider si c'est possible, leur offrir une mort digne sinon. Et appeler les autorités responsables, pour les cadavres – pour qu'on les identifie et qu'on s'occupe de leur enterrement. C'est le moins qu'on puisse faire, vraiment.
Jake part à droite, tandis que j'attaque le côté gauche du village. Je n'entends rien.
Pas un bruit, pas un son, pas un souffle. Rien du tout.
C'est un silence de mort.
Un silence qui me fait froid dans le dos. J'aimerais qu'il y ait plus de sons, ne serait-ce que des appels au secours, des cris. Des pleurs.
Des pleurs.
Des… des pleurs. Comme ceux que j'entends, là.
C'est ténu, mais je suis sûr que j'en entends. Sur la gauche, là.
Fermant les yeux, je respire à fond, et m'avance vers les ruines d'une ancienne maison, qui a dû être très jolie – autrefois. Il me faut une ou deux minutes pour réussir à vraiment m'approcher de la source des pleurs, cachée sous les gravats, derrière une énorme poutre.
« Il y a quelqu'un ? »
Ma voix fait cesser les pleurs.
Et ma propre respiration.
Pendant ce qui me semble être une heure, j'hésite sur ce qu'il faut faire – m'approcher ou continuer à parler. Finalement, je décide de faire deux pas en avant, de me pencher, pour apercevoir celui ou celle à qui je suis en train de m'adresser, que j'espère pouvoir sauver.
Et là, mon cœur s'arrête.
Parce que la source des pleurs… C'est un enfant. Mais un enfant avec des cornes. Un enfant à la peau grise et aux yeux d'un rouge saisissant.
C'est un enfant démon.
Mon souffle toujours bloqué dans un coin de ma gorge, je sens mon pauvre cerveau être assailli par un demi-millier de possibilités sur ce que je dois faire. Partir en criant. Appeler Jake. Tracer un cercle de sel. Tenter une révocation pour le renvoyer dans un autre plan. Le tuer là, tout de suite, à l'arme blanche.
Mon cerveau finit par piocher celle qui n'aurait jamais dû être présente.
Je lui tends la main.
.oOo.
« John ? Qu'est-ce que…
- Ne dis rien. S'il te plaît. »
Je sais que s'il ouvre encore la bouche, ça va être problématique. Et j'ai déjà mis suffisamment de temps comme ça à réussir à convaincre le petit qu'il pouvait venir avec moi sans avoir peur. Il était terrorisé, affolé, en pleurs… un cocktail explosif, surtout pour quelqu'un qui doit avoir en plus des pouvoirs à gérer, sans aucun doute. Alors ça n'est pas le moment pour que mon cousin décide de faire preuve…
« Mais c'est un démon ! »
… d'imbécilité.
Et je sais de quoi je parle.
« Je sais, merci de la précision. C'est un enfant.
- John. J'ai fouillé tout le village, il n'y a aucun survivant. C'est certainement…
- Arrête tes conneries, ce n'est pas lui qui a fait ça. Tu le sais aussi bien que moi.
- Et comment tu peux en être aussi sûr ?!
- Regarde-le bien, bordel, il est mort de trouille ! Alors arrête de faire ton idiot, s'il te plait. Si on a plus rien à faire ici, on se barre.
- On se… avec lui ?! »
Je ne prends même pas la peine de lui répondre, me contentant de me diriger vers Casey en serrant le précieux fardeau contre moi. L'avantage d'avoir Jake comme cousin, c'est qu'il sait que notre entêtement est héréditaire. Et que maintenant que j'ai décidé d'un truc, il ne pourra plus me faire changer d'avis. Aussi ne suis-je pas trop surpris de l'entendre me suivre après quelques secondes.
