Salut à tous... après relecture, j'ai trouvé que le chapitre posté il y a cinq jours n'était pas assez abouti, alors j'ai décidé de le réécrire. C'est en gros la même chose que dans l'ancienne version, sauf que le dialogue entre mes deux tourtereaux est plus développé et moins niais.


Chapitre 48 : un repas tendu

Le repas de ce soir était aussi raffiné que les jours précédents, mais il y avait tout de même quelque chose de différent dans l'atmosphère. Elle était lourde, très lourde. Les seuls à parler étaient Alfred et Matthew qui avaient toujours autant d'énergie et d'habitude. Ils étaient également les seuls à ignorer que quelque chose allait se produire dans les jours qui viennent. Les adultes, eux, s'observaient en silence, comme si le moindre geste ou la moindre parole allait déclencher la tempête.

Les deux personnes les plus tendues étaient Emma et Mathias. La première avait à peine touché à son assiette avait mis un point d'honneur à ignorer le second et celui-ci essayait de prétendre qu'il s'en moquait éperdument en jouant avec les enfants, sous le regard consterné d'Emile qui avait l'impression que son aîné avait l'âge mental des plus jeunes. Le seul à être détendu était Lukas. Toute la journée, il avait eu son précieux petit frère pour lui tout seul. Il l'avait couvé, serré dans ses bras, l'avait emmené partout afin de lui changer les idées. Le pauvre petit Ice était toujours terrifié à l'idée que ses anciens ravisseurs et tortionnaires ne le capturent à nouveau. Son tuteur s'était donc efforcé de lui montrer tous les soldats qui allaient protéger le palais afin de le rassurer.

« Oui, mais si on les drogue ? Si quelqu'un versait quelque chose dans la soupe ou dans le vin qu'on livre ? »

- « Ne t'inquiète pas pour ça. Nous avons notre propre puits, nos propres cuisines et les tonneaux de vin sont entreposés dans le cellier depuis des mois. Des gardes surveillent nos réserves jours et nuits. Personne à part moi ne peut empoisonner la nourriture ici. »

- « A propos de nourriture, qu'est-ce qu'on mange ce soir ? »

- « Qu'est-ce qui te ferai plaisir ? »

- « Il y a du Hákarl ? »

Le plus âgé fit la grimace. Pourquoi son précieux petit bébé s'était-il attaché à cette infecte tradition culinaire islandaise ?

- « Non, il n'y a pas de Hákarl. Mais on peut aller dans la réserve où tu peux choisir ce que tu veux… »

- « Merci grand-frère. »

Et Lukas avait atteint le paradis. Emile l'avait appelé « Grand-frère », de la façon dont il le faisait toujours avant ses dix ans. Passé cet âge, le garçon avait décidé qu'il était trop grand pour utiliser des appellations aussi puériles et le demi-Norvégien désespérait de l'entendre l'appeler à nouveau ainsi. Il avait enfin l'impression d'être de retour six ans plutôt, lorsqu'il s'occupait du plus jeune comme s'il avait été sa mère. « Je te protégerai jusqu'à ma mort et même au delà », pensait-il tout en serrant l'adolescent dans ses bras, le cœur plein de tendresse. Il ne se doutait pas qu'au même moment son petit bébé pensait également la même chose.

Les choses étaient bien moins agréables pour Emma. Après une heure de discussion avec son fils métamorphosé, on avait frappé à la porte de sa chambre. Mathias voulait que Romano accompagne Félix et Arthur pour « une affaire ». Une fois le jeune homme parti, il lui avait brusquement annoncé qu'il lui interdisait désormais de sortir et d'avoir des visites. Quand la jeune femme lui en avait donné la raison, le Danois avait fait dans la subtilité.

- « Une menace criminelle plane sur la ville et tu pourrais bien en être victime. Jusqu'à-ce que les fauteurs de troubles soient arrêtés, je te garde en sécurité ici. »

- « Gardée en sécurité ? Ne voulez-vous pas plutôt dire enfermée dans une « cage dorée » ? Quel genre de danger je pourrais bien courir ? »

Emma était assez troublée. Il s'était mis à la tutoyer et à utiliser des termes un peu trop familiers. Il avait continué sur sa lancée, réduisant l'espace qui le séparait de sa prisonnière. Le cœur de la jeune femme s'était mis à battre plus fort, mais elle était parvenue à garder un visage calme.

