Lalite : Merci pour le commentaire :) Je suis contente de voir que j'ai réussi à plutot bien rendre la mort de Drago.
Petitmaton : Merci à toi ! Si tu lis un jour l'histoire originale, j'espère que tu ne seras pas trop déçu vis à vis des modifications que j'ai pu apporter. Quant à Delphini... héhé... tu découvriras bientôt des chooooses à son sujet. Merci encore pour ta lecture et ton commentaire
- Madame la Directrice, vous allez bien ! s'écria joyeusement Scorpius en pénétrant dans le Bureau.
- Il recommence avec ça… soupira Albus en se demandant pourquoi son ami semblait si soulagé et loin d'être inquiété par le sort qu'on allait pouvoir leur réserver.
McGonagall leva les yeux du parchemin qu'elle était en train de lire et observa les quatre personnes présentes dans la pièce. Elle fit apparaitre des chaises supplémentaires :
- Que se passe-t-il, Messieurs ?
Harry prit la parole :
- Nous avons découvert qui avait le Retourneur de Temps. Albus, si tu veux bien prendre le temps de nous expliquer comment tu es entré en sa possession, continua-t-il en foudroyant son fils du regard.
Ce dernier rentra le cou dans les épaules et préféra rester debout. A contrecœur, il raconta comment il avait épié la conversation d'Amos Diggory avec Harry, ne mentionna pas un seul instant Delphini pour que la jeune femme ne se retrouve pas avec une délégation du Ministère à sa porte, comment il avait eu l'idée de sauver Cédric en remontant le temps puisqu'il savait qu'un Retourneur avait été confisqué… Il parla de son idée de partir seul, mais de prévenir tout de même Scorpius, puis raconta leur visite à Amos Diggory, leur infiltration au Ministère – même si le fait de faire disparaitre Delphini de son récit rendait soudain le tout moins cohérent au niveau des voyages entre les lieux – et leur intervention sur la Première Tâche où ils avaient échoué.
Scorpius se leva de la chaise où il s'était assis :
- Pardon, je me permets d'interrompre Albus, parce qu'il… ignore pas mal de trucs. Pour lui, pour vous tous, rien n'a changé. En réalité, le présent actuel a subi plusieurs modifications pour pouvoir rester tel qu'il est et dont je suis le seul témoin, donc si vous permettez je vais prendre le relais…
Albus jeta un coup d'œil à son camarade en se demandant de quoi il pouvait bien parler. Que pouvait-il ignorer ? Scorpius était toujours fourré avec lui, ils montaient les plans ensemble…
- Je vous écoute, Monsieur Malefoy, dit la Directrice d'une voix beaucoup trop calme.
Scorpius se lança dans un récit complet et détaillé, expliquant qu'ils avaient bien saboté la Première Tâche et qu'un premier présent était né, un présent où Hermione Granger, Professeur de Métamorphoses à Poudlard était mariée avec Viktor Krum, où Rose et Hugo n'existaient plus, où Percy Weasley était Ministre de la Magie… Les yeux rivés sur le bureau, il respecta la volonté d'Albus de ne pas parler de Delphini et déclara qu'ils avaient décidé de continuer à sauver Cédric et qu'ils essayeraient également de corriger ce qui avait été modifié. Ils avaient donc songé à intervenir sur la Deuxième Tâche…
- Aujourd'hui, donc, si je comprends bien, intervint Harry. Dîtes-moi que vous n'avez pas réussi.
- T'as de la chance, on a pas eu le temps de saboter quoi que ce soit, marmonna Albus, donc rien n'a changé.
- En fait, si… reprit Scorpius. Enfin, là, non, on a rien changé parce que j'ai fait en sorte que rien ne change. Pour vous, encore une fois, tout va bien…
Il se tut, il n'avait pas envie de parler, de se rappeler du monde où Voldemort régnait en Maître. Drago tourna les yeux vers lui :
- Il y a eu un autre voyage, n'est-ce pas ? Tu en reviens et Potter n'était pas avec toi, c'est pour cela qu'il ne sait pas de quoi tu parles…
L'adolescent tourna la tête vers son père en se demandant si ce dernier venait de lire dans ses pensées ou s'il faisait seulement preuve d'une grande perspicacité :
- Oui, souffla-t-il.
- Comment ça, je n'étais pas avec toi ? Mais je ne t'ai pas quitté d'une semelle ! s'écria Albus. C'est toi qui a disparu dans le Lac, à un moment !
- Un peu de calme, s'il vous plait ! réclama McGonagall. Monsieur Malefoy, continuez !
Scorpius hocha la tête et reprit son récit, il expliqua l'intervention sur la Deuxième Tâche et son retour, seul, dans un présent où les Forces du Mal régnaient. Albus resta bouche bée en apprenant la mort de son père et sa propre inexistence. Drago se raidit lorsqu'il apprit que ses parents avaient été assassinés, qu'il avait rejoint les Résistants et qu'il s'était ensuite fait tuer par les Détraqueurs en voulant sauver Scorpius. Le teint de la Directrice perdit quelques couleurs lorsque Scorpius raconta comment se passait la vie à Poudlard sous le joug de Voldemort. Quant à Harry, il s'était assis sur une chaise, ne disait pas un mot, mais chaque nouvelle information l'ébranlait au fur et à mesure qu'il prenait conscience de tout ce qui aurait pu arriver s'il n'avait pas réussi à vaincre le Seigneur des Ténèbres.