Le trajet de retour s'effectue dans un silence de mort. Je le sens me jeter des regards désapprobateurs au lieu de s'occuper de la route, mais je m'en fiche – toute mon attention est concentrée vers ce petit. Ce petit qui s'est accroché à mon t-shirt après avoir hésité longuement à m'approcher. Ce petit qui, présentement, sommeille à moitié contre mon torse, ses longues griffes presque prêtes à faire des trous dans le tissu.
« Et tu vas en faire quoi ?
- Shhht.
- Réponds à la question, Egbert.
- Je ne sais pas, English. J'aviserai. Je ne pouvais pas le laisser là-bas tout seul, il risquait de crever.
- C'est clair que c'est une bien meilleure idée de l'emmener chez toi… Tu sais bien qu'à terme, les gens ne vont pas vouloir que tu le gardes. Merde, tu as vu ce qu'ils ont fait là-bas ?
- Jake… » je soupire.
Il grommelle, mais ne reprend pas sa diatribe.
Je sais bien ce qu'il essaie de me dire. Que ce gamin fait partie d'une espèce qui cherche à décimer la nôtre. Qu'il va finir tueur, responsable de génocides, et que je vais être sa première victime. Mais je ne peux pas le croire.
Pas après avoir entendu ces pleurs. Pas après avoir vu ces yeux écarquillés de terreur. Ce n'est qu'un enfant. Un enfant avec des cornes et la peau grise, mais un enfant. Il ne mérite pas la haine mais la compassion. Et je suis prêt à lui en offrir.
Pour une fois qu'une solution autre que donner la mort s'offre à moi, je suis prêt à la saisir.
.oOo.
Jake m'a laissé devant chez moi, avec le petit qui s'est finalement endormi dans mes bras.
Il m'a donc fallu galérer aussi silencieusement que possible pour entrer dans la maison que j'ai héritée de mon père, à sa mort, quelques années auparavant.
Et là, présentement, je suis en haut de l'escalier, pas trop sûr de ce que je dois faire du paquet dans mes bras. Parce qu'il est toujours endormi, mais qu'il est couvert de saleté, qu'il a l'air d'avoir un peu froid, et que je ne vais pas le mettre comme ça au lit – je suis pas un monstre, quand même.
Le plus simple serait de m'occuper de la case « propreté », déjà. Je me dirige donc vers la salle de bain, et m'agenouille à même le sol, secouant doucement la créature dans mes bras.
« Hé… Hé, petit. Petit ? »
Je le vois papillonner des yeux, bâiller, puis me fixer.
Ses yeux sautent de mon visage à mon cou, à mes bras, au sol, aux murs, au plafond – partout. Et là, il panique.
Vraiment. Comme ça, sans prévenir, il se met à paniquer. Avant que je n'aie pu réagir, il a poussé un petit cri et s'est férocement débattu – me mettant un coup de griffe sur la joue tant qu'il y était – pour que je le lâche. Ce que je fais sans le vouloir, trop préoccupé par la douleur sur mon visage. Un instant plus tard, il s'est terré dans un coin, derrière le siège des toilettes, et je lève précipitamment les mains – dans le but, j'imagine, de lui montrer que je ne suis pas une menace.
« Tout va bien. Tout va bien ! Je ne vais pas te faire de mal. Tu ne te souviens pas de moi ? »
Son regard me fixe sans ciller – c'est presque flippant à ce stade-là.
Pendant un très long moment, il me regarde juste, sans donner le moindre indice qu'il pourrait se souvenir de quoi que ce soit. Puis, finalement, il observe ma main, et hoche doucement la tête. D'accord. Visiblement, il a fait le lien.
Je pousse un soupir de soulagement.
« D'accord. Je ne te veux aucun mal. Tu te rappelles ? Je suis là pour t'aider, si tu le veux bien. »
Nouveau hochement de tête – auquel je réponds.
« Je… crois que ce serait peut-être plus simple si tu me disais ton nom. Non ? »
Silence.
Silence buté – me dis-je au bout d'une ou deux minutes. Je finis par soupirer.
