Référence musical du chapitre (pas dispo sur Youtube, elle est Google Play Musique par contre) : Les elles - La femme bleue


Chapitre 51
Tonneaux en liberté
21 septembre


Monter un élan a été une aventure unique. J'aurais donc chevauché des chevaux, un aigle et un élan. Prochaine étape ? Monter une biquette naine !
En échange de cette balade dans la forêt, j'ai appris quelques chansons à Papa Glam. C'était la seule chose intéressante que j'avais à lui offrir et ça nous a bien amusé. Les chansons Disney n'ont pas eut le même effet sur lui que sur Bilbo, par contre, Thranduil a adoré la chanson La femme bleue. Sois disant que ça me correspondrait. Encore, qu'on me compare à un Picasso ça m'a fait rire, par contre le fait qu'il trouve que le vers " La femme bleue a la bonté des bêtes La beauté des plus belle " me corresponde m'a fait bizarre. Étrangement, je suis persuadée qu'il cherchait pas à m'amadouer, mais était sincère.
Il m'a confié qu'après trois-mille ans, il s'était lassé des célébrations elfiques et que notre petite escapade était une distraction agréable.
Je suis une distraction à un souverain elfe. Mon égo a encore gonflé.

Thranduil et moi avons continué nos petites discussions. Rien de bien intéressant. Il adore parler longuement de son domaine et de son domaine, j'étais contente de l'écouter. Après s'être occupée de nos montures et les avoir laissé se reposer, j'ai eut un tour de son palais avec un petit cours d'histoire et d'architecture (j'ai rien retenu, à part que c'était fait pour ressembler à un ancien royaume elfe).
Je commence à sacrément bâiller. On doit être tard dans la nuit.

" Charlotte ! Te voilà ! Père ! " nous appelle soudainement Legolas alors qu'on passe près de la salle du trône. Le pauvre a l'air paniqué.
" Les nains se sont échappés ! " annonce alors le fiston.
" Oh. " je laisse échappé. Intérieurement, mon sang fait un tour. J'explose de joie. Bilbo a trouvé les nains ! Ils sont libres ! Je m'en veux un peu de ne pas avoir prévenu directement Legolas, mais franchement, après avoir écrit une lettre ce midi, il devait se douter que je pensais pas rester ici.
" Ils ont fui par le cellier ! " continue Legolas, en me fusillant pratiquement du regard. Ses sourcils sont pas froncés, il doit être amusé au fond. J'espère, du moins. Je m'en voudrais d'avoir détruit notre amitié en aidant les nains.
" Oups ? " je me défends, mains levées en signe de défaite.
" Conduit Dame Charlotte aux chutes, qu'elle rejoigne ses compagnons. Et ne poursuivez pas les nains. " ordonne Thranduil. Vraiment ? Comme ça. On a beau avoir discuté de ça, j'm'attendais pas à ce qu'il soit aussi sûr de lui.
" Mille mercis Thranduil ! Je ferais tout pour vous aider dès que je peux. " et je saute à sa taille pour le serrer dans mes bras avant de courir vers Legolas. Il est aussi choqué que moi, mais me prend en sac à patates sur ses épaules avant de courir. Ou surfer sur un peu toutes les surfaces qu'il croise, je sais pas.
Ayant la tête de nouveau face au roi Elfe, je le vois me faire un petit signe de main avec un sourire qu'il me rend. Est-ce que niveau rebondissement ça lui ira ? J'espère ! Moi cette soirée m'aura bien amusée.

J'ai fait copain-copain avec Thranduil. Je crois que la prochaine étape, c'est de faire copain-copain avec Smaug. Après ça, les Valars.
Non, mais c'est vrai, quand on y pense, j'fais copain-copain avec tout le monde en terre du milieu. Une vraie Marie Sue.