- « Vous allez devoir me donner de plus amples explications pour me convaincre. »

Mathias constatait avec un mélange d'étonnement et de satisfaction qu'il n'avait pas réussi à intimider sa proie. Il aurait espéré voir de la peur sur le visage de sa proie, mais la jeune mère était plus brave qu'il ne l'aurait imaginé. Cela la rendait plus désirable en un sens. Le gouverneur ne voulait pas d'une victoire facile dont il ne tirerait aucune satisfaction.

- « J'ai reçu des informations comme quoi un dangereux criminel rendu coupable d'actes de piraterie, de l'attaque de quinze navires au cours de ces deux dernières années, de pillages et de nombreux meurtres y compris dans ma propre demeure avait l'intention de revenir dans la ville. Ses crimes font de lui une des têtes les plus recherchées de l'océan indien et que j'ai reçu l'ordre de mon gouvernement d'arrêter et d'exécuter les hommes de ce genre. La possibilité qu'il cherche à te prendre en otage est très élevée s'il apprend ton existence. C'est la raison pour laquelle je t'interdis de quitter cette pièce sans mon autorisation. Mais cela ne devrait pas durer. Mes hommes passent la ville au peigne fin avec l'aide de Monsieur Vargas. Tout devrait être réglé d'ici quelques jours. »

- « Et qu'est-ce que je fais d'ici là ? »

- « Tu pourrais commencer par te montrer raisonnable et me dire la vérité. »

- « La vérité ? à propos de quoi ? »

Toujours pas d'inquiétude. Elle avait du cran.

- « Tu coopères avec la bande de ce criminel, n'est-ce pas ? »

- « Pardon ? »

- « Emma chérie, je peux pardonner beaucoup de choses, mais pas qu'on me prenne pour un imbécile. »

Et il s'avança encore. Il était à moins d'un mètre d'elle à présent. Elle pouvait voir de la faim dans ses yeux. Elle commença à réaliser qu'elle courait un danger.

- « Je sais que Mitra est dans le coup, et dans la mesure où tu es restée seule avec ses épouses, tu as eu tout le loisir du monde de leur transmettre certaines informations, la mort de Lovino, par exemple. »

- « En quoi dire à deux épouses et mères que mon fils est mort est un crime ? »

- « Il y a que le criminel est au courant de cette information et qu'il la tient de toi. Cela fait de toi sa complice et que j'ai l'obligation légale de te faire passer devant un tribunal. Selon les dégâts qu'il causera dans la ville, tu peux bien en prendre pour dix ans de prison. »

- « Mais rien ne s'est encore passé, n'est-ce pas ? » répondit-elle dans un demi-sourire.

C'était une mauvaise idée de le provoquer. Mathias la plaqua contre le mur tout en immobilisant ses mains.

- « Il ne s'est encore rien passé, mais je peux te garantir que lorsque je le coincerai, je te ferais regarder l'intégralité de son exécution publique. Et je te ferais également voir le supplice de ses hommes. Et s'il s'avère que Monsieur Romano est également dans le coup, il y passera lui-aussi. »

- « Si tu le coinces… » osa-t-elle sur un ton de défit.

- « Ne vas surtout pas t'imaginer que je vais laisser ce don espagnol défroqué ruiner la réputation de la fille de Philippe de Maele. Que tu le veuilles ou non, tu es à moi désormais.»

- « Nous y voilà… c'était donc vrai, cette histoire de fiançailles dans mon dos. Qu'est-ce que vous avez manigancé d'autre avec mon père ? Après avoir échoué à avoir forcé son fils à tuer Antonio, il s'est rabattu sur vous ? Qui est le plus gros menteur entre nous deux ?»