« Je te donne le mien en premier, si tu veux. »
Hochement de tête.
D'accord.
« Très bien. Je suis John Egbert.
- Egg— »
Wouah, il a une voix !
Je souris en l'entendant trébucher sur mon nom – et il me fait une grimace, une sorte de froncement de sourcils énervé qui parait pourtant bien trop mignon pour être effrayant.
« Tu peux dire John.
- John.
- Voilà. Très bien. Je suis John. Et toi ? »
Un nouveau silence.
Je commence à croire qu'il ne va jamais me le dire quand, enfin, sa voix croasse.
« Ka… Karkat. »
Hé, y a du progrès !
Je lui lance un grand sourire.
« Enchanté, Karkat. C'est un plaisir de faire ta connaissance. »
Il me fixe d'un regard circonspect – ce que je peux comprendre. Mieux vaut passer à la suite.
« C'est chez moi, ici. Tu peux faire comme chez toi. Je te ferai visiter après, si tu veux. Là, on est dans la salle de bain.
- La salle… bain ?
- Oui. C'est où on prend des bains. Où on se lave. »
Il fait une autre grimace, et je mets les mains sur les hanches.
« Pas la peine de faire cette tête, jeune homme, parce que c'est exactement ce qu'il te faut, là ! »
.oOo.
Je n'aurais jamais cru que faire prendre son bain à quelqu'un puisse être aussi fatiguant. Est-ce que mon père avait autant de mal que moi à l'époque, quand j'avais l'âge de Karkat ? Qui ne doit pas dépasser les huit ou neuf ans, d'ailleurs, j'ai l'impression…
Il faudra que je pense à lui demander.
Quand il aura fini de dévorer la moitié de mon frigo, j'imagine. Je ne pensais pas non plus qu'il pourrait avoir un tel appétit. Je me vante pas mal de pouvoir manger beaucoup durant mes repas, mais là, il me bat à plate couture.
La vitesse à laquelle il a englouti le premier steak que je lui ai fait, je n'y crois toujours pas… Enfin, j'imagine qu'en tant que démon, il a peut-être des goûts et un régime alimentaire particuliers ? Allez savoir…
Présentement, il en est à sa troisième part de pizza, que j'ai réchauffée de hier rapidement quand j'ai vu que les deux premiers repas ne lui suffiraient pas. Et il n'est pas loin de me grogner dessus quand je me sers aussi dans le carton, c'est… assez étrange.
Comme de manger avec un chat sauvage.
Mais bon, j'imagine que je m'y ferai. Je n'ai pas trop le choix, non ?
« Tu aimes cet endroit ? »
La question lui fait relever brusquement la tête pour plonger ses pupilles de sang dans les miennes – et faire courir un frisson dans mon dos. Il finit néanmoins par me quitter des yeux pour observer les alentours, c'est-à-dire la cuisine, avant de revenir vers moi.
« C'est grand. Vous êtes combien ici ? »
Je fronce les sourcils.
« Eh bien, je suis tout seul. Enfin, non, il y a toi maintenant aussi. Mais sinon je suis tout seul. C'était la maison de mon père. »
Ses yeux s'agrandissent, et j'en viens à me demander où il a vécu avant.
Ce qu'il a vécu avant, même.
Mais j'ai comme l'impression que je n'aurai pas tout de suite la réponse à cette question-là. Il a l'air plutôt secret, comme gamin. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il n'a pas vécu dorloté et chéri. Loin de là.
« Tu as encore faim ? »
Il hoche la tête. Je fronce les sourcils.
« Tu ne vas pas être malade ?
- 'Fais des réserves » répond-il la bouche pleine.
Je grimace.
« Tu n'as pas besoin, Karkat. Il y aura encore à manger demain, après-demain, les autres jours. Autant que tu voudras. Ne te rends pas malade, s'il te plait. »
C'est à lui de me regarder les sourcils froncés. Puis de regarder la nourriture. Puis de me regarder. Il y a de toute évidence quelque chose qui le perturbe dans ce que je viens de dire.