On passe soudainement un portail et on se retrouve dehors, près d'un cours d'eau et de rapide. Legolas court toujours, suivant le court d'eau. On a l'air de se diriger vers un pont qui surplombe le court d'eau et vers lequel des tonneaux navigue. Il y a déjà des elfes en train de chercher à ralentir les nains à coup de flèche. La compagnie est dans les tonneaux, en train de flotter vers une porte. Legolas hurle un truc en sindarin. Les elfes s'immobilisent et abaissent leurs arcs. J'aperçois soudainement enfin Bilbo, il est accroché comme il peut au tonneau de Nori dans l'eau. Nori a tenu sa promesse !
Mille mercis !
Je vois un elfe abaissant un levier et les tonneaux recommence à bouger après s'y être entassé quelques instants. Ils sont repartis ! Et ce coup-ci, je serais avec eux.

J'ai à peine le temps de me réjouir et Legolas de s'approcher plus de la rivière et de la compagnie, qu'une corne hurle et que des orcs surgissent de nulle part, hurlant.
Je tombe au sol. Ou Legolas m'a jeté pour tirer avec son arc. Je sais pas, je suis rapidement sur mes pieds en me relevant prestement. Tout ce que je sais, c'est que j'entends les nains hurler, je vois des elfes tomber, j'entends les orcs sur mes talons et que je cours aussi vite que je peux vers les nains.
Ils passent sous le pont et je les entends hurler. Je plonge dans l'eau pour les suivre. J'compte pas trop échanger des civilités avec les orcs.

Cascade ! Mon cerveau me hurle avant que l'air ne soit chassé de mes poumons. Il y a plein de bulles autour de moi, j'ai avalé la tasse. Berk, ça a mauvais goût. Je brise la surface et aspire rapidement de l'air, avant d'être secoué et ramener sous l'eau.
J'entends vaguement des bruits de flèches et des cris. J'entends un orc hurler des ordres.
Je ressors de l'eau une nouvelle fois. Cette fois-ci, j'arrive à flotter, bien que me faisant culbuter dans tous les sens par l'eau. Je vois les tonneaux et commence à nager vers eux. Ma robe n'entrave pas trop mes mouvements, par chance.
" Charlotte ! " appelle Bofur et avant que j'ai trop réagis, il a pris mes mains pour m'aider à m'accrocher à son tonneau. Je crache de l'eau comme je peux. Mes poumons me brûlent, j'ai dû avaler pas mal d'eau et pas par le bon conduit.
J'entends Thorïn hurler et je remarque enfin que les orcs nous ont rattrapés.

Fut un temps, j'adorais les bouées dans les parcs d'attractions. Maintenant, je déteste officiellement ça. Bofur m'aide à rester accroché pendant que je crache de l'eau qui tente de rentrer dans ma bouche. Autour de nous, c'est la baston. Entre les rapides qui me secouent, des chutes d'eau un peu partout, les tonneaux qui tournent, se rentre dedans, s'entrechoque avec les bords rocheux de la rivière, les orcs qui tentent de sauter sur les nains, ceux qui volent après s'être pris un coup des nains, les flèches qui arrivent dans l'eau, Legolas qui fait du … il prends les nains pour des marche-pied pendant qu'il tire ses propres flèches à droite et à gauche et nous défends. Je comprends la moitié de ce que je vois. Ce que je sais c'est que Legolas nous aide et que peu d'orc nous rejoigne vraiment.

Au bout de longues minutes, les rapides sont toujours aussi malmenant, mais il n'y a plus d'elfes ni d'orcs en vue.
J'ai lâché à de nombreuses reprises le tonneau de Bofur, mais ai toujours réussi à me raccrocher par je ne sais pas trop quel miracle.
" On a réussi ? " s'étonne Bofur, me reprenant les mains. Je secoue frénétiquement des pieds pour rester d'aplomb. C'est pas le moment de boire la tasse. J'en ai eut assez pour quelque temps.
Autour de moi, je m'aperçois que les nains ont des armes en mains, près à se défendre si besoin est. Bilbo a dû réussir à récupérer quelques-uns de nos effets personnels. Il est doué ce hobbit !