Elle avait le regard d'un fauve. Elle était vraiment irrésistible. Mathias avait envie de la prendre sur le champ. Mais il parvint à se contrôler. Il n'était pas un viking barbare. Il ne violait pas les femmes. Celle-ci serait bien obliger de céder pour sauver la vie d'Antonio et de Romano. Alors il se contenta de l'embrasser férocement.

- « Quand nous serons mariés, il est possible que je t'en parle. »

Elle parvint à le gifler. Il se contenta de sourire.

- « Je ne vous épouserai jamais ! »

- « Tu ne diras pas ça quand Antonio sera sur le point de se faire écarteler, mon chaton. »

Et il quitta la pièce.

Et Emma de penser qu'elle avait mal jugé Arthur. Il ne lui avait pas menti une seule fois.

Les serviteurs venaient de servir le dessert, un assortiment de glaces parfumées. Alfred et Matthew s'en délectaient. Ils n'avaient jamais rien mangé de si bon sur le bateau des Kirkland. Ils ne se rendaient pas compte que c'était un plan calculé de la part de Lukas pour les persuader de rester à Tranquebar. Chaque jours, à chaque repas, ils s'habituaient un peu plus à la vie de palais et se détachaient un peu plus de celle en mer. Et ce dont ils se doutaient encore moins, c'est que l'instant du choix était très proche, bien plus proche que ce que pensaient les frères Khǿler.

Alfred bailla sans la moindre grâce. Il commençait à se fatiguer. Moins d'une minute plus tard, ce fut le tour de Matthew. Emma déclara qu'il était temps de les mettre au lit. Les soirs précédents, elle s'en était occupée elle-même, mais Lukas en avait décidé autrement. Il s'occuperait d'eux.

- « Passons une charmante soirée à nous deux à la place, » suggéra l'aîné des Danois avec un sourire incroyablement charmeur.

- « Non merci, je suis fatiguée. Je vais directement à ma chambre. »

- « Faites de doux rêves, ma dulcinée. »

Qu'est-ce qu'il pouvait être odieux quand il le voulait.

Finalement, il n'y avait plus que le gouverneur et son plus jeune frère à table.

- « Tu n'as pas dit grand-chose, Emile. Est-ce que ça va ? »

L'adolescent était surpris que son aîné ait remarqué son silence. Il avait l'air tellement occupé à faire l'idiot avec les deux mousses. Il n'aurait jamais pensé que cet imbécile aurait pu faire attention à lui.

- « C'est que… »

- « Oui ? »

- « J'ai… »

Il rougit. Cela fit fondre le cœur du plus âgé.

- « Qu'est-ce qu'il y a, Ice ? »

- « Est-ce Lukas et toi accepteriez de dormir avec moi ce soir ? J'ai… peur de dormir seul. »

- « Oh… je pense qu'il ne devrait pas y avoir de problème. »

Et il se remémora les soirées d'hiver de son enfance. Quand il faisait particulièrement froid dans leur château du Danemark, les trois enfants avaient l'habitude de dormir dans le même grand lit blottis l'un contre les autres sous d'épaisses couvertures pour se donner chaud. Quelle nostalgie. Cela ne pouvait pas leur faire de mal de redormir ensemble encore une fois pour célébrer leur réunion.

Et donc, l'heure du coucher arriva assez vite. Mathias et Lukas tombaient également de sommeil. A dix heures seulement, tous dormaient paisiblement.

Tous ? Non, pas Emile. Il n'y arrivait pas et n'osait tout simplement pas. Il ne voulait pas que quelque chose lui arrive dans son sommeil. Car quelque chose allait se produire cette nuit, il le savait. Lorsque le clocher de la cathédrale sonna une heure du matin, il se décida à se lever. Il ne pouvait pas attendre ici que la porte s'ouvre en silence et qu'on le trouve en compagnie de ses frères.

Il commença par se rendre dans sa chambre, tenta d'y dormir, puis à force de sursauter au moindre bruit, décida d'errer dans les couloirs où rien ne bougeait. Il finit par décider d'aller voir Emma. Il s'inquiétait un peu pour elle. Elle n'avait pas beaucoup bu ou mangé et se demandait ce que cela cachait. Et puis son mari venait la chercher ce soir, après tout. Mais apparemment, sa chambre était à un autre étage et il connaissait mal le palais. Il mit un peu de temps à trouver un escalier de service et à monter d'un étage. Et en poussant la porte, il tomba nez à nez avec… Kaoru.