Lorsque Scorpius acheva son récit, un silence de mort régnait dans le bureau de la directrice. La main de Drago, debout derrière sa chaise, s'était posée sur l'épaule de son fils et il la serrait un peu trop fort sans s'en rendre compte, les doigts crispés. Scorpius préféra ne pas le lui faire remarquer, même si son épaule commençait à devenir douloureuse, au moins il avait encore une preuve concrète qu'il ne rêvait pas et que son père était bien en vie.
Bien qu'ébranlée, la Directrice se reprit en croisant les mains sur son bureau et en regardant les deux adolescents par-dessus ses lunettes :
- Bien… Vous avez fugué du Poudlard Express, infiltrés au Ministère de la Magie pour voler un objet que vous avez introduit en toute illégalité à Poudlard, trafiqué le temps… Autant de raisons pour vous renvoyer.
- Minerva, si je puis me permettre, intervint Harry en se levant de sa chaise, les affaires du Ministère ne vous concernent pas. Les voyages temporels non plus, ils relèvent de notre juridiction.
Albus tressaillit en entendant son père et échangea un regard effrayé avec Scorpius. Ils s'attendaient à être renvoyés de l'Ecole, mais ils n'avaient pas pensé que leurs actions pouvaient aussi les conduire à avoir des ennuis bien plus graves ! Allaient-ils avoir un procès pour vol dans le bureau de la Ministre ? Allait-on les envoyer en prison ?
Drago fronça les sourcils :
- Une poignée de personnes sont en réalité au courant. Nous bien sûr, et je suppose que Granger aura droit à un rapport complet, mais pas besoin d'alerter tous le Ministère, ce n'est pas une affaire à ébruiter.
McGonagall resta silencieuse et se contenta de tourner son regard sévère en direction de Harry qui ne quittait pas Albus des yeux. Agacé, Drago Malefoy s'adressa à elle :
- Minerva, avec tous le respect que je vous dois, lorsque Potter bafouait le règlement à chaque fin d'année pour se faire remarquer…
- Pour sauver le monde des sorciers ! protesta Harry.
- Il n'a jamais eu de réels ennuis, continua Drago en l'ignorant. Dumbledore n'a jamais cessé de fermer les yeux, il lui est même arrivé de donner des points à Gryffondor ! Certes, ils ont été inconscients, mais tout est finalement rentré dans l'ordre, n'est-ce pas l'essentiel ?
Scorpius n'osa pas lever les yeux vers la Directrice. L'étreinte sur son épaule s'était desserrée et il attendait que la décision finale tombe. McGonagall hocha la tête :
- J'en conviens. Dumbledore n'aurait pas renvoyé ces deux élèves chez eux. Votre intention de sauver Monsieur Diggory était honorable, sinon avisée. Et il semble que vous ayez fait preuve de bravoure, Monsieur Malefoy, vous aussi Albus, mais la leçon que votre père lui-même a souvent négligé de retenir, c'est que la bravoure n'excuse pas la bêtise. Il faut toujours réfléchir. Réfléchir à ce qui est possible et surtout aux conséquences. Un monde dominé par Vous-Savez-Qui est…
-… horrible… souffla Scorpius en frissonnant.
Il savait déjà que tout ce qu'il avait vu là-bas le poursuivrait pendant de nombreuses années, les cauchemars s'en donneraient à cœur joie.
McGonagall observa gravement les quatre personnes présentes dans la pièce et soupira :
- Vous êtes tous si jeunes. Vous n'avez aucune idée de la noirceur des guerres entre sorciers. Vous vous êtes montrés irresponsables avec un monde qui doit son existence et sa durée au lourd sacrifice consenti par certains d'entre nous – parmi lesquels quelques-uns de mes plus chers amis et des vôtres.
Albus rentra la tête dans les épaules. Il comprenait maintenant que, même si sa mort était injuste, Cédric Diggory était un sacrifice nécessaire pour avoir ce monde de paix.
- Désolé, Professeur, souffla Scorpius en balançant nerveusement ses pieds sous sa chaise.
- Espérons que cette aventure vous aura mis un peu de plomb dans la cervelle.
Elle se leva de sa chaise :
- Je vais aller voir les être des eaux pour rechercher le Retourneur de Temps perdu. De votre côté, vous devriez profiter de votre journée, puisque vos pères sont venus vous tenir compagnie, néanmoins je préfèrerai que l'on puisse vous garder facilement à l'œil et que vous n'alliez pas à Pré-au-Lard aujourd'hui.
Harry hocha la tête :
- Nous resterons au Château, Minerva, et nous ne les quitterons pas d'une semelle.
- En même temps, tu voudrais qu'on aille où ? marmonna Albus en se levant.
Scorpius se tourna vers son père :
- On devait aller à Pré-au-Lard ?
- Oui, approuva Drago, mais ce sera pour une autre fois.
L'adolescent hocha la tête, enthousiaste. Peu lui importait de rester ici ou d'aller dans la ville des sorciers, du moment qu'il pouvait profiter de la présence de son père. De son côté, Albus était moins ravi mais se décida à suivre Harry Potter et sorti du Bureau de la Directrice en sa compagnie, son ami sur les talons.