Je jette derrière moi un regard, sur la rive, Legolas et Tauriel sont en debout et nous regarde nous éloigner en souriant. Je fais un signe rapide à Legolas, mais me raccroche rapidement au tonneau.
" Vous avez réussi ! " je glapis alors.
" Comme si tu avais le moindre doute ! " se moque Bofur.
" Charlotte ! " j'entends Nori hurler par-dessus le bruit des rapides.
" Je suis là !
- La prochaine promesse, tu sais où tu peux te la mettre ?! J'étais mort d'inquiétude quand je t'ai pas vu revenir alors que Bilbo était de retour ! "
Je ne réponds pas directement et explose de rire.
" Quelle promesse ? " demande Ori.
" Elle m'a fait promettre ce matin de vous persuader de pas l'attendre.
- Ah, c'est pour ça que tu étais si éloquent ! J'me demandais aussi. " répond Bofur à la réponse de Nori.
" Désolée, j'étais pas sûre de pouvoir vous rejoindre, je préférais assurer mes arrières. "
J'entends Nori râler, mais n'arrive pas à comprendre ce qu'il dit.
" Comment va Bilbo ? " je demande, soudainement inquiète de ne toujours pas l'entendre.
" Gelé et trempé, mais il est là. " me répond Nori. Je tente de pivoter sur moi-même pour le voir. Il est, en effet, trempé, il a l'air claqué, autant dans l'eau que moi et dans un sale état. Mais il me sourit en claquant des dents.
Je lâche un woop de joie en souriant.
" La compagnie de Thorïn de retour vers la liberté ! Érebor, nous voilà ! " j'hurle presque, grisée.

Ce n'est qu'environ une heure plus tard que les rapides sont suffisamment calme pour qu'on puisse tous s'entendre de manière relativement correcte.
Le soleil se lève tranquillement dans le ciel et nous éclaire de son éclat doré.
Bilbo et moi sommes toujours dans l'eau. Bilbo accroché au tonneau de Nori, moi me laissant porter plus ou moins sur le dos : en cours de route, le tonneau de Bofur a commencé à prendre l'eau. Ça flotte encore, mais je tiens pas à rajouter mon poids à son navire de fortune.
" Rien derrière nous ? " s'interroge Thorïn, au milieu de notre procession de tonneaux. Fíli et Kíli, toujours aussi inséparable ouvrent notre marche, tandis que Bombur et Glóïn la ferme.
" Rien que je ne puisse voir ! " réponds gaiement Balïn, dans mon dos. Je me redresse vaguement dans l'eau pour regarder derrière nous, puisqu'il paraîtrait que les hobbits ont une meilleure vue que les nains.
" Je vois rien non plus. " je lance avant de me replacer sur le dos, battant mollement des jambes. Je suis crevée, après une nuit blanche, nager une heure dans l'eau, même avec l'aide d'un tonneau c'est pas reposant du tout. Bofur crache une gerbe d'eau et je râle, pour la forme, le faisant rire avant qu'il ne toussote pour reprendre son sérieux.
" Je pense qu'on a semé les orcs. " déclare-t-il. C'est moi où il a la voix cassé ?
" Pas pour longtemps. " Thorïn, toujours aussi pragmatique. " Nous ne sommes plus dans le courant. "
En effet, nos embarcations sont proches les unes des autres maintenant. On pourrait presque s'attacher entre nous.
" Bofur et Charlotte sont à moitié noyé ! " annonce Dwalïn. J'entends Bilbo râler en arrière-plan " moi aussi ! ", ce qui fait rire la compagnie.
" Je crois qu'on est tous à moitié noyé ! " s'amuse Kíli.
" Allez, tout le monde regagne la rive ! " ordonne Thorïn en commençant à ramer avec ce qui doit être son épée.
Les nains commencent alors tous à tenter de se diriger en repoussant l'eau avec leurs mains ou une de leurs armes.
On s'agite tous, s'appelant pour s'entraider comme on peut. Je lâche alors le tonneau de Bofur, pas la peine de le noyer encore plus, je vois d'ici où se dirige Kíli et Fíli, il faut juste que je les suive.

En arrivant au niveau de Bilbo et Nori, je tapote rapidement l'épaule de mon frère d'adoption en souriant.
" T'es le meilleur. " je lui lance avant de continuer de nager vers la rive.