- « Salut », lâcha ce dernier avec un sourire triste.

L'autre ne répondit pas. Inconsciemment, il fit un pas en arrière.

- « On dirait que le plan a parfaitement fonctionné. Ces imbéciles ont suivi Romano à la trace et n'ont pas fait attention à toi. Je ne sais pas où tu as réussi à verser la potion, mais les deux tiers des habitants du palais dorment comme des ours en hibernation. »

- « Dans trois casseroles différentes à la cuisine, » pensa le Danois. « Ils n'y ont vu que du feu. Ils pensaient que j'assaisonnais les plats à mon envie. »

- « Bref, ils sont en train de monter à l'échelle. Ils vont délivrer les prisonniers et puis on s'en ira. Cela ne prendra pas plus de dix minutes. »

- « Pourquoi ne les attends-tu pas à la fenêtre ? » Il avait peur de la réponse.

- « Le vieux maître m'a ordonné de te chercher. Il veut que tu viennes avec nous. »

Oh non, ses craintes étaient confirmées. Ils voulaient l'emmener.

- « … Alors, veux-tu repartir avec nous et tenter de t'accomplir en tant qu'interprète ?, » ajouta l'asiatique.

- « Et si je refuse, est-ce que tu vas me forcer ? »

Et pour la première fois, il vit de la tristesse dans les yeux de son ami.

- « Es-tu en colère ou est-ce que tu as simplement peur pour me rejeter ainsi ? Je ne comprends pas pourquoi tu te montres si froid. Nous étions… enfin, je croyais que tu m'aimais, avant que ces pirates ne nous séparent.»

Emile hésita un moment. Il s'en rappelait bien, mais bien des choses s'étaient passées depuis. Par exemple, Yao avait menacé ses frères. Et surtout, Lukas avait eu l'air tellement scandalisé quand il avait appris à quel point il avait été intime avec Kaoru, le garçon avait compris qu'il avait fait quelque chose de très mal. Il n'était plus question de se laisser aller à de tels travers.

- « On doit arrêter et oublier ça, Kaoru. Nous sommes des hommes. Ce que nous avons fait est mal. »

Quelque chose dans les yeux de son interlocuteur brilla. L'adolescent ne pouvait pas dire s'il l'avait fâché ou simplement blessé.

- « Comment ça, mal ? » Répondit-il. « Qu'est-ce qu'il y avait de mal dedans ? Nous n'avons offensé personne, que je sache. Certes, les autres ont été dérangés par le bruit, mais à qui avons-nous fait du tort ? »

- « C'est contre nature ! Les gens vont me…»

- « Tu as juste peur du regard des autres, au bout du compte. Ce n'est pas que tu m'aimes pas, mais que tu n'oses pas t'affirmer. »

Emile rougit, piqué au vif.

- « Tu crois que j'ai peur ? »

- « Tu as envie de moi mais tu as peur des conséquences. C'est évident. Ca me soulage un peu d'une certaine façon. »

Le visage d'Emile devint encore plus rouge.

- « Je n'ai pas envie de toi ! »

- « Ah oui ? »

Les lèvres esquissaient ce qui ressemblait à un sourire.

- « Laisse-moi vérifier ça une dernière fois. »

Il s'avança. Le Danois recula, manquant de trébucher dans les escaliers.

- « Ne t'approches pas de moi ! Vas-t'en ! »

Le Chinois s'arrêta à quelques centimètres de son visage. Son regard était anormalement intense.

- « Je parie que si je t'embrasse, là, à l'instant, tu ne pourras pas me repousser. Et tu auras même envie de plus… »

Emile recula encore et bascula. Son interlocuteur arrêta sa chute en l'attrapant par la taille.

- « Reste avec moi… »

Le Danois n'en était que plus affolé.