« Comment tu peux en être sûr ?
- Euh… Eh bien… Parce que j'irai en acheter ? C'est ce qu'on fait, ici. Pas chez toi ? »
Il secoue la tête. Je penche la mienne, et après un instant de silence, il finit par articuler du bout des lèvres :
« Il faut aller la chercher. Si on en ramène pas, on mange pas. Si on en ramène jamais, on est laissé là-bas. »
Un gros poids tombe dans mon estomac.
Laissé là-bas.
Oh.
« C'est… ce qui t'est arrivé ? »
Un silence.
Un hochement de tête.
Dans un coin de mon esprit, je me jure de ne jamais laisser repartir ce petit.
.oOo.
J'ai réussi à lui faire lâcher la pizza après l'avoir convaincu – suite à moult et moult et moult promesses – qu'il en resterait demain, et qu'elle n'aurait pas disparu. Comme il était déjà propre, je me suis autoproclamé guide de la « Casa Egbert » (il n'a pas paru comprendre la plaisanterie, il faudra que je fasse quelque chose pour ça).
Et une fois devant la chambre d'amis, je me suis dit que je pouvais le mettre au lit – après tout, il se faisait tard !
C'est là qu'il n'a plus du tout été d'accord.
Parce que, même si je n'aurais jamais cru ça possible… Eh bien j'ai découvert que les démons pouvaient avoir peur du noir. Surtout les enfants démons. Surtout Karkat.
Ce dernier a bondi hors du lit et fait un sprint digne d'Usain Bolt pour finir dans mes bras, lorsque j'ai voulu refermer la porte derrière moi. J'ai bien essayé de le convaincre de retourner se coucher, que tout irait bien, que je n'étais pas loin – rien à faire.
Alors j'ai échoué sur le canapé où je me trouve actuellement, à la recherche d'une idée.
Une idée qui a fini par se matérialiser sous la forme de la TV et de mon lecteur DVD. Une forme qui s'est matérialisée sur le fait que tous les enfants aiment les histoires, et que Karkat ne semble pas faire exception à la règle. J'ai cherché avec lui un film qui pourrait l'intéresser sur Netflix, et il a porté son choix sur une sombre comédie romantique du nom d' « À nous quatre ».
Et nous voilà.
Il est presque deux heures du matin et je tombe de fatigue. Mais je sais que je ne m'endormirai pas – pas tout de suite – parce que je ne peux pas.
Parce qu'il y a un film en cours. Parce qu'il y a un gamin qui regarde ce film.
Parce qu'il y a un gamin, à moitié couché sur mes genoux, qui a les yeux fixés, grands ouverts, sur ce film, et qui fait des petits bruits proprement adorables quand il y a quelque chose de drôle à l'écran – ce qui arrive souvent.
Parce qu'il y a un gamin, là, qui semble presque se mettre à ronronner quand je passe ma main dans ses cheveux.
Parce qu'il y a avec moi un enfant-démon, et que je ne sais pas ce qu'il va se passer demain, quand il me, il nous faudra à nouveau affronter le monde.
Parce que malgré tout ça, je ne suis sûr que d'une chose.
Je m'arrangerai pour que plus jamais, ce petit n'ait à pleurer comme quand je l'ai trouvé.
J&K
Voilà voilà ! Alors qu'en dites-vous, touchés par notre orphelin-démon-Karkat ? :3 J'ai bien aimé écrire ça, mais... c'était quand même un peu ardu à écrire. En tout cas, plus dur que le thème 49 - Protecteurs - que j'ai hâte de vous faire découvrir la semaine prochaine ! Bonne semaine à tous et à dimanche ;)
Oh ! Et Joyeux anniversaire à mon adorable bêta, qui fête ses 20 ans aujourd'hui. Encore un joyeux anni ma chérie :3