Cela prend de longues minutes, mais enfin, on arrive à un genre de branche de terre dans la rivière qui nous permet tous d'arriver à mettre le pied sur la terre ferme. On est trempée comme si on avait été oubliée dans une machine à laver, on vacille comme des bourrées, on est totalement décoiffé, on ressemble tous à des chats mouillés, mais enfin, on a le pied-à-terre.
" La compagnie de Thorïn roxe du poney ! " je m'écrie alors, contente et heureuse, les genoux au sol et les bras vers le ciel. La prison, c'est fini ! Tout le monde rigole, pas convaincu. J'suis sûre que personne a compris ce que j'ai dit.
Bilbo se jette alors sur moi, grelottant et claquant des dents.
" Charlotte !
- Bilbo ! Mon hobbit préféré ! Je suis contente de te voir ! T'imagines pas comment tu m'as manqué ! " en vrai ça fait quinze jours que je le revois, mais pas en étant libre de tout faire et dire.
" J'ai une petite idée. " rigole-t-il dans le creux de mon épaule
Il me serre si fort que j'éclate de rire et le soulève comme je peux pour nous relever et pour le faire tourner. C'était sans compter que je suis crevée et qu'il est plus lourd que moi, puisqu'on tombe bientôt magistralement par terre, lui sur moi, mais aucun de nous ne lâche l'autre.
Je ris à gorge déployée, il rit dans mon cou. J'entends les autres rires aussi. On est tous heureux d'être sorti de là. Enfin.
C'est à ce moment que Bilbo éternue brutalement, cognant sa tête contre mon épaule au passage.
" J'en connais un qui est malade. "
Il renifle. La dernière fois c'était moi qui étais malade. À croire que les hobbits ça passent son temps à tomber malade.
" Allez, il y a des arbres, on va se mettre à couvert. " encourage soudain Dwalïn.
Je pousse donc gentiment Bilbo sur le côté et on se relève. Un cri d'horreur parcourt alors la compagnie, je vois Dori couvrir les yeux d'Ori et Kíli me lance un " Joli ! " avec un clin d'œil. Avant que j'ai pu comprendre, Nori me jette affolé sa veste et m'en recouvre.
" Quoi ? "
Les nains regardent leur pied, en dehors de Fíli qui est occupé à garder une main devant la bouche de Kíli qui se débat. Ils sont tous rouge.
C'est Bilbo qui, aussi rouge qu'eux, mais me regardant dans les yeux tente de me faire comprendre " Ta robe … elle est …
- Décolleté, mais quand même, ç-
- Non ! Oui ! Enfin, c'pas ça le problème ! Elle est b-
- Blanche. Oh mon chat. "
J'agrippe la veste de Nori autour de mes épaules en réalisant ce qu'ils cherchent à me dire et resserre la veste contre moi. Oui. Okay, je viens de piger. L'eau rend les vêtements très collant, mais quand les dit vêtements sont blanc, autant dire que j'me balade à poil avec juste une culotte de la même couleur, mais au vu de mes jambes, à peine plus opaque. La veste du nain roux m'arrive à mi-cuisse.
Je me racle la gorge. " Okay, ça c'était gênant, le premier qui en refait allusion dans le futur devra me fournir une batte de baseball. " Personne ne relève et sans lâcher la veste, je commence à aller vers les arbres. Pas pudique, mais j'ai mes limites.
Les nains me suivent après avoir ramassé ce qui doit être nos effets personnels, au vu des cliquetis que j'entends.