- « Il va falloir qu'on règle ça, tu sais. Tu ne peux pas vivre comme ça, en ne pensant qu'à ce que penseraient les autres. Tes frères désapprouvent notre relation ? Je te rappelle que ton ainé veut se faire la femme du type qui lui a volé votre fameuse boussole magique. Je ne crois pas qu'il soit un bon modèle pour ton épanouissement. »

- « Ton frère à toi a menacé de tuer les miens ! Ce n'est pas mieux. »

En aidant son amant à se remettre debout, Kaoru élaborait une nouvelle stratégie.

- « On va laisser les intérêts de nos grands frères de côtés, d'accord ? Ce qu'ils veulent ne nous regarde pas. On n'a qu'à les laisser régler leurs différents entre eux et fuir tous les deux ensemble. »

- « Hein ? »

- « Nous sortons par une entrée de service, nous courons au port, volons une petite barque de pêche et nous tentons notre vie ailleurs ensemble. Tu gagneras notre pain en faisant le traducteur et je serais ton garde du corps. Et on emmerde nos grands frères, le serpent de Jade, Tonio le dément ou les Kirklands. Qu'est-ce que tu en penses ? »

- « Je… »

Emile ne savait pas quoi répondre… C'était que vivre rien qu'avec Kaoru ne lui paraissait pas être un avenir trop désagréable. Mais son cœur était toujours confus. Encore une fois, son ami et amant prit l'initiavite.

- « J'ai une idée très simple… Je vais t'embrasser. Et si tu ne repousses pas dans les trente secondes, j'estimerai que tu m'aimes assez pour vouloir fuir avec moi. »

« Bien sûr que je vais te coller une gifle », pensa le Danois, mais quand il sentit les lèvres de son amant sur les siennes, toutes ses forces l'abandonnèrent.

Ces lèvres étaient douces et chaudes. Le Chinois avait un parfum de fruit exotique qui lui faisait tourner la tête. Ensuite, il sentit ses mains l'enlacer au niveau de la taille. Ils étaient à présent l'un contre l'autre. Cette proximité lui donnait l'impression de brûler. Et alors que la langue de l'asiatique dansait dans sa bouche, il sentit une main descendre plus bas, vers ses cuisses… Hé ho, il tenait un peu trop fermement ses… Oh non, il sentait son « volcan » réagir. Et il pouvait sentir que celui de son partenaire faisait de même. Il paniqua. Kaoru n'avait tout de même pas l'intention de faire ça au beau milieu d'un couloir, quand même ?

Mais ce fut alors qu'il sentit un liquide sucré glisser dans sa gorge. Et tout commença à tourner.

- « Il me fallait une minute pour dissoudre la gélule. Si tu voulais vraiment me repousser, tu avais tout le temps pour ça. Je considère que tu n'avais aucune objection à faire une fugue en amoureux. »

Et devant le regard affolé de son Danois adoré, le brun continua.

- « C'est une version plus élaborée de la poudre que tu as mis dans les plats. Ton produit agissait au bout de quatre heures. Toi, tu dormiras dans la minute. Je suis désolé de t'avoir forcé la main, mais Yao m'a donné un ordre, et personne ne désobéit à Yao, pas même ses frères et sœurs.»

Et alors que son prisonnier perdait progressivement ses forces, il le prit dans ses bras comme s'il s'était agit d'une mariée. Il l'embrassa une dernière fois doucement sur le front.

- « Je jure de bien prendre soin de toi et de te rendre heureux. Je serais une véritable épouse. »

Et Emile sombra dans un sommeil sans rêves. Son ravisseur entreprit de retourner au point de rendez-vous. Mais il n'avait pas fait dix pas qu'une porte s'ouvrit avec fracas et qu'une hache manqua l'asiatique de seulement quelques centimètres.

Mathias sortit de sa cachette, tenant son arme préférée à la main, illuminé par un regard de meurtrier.

- « Je te donne trois secondes pour déposer mon frère, Face-de-citron-lubirque, ou je t'éclate la cervelle ! »


Voilà, et pour le commentaire de fin, je dis la même chose que lors de la version précédente. Cela fait près d'un an que je pense à cette partie de l'histoire et je doute que vous pensez à la même chose que moi. Je crois que le prochain chapitre va vous surprendre...