" Ah … Aaaah
- Ananas.
- Tchoooou ! "
Bilbo est bel et bien malade. Il n'arrive pas à s'arrêter d'éternuer. On sait qu'on a des orcs à nos trousses donc bien qu'on soit bien profonds dans un petit-bois, on a pas allumé de feu ce soir.
C'est avec bonheur que j'ai pu confirmer de mes yeux vus que Bilbo a bien récupéré quelques-uns de nos biens. J'ai donc avec grand plaisir récupéré mon couteau chéri. On a également deux sacs avec différents équipements dedans, des restes de notre périple à travers la forêt.
Les nains m'ont laissé dormir une partie de la journée, après que j'ai fait savoir qu'après avoir fait une nuit blanche, il me fallait rattraper un peu mon sommeil. Cela a fortement déplu à Thorïn, mais finalement entre moi crevée et Bilbo malade, Balïn a réussit à lui faire comprendre que c'était mieux de se poser et profiter de ne pas avoir les orcs sur les talons, pour ensuite fuir rapidement.
Visiblement, les nains ont profité de ma sieste pour visiter un peu les environs. On a quelques graines et baies à grignoter ce soir. Bofur est en train de conter à Bilbo nos deux semaines en cachots sans lui. Il y a pas grand chose à dire, mais Bofur embellit tout. Surtout ma disparition mystérieuse pour rencontrer Galadriel qui est devenu l'événement de ce début de séjour chez les elfes.
" Au fait, on peut le voir, nous aussi ce collier ? " demande Nori, assis à mes côtés.
" Bien sûr. " je réponds et sors de sous la veste le dit collier. Les nains sont bouche-bé, Bilbo aussi. Seul Ori n'est pas surpris, parce qu'il a eut une semaine pour l'admirer avec moi.
" C'est …
- du Mithril ? "
Je hoche la tête, Nori est en train de tripoter la chaîne, avant de prendre dans ses doigts la gemme et la tourner, sous les yeux de tous.
" Je n'en ai jamais vu des commes ça … C'est le même bleu que tes cheveux.
- C'est une gemme de béryl. Une pierre semi-précieuse de mon monde. Le bleu, c'est de l'aigue-marine.
- Comme tes cheveux. "
Je hoche la tête avant de continuer " Le vert, c'est de l'émeraude, ça, je crois que vous en avez aussi en terre du milieu. Le transparent, c'est un autre type de Béryl, mais j'ai oublié le nom. " j'explique.
Pendant mon explication, Bifur m'a approché et a prit le pendentif des mains de Nori. C'est un ancien-mineur, après tout, les pierres précieuses doivent l'intéresser. Il dit quelque chose en khuzdul.
C'est Bofur qui me traduit, comme bien souvent quand Bifur veut parler avec moi. " Il se demande si tu en sais plus sur le Béryl ?
En dehors du fait que c'est une pierre semi-précieuse ? Non. Désolée … "
C'est dans ces moments-là que je regrette de pas avoir fait plus de recherches approfondies sur plein de choses avant d'arriver en terre du milieu.
Bifur va se rasseoir, il a l'air un peu déçu, mais me sourit quand même. Sa façon à lui de me faire savoir que c'est pas grave.

Bilbo éternue.
" Ananas. " je glisse un regard sur la compagnie, tout le monde a l'air claqué. " Bilbo ?
- Hum ?
- Dame Galadriel, elle m'a aussi permit de savoir comment allait mes chats.
- Vraiment ? " s'enthousiasme soudainement Bilbo.
" Avec ses pouvoirs elle m'a fait voir mes chats et mon ancien monde. J'vais enfin pouvoir tourner la page en sachant ce qui m'est arrivé.
- Raconte. " demande-t-il, Nori m'attrape la main et la serre doucement dans la sienne.
" On serait curieux aussi de savoir. " ajoute Balïn. " Et je pense que ça te ferait du bien de nous faire confiance. " le sous-entendu est aussi gros qu'une maison. Ça serait bien que je leur fasse plus confiance sur mon ancien-monde avant de pouvoir tout avouer. Je rigole doucement. Il perd pas le nord. Il me sourit, visiblement ravit que je vois où il veut en venir.
" Okay, okay ! C'est bon ! Je vous raconte ! " je m'avoue vaincue avec joie. " Mes chats, une amie les a adoptés, ils vont bien. Elle est gaga de chats, ils seront heureux.
- Tu dois être rassuré. " souffle Bilbo.
" Oui. Beaucoup. "
C'était mon seul regret d'être dans la terre du milieu s'ils devaient se retrouver seuls.
" Ensuite … J'ai vu ma mère. " je saute à mon souvenir suivant, j'ai pas envie de m'attarder sur elle plus que de raison. " Ma petite sœur. Avec un jeune homme dans sa chambre.
- Elle s'est marié ? " demande Kíli. Je penche la tête sur le côté.
" Hum. " je commence, pas sûre de comment aborder la réponse. " Dans mon monde, avant de se marier, on se … fréquente ? " je tourne la tête vers Bilbo, c'est celui qui saura le plus traduire ce que je cherche à dire. Cependant, ce n'est pas lui qui vient à mon secours.
" Ce qu'elle veut dire, c'est que les deux jeunes gens se courtisent. " explique Nori, très sérieux. J'ai beau lui en avoir parler de notre façon de faire dans notre monde, j'm'attendais pas trop à ce qu'il vienne à mon secours.
" Mais, ils étaient dans la même chambre ! Ce n'est pas convenable pour deux jeunes gens se courtisan. " tente de comprendre Dori.
" D'où je viens, on a pas besoin d'être marié, ni même de se courtiser pour partager un lit ou un câlin intime. " je tente vaguement d'expliquer à des nains très choqués.
" Différence culturelle. " je brosse alors le sujet. " Bref, elle a un petit ami visiblement.
- Il n'est pas si petit que ça s'il est en âge de la courtiser."
Je ne peux m'empêcher de rire de Balïn. Le pauvre.
" Mon chat. Non, le terme petit ami, c'est ce qu'on utilise pour dire que deux personnes sortent ensemble. Donc que deux personnes se côtoient de façon plus ou moins intimes, avant de possibles fiançailles. " je tente de raccourcir l'explication.
" Bref, bref, bref. Ensuite, j'ai vu mon grand-père, en bazar des endroits que j'aimais et deux amies. "
Voyant que personne n'est à l'aise, Bofur reprends son récit de nos trépidantes journées en cellule, racontant même ma rencontre avec Thranduil avec un magnifique " il lui proposa un marché, mais elle refusa ! " que Thorïn commentera d'un " Une véritable membre de notre compagnie. " très solennelle qui me fera bien entendu exploser de rire. Avant que je m'étouffe en me rendant compte que quand j'vais annoncer que j'ai conclu un marché avec Thranduil autre qu'améliorer nos conditions de captifs, il va me détester.
On arrive au point où les nains me racontent l'arrivé de Bilbo d'hier soir, comment il avait la clé et arrivait à se rendre invisible (le coquinou) et les a conduit au cellier où il les a mis dans des tonneaux après que Nori les ait convaincu de ne pas m'attendre, avant de les mettre à l'eau où j'ai finis par les rejoindre.
" Atchouuu !
- Ananas.
- Et toi, ta soirée ? " demande Bilbo.
" J'ai mangé à la table de Thranduil et Legolas. Ensuite, le roi elfe m'a montré son écurie et son palais. " je résume.
" C'est tout ?
- Ça a prit la nuit entière ! " s'étonnent Fíli et Kíli.
" J'ai bu du vin, aussi. Et fait une balade sur son élan. " je rajoute donc et cela suffit aux nains qui continuent de me poser des questions sur ma nuit.

" Attchoooou !
- Ananas.
- Mais pourquoi à la fin tu répètes ananas ?! " s'énerve presque Bilbo.
" Quoi ? Tu veux dire que ça veut pas dire " à tes souhaits " en hobbit ? " s'étonne soudainement Bombur.
Je regarde le ciel. On voit les étoiles. " Il vous aura fallu une demi-journée pour me demander. " je baisse les yeux vers Bilbo qui sourit, amusé, mais enrhumé pendant que les nains explosent de rire autour de moi.
" Juste, quand tu sens venir un éternuement, si tu dis Ananas plutôt que Atchoum, ça empêche d'éternuer. " j'explique.
" Hein-hein. " commente Bofur, pas convaincu du tout.

" Aaa … Ananas ! … Oh, ça marche ! " s'exclame tout content Bilbo. C'est à mon tour de rire. " J'dis pas que des bêtises ! "

Cette nuit, c'est glacé et affamée, mais heureuse que je m'endors dans les bras de Bilbo, une main dans celle d'Ori, Nori près de moi et la compagnie autour de moi.
Je n'ai rarement était aussi heureuse qu'à ce moment.